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Principales conclusions

Author(s):
International Monetary Fund. African Dept.
Published Date:
October 2010
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Résilience pendant toute la récession mondiale; une reprise économique qui se poursuit à un rythme soutenu; quelques risques à la baisse

  • Selon les projections, le taux de croissance économique de l’Afrique subsaharienne devrait atteindre 5 % en 2010 et 5½ % en 2011. Si ce scénario se confirme, la plupart des pays de la région auront bel et bien renoué avec des taux de croissance proches des niveaux élevés enregistrés au milieu des années 2000.

  • La résilience dont a fait preuve la région pendant toute la crise financière mondiale s’explique en grande partie par l’application de politiques économiques bien conçues. À la veille des chocs mondiaux de la période 2007– 09, la situation économique de la plupart des pays de la région était bonne: croissance régulière, inflation faible, solde budgétaire viable, réserves de change en hausse et dette publique en baisse. Lorsque les chocs sont survenus, ces pays ont pu manier avec adresse leurs politiques budgétaires et monétaires pour atténuer les effets négatifs du bouleversement soudain du commerce, des prix et des flux de financement mondiaux.

  • En 2010 et 2011, la croissance devrait être généralisée. La demande intérieure devrait rester vigoureuse en s’appuyant sur la hausse des revenus réels et le rythme soutenu de l’investissement privé et public. En outre, les exportations devraient bénéficier de la réorientation de plus en plus prononcée des échanges commerciaux vers les marchés dynamiques d’Asie.

  • Cependant, la crise financière mondiale a laissé des traces, que révèlent les indicateurs macroéconomiques. Le chômage a considérablement augmenté dans les pays où le secteur manufacturier est relativement plus développé. Les soldes budgétaires se sont détériorés, en particulier dans les pays à revenu intermédiaire et les pays exportateurs de pétrole. Les exportations n’ont toujours pas retrouvé leurs niveaux d’avant la crise. La croissance du crédit reste modeste.

  • Les risques restent orientés à la baisse. Sur le plan mondial, la reprise des pays avancés semble encore hésitante et les flux de financement pourraient être compromis par le rééquilibrage des finances publiques dans ces pays. Sur le plan interne, le calendrier électoral chargé (des élections sont prévues dans 17 pays) pourrait retarder les réformes nécessaires.

Les politiques à suivre pour soutenir la reprise

  • Dans un grand nombre de pays, il est de plus en plus nécessaire de centrer la politique budgétaire non plus sur les mesures de stabilisation à court terme de la production mais plutôt sur les considérations financières à moyen terme et la viabilité de la dette. Maintenant que la croissance économique est revenue à un niveau proche de son potentiel dans la plupart des pays de la région, les trajectoires des dépenses et des recettes doivent désormais être déterminées par les objectifs budgétaires à moyen terme, même là où le creusement des déficits des finances publiques est dû essentiellement au fait que les autorités ont laissé jouer les stabilisateurs automatiques. Le maintien des mesures de soutien budgétaire est sans doute justifié seulement dans un petit nombre de pays où la croissance devrait rester inférieure à son potentiel et où la viabilité de la dette n’est pas menacée.

  • Sur le plan monétaire, les autorités peuvent davantage opter pour l’attentisme. Comme en matière budgétaire, elles ont fait preuve d’adresse dans l’utilisation des instruments de politique monétaire ces dernières années, notamment en puisant sur les réserves de change, dans le cas des pays à taux de change fixe, ou en permettant une certaine souplesse, dans le cas des pays à taux de change flottant, pour contrer les effets des chocs externes. Cette politique s’est révélée plus efficace qu’on ne l’avait supposé antérieurement pour influencer les conditions monétaires internes. Tant que les pressions inflationnistes et la croissance du crédit restent modérées, il ne semble pas urgent de revenir sur les réductions de taux d’intérêt.

  • À long terme, l’amélioration des services publics et des infrastructures, le renforcement des systèmes financiers et le maintien d’un climat propice à l’activité économique devraient rester les objectifs primordiaux des pouvoirs publics. Il ressort en effet de la première étude de cas régionale publiée dans la série des Perspectives économiques régionales que la croissance relativement faible enregistrée depuis quinze ans par les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine est liée à une certaine inefficience du cadre d’action des pouvoirs publics et à une instabilité politique récurrente. Des cadres budgétaires plus solides pourraient contribuer à maintenir la stabilité macroéconomique tout en canalisant les ressources vers les dépenses prioritaires.

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