Chapter

IV. Les incidences de l’augmentation des cours du pétrole

Author(s):
International Monetary Fund. African Dept.
Published Date:
October 2006
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Répercussion de la hausse des cours du pétrole sur les prix intérieurs, 2003–06

Depuis 2003, la plupart des pays d’Afrique subsaharienne ont appliqué dans une très large mesure le principe de répercussion de la hausse des prix de l’essence sur le prix à la pompe (graphique 4.1)20,21. La répercussion, qui a atteint environ 105 % en moyenne, s’est établie à 148 % dans les pays dotés d’un système de prix libéralisé, à 71 % dans les pays à système basé sur une formule et à 53 % dans les pays disposant d’un système d’ajustement ad hoc des prix réglementés. Elle a été de 100 % dans les pays qui ont été récemment admis à bénéficier de l’allègement de dette au titre de l’IADM. Le taux de répercussion élevé sur les prix de l’essence à la pompe résulte, pour partie, de l’utilisation de taxes ad valorem plutôt que spécifiques et de l’impact de la hausse des prix du carburant sur les coûts d’acheminement des produits pétroliers à partir des ports. Dans les pays exportateurs de pétrole—dont plusieurs subventionnent les prix du carburant—le taux de répercussion a représenté, en moyenne, un peu plus de la moitié de celui des pays importateurs de pétrole.

Graphique 4.1.Répercussions de la hausse des prix de l’essence, 2003–06

(Ratio variation du prix de détail/variation du prix à l’importation)

Source: FMI, données des bureaux chargés des pays.

Ailleurs dans le monde, le taux de répercussion sur les prix à la pompe a également varié entre les pays ou les régions. Pour tous les pays du Moyen Orient et d’Asie centrale, le taux moyen a été de 50 % sur la période 2002–06, mais il n’a été que de 18 % dans les pays exportateurs de pétrole. Dans les économies de marché émergentes, il a été de 80 % en moyenne22. Les pays industrialisés ont entièrement répercuté la hausse des cours, en raison du caractère libéral de leurs systèmes de détermination des prix.

Le taux de répercussion en Afrique subsaharienne est plus faible pour le pétrole lampant que pour le gazole et l’essence (graphique 4.2). Les gouvernements se sont efforcés d’atténuer l’impact de la hausse des cours mondiaux sur le prix de détail du pétrole lampant en raison de la part importante qu’il représente dans la consommation des foyers démunis.

Graphique 4.2.Répercussion de la hausse des prix de l’essence, du kérosène et du gazole, 2003–06

(Ratio variation du prix de détail/variation du prix à l’importation)

L’augmentation des prix a entraîné une baisse du taux moyen de taxation des produits pétroliers (graphique 4.3). Dans plusieurs pays importateurs, la fiscalité est dominée par des taxes spécifiques qui ne sont pas automatiquement ajustables en fonction de la hausse des prix. Vingt-trois pays importateurs d’Afrique subsaharienne appliquent des droits d’accises spécifiques sur les produits pétroliers et cinq imposent aussi des droits d’importation spécifiques. En Sierra Leone et en Tanzanie, les transporteurs routiers acquittent une taxe spécifique sur le carburant qui s’applique à l’essence et au gazole. Pour l’essence, la baisse du taux moyen d’imposition (total des taxes en pourcentage du prix avant impôt) est particulièrement sensible dans les pays importateurs enclavés, mais le taux moyen des taxes sur l’essence a également diminué dans les pays exportateurs de pétrole.

Graphique 4.3.Taxation de l’essence, 2003–06

(Pourcentage du prix avant impôt)

Malgré un degré élevé de répercussion, certains pays d’Afrique subsaharienne subventionnent toujours les produits pétroliers. Ceci est dû au fait que la plupart des pays ont recours à des ajustements ad hoc qui entraînent souvent un désalignement entre les prix intérieurs et les coûts d’importation. Cela est particulièrement vrai pour le pétrole lampant dans un certain nombre de pays dont les prix intérieurs (avant impôt) sont considérablement inférieurs aux cours internationaux (graphique 4.4). Parmi les pays exportateurs de pétrole, les subventions versées par l’Angola ont dépassé 3 % du PIB en 2005, celles du Gabon ont représenté 1,6 % et celles de la République du Congo 1,5 %. Le Cameroun et la Guinée équatoriale fournissent aussi des subventions. Certains pays importateurs soutiennent les prix intérieurs des produits pétroliers; au Cap-Vert, la subvention a représenté plus de 5 % du PIB en 200523. Elle a été plus faible au Ghana, au Rwanda et au Sénégal24.

Graphique 4.4.Pays d’Afrique subsaharienne—Prix du kérosène avant impôt, 2006

(dollar EU/litre)

La hausse des cours rend d’autant plus impérieuse la nécessité de remédier aux inefficiences des circuits d’importation et de distribution des produits pétroliers. Si les pays d’Afrique subsaharienne ont fait des progrès considérables pour corriger les distorsions dues à l’emprise de l’État sur la distribution, les ruptures d’approvisionnement dues à la mauvaise gestion ont parfois exacerbé l’impact de la hausse des prix. Au Bénin, par exemple, les erreurs de gestion de la principale société de distribution, la SONACOP, ont provoqué des pénuries sur le marché pétrolier de détail. L’économie zambienne a souffert en 2005 de la fermeture prolongée de l’unique raffinerie de pétrole du pays, Indeni, car les investissements nécessaires n’ont pas été réalisés en raison du contrôle des prix des produits pétroliers qui s’appliquait dans le passé. Ceci illustre le danger qu’il y a à faire supporter au secteur de la distribution la charge de la hausse des cours du pétrole au lieu de la répercuter sur le consommateur.

La répercussion de la hausse des cours des produits pétroliers a des avantages à la fois microéconomiques et macroéconomiques. Elle donne un signal sans équivoque par les prix, pour indiquer que la rareté des produits pétroliers s’accroît et inciter les usagers à adapter leurs habitudes de consommation en conséquence. Elle permet de promouvoir une utilisation de l’énergie plus efficiente et plus respectueuse de l’environnement. La répercussion de la hausse des cours préserve en outre l’espace budgétaire limité des pays à faible revenu et protège ces derniers contre le risque de subvention indéfinie des produits pétroliers (Dudine, 2006). Même lorsqu’ils ne sont pas imputés au budget, des coûts quasi-budgétaires peuvent découler d’une répercussion incomplète sous la forme de subventions implicites ou de passifs conditionnels dans le secteur du raffinage ou de la distribution. Des dispositifs de protection seront cependant nécessaires pour prémunir les pauvres contre les effets de l’ajustement automatique des prix; les options envisageables sont exposées ci-après.

L’impact social de la hausse des cours du pétrole

La hausse des cours du pétrole peut avoir de graves conséquences sur les populations les plus démunies. En Afrique subsaharienne, l’estimation de cet impact varie considérablement selon les pays, en fonction de l’ampleur des hausses de prix et de la part que représentent les produits pétroliers dans les dépenses des ménages25. Le pétrole lampant constitue un poste important du budget énergétique des foyers à faible revenu; il représente plus de 67 % du budget total des produits énergétiques au Ghana et au Mali26.

Les augmentations de prix ont différentes incidences sur divers groupes de population. En Éthiopie et au Mozambique, les populations urbaines sont plus affectées que les populations rurales. Certains secteurs d’activité (pêcheurs artisanaux, exploitants de moulins à maïs, petits commerçants, usagers des transports urbains et petits entrepreneurs utilisateurs de groupes électrogènes) peuvent être durement frappés.

La hausse des cours du pétrole peut avoir d’autres coûts sociaux et environnementaux. Pour de nombreux foyers, la hausse du prix du pétrole lampant peut en entraîner le remplacement par le bois comme combustible de cuisine, ce qui accroît le déboisement et la dégradation de l’environnement. La cuisson au bois est aussi préjudiciable à la santé du fait qu’elle augmente l’incidence des pathologies respiratoires, un des facteurs d’accroissement de la mortalité infantile.

Lorsque les prix des produits pétroliers ne sont pas ajustés en fonction des variations des cours internationaux, ce sont les couches aisées de la population qui tirent le plus grand parti des subventions ou des réductions de taxes. Au Gabon par exemple, on estime que la tranche de 10 % des foyers les plus aisés bénéficie de la subvention à hauteur de 33 % tandis que la tranche de 30 % des plus démunis, qui vivent sous le seuil de pauvreté, n’en reçoit que 13 % (El-Saïd et Leigh, 2006). En Éthiopie, la tranche supérieure de 20 % des plus hauts revenus bénéficie à 44 % de la subvention alors que la tranche inférieure de 20 % des plus bas revenus n’en profite qu’à hauteur de 9%27. En Éthiopie, même les subventions sur le pétrole lampant, le produit le plus utilisé par les populations démunies, sont captées par les plus aisés: 62 % des avantages liés aux subventions du pétrole lampant vont à la tranche de 40 % des plus aisés de la population contre 22 % seulement à la tranche des 40 % les plus démunis. Ces subventions détournent les ressources des activités productives ou des objectifs sociaux: en effet au Gabon, le coût des subventions est supérieur à la totalité du budget de la santé. De plus, les subventions des produits pétroliers manquent de transparence et ont tendance à favoriser la contrebande et les activités de recherche de rente.

S’il est vrai que les subventions des produits pétroliers sont mal ciblées, il y a un fondement social à la notion de compensation des pertes de revenu que subissent les populations les plus nécessiteuses du fait de la hausse des prix pétroliers. La première et la meilleure politique consiste à substituer un complément direct de revenu aux subventions pour les plus pauvres. Toutefois, les faibles capacités administratives des pays d’Afrique subsaharienne ont limité l’aptitude des gouvernements à identifier les couches de population concernées et à les atteindre par des transferts de revenu (Smith et Subbarao, 2003). Certains gouvernements ont en revanche recours à des moyens indirects de compensation des pauvres de manière plus générale. Pour que l’adoption de ces mesures présente un intérêt, elles doivent mieux cibler les populations affectées que les subventions qu’elles remplacent. L’efficacité de ces mécanismes a été avérée lorsque leur élaboration a été précédée d’une large concertation de l’opinion qui permet d’adapter les mesures compensatoires aux conditions ou aux capacités spécifiques. Parmi les mesures de second rang, on peut citer:

  • Le maintien des subventions du pétrole lampant. Compte tenu de l’importance du pétrole lampant pour les populations démunies et de l’absence d’instruments d’appui direct au revenu, le maintien de ces subventions a été une option de politique à laquelle nombre de pays d’Afrique subsaharienne ont eu recours. Seuls huit de ces pays ont intégralement répercuté la hausse des cours internationaux du pétrole lampant entre 2003 et 2006, mais même ces relèvements des prix n’ont pas permis d’éliminer toutes les subventions. L’existence de celles-ci tend à perpétuer les inefficiences qui résultent de la contrebande et de la substitution du produit.

  • Les subventions des transports publics. Cette solution se justifie pour autant que les pauvres des zones urbaines utilisent les transports publics. Le Ghana, l’Érythrée et Maurice y ont recours. Cette formule a des effets positifs sur l’environnement et la congestion de la circulation.

  • La réduction ou l’élimination des frais de service public comme la santé et l’éducation. Le Gabon, l’Éthiopie et le Ghana ont élaboré des plans visant à améliorer les services de base. Le Ghana a explicitement lié la hausse des prix des combustibles à l’amélioration des prestations, notamment par l’abolition des frais de scolarité dans le cadre d’une campagne de sensibilisation sur la nécessité de relever les prix des produits pétroliers. L’Éthiopie a mis en œuvre un mécanisme de répercussion partielle des hausses des cours internationaux en mai, mais sursoit à toute nouvelle augmentation jusqu’à ce que les prestations de services de base soient améliorées.

  • L’augmentation des crédits alloués à d’autres transferts sociaux au profit des nécessiteux. Des transferts de denrées alimentaires ont été proposés au Mali, et une expansion du programme de protection sociale pour les populations rurales a été proposée en Éthiopie. Les Comores ont abaissé les droits d’importation sur les produits alimentaires essentiels.

Simulations de l’incidence de la hausse des prix des produits de base sur le PIB des pays importateurs de pétrole

Dans les pays importateurs, l’impact de la hausse des prix pétroliers sur le PIB réel se transmet par trois canaux: détérioration des termes de l’échange, accroissement des coûts de production et réaction de la politique monétaire de la banque centrale (FMI, 2000). La détérioration des termes de l’échange indique une baisse du revenu réel d’un pays, ce qui entraîne une contraction de l’activité économique induite par la demande, à moins qu’il n’y ait pas de répercussion sur les prix intérieurs des produits pétroliers et que l’État dispose des ressources nécessaires pour financer la majoration de sa facture pétrolière sans contraction budgétaire28. Le pétrole prenant une part significative dans les activités de production, les marges bénéficiaires des secteurs non pétroliers se compriment et leur production baisse. La banque centrale peut être contrainte à un resserrement monétaire pour contenir l’impact inflationniste, ce qui renforce l’effet de contraction de l’activité. Une réaction des prix d’autres actifs comme le taux de change et les prix des valeurs mobilières n’est pas à exclure.

La variable de substitution de l’impact de la hausse des cours des produits pétroliers sur le PIB des pays à faible revenu a généralement été son impact à court terme sur le compte des transactions courantes29, encore que cette approche ait pour effet d’hypertrophier l’impact sur le PIB dans la mesure où elle néglige les ajustements opérés par les agents économiques sur leurs modes de production et de consommation. Selon des estimations du PNUD et de la Banque mondiale (2005), une hausse de 72 % du cours du pétrole étalée sur deux ans induit une contraction de la production des pays à faible revenu de 0,5 à 1,5 % environ. Les pays importateurs d’Afrique subsaharienne tendent à se situer dans la tranche supérieure des pertes de production, car l’intensité énergétique augmente, dans la région, comparée à celle qu’affichent les pays d’Asie ou de l’OCDE (FMI, 2005c).

Pour mieux apprécier l’impact de la hausse des cours du pétrole et des produits pétroliers sur le PIB, plusieurs simulations ont été effectuées à partir du modèle statistique comparatif multirégional Global Trade Analysis Project (GTAP) (encadré 4.1)30. Il apparaît que, dans neuf des pays considérés, la hausse des cours du pétrole, du gaz et du charbon entraîne une baisse du PIB réel comprise entre 0,2 et 1,0 % selon le cas. Ces estimations sont plus faibles que celles dérivées de l’impact direct (de premier rang) sur le compte des transactions courantes. Des simulations distinctes montrent que, pour certains pays, l’impact positif du renchérissement des produits primaires hors combustibles sur le PIB compense entièrement, voire plus, l’impact négatif de la hausse des prix pétroliers. Toutefois, les pays importateurs de produits de base autres que combustibles accusent un important surcroît de perte de PIB à mesure que leurs termes de l’échange se dégradent.

Encadré 4.1.Modélisation de l’incidence de la hausse des cours des combustibles sur le PIB

Les hausses des cours simulées sont celles qui ont été observées entre 2002 et 20051. Conformément aux pratiques en vigueur dans la plupart des pays d’AfSS au cours de cette période, les simulations posent en hypothèse la répercussion intégrale des mouvements des cours mondiaux sur les prix intérieurs. En termes réels—hausse des prix nominaux déflatée du prix moyen des exportations mondiales de marchandises—le cours du pétrole a augmenté de 90 %, celui du gaz de 85 % et celui du charbon de 68 %.

Il ressort des simulations que le PIB a diminué dans les neuf pays retenus dans le modèle. La contraction de l’activité économique va de 0,2 % du PIB en Ouganda à plus de 1 % en Afrique du Sud et en Zambie (graphique 1). Les grandes variations des pertes de production sont dues aux différences de structure de la production et des échanges d’un pays à l’autre. En particulier, le recul du PIB est généralement plus prononcé pour les pays les plus tributaires des combustibles parce que la hausse des prix de ces produits accroît les coûts de production dans l’ensemble de l’économie. À supposer que les pays ne soient pas en mesure de financer le surcoût des importations, les pertes de production seraient supérieures, de 0,2 % du PIB en moyenne.

Graphique 1.Variations du PIB réel dues à la hausse des prix des combustibles

(Pourcentage)

La balance commerciale affiche, dans les neuf pays, une dégradation comprise entre 1,0 à 1,5 % du PIB selon le cas. Ces estimations sont inférieures au surcoût des importations, parce que la production intérieure (lorsqu’elle existe) augmente et que les consommateurs et producteurs ajustent leur demande en réaction à la hausse des cours mondiaux. Sans ces ajustements, le solde commercial chuterait de 3,1 % du PIB en moyenne pour les neuf pays de 3 % du PIB pour l’ensemble des pays importateurs de pétrole d’AfSS. Si ce déficit était financé par des ponctions sur les réserves, le taux de couverture diminuerait de 1,2 mois d’importations, et se situerait à 2,7 mois en 2005.

D’après une simulation distincte, il apparaît que dans quelques pays, l’incidence de la hausse des prix des combustibles sur le PIB serait plus que compensée par la hausse des cours des produits primaires non combustibles2. Sur les neuf pays retenus, trois (Afrique du Sud, Mozambique et Zambie) sont de gros exportateurs nets de produits primaires; trois autres (Botswana, Tanzanie et Zimbabwe) sont de petits exportateurs nets et les trois derniers (Malawi, Madagascar et Ouganda) sont importateurs nets. Pour les pays largement exportateurs nets, la hausse des cours mondiaux des produits primaires non combustibles accroît le PIB de 1 à 2 %—deux à trois fois plus que leurs pertes dues au renchérissement des combustibles (graphique 2). Par contre, les importateurs nets perdent beaucoup en raison de la hausse des cours mondiaux des produits primaires non combustibles. La contraction de leur PIB est égale ou supérieure à celle qu’induit la hausse des prix des combustibles. Dans le cas du Malawi, elle est six fois supérieure. Parmi les petits exportateurs nets, le Botswana est gagnant et la Tanzanie presque stationnaire. Le Zimbabwe est perdant, malgré le volume de ses exportations nettes de produits primaires, car il est plus tributaire des exportations de produits agricoles et manufacturés, deux secteurs qui se contractent en raison d’une fuite de ressources vers les secteurs en expansion et de la hausse des coûts des produits primaires utilisés comme intrants.

Graphique 2.Variations du PIB réel dues à la hausse des prix des combustibles et des produits primaires

(Pourcentage)
1 Cet encadré a été préparé par S. Gupta, Y. Yang et K. Carey.2 Elles vont de 30 % (produits minéraux) à 82 % (minéraux). Les hausses des produits primaires simulées correspondent à celles qui ont été observées entre 2002 et 2005.

Ces résultats soulignent l’importance que revêt l’évolution des prix des produits primaires pour les pays d’Afrique subsaharienne. La hausse de ces prix accroît les coûts de production des secteurs primaire, secondaire et tertiaire, ce qui entraîne une forte baisse de l’activité dans ces secteurs. Ainsi, le Malawi par exemple doit absorber l’accroissement du coût des produits primaires en dehors de la charge supplémentaire qui découle de la hausse des prix pétroliers. Le Malawi est par ailleurs confronté à la baisse des prix des produits agricoles dont il est un gros exportateur net.

Le maintien de la compétitivité de l’agriculture et du secteur manufacturier dans un contexte de hausse des cours du pétrole et des produits de base constituera un défi. Pour les pays exportateurs de pétrole et de produits de base, l’expansion des industries extractives draine les ressources des secteurs agricole et manufacturier. Dans les pays importateurs, ces secteurs subissent le contrecoup de la détérioration des termes de l’échange et de la hausse des cours du pétrole et des produits de base. À défaut d’accroître leur productivité, l’emploi et la production de ces pays pourraient connaître un regain des tensions à la baisse, induit par la contraction des marges bénéficiaires de ces secteurs d’activité. Étant donné que les plus pauvres tirent l’essentiel de leurs revenus de l’agriculture, une contraction de l’activité dans ce secteur a aussi des effets négatifs sur la réduction de la pauvreté (Pattillo, Gupta et Carey, 2006).

    Other Resources Citing This Publication