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Annexe : Examen des perspectives par le Conseil d’administration, septembre 2009

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
November 2009
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Observations du Président par intérim du Conseil d’administration à l’issue de la séance consacrée aux Perspectives de l’économie mondiale, le 16 septembre 2009.

Les administrateurs saluent les signes témoignant de la reprise de l’activité économique mondiale et de la nette amélioration de la situation financières. Par des interventions décisives et de large portée, les pouvoirs publics des pays avancés ont atténué les craintes d’un effondrement généralisé du système financier et d’une récession mondiale; dans de nombreux autres pays, la demande intérieure a été dopée par des politiques macroéconomiques appropriées. Les administrateurs notent que la reprise était tirée par les pays émergents et en développement, et plus particulièrement par ceux d’Asie, qui s’appuient sur des politiques d’accompagnement et les récentes hausses des prix des produits de base.

Les administrateurs s’attendent néanmoins à une reprise mondiale en demi-teinte, l’activité restant très en deçà des niveaux d’avant la crise. Les risques de révision à la baisse de la croissance, quoique en recul, demeurent un motif de préoccupation. Premièrement, l’un des principaux facteurs limitant l’activité est l’offre de crédit, qui devrait être restreinte pendant un certain temps en raison de la réduction du levier d’endettement des banques. Deuxièmement, les moteurs actuels du rebond vont progressivement disparaître, car la relance budgétaire n’est plus aussi vigoureuse et l’élan de reconstitution des stocks s’essouffle peu à peu. Troisièmement, la consommation et l’investissement sont freinés par la nécessité d’assainir les bilans, mais aussi par la progression du chômage, l’excédent élevé des capacités et les contraintes de financement. Tous ces facteurs incitent à faire preuve de prudence concernant l’évolution de la reprise.

Les administrateurs soulignent que les principales tâches à accomplir demeurent la remise en état du secteur financier et la poursuite des politiques macroéconomiques de soutien, en attendant que la reprise soit solidement installée. Ils sont d’accord sur le fait que, bien qu’il soit encore trop tôt pour mettre un terme aux interventions publiques exceptionnelles et aux mesures de stimulation budgétaires et monétaires, les décideurs doivent commencer à se préparer à en sortir. Il s’agit de déterminer à quel moment les pouvoirs publics devront cesser leur soutien, en fonction des spécificités de leur pays et en exposant des stratégies de retrait claires et coordonnées. Un abandon prématuré pourrait compromettre les progrès accomplis dans la stabilisation financière et le redressement économique, mais maintenir les mesures trop longtemps risquerait de mettre à mal les bilans publics, d’amplifier les risques inflationnistes et de fausser les incitations. Les administrateurs ont souligné l’importance d’une coordination internationale et le rôle consultatif du FMI dans l’élaboration et la planification des stratégies de sortie, et reconnu que la courbe de la reprise varierait selon les pays.

Les administrateurs estiment que, pour les autorités monétaires, il s’agit essentiellement de déterminer à quel moment et de quelle manière mettre un terme aux mesures de soutien, en tenant compte de l’impact qu’aurait le retrait des politiques de relance budgétaire. Dans la plupart des pays avancés, les banques centrales peuvent se permettre de prolonger la politique de soutien tant que les écarts de production ne se seront pas resserrés. Alors que l’essentiel de l’augmentation des liquidités des banques centrales s’évaporera naturellement dès que la situation financière se normalisera, le déstockage des actifs peu liquides figurant au bilan de certaines banques centrales pourrait prendre beaucoup plus de temps. Les administrateurs notent que les banques centrales disposent des outils nécessaires pour absorber les réserves afin d’éponger les liquidités excédentaires. Ils sont d’avis que les politiques d’accompagnement monétaire pourront sans doute être abandonnées plus vite dans les pays émergents que dans les pays avancés, même si la situation varie d’un pays émergent à l’autre. Dans certains pays, il sera peut-être nécessaire d’assouplir les taux de change pour se prémunir contre les risques de nouvelles bulles des prix des actifs.

Les administrateurs considèrent que, à plus long terme, les autorités monétaires devraient surveiller périodiquement les variations des cours des actifs, en même temps que d’autres paramètres économiques, pour compléter les modifications des taux directeurs par l’utilisation d’instruments macroprudentiels quand les circonstances s’y prêteraient. Cela dit, ils admettent qu’il existe encore de nombreuses questions pratiques non résolues concernant les liens macrofinanciers et qu’il est donc encore trop tôt pour tirer des conclusions opérationnelles fiables à l’intention des autorités monétaires.

Malgré des déficits déjà substantiels et une dette publique croissante dans de nombreux pays, les administrateurs sont généralement d’avis qu’il convient de maintenir la relance budgétaire jusqu’à ce que la reprise s’affermisse, voire de l’amplifier ou de la prolonger au-delà de la date prévue si les risques de révision à la baisse des perspectives de croissance se concrétisaient, et ce, même si quelques-uns estiment que la marge de manœuvre budgétaire des grands pays avancés est très limitée. Ils s’accordent sur le fait que les gouvernements auraient moins de mal à remettre leurs finances publiques sur une trajectoire plus tenable s’ils s’engageaient à réduire leurs déficits de manière drastique et à faire avancer les réformes des régimes de prestations. Des cadres budgétaires plus solides, notamment des règles budgétaires adaptées et des mécanismes d’application efficaces permettant de maîtriser la poussée des dépenses lorsque la situation sera rétablie, viendraient utilement renforcer la crédibilité de ces engagements.

Les administrateurs soulignent qu’il est urgent d’achever la remise en état du secteur financier et de réformer les cadres prudentiels pour permettre le retour à une croissance soutenue et renoncer complètement aux injections de liquidités et de crédit. De nouvelles opérations de recapitalisation et d’assainissement des bilans bancaires contribueraient à soutenir la reprise. Les tests de résistance officiels fournissent des diagnostics essentiels pour concevoir les bonnes stratégies de recapitalisation des banques viables et d’assainissement méthodique des établissements non viables. Il convient en outre de formuler clairement des stratégies d’abandon des interventions publiques afin de guider la restructuration des banques. Il faut mettre progressivement fin aux programmes d’aides publiques, en faisant appel à des incitations de marché bien conçues. Il est par ailleurs indispensable que les nouvelles réglementations des fonds propres, les obligations de liquidité, les normes de provisionnement et de comptabilité et, le cas échéant, les stratégies d’assainissement soient clairement énoncées pour que les banques puissent décider du déploiement de leurs ressources et déterminer les segments d’activité susceptibles de se révéler rentables.

Les administrateurs notent que, pour obtenir une croissance soutenue à moyen terme, il est crucial de s’attaquer aux perturbations de l’offre causées par la crise et de rééquilibrer la demande mondiale. Bien que les crises bancaires passées aient eu tendance à se traduire par d’importantes pertes de production permanentes, ce n’est pas une fatalité et des politiques appropriées peuvent être mises en œuvre. Au-delà de la restructuration des entreprises financières et de la remise sur pied des marchés, des mesures destinées à faciliter le redéploiement du capital et du travail sont nécessaires. Les pays où des obstacles significatifs entravent la croissance doivent accélérer leurs réformes structurelles pour doper la productivité et la production potentielle.

Pour compenser la faiblesse probable de la demande intérieure dans les pays déficitaires, nombre de pays ayant dégagé des excédents courants vont devoir s’appuyer plus fortement sur leur propre demande intérieure, en stimulant la consommation privée, en répartis-sant mieux les capitaux et en assouplissant si nécessaire les taux de change. Les pays dont les comptes courants sont déficitaires doivent également apporter leur contribution, en supprimant les obstacles à l’épargne publique et privée, en stimulant la production potentielle grâce à des réformes des marchés de l’emploi et des produits et en améliorant le gouvernement d’entreprise. Il importera que tous les pays évitent de recourir au protectionnisme commercial et financier.

Les administrateurs précisent que la hausse du chômage constituera un problème majeur pour de nombreux pays avancés et que la crise a porté un coup dur à la croissance, à l’emploi et aux efforts de lutte contre la pauvreté de nombreux pays à faible revenu. Ils soulignent qu’il faut mettre en place un soutien au revenu, des services d’intermédiation performants, des programmes de formation et de reconversion pour les chômeurs, ainsi que des mesures visant à atténuer les pertes de revenu induites par les ajustements salariaux consécutifs aux chocs. Les administrateurs appellent la communauté internationale à continuer d’épauler les pays à faible revenu qui s’efforcent de faire reculer la pauvreté et de préserver la stabilité macroéconomique.

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