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Annexe: Examen des Perspectives par le CONSEIL D’administration du FMI, Août 2011

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
October 2011
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Observations du Président par intérim du Conseil d’administration à l’issue de la séance consacrée aux Perspectives de l’économie mondiale, le 31 août 2011

Les administrateurs notent que l’activité économique mondiale s’est affaiblie et est devenue plus inégale, que la volatilité financière s’est accentuée et que les risques de dégradation ont augmenté fortement. Ces développements sont dans une large mesure symptomatiques des progrès limités accomplis par les principaux pays avancés dans l’élimination des déséquilibres souverains et financiers qui permettrait de faciliter un redéploiement de la demande du public vers le privé. Par ailleurs, le redéploiement de la demande de l’extérieur vers l’intérieur dans les principaux pays émergents est encore loin d’être acquis. En outre, la reprise mondiale a été freinée par des chocs imprévus, notamment les perturbations de l’offre résultant du tremblement de terre et du tsunami au Japon, l’envolée des cours du pétrole et les troubles politiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Si les effets de ces chocs s’atténueront progressivement, les faiblesses fondamentales réelles et financières subsisteront si des mesures décisives et de plus en plus urgentes ne sont pas prises.

Les administrateurs notent que, dans la plupart des pays avancés souffrant de séquelles de la crise, par exemple des ménages et des secteurs financiers surendettés et des bilans publics trop sollicités, la croissance du PIB réel et l’emploi sont anémiques, et la compression budgétaire en cours continuera de peser sur la demande. Dans les autres pays, l’activité est plus vigoureuse. Dans les pays émergents et les pays en développement, la croissance reste élevée, mais ralentira probablement par rapport à l’an dernier étant donné la torpeur de l’activité dans les principaux pays avancés et l’aggravation des tensions financières. Les risques de surchauffe se sont accumulés jusqu’il y a peu, sur fond de la forte croissance du crédit et des prix des actifs, du creusement des déséquilibres courants et de la résilience des flux de capitaux. Par ailleurs, de nombreux pays en développement et de pays à faible revenu restent vulnérables aux prix élevés et volatils des produits alimentaires et des carburants.

Les administrateurs soulignent que la priorité absolue pour les principaux pays avancés est de s’attaquer aux fragilités souveraines et bancaires, qui constituent des risques de dégradation considérables des perspectives de l’économie mondiale. Dans la zone euro, il est impératif de réparer et de réformer les marchés et les institutions financières, d’injecter de nouveaux capitaux dans les banques si nécessaire et de mettre en œuvre les engagements pris au sommet de l’UE en juillet 2011. À moyen terme, le renforcement de la gouvernance dans la zone euro et la poursuite de l’intégration de l’union économique restent des priorités importantes. Aux États-Unis et au Japon, il est urgent de dégager une volonté politique d’opérer un rééquilibrage budgétaire crédible et bien cadencé, et, aux États-Unis, il est crucial aussi de prendre de nouvelles mesures pour relancer le marché immobilier. En général, les politiques budgétaires doivent trouver le juste milieu entre le rétablissement de la viabilité de la dette publique à moyen terme et l’atténuation des effets négatifs à court terme sur la croissance, tout en prenant soin de maintenir la crédibilité des politiques budgétaires. La riposte des pouvoirs publics variera d’un pays à l’autre, mais passera probablement par des réformes des droits à prestations et de la fiscalité, ainsi que par une accélération des réformes structurelles visant à accroître l’emploi, la compétitivité et la production potentielle. Des plans budgétaires qui assurent la viabilité des finances publiques à moyen terme de manière crédible pourraient offrir la marge de manœuvre nécessaire pour soutenir la reprise à court terme, en réduisant le recours à la politique monétaire et ses répercussions.

Les administrateurs sont d’avis dans l’ensemble que, étant donné la reprise molle dans les principaux pays avancés et les risques de dégradation croissants, la politique monétaire devrait continuer d’être très accommodante dans un avenir prévisible. Un certain nombre d’administrateurs sont d’avis qu’il existe une marge limitée de soutien monétaire supplémentaire, notamment à l’aide de mesures non conventionnelles, notant les risques de fausser les incitations et l’affectation des ressources. Les administrateurs soulignent qu’il est nécessaire de continuer de renforcer le contrôle du secteur financier et les politiques macroprudentielles pour limiter les risques d’endettement excessif résultant d’une période prolongée de taux d’intérêt faibles.

Les administrateurs soulignent que les pays émergents et les pays en développement devraient continuer de renforcer leur position budgétaire pour faire face aux risques budgétaires et reconstituer une marge de manœuvre, écarter un recours excessif aux entrées de capitaux et alléger la charge pesant sur la politique monétaire. Par ailleurs, le rééquilibrage budgétaire devrait préserver les dépenses dans les infrastructures et les dépenses sociales, ce qui permettrait de soutenir les perspectives de croissance à moyen terme et de protéger les pauvres. Les pays ayant de solides bilans publics peuvent remettre l’ajustement à plus tard si les risques de dégradation extérieurs menacent de se matérialiser.

Les administrateurs notent que les besoins de politique monétaire diffèrent parmi les pays émergents et les pays en développement. La phase de durcissement devrait se poursuivre dans les pays où les signes de risques de surchauffe augmentent. Dans les autres pays, étant donné l’incertitude exceptionnelle qui entoure la conjoncture mondiale, les dirigeants pourraient envisager de ralentir avec prudence le rythme du durcissement monétaire tout en étant attentifs aux risques pesant sur la stabilité financière, notamment les risques liés à un renversement potentiel des flux de capitaux.

Les administrateurs soulignent qu’il importe de rester vigilant face aux risques financiers compte tenu des flux de capitaux antérieurs ou persistants et de la forte croissance du crédit dans certains pays émergents. Il faut continuer de renforcer la réglementation du secteur financier, notamment en élargissant le périmètre de contrôle pour y inclure l’intermédiation non bancaire et en utilisant des mesures macroprudentielles pour limiter la prise de risque. Dans les pays où les excédents courants restent élevés, un assouplissement du taux de change, complété par des réformes structurelles, est essentiel pour atténuer les tensions inflationnistes, favoriser une expansion équilibrée et faciliter le rééquilibrage mondial à moyen terme.

Les administrateurs soulignent que la montée de l’incertitude à l’échelle mondiale, même trois ans après le déclenchement de la crise mondiale, nous rappelle que les problèmes fondamentaux qui ont provoqué la crise restent dans une large mesure sans solution, tandis que de nouveaux risques se sont accumulés. La marge de manœuvre face à ces nouveaux risques s’est encore rétrécie. Il est nécessaire de raviver l’esprit de coopération internationale pour faire avancer le rééquilibrage de la demande intérieure et mondiale de manière plus décisive, ainsi que pour résister au protectionnisme. Faute de quoi, une croissance vigoureuse de l’économie mondiale et la stabilité financière resteront hors d’atteinte dans les années qui viennent.

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