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Chapitre 2. Perspectives Nationales et Régionales

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
December 2013
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La répartition de la croissance mondiale est en train de changer. Dans les principaux pays avancés, la croissance, d’abord faible, a commencé à s’accélérer. En revanche, en Chine et dans de nombreuses autres économies émergentes d’Asie et d’Amérique latine et, dans une moindre mesure, de la Communauté des États indépendants (CEI), elle a ralenti depuis que la production a augmenté au-delà du potentiel au sortir de la Grande Récession. Des facteurs structurels ont également contribué à ce ralentissement, à des degrés divers cependant, à cause de goulets d’étranglement dans les infrastructures, d’un climat de l’investissement morose et d’autres contraintes sur le plan de l’offre. De nombreux cas de transition politique difficile et, plus récemment, une baisse de la production de pétrole dans les pays exportateurs ont freiné l’activité dans la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP). La croissance en Afrique subsaharienne est toujours vigoureuse, portée par la demande intérieure, bien qu’elle suive un rythme plus modéré que prévu.

Cette nouvelle dynamique de croissance qui se dessine a mis en évidence de nouveaux risques. La conviction grandissante sur les marchés que la politique monétaire aux États-Unis est en train de changer de cap a entraîné un durcissement des conditions financières dans le monde depuis fin mai. De nombreux pays émergents ont enregistré des sorties de capitaux et une dépréciation de leur monnaie, un accroissement des écarts de rendement sur les obligations et une baisse des cours des actions. Si la Réserve fédérale a récemment décidé de ne pas intervenir de suite, les conditions financières, pour l’heure encore favorables, pourraient se durcir davantage (voir chapitre 1), ce qui aurait des répercussions sur le reste du monde. Dans le même temps, les risques identifiés dans les récentes éditions des Perspectives de l’économie mondiale (PEM) sont toujours d’actualité: la zone euro pourrait entrer en stagnation; la reprise au Japon pourrait s’essouffler en l’absence de réformes structurelles ambitieuses et de plans d’assainissement à moyen terme des finances publiques comportant des mesures spécifiques; un nouveau fléchissement de l’investissement et de la croissance du potentiel de production pourrait freiner le rebond de l’activité dans les pays émergents. Certaines économies pourraient même connaître de brusques ajustements de la balance des paiements si les facteurs de vulnérabilité intérieurs induisent des sorties de capitaux plus importantes. Enfin, les risques géopolitiques refont leur apparition. Même si ces risques ne se matérialisent qu’en partie, aucun pays ne serait épargné, notamment en raison des effets de contagion. Le chapitre 1 porte sur un scénario défavorable plausible dans lequel une version édulcorée de plusieurs de ces risques se matérialise, et les incidences régionales sont esquissées dans le présent chapitre (graphique 2.1).

Graphique 2.1.Effets d’un scénario plausible de ralentissement de l’activité

(Écart de croissance par rapport aux projections de référence de 2014, en points de pourcentage)

Source: estimations des services du FMI.

Note: Les simulations ont été menées à l’aide des modèles (Flexible System Global Models) du FMI, avec 29 pays et 8 régions (autres que Union européenne, autres économies avancées, Asie émergente, Asie nouvellement industrialisée, Amérique latine, Moyen-Orient et Afrique du Nord, Afrique subsaharienne, groupe d’exportateurs de pétrole). Les pays non inclus dans le modèle sont affectés aux régions sur la base du classement des PEM des exportateurs de pétrole, puis du classement par région géographique.

États-Unis et Canada: une reprise modeste

Bien que la croissance reste peu soutenue aux États-Unis dans le contexte d’un vigoureux assainissement des finances publiques, l’amélioration des conditions augure d’une accélération graduelle de la croissance (graphique 2.2). Au Canada, la croissance va augmenter, la reprise des exportations et le regain de dynamisme de l’investissement des entreprises compensant le ralentissement sur le marché du logement et la décélération de la consommation privée.

Graphique 2.2.États-Unis et Canada: prévisions de croissance du PIB pour 2013

(En pourcentage)

Source: estimations des services du FMI.

Note: Les données pour les États-Unis sont susceptibles de changer jusqu’à ce que soit publié le document du Bureau d’analyse économique intitulé Comprehensive Revision of the National Income and Product Accounts (NIPA).

La croissance s’est poursuivie à un rythme modéré aux États-Unis au premier semestre de 2013. Le PIB a progressé à un rythme annuel d’environ 1¼ % seulement en raison de vastes mesures d’assainissement budgétaire (graphique 2.3). Les capacités actuellement inutilisées étant importantes, l’inflation hors énergie et alimentation était en moyenne égale à seulement 1,8 % en août. Des indicateurs publiés récemment portent à croire que la reprise gagne du terrain, sous l’effet du redressement du marché du logement et de la hausse du patrimoine net des ménages, bien qu’un durcissement des conditions financières amorcé en mai ait quelque peu freiné le mouvement. Le taux de chômage a continué de baisser, revenant d’un sommet de 10 % en 2009 à 7,3 % en août 2013, mais cela tenait en grande partie à une baisse de participation de la population active. Malgré un environnement externe fragile, le déficit courant a continué de diminuer pendant tout le deuxième trimestre de 2013, grâce notamment à une hausse de la production intérieure d’énergie.

Graphique 2.3.États-Unis et Canada: une reprise modeste

Malgré une importante contraction budgétaire, la croissance aux États-Unis devrait s’améliorer graduellement sous l’effet d’une vigoureuse consommation privée et de conditions de financement toujours favorables. Toutefois, il y a un important degré de sous-utilisation des capacités, et la reprise de l’emploi restera lente. Au Canada, la lourde dette des ménages freinera la consommation, mais la croissance du PIB sera soutenue essentiellement par une contribution positive des exportations nettes.

Sources: Bloomberg, L.P.; Association canadienne de l’immeuble (ACI); Congressional Budget Office; Haver Analytics; estimations des services du FMI.

1 Les données pour les États-Unis sont susceptibles de changer jusqu’à ce que soit publié le document du Bureau d’analyse économique intitulé Comprehensive Revision of the National Income and Product Accounts (NIPA).

2 Variation trimestrielle mobile absolue, en millions.

3 Les augmentations d’impôts se rapportent à l’expiration des réductions d’impôts de 2001, 2003 et 2009 pour les contribuables à haut revenu (y compris l’itération de l’impôt minimum de remplacement). Dans «Autres» figurent les fonds de guerre et les fonds d’urgence en cas de catastrophe naturelle.

4 DM/RD = ratio de la dette des ménages au revenu disponible (en pourcentage); PL = prix du logement (en glissement annuel, en pourcentage): indice S&P/Case-Shiller pour les États-Unis; indice des prix des propriétés de l’ACI pour le Canada. États-Unis: les données DM/RD vont jusqu’à 2013: T1.

5 Indice des conditions financières de Goldman Sachs.

Au moment où le présent rapport est publié, une impasse politique aux États-Unis a conduit à une suspension des services publics fédéraux. Les projections supposent que le blocage budgétaire sera de courte durée, que les dépenses publiques discrétionnaires seront approuvées et effectuées, comme supposé dans la prévision, et que le plafond de la dette — qui peut être atteint d’ici mi-octobre — sera rapidement relevé. Sur la base de ces hypothèses, la reprise devrait s’accélérer fin 2013 et en 2014, tandis que l’assainissement budgétaire ralentira, que la croissance continuera de tirer parti de l’orientation accommodante de la politique monétaire, que les bilans des ménages se renforceront encore et que la reprise du marché du logement se poursuivra malgré la hausse des taux hypothécaires. La croissance se chiffrera en moyenne à 1½ % en 2013 et s’accélérera pour atteindre 2½ % en 2014 (tableau 2.1). Ces projections, inférieures à la prévision d’avril 2013, tiennent en grande partie au fait que la procédure de réduction automatique des dépenses (sequester) se prolongera jusqu’à fin septembre 2014. La prévision suppose en outre que l’orientation monétaire restera très accommodante en ce que les achats d’actifs de la Réserve fédérale ne seront réduits que graduellement dans le courant de l’année et que les taux directeurs resteront proches de zéro jusqu’à début 2016. Le taux de chômage devrait diminuer graduellement et l’inflation repartir à la hausse tout en restant faible compte tenu de l’écart de production toujours important.

Tableau 2.1.Pays avancés (échantillon): PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde extérieur courant2Chômage3
ProjectionsProjectionsProjectionsProjections
201220132014201220132014201220132014201220132014
Pays avancés1,51,22,02,01,41,8−0,10,10,28,08,18,0
États-Unis42,81,62,62,11,41,5−2,7−2,7−2,88,17,67,4
Zone euro5,6−0,6−0,41,02,51,51,51,31,81,911,412,312,2
Japon2,02,01,20,00,02,91,01,21,74,44,24,3
Royaume-Uni50,21,41,92,82,72,3−3,8−2,8−2,38,07,77,5
Canada1,71,62,21,51,11,6−3,4−3,1−3,17,37,17,1
Autres pays avancés71,92,33,12,01,52,14,34,44,24,54,64,6
Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A6 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Les données pour les États-Unis sont susceptibles de changer jusqu’à ce que soit publié le document du Bureau d’analyse économique intitulé Comprehensive Revision of the National Income and Product Accounts (NIPA).

Sur la base de l’indice harmonisé des prix à la consommation d’Eurostat.

Solde extérieur courant corrigé des discordances constatées entre les informations communiquées sur les opérations effectuées au sein de la zone.

Hors pays du G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et de la zone euro.

Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A6 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Les données pour les États-Unis sont susceptibles de changer jusqu’à ce que soit publié le document du Bureau d’analyse économique intitulé Comprehensive Revision of the National Income and Product Accounts (NIPA).

Sur la base de l’indice harmonisé des prix à la consommation d’Eurostat.

Solde extérieur courant corrigé des discordances constatées entre les informations communiquées sur les opérations effectuées au sein de la zone.

Hors pays du G-7 (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) et de la zone euro.

Malgré une possibilité que les résultats dépassent les prévisions, les perspectives continuent de présenter un risque de dégradation. Sur le plan intérieur, la demande privée pourrait se contracter si l’effet de la procédure de réduction automatique des dépenses, des hausses d’impôts et du récent durcissement des conditions de financement sur la demande intérieure et le logement est plus marqué que prévu. En outre, bien que la Réserve fédérale ait récemment communiqué son intention de ne pas encore commencer à réduire les achats d’actifs, les rendements n’ont diminué que légèrement (voir chapitre 1), et on ne saurait exclure le risque d’un nouveau durcissement des conditions financières induit par le marché, même si la reprise n’est pas plus soutenue. D’autres scénarios de hausses de taux d’intérêt supérieures aux prévisions supposent une accélération inattendue des anticipations d’inflation ou, à moyen terme, une hausse des primes de risque souverain due à une absence de progrès en matière d’assainissement budgétaire. Une suspension prolongée des services publics pourrait avoir des effets négatifs importants sur la croissance. Si le plafond de la dette n’est pas relevé rapidement, les marchés financiers et l’activité économique pourraient être touchés, avec des répercussions sur le reste du monde. Globalement, un resserrement prématuré de la politique monétaire aux États-Unis allié à des chocs sur le plan extérieur, comme une nouvelle décélération de la croissance dans les principales économies — telle qu’illustrée dans le scénario plausible de ralentissement de l’activité (graphique 2.1) —, pourrait amputer la croissance américaine de près de ½ de point de pourcentage sur l’année à venir et de 1 point à moyen terme.

Côté positif, une reprise plus durable du marché du logement pourrait contribuer à un cycle vertueux d’assouplissement des conditions d’octroi de prêt, de hausse des prix du logement, d’accroissement du patrimoine net des ménages et de regain de dynamisme de la consommation et de l’investissement, qui aurait des effets bénéfiques sur la croissance aux États-Unis et dans le reste du monde. Un recul de l’incertitude et la perspective d’un redémarrage plus rapide de la demande des consommateurs pourraient conduire les entreprises à renoncer à thésauriser pour privilégier l’investissement réel.

L’adoption d’un plan d’assainissement budgétaire exhaustif reste l’objectif prioritaire, le but étant de ramener la dette publique sur une trajectoire tenable à moyen terme, tout en soutenant la croissance à court terme. La réduction du déficit budgétaire prévue dans le cadre de la procédure de réduction automatique des dépenses est excessivement rapide et mal pensée; elle devrait amputer la croissance de 1½ à 1¾ point en 20131. Pour soutenir la reprise, il faudrait engager un processus d’assainissement budgétaire plus équilibré et graduel, remplacer la réduction automatique des dépenses par la réalisation d’économies différées sur les dépenses consacrées à la sécurité sociale et à la santé et dégager de nouveaux revenus.

Compte tenu de l’ampleur des capacités inutilisées, de la lente reprise de l’emploi et des anticipations d’inflation stables, une orientation accommodante de la politique monétaire continue d’être de mise. Un éventuel durcissement devrait être dicté par la vigueur de la reprise et tenir compte d’autres facteurs, comme l’inflation et la stabilité financière. Un calibrage précis du moment choisi pour abandonner l’orientation actuelle et une communication efficace quant à la stratégie retenue seront essentiels pour assurer un processus de normalisation ordonné et minimiser les risques de retombées négatives sur le reste du monde. Si les conditions financières se durcissent encore et menacent de compromettre la reprise naissante, la Réserve fédérale devra peutêtre les assouplir en formulant des orientations prospectives ou en changeant le moment et le degré du resserrement.

Tirée par les secteurs des exportations et de l’énergie et par la consommation privée, l’économie canadienne a affiché un taux de croissance de 1¾ % environ au premier semestre de 2013. Selon les projections, elle devrait progresser pour s’établir à un peu plus de 1½ % en 2013 et à 2¼ % en 2014, car les exportations nettes et l’investissement fixe des entreprises, qui bénéficieront de la reprise américaine, compenseront largement le ralentissement de la consommation. S’agissant des perspectives du Canada, la balance des risques continue de pencher du côté d’une dégradation de la situation en raison d’une contraction potentielle de la demande extérieure. En outre, la dette des ménages reste à un sommet historique, ce qui pourrait amplifier l’effet négatif des chocs économiques sur la croissance.

Les politiques doivent continuer de soutenir la croissance à court terme tout en réduisant les facteurs de vulnérabilité intérieurs. L’assainissement des finances publiques, notamment au niveau provincial, doit suivre son cours pour reconstituer un espace budgétaire permettant de faire face aux chocs à l’avenir. L’orientation accommodante de la politique monétaire reste de mise, sachant qu’un durcissement graduel devrait commencer au second semestre de 2014.

Europe: soutenir la reprise naissante

Pays avancés d’Europe

L’action publique a réduit certains risques extrêmes dans la zone euro et stabilisé les marchés financiers. La croissance commence à repartir, mais elle est encore très anémique (graphique 2.4). Le chômage est très élevé et les tensions sociales et politiques pénalisent la dynamique des réformes amorcée dans la zone euro. Il est essentiel d’engager des mesures visant à redonner de la vigueur au secteur financier et à renforcer son infrastructure pour garantir la stabilité financière et soutenir la reprise. Un soutien continu à la demande à court terme et un approfondissement des réformes structurelles destinées à renforcer la compétitivité et le potentiel de production sont en outre indispensables à la croissance et à la création d’emplois.

Graphique 2.4.Europe: prévisions de croissance du PIB pour 2013

(En pourcentage)

Source: estimations des services du FMI.

La zone euro a renoué avec la croissance au deuxième trimestre de 2013, après six trimestres de récession. La publication récente d’indicateurs à haute fréquence porte à croire que l’activité commence à se stabiliser dans les pays de la périphérie et à se redresser au cœur de la zone euro. Le chômage reste élevé cependant, et les marchés du travail sont toujours aussi déprimés. De plus, l’inflation demeure inférieure à l’objectif à moyen terme de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui suscite des inquiétudes quant aux tendances désinflationnistes ou déflationnistes profondes.

Une multitude de facteurs, tous hérités de la crise financière mondiale, continueront de conjuguer leurs effets pour freiner la croissance et l’inflation dans la zone euro, venant s’ajouter à l’affaiblissement des exportations qui résulte de la décélération de l’activité dans de nombreuses économies émergentes (graphique 2.5):

Graphique 2.5.Pays avancés d’Europe: les risques extrêmes s’atténuent, mais la stagnation se prolonge

Les tensions financières se sont atténuées sous l’effet des mesures prises, mais la croissance reste faible, le manque de dynamisme de la périphérie gagnant le cœur de la zone. La fragmentation financière persiste à la périphérie, de même qu’un accès au crédit limité. L’inflation reste modérée. Le chômage, toujours élevé, continue d’augmenter.

Sources: Bloomberg, L.P.; Banque centrale européenne (BCE); Eurostat; Haver Analytics; estimations des services du FMI.

Note: AUT = Autriche; BEL = Belgique; CYP = Chypre; DEU = Allemagne; EA = zone euro; ESP = Espagne; FIN = Finlande; FRA = France; GBR = Royaume-Uni; GRC = Grèce; IRL = Irlande; ITA = Italie; LUX = Luxembourg; NLD = Pays-Bas; PRT = Portugal (PRT); SVK = République slovaque; SVN = Slovénie. Périphérie = ESP, GRC, IRL, ITA, PRT.

1 Écarts des couvertures de défaillance (CDS) à cinq ans en points de base, pondérés par l’endettement brut des administrations publiques. Tous les pays de la zone euro sont inclus, à l’exception de la Grèce.

2 SNF = sociétés non financières.

3 PME = petites et moyennes entreprises.

4 Irlande: indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) d’Eurostat hors énergie, alimentation, alcool et tabac. La bande correspond à la différence entre le maximum et le minimum pour la zone euro, hors Irlande.

5 Les données les plus récentes sont celles de juillet 2013, sauf pour GRC (juin 2013) et GBR (mai 2013).

  • La faiblesse de la demande persiste tandis que les secteurs public et privé continuent de réduire leur levier d’endettement, surtout dans certains pays périphériques. Au cœur de la zone, malgré une récente amélioration de la confiance, la demande privée pâtit aussi des préoccupations liées à la croissance mondiale et à l’incertitude persistante quant aux perspectives et aux politiques de la zone. En outre, malgré un certain assouplissement des objectifs d’ajustement et un ralentissement du rythme des corrections, l’assainissement des finances publiques continue de peser sur l’activité à court terme.
  • La fragmentation des marchés financiers et la faiblesse des bilans des banques continuent de faire obstacle à la transmission de l’orientation accommodante de la politique monétaire de la BCE aux pays périphériques, maintenant les taux d’emprunt du secteur privé à un niveau élevé et limitant la capacité des banques à prêter.
  • Malgré des réformes importantes, les faiblesses persistantes des marchés du travail et de produits continuent d’entraver l’ajustement des prix relatifs et la compétitivité, surtout dans la périphérie. Les déséquilibres extérieurs au sein de la zone ne se résorbent donc que lentement.

Selon les prévisions et sur la base des politiques suivies actuellement, l’activité devrait diminuer de ½ % en 2013, après une contraction d’une ampleur similaire en 2012 (tableau 2.2). La croissance devrait redémarrer, pour passer d’un taux annuel de ¾ % au second semestre de 2013 à 1 % en 2014, sous l’effet d’une réduction du frein fiscal, d’un accroissement de la demande extérieure et d’une amélioration graduelle des conditions de prêt au secteur privé. L’inflation devrait demeurer à environ 1½ % au cours des deux prochaines années en raison d’écarts de production persistants. La croissance devrait rester modérée à moyen terme et l’inflation nettement inférieure à l’objectif à moyen terme de la BCE.

Tableau 2.2.Pays européens (échantillon): PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde extérieur courant2Chômage3
ProjectionsProjectionsProjectionsProjections
201220132014201220132014201220132014201220132014
Europe−0,10,31,43,02,01,91,31,61,7
Pays avancés−0,40,01,22,41,61,61,92,32,410,311,010,9
Zone euro4,5−0,6−0,41,02,51,51,51,31,81,911,412,312,2
Allemagne0,90,51,42,11,61,87,06,05,75,55,65,5
France0,00,21,02,21,01,5−2,2−1,6−1,610,311,011,1
Italie−2,4−1,80,73,31,61,3−0,70,00,210,712,512,4
Espagne−1,6−1,30,22,41,81,5−1,11,42,625,026,926,7
Pays-Bas−1,2−1,30,32,82,91,310,110,911,05,37,17,4
Belgique−0,30,11,02,61,41,2−1,6−0,7−0,37,68,78,6
Autriche0,90,41,62,62,21,81,82,82,44,34,84,8
Grèce−6,4−4,20,61,5−0,8−0,4−3,4−1,0−0,524,227,026,0
Portugal−3,2−1,80,82,80,71,0−1,50,90,915,717,417,7
Finlande−0,8−0,61,13,22,42,4−1,8−1,6−1,87,88,07,9
Irlande0,20,61,81,91,01,24,42,33,014,713,713,3
République slovaque2,00,82,33,71,72,02,33,54,214,014,414,4
Slovénie−2,5−2,6−1,42,62,31,83,35,47,08,910,310,9
Luxembourg0,30,51,32,91,81,95,76,06,66,16,67,0
Estonie3,91,52,54,23,52,8−1,8−0,7−0,210,28,37,0
Chypre−2,4−8,7−3,93,11,01,2−6,5−2,0−0,611,917,019,5
Malte1,01,11,83,22,02,01,11,10,86,36,46,3
Royaume-Uni50,21,41,92,82,72,3−3,8−2,8−2,38,07,77,5
Suède1,00,92,30,90,21,66,05,75,58,08,07,7
Suisse1,01,71,8−0,7−0,20,211,210,510,12,93,23,2
République tchèque−1,2−0,41,53,31,81,8−2,4−1,8−1,57,07,47,5
Norvège3,01,62,30,71,81,814,211,811,33,23,33,3
Danemark−0,40,11,22,40,81,95,64,74,87,57,17,1
Islande1,61,92,15,23,73,1−4,9−1,2−1,95,85,14,6
Saint-Marin−4,0−3,50,02,81,60,96,66,15,5
Pays émergents61,42,32,75,84,13,5−4,3−4,4−4,5
Turquie2,23,83,58,97,76,5−6,1−7,4−7,29,29,49,5
Pologne1,91,32,43,71,41,9−3,5−3,0−3,210,110,911,0
Roumanie0,72,02,23,34,52,8−3,9−2,0−2,57,07,17,1
Hongrie−1,70,21,35,72,33,01,72,22,010,911,311,1
Bulgarie0,80,51,62,41,41,5−1,31,20,312,412,411,4
Serbie−1,72,02,07,38,55,0−10,5−7,5−6,523,125,024,9
Croatie−2,0−0,61,53,43,02,50,10,4−0,716,216,616,1
Lituanie3,63,43,43,21,32,1−0,5−0,3−1,213,211,811,0
Lettonie5,64,04,22,30,72,1−1,7−1,1−1,315,011,910,7
Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Solde extérieur courant corrigé des discordances constatées entre les informations communiquées sur les opérations effectuées au sein de la zone.

Sur la base de l’indice harmonisé des prix à la consommation d’Eurostat.

Inclut aussi l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, l’ex-République yougoslave de Macédoine et le Monténégro.

Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Solde extérieur courant corrigé des discordances constatées entre les informations communiquées sur les opérations effectuées au sein de la zone.

Sur la base de l’indice harmonisé des prix à la consommation d’Eurostat.

Inclut aussi l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, l’ex-République yougoslave de Macédoine et le Monténégro.

Il est probable que la croissance soit modérée également dans les autres économies avancées d’Europe. Au Royaume-Uni, les données macroéconomiques ont récemment montré des signes salutaires d’amélioration: la confiance des consommateurs et des entreprises s’améliore, mais la production reste bien en deçà de son sommet d’avant la crise. La croissance devrait être d’environ 1½ % en 2013 et de 2 % en 2014, revenant lentement à la tendance à moyen terme, mais les niveaux de production resteront inférieurs au potentiel pendant des années. L’activité économique a lentement progressé en Suède et chez ses principaux partenaires commerciaux nordiques et européens, les perspectives laissant entrevoir une croissance plus élevée mais toujours modérée.

La balance des risques, plus équilibrée qu’il y a six mois, continue cependant de pencher du côté d’une dégradation de la situation. Dans le contexte d’une reprise fragile, d’un espace budgétaire limité et d’une importante sous-utilisation des capacités, la région pourrait être ébranlée par d’autres chocs intérieurs ou extérieurs. Toute turbulence sur les marchés financiers mondiaux résultant notamment d’un nouveau resserrement des conditions monétaires aux États-Unis pourrait aggraver la fragmentation et compliquer les stratégies appliquées, bien que les écarts de taux souverains des pays de la périphérie de la zone euro soient tombés en deçà des niveaux inscrits fin 2012. Une croissance décevante dans les économies émergentes pénaliserait aussi la demande extérieure. Côté positif, si les principales économies enregistrent une accélération plus vive de l’investissement après des années de sous-investissement, cela pourrait avoir des retombées favorables sur la région tout entière. Il faudrait cependant pour cela que les engagements actuels soient honorés, notamment au niveau de la zone euro. Le principal risque a donc trait aux engagements aujourd’hui au point mort. Faute de réformes fondamentales, il y a un risque élevé de stagnation, de recrudescence des tensions à court terme et d’une réduction du potentiel de production par des effets d’hystérèse à moyen terme.

Toutes les économies avancées de la région ont pour principaux objectifs prioritaires de stimuler la croissance tout en garantissant la stabilité financière. Pour y parvenir, il faut agir dans quatre domaines interdépendants:

  • Il faudrait rapidement assainir les bilans des banques pour améliorer la confiance et relancer le crédit et la demande dans la zone euro et au Royaume-Uni. Une évaluation prospective indépendante détaillée et crédible des déficits de fonds propres dans la zone euro est nécessaire dans le contexte de la prochaine évaluation des bilans bancaires. Une telle évaluation doit être assortie d’un plan clair visant à satisfaire aux exigences de fonds propres des banques et d’un appui technique crédible à l’échelle de la zone pour éviter une réduction désordonnée du levier d’endettement à court terme et aider les économies, surtout celles qui sont en proie à des difficultés budgétaires, à gérer les déficits de fonds propres sans menacer la viabilité de la dette. Au Royaume-Uni, la situation financière des deux banques secourues par l’État est essentielle à l’expansion du crédit, et il y a lieu d’élaborer une stratégie claire pour la Royal Bank of Scotland dans une optique de privatisation des deux. La Suède devrait continuer à renforcer la stabilité financière en améliorant encore le financement, la liquidité et les fonds propres des banques, en instaurant des mesures visant à contenir l’endettement des ménages et en améliorant le remboursement des prêts hypothécaires.
  • Il convient en outre d’engager des réformes pour renforcer l’architecture du secteur financier. Une union bancaire plus intégrée est nécessaire pour inverser la fragmentation financière et affaiblir les liens banque–État dans la zone euro. Il doit y avoir un engagement politique visant à mettre à profit les progrès réalisés pour opérationnaliser le mécanisme de surveillance unique récemment instauré et finaliser la directive établissant un cadre pour le redressement et la résolution des défaillances des banques et la directive relative aux systèmes de garantie des dépôts. Pour assurer une résolution rapide au meilleur coût, il est essentiel de disposer d’un solide mécanisme, basé sur une autorité centralisée bénéficiant d’un appui budgétaire commun ayant le pouvoir de déclencher le processus de résolution et de prendre des décisions sur la répartition des charges. Le Royaume-Uni devrait établir une coordination plus étroite entre organismes de réglementation et continuer de veiller à ce que la nouvelle autorité de contrôle dispose de ressources suffisantes, qu’elle exerce ses activités en toute indépendance et que le Comité de politique financière dispose d’outils macroprudentiels plus efficaces. Les réformes structurelles des banques doivent être coordonnées à l’échelle internationale pour éviter l’arbitrage réglementaire.
  • Un appui supplémentaire à court terme sera nécessaire pour raffermir la croissance. Dans la zone euro, il y a lieu d’assouplir encore la politique monétaire, et notamment de réduire à nouveau les taux directeurs, de continuer d’utiliser les orientations prospectives pour ancrer les anticipations de taux d’intérêt et d’autres mesures non conventionnelles de politique monétaire pour réduire la fragmentation financière et améliorer l’accès au crédit, surtout pour les petites et moyennes entreprises (graphique 2.5, plages 3 et 4). Malgré le récent report, pour certains pays, des dates limites des procédures applicables en cas de déficit excessif, la réalisation des objectifs budgétaires peut parfois constituer une tâche délicate, et plus de souplesse sera peut-être de mise si la croissance est décevante. Toutefois, compte tenu des niveaux élevés d’endettement, l’ajustement budgétaire devrait être ancré par un cadre à moyen terme crédible. La politique monétaire devrait en outre rester accommodante au Royaume-Uni, le dispositif d’orientations prospectives récemment adopté par la Banque d’Angleterre marquant une étape importante dans l’amélioration de la transparence quant aux facteurs qui orienteront les taux directeurs. Dans un environnement de taux d’intérêt toujours bas et de sous-utilisation des ressources, l’investissement public peut aussi être avancé pour compenser l’effet de frein du resserrement prévu à court terme, tout en restant dans les limites du cadre budgétaire à moyen terme. En Suède, la politique budgétaire et — à supposer que la croissance du crédit des ménages reste limitée — la politique monétaire devraient continuer à soutenir la reprise à court terme, tout en gardant une marge de manœuvre pour opérer un nouvel assouplissement si les risques de dégradation se matérialisent.
  • Il est en outre indispensable d’engager des réformes pour stimuler la croissance potentielle et la compétitivité. Dans la zone euro, il s’agira de mettre en œuvre la directive sur les services pour permettre d’éliminer les obstacles propres à chaque pays pour les professions protégées et à l’entrée et la sortie des entreprises, et de gérer les intérêts particuliers sur les marchés de produits. Une amélioration de la transférabilité des pensions de retraite et des prestations d’assurance chômage favoriserait la mobilité de la main-d’œuvre. Les réformes des marchés nationaux du travail pourraient accroître la participation de la population active, placer les travailleurs protégés et non protégés sur un pied d’égalité et, au besoin, promouvoir des accords salariaux plus souples qui favorisent la création d’emplois.

Europe émergente

L’Europe émergente suit une reprise modérée en 2013 et 2014, mais les risques de dégradation de la situation et les défis pour la politique intérieure restent importants.

L’Europe émergente a connu un net ralentissement en 2012, en raison de la faiblesse des exportations due à la récession dans la zone euro, à la baisse des financements pour les filiales des banques d’Europe occidentale et à l’impact des intempéries dans certaines économies. L’activité s’est accélérée au premier semestre de 2013 grâce à l’assouplissement des conditions financières, à l’amélioration des financements externes et à une accalmie après les intempéries (graphique 2.6).

Graphique 2.6.Pays émergents d’Europe: la croissance se poursuit malgré une volatilité financière accrue

D’après les prévisions, la croissance devrait repartir cette année, après avoir inscrit son plus bas niveau en 2012. La région est toutefois exposée à des risques de dégradation de la situation en Europe et à une hausse potentielle de la volatilité sur les marchés financiers. Les politiques internes devraient mettre l’accent sur l’assainissement budgétaire pour préserver la confiance des marchés et sur la mise en œuvre de réformes structurelles afin d’accroître la croissance potentielle et réduire un chômage toujours élevé.

Sources: Bloomberg, L.P.; Consensus Forecasts; EPFR Global/Haver Analytics; Haver Analytics; estimations des services du FMI.

Note: ALB = Albanie; BGR = Bulgarie; BIH = Bosnie-Herzégovine; ECO = Europe centrale et orientale; HRV = Croatie; HUN = Hongrie; LTU = Lituanie; LVA = Lettonie; MKD = ex-République yougoslave de Macédoine; MNE = Monténégro, POL = Pologne; ROM = Roumanie; SRB = Serbie; TUR = Turquie. CDS = couverture de défaillance; EMBIG = JPMorgan EMBI Global Index.

1 L’Albanie est exclue des données pour 2013: T2.

2 Les flux de l’EPFR constituent une variable de substitution limitée pour l’ensemble des flux de la balance des paiements, bien que des études récentes aient fait état d’une corrélation étroite entre les flux EPFR et les flux bruts d’investissements de portefeuille (voir Fratzscher, 2012).

La récente volatilité des marchés financiers mondiaux a entraîné un nouveau durcissement des conditions financières dans certains pays, en Turquie notamment. Les pays dont les entrées de portefeuille sont relativement importantes ont été davantage touchés, tout comme les pays faisant état d’un ample déséquilibre extérieur. Les données macroéconomiques portent néanmoins à croire que l’incidence négative sur l’activité du durcissement des conditions financières est faible dans la plupart des pays, grâce, sans doute, aux effets compensateurs de la dépréciation monétaire.

La croissance dans la région devrait passer de 1½ % en 2012 à 2¼ % en 2013, pour atteindre 2¾ % en 2014, comme l’avait prévu l’édition d’avril 2013 des PEM. Toutefois, on observe de grandes différences entre pays: une forte croissance en Turquie et dans les États baltes, un début de reprise dans les pays du Sud-Est de l’Europe et en Hongrie et un nouveau fléchissement en Pologne.

  • En Turquie, la croissance, qui a ralenti fortement l’an dernier, devrait monter à 3¾ % cette année et revenir à 3½ % en 2014. Le récent durcissement des conditions financières devrait induire un certain ralentissement de l’activité au second semestre de 2013, dont l’impact, en termes de croissance annuelle en 2013–14, sera largement contrebalancé par le taux de croissance beaucoup plus solide que prévu au premier semestre de 2013, grâce à l’élan insufflé à la demande intérieure par l’assouplissement monétaire et à une forte augmentation de l’investissement public.
  • En Pologne, la croissance devrait revenir de 2 % en 2012 à 1¼ % cette année, puis remonter progressivement pour s’établir à 2¼ % en 2014. Non seulement l’économie a pâti de l’atonie de la zone euro, mais une longue période de forte hausse de la demande intérieure semble être arrivée à son terme.
  • Les pays du Sud-Est de l’Europe, qui ont connu un hiver très froid et une grave sécheresse à l’été 2012, se remettent cette année; seule la Croatie restera en légère récession. Un temps plus clément aidera en outre la Hongrie, même si l’activité stagnera généralement, avant d’augmenter de 1¼ % en 2014.
  • Dans les États baltes, la croissance devrait ralentir, d’après les projections, mais rester soutenue.

À quelques exceptions près, une croissance économique modérée contiendra les tensions inflationnistes. Toutefois, l’inflation moyenne annuelle restera élevée en 2013 en Turquie (6½ %) et en Serbie (8½ %), du fait de l’inertie d’inflation et de l’impact de la dépréciation monétaire.

Les perspectives pourraient bien être révisées à la baisse. Une récession prolongée dans la zone euro est un risque majeur, surtout pour les pays ayant de forts liens intra-européens (notamment la Croatie, la Hongrie et la Pologne). Une nouvelle détérioration des conditions de financement extérieur est une autre grande préoccupation, en particulier pour les pays qui ont un déséquilibre budgétaire et/ou extérieur relativement important, comme la Turquie et la Serbie. La persistance de la volatilité sur les marchés financiers pourrait aussi limiter les financements des filiales des banques occidentales.

Les politiques adoptées devraient viser à consolider la reprise et à réduire la vulnérabilité due au niveau toujours élevé des déficits budgétaire et courant de certains pays. Les récentes turbulences sur les marchés financiers appellent une action publique différenciée. Dans les pays lourdement endettés ou accusant d’importants déficits, les risques de refinancement se sont accrus ces derniers mois, et il sera nécessaire d’agir pour réduire ces vulnérabilités. En revanche, si les pays dont la dette publique et les déficits sont plus modérés laissent jouer pleinement les stabilisateurs automatiques, cela permettrait d’amortir l’impact à court terme sur l’activité. Dans les pays dont les perspectives d’inflation sont favorables, il y a peut-être une marge de manœuvre pour assouplir encore la politique monétaire.

Les politiques économiques devraient en outre stimuler la croissance potentielle qui, selon les estimations, a chuté depuis la crise financière mondiale. Pour de nombreux pays où une grande part du chômage semble être structurelle (la Bulgarie, la Croatie et la Pologne, par exemple), un programme de réformes ambitieux sera nécessaire pour remédier aux goulets d’étranglement de la croissance. Il variera d’un pays à l’autre, mais il consistera notamment à remédier à la faible participation de la population active, à renforcer la compétitivité extérieure et à faire aboutir les programmes de transition.

Asie: la trajectoire de la croissance s’infléchit

La croissance a été décevante dans toute la région, ce qui s’explique en grande partie par un recul de la demande, même si les facteurs d’offre ont également joué un rôle dans certaines économies. Les entrées de capitaux ont diminué, les avoirs intérieurs ont été réévalués et les taux de change se sont dépréciés, surtout dans les pays où les paramètres fondamentaux ont été perçus comme étant en retrait. Les conditions financières restent néanmoins généralement favorables d’un point de vue historique, et la demande extérieure devrait se raffermir graduellement. Les perspectives portent à croire que la croissance restera soutenue, mais les risques sont orientés à la baisse. Les politiques doivent trouver un juste équilibre entre soutien à la croissance et prévention de l’inflation et des risques pour la stabilité financière. Dans les cas où les contraintes sur le plan de l’offre sont inévitables, la poursuite des réformes structurelles est cruciale et permettra aussi de réduire les facteurs de vulnérabilité.

Au premier semestre de 2013, la croissance qui s’est généralement modérée en Asie était plus faible que prévu dans l’édition d’avril 2003 des PEM. Cela tenait à un ralentissement particulièrement vif de l’activité en Chine, qui a touché l’activité industrielle dans une grande partie de l’Asie émergente, y compris par l’intermédiaire de la chaîne d’approvisionnement, tandis que l’Inde était confrontée à des contraintes persistantes sur le plan de l’offre. En revanche, le Japon s’est comporté remarquablement, grâce à la nouvelle dynamique de l’action publique, qui a stimulé les prix des actifs et la consommation des ménages (encadré 1.4, chapitre 1).

La prise de conscience d’un changement de cap imminent de la politique monétaire aux États-Unis, conjuguée à un ralentissement de la dynamique de croissance dans de nombreuses économies d’Asie, a donné lieu à une volatilité financière accrue dans la région ces derniers mois, qui s’est accompagnée de sorties de fonds propres dans la plupart des pays. Le durcissement des conditions financières a néanmoins déjà touché quelques économies (dont l’Inde et l’Indonésie).

La croissance devrait rester solide dans la région au second semestre de 2013 et en 2014, en phase avec une reprise mondiale modérée — les conditions financières et monétaires étant toujours favorables dans de nombreuses économies — et la dépréciation monétaire qui a amorti l’impact des récentes corrections des prix des actifs (graphiques 2.7 et 2.8). Dans l’ensemble, la croissance devrait avoisiner 5¼ % en 2013 et 2014, en retrait de quelque ½ % et ¾ %, respectivement, par rapport à l’édition d’avril 2013 des PEM (tableau 2.3). En accord avec l’accélération modérée de la croissance et les perspectives de stabilité des prix mondiaux des produits de base, l’inflation devrait généralement se maintenir dans les zones de confort des banques centrales.

Graphique 2.7.Asie: prévisions de croissance du PIB pour 2013

Source: estimations des services du FMI.

Graphique 2.8.Asie: la trajectoire de la croissance s’infléchit

L’activité économique a été décevante au premier semestre de 2013. La croissance reprendra lentement à partir du second semestre, la demande extérieure et intérieure redémarrant à un rythme modéré.

Sources: CEIC; Consensus Forecasts; Haver Analytics; Markit/Haver Analytics; estimations des services du FMI.

Note: AUS = Australie; CHN = Chine; HKG = RAS de Hong Kong; IDN = Indonésie; IND = Inde; JPN = Japon; KOR = Corée; MYS = Malaisie; NZL = Nouvelle-Zélande; PHL = Philippines; SGP = Singapour; THA = Thaïlande; TWN = province chinoise de Taiwan; VNM = Viet Nam. L’Asie de l’Est inclut CHN, HKG, KOR et TWN. CDS = couverture de défaillance.

1 Échantillon de pays d’Asie = Asie de l’Est, JPN, MYS, THA, PHL, SGP et VNM. L’Indonésie est exclue en raison d’un décalage au niveau des données. Taux CVS = taux annuel corrigé des variations saisonnières. Les données vont jusqu’en juin 2013 (Chine, zone euro).

2 ASEAN = Association des nations de l’Asie du Sud-Est (IDN, MYS, PHL, SGP et THA). L’Asie de l’Est exclut HKG et CHN dans cette plage. Les données vont jusqu’en juillet 2013 pour l’ASEAN, IND, JPN et juin 2013 pour l’Asie de l’Est.

3 L’indice Markit iTraxx Asie hors Japon comprend 40 contrats indiciels CDS de catégorie investissement équipondérés assortis généralement d’une échéance de 5 ans, et une nouvelle série est définie en fonction de la liquidité tous les six mois. L’indice MSCI Asie émergente est composé des entreprises de taille grande et intermédiaire de 8 économies émergentes: CHN, IDN, IND, KOR, MYS, PHL, THA, TWN. L’indice, qui a 541 composantes, représente environ 85 % de la capitalisation boursière corrigée du flottant dans chaque pays.

4 Les données pour l’Inde reposent sur l’indice des prix à la consommation pour les travailleurs de l’industrie. Les données les plus récentes remontent à août 2013, sauf pour l’Inde et le Japon (juillet 2013), l’Australie et la Nouvelle-Zélande (juin 2013).

5 Données au 23 septembre 2013. Les taux directeurs réels sont corrigés des anticipations d’inflation à un an. Pour l’Inde, cela correspond à l’exercice budgétaire.

6 Solde structurel des administrations pour la RAS de Hong Kong et la Nouvelle-Zélande.

Tableau 2.3.Pays d’Asie (échantillon): PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde extérieur courant2Chômage3
ProjectionsProjectionsProjectionsProjections
201220132014201220132014201220132014201220132014
Asie5,15,25,33,63,84,11,21,41,6
Pays avancés2,12,32,41,10,92,61,51,92,14,24,14,2
Japon2,02,01,20,00,02,91,01,21,74,44,24,3
Corée2,02,83,72,21,42,33,84,63,93,23,23,2
Australie3,72,52,81,82,22,5−3,7−3,4−3,55,25,66,0
Taiwan (province chinoise de)1,32,23,81,91,22,010,510,09,64,24,24,2
Hong Kong (RAS)1,53,04,44,13,53,52,72,32,53,33,23,1
Singapour1,33,53,44,62,32,718,618,517,62,02,12,3
Nouvelle-Zélande2,72,52,91,11,12,1−5,0−4,2−4,26,96,05,3
Pays en développement6,46,36,54,75,04,70,91,11,3
Chine7,77,67,32,62,73,02,32,52,74,14,14,1
Inde3,23,85,110,410,98,9−4,8−4,4−3,8
ASEAN-56,25,05,43,94,95,10,6−0,1−0,1
Indonésie6,25,35,54,37,37,5−2,7−3,4−3,16,15,95,8
Thaïlande6,53,15,23,02,22,10,00,1−0,20,70,70,7
Malaisie5,64,74,91,72,02,66,13,53,63,03,13,0
Philippines6,86,86,03,22,83,52,92,52,27,07,07,0
Viet Nam5,25,35,49,18,87,45,85,63,34,54,54,5
Autres pays en développement46,36,06,57,07,06,5−2,1−1,6−1,7
Pour mémoire
Pays émergents d’Asie55,85,96,24,44,54,41,82,02,1
Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Les autres pays en développement d’Asie incluent les pays suivants: Bangladesh, Bhoutan, Brunéi Darussalam, Cambodge, Fidji, Kiribati, Maldives, îles Marshall, Micronésie, Mongolie, Myanmar, Népal, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République démocratique populaire lao, îles Salomon, Sri Lanka, Timor-Leste, Tonga, Tuvalu et Vanuatu.

Les pays émergents d’Asie incluent tous les pays en développement d’Asie, la Corée, la RAS de Hong Kong, Singapour et la province chinoise de Taiwan.

Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Les autres pays en développement d’Asie incluent les pays suivants: Bangladesh, Bhoutan, Brunéi Darussalam, Cambodge, Fidji, Kiribati, Maldives, îles Marshall, Micronésie, Mongolie, Myanmar, Népal, Papouasie-Nouvelle-Guinée, République démocratique populaire lao, îles Salomon, Sri Lanka, Timor-Leste, Tonga, Tuvalu et Vanuatu.

Les pays émergents d’Asie incluent tous les pays en développement d’Asie, la Corée, la RAS de Hong Kong, Singapour et la province chinoise de Taiwan.

  • Au Japon, la croissance devrait s’élever à 2 % en 2013, dynamisée par des mesures budgétaires de stimulation de l’économie et un assouplissement monétaire visant à soutenir la consommation privée et l’investissement. Grâce à la dépréciation du yen et au redressement de la demande extérieure, les exportations devraient aussi se renforcer. Selon les prévisions, la croissance devrait ralentir pour s’établir à 1¼ % en 2014, sachant que la relance budgétaire sera abandonnée et l’impôt de consommation relevé. Toutefois, si un programme de relance supplémentaire se matérialise, la croissance en 2014 sera supérieure aux projections actuelles. L’inflation augmentera temporairement pour approcher 3 % en 2014, sous l’effet de l’augmentation de l’impôt de consommation, même si l’inflation hors énergie et alimentation devrait être plus proche de 1¼ %.
  • En Chine, la croissance devrait ralentir pour s’établir à 7½ % cette année, en phase avec l’objectif des autorités, puis à 7¼ % l’an prochain. Les responsables de la politique économique ont renoncé à stimuler encore la croissance, conformément aux objectifs qu’ils se sont fixés de préserver la stabilité financière et de faire renouer l’économie avec une trajectoire de croissance plus équilibrée et soutenable.
  • Soutenue par la récente expansion budgétaire et monétaire, l’économie coréenne est bien partie pour amorcer une légère reprise. La croissance devrait augmenter pour s’établir 2¾ % en 2013, après avoir inscrit un plancher de 2 % en 2012, et atteindre 3¾ % en 2014.
  • En Inde, la croissance en 2013 devrait avoisiner 3¾ %, sachant que la vigueur de la production agricole contrebalancera le piètre niveau de l’activité dans l’industrie manufacturière et les services et que le resserrement monétaire pèsera sur la demande intérieure. Selon les projections pour 2014, la croissance devrait s’accélérer légèrement pour s’établir à 5 %, grâce à une atténuation des goulets d’étranglement de l’offre et à un renforcement des exportations2. L’inflation devrait rester élevée à près de 11 % cette année et 9 % en 2014, en raison des tensions persistantes sur les prix alimentaires.
  • Dans les économies de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est, la solide demande intérieure devrait soutenir la croissance, tout particulièrement en Malaisie et aux Philippines. En Thaïlande, après le ralentissement observé au premier trimestre de 2013, la croissance devrait revenir à son potentiel au deuxième semestre, portée par le dynamisme de la demande privée et l’accroissement des dépenses publiques. La croissance sera timide en Indonésie, cependant, en raison d’un investissement atone et d’un fléchissement de la demande de produits de base émanant d’autres économies émergentes, ainsi que de conditions de financement plus difficiles.
  • Compte tenu du fléchissement de la demande extérieure ces derniers temps, la croissance devrait ralentir dans d’autres économies d’Asie en développement, revenant de 6¼ % en 2012 à un taux toujours robuste de 6 % cette année, avant de se redresser l’an prochain.

Les risques pour la croissance dans la région sont orientés à la baisse. Le principal risque de dégradation est un ralentissement mondial synchronisé, qui aurait de graves conséquences sur les économies d’Asie tributaires des exportations. Un autre risque est que les sorties de capitaux — dues à un nouveau resserrement monétaire aux États-Unis ou à une détérioration des paramètres fondamentaux du pays — s’intensifient. Il pourrait en résulter de nouvelles baisses des prix des actifs nationaux, un durcissement des conditions générales de financement et, à terme, un ralentissement, surtout dans les économies dont les paramètres fondamentaux sont en retrait et qui disposent d’un espace budgétaire limité. Si, dans certains pays, le recul des entrées de fonds peut apaiser les préoccupations antérieures quant aux booms du crédit potentiels, dans d’autres, les risques d’atterrissage brutal ou d’instabilité financière se sont accrus. Cela dit, de nombreux pays sont dotés d’un régime de change flexible qui contribuerait à atténuer ces effets, surtout lorsque les tensions inflationnistes sont absentes et que des réserves abondantes leur confèrent la marge de manœuvre nécessaire pour lisser les pics de volatilité. Une décélération persistante de l’activité d’investissement due à des faiblesses structurelles est encore une autre préoccupation. Compte tenu de sa forte intégration régionale, l’Asie serait vulnérable à un ralentissement inattendu dans l’une de ses grandes économies quelle qu’elle soit, en particulier la Chine. Au Japon, en l’absence de réformes budgétaires et structurelles crédibles, il se peut que le nouveau cadre macroéconomique ne parvienne pas à relever les anticipations de croissance et d’inflation, ce qui aurait des effets défavorables sur toute la région. De fait, dans le scénario plausible de ralentissement de l’activité, la croissance diminuerait fortement: la première année, elle perdrait ¾ de point au Japon et 1 point dans le reste de l’Asie.

Les responsables de la politique économique doivent trouver un équilibre entre soutien à la croissance et prévention des risques pour la stabilité financière. Pour nombre d’entre eux, dans le contexte d’une intensification des risques de recul de la croissance et de perspectives d’inflation généralement favorables, l’orientation accommodante est globalement souhaitable. Cependant, les circonstances varient d’un pays à l’autre en fonction des risques inflationnistes et des risques pour la stabilité financière. Ainsi, la Banque d’Indonésie a récemment dû resserrer son orientation monétaire dans le contexte de pressions à la baisse sur la monnaie nationale et d’une hausse de l’inflation anticipée. Au Japon, les efforts devraient porter sur la réalisation à court terme de l’objectif d’inflation des autorités. Il faut pour cela que l’orientation accommodante de la politique monétaire soit appliquée intégralement et qu’elle bénéficie du soutien d’autres mesures fort nécessaires (comme les réformes structurelles) qui améliorent les perspectives de la croissance à moyen terme.

Dans le contexte d’une volatilité accrue sur les marchés financiers mondiaux, les outils micro- et macroprudentiels continueront de jouer un rôle dans la réalisation de l’objectif de stabilité financière. Les mesures de renforcement de la résilience des systèmes financiers aideront en outre les économies à surmonter les conséquences d’une éventuelle interruption brutale des entrées de capitaux. Dans certaines économies, dont la Chine, la poursuite de la réforme financière est nécessaire pour préserver la stabilité financière, améliorer l’allocation du crédit et orienter l’économie vers une trajectoire de croissance plus soutenue et durable.

Les objectifs budgétaires devraient, s’il y a lieu, être corrigés des variations cycliques, ce qui permettrait aux stabilisateurs automatiques de jouer leur rôle. Dans de nombreuses économies, les réserves devraient être reconstituées pour ménager un espace budgétaire en faveur de l’infrastructure de nature à favoriser la croissance, les dépenses sociales et la politique anticyclique future. En Chine, le renforcement de la gestion, de la transparence et généralement du cadre de gouvernance des finances des administrations locales permettrait en outre de contenir les risques d’un alourdissement de la dette publique. Au Japon, l’annonce récente de la décision de mettre en œuvre la première étape de l’augmentation de l’impôt de consommation, qui passera à 8 % en avril 2014, marque une étape importante. L’impulsion budgétaire prévue en 2014 pour atténuer l’impact de cette mesure sur la croissance ne fait que renforcer le besoin d’élaborer au plus vite un plan à moyen terme concret et crédible pour placer la dette publique sur une trajectoire tenable. Une mise en œuvre réussie des mesures dénommées «Abenomics» aurait aussi des effets favorables indéniables sur la croissance, non seulement au Japon, mais aussi dans le reste de l’Asie (encadré 1.4, chapitre 1). Enfin, pour quelques pays, les récentes pressions du marché ne font que renforcer encore le besoin d’assainir les finances publiques et de mettre en œuvre les réformes structurelles (en Inde, notamment).

Si les risques de dégradation se matérialisent, la flexibilité des taux de change et un assouplissement monétaire devraient généralement constituer les premières lignes de défense dans les économies où l’inflation est faible et où les anticipations sont solidement ancrées. Dans certains pays, cependant (l’Inde et l’Indonésie, notamment), un nouveau durcissement peut être souhaitable compte tenu de la persistance des tensions inflationnistes, amplifiées encore par la dépréciation monétaire. Sur le plan budgétaire, il faudrait laisser jouer les stabilisateurs automatiques, mais, compte tenu de l’ampleur des déficits, l’objectif prioritaire pour plusieurs économies, dont l’Inde, le Japon et le Viet Nam, est l’assainissement des finances publiques. Dans d’autres, une relance ne devrait être envisagée qu’en cas de menace d’un grave ralentissement.

Amérique latine et Caraïbes: la croissance est faible

Les conditions extérieures moins favorables et les contraintes intérieures au niveau de l’offre pèsent sur l’activité économique en Amérique latine et dans les Caraïbes. Selon les projections, la croissance de la production devrait se ralentir pour s’établir à 2¾ % en 2013 (graphique 2.9), puis reprendre progressivement en 2014 sous l’effet du raffermissement de la demande extérieure, bien que des risques de ralentissement perdurent. Laisser les taux de change s’ajuster aux modifications des fondamentaux contribuera à compenser en partie les effets du resserrement des conditions financières. Le rééquilibrage progressif des finances publiques devrait se poursuivre dans les pays qui ont un espace budgétaire limité et dans ceux qui sont toujours confrontés à de difficiles problèmes de capacité. Étant donné les moins bonnes perspectives de croissance et l’intensification de la volatilité des flux de capitaux, l’action publique devra viser en priorité à préserver la stabilité financière. La croissance reste faible dans les pays des Caraïbes tributaires du tourisme, qui doivent s’attaquer aux problèmes posés par un niveau d’endettement élevé, le manque de compétitivité de leurs économies et la fragilité de leurs systèmes financiers.

Graphique 2.9.Amérique latine et Caraïbes: prévisions de croissance du PIB pour 2013

(En pourcentage)

Source: estimations des services du FMI.

Note: Les chiffres pour l’Argentine sont les données officielles communiquées. Le FMI a toutefois adopté une déclaration de censure à l’encontre de l’Argentine et appelé ses autorités à prendre les mesures nécessaires pour améliorer la qualité des données officielles relatives au PIB. D’autres sources de données ont indiqué une croissance réelle sensiblement inférieure aux chiffres officiels communiqués depuis 2008. De ce fait, les services du FMI utilisent aussi d’autres estimations de la croissance du PIB pour la surveillance macroéconomique du pays.

La croissance a été plus lente que ne l’indiquaient les prévisions des PEM d’avril 2013 pour la majeure partie de la région Amérique latine et Caraïbes (ALC) au premier semestre de l’année. L’activité a été entravée par les goulets d’étranglement dans les infrastructures, la baisse des prix des produits de base et un durcissement des politiques de certains pays (graphique 2.10). Le ralentissement inattendu de l’économie au Mexique a tenu à la diminution des dépenses publiques, à la baisse de l’activité dans le secteur du bâtiment et à l’atonie de la demande des États-Unis. Au Brésil, la croissance s’est accélérée par suite d’une reprise des investissements, et notamment d’une reconstitution des stocks. Les indicateurs à haute fréquence suggèrent toutefois un certain tassement de la demande intérieure à partir du deuxième semestre de l’année.

Graphique 2.10.Amérique latine: la croissance est faible

La croissance s’est ralentie par suite de l’atonie de la demande extérieure et de la demande intérieure. Malgré l’intensification de la volatilité financière et la diminution des prix de produits de base, les conditions extérieures restent dans l’ensemble favorables. Les politiques devraient viser à améliorer la qualité et la viabilité de la croissance et à réduire la volatilité financière intérieure.

Sources: Bloomberg, L.P.; EPFR Global/Haver Analytics; Haver Analytics; autorités nationales; estimations des services du FMI.

Note: ALC = Amérique latine et Caraïbes. L’AL6 inclut le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique, le Pérou et l’Uruguay. Le reste de l’AL6 correspond au total pour le Chili, la Colombie, le Pérou et l’Uruguay (sauf indication contraire).

1 Moyennes du PIB pondérées par la parité du pouvoir d’achat pour l’AL6. Taux CVS = taux corrigé des variations saisonnières.

2 AL6: moyenne simple; pourcentage du PIB, échelle de droite. ALC: pourcentage du PIB, échelle de droite.

3 Moyenne simple pour le Chili, la Colombie, le Pérou et l’Uruguay. Les données vont jusqu’à la fin de juin 2013.

4 Les flux EPFR représentent dans une mesure limitée les flux globaux de la balance des paiements bien que, selon de récentes études, il existe une étroite correspondance entre la structure de ces flux et celle des flux bruts de portefeuille de la balance des paiements (voir Fratzscher, 2012).

5 Les rendements des obligations souveraines sont la moyenne des rendements au Brésil, au Chili, en Colombie, au Mexique et au Pérou, compte tenu de la disponibilité des données. EMBIG = JPMorgan EMBI Global Index.

La récente intensification de la volatilité des marchés financiers mondiaux a eu des répercussions sur les taux de change, les écarts de taux souverains et les marchés boursiers de la région. Les autorités de certains pays ont réagi aux turbulences observées sur le marché en assouplissant les contrôles de capitaux et en intervenant pour maîtriser la volatilité de leurs taux de change. Dans de nombreux cas, la dépréciation a eu pour effet de porter les taux de change à des niveaux cadrant mieux avec les fondamentaux. Les rendements des obligations souveraines et des obligations des sociétés restent en outre relativement faibles par rapport aux résultats passés.

Selon les projections, la production de la région ALC devrait augmenter de 2¾ % en 2013 et de 3 % en 2014, soit environ ¾ point de pourcentage de moins qu’indiqué dans les PEM d’avril 2013 (tableau 2.4). Ces révisions à la baisse tiennent aux résultats plus faibles que prévu du premier semestre de 2013 et aux effets du resserrement des conditions financières sur la croissance à l’avenir. Les taux de croissance à moyen terme devraient également rester inférieurs aux taux conjoncturellement élevés enregistrés après la Grande Récession3:

Tableau 2.4.Pays de l’Hémisphère occidental (échantillon): PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde extérieur courant2Chômage3
ProjectionsProjectionsProjectionsProjections
201220132014201220132014201220132014201220132014
Amérique du Nord2,81,52,62,21,61,7−2,7−2,6−2,7
États-Unis42,81,62,62,11,41,5−2,7−2,7−2, 88,17,67,4
Canada1,71,62,21,51,11,6−3,4−3,1−3,17,37,17,1
Mexique3,61,23,04,13,63,0−1,2−1,3−1,55,04,84,5
Amérique latine52,63,23,16,88,08,0−1,8−2,6−2,5
Brésil0,92,52,55,46,35,8−2,4−3,4−3,25,55,86,0
Argentine61,93,52,810,010,511,40,0−0,8−0,87,27,37,4
Colombie4,03,74,23,22,23,0−3,2−3,2−3,210,410,310,0
Venezuela5,61,01,721,137,938,02,92,82,27,89,210,3
Pérou6,35,45,73,72,82,5−3,6−4,9−5,16,86,06,0
Chili5,64,44,53,01,73,0−3,5−4,6−4,06,46,26,4
Équateur5,14,04,05,12,82,4−0,2−1,1−1,45,35,55,5
Bolivie5,25,45,04,54,84,17,84,23,16,46,46,3
Uruguay3,93,53,38,18,58,6−5,4−4,9−4,16,06,76,8
Paraguay−1,212,04,63,73,24,60,40,5−0,25,85,45,5
Amérique centrale75,03,93,94,44,44,4−6,1−6,2−6,1
Caraïbes82,31,72,95,05,04,9−4,9−4,0−3,6
Pour mémoire
Amérique latine et Caraïbes92,92,73,15,96,76,5−1,9−2,4−2,4
Union monétaire des Caraïbes orientales10−0,21,02,02,92,52,5−16,0−16,2−16,7
Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Les données pour les États-Unis peuvent faire l’objet de modifications jusqu’à la publication par le Bureau d’analyse économique du rapport intitulé Comprehensive Revision of the National Income and Product Accounts (NIPA).

Inclut également le Guyana et le Suriname.

Les chiffres pour l’Argentine sont les données officielles communiquées. Le FMI a toutefois adopté une déclaration de censure à l’encontre de l’Argentine et appelé ses autorités à prendre les mesures nécessaires pour améliorer la qualité des données officielles relatives au PIB et à l’indice des prix à la consommation (IPC) du Grand Buenos Aires (GBA). D’autres sources de données ont indiqué une croissance réelle sensiblement inférieure aux chiffres officiels communiqués depuis 2008 et des taux d’inflation considérablement plus élevés que ceux déclarés par les autorités depuis 2007. De ce fait, les services du FMI utilisent aussi d’autres estimations de la croissance du PIB et de la hausse de l’IPC pour la surveillance macroéconomique du pays.

Belize, Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua et Panama.

Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Dominique, Grenade, Haïti, Jamaïque, République dominicaine, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Sainte-Lucie et Trinité-et-Tobago.

Inclut le Mexique et les pays d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et des Caraïbes.

Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Sainte-Lucie, ainsi que Anguilla et Montserrat, qui ne sont pas membres du FMI.

Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans les tableaux A6 et A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Les données pour les États-Unis peuvent faire l’objet de modifications jusqu’à la publication par le Bureau d’analyse économique du rapport intitulé Comprehensive Revision of the National Income and Product Accounts (NIPA).

Inclut également le Guyana et le Suriname.

Les chiffres pour l’Argentine sont les données officielles communiquées. Le FMI a toutefois adopté une déclaration de censure à l’encontre de l’Argentine et appelé ses autorités à prendre les mesures nécessaires pour améliorer la qualité des données officielles relatives au PIB et à l’indice des prix à la consommation (IPC) du Grand Buenos Aires (GBA). D’autres sources de données ont indiqué une croissance réelle sensiblement inférieure aux chiffres officiels communiqués depuis 2008 et des taux d’inflation considérablement plus élevés que ceux déclarés par les autorités depuis 2007. De ce fait, les services du FMI utilisent aussi d’autres estimations de la croissance du PIB et de la hausse de l’IPC pour la surveillance macroéconomique du pays.

Belize, Costa Rica, El Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua et Panama.

Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Dominique, Grenade, Haïti, Jamaïque, République dominicaine, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines, Sainte-Lucie et Trinité-et-Tobago.

Inclut le Mexique et les pays d’Amérique centrale, d’Amérique du Sud et des Caraïbes.

Antigua-et-Barbuda, Dominique, Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Sainte-Lucie, ainsi que Anguilla et Montserrat, qui ne sont pas membres du FMI.

  • Dans la plupart des pays financièrement intégrés (Chili, Colombie, Pérou, Uruguay), la croissance devrait se ralentir pour se poursuivre à un rythme plus soutenable. La solide progression des rémunérations et la faiblesse du chômage devraient appuyer la consommation. L’expansion du crédit s’effectuera à un rythme moins rapide, mais devrait demeurer relativement soutenue. Selon les projections, les déficits du compte courant devraient encore s’accroître en 2013 parce que les prix des produits de base sont en légère baisse et que la demande intérieure continue d’être supérieure à la production. Les pressions inflationnistes sont, pour l’essentiel, maîtrisées sauf en Uruguay, où le taux d’inflation reste supérieur à la cible.
  • L’économie brésilienne devrait afficher un taux de croissance de 2½ % en 2013. La récente dépréciation de la monnaie améliorera la compétitivité extérieure et compensera en partie l’effet défavorable de l’accroissement des rendements des obligations souveraines. La hausse du taux d’inflation a toutefois réduit les revenus réels et pourrait peser sur la consommation, tandis que les obstacles rencontrés au niveau de l’offre et les incertitudes qui règnent dans le domaine de l’action publique pourraient continuer de freiner l’activité économique.
  • Au Mexique, la croissance devrait ne progresser que de 1¼ % en 2013 par suite, essentiellement, du manque de vigueur de l’activité économique au premier semestre de l’année. Les projections indiquent une remontée progressive du taux de croissance, qui devrait de nouveau atteindre 3 % en 2014, sous l’effet de l’impulsion donnée aux industries manufacturières par le redressement de la demande des États-Unis, de la reprise des dépenses publiques et des résultats que commenceront à produire les réformes structurelles en cours. À moyen terme, la croissance devrait s’établir, en moyenne, à 3½ à 4 % par an, selon les estimations préliminaires des effets des réformes structurelles effectuées par les services du FMI.
  • La croissance dans les autres pays exportateurs de produits de base devrait, dans l’ensemble, rester soutenue, sauf au Venezuela, où les pénuries d’énergie et le contrôle des changes ralentissent l’activité économique. La croissance en Argentine a repris grâce à une très bonne récolte, mais l’activité économique continue d’être entravée par le contrôle des changes et d’autres contrôles administratifs.
  • La croissance de la production se ralentira en Amérique centrale par suite du niveau moins élevé que prévu de la demande extérieure et de la faiblesse des envois de fonds.
  • L’activité continuera de se caractériser par son atonie dans la plupart des Caraïbes en raison de la faiblesse des flux liés au tourisme et de la contraction des activités dans le secteur du bâtiment. L’ampleur de l’endettement, le manque de compétitivité et l’accroissement des vulnérabilités financières continuent de peser sur la politique budgétaire et d’assombrir les perspectives de croissance.

Les perspectives se caractérisent de manière générale par un risque de ralentissement économique. Étant donné que la région ALC est largement tributaire des produits de base, une forte chute des prix de ces produits constitue un grave risque extérieur. Comme le montre le scénario pessimiste plausible, un ralentissement de la croissance des grandes économies extérieures à la région, notamment la Chine, aurait pour effet de ralentir la croissance en Amérique latine de ½ point de pourcentage par le biais de ses répercussions sur les prix des produits de base et sur les exportations. Un regain de volatilité sur les marchés financiers et la poursuite des sorties de capitaux posent également des risques.

Les responsables de l’action publique devraient calibrer leurs politiques macroéconomiques sur la base d’une évaluation réaliste du niveau potentiel de l’offre de leur pays. Le maintien d’un taux de croissance trop élevé pour être durable par le biais de programmes de relance budgétaire contribuerait à affaiblir les finances publiques et à creuser les déficits des comptes courants. Étant donné le peu de capacités inutilisées et les conditions extérieures encore relativement favorables qui caractérisent la majeure partie des pays d’Amérique latine, ces derniers devraient procéder à un assainissement progressif de leurs finances publiques tout en protégeant les investissements publics et les dépenses sociales essentielles. Il continue d’être essentiel pour les pays affichant un endettement et des déficits élevés, et notamment pour les pays des Caraïbes, de procéder à un rééquilibrage budgétaire. Les pays qui ont un faible taux d’inflation et où les anticipations inflationnistes sont ancrées devraient continuer de faire usage de la souplesse du taux de change et de la politique monétaire en tant que première ligne de défense si les risques de ralentissement devaient se concrétiser, tout en se protégeant d’une volatilité excessive du taux de change. Dans les pays où les pressions inflationnistes perdurent (notamment au Brésil), une politique de durcissement monétaire continue être appropriée.

Il importe de renforcer la surveillance prudentielle du système financier dans le but de détecter les vulnérabilités éventuelles et d’y remédier, notamment au vu de la récente rapide expansion du crédit, alimentée en partie par des entrées de capitaux.

Le renforcement de la compétitivité, l’amélioration de la productivité et l’accroissement des taux d’épargne et d’investissement continuent de poser des défis fondamentaux à moyen terme pour la région ALC. Étant donné que leurs taux d’activité économique sont déjà élevés et leurs taux de chômage faibles, les pays de la région devront compter de plus en plus sur l’accumulation de capital et les gains de productivité pour maintenir leur taux de croissance à des niveaux élevés. L’augmentation de leur épargne intérieure leur permettra d’accroître leurs investissements sans avoir à recourir dans une plus large mesure à des emprunts extérieurs.

Communauté des États indépendants: la croissance ralentit dans un environnement caractérisé par l’atonie de la demande extérieure et de la demande intérieure

La croissance de la Communauté des États indépendants (CEI) s’est ralentie, par suite du manque de dynamisme de l’environnement extérieur et des contraintes observées au niveau de l’offre dans certains des États (graphique 2.11). Elle ne pourra atteindre son rythme potentiel que si des réformes sont entreprises;plusieurs États doivent, par ailleurs, s’employer à réduire leurs déséquilibres macroéconomiques en raison du niveau plus élevé des risques et d’une marge de manœuvre limitée.

Graphique 2.11.Communauté des États indépendants: prévisions de croissance du PIB pour 2013

(En pourcentage)

Source: estimations des services du FMI.

Note: inclut la Géorgie pour des raisons géographiques et par suite des similarités existant au niveau de la structure économique.

La croissance des pays européens de la CEI, et notamment la Russie, s’est ralentie au premier semestre de 2013 (graphique 2.12). L’atonie de la demande extérieure a contribué à ce ralentissement, de même, toutefois, que la faiblesse des investissements intérieurs, en particulier lorsque les écarts de production étaient réduits et les obstacles au niveau de l’offre contraignants. Dans le Caucase et en Asie centrale, l’activité économique a, par contre, continué de progresser rapidement comme en 2012 grâce à l’expansion de la capacité de production des secteurs extractifs, dans le cas des exportateurs de produits de base, et à la stabilité, jusqu’à présent, des entrées d’envois de fonds. La récente aggravation de la volatilité financière mondiale a davantage touché les pays européens de la CEI que ceux du Caucase et de l’Asie centrale en raison du volume limité des engagements financiers extérieurs de ces derniers.

Graphique 2.12.Communauté des États indépendants: la croissance ralentit dans un environnement caractérisé par l’atonie de la demande extérieure et de la demande intérieure

La croissance dans les pays de la CEI est de plus en plus freinée par des contraintes au niveau de l’offre. Des réformes seront nécessaires à ce niveau pour permettre à la région d’exploiter son potentiel de croissance. Les politiques macroéconomiques devraient, dans plusieurs pays, éviter d’accroître les déséquilibres macro en raison de l’intensification des risques financiers et des marges de manœuvre limitées.

Sources: EPFR Global/Haver Analytics; Haver Analytics; estimations des services du FMI.

Note: CEI = Communauté des États indépendants. La Géorgie, qui n’est pas membre de la CEI, est comprise dans ce groupe pour des raisons géographiques et par suite des similarités existant au niveau de la structure économique. Exportateurs nets d’énergie (ENE): Azerbaïdjan, Kazakhstan, Ouzbékistan, Russie (RUS), Turkménistan. Importateurs nets d’énergie (INE): Arménie, Bélarus, Géorgie, Moldova, République kirghize, Tadjikistan, Ukraine. ENE hors RUS = exportateurs nets d’énergie à l’exclusion de la Russie.

1 Pays européen de la CEI: Bélarus, Moldova, Russie et Ukraine.

2 Les flux EPFR représentent dans une mesure limitée les flux globaux de la balance des paiements bien que, selon de récentes études, il existe une étroite correspondance entre la structure de ces flux et celle des flux bruts de portefeuille de la balance des paiements (voir Fratzscher, 2012). Ces données à haute fréquence sont, en outre, plus à jour que les séries de la balance des paiements. Les flux des obligations EPFR peuvent, de surcroît, être considérés être des valeurs de remplacement des flux des obligations souveraines, qui ont constitué la plus grande partie des flux de portefeuille en direction des pays de la région au cours des dernières années.

3 Le solde budgétaire des administrations publiques se rapporte aux prêts/emprunts nets des administrations publiques sauf pour les INE, où il s’agit du solde global.

Selon les projections, la croissance des pays de la CEI devrait légèrement se ralentir, pour tomber de 3½ % en 2012 à environ 2 % cette année, avant de remonter à 3½ % en 2014 (tableau 2.5). Les perspectives varient selon les pays de la région, la croissance devant être plus lente pour les pays européens de la CEI et les importateurs nets d’énergie et plus rapide pour les pays du Caucase et de l’Asie centrale et les exportateurs nets d’énergie:

Tableau 2.5.Communauté des États indépendants: PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde extérieur courant2Chômage3
ProjectionsProjectionsProjectionsProjections
201220132014201220132014201220132014201220132014
Communauté des États indépendants (CEI)3,42,13,46,56,55,92,92,11,6
Exportateurs nets d’énergie3,82,23,55,26,86,04,13,22,6
Russie3,41,53,05,16,75,73,72,92,36,05,75,7
Kazakhstan5,15,05,25,16,36,33,84,33,15,35,35,3
Ouzbékistan8,27,06,512,112,110,40,70,21,1
Azerbaïdjan2,23,55,61,03,76,321,713,39,26,06,06,0
Turkménistan11,112,210,45,37,67,00,00,23,8
Importateurs nets d’énergie1,21,52,413,55,05,6−7,4−7,5−7,2
Ukraine0,20,41,50,60,01,9−8,4−7,3−7,47,58,08,0
Bélarus1,52,12,559,217,514,8−2,9−8,3−6,70,60,60,6
Géorgie45,12,55,0−0,9−0,34,0−11,5−6,5−7,815,016,717,3
Arménie7,24,64,82,57,03,5−11,3−10,0−8,619,018,518,0
Tadjikistan7,56,75,85,87,57,2−1,3−1,7−2,2
République kirghize−0,97,46,52,88,67,2−15,3−9,6−8,37,77,67,6
Moldova5−0,84,04,04,64,44,3−7,0−7,6−8,85,66,25,7
Pour mémoire
Caucase et Asie centrale65,85,86,12,56,97,04,83,93,1
Pays à faible revenu de la CEI76,66,05,97,58,78,0−4,2−3,3−2,8
Exportateurs nets d’énergie hors Russie5,85,96,25,87,27,36,45,04,1
Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

La Géorgie, qui n’est pas membre de la Communauté des États indépendants, est incluse dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude de structure économique.

Les prévisions établies pour le Moldova sont basées sur les données disponibles pour le premier trimestre de 2013.

Inclut l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, la République kirghize, le Tadjikistan et le Turkménistan.

Les pays à faible revenu de la CEI sont l’Arménie, la Géorgie, le Moldova, l’Ouzbékistan, la République kirghize et le Tadjikistan.

Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

La Géorgie, qui n’est pas membre de la Communauté des États indépendants, est incluse dans ce groupe pour des raisons de géographie et de similitude de structure économique.

Les prévisions établies pour le Moldova sont basées sur les données disponibles pour le premier trimestre de 2013.

Inclut l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Géorgie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, la République kirghize, le Tadjikistan et le Turkménistan.

Les pays à faible revenu de la CEI sont l’Arménie, la Géorgie, le Moldova, l’Ouzbékistan, la République kirghize et le Tadjikistan.

  • En Russie, la croissance devrait, selon les projections, s’établir en moyenne à 1½ % en 2013, puis atteindre 3 % en 2014. Cette estimation dénote une révision à la baisse de près de 2 points de pourcentage pour 2013 et de ¾ point de pourcentage pour 2014 par rapport aux PEM d’avril 2013. Bien que la consommation continue d’être soutenue par une solide progression des salaires réels et du crédit aux particuliers, les perspectives de croissance sont assombries par le manque de dynamisme de l’environnement extérieur, une certaine accélération des sorties de capitaux, la baisse des cours des actifs et la léthargie des investissements.
  • Selon les projections, la croissance des exportateurs d’énergie de la région, abstraction faite de la Russie, devrait rester solide. Au Kazakhstan, le taux de croissance moyen sera de 5 % en 2013 et de 5¼ % en 2014 grâce à la reprise de la production pétrolière et à la vigueur de l’activité des secteurs industriels et des services.
  • L’Ukraine, qui était en récession depuis le milieu de 2012, affichera une croissance pratiquement nulle cette année. L’activité sera entravée par la faiblesse des exportations, les incertitudes politiques et la rigueur d’une politique monétaire conçue pour défendre un taux de change en butte aux pressions exercées par les deux déficits de l’économie. La croissance devrait s’accélérer pour atteindre 1½ % en 2014.
  • La plupart des autres pays importateurs d’énergie n’ont pas enregistré d’importantes entrées de capitaux, en partie à cause de la faiblesse de leurs récents résultats économiques ou des liens ténus qu’ils ont avec les marchés financiers extérieurs. Selon les projections, la croissance restera faible au Bélarus, par suite des rigidités structurelles et de la baisse de la compétitivité du pays. L’activité reprendra au Moldova, tirée par le secteur agricole, les exportations et la consommation. La République kirghize devrait enregistrer un taux de croissance de 7 % sur la période 2013–14, car son économie se remet des perturbations subies par le secteur de l’extraction d’or et continue d’afficher de solides résultats dans les secteurs du bâtiment, du commerce et des services.
  • L’Arménie et la Géorgie devraient voir leur croissance se ralentir cette année. En Arménie, cette évolution tiendra à une décélération de la progression du secteur agricole en 2013, qui avait enregistré de très bons résultats en 2012 grâce à de bonnes conditions climatiques, aux ajustements à la hausse des tarifs du gaz et de l’électricité et à la sous-utilisation des crédits budgétaires. Le ralentissement de la croissance en Géorgie devrait tenir à une plus faible progression des investissements privés, à l’augmentation limitée du crédit et à la sous-utilisation des crédits budgétaires.

Le taux d’inflation s’établira en moyenne à 6–6½ % dans la région en 2013–14 et constitue un défi pressant pour quelques pays (Bélarus, Ouzbékistan). Au Bélarus, l’inflation se ralentit, mais devrait également rester supérieur à 10 %. L’inflation devrait également être supérieure à 10 % en Ouzbékistan par suite de la poursuite de la dépréciation de la monnaie, de la hausse des prix des produits alimentaires locaux et des prix administrés et de l’augmentation des salaires. Selon les projections, le taux d’inflation en Russie devrait tomber à environ 6¼ % à la fin de 2013, soit un taux se trouvant juste au-dessus de l’extrémité supérieure de la fourchette cible de 5 à 6 % fixée par la banque centrale, en raison de l’atténuation progressive des effets des chocs temporaires au niveau de l’offre. Le taux d’inflation devrait rester supérieur à la cible d’inflation de la banque centrale, qui est de 4½ % en 2014.

Des risques de dégradation existent. Une augmentation du rendement des bons d’État et du coût des emprunts ou le durcissement des conditions d’accès au marché des capitaux mondiaux assombriraient les perspectives de la région, en particulier celles des pays affichant des déséquilibres budgétaires et/ou extérieurs relativement importants et disposant de marges de manœuvre limitées, comme le Bélarus et l’Ukraine (dont le rendement des contrats sur risques de défaut souverains a atteint des niveaux prohibitifs au cours des derniers mois). La place importante occupée par les instruments à long terme dans le financement des déficits de compte courant des pays importateurs de produits de base du Caucase et d’Asie centrale contribuerait toutefois à atténuer ces risques. Une croissance plus faible que prévu des pays émergents du reste du monde aurait pour effet d’abaisser les prix des produits de base, ce qui aurait un important effet négatif sur l’activité en Russie, en Ukraine et dans les pays exportateurs de produits de base du Caucase et de l’Asie centrale. Étant donné le rôle prédominant joué par la Russie dans le domaine des échanges, et les envois de fonds dans la région, les importateurs de produits de base du Caucase et de l’Asie centrale seraient indirectement touchés par le biais du ralentissement plus marqué que prévu de l’activité en Russie.

Les politiques publiques devraient continuer de viser à maintenir la stabilité macroéconomique et à mettre en œuvre des réformes pour stimuler la croissance potentielle. La Russie est désormais mieux en mesure d’absorber les chocs extérieurs par suite de l’assouplissement de son régime de taux de change, de l’amélioration de sa capacité de gestion des crises, du gonflement de ses réserves et de la réduction de l’asymétrie de son bilan. Il importe de donner la priorité à l’accroissement du taux de croissance potentiel, à l’amélioration du régime de l’investissement, aux mesures facilitant la production de nouvelles énergies, à la réduction de la participation de l’État à l’activité économique et au renforcement progressif de la marge de manœuvre budgétaire. L’Ukraine bénéficierait d’un régime de taux de change plus souple, d’un durcissement de sa politique budgétaire, d’un relèvement des tarifs intérieurs du gaz et du chauffage et d’une relance des réformes structurelles. Le Bélarus devra coordonner ses politiques budgétaire et monétaire pour gérer avec soin la demande intérieure et adopter des réformes structurelles pour assurer une croissance durable. Le Kazakhstan devrait continuer de s’orienter vers une solution durable au problème posé par l’ampleur du volume de ses prêts improductifs et réaménager le cadre de ses politiques monétaire et budgétaire. L’Azerbaïdjan et le Turkménistan devraient mettre un terme aux programmes de relance budgétaire pour prévenir l’inflation et améliorer la viabilité des finances publiques, tout en renforçant l’efficacité des dépenses publiques. L’Ouzbékistan devrait poursuivre le resserrement de sa politique monétaire pour maîtriser les effets secondaires de la hausse des prix des denrées alimentaires locales et des prix administrés sur l’inflation.

Dans certains pays, la sous-utilisation des crédits budgétaires a provoqué un rééquilibrage inattendu des finances publiques, qui a aussi contribué au récent ralentissement (Arménie, Géorgie). Ces pays devraient s’efforcer, en priorité, de rendre leurs politiques plus accommodantes pour permettre des dépenses productives appuyant la demande. En Géorgie, les réductions du taux directeur devraient, cette année, contribuer à réduire les pressions déflationnistes, mais il sera nécessaire de remédier aux récents facteurs d’incertitude politique pour rétablir la confiance des investisseurs.

Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan: la croissance est tributaire de l’amélioration de la production de pétrole et de la confiance

La croissance dans la région MOANAP devrait se ralentir en 2013 (graphique 2.13). La faiblesse de la demande mondiale et les perturbations qui ont caractérisé l’offre intérieure ont contribué à réduire la production de pétrole. Les incertitudes engendrées par la longueur des phases de transition politique et la situation extérieure nuisent en outre à la confiance dans les pays importateurs de pétrole. La croissance devrait reprendre en 2014 par suite de l’amélioration de la situation mondiale et de la reprise de la production pétrolière (graphique 2.14). La poursuite d’une croissance durable et équitable à moyen terme dépendra toutefois de l’amélioration du cadre sociopolitique et de la stabilité macroéconomique, de la diversification des économies et de l’accélération de la création d’emplois.

Graphique 2.13.Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan: prévisions de croissance du PIB pour 2013

(En pourcentage)

Source: estimations des services du FMI.

Note: inclut Israël uniquement pour des raisons géographiques. Le taux de croissance du PIB réel de l’Iran pour 2012 et les périodes suivantes n’a pas été mis à jour de manière significative par rapport aux PEM d’avril 2013 dans l’attente de la publication des comptes nationaux par la banque centrale et de l’annonce des plans des nouvelles autorités.

Graphique 2.14.Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan: la croissance est tributaire de l’amélioration de la production de pétrole et de la confiance

La croissance ralentit dans la région par suite de la diminution de la production pétrolière des pays exportateurs de pétrole et des difficultés auxquelles continuent de se heurter les pays importateurs d’hydrocarbures dans le cadre de leur transition politique. Les pays devront en priorité améliorer le cadre sociopolitique, renforcer la stabilité macroéconomique, réduire les déséquilibres budgétaires et extérieurs, et mettre en œuvre des réformes visant à promouvoir une croissance durable et solidaire, poursuivre le processus de diversification et créer des emplois.

Sources: Haver Analytics; autorités nationales; PRS Group, Inc., International Country Risk Guide (ICRG); Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies, Baromètre du tourisme mondial; estimations des services du FMI.

Note: exportateurs de pétrole de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MOANAP): Algérie (DZA), Arabie saoudite (SAU), Bahreïn (BHR), Iran (IRN), Iraq (IRQ), Émirats arabes unis (UAE), Koweït (KWT), Libye (LBY), Oman (OMN), Qatar (QAT), Yémen (YMN); importateurs de pétrole: Afghanistan (AFG), Djibouti (DJI), Égypte (EGY), Jordanie (JOR), Liban (LBN), Maroc (MAR), Mauritanie (MRT), Pakistan (PAK), Soudan (SDN), Syrie (SYR), Tunisie (TUN). Les projections établies pour 2011 et les années suivantes ne couvrent pas la Syrie.

1 L’indice est calculé sur la base des notes ICRG de risque politique et d’indicateurs socioéconomiques, notamment l’emploi, la pauvreté, la croissance et l’inégalité. MOANAP: DZA, EGY, JOR, LBN, MAR, PAK, TUN; ALC: Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, El Salvador, Équateur, Guatemala, Jamaïque, Mexique, Panama, Pérou, République dominicaine, Uruguay, Venezuela; Asie: Chine, Inde, Indonésie, Malaisie, Philippines, Sri Lanka, Thaïlande, Viet Nam; Europe: Albanie, Bélarus, Bulgarie, Croatie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Serbie, Turquie, Ukraine.

2 Les données sur les exportations de biens au mois de juin ne couvrent pas AFG, DJI, MRT, SDN et SYR. Les données sur les entrées de touristes vont jusqu’à la fin de mai 2013, sont corrigées des variations saisonnières et couvrent EGY, JOR, LBN, MAR et TUN.

3 Le prix d’équilibre du pétrole est le prix du pétrole auquel le budget de l’État est en équilibre. Pour le Yémen, en 2013, ce prix d’équilibre est de 214,8 dollars le baril.

Pays exportateurs de pétrole

La croissance s’est nettement ralentie dans les pays exportateurs de pétrole au premier semestre de 2013, par suite de la baisse de la production pétrolière. Dans un certain nombre de pays, notamment la République islamique d’Iran, l’Iraq et la Libye, les fortes tensions géopolitiques, les sanctions économiques, des travaux d’entretien imprévus et la dégradation de la situation sécuritaire ont perturbé l’offre de pétrole. Dans l’ensemble, la production d’hydrocarbures de la région devrait se contracter de 1 % en 2013, cette baisse étant imputable en grande partie à la Libye et à l’Iran. Selon les projections, l’Arabie saoudite devrait enregistrer une légère baisse de sa production pétrolière sur l’ensemble de l’année, car elle continue de jouer un rôle stabilisateur sur le marché mondial du pétrole: elle a réduit sa production de la fin de 2012 jusqu’au début de 2013 en réponse à la baisse de la demande et à l’augmentation de l’offre émanant des fournisseurs non membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), pour l’augmenter par la suite afin de compenser les perturbations de la production pétrolière d’autres pays de la région. Le PIB hors pétrole, par opposition au PIB pétrolier, évolue de manière satisfaisante dans la plupart des pays, grâce à l’ampleur des dépenses publiques et à la reprise de l’expansion du crédit.

Lorsque la volatilité des marchés financiers s’est récemment intensifiée, les rendements des obligations souveraines et des obligations des sociétés des pays exportateurs de la région MOANAP ont augmenté, bien que de manière non significative et à partir de niveaux initiaux peu élevés parce que ces pays ont généralement des relations financières limitées avec les marchés mondiaux et disposent d’importants volants de réserves extérieures.

Sur l’ensemble de l’année, les projections indiquent une croissance moyenne de 2 % — ce qui représente une révision à la baisse de 1¼ point de pourcentage par rapport aux PEM d’avril 2013 —, essentiellement due à la contraction de la production de pétrole. Le taux de croissance remontera probablement à 4 % en 2014 grâce à la reprise de la demande mondiale et à un léger accroissement de la production pétrolière en Arabie saoudite, en Iraq et en Libye (tableau 2.6). Selon les prévisions, le taux de croissance du PIB hors pétrole devrait passer d’environ 3¾ % en 2013 à 4½ % en 2014.

Tableau 2.6.Pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (échantillon): PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde extérieur courant2Chômage3
ProjectionsProjectionsProjectionsProjections
201220132014201220132014201220132014201220132014
Moyen-Orient et Afrique du Nord4,62,13,810,812,310,313,210,39,3
Pays exportateurs de pétrole45,41,94,011,413,810,817,413,912,4
Iran5−1,9−1,51,330,542,329,05,03,10,312,213,214,5
Arabie saoudite5,13,64,42,93,83,623,219,317,75,5
Algérie3,33,13,78,95,04,55,91,81,210,010,09,8
Émirats arabes unis4,44,03,90,71,52,517,315,215,6
Qatar6,25,15,01,93,74,032,429,625,6
Koweït6,20,82,63,23,03,543,238,737,72,12,12,1
Iraq8,43,76,36,12,35,07,00,70,8
Pays importateurs de pétrole62,02,83,18,77,88,9−7,7−6,7−4,9
Égypte2,21,82,88,66,910,3−3,1−2,6−0,912,313,012,8
Maroc2,75,13,81,32,32,5−10,0−7,2−6,19,08,98,8
Tunisie3,63,03,75,66,04,7−8,1−8,0−6,617,616,716,0
Soudan−3,33,92,535,532,127,4−10,8−11,9−7,018,019,020,0
Liban1,51,51,56,66,33,1−16,2−16,7−16,7
Jordanie2,83,33,54,85,93,2−18,1−9,9−9,112,212,212,2
Pour mémoire
Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan4,62,33,610,711,710,012,19,48,6
Pakistan4,43,62,511,07,47,9−2,1−1,0−0,66,56,76,9
Afghanistan12,53,13,54,57,15,53,92,51,8
Israël73,43,83,31,71,62,10,32,33,06,96,86,8
Maghreb815,52,76,75,94,34,65,0−2,8−2,7
Mashreq92,21,92,78,26,89,1−6,2−5,2−3,7
Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Ce groupe comprend en outre les pays suivants: Bahreïn, Libye, Oman et Yémen.

Le taux de croissance du PIB réel de l’Iran pour 2012 et les périodes suivantes n’a pas été mis à jour de manière significative par rapport aux PEM d’avril 2013 dans l’attente de la publication des comptes nationaux par la banque centrale et de l’annonce des plans des nouvelles autorités.

Ce groupe comprend en outre Djibouti et la Mauritanie, mais non la Syrie.

Israël, qui ne fait pas partie de la région, est inclus pour des raisons géographiques. Les chiffres relatifs à Israël ne sont pas compris dans les agrégats de la région.

Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie.

Égypte, Jordanie et Liban seulement, la Syrie étant exclue des données.

Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Ce groupe comprend en outre les pays suivants: Bahreïn, Libye, Oman et Yémen.

Le taux de croissance du PIB réel de l’Iran pour 2012 et les périodes suivantes n’a pas été mis à jour de manière significative par rapport aux PEM d’avril 2013 dans l’attente de la publication des comptes nationaux par la banque centrale et de l’annonce des plans des nouvelles autorités.

Ce groupe comprend en outre Djibouti et la Mauritanie, mais non la Syrie.

Israël, qui ne fait pas partie de la région, est inclus pour des raisons géographiques. Les chiffres relatifs à Israël ne sont pas compris dans les agrégats de la région.

Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie.

Égypte, Jordanie et Liban seulement, la Syrie étant exclue des données.

L’inflation moyenne n’est pas une préoccupation immédiate pour la plupart des exportateurs de pétrole. Dans les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), les taux d’inflation augmentent progressivement, surtout en raison de la hausse des prix alimentaires et des logements, mais devraient rester de l’ordre de 3¼ % en 2013–14. En Iran, en revanche, l’inflation s’accélère nettement depuis la fin de 2012, sous l’effet de la répercussion de la forte dépréciation de la monnaie. Dans les autres pays, la hausse des prix s’est encore ralentie grâce à l’élimination des goulots d’étranglement de l’offre, de la décélération de la hausse des prix alimentaires et, dans le cas de l’Algérie, de l’abandon d’une politique accommodante, mais elle devrait demeurer plus forte que dans les pays membres du CCG.

Les risques de dégradation et les possibilités d’amélioration s’équilibrent approximativement à court terme dans la région. Sur un plan positif, les chocs géopolitiques et les perturbations de l’offre observés dans la région pourraient entraîner un accroissement des prix du pétrole et favoriser la croissance des pays producteurs de pétrole qui ont des capacités inutilisées et, par conséquent, compenser l’insuffisance de la production des autres exportateurs de pétrole. Sur un plan négatif, l’atonie de la demande mondiale, en particulier la poursuite du ralentissement des pays émergents, ou une augmentation plus rapide que prévu de l’offre des pays non membres de l’OPEP pourraient exercer des pressions à la baisse sur les prix du pétrole et sur la croissance des exportateurs de pétrole de la région. S’il est vrai qu’un durcissement plus marqué que prévu des conditions monétaires mondiales pourra entraîner un accroissement des taux d’intérêt intérieurs des pays membres du CCG dont la monnaie est rattachée au dollar des États-Unis, il est probable que cela n’aura qu’un effet global limité sur la croissance tant que les prix du pétrole resteront élevés.

Une baisse prolongée des prix du pétrole provoquerait l’apparition de déficits budgétaires dans de nombreux pays exportateurs de pétrole de la région. Depuis quelques années, l’augmentation des dépenses se traduit par une évolution à la hausse du prix d’équilibre du pétrole (c’est-à-dire du prix du pétrole auquel le budget de l’État est en équilibre) plus rapide que celle des prix du pétrole. Dans un certain nombre de pays (Algérie, Bahreïn, Iran, Iraq, Libye, Yémen), le prix d’équilibre du pétrole est, par conséquent, supérieur au prix du pétrole indiqué par les projections pour 2014. Bien que les autres pays affichent des excédents et que le niveau de leur dette publique soit encore relativement faible, la plupart d’entre eux n’ont pas accumulé d’actifs assez rapidement pour constituer des réserves suffisantes pour les générations à venir et pour se protéger d’une baisse des recettes pétrolières.

La priorité pour les pays exportateurs de pétrole de la région consiste à accroître leur résistance aux chocs des recettes pétrolières tout en diversifiant leur économie au profit d’une main-d’œuvre disponible en rapide expansion. Seuls quelques pays membres du CCG qui pourront produire du pétrole pendant encore de longues années et qui ont d’importantes réserves budgétaires disposent de la marge de manœuvre nécessaire pour pouvoir mener une politique budgétaire anticyclique en cas de risque de dégradation de la situation; d’autres pays n’ont que peu, sinon pas, d’espace budgétaire. La politique budgétaire de ces derniers devrait viser à constituer des marges de manœuvre pour les protéger des chocs exercés par les prix du pétrole en trouvant des sources de revenus non pétroliers et en maîtrisant des dépenses courantes difficiles à éliminer, tout en maintenant des dépenses sociales et des dépenses d’équipement de haute qualité afin d’appuyer la diversification de l’économie, la croissance et l’accumulation de patrimoine au profit des futures générations.

L’adoption de mesures pour améliorer la qualité de l’éducation et mieux adapter cette dernière aux besoins du secteur privé, en même temps que des mesures visant à promouvoir l’entrepreneuriat et la participation des femmes au marché du travail, pourrait renforcer la croissance du PIB hors pétrole et réduire le recours à des dépenses budgétaires financées par les recettes pétrolières en tant que source de la croissance économique. Dans les pays membres du CCG, des initiatives menées sur le marché du travail, notamment l’offre de formations adaptées pour inciter les citoyens à rechercher des emplois dans le secteur privé, devraient s’accompagner d’une modération des salaires dans le secteur public et d’un recadrage des attentes concernant l’emploi dans ce secteur à l’avenir. Les pays non membres du CCG devraient s’efforcer de promouvoir l’activité dans le secteur privé en améliorant les infrastructures de base et le climat des affaires.

Pays importateurs de pétrole

La situation économique des pays importateurs de pétrole de la région MOANAP est difficile. Bien que des signes d’amélioration commencent à se manifester dans les domaines du tourisme, des exportations et de l’investissement direct étranger (IDE) dans un certain nombre d’entre eux, grâce en partie à l’augmentation de la demande émanant des pays membres du CCG, la persistance des incertitudes politiques et économiques pèse sur la confiance et sur l’activité économique. L’aggravation du conflit en Syrie et la situation en Égypte suscitent la crainte d’une déstabilisation plus générale, ce qui complique encore la gestion économique. Les volants de réserves extérieures et budgétaires s’amenuisent en outre dans de nombreux pays.

Globalement, la croissance devrait rester de l’ordre de 3 % en 2013–14. Dans la plupart des pays, cela signifie que le chômage restera élevé et que les niveaux de vie ne s’amélioreront pas et, par conséquent, que le climat de mécontentement social persistera probablement.

  • En Égypte, l’évolution de la situation politique déterminera dans une large mesure le rythme des réformes politiques, le climat de confiance et l’activité intérieure dans un contexte caractérisé par d’importants déséquilibres budgétaires et extérieurs. Les financements accordés par plusieurs pays membres du CCG amoindrissent les contraintes à court terme, de sorte que les autorités ont annoncé un programme de relance budgétaire qui a pour objet de soutenir la croissance et la création d’emplois.
  • Au Liban, les retombées politiques et l’arrivée de réfugiés du conflit syrien continueront d’ébranler la confiance, de décourager le tourisme et d’entraver la croissance, ce qui compromettra la position budgétaire et exercera des pressions sur les soldes extérieurs.
  • Le gouvernement qui vient d’être élu au Pakistan a pour mission de s’attaquer aux importants déficits du budget et de la position extérieure, ce qui dans un premier temps pèsera sur la croissance. Les réformes axées sur le secteur de l’énergie et la stabilité relative des envois de fonds des travailleurs, de la production agricole et de l’appui des bailleurs de fonds internationaux et bilatéraux devraient toutefois soutenir la croissance à moyen terme.
  • L’évolution de la situation politique et sécuritaire en Tunisie continue de peser sur les perspectives économiques et de ralentir le rythme des réformes budgétaires, financières et structurelles.
  • La croissance devrait se ralentir au Maroc en 2014, la production du secteur agricole non irrigué devant retrouver un niveau normal après la récolte exceptionnelle de 2013.
  • Selon les projections, certains pays devraient ne pas suivre la tendance générale de la région et continuer d’afficher une solide croissance. À Djibouti, le secteur des transports maritimes, grâce à son dynamisme, stimulera le secteur du bâtiment et attirera des IDE. En Mauritanie, un secteur des industries extractives prospère et les travaux publics d’infrastructures favoriseront l’activité économique.

Dans la plupart des pays, l’inflation reste élevée, bien qu’elle se soit récemment ralentie par suite de la diminution des prix mondiaux des denrées alimentaires et de l’énergie. Au Pakistan, la dépréciation de la monnaie et la diminution des subventions énergétiques provoqueront probablement une augmentation de l’inflation.

Les facteurs intérieurs et régionaux sont les principales sources de risques, et les perspectives de dégradation persistent. Les revers subis dans le cadre des transitions politiques et la poursuite des tensions sociales et sécuritaires pourraient retarder le retour de la confiance et la reprise des réformes. Les risques que pose une dégradation de la situation pour la croissance dans la zone euro et dans les pays membres du CCG sont également préoccupants pour les pays importateurs de pétrole de la région, par suite de leurs retombées sur le tourisme, les échanges et les envois de fonds. Les engagements limités de ces pays sur les marchés mondiaux des capitaux devraient réduire le risque d’un brusque arrêt des entrées de capitaux pour la plupart des pays, mais, étant donné la souplesse limitée des taux de change, un durcissement des conditions monétaires mondiales pourrait se traduire par un accroissement des taux d’intérêt intérieurs, qui freinerait la croissance.

Dans un contexte caractérisé par une recrudescence des risques due aux tensions régionales et à l’aggravation des incertitudes politiques, l’action publique a trois objectifs: 1) créer des emplois, 2) afficher des progrès dans le domaine de l’assainissement des finances publiques, et 3) entreprendre des réformes structurelles.

  • La création d’emplois est devenue un objectif impératif compte tenu du niveau élevé et croissant du chômage. Étant donné la lenteur de la reprise des investissements privés, il semble que l’État doive jouer un rôle crucial en soutenant l’activité économique à court terme. La mesure dans laquelle les déficits budgétaires peuvent être accrus étant limitée, les dépenses au titre de subventions généralisées doivent être réorientées vers des investissements publics qui permettent de renforcer la croissance, tout en améliorant la protection des groupes vulnérables par le biais d’une aide sociale bien ciblée. Les partenaires extérieurs pourraient fournir des financements extérieurs supplémentaires au vu de l’existence de cadres d’action adéquats.
  • La plupart des pays doivent entreprendre de procéder à un rééquilibrage budgétaire en raison des préoccupations grandissantes suscitées par la viabilité de la dette et du tarissement des réserves budgétaires et extérieures. Cela dit, il pourrait être possible, dans certains cas, de procéder par étapes pour limiter l’impact de l’ajustement budgétaire sur l’activité économique à court terme. Les investisseurs intérieurs et étrangers ne resteront disposés à procurer des volumes d’investissement adéquats que s’il existe une stratégie crédible d’assainissement des finances publiques à moyen terme. Dans certains cas, l’assouplissement du taux de change pourrait également atténuer l’impact à court terme du rééquilibrage budgétaire sur la croissance et permettre de reconstituer des réserves extérieures.
  • Il est essentiel de poursuivre un programme de réformes structurelles audacieux pour renforcer l’activité du secteur privé et promouvoir une économie plus dynamique, compétitive et solidaire. Les réformes doivent couvrir un grand nombre de domaines, et notamment viser à améliorer le cadre réglementaire et la gouvernance de l’activité économique, à élargir l’accès des entreprises et des consommateurs à des financements, et à assouplir le marché du travail et le marché des produits, tout en protégeant les personnes vulnérables par des aides sociales bien ciblées. L’adoption rapide de mesures dans ces domaines pourrait témoigner de la détermination des autorités à poursuivre des réformes et renforcer la confiance.

Le retard pris par la reprise économique et la montée du chômage témoignent du caractère pressant des réformes. Il est essentiel de réaliser au plus tôt des progrès dans ces trois domaines prioritaires — avec un appui de la communauté internationale sous forme de financements plus importants, d’un accès élargi et d’une assistance technique — pour commencer à obtenir les dividendes tant attendus des récentes transitions économiques et politiques.

Afrique subsaharienne: le dynamisme persiste

L’Afrique subsaharienne a continué d’afficher une croissance soutenue en 2012–13, qui devrait légèrement s’accélérer en 2014 (graphique 2.15) grâce à la solidité de la demande intérieure dans la majeure partie de la région. Les retombées de l’atonie de la demande extérieure, l’inversion des flux de capitaux et la diminution des prix de produits de base assombrissent toutefois quelque peu les perspectives de croissance de nombreux pays par rapport aux PEM d’avril 2013. Les politiques publiques devraient viser à reconstituer les marges de manœuvre qui ont été érodées et, de manière plus générale, mobiliser des revenus pour pouvoir répondre aux besoins sociaux et financer les investissements nécessaires. Pour assurer une croissance durable et solidaire à moyen terme, les pouvoirs publics devraient approfondir les réformes structurelles, donner la priorité aux investissements dans les infrastructures et privilégier les dépenses sociales.

Graphique 2.15.Afrique subsaharienne: prévisions de croissance du PIB pour 2013

(En pourcentage)

Source: estimations des services du FMI.

L’activité est restée soutenue en Afrique subsaharienne au début de 2013, bien qu’elle se soit légèrement ralentie par rapport à 2012, et elle a été appuyée dans la plupart des pays par la demande intérieure (graphique 2.16). La croissance a été particulièrement forte dans les pays à faible revenu et dans les États fragiles, à l’exception notable du Mali et de la Guinée-Bissau, qui ont été en proie à des conflits civils internes. L’Angola a bénéficié de la reprise de la production de pétrole. Au Nigéria, les prix toujours élevés du pétrole ont assuré une solide croissance, malgré les effets baissiers temporaires des problèmes sécuritaires dans le Nord du pays et des vols de pétrole. En Éthiopie, la baisse des prix du café et les goulots d’étranglement au niveau de l’offre ont légèrement ralenti une croissance jusque-là très rapide. En revanche, la croissance s’est encore ralentie en Afrique du Sud, essentiellement par suite des tensions entre les partenaires sociaux, de l’anémie de l’investissement privé et de la faiblesse de la croissance de la consommation, elle-même due au ralentissement de l’augmentation du revenu disponible et de l’ébranlement de la confiance des consommateurs. L’inflation est restée relativement stable dans la région, sauf dans quelques cas.

Graphique 2.16.Afrique subsaharienne: le dynamisme persiste

La croissance reste soutenue et continuera sur sa lancée, bien que moins rapidement qu’initialement prévu. L’activité bénéficie de la solidité de la demande intérieure et du gonflement des investissements liés aux produits de base, tandis que les retombées négatives ont jusqu’à présent été limitées par le manque de développement des liens financiers. Le maintien de la solidité économique passera par le déploiement d’efforts accrus pour reconstituer les marges de manœuvre budgétaires, maîtriser l’inflation et stimuler la croissance potentielle.

Sources: Haver Analytics; FMI, base de données d’International Financial Statistics; estimations des services du FMI.

Note: PFR: pays à faible revenu (AfSS); PRI: pays à revenu intermédiaire (AfSS); AfSS: Afrique subsaharienne.

1 Le Libéria, le Soudan du Sud et le Zimbabwe sont exclus faute de données suffisantes.

2 Les pays suivants sont exclus faute de données suffisantes: la République du Congo, le Gabon et le Tchad, dans le groupe des pays exportateurs de pétrole; le Cameroun, le Swaziland et la Zambie, dans le groupe des PRI; les Comores, la République démocratique du Congo, l’Érythrée, la Gambie, la Guinée, la Guinée Bissau, le Libéria, São Tomé-et-Príncipe, le Soudan du Sud et le Zimbabwe, dans le groupe des PFR.

La récente volatilité des marchés financiers mondiaux a eu des répercussions dans plusieurs pays de la région, bien que la plupart des pays à faible revenu n’aient guère été touchés en raison des liens limités qu’ils ont avec ces marchés. En ce qui concerne les marchés pionniers, la monnaie nigériane s’est affaiblie par rapport au dollar des États-Unis au plus fort de la phase de volatilité, bien que les conditions financières se soient depuis lors stabilisées. En Afrique du Sud, la monnaie a affiché une forte baisse, les écarts de rendement sur les obligations se sont accrus, et les cours des actions ont chuté sous les effets conjugués de facteurs extérieurs et des vulnérabilités économiques intérieures. Les entrées de capitaux ayant toutefois repris en juillet et en août, les cours des valeurs sud-africaines semblaient s’être stabilisés au début de septembre.

Selon les projections, la croissance devrait passer d’environ 5 % en 2012 et en 2013 à 6 % en 2014. Cette évolution représente une révision à la baisse de plus de ½ point de pourcentage pour 2013 par rapport aux PEM d’avril 2013 pour l’ensemble de la région et de près de ½ point de pourcentage pour 2014 pour les pays à revenu intermédiaire (tableau 2.7):

Tableau 2.7.Afrique subsaharienne (échantillon): PIB réel, prix à la consommation, solde extérieur courant et chômage(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde extérieur courant2Chômage3
ProjectionsProjectionsProjectionsProjections
201220132014201220132014201220132014201220132014
Afrique subsaharienne4,95,06,09,06,96,3−3,0−4,0−4,0
Pays exportateurs de pétrole46,35,87,010,88,77,66,93,73,2
Nigéria6,66,27,412,29,98,27,63,23,6
Angola5,25,66,310,39,28,59,27,14,6
Guinée équatoriale5,3−1,5−1,93,45,05,4−12,6−15,1−16,9
Gabon5,66,66,82,7−1,52,513,29,76,3
République du Congo3,85,84,85,05,32,8−1,37,55,1
Pays à revenu intermédiaire53,83,33,95,55,95,5−6,2−6,3−6,1
Afrique du Sud2,52,02,95,75,95,5−6,3−6,1−6,125,126,026,2
Ghana7,97,96,19,211,09,8−12,2−12,9−10,7
Cameroun4,64,64,92,42,52,5−3,7−4,1−3,7
Côte d’Ivoire9,88,08,01,32,92,5−1,3−2,9−2,5
Botswana4,23,94,17,56,85,8−4,9−1,8−1,2
Sénégal3,54,04,61,41,21,6−10,3−9,5−8,5
Pays à faible revenu64,96,58,112,76,35,8−13,0−12,2−12,1
Éthiopie8,57,07,524,17,28,2−6,6−6,4−6,1
Kenya4,65,96,29,45,45,0−9,3−7,8−7,3
Tanzanie6,97,07,216,08,55,8−15,3−14,9−14,1
Ouganda2,85,66,514,05,04,9−10,5−12,0−13,9
République démocratique du Congo7,26,210,52,14,46,0−9,6−12,9−17,0
Mozambique7,47,08,52,15,55,6−36,5−40,1−41,7
Pour mémoire
Afrique subsaharienne hors Soudan du Sud5,14,85,78,96,96,3−2,8−3,9−4,2
Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Ce groupe comprend en outre le Tchad.

Ce groupe comprend en outre les pays suivants: Cap-Vert, Lesotho, Maurice, Namibie, Seychelles, Swaziland et Zambie.

Ce groupe comprend en outre les pays suivants: Bénin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Érythrée, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Niger, République centrafricaine, Rwanda, São Tomé-et-Príncipe, Sierra Leone, Soudan du Sud, Togo et Zimbabwe.

Note: Les données indiquées pour certains pays sont calculées sur la base des exercices budgétaires. Veuillez vous reporter au tableau F de l’appendice statistique pour une liste complète des périodes de référence pour chaque pays.

Les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles. Les variations de décembre à décembre sont indiquées dans le tableau A7 de l’appendice statistique.

En pourcentage du PIB.

En pourcentage. Les définitions nationales du chômage peuvent varier.

Ce groupe comprend en outre le Tchad.

Ce groupe comprend en outre les pays suivants: Cap-Vert, Lesotho, Maurice, Namibie, Seychelles, Swaziland et Zambie.

Ce groupe comprend en outre les pays suivants: Bénin, Burkina Faso, Burundi, Comores, Érythrée, Gambie, Guinée, Guinée Bissau, Libéria, Madagascar, Malawi, Mali, Niger, République centrafricaine, Rwanda, São Tomé-et-Príncipe, Sierra Leone, Soudan du Sud, Togo et Zimbabwe.

  • En Angola, les révisions sont dues aux retards dans l’exécution du budget. Au Nigéria, elles s’expliquent principalement par une réduction de la production de pétrole.
  • En Afrique du Sud, les projections indiquent que la croissance devrait progressivement s’accélérer à partir de 2014 sous l’effet de la reprise de la croissance mondiale et de l’atténuation des goulots d’étranglement dans l’infrastructure. Le resserrement de la situation dans le domaine du financement, la confiance encore fragile des investisseurs et des consommateurs, la persistance des tensions entre les partenaires sociaux, les incertitudes politiques et l’ampleur de la dette des ménages pèseront néanmoins sur les résultats économiques.
  • Dans le reste de la région, les projections font état d’une croissance relativement soutenue, tirée par les investissements dans des projets concernant les infrastructures, l’énergie et les ressources naturelles, ainsi que par l’augmentation de la production de projets qui sont devenus opérationnels (Ghana, Mozambique, Niger, Sierra Leone). Toutefois, le récent fléchissement des prix mondiaux des produits de base pourrait retarder probablement la réalisation d’investissements dans les industries extractives de quelques pays (Guinée). Les perspectives de croissance à moyen terme de certains exportateurs de ressources seront également touchées par la baisse de la trajectoire de croissance de l’économie chinoise4.

L’inflation devrait encore se ralentir en 2013 dans la majeure partie de la région, grâce à un certain tassement des prix alimentaires mondiaux et à la poursuite de politiques monétaires prudentes. Les projections indiquent toutefois que les soldes des comptes courants devraient continuer de diminuer en raison, notamment, du fléchissement des prix mondiaux des produits de base (Burkina Faso et Nigéria, par exemple) et de la poursuite des investissements dans l’infrastructure et les ressources naturelles financés par les IDE (Mozambique, Sierra Leone).

Les principales menaces, pour l’avenir, sont la possibilité d’une phase de repli économique mondial ou d’un ralentissement de la croissance en Chine ou dans d’autres grands marchés émergents qui compromettrait les exportations en réduisant les prix des produits de base ou en provoquant une diminution des flux d’aide et d’IDE. Une contraction brusque et de longue durée des prix du pétrole et des produits de base aurait un impact sur les exportateurs de ces produits qui n’ont pas encore constitué de marge de manœuvre budgétaire suffisante (Angola, Nigéria), et elle pourrait avoir un impact sur les projets de mise en valeur des ressources à l’étude ou en cours (Ghana, Guinée, Libéria). L’Afrique du Sud est également vulnérable à de nouveaux ralentissements ou à de brusques arrêts des entrées de capitaux pouvant résulter d’une révision du risque à l’échelle mondiale, ou à des chocs intérieurs, en particulier l’escalade des tensions entre les partenaires sociaux. Certains pays pionniers, comme le Ghana et le Nigéria, sont également vulnérables à de tels ralentissements des entrées de flux financiers privés. Les risques intérieurs associés à la poursuite de troubles sociaux et politiques (par exemple dans les pays du Sahel et en République centrafricaine) et la persistance des problèmes sécuritaires dans le Nord du Nigéria pourraient également avoir des retombées négatives sur les pays voisins. Étant donné l’importance de l’agriculture de subsistance, des pluies insuffisantes créent également un risque d’insécurité alimentaire et de hausse des prix dans différentes parties de la région. L’insuffisance des capacités de génération d’électricité pourrait être un autre facteur de ralentissement de la croissance dans un grand nombre de pays.

Les politiques macroéconomiques devraient, de manière générale, continuer de viser à reconstituer les marges de manœuvre lorsque celles-ci sont épuisées et à juguler l’inflation. La mobilisation de recettes est donc, de manière plus générale, un important objectif pour les pays à faible revenu, où elle peut contribuer à faire face aux besoins sociaux et d’investissement. À cet égard, il sera également essentiel d’établir l’ordre de priorité des dépenses de capital et des dépenses sociales tout en continuant d’améliorer la sélection des projets et de renforcer les capacités d’exécution. Bien que l’annulation de la dette dans le cadre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés et de l’initiative d’allégement de la dette multilatérale ait amélioré la viabilité globale de la dette, il importe de continuer de faire preuve de prudence pour maîtriser les niveaux d’endettement, en particulier dans les pays dans lesquels ils ont récemment augmenté (au Cap-Vert et au Sénégal, par exemple). Les pays où l’inflation reste relativement rapide devraient également procéder à un resserrement de leur politique monétaire (Angola, Tanzanie). Certains pays exportateurs de pétrole (Angola) devraient prendre des mesures pour améliorer la transparence et le contrôle public de la gestion des recettes pétrolières. L’Afrique du Sud doit faire des progrès décisifs dans la mise en œuvre des réformes structurelles pour renforcer l’éducation ainsi que l’efficacité des services assurés par l’État, réduire les goulots d’étranglement au niveau des infrastructures, intensifier la concurrence sur le marché des produits et accroître la souplesse sur le marché du travail.

À moyen terme, tous les pays de la région devront intensifier leurs efforts pour promouvoir une croissance durable et solidaire en investissant dans leur capital physique et dans leur capital humain, en approfondissant leurs circuits financiers, en encourageant leur secteur agricole, en améliorant le climat des affaires et en favorisant la diversification de l’économie. Dans de nombreux pays, il serait possible d’accroître le financement des dépenses prioritaires en élargissant la base d’imposition ou en réduisant les subventions énergétiques (par exemple au Cameroun et au Nigéria).

Bibliographie

    Fratzscher, Marcel,2012, “Capital Flows, Push versus Pull Factors and the Global Financial Crisis,” Journal of International Economics, Vol. 88, No. 2, p. 341–56.

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1

Les multiplicateurs budgétaires implicites sont basés sur l’annexe 1 de l’édition d’avril 2012 du Moniteur des finances publiques.

2

Notez que, conformément aux normes internationales, la croissance pour l’Inde est présentée au tableau 2.3 pour le PIB aux prix du marché. En termes de PIB au coût des facteurs, la croissance devrait être de 5 % en 2012, de 4¼ % en 2013 et d’environ 5 % en 2014.

3

Voir le chapitre 3 du rapport de mai 2013 intitulé Western Hemisphere Regional Economic Outlook.

4

Voir également le Dossier spécial sur les produits de base du chapitre 1.

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