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Annexe: examen des perspectives par le conseil d’administration du FMI, avril 2013

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
August 2013
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Observations du Président du Conseil d’administration à l’issue de la séance consacrée à l’examen des Perspectives de l’économie mondiale, du Rapport sur la stabilité financière dans le monde et du Moniteur des finances publiques le 1er avril 2013

Les administrateurs notent avec satisfaction les indices récents d’une amélioration des perspectives économiques et de la situation financière à l’échelle mondiale. Ils notent qu’une action résolue des pouvoirs publics a permis d’éviter les risques d’un éclatement de la zone euro et d’une forte contraction budgétaire aux États-Unis. Par ailleurs, la stabilité financière s’est consolidée de manière générale, avec une baisse des risques de marché et de liquidité. Dans les pays émergents et les pays en développement, l’activité s’est accélérée et devrait continuer sur cette lancée cette année, tandis que les pays à faible revenu ont enregistré une croissance plus vigoureuse, accompagnée de stabilité macroéconomique.

Cependant, les administrateurs soulignent qu’il ne faut pas relâcher l’effort. Ils constatent que les perspectives à court terme des principaux pays avancés restent assombries par des risques qui subsistent. Dans la zone euro, les principaux risques sont la fragmentation financière persistante, la fragilité des bilans et la lassitude face à l’ajustement, ainsi que de nouvelles tensions financières dans la périphérie. En outre, l’incertitude entourant la politique budgétaire américaine, ainsi que le ratio élevé et croissant de la dette au Japon, demeurent des dangers. Face à ces risques considérables, il faudra prendre des mesures résolues supplémentaires pour renforcer la confiance.

Les administrateurs notent qu’il subsiste des risques à moyen terme. Il s’agit de la dette élevée du secteur privé et de la marge de manœuvre limitée dans la zone euro, de l’absence d’un solide plan d’assainissement budgétaire aux États-Unis et au Japon, des complications résultant d’une politique monétaire souple et non conventionnelle dans beaucoup de pays avancés, ainsi que du surinvestissement et des prix élevés des actifs dans plusieurs pays émergents et pays en développement.

Dans ces conditions, les administrateurs soulignent que la politique économique doit rester accommodante. Ils s’accordent dans l’ensemble à dire que, dans les pays avancés, les dirigeants doivent utiliser avec prudence toutes les mesures à leur disposition pour stimuler la demande de la croissance, en les complétant par des mesures structurelles visant à accroître l’emploi et la compétitivité. Dans les pays émergents et les pays en développement, il s’agit principalement d’accroître la marge de manœuvre et d’éviter les excès financiers.

Les administrateurs notent avec satisfaction les nombreuses mesures importantes que les autorités de la zone euro ont prises pour rétablir la confiance des marchés et soulignent qu’il est nécessaire d’appliquer les mesures déjà annoncées dans leur intégralité. Les administrateurs soulignent qu’il est essentiel d’agir rapidement pour renforcer et approfondir l’union économique et monétaire, notamment en établissant une union bancaire, pour assurer la stabilité financière. Les administrateurs notent aussi que les perspectives de croissance dans la zone euro profiteraient d’un rééquilibrage interne au sein de l’union, y compris de réformes des marchés du travail et de produits.

Les administrateurs conviennent que, pour la plupart des pays avancés, l’assainissement budgétaire devrait être graduel, mais soutenu, avec des objectifs crédibles à moyen terme, et s’inscrire dans une stratégie de croissance adaptée à chaque pays. Ils soulignent qu’il est urgent de formuler des plans clairs et crédibles au Japon et aux États-Unis pour réduire les ratios d’endettement à moyen terme. Les administrateurs sont d’avis qu’il est important que les politiques budgétaires ne soient pas procycliques. À cet égard, ils s’accordent dans l’ensemble à cibler des soldes structurels et, si le financement le permet, à laisser jouer pleinement les stabilisateurs budgétaires automatiques, bien qu’un petit nombre d’administrateurs signale qu’il est difficile dans la pratique d’estimer les soldes structurels. La plupart des administrateurs notent que les pays où la demande privée est chroniquement décevante et qui disposent d’une marge de manœuvre devraient envisager de lisser le rythme de l’assainissement. Les administrateurs appellent à accélérer les réformes des droits à prestations dans de nombreux pays avancés afin de s’attaquer aux pressions liées aux dépenses de retraite et de santé.

Les administrateurs s’accordent dans l’ensemble à dire que la politique monétaire dans les pays avancés doit rester accommodante afin de soutenir l’activité tandis que la politique budgétaire se durcit, à condition que les anticipations inflationnistes à long terme restent bien ancrées. Dans ce contexte, il est important que les banques centrales préservent leur indépendance opérationnelle et communiquent la politique monétaire de manière claire et transparente. En outre, il est crucial de continuer de réparer le secteur financier, d’autant que la transmission du crédit est aujourd’hui compromise. Les administrateurs prennent note des risques pour la stabilité financière qui peuvent découler de l’application prolongée d’une politique monétaire souple et non conventionnelle, notamment une prise de risque excessive et une mauvaise affectation des ressources. Ils encouragent donc les autorités à prendre les mesures appropriées pour atténuer ces risques et tenir dûment compte des effets d’entraînement sur les pays émergents. En outre, les administrateurs encouragent les banques centrales à se préparer bien à l’avance de manière à pouvoir abandonner ces mesures extraordinaires sans difficultés et en temps opportun.

Les administrateurs notent que la réglementation financière a été améliorée considérablement au niveau national et mondial, mais qu’il reste beaucoup à faire. Dans l’immédiat, la priorité est d’achever le programme de réforme de la réglementation, en particulier pour ce qui est des banques trop grandes pour faire faillite, des établissements financiers non bancaires et de la banque parallèle. Afin d’assurer la stabilité financière à l’avenir, il est nécessaire d’appliquer promptement et systématiquement le programme de réforme, y compris les exigences de Bâle III—bien que ce soit difficile dans la conjoncture actuelle.

Les administrateurs soulignent que, pour les pays émergents et les pays en développement, les principaux enjeux macroéconomiques sont la gestion des risques financiers et l’accroissement des marges de manœuvre. Ils conviennent qu’un certain durcissement de la politique économique serait justifié dans beaucoup de ces pays à moyen terme, en commençant par la politique monétaire. Dans les pays où la stabilité financière est en danger, un ajustement de la politique macroéconomique pourrait être appuyé par des mesures prudentielles, et, dans certaines circonstances, des mesures de gestion des flux de capitaux pourraient aussi être utiles. En particulier, les dirigeants doivent rester vigilants face aux risques découlant d’une croissance rapide et soutenue du crédit, des prix élevés des actifs, de l’augmentation de l’endettement des entreprises et de la hausse de la dette libellée en monnaies étrangères. En outre, les administrateurs jugent prudent de ramener les soldes budgétaires, dès que la situation le permet, à des niveaux qui offrent une large marge de manœuvre pour faire face à des chocs éventuels. Par ailleurs, un renforcement des institutions budgétaires améliorerait les perspectives de viabilité des finances publiques. Dans de nombreux pays, en particulier des pays à faible revenu, il faut aussi continuer d’améliorer le ciblage des subventions, de diversifier l’économie et de renforcer la politique sociale.

Les administrateurs préviennent que la reprise cahoteuse et le dosage de la politique macroéconomique dans les pays avancés pourraient compliquer l’élaboration de la politique économique ailleurs. Ils sont d’avis que l’application dans tous les pays d’une politique économique qui favorise l’équilibre interne et extérieur contribuerait à dissiper les craintes relatives à des dévaluations compétitives. En outre, des efforts concertés restent nécessaires pour réduire davantage les déséquilibres mondiaux, notamment et le cas échéant, un accroissement de la demande intérieure et un assouplissement du taux de change dans les pays en excédent, et une augmentation de l’épargne publique et des réformes structurelles visant à rehausser la compétitivité dans les pays en déficit.

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