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Annexe: Examen des Perspectives Par Le Conseil D’administration Du FMI, Septembre 2013

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
December 2013
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Observations du Président par intérim du Conseil d’administration à l’issue de la séance consacrée à l’examen des Perspectives de l’économie mondiale, du Rapport sur la stabilité financière dans le monde et du Moniteur des finances publiques le 23 septembre 2013.

Les administrateurs souscrivent dans l’ensemble à l’évaluation que les services du FMI ont effectuée de la situation de l’économie mondiale, des marchés financiers et des risques, ainsi qu’à leurs principales recommandations. Ils notent en particulier que la croissance mondiale reste modérée et que l’incertitude et les risques de dégradation dominent les perspectives. La reprise aux États-Unis et au Japon a pris de la vitesse et la zone euro sort de la récession, alors que la croissance dans de nombreux pays émergents ralentit. Les administrateurs soulignent que les dirigeants de tous les pays se partagent la responsabilité de maintenir une croissance équilibrée tout en continuant à consolider la résilience de leur pays.

Les administrateurs soulignent que l’évolution de la dynamique de croissance, conjuguée à l’anticipation du début de la normalisation de la politique monétaire américaine, pose de nouveaux problèmes, en particulier dans les pays émergents. Bon nombre de ces pays ont enregistré récemment une hausse des sorties de capitaux, une dépréciation de leur monnaie, un recul des cours des actions et une hausse des primes de risque souverain. En outre, leur conditions de financement extérieur se sont généralement durcies et leur espace budgétaire s’est rétréci, tandis que les risques d’un surajustement des taux d’intérêt et de change ont augmenté. À cet égard, les administrateurs notent que, selon les orientations stratégiques de la Réserve fédérale américaine, la normalisation de la politique monétaire américaine aura lieu dans un contexte caractérisé par une croissance et un emploi plus solides aux États-Unis, ce qui devrait être bénéfique pour la croissance mondiale.

Les administrateurs notent que la croissance mondiale devrait s’affermir modérément à court terme. Dans les pays avancés, l’activité s’accélère, car l’assainissement budgétaire se relâche et les conditions monétaires restent accommodantes. Dans la zone euro, l’action des pouvoirs publics a réduit les risques extrêmes et a stabilisé les marchés financiers, mais la croissance demeure fragile, étant donné la persistance d’un chômage élevé, la fragmentation financière et la faiblesse du crédit. La croissance des pays émergents, qui continue de représenter la majeure partie de la croissance mondiale, reste portée par une consommation vigoureuse et, dans une perspective historique, des politiques budgétaires, monétaires et financières qui restent accommodantes. Cependant, les goulets d’étranglement qui subsistent du côté de l’offre dans les infrastructures, les marchés du travail et les systèmes réglementaires et financiers pourraient avoir abaissé la production potentielle dans bon nombre de ces pays. Dans les pays à faible revenu, la croissance reste vigoureuse, grâce à des cadres d’action renforcés, bien que l’évolution défavorable des cours des produits de base et du financement extérieur affaiblisse peut-être leur position budgétaire.

Les administrateurs craignent que de multiples facteurs de vulnérabilité aient accru le risque d’une période prolongée de croissance mondiale plus faible. Ils notent que des risques importants restent toujours présents dans les pays avancés. Il s’agit des réformes inachevées du secteur financier dans la zone euro, de la transmission compromise de la politique monétaire et du surendettement des entreprises dans certains de ces pays, ainsi que des niveaux élevés de la dette publique et des risques budgétaires et financiers connexes dans bien d’autres pays avancés, dont le Japon et les États-Unis.

Les administrateurs notent que les risques de révision à la baisse de la croissance des pays émergents sont devenus plus importants, à cause des risques d’une nouvelle réévaluation des actifs en prévision de la normalisation de la politique monétaire américaine, ainsi que d’une augmentation des facteurs de vulnérabilité interne dans certains pays. La vulnérabilité des finances publiques augmente, car les marges d’action sont utilisées, la production potentielle diminue et les engagements conditionnels publics s’accumulent. Néanmoins, les administrateurs notent que, en général, ces pays sont mieux placés aujourd’hui que par le passé pour faire face aux turbulences qui s’annoncent: leurs paramètres économiques fondamentaux et leur cadre d’action sont plus solides, leur taux de change est plus souple et leur volant de réserves de change est plus élevé.

Les administrateurs soulignent qu’il est nécessaire de prendre des mesures crédibles pour prévenir les risques de dégradation et s’attaquer résolument aux problèmes qui existent de longue date. Dans la zone euro, il reste priori-taire, en s’appuyant sur les progrès récents, de réparer les bilans des banques, d’évaluer en détail le surendettement des entreprises dans certains pays et de prendre des mesures pour le réduire, et de mettre en place une véritable union bancaire, assortie d’une garantie commune efficace. Les administrateurs soulignent que, si la trajectoire de l’ajustement budgétaire est aujourd’hui appropriée pour l’ensemble de la zone euro, le rythme et la composition de l’assainissement dans chaque pays devra tenir compte de facteurs cycliques, du niveau d’endettement et des conditions de financement. Au Japon et aux États-Unis, les administrateurs soulignent qu’il importe de bien cadencer l’ajustement budgétaire et de placer la dette publique sur une trajectoire viable, axée sur un plan à moyen terme qui prévoit des réformes durables de la fiscalité et des droits à prestations. Aux États-Unis, il est prioritaire aussi de relever promptement le plafond de la dette. De manière plus générale, les administrateurs conviennent qu’il est possible d’opérer des réformes fiscales plus larges de manière à améliorer l’efficience et l’équité, ainsi que de renforcer la coopération en matière de fiscalité internationale. Dans la plupart des pays avancés, il reste crucial de continuer de mettre l’accent sur les réformes structurelles à moyen terme pour réduire les rigidités sur les marchés du travail et de produits, rehausser la compétitivité et accroître la production potentielle.

Les administrateurs conviennent que la politique monétaire doit rester accommodante dans les principaux pays avancés. Aux États-Unis, il est important que la politique monétaire réagisse progressivement à l’évolution des perspectives de croissance, d’inflation et de stabilité financière, et que l’orientation de la politique et la stratégie fassent l’objet d’une communication claire et en temps voulu. Les administrateurs soulignent aussi qu’il est nécessaire de s’attaquer aux faiblesses structurelles de la liquidité et aux facteurs de vulnérabilité dans le système bancaire parallèle, ce qui réduirait la volatilité sur les marchés financiers pendant la période de hausse des taux d’intérêt.

Les administrateurs notent que les priorités et les possibilités d’action diffèrent parmi les pays émergents, selon l’ampleur des capacités inemployées, la nature des facteurs de vulnérabilité et les marges de manœuvre disponibles. Ils font état du rôle du taux de change dans l’absorption des chocs et de la nécessité d’éviter une volatilité excessive, tandis que des mesures macroprudentielles devraient être utilisées pour atténuer les risques d’instabilité financière. Un petit nombre d’administrateurs est d’avis qu’il pour-rait être utile d’explorer les possibilités d’action au-delà des instruments traditionnels, en s’appuyant sur des cadres de politique monétaire crédibles. Les administrateurs soulignent l’importance de la réglementation et de la surveillance prudentielles pour limiter toute nouvelle augmentation de l’inadéquation des taux de change et des risques résultant des activités des banques parallèles dans les principaux pays émergents.

Les administrateurs notent que, dans les pays émergents où l’inflation est faible et où les anticipations sont bien ancrées, la politique monétaire doit être utilisée comme première ligne de défense si les risques de détérioration se matérialisent. Ils soulignent qu’il est nécessaire de reconstituer les marges de manœuvre budgétaire, à moins que la croissance ne ralentisse sensiblement. Dans les pays très endettés, l’assainissement des finances publiques reste une priorité absolue: il convient de profiter d’une situation conjoncturelle encore favorable. Il est essentiel aussi d’opérer de nouvelles réformes structurelles pour rehausser la croissance potentielle, notamment en améliorant l’infrastructure, la productivité et le climat d’investissement. Les pays à faible revenu doivent accroître leurs recettes, en particulier celles tirées des ressources naturelles, pour reconstituer leur marge de manœuvre budgétaire et accroître leurs dépenses publiques prioritaires.

Les administrateurs conviennent qu’une nouvelle réduction des déséquilibres mondiaux contribuerait à maintenir une croissance mondiale plus durable et stable. Ils notent que les dépréciations monétaires récentes ont facilité un certain rééquilibrage dans de nombreux pays émergents en situation de déficit. Cependant, il convient de redoubler d’efforts pour accroître l’épargne nationale, ainsi que la productivité et la compétitivité dans beau-coup de pays, parmi lesquels l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Inde et la Russie. En ce qui concerne les États-Unis, une réduction progressive du déficit budgétaire grâce à un plan global d’assainissement à moyen terme contribuerait au rééquilibrage mondial. Dans les pays en excédent, il est prioritaire de promouvoir une croissance davantage tirée par la consommation en Chine, ainsi que d’opérer des réformes structurelles et d’assainir les finances publiques à moyen terme au Japon. Les administrateurs sont d’avis que, pour poursuivre le rééquilibrage extérieur au sein de la zone euro, des réformes structurelles plus approfondies sont nécessaires, notamment afin d’augmenter l’investissement en Allemagne.

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