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1. Préserver la croissance dans un monde incertain

Author(s):
International Monetary Fund. African Dept.
Published Date:
October 2012
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Introduction et Résumé

La croissance est restée généralement robuste en Afrique subsaharienne sur fond d’atonie de l’économie mondiale. Selon les projections, la production régionale devrait augmenter d’au moins 5 % en 2012–13, c’est-à-dire à peu près autant qu’en 2010–11. Cela dit, les résultats varient sensiblement d’un pays à l’autre, la plupart des pays à faible revenu affichant une expansion solide tandis que la croissance ralentit dans les pays à revenu intermédiaire dont l’évolution suit celle de l’économie mondiale et dans certains pays touchés par la sécheresse et l’instabilité politique. Des risques de dégradation pèsent sur les perspectives régionales en raison de l’incertitude qui caractérise la conjoncture économique mondiale. L’analyse de plusieurs scénarios défavorables conduit à penser que, à moins d’un effondrement des marchés comparable à celui qui a suivi la faillite de Lehman Brothers, un ralentissement de l’activité mondiale freinerait la croissance de la région, sans toutefois la remettre en cause.

Les perspectives à court terme de l’économie mondiale se sont dégradées au cours de ces six derniers mois, car la reprise économique des pays avancés a été mise à mal par de nouveaux revers et une accentuation des incertitudes. Les projections du FMI pour la croissance mondiale en 2012–13 ont été revues à la baisse depuis l’édition d’avril 2012 de ce rapport; elles tablent maintenant sur une croissance de 3,6 % en 2013, contre 4,1 % auparavant. L’incertitude concernant les perspectives économiques mondiales est élevée; elle tient en tout premier lieu au double risque d’intensification des tensions dans la zone euro et de durcissement prononcé de la politique budgétaire aux États-Unis.

Dans ce contexte, l’Afrique subsaharienne continue de connaître une croissance relativement forte et est en bonne voie pour enregistrer un taux de croissance d’environ 5¼ % par an en 2012–13, c’est-à-dire un rythme semblable à celui de 2010–11. La plupart des pays à faible revenu participent à cette expansion, même si la sécheresse a ralenti l’activité dans un grand nombre de pays du Sahel et que l’instabilité politique a sapé les perspectives de croissance au Mali et en Guinée-Bissau. La situation est moins favorable pour beaucoup de pays à revenu intermédiaire qui sont plus étroitement liés aux marchés européens; en Afrique du Sud, la croissance économique devrait descendre à environ 2½ % en 2012, et elle devrait ralentir aussi sensiblement dans un grand nombre d’autres pays.

L’inflation a ralenti dans la région en 2012 sous l’effet d’une baisse de l’inflation des prix des produits alimentaires et des carburants après la flambée de 2011; le coup de frein a été le plus marqué en Afrique de l’Est, où un durcissement prononcé de la politique monétaire a été nécessaire pour inverser les effets de l’envolée des prix de 2011. La forte hausse récente des cours mondiaux des céréales pourrait altérer, au moins en partie, le repli prévu de l’inflation, même s’il est assez probable que les effets de ce qui devrait être une flambée provisoire des prix seront contenus dans la plus grande partie de la région, ne serait-ce que parce que le prix du riz, produit alimentaire de base importé le plus important pour l’Afrique subsaharienne, n’a guère varié. Cela dit, l’envolée des cours mondiaux va vraisemblablement accroître les tensions dans les pays/ sous-régions où les récoltes sont mauvaises.

Une détérioration de la conjoncture économique mondiale pourrait rapidement provoquer un repli de la croissance en Afrique subsaharienne. On estime qu’un ralentissement de l’activité mondiale se traduirait vraisemblablement par une diminution du taux de croissance régionale d’environ 1 % par an, selon l’ampleur et la durée du ralentissement. L’effet pourrait être plus prononcé dans certains pays, en particulier ceux dont les exportations sont peu diversifiées et où les marges de manœuvre des pouvoirs publics sont faibles.

La plupart des pays subsahariens ont rebondi au lendemain de la Grande Récession, mais beaucoup d’entre eux mettent du temps à rétablir leurs positions budgétaires fragilisées par la récession. Si la croissance reste aussi robuste que prévu, les décideurs des économies en expansion rapide devraient entreprendre de reconstituer les marges de manœuvre sur le plan budgétaire et extérieur, tout en tenant compte des arbitrages à effectuer quant au niveau de l’investissement public. L’un des moyens de renforcer les positions budgétaires consisterait à prendre des initiatives pour réduire les subventions énergétiques coûteuses et mal ciblées.

Si l’économie mondiale devrait connaître un ralentissement prononcé, avec des répercussions sur l’Afrique subsaharienne, les décideurs économiques de nombreux pays n’auraient guère de marge de manœuvre pour y faire face. Il est impératif d’éviter une contraction budgétaire procyclique si le dérapage du déficit peut être financé; des financements extérieurs publics, d’origine bilatérale ou multilatérale, pourraient être nécessaires pour aider les pays à faible revenu soumis à de fortes contraintes de financement en raison de la baisse des recettes budgétaires et d’exportation. Mais il y a aussi beaucoup de pays qui seraient en mesure de gérer un ralentissement, en combinant mesures budgétaires, monétaires et de taux de change — le dosage adéquat étant déterminé par la nature du régime de change, la capacité du pays à financer des déficits accrus et sa situation sur le front de l’inflation.

Présentation du Soudan du sud

Cette édition des Perspectives économiques régionales est la première à inclure le Soudan du Sud, ce qui porte le nombre de pays couverts à 45 (encadré 1.1). Le Soudan du Sud, qui a proclamé son indépendance le 9 juillet 2011, est devenu le 188e membre du FMI le 18 avril 2012. Sur le plan économique, le Soudan du Sud contribue à raison d’environ 1 % au PIB total de l’Afrique subsaharienne (à parité de pouvoir d’achat — PPA); les données disponibles sont toutefois incomplètes, ce qui rend d’autant plus difficile toute analyse.

Résilience face à une Conjoncture Incertaine

En 2012, la croissance économique se poursuit à un rythme soutenu en Afrique subsaharienne, où la production globale devrait progresser d’environ 5¼ % en 2012 et en 2013. Les projections de croissance n’ont été que légèrement révisées à la baisse par rapport à l’édition d’avril 2012 de ce rapport, mais les risques qui pèsent sur les perspectives économiques se sont accentués en raison du regain d’incertitude au niveau mondial. La poussée d’inflation en Afrique de l’Est a été pour la plupart jugulée et les perspectives d’inflation pour la région sont généralement favorables, même s’il est possible que les prix des denrées alimentaires augmentent dans un certain nombre de pays.

Évolution Récente

L’activité économique s’est maintenue à un bon niveau dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, encore que la croissance ait ralenti dans plusieurs pays à revenu intermédiaire (tableau 1.1). Tandis que les exportations fléchissaient dans un grand nombre de pays, la demande intérieure est devenue une solide source de croissance, aidée en cela par les investissements publics et privés — liés dans plusieurs cas à la production de ressources naturelles. Les politiques macroéconomiques sont restées généralement accommodantes — à l’exception de l’Afrique de l’Est, où un resserrement monétaire a été nécessaire pour maîtriser l’inflation. Du côté de l’offre, la production agricole des pays du Sahel et du Kenya se redresse après la sécheresse; la production de pétrole est en progression dans plusieurs pays (Angola, Nigéria et Tchad); de nouveaux projets d’exploitation des ressources naturelles sont en cours de réalisation au Niger (pétrole) et en Sierra Leone (minerai de fer); et certaines activités de services, tels que les télécommunications, continuent de faire preuve d’un dynamisme remarquable. Maintenant que le conflit est terminé, une reprise vigoureuse est en cours en Côte d’Ivoire, tandis que des troubles civils perturbent l’activité en Guinée-Bissau et au Mali. Cependant, dans les pays à revenu intermédiaire qui, telle l’Afrique du Sud, ont des liens étroits avec les marchés des pays avancés, la croissance ralentit malgré le soutien des politiques macroéconomiques.

Tableau 1.1.Afrique subsaharienne: croissance du PIB réel(Variation en pourcentage)
2004–0820092010201120122013
Afrique subsaharienne (total)16,52,85,35,25,35,3
Dont:
Pays exportateurs de pétrole18,65,16,66,36,76,0
Pays à revenu intermédiaire25,0−0,63,84,53,43,8
Dont: Afrique du Sud4,9−1,52,93,12,63,0
Pays à faible revenu27,35,46,45,55,96,1
États fragiles2,53,14,22,36,66,5
Pour mémoire:
Monde4,6−0,65,13,83,33,6
Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale.

Ne comprend pas le Soudan du Sud.

Hors États fragiles.

Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale.

Ne comprend pas le Soudan du Sud.

Hors États fragiles.

Encadré 1.1.Le Soudan du Sud, tout dernier membre du FMI

Le Soudan du Sud est un vaste pays enclavé dont la population est très diverse. D’après le recensement de 2008, le pays compte 8,3 millions d’habitants, dont un tiers ont moins de 10 ans, répartis entre 65 groupes ethniques différents. Sa superficie totale est d’environ 645.000 kilomètres carrés, ce qui correspond à peu près à la taille de la France.

Le pays n’est guère développé économiquement et ses indicateurs sociaux sont très bas. L’économie du Soudan du Sud est presque entièrement tributaire de la production de pétrole (le pétrole fournit 98 % des recettes publiques et 99 % des exportations), l’agriculture de subsistance et l’élevage étant les deux autres principales activités. Le RNB par habitant est voisin de 1.000 dollars, ce qui correspond à peu près à la moyenne pour l’Afrique subsaharienne. Dans l’ensemble, les indicateurs sociaux sont nettement inférieurs aux normes régionales, et le pays est presque dépourvu d’infrastructures (il n’y a que 100 km de routes revêtues, essentiellement dans la capitale Djouba).

Tableau 1.Indicateurs sociaux
Soudan du Sud, 2006Afrique subsaharienne, 2006–09
Population (millions, 2008)8,3750
Incidence de la pauvreté (enquête nationale auprès des ménages)5148
Taux d’alphabétisme (pourcentage de la population adulte)2766
Taux de mortalité, moins de 5 ans (décès pour 1.000 enfants)10284
Prévalence de la sous-alimentation (pourcentage de la population)4726
Taux de scolarisation primaire (pourcentage, brut)4868
Accès à une source d’eau améliorée (pourcentage de la population)5560
Sources: Banque mondiale, Indicateurs du développement dans le monde; calculs des services du FMI.
Sources: Banque mondiale, Indicateurs du développement dans le monde; calculs des services du FMI.

Le Soudan du Sud possède un potentiel économique considérable, mais il devra surmonter des défis majeurs pour pouvoir les exploiter. Parmi ces défis figurent les carences institutionnelles, le manque d’infrastructures matérielles et l’insuffisance de la base de capital humain. Pour résoudre ces difficultés, il faudra d’abord que soient réglés durablement les tensions et les litiges bilatéraux avec le Soudan. Les recettes pétrolières offrent l’occasion d’investir dans les infrastructures et le développement social, même si les contraintes de capacité limitent le rythme auquel cela peut être réalisé. Le bétail, les pêcheries, l’agriculture et les forêts constituent des richesses substantielles qui pourraient devenir des facteurs de croissance. Les autorités s’emploient actuellement à mettre en place les institutions économiques essentielles que sont le ministère des finances, les agences de recouvrement des recettes, le Bureau national de la statistique et la banque centrale. Pour soutenir cet effort, le FMI a créé pour trois ans un fonds de fiducie spécial pour le Soudan du Sud, qui permettra de fournir au pays une assistance technique sur grande échelle ainsi que des actions de formation dans les domaines de la politique macroéconomique et des statistiques. Le Soudan du Sud remplit les conditions requises pour bénéficier des financements concessionnels du FMI.

Encadré préparé par Sweta Saxena.

Dans l’ensemble, l’inflation reflue après avoir atteint des niveaux élevés dans une grande partie de la région en 2011 (tableau 1.2 et graphique 1.1). Comme l’explique l’édition d’avril 2012 des Perspectives économiques régionales, la poussée d’inflation qui s’est amorcée au début de 2011 était due en grande partie à la flambée des cours mondiaux de l’alimentation et du pétrole, mais certains facteurs internes, notamment la sécheresse et des politiques monétaires excessivement accommodantes, ont aussi joué un rôle dans de nombreux pays, tout particulièrement en Afrique de l’Est. En 2012, le relâchement des tensions sur les marchés mondiaux de matières premières au premier semestre, conjugué aux effets du resserrement monétaire dans plusieurs pays (dont le Kenya et l’Ouganda) et à l’amélioration des conditions climatiques au Sahel et dans la Corne de l’Afrique, s’est traduit par un net ralentissement de l’inflation. Cela dit, ce n’est pas le cas partout en 2012: au Nigéria, l’inflation s’est légèrement accentuée après un ajustement sensible des prix à la pompe en janvier et, au Malawi, la suppression d’un régime de change qui n’était pas tenable a contribué à une forte poussée d’inflation qui devrait déborder sur l’année 2013.

Graphique 1.1.Afrique subsaharienne: inflation alimentaire et hors alimentation

Sources: FMI, International Financial Statistics et base de données du Département Afrique.

Tableau 1.2.Afrique subsaharienne: autres indicateurs macroéconomiques
2004-0820092010201120122013
(Variation en pourcentage)
Inflation, fin de période8,88,67,210,18,06,9
(En pourcentage du PIB)
Solde budgétaire1,9−5,4−3,7−1,6−2,2−1,4
Dont: hors pays exportateurs de pétrole−0,7−4,6−4,3−4,1−4,5−3,6
Solde extérieur courant0,7−3,2−1,3−2,0−3,1−3,5
Dont: hors pays exportateurs de pétrole−5,0−5,3−4,5−4,9−7,3−7,0
(Mois d’importations)
Couverture par les réserves4,85,14,24,44,74,9
Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale.Note: ne comprend pas le Soudan du Sud.
Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale.Note: ne comprend pas le Soudan du Sud.

L’évolution de la croissance du crédit au secteur privé a reflété celle de la politique monétaire et de l’inflation (graphique 1.2). Si le crédit au secteur privé a fortement augmenté en valeur nominale pendant les premiers mois de 2012, on décèle un fléchissement du taux de croissance du crédit dans les pays à faible revenu, qui s’explique à la fois par la baisse de l’inflation et le durcissement des politiques monétaires. La croissance du crédit au secteur privé s’accélère dans les pays à revenu intermédiaire, dont l’Afrique du Sud, ce à quoi contribue en partie l’orientation accommodante des politiques monétaires. Le comportement inhabituel de la croissance du crédit dans les pays exportateurs de pétrole tient en grande partie aux évolutions observées au Nigéria, où les conditions bancaires se normalisent après la crise de 2009.

Graphique 1.2.Afrique subsaharienne: crédit nominal au secteur privé

Source: FMI, International Financial Statistics.

Les déficits budgétaires demeurent élevés dans la plupart des pays non exportateurs de pétrole (graphique 1.3). Plusieurs pays ont pris des mesures pour renforcer leur position budgétaire qui avait été grandement fragilisée au plus fort de la récession mondiale, mais les déficits ne devraient diminuer que légèrement en 2012 et rester bien plus prononcés qu’avant la crise. Certains pays exportateurs de pétrole (dont l’Angola et la République du Congo) devraient, grâce au niveau favorable des cours mondiaux, enregistrer des excédents substantiels, quoique réduits, en 2012, mais d’autres pays (dont le Nigéria et le Tchad) afficheront vraisemblablement une position budgétaire quasi équilibrée; celle du Cameroun continue de s’affaiblir à cause des dépassements de dépenses et du recouvrement médiocre des recettes non pétrolières. En ce qui concerne les pays à revenu intermédiaire, qui ont le plus souffert du ralentissement mondial, les déficits budgétaires devraient rester à peu près stables dans la plupart des cas même si le redressement des recettes de l’Union douanière d’Afrique australe (SACU), conjugué aux restrictions de dépenses dans certains cas, se traduit par une nette amélioration des positions budgétaires des quatre plus petits membres de l’Union. L’atonie de la croissance continue de limiter les possibilités de rééquilibrage budgétaire en Afrique du Sud. Quant aux pays à faible revenu et aux États fragiles, le déficit se creuse fortement dans plusieurs d’entre eux (dont la Guinée, le Libéria et le Mozambique), tandis qu’il diminue dans d’autres (dont la Côte d’Ivoire et la Sierra Leone), ce qui aboutit globalement à une variation nette peu prononcée. Les pays dont le déficit se creuse semblent profiter des possibilités accrues d’emprunt extérieur1, ou, comme dans le cas de la Guinée, puisent dans leurs recettes minières exceptionnelles de 2011.

Graphique 1.3.Afrique subsaharienne: solde budgétaire global, 2004–13

Source: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale.

Note: ne comprend pas le Soudan du Sud.

En raison de l’ampleur des déficits budgétaires, les ratios dette publique/PIB sont en hausse dans plusieurs pays — surtout les pays à revenu intermédiaire (tels que l’Afrique du Sud et la Namibie), mais aussi dans des pays comme le Cameroun et le Nigéria (pays exportateurs de pétrole) et la Tanzanie et la Gambie (pays à faible revenu). Cependant, l’endettement global de la région n’a pas beaucoup varié du fait que les ratios d’endettement sont en diminution dans un grand nombre de pays (graphique 1.4). D’après les projections actuelles, la dynamique de la dette est favorable pour la plupart des pays (encadré 1.2). Le manque de dynamisme de la demande extérieure d’exportations a contribué dans une certaine mesure au creusement des déficits courants dans une grande partie de la région. Les exportations des pays à revenu intermédiaire ont fortement baissé au cours de l’année écoulée; les pays exportateurs de pétrole ont vu leurs recettes diminuer pendant une bonne partie de l’année 2012 sous l’effet du repli des cours du pétrole; et, dans les pays à faible revenu, les exportations n’ont que modérément augmenté par rapport à 2011 (graphique 1.5, panneau de gauche). Dans plusieurs pays de petite taille, l’évolution de la balance des paiements est fortement influencée par les besoins d’importations et les entrées de capitaux venant financer de grands projets d’investissement, les résultats à l’exportation s’améliorant nettement dès que les nouveaux projets d’exploitation des ressources naturelles commencent leur production (au Libéria, au Niger et en Sierra Leone, par exemple). Il semblerait que les exportations de services et les envois de fonds des travailleurs expatriés restent très solides dans toute la région. Pour l’ensemble de l’année, les services du FMI anticipent une détérioration modérée des soldes des transactions courantes, financée dans la plupart des cas par une hausse des flux de capitaux sous une forme ou sous une autre, plutôt que par une érosion des réserves (graphique 1.5, panneau de droite).

Graphique 1.4.Afrique subsaharienne: ratios d’endettement public, 2000–12

Source: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale.

Graphique 1.5.Afrique subsaharienne: exportations et solde extérieur courant par groupes de pays

Sources: FMI, Perspectives de l’économie mondiale; base de données du Département Afrique et Direction of Trade Statistics.

Note: ne comprend pas le Soudan du Sud.

Santé des Systèmes Financiers

Comme cela est expliqué dans l’édition d’avril 2012 de ce rapport, les systèmes financiers d’Afrique subsaharienne n’ont pas subi directement les chocs violents que la crise a infligés aux marchés financiers des pays avancés en 2008–09, mais la santé financière de nombreuses banques a été ébranlée par la perte de qualité des portefeuilles de prêts lorsque le ralentissement de l’activité mondiale a engendré des difficultés financières pour les emprunteurs (graphique 1.6 et tableau 1.3)2. À cet égard, l’analyse des indicateurs de stabilité financière de l’ensemble de la région fait ressortir deux éléments:

Graphique 1.6.Afrique subsaharienne: indicateurs de solidité financière

(Principaux pays*)

Sources: FMI, base de données du Département Afrique; autorités nationales.

* La définition des indicateurs de solidité financière varie d’un pays à l’autre. L’échantillon comprend jusqu’à 33 des 45 pays d’Afrique subsaharienne.

Tableau 1.3.Afrique subsaharienne: indicateurs de solidité financière en 2011, principaux pays*(Pourcentage)
Fonds propres/actifsCréances improductives/total des créancesProvisions/créances improductivesRendement des actifsRendement des fonds propres
Pays exportateurs de pétrole
Angola14,82,4n.d.2,727,2
Cameroun15,812,396,70,22,2
Congo, Rép. du9,91,275,31,422,0
Gabon11,05,558,10,88,6
Nigéria3,911,6n.d.0,24,5
Pays à revenu intermédiaire
Afrique du Sud7,34,734,91,521,0
Ghana13,714,176,23,927,2
Lesotho9,52,4110,32,828,9
Maurice7,22,841,41,317,9
Namibie7,81,5n.d.3,747,1
Sénégaln.d.16,254,02,222,6
Seychelles9,08,133,83,741,0
Swaziland17,47,544,62,413,8
Pays à faible revenu
Éthiopie7,82,1n.d.3,031,5
Kenya13,24,4n.d.3,332,2
Mali17,418,569,31,415,2
Mozambique9,02,655,12,526,5
Ouganda14,62,259,74,027,4
Rwanda14,58,050,82,210,6
Sierra Leone14,015,149,43,815,6
Tanzanie17,86,7n.d.2,715,1
États fragiles
Burundin.d.7,7n.d.3,223,0
Congo, Rép. dém. du15,05,0n.d.n.d.3,0
São Tomé-et-Príncipen.d.14,846,10,10,2
Togo13,410,884,12,024,7
Moyenne12,07,561,22,320,4
Médiane13,36,755,12,422,0
Sources: autorités nationales et base de données du Département Afrique du FMI.

Les chiffres en vert (rouge) indiquent une amélioration (détérioration) par rapport à 2009; n.d. = non disponible.

Sources: autorités nationales et base de données du Département Afrique du FMI.

Les chiffres en vert (rouge) indiquent une amélioration (détérioration) par rapport à 2009; n.d. = non disponible.

Encadré 1.2.Dynamique de la dette dans le scénario de référence à moyen terme

Nous comparons ici le solde budgétaire primaire à moyen terme, exprimé en pourcentage du PIB, (p) au solde primaire qui stabilise le ratio dette/PIB (p*). La différence entre p* et p, (p*– p), appelé l’«écart du solde primaire», indique la direction dans laquelle l’endettement évolue, un écart positif dénotant une tendance à l’accroissement du ratio dette/PIB dans le temps à moins d’un durcissement de la politique budgétaire. Le solde primaire stabilisant l’endettement est exprimé par la formule suivante:

dans laquelle r est le taux d’intérêt réel et g est le taux de croissance du PIB réel. Les valeurs de ces paramètres dans les calculs sont tirées des résultats macroéconomiques réels et des projections du FMI pour la période 2007–17. En général, étant donné les taux de croissance actuellement prévus, le paramètre λ tend à être négatif (voir l’appendice statistique, tableau AS1).

La crise de 2009 a interrompu un processus généralisé de réduction des ratios dette/PIB en Afrique subsaharienne, ce qui a conduit une forte proportion de pays à accroître leurs ratios d’endettement. Depuis, l’écart du solde primaire a diminué peu à peu (graphique 1) et plus de la moitié des pays de la région affichaient un écart négatif en 2012. Le graphique 2 illustre la répartition des écarts de solde primaire en 2012 par groupes de pays, en indiquant les points minimum, médian et maximum ainsi que les plages interquartiles de la répartition des écarts de solde primaire au sein de chaque groupe de pays. Pour chacun des groupes de pays analytiques de ce rapport, dans plus de la moitié des pays, mais pas dans tous, les soldes primaires sont compatibles avec une réduction du ratio dette/PIB conforme aux projections macroéconomiques de référence.

Graphique 1.Afrique subsaharienne: écart du solde primaire, 2007–13

Sources: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; estimations des services du FMI.

Graphique 2.Afrique subsaharienne: écart du solde primaire, 2012

Sources: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; estimations des services du FMI.

Ces graphiques sont à interpréter avec prudence. En particulier, un écart négatif dans le scénario de référence ne doit pas amener à conclure que, dans un scénario défavorable, une marge de manœuvre budgétaire existerait nécessairement.

Encadré préparé par Seok Gil Park.

Premièrement, les ratios de fonds propres des banques, après s’être légèrement améliorés en 2009, se sont dégradés en 2010 et l’augmentation des créances improductives a entamé la rentabilité. Les ratios de fonds propres se sont en partie rétablis en 2011, les banques déclarant une diminution de la proportion de créances improductives, mais celle-ci est peutêtre imputable en partie à l’annulation comptable de certains prêts et à l’expansion du portefeuille de prêts lui-même. Deuxièmement, il semblerait que la rentabilité des banques soit en baisse depuis plusieurs années, comme en témoigne la diminution des taux de rendement des actifs et des fonds propres des banques — qui s’explique sans doute par divers facteurs, dont les pertes sur le portefeuille de prêts et l’accentuation de la concurrence sur certains marchés3. Les mesures prises pour améliorer la résilience des systèmes financiers en développement d’Afrique subsaharienne sont présentées dans l’édition d’avril 2012 de ce rapport (chapitre 2).

La Période à Venir: Scénario de Référence

Dans l’ensemble, les perspectives de croissance à court terme demeurent positives: la croissance de la production globale devrait atteindre, d’après les projections, environ 5¼ % en Afrique subsaharienne en 2012 et en 2013, ce qui constitue un rythme soutenu par rapport aux autres grands groupes de pays en développement (graphique 1.7). La faiblesse de la conjoncture mondiale se traduit par des projections de croissance molle pour plusieurs pays à revenu intermédiaire, dont l’Afrique du Sud, où les liens commerciaux avec les pays européens sont importants et où la confiance des entreprises colle étroitement à l’évolution des tendances mondiales4. L’atonie de la croissance en Afrique du Sud ne devrait guère peser directement sur la croissance de l’ensemble de la région, car, pour la plupart des pays d’Afrique subsaharienne (mais pas pour tous), l’Afrique du Sud n’est pas un grand marché d’exportation (voir le chapitre 2, où les retombées de l’évolution économique de l’Afrique du Sud et du Nigéria sur le reste de l’Afrique subsaharienne sont examinées plus en détail).

Graphique 1.7.Principales régions: croissance du PIB réel, 2008–13

Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale.

Note: ne comprend pas le Soudan du Sud.

La vigueur de la croissance prévue en Afrique subsaharienne, par rapport aux autres régions en développement, tient en partie aux facteurs déjà cités concernant l’offre, à savoir l’expansion de l’exploitation des ressources naturelles et une amélioration présumée des conditions climatiques. Mais d’autres facteurs plus fondamentaux jouent aussi un rôle. Comme cela est expliqué dans des éditions précédentes de ce rapport, les pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne ont enregistré durablement une croissance vigoureuse grâce, entre autres facteurs, au renforcement de leurs politiques, à l’amélioration de leurs capacités institutionnelles, à l’évolution favorable des cours des matières premières et à une forte diminution de l’endettement extérieur. (Le rôle de la transformation structurelle dans le processus plus général de croissance fait l’objet du chapitre 3.)

En ce qui concerne l’inflation, les perspectives se sont améliorées au cours de l’année écoulée. On l’a vu, l’inflation a reflué dans la plus grande partie de la région en 2012; à la fin de l’année, le taux d’inflation sur douze mois pour l’ensemble de la région devrait être descendu à environ 8 %, contre 10 % fin 2011 (graphique 1.8). Les progrès accomplis jusqu’à présent ont déjà permis à certains pays, dont le Kenya et l’Ouganda, d’assouplir leur politique monétaire, jusque-là restrictive. La baisse de l’inflation devrait se poursuivre en 2013, mais, pour cela, il faudra que les pays où elle est encore élevée (supérieure à 10 %) suivent des politiques macroéconomiques suffisamment restrictives. Ces projections tiennent compte des effets directs de la hausse récente des prix alimentaires mondiaux consécutive à la sécheresse aux États-Unis et à d’autres chocs du côté de l’offre; outre les difficultés que la flambée des prix pourrait engendrer pour la conduite de la politique monétaire dans certains pays, elle pourrait aussi compliquer la gestion de la sécurité alimentaire dans certaines parties de la région (encadré 1.3).

Graphique 1.8.Principales régions: inflation 2008–13

(fin de période)

Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale.

Note: ne comprend pas le Soudan du Sud.

Les déficits extérieurs courants de la région devraient se creuser quelque peu en 2012–13 (graphique 1.5), les balances commerciales affichant des résultats un peu moins bons sous l’effet d’une légère détérioration des termes de l’échange et de la faiblesse persistante de la demande d’importations chez les partenaires traditionnels. L’augmentation de l’investissement est la contrepartie de ce recours accru à l’épargne extérieure.

La balance des paiements de la région est financée par des instruments de plus en plus diversifiés. À cet égard, une évolution particulièrement intéressante a été l’entrée sur le marché des obligations souveraines internationales de l’Angola en août 2012 (avec l’émission de 1 milliard de dollars d’obligations à 7 ans avec un coupon de 7 %, qui se négocient aujourd’hui à un taux nettement inférieur) et de la Zambie en septembre 2012 (avec l’émission de 750 millions de dollars d’obligations à 10 ans avec un coupon de 5,375 %). La résilience des économies de la région, conjuguée à la recherche de rendement dans un contexte de taux d’intérêt mondiaux bas, suscite un regain d’intérêt pour la région de la part des investisseurs. Les rendements ont aussi sensiblement diminué sur les obligations préexistantes des économies d’Afrique subsaharienne et sont aujourd’hui à des niveaux comparables aux rendements des obligations de plusieurs pays émergents d’Europe.

Analyse des Scénarios à Risques

La situation pourrait évoluer dans un sens plus défavorable que ne le laissent prévoir les projections présentées plus haut en raison principalement des risques considérables qui existent et qui tiennent surtout aux incertitudes entourant l’évolution probable de l’économie mondiale. Nous considérons ici deux scénarios défavorables pour la croissance mondiale, qui sont tirés de l’édition d’octobre 2012 des Perspectives de l’économie mondiale du FMI, et nous examinons les conséquences de chacun pour l’Afrique subsaharienne. L’une des conclusions de cet examen est que des chocs négatifs sur la croissance mondiale, par leurs effets sur les cours des produits de base, se transmettent très vite à l’Afrique subsaharienne, même si l’impact du choc mondial sur la croissance globale de la région est plutôt modéré. Cela dit, il serait dangereux de tenir pour acquis que ce qui est vrai au niveau global l’est aussi au niveau de chaque pays: les pays dont les exportations sont peu diversifiées et les réserves de change limitées, par exemple, auraient probablement beaucoup plus de difficultés que le tableau régional ne le laisse penser.

Un certain nombre de risques considérables pourraient, s’ils se concrétisaient, faire évoluer la situation dans un sens plus défavorable que ce qui est décrit dans l’édition d’octobre 2012 des Perspectives de l’économie mondiale du FMI. Parmi les principaux risques à court terme figurent une nouvelle aggravation de la crise de la zone euro, l’incapacité politique d’empêcher avant la fin de l’année le fort resserrement programmé de la politique budgétaire des États-Unis et une nouvelle montée en flèche des cours du pétrole. Compte tenu des risques accrus qui pèsent sur les perspectives de l’économie mondiale, les incertitudes qui entourent nos projections concernant les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne se sont, sans surprise, accentuées (graphique 1.9).

Graphique 1.9.Afrique subsaharienne: perspectives de croissance, 2002–13

Sources: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; calculs des services du FMI.

Note: ne comprend pas le Soudan du Sud.

Nous considérons ici deux scénarios tirés de l’édition d’octobre 2012 des Perspectives de l’économie mondiale en examinant, pour chacun, les implications pour l’Afrique subsaharienne.

Dans le premier scénario, les politiques déployées dans la zone euro ne réussissent pas à apaiser les marchés et permettent au contraire une intensification des tensions dans le secteur bancaire et sur le marché des obligations souveraines de la zone euro. Dans ce scénario — qui constitue en fait une aggravation de la dynamique déjà observée dans la zone euro —, la production des pays au cœur de la zone serait inférieure de 1½ % par rapport au scénario de référence, les effets étant beaucoup plus prononcés dans les pays de la périphérie; cela aurait des répercussions sur le reste du monde, qui se traduiraient par d’importantes pertes de production dans des pays plus éloignés, tout particulièrement aux États-Unis et dans les pays producteurs de pétrole. D’après les estimations, la baisse de la production mondiale (par rapport au scénario de référence) atteindrait près de 2 points de pourcentage, et les cours mondiaux du pétrole et des autres produits de base chuteraient respectivement d’environ 17 % et 8 %.

Encadré 1.3.Prix alimentaires mondiaux et sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne

Dans le monde entier, des conditions climatiques défavorables ont perturbé l’approvisionnement en denrées alimentaires, ce qui s’est traduit récemment par une flambée des prix sur les marchés internationaux. Des périodes d’extrême sécheresse aux États-Unis et en Russie, le mauvais temps en Chine et dans d’autres pays et, plus récemment, des moussons moins abondantes que la normale en Inde ont aggravé les perspectives à court terme pour la production mondiale de maïs, de soja, de blé et (dans une moindre mesure) de riz.

Cette situation a provoqué depuis la mi-juin une montée en flèche des prix internationaux de ces produits (graphique 1 et tableau 1).

Graphique 1.Cours internationaux des produits de base

Source: FMI, Système des cours des matières premières.

Tableau 1.Variation des prix des produits agricoles en juillet 2012(principales cultures, pourcentage)
Sur un anMensuelle
Total denrées alimentaires2,59,3
Maïs10,724,6
Riz5,9−4,6
Blé13,825,2
Soja21,416,7
Source: FMI, Système des cours des matières premières.
Source: FMI, Système des cours des matières premières.

Pour plusieurs raisons, ces augmentations auront sans doute des effets moins prononcés que ce ne fut le cas en 2007–08. Jusqu’à présent, la montée des prix ne touche pas toutes les cultures et la hausse globale des prix alimentaires en chiffres annuels reste modérée, car les augmentations les plus récentes ont été précédées par une baisse des prix. De plus, contrairement à ce qui s’est passé en 2007–08, le choc sur les prix n’a pas été amplifié par le niveau élevé des prix énergétiques, et les nouvelles restrictions à l’exportation ne se sont pas généralisées. Dans ces conditions, hormis pour le blé, les marchés à terme tablent sur une modération des prix à court terme et sur un retour à leurs niveaux d’avant le choc d’ici à la fin de 2013 (graphique 2).

Graphique 2.Cours internationaux des produits de base: projections

Source: FMI, Système des cours des matières premières.

En Afrique subsaharienne, il est probable que les effets de la flambée des prix alimentaires se feront sentir là où existent certaines vulnérabilités fondamentales. Du côté positif, la denrée de base la plus importée en Afrique subsaharienne, à savoir le riz, est aussi la céréale dont les prix internationaux sont les plus stables. Entre 2005 et 2008, les importations annuelles moyennes de riz (en proportion du total des importations) ont été bien plus élevées que celles de blé ou de maïs. Les importations de riz sont particulièrement volumineuses dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale (graphique 3). Cela dit, le renchérissement du blé et du maïs pourrait engendrer des tensions par endroits. Le blé ne fait pas partie des denrées de base essentielles en Afrique subsaharienne, mais il représente une part relativement importante des importations dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest, ainsi qu’en République démocratique du Congo, en Éthiopie, à São Tomé-et-Príncipe, en Tanzanie et au Tchad. D’ailleurs, les hausses de prix de la farine ont déjà suscité un certain mécontentement en Côte d’Ivoire, où certains réclament une augmentation des subventions au pain, et la hausse des prix du blé pourrait compliquer le processus de désinflation en Afrique de l’Est. La plupart du maïs consommé en Afrique subsaharienne est produit dans la région, une certaine quantité faisant l’objet d’échanges transfrontières à des prix qui reflètent les conditions régionales et mondiales. Cependant, en raison de la sécheresse qui a sévi récemment par endroits en Afrique australe, un grand nombre de pays devront compléter la production locale en puisant dans leurs réserves et en important des denrées de pays peut-être hors de la région.

Graphique 1.3.Afrique subsaharienne: importations alimentaires, par région, moyenne annuelle 2005–08

Source: calculs des services du FMI d’après les données Comtrade.

*Hors Érythrée.

En juillet 2012, la Communauté du développement de l’Afrique australe (SADC) a annoncé lors d’un sommet que, d’après ses projections, la région allait connaître un déficit de céréales en 2012, y compris le premier déficit de maïs depuis 2006/07, en raison surtout de l’insuffisance des pluies. Seuls quatre pays de la SADC affichent globalement d’importants excédents de maïs (Afrique du Sud, Malawi, Tanzanie et Zambie). C’est la Zambie qui devrait avoir l’excédent le plus élevé, mais il ne suffira pas à compenser les déficits du reste de la région; de plus, depuis que cette estimation a été effectuée, la Zambie a révisé à la hausse ses objectifs d’accumulation de réserves. Globalement, et en tenant compte des zones qui ont des problèmes chroniques de sécurité alimentaire, les participants au sommet ont estimé qu’environ 5,5 millions de personnes risquaient d’être victimes de l’insécurité alimentaire dans la région de la SADC, essentiellement dans certaines parties de l’Angola, en République démocratique du Congo, au Lesotho, au Malawi et au Zimbabwe. (De fait, le gouvernement du Lesotho parle déjà de crise alimentaire.) D’après les simulations, une augmentation additionnelle de 10 % des prix alimentaires se traduirait pour la République démocratique du Congo, le Lesotho et le Zimbabwe, qui importent régulièrement du blé et du maïs, par une détérioration du solde de la balance commerciale qui pourrait atteindre 1 point de PIB.

Les gouvernements des pays vulnérables s’emploient à élaborer une riposte avec l’aide du Programme alimentaire mondial des Nations Unies, de la Banque mondiale et d’autres partenaires au développement.

Encadré préparé par Emily Forrest, Jean-Claude Nachega et Juan Treviño.

Quelles seraient les conséquences pour l’Afrique subsaharienne? Le scénario décrit ici est semblable, dans ses principales caractéristiques, à celui qui est examiné dans l’édition d’avril 2012 de ce rapport5; nous nous référons donc à notre analyse précédente, dont les conclusions étaient les suivantes: i) au total, la perte de production pour l’Afrique subsaharienne serait d’environ 1 % à 1,2 % du PIB en 2013; ii) les pertes seraient un peu plus prononcées (peut-être de l’ordre de 1,4 point de pourcentage) en Afrique du Sud, en raison des liens plus étroits de ce pays avec les marchés européens; iii) les pertes de production seraient plus modestes dans les grands pays producteurs de pétrole, où la principale conséquence serait l’érosion des réserves de change6; et iv) l’impact sur les pays à faible revenu varierait considérablement d’un pays à l’autre, en fonction des liens commerciaux avec l’Europe (domaine particulièrement sensible pour le Kenya) et de l’évolution des flux d’aide et des envois de fonds des travailleurs expatriés (éléments essentiels pour l’Éthiopie, qui bénéficierait de la baisse des cours du pétrole).

Dans le second scénario, aussi tiré des Perspectives de l’économie mondiale, la croissance de la production potentielle future des pays avancés et des pays émergents est inférieure à ce qui était prévu (de 0,5 et 1 point de pourcentage par an, respectivement) sur la période 2013–16. Dans ce scénario, les grandes économies du monde se développent à un rythme plus lent pendant une période prolongée; les économies avancées sont obligées de procéder à un nouvel ajustement budgétaire pour préserver la viabilité de la dette; et il y a des effets sensibles sur la croissance des pays émergents et en développement, ainsi que des effets induits sur les cours mondiaux des produits de base. En termes chiffrés, la production mondiale est inférieure d’environ 2¼ points de pourcentage au niveau retenu dans le scénario de référence en 2014 et de 5½ points de pourcentage en 2016; les cours des produits de base sont inférieurs d’environ 15 % en 2014 et de 20 % à 30 % en 2016.

Pour déterminer l’impact de ces évolutions sur l’Afrique subsaharienne, nous avons procédé à une évaluation «ascendante» des onze plus grandes économies subsahariennes, qui produisent collectivement environ 80 % du PIB régional (graphique 1.10). L’analyse est centrée uniquement sur les deux premières années du ralentissement mondial (2013–14)7. Les principaux effets, tant au niveau mondial qu’au niveau régional, se font sentir en 2014. Les principaux résultats de l’analyse sont les suivants:

Graphique 1.10.Afrique subsaharienne: scénario défavorable

Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale.

  • L’impact négatif sur la croissance du PIB de l’Afrique subsaharienne serait d’environ ¼ de point de pourcentage en 2013 et de 1 point en 2014. Les soldes budgétaires se dégraderaient de quelque 2½ points de pourcentage d’ici 2014, les pays exportateurs de pétrole subissant le plus grand impact. Le solde extérieur courant de la région se détériorerait d’environ 0,5 % en 2014, les soldes extérieurs des pays importateurs de pétrole enregistrant une amélioration, et ceux des pays exportateurs de pétrole, une dégradation.

  • L’impact du ralentissement sur les différentes économies et régions d’Afrique présente des similarités avec le premier scénario, à deux différences fondamentales près: i) le moment où les effets se font sentir et leur ampleur (chocs plus lents à se faire sentir, mais cumulativement plus prononcés); et ii) par rapport au premier scénario, la perte de production mondiale est supportée dans une mesure relativement plus grande par les pays émergents d’Asie, y compris la Chine, d’où une chute plus marquée des cours des produits de base.

  • Ainsi, l’Afrique du Sud est durement touchée, avec un PIB inférieur d’environ 2 points de pourcentage en 2014 par rapport au scénario de référence; les pays exportateurs de pétrole puisent dans leurs volants de réserves, lesquelles, en l’absence de toute réaction de la part des pouvoirs publics, pourraient dans certains cas s’approcher dangereusement du seuil en dessous duquel les pressions des marchés s’intensifieraient considérablement8; et l’impact sur les pays à faible revenu dépend, entre autres facteurs, i) de leur statut d’exportateur ou d’importateur net de produits de base (les premiers y perdent, les seconds y gagnent); ii) des principales sources nationales/régionales de recettes courantes; et iii) de la sensibilité (dans chaque pays) de la production et de l’investissement dans l’exploitation des ressources naturelles à la baisse des cours des produits de base.

  • Au-delà de 2014, le taux de croissance de l’Afrique subsaharienne serait réduit d’environ 1 point de pourcentage en 2015 et en 2016. Compte tenu de ce qui précède, il est clair que des chocs négatifs sur la croissance mondiale occasionnent des pertes de production considérables en Afrique subsaharienne; les chiffres cités à titre d’illustration indiquent qu’une diminution de 1 point de pourcentage de la croissance économique mondiale ampute la croissance en Afrique d’environ 0,6 point.

Bien que l’effet de ces chocs sur la production globale de la région ne soit pas particulièrement prononcé, il importe de noter que l’impact économique sur certains pays considérés individuellement — surtout ceux qui sont fortement tributaires d’un ou de deux produits d’exportation — pourrait être beaucoup plus marqué et source d’instabilité. À titre d’illustration, une évolution fortement défavorable du prix du principal produit d’exportation — qui entamerait les recettes d’exportation, les recettes budgétaires et l’investissement étranger dans ce secteur — pourrait engendrer de vives tensions sur le marché des changes et le marché financier intérieur; en l’absence d’un solide amortisseur sous forme de réserves de change, cette situation pourrait très vite dégénérer en véritable crise économique (comme ce fut le cas en Angola en 2009)9. Dans les pays où le coefficient de couverture par les réserves est modeste et où les exportations sont concentrées, il faut se garder de tout excès de confiance.

Reste-t-il une Marge de Manœuvre pour Agir en cas de Besoin?

Compte tenu des risques cités plus haut, des ajustements macroéconomiques pourraient s’imposer en cas de ralentissement de l’activité, mais la nature des mesures qui seront alors possibles variera en fonction de la «marge d’action» dont disposeront les autorités pour procéder à des ajustements sans déstabiliser l’économie. Si plusieurs pays subsahariens se sont reconstitué une marge d’action depuis l’éclatement de la crise mondiale, dans la plupart des pays la marge de manœuvre est moins grande qu ‘en 2008, et elle est étroite dans la plupart des États fragiles. L’une des mesures que les gouvernements pourraient prendre pour renforcer la situation des finances publiques et accroître leur marge de manœuvre consisterait à commencer de réduire les subventions énergétiques.

Marge D’action

Par marge d’action, nous entendons la capacité de financer des déficits budgétaires accrus sans provoquer de tensions excessives sur les marchés financiers intérieurs et faire évoluer la dynamique de la dette dans un sens défavorable; la capacité d’assouplir la politique monétaire sans provoquer de fortes tensions inflationnistes et/ou sur les taux de change; la marge de manœuvre qui existe sous forme de réserves suffisantes pour financer un affaiblissement de la balance des paiements ou pour soutenir le taux de change, en cas de besoin. Nous examinons tour à tour chacun de ces aspects.

Quels pays disposent d’une marge d’action budgétaire?

On l’a vu (graphique 1.3), les déficits budgétaires se sont fortement creusés dans la plupart des pays à la suite du ralentissement économique mondial — riposte justifiée des pouvoirs publics face à l’effondrement temporaire de la demande extérieure survenu en 2009–10 —, mais, depuis lors, dans la plupart des cas, ils n’ont pas été réduits. Qui dispose aujourd’hui de la marge d’action nécessaire pour laisser les déficits budgétaires s’agrandir davantage en cas de ralentissement de l’économie mondiale? Et cette marge existerait-elle encore en situation de crise, caractérisée par une baisse éventuelle des recettes provenant du secteur des exportations (surtout dans les pays producteurs de pétrole) et un accès de plus en plus difficile aux financements extérieurs?

L’existence d’une marge d’action budgétaire suppose, et c’est une condition importante, un niveau d’endettement modéré et stable. Or, un grand nombre de pays d’Afrique subsaharienne, aidés par les allégements de dette et la conduite de politiques prudentes en matière d’emprunt, ont désormais des niveaux d’endettement jugés viables par les services du FMI (tableau 1.4)10. Mais, dans les pays où le marché financier intérieur est peu profond, la capacité des autorités d’accroître rapidement et de façon sensible le niveau des emprunts intérieurs n’est pas assurée — même si les ratios d’endettement extérieur sont faibles. La plupart des pays d’Afrique subsaharienne ont encore du mal à accéder aux marchés financiers étrangers et, pour ceux qui le peuvent actuellement, il est probable que cet accès sera fortement restreint en cas de ralentissement prononcé de l’activité mondiale.

Tableau 1.4.Afrique subsaharienne: indicateurs de l’espace budgétaire(Pourcentage du PIB)
Risque de surendettement (indice)1Endettement public (2012)Variation de la dette2Dette extérieure (2012)Variation de la dette extérieure2Paiements d’intérêts/recettes (2007)Paiements d’intérêts/recettes (2012)
FMES
Afrique subsaharienne (total)17186332,41,89,8−2,36,66,7
Dont:
Pays exportateurs de pétrole430017,6−0,25,2−1,33,44,3
Pays à revenu intermédiaire551040,312,05,91,98,89,6
Pays à faible revenu761036,91,923,13,76,05,8
États fragiles (PPTE)3143048,8−61,221,4−73,413,16,4
États fragiles (non PPTE)001356,3−16,464,2−19,013,74,9
Sources: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; estimations des services du FMI.

Nombre de pays dont le risque de surendettement est considéré comme faible (F), modéré (M) et élevé (E), ou qui sont surendettés (S) d’après l’analyse de viabilité de la dette. L’indice pour neuf pays à revenu intermédiaire et pays exportateurs de pétrole est fondé sur les rapports récents des services du FMI sur les consultations au titre de l’article IV.

Changements entre fin 2007 et fin 2012.

Pays ayant bénéficié d’un allégement de dette au titre de l’initiative PPTE et de l’IADM entre fin 2007 et fin 2012.

Sources: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; estimations des services du FMI.

Nombre de pays dont le risque de surendettement est considéré comme faible (F), modéré (M) et élevé (E), ou qui sont surendettés (S) d’après l’analyse de viabilité de la dette. L’indice pour neuf pays à revenu intermédiaire et pays exportateurs de pétrole est fondé sur les rapports récents des services du FMI sur les consultations au titre de l’article IV.

Changements entre fin 2007 et fin 2012.

Pays ayant bénéficié d’un allégement de dette au titre de l’initiative PPTE et de l’IADM entre fin 2007 et fin 2012.

Pour disposer d’un espace budgétaire permettant de financer des déficits accrus, deux critères principaux doivent être remplis à la fois: un niveau modéré d’endettement intérieur et un marché financier intérieur suffisamment profond pour absorber un surcroît d’emprunts. Un autre moyen d’accroître cette marge d’action, pour la minorité de pays qui ont pu dégager des excédents budgétaires, réside dans la capacité de puiser sur le stock d’actifs financiers publics, détenus soit à la banque centrale, soit à l’étranger. Pour déterminer si ces conditions sont remplies, il convient d’évaluer la situation de chaque pays, mais il est possible de faire quelques remarques générales:

  • On l’a vu, les pays où le marché financier intérieur est peu profond auront vraisemblablement du mal à financer des déficits budgétaires accrus à moins que les autorités n’aient constitué des réserves, sous une forme ou une autre, dans lesquelles elles pourront puiser en cas de crise11. La plupart des États fragiles entrent dans cette catégorie, à l’exception de la Côte d’Ivoire, qui s’est assuré l’accès à un marché obligataire régional.

  • Les pays où la dette publique a fortement augmenté ces dernières années pourraient se heurter à des problèmes de viabilité, qui se traduiraient par une hausse des taux d’intérêt s’ils essaient d’emprunter davantage. L’accumulation de dette publique en Afrique du Sud depuis l’éclatement de la crise mondiale est devenue une contrainte qui pèse sur l’espace budgétaire des autorités dans la mesure où une nouvelle accumulation de dette aurait vraisemblablement pour effet d’alourdir les coûts de financement.

  • Les pays producteurs de pétrole, qui ont bénéficié d’un vif redressement des cours mondiaux en 2011–12, ont dégagé, pour plusieurs d’entre eux mais pas pour tous, des excédents budgétaires et, en corollaire, reconstitué leurs réserves de change — ce qui fait qu’ils sont mieux équipés pour supporter un choc éventuel12. Cela dit, la volatilité des cours du pétrole est telle que, dans certains cas, les réserves ne sont peut-être pas encore suffisantes pour absorber une chute des cours mondiaux.

Pour l’ensemble de la région, nos conclusions générales sont les suivantes: i) la marge d’action budgétaire est restreinte dans la plupart des pays à faible revenu et des États fragiles; ii) beaucoup de pays à revenu intermédiaire ont une certaine marge d’action, encore que, dans certains cas, le niveau d’endettement soit préoccupant; et iii) la plupart, mais non la totalité, des pays producteurs de pétrole ont conforté leurs positions budgétaires, mais cet avantage pourrait s’effacer rapidement en cas de baisse prononcée de leurs recettes pétrolières.

Quels pays disposent d’une marge d’action sur le plan monétaire?

Dans les pays où la politique monétaire est menée de manière autonome, les progrès accomplis généralement dans la lutte contre l’inflation (graphique 1.11), tout particulièrement en Afrique de l’Est, sont encourageants et pourraient donner aux banques centrales une certaine latitude pour assouplir leur politique monétaire si cela devient nécessaire13. Mais cette décision doit être prise avec prudence, car les anticipations inflationnistes doivent être bien ancrées et la crédibilité de la banque centrale bien établie pour éviter que l’assouplissement des conditions monétaires ne relance l’inflation. En outre, cet assouplissement pourrait encourager la fuite des capitaux, soumettre les marchés des changes à des tensions indésirables et, peut-être, conduire à une érosion des réserves. De plus, dans un grand nombre de pays d’Afrique subsaharienne, la maîtrise de l’inflation est à la merci d’une flambée des prix alimentaires compte tenu de la place importante de l’alimentation dans les paniers de consommation; comme on l’a vu plus haut, on a assisté ces derniers mois à une montée en flèche sélective des prix alimentaires mondiaux dont les effets se sont fait sentir de façon inégale dans la région.

Graphique 1.11.Afrique subsaharienne: évolution de l’inflation IPC à partir de 12 mois plus tôt, fin 2012 comparé à fin 2011

Source: FMI, International Financial Statistics.

Quels pays disposent de réserves de change suffisantes?

Les marges de manœuvre extérieures, mesurées par les taux de couverture des importations par les réserves de change, se situent à des niveaux peu satisfaisants dans un grand nombre de pays. Le taux de couverture moyen des pays à faible revenu et des États fragiles atteint à peine trois mois d’importations (hormis les pays de la zone franc, dont les banques centrales régionales disposent collectivement d’amples réserves), et ceux de la plupart des pays exportateurs de pétrole et des pays à revenu intermédiaire n’ont pas encore retrouvé leurs niveaux d’avant la crise. Pour 40 % environ des pays subsahariens, le taux de couverture est inférieur au taux de trois mois d’importations souvent considéré comme un minimum (graphique 1.12).

Graphique 1.12.Afrique subsaharienne: taux de couverture par les réserves et solde extérieur courant

Source: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale.

Création d’un espace Budgétaire: la Réduction des Subventions Énergétiques

La marge d’action budgétaire existante peut être élargie lorsqu’il existe des distorsions manifestes dans la conduite de la politique économique et que des économies peuvent être réalisées. Malgré les réformes de ces vingt dernières années, les subventions énergétiques — pour les produits pétroliers et l’électricité —, en plus d’être régressives et inefficaces, demeurent coûteuses (encadré 1.4). La réduction des subventions énergétiques est l’un des moyens qui peut être mis en œuvre pour conforter les positions budgétaires à moyen terme. La diminution des subventions permet aussi aux autorités d’effectuer des dépenses plus utiles sur le plan social, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et des infrastructures.

Il faudra beaucoup de temps pour réduire de façon très sensible les subventions énergétiques, mais il est tout à fait justifié de prendre dès maintenant des mesures initiales dans ce sens. L’expérience des pays qui ont abaissé leurs subventions énergétiques permet d’ores et déjà de tirer plusieurs enseignements:

  • Il faut du temps pour amener toutes les parties prenantes à un consensus en faveur de la réduction des subventions énergétiques. Au Kenya, la réforme du secteur de l’électricité a été engagée au milieu des années 90 et n’a abouti qu’en 2005 à l’adoption de tarifs qui reflètent les coûts marginaux à long terme et à un système de répercussion automatique des coûts des combustibles.

  • La suppression des subventions généralisées, qui sont coûteuses, nécessite de fournir une aide spéciale aux ménages et collectivités défavorisés. À cet égard, la meilleure méthode consisterait à accorder des subventions (en espèces) ciblées, mais la plupart des pays jugent cette solution trop difficile à mettre en œuvre. Ainsi, par exemple, au Kenya et en Namibie, il existe des subventions croisées pour les coûts de transport et de distribution qui visent respectivement à égaliser les prix de l’électricité et des produits pétroliers sur tout le territoire du pays. Au Niger, les autorités ont mis en place une subvention aux transports publics afin que ceux-ci restent abordables pour les populations pauvres malgré l’augmentation des cours du pétrole.

  • Pour que la réforme des subventions énergétiques atteigne son but, il est indispensable que les autorités soient crédibles lorsqu ‘elles s’engagent à dédommager les groupes vulnérables et à utiliser les économies réalisées pour des actions de développement bien ciblées. Au Kenya, pour amener le secteur privé à accepter la hausse des tarifs d’électricité, il a été essentiel que les autorités s’engagent à utiliser les fonds ainsi obtenus pour élargir la distribution d’électricité et accroître la fiabilité du réseau. Une stratégie de communication bien conçue, axée sur des campagnes d’information publiques et des interventions dans les médias pour expliquer aux intéressés le bien-fondé de la réforme, a joué un rôle essentiel à cet égard.

Encadré 1.4.Les subventions énergétiques en Afrique subsaharienne: coûteuses, mal ciblées et inefficaces

En dépit des réformes qui sont engagées, les subventions énergétiques (produits pétroliers et électricité) absorbent encore une forte proportion des ressources publiques pourtant rares en Afrique subsaharienne. D’après les estimations des services du FMI, les subventions aux produits pétroliers, qui comprennent les pertes de recettes fiscales dues à la répercussion incomplète des prix internationaux sur les prix intérieurs (graphique 1) et les subventions directes aux prix prévues dans le budget, ont atteint en moyenne en 2011 près de 2,0 % du PIB en Afrique subsaharienne. En outre, les passifs éventuels liés à la dette, aux arriérés et aux pertes d’exploitation des entreprises d’État opérant dans le domaine du raffinage, de l’importation et de la distribution des produits pétroliers se sont élevés à 0,5 % du PIB en moyenne. En Afrique subsaharienne, les déficits quasi budgétaires des compagnies publiques d’électricité, qui représentent la différence entre les recettes effectivement perçues et les recettes qui seraient nécessaires pour récupérer pleinement les coûts de production et les coûts d’amortissement, se sont montés à environ 1½ % du PIB en moyenne en 2009–10 et à plusieurs fois cette proportion dans certains pays (graphique 2).

Graphique 1.Coût budgétaire médian1 des subventions aux produits pétroliers, 2008-11

Source: estimations des services du FMI.

1 Le coût budgétaire est la perte de recettes fiscales annualisées aux taux d’imposition de fin 2011 par rapport aux recettes fiscales annualisées calculées aux taux d’imposition de fin 2008.

2 Ne sont pas compris les Comores, l’Érythrée, les Seychelles et le Zimbabwe.

Graphique 2.Afrique subsaharienne: déficits quasi budgétaires des compagnies publiques d’électricité en 2009-10

Source: calculs des services du FMI d’après les données de la Banque mondiale, de l’Agence internationale de l’énergie et du FMI.

Note: Le Zimbabwe, qui avait un déficit quasi budgétaire de 11 % du PIB en 2009, n’est pas pris en compte dans le calcul de la moyenne.

Ces subventions énergétiques profitent surtout aux ménages les plus aisés, mais leur suppression léserait aussi les pauvres. Elles bénéficient essentiellement aux groupes les plus fortunés parce que ce sont eux qui consomment le plus (graphique 3). Les subventions à la consommation d’électricité sont encore plus régressives que les subventions aux produits pétroliers parce que les raccordements au réseau électrique profitent de façon disproportionnée aux groupes les plus aisés. Cela dit, la suppression des subventions influerait grandement sur le bienêtre des pauvres comme des riches, car la part de l’énergie dans la consommation totale des ménages est à peu près constante dans toute la population (tableau 1).

Graphique 3.Afrique subsaharienne: répartition des subventions énergétiques

(Pourcentage du total des subventions reçu par chaque groupe de revenu)

Source: Javier Arze del Granado, David Coady, Robert Gillingham, The Unequal Benefits of Fuel Subsidies: A Review of Evidence for Developing Countries, 2010.

Tableau 1.Afrique subsaharienne: impact d’une hausse de 0,25 dollar par litre du prix du pétrole(Pourcentage de la consommation totale des ménages)
Quintiles de consommation
Inférieur234SupérieurGlobal
Total5,85,65,55,66,05,7
Impact direct2,21,91,81,72,11,9
Essence0,10,10,10,20,60,2
Pétrole lampant1,91,41,20,90,61,2
GPL0,10,10,10,20,20,2
Electricité0,20,30,30,40,60,4
Impact indirect3,53,73,73,94,03,8
Source: Javier Arze del Granado, David Coady, Robert Gillingham, The Unequal Benefits of Fuel Subsidies: A Review of Evidence for Developing Countries, 2010.
Source: Javier Arze del Granado, David Coady, Robert Gillingham, The Unequal Benefits of Fuel Subsidies: A Review of Evidence for Developing Countries, 2010.

Les subventions énergétiques ont une influence négative sur l’efficacité économique, en particulier sur l’allocation des ressources ainsi que sur la compétitivité et la croissance. Elles peuvent entraîner une mauvaise allocation des ressources en encourageant la surconsommation. Elles risquent de faire obstacle aux dépenses plus productives de l’Etat, comme l’indique la relation fortement négative entre les subventions énergétiques et les dépenses publiques de santé et d’éducation (graphique 4). La sous-évaluation délibérée des prix et les subventions agissent de façon négative sur l’approvisionnement en énergie par divers canaux: si les compagnies énergétiques sont obligées de vendre constamment à perte (en entamant même la rentabilité nécessaire des investissements), cela conduit au sous-investissement et au manque d’entretien, ce qui entraîne à son tour une détérioration des infrastructures tout au long de la chaîne de production et de distribution de l’énergie, des pénuries à répétition ainsi qu’une diminution de l’accès au réseau et de la qualité. D’après les informations dont on dispose, dans les pays d’Afrique subsaharienne où les compagnies d’électricité ne peuvent pas récupérer leurs coûts, il faut davantage de temps pour être raccordé au réseau (ce qui constitue une forme de rationnement) (graphique 5).

Graphique 4.Afrique subsaharienne: subventions énergétiques et dépenses publiques de santé et d’éducation en 2008-11

Sources: FMI, Département des finances publiques et Département Afrique.

Graphique 5.Afrique subsaharienne: récupération des coûts par les compagnies d’électricité et facilité de raccordement au réseau

Source: bases de données de la Banque mondiale.

Encadré préparé par Christian Josz et Sukhwinder Singh. Report of the Task Force on Energy Pricing in Sub-Saharan Africa.

Recommandations

Étant donné que la marge d’action des autorités se rétrécit dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, leur capacité de réaction aux chocs éventuels est limitée. Il est nécessaire de reconstituer cette marge d’action, en particulier par le rééquilibrage des finances publiques: l’élément d’appréciation porte sur le rythme de ce rééquilibrage. Si les recommandations doivent être adaptées à la situation particulière de chaque pays, il n’en reste pas moins possible de formuler plusieurs principes généraux:

  • Dans les pays qui bénéficient d’une croissance forte et de prix d’exportation favorables, il est tout à fait justifié d’entreprendre le rééquilibrage des finances publiques au cours de l’année à venir en maîtrisant les dépenses et en continuant à renforcer les marges de manœuvre budgétaires14. Il est intéressant de noter que le renforcement de la situation budgétaire de certains des principaux pays pétroliers s’opère à un rythme nettement plus lent que prévu — notamment en Angola et au Nigéria.

  • Une politique budgétaire accommodante serait indiquée dans les pays à revenu intermédiaire où la croissance continue à manquer de dynamisme, mais leur marge de manœuvre se rétrécit à mesure que s’accroît le niveau d’endettement. Entre 2008 et 2012, la dette publique de l’Afrique du Sud aura augmenté d’environ 13 points de PIB, ce qui a amené le gouvernement à procéder à un rééquilibrage graduel des finances publiques, en partie pour atténuer les craintes que suscitait sur les marchés l’accumulation de dette.

  • La plupart des pays à faible revenu et des États fragiles doivent élargir leurs bases de recettes fiscales intérieures, à la fois pour financer un accroissement de l’investissement public et pour constituer une marge de manœuvre contre une érosion potentielle de l’aide extérieure émanant de pays avancés qui subissent eux-mêmes des contraintes budgétaires.

Il semblerait que la politique monétaire soit bien calibrée dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne où elle est menée de façon autonome. Cela dit, quelques réserves s’imposent:

  • La plupart des pays à faible revenu et des États fragiles disposent d’une marge d’action limitée sur le plan monétaire. En fait, certains d’entre eux devront peut-être durcir les conditions monétaires pour préserver la parité de leur monnaie (par exemple São Tomé-et-Príncipe), ou pour renforcer leurs positions de change affaiblies (Guinée, Libéria, Malawi et Sierra Leone, par exemple). Dans le cas du Malawi, un resserrement des politiques budgétaire et monétaire est devenu nécessaire pour empêcher une envolée de l’inflation à la suite de la forte dévaluation de mai 2012.

  • Pour les pays d’Afrique de l’Est qui ont connu une poussée d’inflation en 2011, il sera possible d’abaisser encore les taux directeurs lorsque les taux d’inflation resteront fermement ancrés bien en dessous de 10 %. C’est le cas notamment du Kenya et de l’Ouganda. La situation est moins favorable dans certains autres pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est (Burundi et Tanzanie), où la persistance de taux d’inflation élevés obligera à maintenir l’orientation restrictive de la politique monétaire.

On l’a vu, les indicateurs de stabilité financière font ressortir une certaine érosion de la rentabilité des banques dans toute la région, mais les indicateurs de santé financière ne se sont pas sensiblement détériorés depuis l’éclatement de la crise économique mondiale. Cela dit, il faut se garder de tout excès de confiance, surtout dans les pays dont les capacités réglementaires sont peu développées, et les autorités nationales devront prendre des mesures pour renforcer les capacités de surveillance, notamment pour assurer la supervision des banques panafricaines.

Politiques à mener en cas de ralentissement de l’activité mondiale

L’évaluation présentée ci-dessus correspond à la réalisation de ce que nous avons appelé le scénario de référence, dans lequel l’activité mondiale ne régresse que modérément en 2012 et l’Afrique subsaharienne enregistre une croissance supérieure à 5 %. Quelles modifications faudrait-t-il apporter aux politiques macroéconomiques si un ou plusieurs des risques qui pèsent sur l’économie mondiale venaient à se concrétiser en entraînant un ralentissement beaucoup plus prononcé de l’activité économique mondiale?

Comme on l’a vu plus haut, un grand nombre de pays d’Afrique subsaharienne ne disposent que d’une marge d’action limitée pour réagir à un ralentissement marqué de la croissance économique, et les contraintes de financement pourraient fort bien les obliger à opérer un ajustement budgétaire procyclique. Les pays qui sont membres d’une union monétaire sont privés d’un outil d’ajustement (mais, en règle générale, l’inflation y est aussi beaucoup mieux maîtrisée); les pays où les investisseurs nationaux sont rendus nerveux par la crainte d’un effondrement de la monnaie voient aussi leur marge d’action réduite, car, faute d’un stock suffisant de réserves de change, ils auront du mal à gérer un ajustement ordonné du taux de change.

Les mesures envisageables dépendront une fois encore de la situation particulière de chaque pays, mais un certain nombre de considérations ont une portée générale:

  • Les pays dont le taux de change est déterminé par le marché devraient laisser leur taux de change évoluer, en recourant à des ajustements monétaires lorsque cela est nécessaire pour contenir l’inflation. En laissant le taux de change évoluer en 2009, la Banque de réserve d’Afrique du Sud a ainsi grandement aidé le pays à surmonter les effets de la crise financière mondiale.

  • Les pays qui disposent de la marge d’action nécessaire pour laisser les déficits se creuser devraient s’abstenir de procéder à un resserrement budgétaire procyclique et laisser jouer plutôt les stabilisateurs automatiques (Botswana et Maurice, par exemple). L’opportunité de mener ou non une politique volontariste d’expansion budgétaire sera déterminée par la possibilité d’appliquer des mesures de relance qui ne soient pas rapidement absorbées par les importations.

  • Les pays exportateurs de pétrole dont le coefficient de couverture est très élevé peuvent laisser diminuer le niveau de leurs réserves (ou en ralentir le rythme d’accumulation) pour compenser la baisse de recettes pétrolières. En revanche, les pays dont les réserves sont jugées insuffisantes pour atteindre les objectifs de stabilisation à moyen terme pourraient être amenés, pour contenir (ou stopper) l’érosion de leurs réserves, à combiner ajustement du taux de change (ce qui constitue en général une mesure de dernier ressort pour beaucoup de pays africains exportateurs de pétrole) et politique budgétaire restrictive.

  • Les pays qui mènent leur politique monétaire de façon autonome et qui ont fait leurs preuves en matière de maîtrise de l’inflation sont bien placés pour réagir à un ralentissement de l’activité en assouplissant les conditions monétaires. En Afrique du Sud, étant donné que la marge d’action budgétaire est quelque peu limitée, la politique monétaire pourrait être l’instrument le plus indiqué pour faire face à une évolution défavorable de la demande. Cela pourrait aussi être le cas à Maurice si la demande d’exportations venait à chuter.

  • Les pays qui n’ont aucune marge d’action et qui sont durement touchés par l’évolution conjoncturelle défavorable de la demande extérieure devront vraisemblablement chercher à obtenir des financements extérieurs publics, en se tournant vers les bailleurs de fonds ou les institutions financières internationales.

Conclusions

La dynamique de croissance de la région devrait se maintenir en 2012-13, mais des risques accrus dus à l’incertitude qui entoure les perspectives économiques mondiales pourraient faire évoluer la situation dans un sens moins favorable. Dans quelle mesure la situation d’aujourd’hui est-elle différente de celle que les services du FMI décrivaient il y a six mois, lors de la publication des dernières prévisions détaillées pour l’Afrique subsaharienne? Globalement, la réponse est que la situation n’a pas beaucoup changé — à la fois parce que les projections du scénario de référence n’ont été que légèrement ajustées et parce qu’il n’y a guère eu, sur le continent africain, d’évolutions suffisamment surprenantes pour altérer le panorama régional. Ce qui a changé, c’est la balance des risques, qui laisse aujourd’hui craindre bien davantage un ralentissement de l’activité, et le niveau d’incertitude concernant les évolutions probables, qui est plus élevé. Nous avons examiné des scénarios tablant sur une évolution défavorable qui, s’ils retracent correctement la trajectoire de l’économie mondiale, laissent entrevoir une baisse de l’ordre de 1 point de pourcentage de la croissance en Afrique subsaharienne — une évolution certes regrettable, mais un résultat bien meilleur que celui de 2009. Cela dit, certains pays pourraient connaître des résultats bien pires en fonction de leur situation particulière.

Dans un contexte où la croissance de la production reste robuste dans la plus grande partie de la région, un rééquilibrage budgétaire est justifié dans les économies dynamiques qui n’ont pas encore reconstitué la marge d’action qu’elles avaient avant l’éclatement de la crise mondiale. Mais, compte tenu des incertitudes qui entourent les perspectives mondiales, ce rééquilibrage devra être mis en œuvre avec souplesse. Si l’activité économique mondiale devait accuser une forte décélération, la croissance ralentirait aussi en Afrique subsaharienne, et certains pays ne pourraient échapper à des difficultés financières, que se soit du côté du taux de change ou du financement budgétaire. Les pays de la région disposent de différents instruments pour faire face à ces évolutions, mais il semble probable que, pour limiter les dégâts et préserver la stabilité macroéconomique, beaucoup de pays à faible revenu et d’Etats fragiles devront se tourner vers les institutions bilatérales et multilatérales pour obtenir un soutien financier extérieur public.

Le niveau des déficits peut aussi être influencé par le fait que les concours extérieurs sous forme de dons sont remplacés par des prets concessionnels à mesure que la situation du pays s’améliore (cas du Libéria, par exemple).

Compte tenu de la qualité imparfaite des données et du manque d’uniformité des définitions utilisées par les différents pays, les tendances sont à interpréter avec circonspection.

Les données relatives au Nigéria sont à interpréter avec prudence compte tenu des effets des interventions de la banque centrale pour stabiliser, réformer et recapitaliser les banques au lendemain de la crise bancaire de 2009.

Un nouveau facteur qui pèse sur les perspectives à court terme de l’Afrique du Sud est la grève récente dans les mines d’or et de platine.

Voir l’édition d’avril 2012 des Perspectives économiques régionales: Afrique subsaharienne, pages 17–18; les conséquences d’une flambée des cours du petrole pour l’Afrique subsaharienne sont présentées aux pages 19–20.

Il n’est pas inconcevable que, dans le cas de certains pays producteurs de pétrole, la perte de recettes pétroliéres atteigne une ampleur telle que les réserves tombent en dessous du seuil critique nécessaire pour maintenir la confiance, ce qui précipiterait un ajustement plus draconien, notamment du taux de change.

L’impact s’intensifie en 2015 et en 2016.

Pour déterminer si cela se produira d’ici fin 2014 dans un pays donné, il convient de prendre en considération de façon détaillée les spécificités de ce pays.

Les recettes d’exportation du Botswana ont aussi été fortement mises à mal en 2009, mais le pays avait accumulé suffisamment d’actifs extérieurs pour pouvoir amortir le choc sur le PIB, l’inflation et le taux de ch01nge.

Le niveau d’endettement d’un pays est jugé «viable» par le FMI si le profil de sa dette en fait un pays à risque faible ou modéré de surendettement. Dans le cas des pays qui remplissent les conditions requises pour obtenir des financements concessionnels, cette évaluation est effectuée conjointement par le FMI et la Banque mondiale; dans le cas des pays à revenu intermédiaire, l’évaluation utilisée ici est celle des services du Département Afrique du FMI.

La Sierra Leone en est un bon exemple: le ratio dette publique/PIB y est inférieur à 50 %, mais les efforts que déploient les autorités pour emprunter davantage sur le marché financier intérieur se traduisent par une hausse des taux d’intérêt.

À cet égard, le Nigéria est une exception importante: le pays n’a pas enregistré d’excédent budgétaire substantiel ces dernières années, et ses réserves (même si elles sont en cours de reconstitution) sont encore inférieures à leur niveau d’avant la crise.

Seuls les pays qui ne font pas partie d’une zone monétaire (ceux qui utilisent le franc CFA ou dont la monnaie est rattachée de longue date au rand à parité fixe) ont la possibilité d’adapter leur politique monétaire en fonction de l’évolution de la situation intérieure.

Le rythme et le ciblage du rééquilibrage doivent tenir compte de la nécessité d’assurer la continuité des grands projets d’investissement pluriannuels.

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