Chapter

I. Politiques et perspectives économiques

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
May 1997
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

La croissance de l’économie mondiale s’est accélérée en 1996, après un ralentissement général de l’activité en 1995 (graphique 1). Les conditions économiques et financières sont dans l’ensemble propices à une poursuite de l’expansion mondiale en 1997 et dans le moyen terme, à des taux au moins aussi élevés que ceux qui ont été observés au cours des trois dernières années (graphique 2). On ne relève guère de signes des tensions et des déséquilibres qui sont normalement le présage d’un ralentissement conjoncturel marqué: l’inflation dans le monde reste maîtrisée, et l’attachement à une stabilité raisonnable des prix n’a peut-être jamais été aussi fort depuis la Deuxième Guerre mondiale; de nombreux pays réduisent leurs déséquilibres budgétaires avec une détermination grandissante, ce qui devrait contribuer à contenir les taux d’intérêt réels à long terme et stimuler l’investissement; enfin, les relations de change entre les principales monnaies semblent généralement conformes aux grandes orientations des politiques économiques.

Graphique 1.Production industrielle mondiale1

(Variation en pourcentage par rapport à l’année précédente)

Après un ralentissement marqué en 1995, le rythme de l’activité industrielle mondiale s’est accéléré en 1996.

1Données relatives à la production manufacturière de 30 économies avancées ou à marchés émergents qui fournissent 75 % de la production mondiale; moyenne mobile centrée sur trois mois.

Graphique 2.Indicateurs mondiaux1

(Taux annuels, en pourcentage)

On s’attend à ce que l’expansion mondiale se poursuive avec une croissance de la production et du commerce supérieure à la tendance, tandis que l’inflation devrait rester maîtrisée dans les économies avancées et diminuer encore dans les pays en développement.

1Les zones ombrées correspondent à des projections des services du FMI.

2Biens et services, en volume.

3Moyenne pondérée par les PIB des rendements des obligations d’État à dix ans (ou à l’échéance la plus proche de dix ans) diminués des taux d’inflation pour les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France, l’Italie, le Royaume-Uni et le Canada. L’Italie est exclue avant 1972.

Dans de nombreux pays, les réformes structurelles donnent un rôle de plus en plus important aux forces du marché, consolidant les assises d’une croissance vigoureuse et durable. En ce qui concerne le commerce international, le processus d’intégration continue de se renforcer avec l’appui de la libéralisation des paiements extérieurs. Et dans un nombre croissant d’économies gérées avec succès de par le monde, les privatisations et la déréglementation transforment le rôle de l’Etat, ce qui a pour effet de rehausser l’efficacité économique et de stimuler l’activité du secteur privé.

Les conditions économiques favorables à l’échelle mondiale sont mises en évidence par la croissance toujours robuste accompagnée d’une faible inflation aux États-Unis et au Royaume-Uni, l’accélération de la croissance au Japon en 1996 et les perspectives plus prometteuses de consolidation de la reprise en Europe continentale et au Canada. Dans bon nombre de pays à marchés émergents dynamiques, la croissance et l’inflation se sont opportunément modérées en 1996, ce qui devrait permettre à l’expansion de se poursuivre dans la période à venir. La croissance s’est accélérée dans les pays en développement de l’Hémisphère occidental qui avaient été particulièrement touchés par la crise financière mexicaine en 1995. L’activité s’est aussi raffermie au Moyen-Orient et en Afrique, tandis que le groupe des pays en transition devrait enregistrer une croissance positive en 1997, pour la première fois depuis l’effondrement du système de la planification centrale.

Mais, malgré ces motifs d’optimisme, il importe de reconnaître que les contrastes entre les performances économiques des différents pays se sont accentués au cours des dernières années. Et un certain nombre de risques pèsent sur le scénario de base. En premier lieu, dans une grande partie des pays de l’Union européenne (UE), le chômage a atteint de nouveaux records depuis la Deuxième Guerre mondiale, et ni la croissance attendue, ni les progrès réalisés dans la réforme des marchés du travail ne permettent d’escompter une diminution significative du nombre des sans-emploi dans un proche avenir. Étant donné le niveau élevé du chômage et la faiblesse de la croissance, les États membres de l’Union européenne pourraient avoir des difficultés à se conformer pleinement au critère imposé en matière de déficit budgétaire par le projet d’union monétaire, les attentes quant aux chances de lancement de l’union à la date prévue pourraient être déçues, et des turbulences pourraient secouer les places financières.

Le deuxième risque a trait aux marchés des valeurs. La fermeté des cours aux États-Unis et dans beaucoup d’autres pays jusqu’au début du mois de mars a été le reflet de l’optimisme des investisseurs quant aux perspectives économiques. Mais le récent repli de ces cours a fait ressortir le risque d’une correction plus importante, en particulier si les revenus attendus devaient être revus en baisse ou si la réapparition de tensions inflationnistes devait rendre nécessaire un relèvement marqué des taux d’intérêt. L’éventualité d’une correction suffisamment forte pour provoquer un retournement de conjoncture dépend en partie de la mesure dans laquelle la hausse des prix des actions participe d’un renforcement plus général des pressions de la demande. Contrairement à ce qui était le cas lorsque les prix des actifs se sont envolés à la fin des années 80, surtout au Japon, mais aussi aux États-Unis et dans plusieurs autres pays, il ne semble pas y avoir de surévaluation généralisée des actifs, prenant appui sur un endettement accru, dans la plupart des pays où les marchés boursiers sont florissants. Néanmoins, une baisse sensible des cours des actions pourrait saper la confiance dans certains pays.

Troisième risque: les apports de capitaux aux pays à marchés émergents. Le gonflement de ces flux au cours des dernières années tient à la fois aux avancées continues vers un système financier mondial plus ouvert et au succès des politiques économiques d’un grand nombre de pays bénéficiaires. Mais la prudence est de mise, car aussi bien la disponibilité de ces capitaux dans le monde que leur coût sont exposés au risque d’une hausse des taux d’intérêt mondiaux et d’évolutions défavorables dans des pays importateurs de capitaux qui ont un poids considérable dans le système international. Si le volume global des flux de capitaux ne semble pas excessif, la dépendance de certains pays à l’égard des apports de capitaux étrangers et le rétrécissement des écarts de taux d’intérêt qui y est associé pourraient ne pas être viables.

Enfin, la fragilité du système bancaire est préoccupante dans un grand nombre de pays. Ces problèmes sont souvent attribuables à une expansion excessive du crédit intervenue à un moment où le contrôle prudentiel était insuffisant. Dans certains pays à marchés émergents, les difficultés du secteur bancaire liées à une forte exposition aux risques de change sont devenues plus évidentes lorsque les flux de capitaux étrangers dont ces pays avaient bénéficié se sont inversés. Dans les pays en transition, les crédits bancaires ont dans bien des cas permis aux entreprises de différer leur restructuration, ce qui les a rendues de moins en moins capables d’assurer le service de leur dette. De volumineux portefeuilles de créances improductives, l’érosion des fonds propres des banques et les crises bancaires déclarées sont autant de facteurs qui peuvent nuire aux performances économiques des pays dans la mesure où ils empêchent ou découragent les banques de prêter, où ils entravent le fonctionnement de la politique monétaire, et où le sauvetage et la restructuration des institutions financières en difficulté grèvent les finances publiques.

* * *

Il est de plus en plus clair que tous les pays ne bénéficient pas automatiquement de l’amélioration du climat économique mondial. En fait, on continue à observer des différences flagrantes quant à la mesure dans laquelle les pays tirent parti des possibilités de renforcer leur performance économique.

  • Dans les économies avancées, l’évolution de la situation a été contrastée et l’on note d’importants écarts entre les positions cycliques des pays. Après des résultats décevants en 1995 et pendant une grande partie de 1996, les perspectives de redressement se sont améliorées en Europe de l’Ouest continentale. Mais le chômage devrait rester à des niveaux records ou proches des records en Allemagne, en France, en Italie et dans plusieurs autres pays. Au Japon, la croissance a été plus vigoureuse que prévu en 1996, et il existe des possibilités d’accélération de l’activité en 1997, bien que des incertitudes persistent sur les marchés de capitaux, en particulier quant à savoir si la dynamique de la reprise de l’économie japonaise sera maintenue dans la période à venir. Les perspectives incertaines et le manque de confiance qui caractérisent ces économies depuis quelques années tranchent sur les résultats favorables enregistrés par les États-Unis et le Royaume-Uni, ainsi que par un certain nombre de plus petites économies, dont l’Australie, le Danemark, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande et les Pays-Bas. Ces contrastes s’expliquent aussi bien par des facteurs cycliques que par des facteurs structurels, y compris par les politiques économiques appliquées.
  • Les pays en développement de toutes les régions sont de plus en plus nombreux à récolter les fruits de la mise en oeuvre résolue de politiques financières saines et de réformes structurelles fondées sur le marché et tournées vers l’extérieur. Cela se traduit par un volume considérable d’investissements directs étrangers dans ces pays, par une expansion rapide des exportations comme des importations et par des perspectives de croissance vigoureuse. Mais certains pays ont subi des revers, et d’autres sont vulnérables aux changements d’appréciation des investisseurs. Tandis que les conditions économiques se sont clairement améliorées dans un nombre croissant de pays à faible revenu, beaucoup des pays les plus pauvres ont continué à perdre du terrain, risquant ainsi de rester en marge du progrès économique mondial.
  • Dans les pays en transition, le contraste s’est aussi accentué entre certains des pays qui avaient été parmi les premiers à entreprendre des réformes et qui ont relativement bien réussi et ceux qui ont engagé l’ajustement et les réformes plus tard et avec moins de détermination et de constance. Entre ces deux extrêmes qui, à n’en pas douter, reflètent aussi des conditions très différentes au départ, la gamme des efforts déployés par les gouvernements et des degrés de réussite économique est très étendue.

Ce sont ces performances contrastées qui ont conduit le Comité intérimaire, dans sa déclaration de septembre 1996 sur le «partenariat pour une expansion durable de l’économie mondiale», à définir un ensemble de principes d’action visant à promouvoir la pleine participation de tous les pays à l’économie mondiale. Ces grands principes soulignent la nécessité: de mettre en oeuvre des politiques macroéconomiques saines qui consolident les résultats obtenus dans la maîtrise de l’inflation, de renforcer la discipline budgétaire, de rendre la gestion des finances publiques plus transparente et d’améliorer la qualité de l’ajustement budgétaire; de promouvoir la stabilité financière et la stabilité des taux de change et d’éviter le désalignement des monnaies; de maintenir l’élan donné à la libéralisation du commerce mondial et à la convertibilité des monnaies au titre des transactions courantes; de s’attaquer plus énergiquement à la réforme des marchés du travail et des marchés des biens; enfin, de garantir la solidité des systèmes bancaires et de promouvoir la bonne gouvernance sous tous ses aspects. La déclaration souligne en particulier que les politiques macroéconomiques et structurelles sont complémentaires et se renforcent mutuellement1.

Les performances inégales des pays et la répartition tout aussi inégale des gains à l’intérieur de ces pays sont souvent mises sur le compte de la mondialisation —à savoir l’intégration rapide des économies à l’échelle mondiale par la voie du commerce, des mouvements de capitaux, de la diffusion du progrès technique, des réseaux d’information et du brassage des cultures. Il ne fait aucun doute que la mondialisation apporte une contribution énorme à la prospérité de la planète. Mais, en même temps, le débat public se focalise souvent sur les aspects de la mondialisation perçus comme négatifs, notamment ses effets sur l’emploi et les salaires réels, en particulier ceux des travailleurs faiblement qualifiés, dans les économies avancées. La mondialisation, comme tout changement technologique ou structurel, peut avoir dans certains cas des conséquences défavorables à court terme sur le niveau de vie. Mais il ne semble pas qu’elle soit la cause principale de l’évolution défavorable de l’emploi et de la répartition des revenus observée dans certaines économies avancées.

Beaucoup pensent aussi que la mondialisation peut être coûteuse dans la mesure où elle limite l’autonomie des responsables de la politique économique au niveau national. Le présent rapport soutient que, si la mondialisation semble effectivement alourdir le coût des distorsions et déséquilibres économiques, qu’ils soient ou non liés aux politiques mises en oeuvre, il est clair qu’elle récompense d’autant plus les politiques économiques saines. Il se peut donc que la mondialisation contribue de cette façon au clivage apparent entre les pays qui progressent et ceux dont le revenu par habitant régresse, en termes relatifs et parfois même en termes absolus. Mais il faut se garder de voir dans la mondialisation un jeu à somme nulle dans lequel certaines économies gagneraient aux dépens du niveau de vie et de l’emploi dans d’autres économies. Si les politiques économiques sont adaptées pour répondre aux exigences de marchés mondiaux intégrés et compétitifs, tous les pays devraient être mieux à même de développer leurs avantages comparatifs, d’accroître leur potentiel de croissance à long terme et de prendre part à une économie mondiale de plus en plus prospère.

La mondialisation n’est pas un phénomène nouveau. À l’époque de l’étalon or, avant la Première Guerre mondiale, la forte intégration des marchés avait contribué à l’expansion rapide du commerce et de la production. Mais les deux guerres mondiales, la crise économique des années 30, l’assujettissement à la planification centrale d’une grande partie de l’économie mondiale et la poursuite de politiques protectionnistes et interventionnistes dans de nombreux pays ont sérieusement perturbé les interactions économiques et financières internationales. La libéralisation des échanges et des mouvements de capitaux au cours des cinquante dernières années a progressivement abouti à un niveau d’intégration à certains égards semblable à ce que le monde connaissait au début du siècle —et avec un potentiel d’intégration beaucoup plus grand encore à l’approche du vingt et unième siècle. La présente analyse des Perspectives de l’ économie mondiale explore tout particulièrement les possibilités qu’offre la mondialisation et les meilleurs moyens pour les pays de relever les défis d’une économie mondiale étroitement intégrée et en mutation rapide.

Encadré 1Révision de la classification des pays

À partir de la présente édition des Perspectives de l’ économie mondiale, un certain nombre de nouvelles économies industrielles d’Asie (Corée, Hong Kong, Singapour et province chinoise de Taiwan) ainsi qu’Israël sont incorporés au groupe des pays traditionnellement rassemblés sous l’appellation de pays industrialisés. Ce reclassement a été motivé par le stade avancé de développement que ces économies ont maintenant atteint. Elles présentent toutes, d’ores et déjà, un certain nombre d’importantes caractéristiques communes aux pays industrialisés, parmi lesquelles des niveaux de revenu par habitant relativement élevés, largement conformes à ceux qui distinguent le groupe des pays industrialisés, des marchés financiers développés et de hauts niveaux d’intermédiation financière, et des structures économiques diversifiées dotées de secteurs tertiaires relativement importants et en croissance rapide. Étant donné que la part du secteur industriel dans l’emploi total va décroissant dans toutes ces économies, l’ancienne appellation de «pays industrialisés» n’a pas été conservée, et le groupe élargi est baptisé «économies avancées».

Économies avancées

Les indicateurs récents laissent entrevoir un raffermissement modéré de la croissance de la production dans les économies avancées en 1997-98, après le ralentissement enregistré dans un certain nombre de pays, surtout en Europe, en 1996 (tableau 1). Les taux d’intérêt à long terme ont baissé dans des proportions significatives dans de nombreux pays, l’inflation restant généralement maîtrisée, et le danger de surchauffe a reculé dans les nouvelles économies industrielles d’Asie à la suite d’un resserrement des politiques économiques. Les projections indiquent que les déséquilibres extérieurs seront dans l’ensemble contenus, bien que les excédents et les déficits importants observés dans quelques pays pourraient se révéler insoutenables. Et le taux de change des principales monnaies semble raisonnablement compatible avec les fondamentaux, compte tenu des conditions cycliques.

Tableau 1.Perspectives de l’économie mondiale: aperçu général des projections(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
Projections

actuelles
Écart par rapport

aux projections

d’octobre 1996
199519961997199819961997
Production mondiale3,74,04,44,40,2
Économies avancées2,52,52,92,90,1
Principaux pays industrialisés2,02,22,62,60,1
États-Unis2,02,43,02,20,6
Japon1,43,62,22,9−0,5
Allemagne1,91,42,33,00,1–0,1
France2,21,32,43,00,1
Italie3,00,71,02,4–0,4–1,2
Royaume-Uni2,52,13,32,8–0,10,4
Canada2,31,53,53,40,10,3
Autres économies avancées4,23,73,84,1–0,1
Pour mémoire
Pays industrialisés2,12,32,72,70,2
Union européenne2,51,62,42,9–0,1
Nouvelles économies industrielles d’Asie7,46,35,76,1–0,3–0,9
Pays en développement6,06,56,66,50,20,5
Afrique2,95,04,74,8–0,4
Asie8,98,28,37,70,20,7
Moyen-Orient et Europe3,84,53,93,90,70,6
Hémisphère occidental1,33,54,45,10,50,5
Pays en transition–0,80,13,04,8–0,7–1,0
Europe centrale et orientale1,61,63,04,7−0,5–1,2
Bélarus et Ukraine non compris5,03,43,34,7–0,8–1,4
Russie, Transcaucasie et Asie centrale−4,0–1,93,04,9–0,9–0,8
Volume du commerce mondial (biens et services)9,25,67,36,8−1,10,2
Importations
Économies avancées8,75,35,96,1−0,5–0,1
Pays en développement11,68,310,78,4–2,90,6
Pays en transition15,97,79,86,8–4,21,8
Exportations
Économies avancées8,45,06,96,7–0,20,2
Pays en développement11,27,011,08,0–3,30,5
Pays en transition13,54,76,97,0–5,81,1
Prix des produits de base
Pétrole1
(En DTS)1,924,31,4–6,46,49,0
(En dollars E.U.)8,018,9–3,6–6,75,84,0
Produits de base hors combustibles2
(En DTS)2,13,15,20,1–1,77,7
(En dollars E.U.)8,2–1,3–0,3–1,92,5
Prix à la consommation
Économies avancées2,62,42,52,5–0,1
Pays en développement21,313,19,78,5–0,2–1,1
Pays en transition119,240,430,711,61,414,1
Taux du LIBOR à six mois (en %)3
Dépôts en dollars E.U.6,15.66,06,1
Dépôts en yen1,30,71,02,8–0,3–1,4
Dépôts en deutsche mark4,63,33,33,8−0,5
Note: On suppose que les taux de change effectifs resteront constants en valeur réelle aux niveaux observés entre le 1eret le 18 mars 1997, mais que les parités bilatérales des monnaies participant au mécanisme de change européen resteront constantes en valeur nominale.

Moyenne non pondérée des prix du marché du disponible des bruts U.K. Brent, Dubaï et West Texas Intermediate. Le prix moyen du pétrole en 1996 était de 20,42 dollars E.U. le baril; hypothèse pour 1997: 19,69 dollars le baril et pour 1998: 18,36 dollars le baril.

Moyenne fondée sur la pondération des exportations mondiales de produits de base.

Taux interbancaire offert à Londres sur les dépôts.

Note: On suppose que les taux de change effectifs resteront constants en valeur réelle aux niveaux observés entre le 1eret le 18 mars 1997, mais que les parités bilatérales des monnaies participant au mécanisme de change européen resteront constantes en valeur nominale.

Moyenne non pondérée des prix du marché du disponible des bruts U.K. Brent, Dubaï et West Texas Intermediate. Le prix moyen du pétrole en 1996 était de 20,42 dollars E.U. le baril; hypothèse pour 1997: 19,69 dollars le baril et pour 1998: 18,36 dollars le baril.

Moyenne fondée sur la pondération des exportations mondiales de produits de base.

Taux interbancaire offert à Londres sur les dépôts.

En dépit des nombreux aspects positifs de l’évolution économique, les différences observées de longue date entre économies avancées quant à leur capacité d’assurer durablement de hauts niveaux d’emploi se sont encore accentuées ces dernières années. Dans une grande partie de l’Europe continentale, les taux de chômage ont récemment atteint des niveaux records depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, et le recours général au partage du travail et aux retraites anticipées contribue non seulement à la sous-utilisation de la main-d’oeuvre, mais aussi très souvent à un alourdissement des coûts des entreprises et des dépenses budgétaires. Le déséquilibre croissant entre la population inactive et la population employée pourrait rendre nécessaire une nouvelle augmentation de la ponction fiscale, déjà très pesante. Ce déséquilibre assombrit aussi les perspectives en matière de croissance économique et de niveau de vie, et menace la viabilité des régimes publics de retraite. Cette situation offre un contraste particulièrement frappant avec l’aptitude remarquable des États-Unis à créer des emplois pour une population active en rapide expansion et avec les progrès, réalisés par le Royaume-Uni et un certain nombre de plus petits pays qui ont fait refluer le chômage tendanciel. Corriger le dysfonctionnement des marchés du travail est clairement devenu la tâche la plus urgente, à la fin des années 90, pour les responsables de la politique économique dans bien des économies avancées.

Le renforcement des politiques macroéconomiques et structurelles est indispensable à l’amélioration de la croissance économique et du fonctionnement des marchés du travail. En ce qui concerne la politique de finances publiques, comme il est expliqué plus loin, la priorité demeure de continuer à réduire les déséquilibres budgétaires, excessifs dans bien des cas. C’est là une condition sine qua non du retour à des taux plus élevés de croissance économique soutenable dans le moyen terme. Comme il était expliqué dans l’édition de mai 1996 des Perspectives de l’économie mondiale, les effets à court terme du rééquilibrage des finances publiques sur la production et l’emploi dépendent en partie de la composition des mesures d’ajustement budgétaire. D’autre part, dans les pays aux prises avec des déséquilibres des finances publiques intenables, l’adoption de mesures convaincantes pour améliorer les perspectives dans ce domaine peut avoir assez rapidement des effets positifs sur la confiance et sur l’activité. Normalement, la mise en oeuvre d’une politique d’austérité budgétaire tend à s’accompagner de certains coûts dans l’immédiat, mais des progrès en matière de rééquilibrage des finances publiques et le rétablissement d’une stabilité raisonnable des prix donnent plus de latitude pour recourir à la politique monétaire afin de soutenir l’activité dans les pays où il existe d’importantes marges de ressources inutilisées. C’est ce que les autorités monétaires ont généralement reconnu, quand elles ont abaissé les taux d’intérêt officiels, comme il convenait, pour soutenir la demande lorsque la stabilité des prix ne semblait pas menacée. Pour autant, les taux d’intérêt officiels auraient pu être ajustés plus rapidement dans certains pays d’Europe ces dernières années, en réponse aux signes généralisés de faiblesse cyclique, sans que cela compromette la crédibilité de la politique monétaire. Cela aurait contribué à donner une meilleure assise à la reprise.

C’est au plan structurel qu’il est le plus important d’agir pour renforcer les performances économiques de l’Europe (ce qui est aussi vrai pour le Japon, comme on le verra plus loin). Si l’on a pu observer certains progrès dans la réforme de l’écheveau complexe de réglementations, d’avantages et de prélèvements fiscaux qui découragent la création et la recherche d’emplois, les efforts sont restés fragmentaires et insuffisants dans bien des cas. L’opposition à des réformes plus radicales est nourrie par la crainte qu’une refonte du système de protection sociale en Europe ne porte atteinte à la sécurité de l’emploi, n’accentue les écarts de salaires et ne compromette le niveau de vie. On ferme trop souvent les yeux sur les preuves de plus en plus flagrantes que la réglementation du travail et la générosité des programmes sociaux ont une lourde part de responsabilité dans les taux élevés et la ténacité du chômage, le poids excessif de la fiscalité, les déséquilibres budgétaires chroniques et le manque de dynamisme économique.

Il est par conséquent essentiel de mieux sensibiliser le public aux forces économiques en jeu. En même temps, il reste nécessaire de persévérer dans la mise en oeuvre de réformes globales visant à réduire les indemnités de chômage excessivement généreuses, à rendre plus strictes les conditions d’ouverture des droits, à alléger les charges sociales et à faciliter non seulement la recherche d’emplois et la formation, mais aussi les restructurations et les licenciements —et, partant, l’embauche. Ces réformes permettraient aux forces du marché de contribuer plus activement à équilibrer le marché du travail à des niveaux de chômage beaucoup plus bas. La fiscalité et les transferts devront aussi faire l’objet de réformes afin de mieux répondre aux objectifs de justice sociale et de préserver un niveau raisonnable de protection sociale tout en évitant les conséquences négatives évidentes des systèmes actuels sur la recherche et la création d’emplois. La réduction du chômage contribuerait en ellemême à remédier à l’une des principales causes de l’inégalité des revenus et de l’exclusion sociale.

Dans quelle mesure les difficultés qui caractérisent le marché du travail dans les économies avancées —qu’il s’agisse du chômage ou de l’élargissement des écarts de revenus —peuvent-elles être attribuées aux pressions de la mondialisation? Comme l’explique le présent rapport, il y a peu de raisons de penser que l’accroissement des échanges avec les pays à faibles coûts de production a contribué de manière significative à la régression de la part de l’emploi dans l’industrie manufacturière, qui est le principal secteur de production de biens échangeables. Cette évolution ne semble guère pouvoir expliquer non plus la baisse relative de la rémunération des emplois peu qualifiés. L’argument selon lequel ces phénomènes sont imputables à la mondialisation et pourraient être atténués par la protection du commerce et d’autres mesures de repli sur soi ne semble pas être étayé par les faits. La baisse relative de l’emploi dans le secteur manufacturier est intervenue en dépit de la stabilité relative à prix constants de la répartition des dépenses entre produits manufacturés et services; elle semble principalement attribuable à la croissance relativement rapide de la productivité de la main-d’oeuvre dans le secteur manufacturier sous l’effet du progrès technique et du processus normal d’accroissement de l’intensité de capital. Bien que la part de l’emploi dans le secteur manufacturier soit allée décroissant dans ces pays —c’est ce que l’on entend par désindustrialisation —, la tendance de la production industrielle reste positive dans la plupart d’entre eux.

À mesure que les économies arrivent à maturité, il semble probable que la part de l’emploi dans l’industrie continuera de diminuer tandis que les services prendront encore plus d’importance. Cependant, alors que bien des industries de services attirent une maind’oeuvre hautement qualifiée à des postes bien rémunérés, certains emplois dans ce secteur relèvent d’activités à faible valeur ajoutée et offrent des rémunérations relatives d’autant plus faibles. C’est l’une des façons dont le progrès technique a aussi eu, semble-t-il, des répercussions sur les écarts de salaires. On peut toutefois gager que la composition exacte des emplois créés dans le secteur des services dépend de la qualité de la main-d’oeuvre disponible. Un rang de priorité élevée devrait donc être accordé à l’amélioration du système éducatif et à la formation pour remédier à la fois au problème du chômage et à la tendance des écarts de salaires à s’accentuer à mesure que le progrès technique exige de nouvelles qualifications. Dans beaucoup de pays, les gouvernements s’efforcent, à juste titre, de concevoir leurs politiques de telle sorte que ceux qui bénéficient le plus de ces évolutions contribuent à aider les moins favorisés. Mais les artisans de telles politiques doivent veiller, ce faisant, à éviter de déclencher l’engrenage de la pauvreté et à créer des incitations au renforcement des qualifications et à la recherche de meilleures possibilités d’emploi.

Le rééquilibrage des finances publiques est un autre volet hautement prioritaire de la politique économique d’un grand nombre d’économies avancées. Des progrès bienvenus ont été réalisés dans de nombreux cas et les déséquilibres budgétaires structurels ont été ramenés en moyenne de 31/2% du PIB en 1990 à environ 2 % du PIB en 1996. Néanmoins, les déséquilibres budgétaires demeurent excessifs dans un grand nombre de pays, et la perspective du vieillissement des populations et donc de l’alourdissement des dépenses de santé et de retraite ne rend que plus urgentes les réformes des finances publiques. La nécessité d’assainir durablement les finances publiques a conduit un certain nombre de pays à envisager d’adopter des règles de transparence, comme la loi sur la responsabilité en matière de politique budgétaire en Nouvelle-Zélande et la charte d’honnêteté budgétaire qui doit être promulguée en Australie. Des considérations analogues ont amené les pays à envisager l’adoption de règles de bonne gestion des finances publiques; c’est dans cet esprit que les membres de l’Union européenne ont conclu le pacte de stabilité et de croissance et que des amendements à la constitution visant à imposer l’équilibre budgétaire sont à l’étude aux États-Unis et en Suisse.

L’adoption de règles budgétaires est l’un des moyens de parvenir à une plus grande discipline en la matière et d’éviter la «dérive déficitaire» qui résulte d’une politique discrétionnaire ou, involontairement, de programmes de protection sociale adoptés dans des circonstances économiques plus favorables. Des efforts constants et résolus pour contenir les déséquilibres budgétaires au moyen de mesures discrétionnaires peuvent tout aussi bien permettre d’atteindre le même objectif. Les adversaires des règles budgétaires font valoir que celles-ci risquent de soumettre la conduite de la politique budgétaire à des contraintes excessives dans la phase descendante du cycle économique. Mais cela n’est pas forcément le cas. En fait, la discipline plus stricte qu’implique l’adhésion à de telles règles pourrait fort bien permettre à la politique budgétaire de jouer un plus grand rôle stabilisateur que cela n’a été possible dans la plupart des pays depuis longtemps. Il est bien sûr indispensable que les règles budgétaires soient bien conçues et laissent une marge raisonnable d’adaptation aux variations cycliques. Une obligation d’équilibrer les recettes et les dépenses chaque année supposerait un ajustement immédiat du niveau des dépenses ou des impôts en fonction des variations cycliques des recettes et des dépenses, ce qui ne serait ni faisable ni souhaitable. En outre, toute règle budgétaire, pour être efficace, devrait s’appuyer sur une transparence accrue des opérations extrabudgétaires, des obligations non capitalisées au titre des régimes de retraite et des autres engagements futurs.

L’année 1997 est particulièrement importante pour l’Europe: il s’agit de l’année-test pour la sélection, au printemps 1998, du premier groupe d’États membres de l’Union européenne qui remplissent les critères prévus pour la participation à l’Union économique et monétaire (UEM). Ce projet d’union a déjà produit des résultats non négligeables, notamment en favorisant une baisse durable de l’inflation et en donnant un coup d’envoi notable au rééquilibrage des finances publiques. Les déficits publics ont été ramenés de 6,5 % du PIB en moyenne en 1993 à 4,4 % en 1996, année où 6 des 15 États membres respectaient la valeur de référence de 3 % du PIB pour le déficit budgétaire, qui constitue l’une des conditions de la participation à l’UEM. En fait, on estime que, sans les écarts relativement importants entre production potentielle et production effective, tous les membres de l’Union européenne sauf quatre auraient respecté ce critère l’an passé (graphique 3). Malgré la persistance de telles marges de sous-utilisation des ressources, la quasi-totalité des membres visent à satisfaire au critère relatif au déficit en 1997, et a fortiori en 1998 et au-delà. Les progrès déjà réalisés ont jeté les bases d’un renforcement des performances économiques à l’avenir. Mais la phase d’approche de l’UEM a son prix, non seulement en raison des effets immédiats du rééquilibrage budgétaire, mais aussi parce qu’elle nourrit les incertitudes et les hésitations des entreprises et des consommateurs, avec des répercussions sur la demande et l’activité. Il est donc crucial de mener promptement ce projet à bonne fin selon le calendrier convenu. Pour y parvenir, les gouvernements doivent se tenir à leurs engagements et rester fidèles aux objectifs qu’ils se sont fixés dans les domaines tant budgétaire que structurel. Des fondements solides sont en train d’être établis, et il est temps de commencer à récolter le fruit de ces efforts.

Graphique 3.Union européenne: soldes budgétaires des administrations publiques1

(En pourcentage du PIB)

L’importante composante conjoncturelle des déficits budgétaires masque dans une certaine mesure les progrès escomptés dans la réduction des déséquilibres budgétaires structurels.

1Les hypothèses qui sous-tendent les projections en matière de finances publiques sont décrites en détail dans l’encadré 2. Les pays sont classés par ordre décroissant sur la base des projections du solde budgétaire non ajusté pour 1997, à cette exception près qu’ils sont classés par ordre alphabétique lorsque les différences entre les projections ne sont pas significatives.

2La projection pour 1998 est fondée sur l’hypothèse selon laquelle, en l’absence de mesures officielles, la plupart des catégories de dépenses primaires augmenteront au même rythme que la production potentielle. Elle ne tient donc pas compte de la réduction prévue des besoins de financement des administrations publiques de 0,65 % du PIB pour 1998, qui a été annoncée par les autorités françaises (objectif identique à celui de 1997). Si toutes les mesures envisagées par le gouvernement étaient mises à exécution, le déficit des administrations publiques serait inférieur à 2,9 % du PIB.

3La projection pour 1998 est fondée sur la politique budgétaire actuelle (tendenziale). Elle ne tient donc pas compte des effets éventuels du réexamen annoncé des dépenses au titre des retraites et de la santé.

4Le solde budgétaire non ajusté pour l’Irlande et les Pays-Bas n’apparaît pas séparément, car il est à peu près égal au solde structurel, étant donné que la production estimative est proche de son potentiel.

5Le solde budgétaire non ajusté pour la Suède doit dégager un excédent de 0,3 % du PIB en 1998, d’après les projections. Le solde budgétaire non ajusté pour le Danemark doit être équilibré en 1998.

6Le solde budgétaire structurel n’est pas disponible et on prévoit que le solde budgétaire non ajusté sera à peu près en équilibre en 1996-98.

7À l’exclusion du Luxembourg.

Le projet d’Union économique et monétaire est l’expression d’une volonté politique de forger des liens de plus en plus étroits entre les Etats membres de l’Union européenne. Du point de vue économique, l’attrait de l’union monétaire réside notamment dans la perspective d’une plus grande stabilité économique et financière parmi les participants, associée à un plus ferme attachement à la stabilité des prix, qu’une banque centrale indépendante aura la responsabilité d’assurer, et à des efforts accrus en vue de réaliser et de préserver l’équilibre des finances publiques. De telles conditions devraient aider à contenir les taux d’intérêt réels, en particulier dans les pays où les primes de risque tendent à être élevées. En outre, il est probable que l’union monétaire favorisera une intégration plus poussée des marchés financiers en Europe et accroîtra l’efficacité des marchés de capitaux. L’introduction de la monnaie unique éliminera aussi le risque de voir réapparaître les tensions entre les monnaies des États membres, qui, dans le passé, ont souvent accentué les effets de perturbations économiques et financières asymétriques.

Bien sûr, les pays pourront encore être secoués par des perturbations à des degrés divers, et il restera nécessaire de favoriser un ajustement sans heurt à ces chocs. Étant donné que la politique monétaire sera dictée par des considérations applicables à l’ensemble de la zone, la politique budgétaire aura un certain rôle à jouer, sous réserve des contraintes acceptées dans le cadre du pacte de stabilité et de croissance. Dans certains cas, une assistance financière fournie à partir du budget de l’UE pourrait être justifiée, comme le prévoit le Traité de Maastricht, pour aider un pays à surmonter de graves difficultés dues à des facteurs exceptionnels indépendants de sa volonté. De toute façon. il est absolument essentiel, pour assurer le succès du projet d’UEM et le dynamisme des économies européennes, d’améliorer le fonctionnement des marchés du travail européens. Aussi la plupart des membres de l’UE doivent-ils s’efforcer d’aller beaucoup plus loin dans cette voie, indépendamment de leurs intentions quant à leur participation à l’union monétaire.

L’évolution des rapports de change entre les principales monnaies au cours des 18 mois passés a été généralement en cohérence avec les données fondamentales et avec la position cyclique des économies, et a permis de corriger en grande partie les désalignements observés au printemps 1995. Ces mouvements des taux de change reflètent et contribuent à renforcer l’orientation de la politique économique qui est nécessaire du point de vue cyclique —pour contenir les pressions inflationnistes aux États-Unis et au Royaume-Uni, et pour soutenir une reprise fragile au Japon, en Allemagne et en France. Mais ils ne sauraient être considérés comme remplaçant entièrement les ajustements de politique monétaire qui peuvent être nécessaires pour des raisons d’ordre intérieur. À moyen terme, l’appréciation du dollar et la dépréciation du yen survenues récemment pourraient, pour une certaine part, ne pas être compatibles avec la poursuite de la réduction des déséquilibres extérieurs, et il est possible que ces mouvements s’inversent à mesure que le décalage cyclique s’atténuera.

* * *

S’agissant des perspectives et politiques économiques des différents pays, les États-Unis ont remarquablement bien réussi à préserver un haut niveau d’emploi tout en comprimant leur déficit budgétaire et en maintenant l’inflation à un bas niveau. En 1996, l’économie a enregistré une expansion de 2½ % et les pressions sur les prix sont restées maîtrisées malgré la forte utilisation des ressources, y compris sur le marché du travail. Pour 1997, on prévoit une augmentation du PIB réel de 3 %, soit un peu plus que prévu dans l’édition d’octobre 1996 des Perspectives de l’économie mondiale. Pour réduire le risque d’une montée de l’inflation, la Réserve fédérale des États-Unis a légèrement relevé les taux courts à la fin du mois de mars. Étant donné la vigueur fondamentale de la croissance, un nouveau raffermissement modéré des conditions monétaires pourrait bientôt s’avérer nécessaire, et les prévisions reposent sur cette hypothèse (les hypothèses relatives aux politiques économiques qui sous-tendent les projections sont décrites dans l’encadré 2). Il faut aussi que des efforts continuent à être déployés afin d’équilibrer le budget à moyen terme et d’éviter un alourdissement du déficit à plus long terme sous l’effet de l’augmentation rapide des dépenses de retraite et de santé pour les personnes âgées. L’accroissement de l’épargne nationale résultant de la consolidation des finances publiques contribuerait à soutenir la croissance future. Ce serait aussi la meilleure façon, du point de vue intérieur aussi bien que mondial, de remédier au déficit extérieur chronique.

Au Canada, les résultats décevants en 1995 et au début de 1996 ont fait place à un redressement de l’activité économique au deuxième semestre l’an passé; le chômage a commencé à diminuer et l’économie est bien placée pour enregistrer une croissance robuste en 1997 et 1998. Le déficit budgétaire des administrations publiques, qui avait atteint 7½ % du PIB en 1992, a été progressivement réduit et devrait être complètement résorbé l’an prochain. Cette évolution a contribué à rétablir la confiance sur le marché des capitaux, ce qui, conjugué au niveau bas de l’inflation, a permis de réduire les taux d’intérêt officiels à des niveaux bien inférieurs à ceux des taux du marché monétaire des États-Unis sans que la crédibilité de l’attachement des autorités monétaires à la stabilité des prix n’en souffre ou que la monnaie nationale ne s’en trouve affaiblie.

Encadré 2Hypothèses de politique économique servant de base aux projections

Les hypothèses en ce qui concerne les politiques budgétaires pour le court terme sont fondées sur les budgets officiels, après ajustement pour tenir compte de tout écart avec les résultats estimés par les services du FMI et des différences entre les hypothèses économiques retenues respectivement par les services du FMI et les autorités nationales. Les hypothèses pour le moyen terme tiennent compte des mesures annoncées par les gouvernements, dont l’application est considérée comme probable. Les projections à court et à moyen terme sont fondées sur les informations disponibles jusqu’à fin mars 1997. Lorsque les autorités n’ont pas donné de précisions suffisantes sur les mesures envisagées pour permettre de porter un jugement sur leur faisabilité, on pose en hypothèse que le solde primaire structurel reste inchangé, sauf indication contraire. Pour certaines économies avancées, les hypothèses ci-après ont été retenues (voir les projections découlant de ces hypothèses aux tableaux 45 et A15-A16 de l’appendice statistique):

États-Unis: Pour la période allant jusqu’à la fin de l’exercice 1999, les projections relatives aux recettes et dépenses budgétaires fédérales sont fondées sur le projet de budget présenté par le gouvernement en février 1997, et corrigées des différences entre les hypothèses macroéconomiques des services du FMI et celles du gouvernement. À partir de l’exercice 2000, on suppose que le solde primaire structurel du budget fédéral reste inchangé en pourcentage du PIB par rapport au niveau projeté pour l’exercice 1999.

Japon: Les projections tiennent compte des mesures annoncées dans le budget 1997, en particulier d’un relèvement de 3 à 5 % du taux de la taxe de consommation et de la fin de l’allégement temporaire de l’impôt sur le revenu. Compte tenu des mesures qui seront vraisemblablement adoptées pour rééquilibrer les finances publiques, on suppose que l’investissement public totalisera 570 billions de yen entre les exercices 1995 et 2004, au lieu des 630 billions retenus par hypothèse dans le plan d’investissement public à moyen terme et dans les projections antérieures des Perspectives de l’ économie mondiale. Les projections supposent que le plan de réforme des retraites de 1994 sera appliqué intégralement.

Allemagne: Les projections pour 1997 concernant les recettes et les dépenses incorporent les effets du programme d’assainissement budgétaire (au niveau de l’administration fédérale, des États et des administrations locales et des caisses de sécurité sociale) et de la loi fiscale de 1997 votée par le Parlement en décembre. L’écart par rapport à la projection officielle d’un déficit de 2,9 % est principalement dû à une appréciation légèrement moins optimiste du contexte macroéconomique et de la situation financière des caisses de sécurité sociale et des rentrées fiscales; il reflète également les informations disponibles sur l’évolution des finances publiques depuis le début de 1997. Pour 1998 et à moyen terme, les projections des services du FMI supposent que le solde primaire structurel reste inchangé.

France: Les projections pour 1997 reflètent les mesures prévues par le gouvernement pour le budget de l’État (le gel des dépenses nominales, un certain allégement de l’impôt sur le revenu et un transfert exceptionnel provenant de France Télécom) et supposent que les plafonds fixés pour les dépenses de sécurité sociale seront respectés. Les projections tiennent également compte du blocage annoncé début mars de 10 milliards de francs de dépenses inscrites en loi de finances, et de la dégradation attendue de la situation financière de la caisse d’assurance-chômage. Pour 1998, l’hypothèse retenue est que le ratio des recettes au PIB diminuera de 0,3 point (en raison de la forte augmentation en 1997 des recettes attribuable au transfert exceptionnel susmentionné) et que la plupart des catégories de dépenses primaires augmenteront au même rythme que la production potentielle. Pour le moyen terme, les projections supposent que le solde primaire structurel restera inchangé.

Italie: Les projections tiennent compte des mesures déjà mises en oeuvre dans le cadre du budget 1997 et de «l’effort supplémentaire pour l’Europe», ainsi que du train de mesures additionnelles annoncé en mars 1997. En l’absence de mise à jour du plan pour 1998-99 à la suite de l’intensification de l’effort en 1997, les projections pour ces années sont établies sur la base de la politique budgétaire actuelle (tendenziale) et reflètent aussi la reprise graduelle des remboursements différés d’impôts en 1997. Les projections au-delà de 1999 reposent sur l’hypothèse d’un solde structurel inchangé.

Royaume-Uni: On suppose que les plafonds de dépenses inscrits au budget à horizon triennal seront observés. Au-delà de cette période, les dépenses corrigées des variations cycliques augmentent au même rythme que le PIB potentiel. En ce qui concerne les recettes, les projections incorporent, à l’horizon budgétaire de trois ans, les effets de la décision annoncée d’augmenter chaque année, en valeur réelle, les droits d’accise sur le tabac et les carburants utilisés dans les transports routiers; par la suite, les taux d’imposition restent par hypothèse constants en valeur réelle.

Canada: Les dépenses des ministères et les subventions aux entreprises sont supposées correspondre aux engagements à moyen terme inscrits au budget de l’administration fédérale adopté en février 1997. Les autres dépenses et recettes suivent l’évolution macroéconomique projetée par les services du FMI. Les projections incorporent une réserve de prévoyance pour 1997/98 et 1998/99 et tablent sur l’hypothèse d’une réduction de 10 cents de la cotisation au régime d’assurance-emploi en 1998/99 et de 5 cents par an par la suite. On suppose que la situation des finances publiques des provinces est compatible avec les objectifs annoncés pour le moyen terme.

Australie: Les projections sont fondées sur les prévisions économiques et budgétaires du gouvernement du Commonwealth en milieu d’exercice pour 1996-97, ajustées pour tenir compte des différences entre les projections économiques des services du FMI et celles des autorités. On suppose que la politique budgétaire restera inchangée pour les États et les administrations locales à partir de 1997.

Belgique: Les projections pour 1997 sont fondées sur le budget de 1997 et sur les projections macroéconomiques des services du FMI; elles incorporent une certaine marge de dérapage des dépenses de sécurité sociale, que compensent toutefois des paiements d’intérêts inférieurs au montant inscrit au budget. Pour 1998, la contraction du déficit s’explique principalement par la diminution des paiements d’intérêts et une réduction de l’écart de production. Au-delà de 1998, on suppose que le solde primaire structurel reste inchangé.

Corée: Les projections pour 1997–2002 supposent que le budget de l’administration centrale reste dans l’ensemble en équilibre et que les administrations publiques continuent à dégager de faibles excédents.

Espagne: Les projections budgétaires pour 1997 reposent sur l’hypothèse que le budget adopté par le Parlement sera appliqué, mais tiennent compte de certaines différences dans les hypothèses macroéconomiques et de certains dépassements des dépenses en partie compensés par de plus faibles paiements d’intérêts. Pour 1998 et au-delà, on suppose qu’il n’y aura pas de modification majeure de la politique fiscale, que les salaires seront débloqués, que les salaires du secteur public augmenteront à peu près au même rythme que ceux du secteur privé, et que les achats de biens et de services resteront constants en pourcentage du PIB.

Israël: Les hypothèses sont conformes au plan budgétaire à moyen terme du gouvernement qui fixe des objectifs annuels pour les déficits jusqu’en 2001.

Pays-Bas: Les projections pour 1997 sont fondées sur le budget de 1997 et sur les estimations des services du FMI en ce qui concerne les taux d’intérêt et l’activité économique; elles supposent que l’excédent des recettes par rapport aux prévisions en 1996 est en partie de nature structurelle. Les projections pour 1998 correspondent à la norme retenue par le gouvernement en matière de dépenses, sans réductions d’impôts supplémentaires. Audelà de 1998, on suppose que le solde primaire structurel est constant.

Suède: Les projections à moyen terme sont fondées sur le programme pluriannuel de rééquilibrage des finances publiques approuvé par le Parlement en 1995 et complété par des mesures qui ont été incorporées au budget de 1997.

Suisse: Les projections pour 1997-2000 sont établies à partir des estimations officielles effectuées sur la base de la politique budgétaire en vigueur. Au-delà de cette période, on suppose que le solde primaire structurel du budget des administrations publiques reste constant.

* * *

Les hypothèses relatives à la politique monétaire sont définies à partir du cadre de référence établi dans chaque pays, lequel implique dans la plupart des cas une politique de non-accompagnement du cycle conjoncturel. On suppose en règle générale que les taux d’intérêt officiels se raffermiront lorsqu’il ressort des indicateurs économiques que l’inflation dépassera le taux ou la zone acceptable, et qu’ils baisseront lorsque les indicateurs suggèrent que l’inflation prévisible ne dépasse pas le taux ou la zone acceptable, que la croissance prévisible de la production est inférieure à son potentiel et que l’économie dispose d’un volant de ressources appréciable. Pour les pays participant au mécanisme de change européen (MCE), qui utilisent la politique monétaire pour assurer l’adhésion aux taux de change servant de point d’ancrage, l’hypothèse est que les taux d’intérêt officiels suivent l’évolution des taux officiels allemands, mais que des progrès dans le rééquilibrage des finances publiques peuvent avoir des répercussions sur les écarts de taux d’intérêt avec l’Allemagne. Sur cette base, les hypothèses suivantes sont retenues: le taux interbancaire offert à Londres (LIBOR) sur les dépôts en dollars E.U. à six mois sera en moyenne de 6 % en 1997 et de 6,1 % en 1998, le taux offert sur les dépôts en yen à six mois s’établira en moyenne à 1,0 % en 1997 et à 2,8 % en 1998, et le taux moyen des dépôts en deutsche mark à six mois sera de 3,3 % en 1997 et de 3,8 % en 1998. Les changements par rapport aux hypothèses sur les taux d’intérêt retenues dans l’édition d’octobre 1996 des Perspectives de l’économie mondiale sont résumés au tableau 1.

La reprise au Japon s’est diversifiée en 1996 et le climat économique s’est amélioré avec le soutien des politiques budgétaire et monétaire et la correction de l’appréciation excessive du yen enregistrée jusqu’à la fin du printemps 1995. La croissance du PIB s’est accélérée au quatrième trimestre, reflétant la forte demande intérieure et les effets de la dépréciation du yen sur les exportations nettes. L’aisance des conditions monétaires et l’amélioration de la situation sur le marché du travail devraient favoriser la poursuite de la reprise à un rythme tendanciel modéré en 1997. Bien qu’il existe un potentiel de croissance plus vigoureuse que prévu, des incertitudes persistent quant aux répercussions des mesures d’assainissement budgétaire et aux effets des tensions dans le système financier. La politique d’aisance monétaire devra donc être maintenue jusqu’à ce qu’une reprise autonome soit résolument engagée. Le rééquilibrage des finances publiques devrait se poursuivre à un rythme soutenu sans compromettre les perspectives de reprise durable.

L’atonie de l’économie japonaise ces dernières années est imputable non seulement à la faiblesse de la demande, liée en partie aux difficultés du secteur financier, mais aussi au manque de progrès des réformes structurelles dans un grand nombre de domaines. L’écart qui s’est creusé progressivement entre les résultats du secteur des biens échangeables et ceux du secteur des biens non échangeables en témoigne. Ce dernier est resté excessivement réglementé, peu exposé à la concurrence, relativement inefficace et caractérisé par des coûts et des prix très élevés. Mais, comme dans d’autres économies développées, le secteur des biens échangeables emploie une part décroissante de la population active totale, de sorte que l’emploi et le niveau de vie deviennent de plus en plus tributaires du secteur plus dynamique des services. Il sera par conséquent important que le consensus de plus en plus large sur la nécessité de poursuivre la déréglementation se traduise rapidement par des réformes de fond.

En Allemagne et en France, la croissance s’est ralentie à quelque 1½ % en 1996 et devrait être de l’ordre de 2 à 2½ % en 1997. En Allemagne, le dynamisme des exportations devrait finir par se répercuter sur la demande intérieure, qui bénéficiera aussi de la baisse des taux d’intérêt. M3, le principal agrégat monétaire suivi par la Bundesbank, a affiché une expansion relativement forte. Cependant, les indicateurs de confiance restent assez inégaux, le chômage a atteint des niveaux sans précédent depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et il est prévu que le processus de rééquilibrage des finances publiques sera renforcé en 1997. Sur le plan structurel, l’Allemagne doit répondre à la fois à la nécessité d’accroître la flexibilité des marchés du travail et des biens et au défi particulier que présente la dépendance des Länder de l’Est vis-à-vis des transferts et des subventions. En France, le climat économique s’est amélioré quelque peu, mais le moral des consommateurs reste bas et la reprise de l’investissement des entreprises, dont font état les projections, semble précaire. En outre, des réformes plus vastes du marché du travail, de la fiscalité et du secteur public restent indispensables pour encourager la création d’emplois et l’initiative privée.

Les taux d’intérêt à court terme ont été considérablement réduits en Allemagne comme en France pour contrecarrer les tendances récessionnistes. En l’absence de pressions inflationnistes, et avec la récente dépréciation fort opportune du deutsche mark et du franc français par rapport au dollar E.U. et à d’autres monnaies européennes, l’assouplissement des conditions monétaires a aidé à contenir les taux d’intérêt à long terme face à l’augmentation des rendements obligataires aux États-Unis. Ces évolutions donnent autant de bonnes raisons de tabler sur un certain renforcement de la reprise. Mais, s’il y a des raisons de se montrer optimiste, des risques subsistent et il est encore trop tôt pour conclure que le processus de détente monétaire est arrivé à son terme.

Après avoir enregistré une croissance relativement vigoureuse en 1995, l’Italie a vu la reprise marquer le pas en 1996 et l’on s’attend maintenant à ce que l’activité reste faible en 1997, principalement en raison de l’accélération du rééquilibrage budgétaire et des effets décalés de l’appréciation de la lire. Des progrès considérables ont été réalisés sur le front de l’inflation, qui a été ramenée au niveau observé chez les partenaires de l’Union européenne, et la crédibilité de l’attachement des autorités à la réduction du déficit budgétaire a été sensiblement renforcée. Ces progrès ont contribué en 1996 à un net rétrécissement de la prime sur les taux d’intérêt à long terme par rapport à ceux de l’Allemagne et à la correction de la dépréciation excessive de la lire, ce qui a permis à la monnaie italienne de réintégrer le mécanisme de change européen (MCE) en novembre. La diminution du coût du service de la dette et le renforcement des plans budgétaires, y compris le récent train de mesures supplémentaires, devraient ramener le déficit budgétaire en 1997 à un niveau proche de la valeur de référence énoncée dans le Traité de Maastricht. Les autorités ont annoncé que les dépenses au titre des caisses de retraite et des prestations sociales allaient être entièrement revues, ce qui devrait assurer la poursuite des progrès enregistrés jusqu’à présent en 1998 et au-delà.

En ce qui concerne le Royaume-Uni, on prévoit que la vigoureuse expansion, maintenant dans sa cinquième année, se poursuivra en 1997, soutenue par la forte consommation et par l’accélération prévue de l’investissement des entreprises. La récente appréciation de la livre sterling aide à tempérer les pressions inflationnistes et ne semble pas présenter de menace immédiate pour l’expansion, mais les forces qui soutiennent la croissance penchent peut-être trop du côté de la demande intérieure. La progression des salaires s’est accélérée à mesure que se confirmait la baisse du chômage, et l’inflation risque de dépasser à nouveau l’objectif fixé par les autorités (2½ % au plus) en 1998 et au-delà, à moins que des mesures supplémentaires ne soient prises pour brider la demande. Il faudrait pour cela commencer par resserrer la politique monétaire sans tarder. Si le déficit budgétaire a été réduit de façon substantielle au cours des dernières années, le budget de novembre n’a opéré qu’un léger resserrement de la politique de finances publiques pour le court terme, et des mesures supplémentaires s’imposent dans ce domaine pour freiner la demande et alléger la charge de l’ajustement qui incombe à la politique monétaire.

Nombre de plus petites économies avancées ont enregistré une forte croissance ces dernières années et plusieurs d’entre elles ont pris des mesures pour conjurer le risque de surchauffe, avec un succès considérable dans l’ensemble. Les taux d’intérêt officiels ont même été récemment abaissés en Australie en réponse au ralentissement de l’inflation. La Corée et Singapour ont vu leur croissance se modérer en 1996 sous l’effet d’un tassement des exportations et, dans le cas de la Corée, d’une politique un peu plus restrictive. Le transfert à la Chine de la souveraineté sur Hong Kong se déroule sans heurt et, en dehors des effets à court terme de l’agitation sociale en Corée, les perspectives des nouvelles économies industrielles d’Asie restent prometteuses, même si à l’avenir leur croissance pourrait être plus lente que dans le passé où elle a soutenu un rythme rapide sous l’effet du processus de rattrapage. En Israël, qui a aussi été aux prises avec un problème de surchauffe, le resserrement prévu de la politique de finances publiques est indispensable pour alléger la charge qui pèse sur la politique monétaire, ramener le déficit extérieur à un niveau plus soutenable et aider à abaisser l’inflation à un taux de quelques points, analogue à ceux qu’affichent les autres économies avancées. S’agissant des pays d’Europe, on s’attend à ce que l’expansion reste rapide en Irlande et en Norvège. Dans un cas comme dans l’autre, la vigilance est de mise pour prévenir une surchauffe; les investissements à l’étranger par l’intermédiaire du «fonds pétrolier» de la Norvège devraient contribuer à atténuer les pressions à la hausse sur la couronne associées au niveau élevé des recettes pétrolières. Le Danemark et les Pays-Bas pourraient aussi être appelés à prendre des mesures pour contenir une demande intérieure relativement forte; étant donné que le maintien d’une politique d’aisance monétaire est justifié en Allemagne, ces deux pays participant au MCE doivent veiller à maintenir le degré d’austérité nécessaire dans leur politique budgétaire.

Dans les autres pays de l’Union européenne, où le volant de ressources disponibles reste important, le rééquilibrage des finances publiques contribue à atténuer la charge qui incombe à la politique monétaire et améliore les perspectives économiques. En Espagne, grâce aussi à une chute spectaculaire de l’inflation, les taux d’intérêt tant à court qu’à long terme ont fortement baissé. En Suède et en Finlande, la vigoureuse reprise qui a fait suite aux sérieux ralentissements du début de la décennie promet de se poursuivre, avec l’appui d’une inflation maîtrisée, d’une amélioration de la situation budgétaire et d’un rétrécissement marqué du différentiel des taux d’intérêt avec l’Allemagne. L’activité s’est aussi renforcée en Autriche, en Belgique, et au Portugal. En dehors de l’Union européenne, la Suisse ne donne toujours pas de signes décisifs de ressaisissement; aux prises avec une longue récession, elle a vu en 1996 son économie continuer à stagner pour la sixième année consécutive. Cependant, un assouplissement de la politique monétaire et la correction de l’appréciation excessive du franc suisse ont amélioré les perspectives de redémarrage.

Pays en développement

Dans le groupe des pays en développement, la croissance est passée de 6 % en 1995 à 6½ % l’an dernier, sous l’effet d’une activité plus soutenue en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient, qui a compensé le léger ralentissement enregistré dans certaines parties de l’Asie. Les données sur le commerce et la production industrielle indiquent que l’activité globale s’est ralentie dans le courant de 1995, mais qu’elle a repris vigueur en 1996. La synchronisation apparente du cycle économique des pays en développement en 1995-96 avec celui des économies avancées présente un contraste par rapport à la situation du début des années 90, où le dynamisme de la croissance des pays en développement avait contribué à entretenir l’expansion mondiale, alors que de nombreuses économies avancées étaient en récession (graphique 1). L’atténuation récente des signes de surchauffe dans un grand nombre des pays en développement les plus performants a accru leurs chances de voir l’expansion se poursuivre, et les projections de croissance pour l’ensemble des pays en développement ont aussi été révisées en hausse et portées à 6½ % pour 1997.

L’économie du Mexique continue à se remettre de la crise de 1995, et le retour de la confiance sur le marché des capitaux a permis au pays de rembourser à l’avance une part substantielle des prêts exceptionnels qu’il avait obtenus à l’appui de ses efforts d’ajustement. L’expansion devrait continuer sur sa lancée en 1997, à condition que les politiques financières et les réformes structurelles restent sur la voie tracée. On prévoit aussi que la reprise en Argentine se poursuivra en 1997 et que l’inflation restera proche de zéro. Au Brésil, la croissance s’est renforcée en 1996 tandis que l’inflation est tombée à 9 % en fin d’année, taux le plus faible depuis quelque 35 ans. Mais l’alourdissement du déficit des transactions courantes et la conjugaison d’une politique budgétaire laxiste et de conditions monétaires restrictives présentent des risques. Au Chili, l’économie la plus performante de la région, l’inflation est tombée à 6½ % à la fin de 1996, soit son niveau le plus bas depuis 36 ans, et les pressions de la demande se sont relâchées à la suite du resserrement de la politique monétaire. La croissance de la production reste toutefois soutenue et le déficit extérieur, qu’explique la baisse des cours du cuivre, est considérable: de nouvelles mesures de resserrement pourraient donc être justifiées. Pour éviter d’encourager les entrées de capitaux, il conviendrait que l’essentiel de ces mesures relève de la politique budgétaire.

Parmi les pays en développement d’Asie, ceux qui ont dû faire face à des risques de surchauffe ont généralement réussi à freiner l’expansion de la demande intérieure. Le ralentissement de la croissance des exportations de la région en 1996 a aidé à contenir les pressions inflationnistes, bien qu’il ait aggravé les déséquilibres extérieurs dans certains cas. La Thaïlande a enregistré en 1996 un ralentissement significatif de la croissance, dû principalement à ses performances décevantes à l’exportation; les inquiétudes causées par le lourd déficit des transactions courantes et la fragilité du système financier ont été sources de tensions sur le marché des changes ces derniers mois. La Malaisie semble avoir relativement bien supporté le ralentissement de la demande étrangère, mais la possibilité d’un regain de pressions du côté de la demande en 1997 ainsi que les craintes relatives à une hausse des prix des actifs justifient une politique économique prudente. En Indonésie, l’inflation a commencé à diminuer et la croissance a affiché un léger ralentissement; il faudra contenir le recours à l’épargne étrangère en renforçant la position des finances publiques. Les performances économiques des Philippines se sont encore améliorées en 1996 et l’on s’attend à ce que le pays continue de récolter les fruits de ses efforts accrus de stabilisation et de réforme.

Comme beaucoup d’autres économies d’Asie en croissance rapide, la Chine a pris des mesures pour calmer la surchauffe, et la croissance du PIB réel est retombée à un peu moins de 10 % en 1996, tandis que la hausse des prix de détail s’est encore ralentie, pour revenir à 6 %, contre 22 % en 1994. Cet atterrissage en douceur a ouvert la voie à une poursuite de l’expansion, mais, pour qu’une croissance rapide continue dans un contexte de faible inflation, il faudra aussi que des progrès tangibles soient réalisés sur plusieurs fronts, à savoir: la restructuration des entreprises d’État et l’amélioration de leur efficacité (notamment par la diversification du contrôle de ces entreprises), la correction des faiblesses du secteur financier et l’accroissement des recettes budgétaires. La robustesse du secteur extérieur offre à la Chine la possibilité d’accélérer sensiblement la libéralisation de son commerce extérieur, qui est indispensable si elle veut pouvoir tirer pleinement parti du passage récent, et bienvenu, à la convertibilité de sa monnaie aux fins des transactions courantes.

En Inde, l’expansion relativement forte s’est quelque peu ralentie en 1996, et l’inflation a aussi baissé, sous l’effet à la fois des mesures adoptées par les autorités et d’un ralentissement marqué de la croissance des exportations, conformément aux tendances observées dans le reste de l’Asie. Pour 1997, on s’attend à ce que la croissance se poursuive à un rythme modéré, avec l’aide de l’assouplissement de la politique monétaire depuis le milieu de 1996, mais le caractère limité des progrès réalisés dans la réduction du déficit budgétaire continue de présenter un risque d’inflation et demeure un frein à la croissance. La poursuite de la libéralisation des échanges, la réforme des marchés intérieurs des biens et la réforme des entreprises sont autant de conditions indispensables pour placer l’économie indienne sur un sentier de croissance durable plus élevée. Au Pakistan, en proie à de graves difficultés de balance des paiements à la fin de 1996, la mise en oeuvre de vigoureuses mesures de stabilisation et d’une vaste gamme de réformes structurelles reste indispensable.

La croissance dans la région du Moyen-Orient et de l’Europe en 1996 (4½/2 %) a été plus vigoureuse qu’on ne l’escomptait, ce qui peut être imputé en partie aux réformes économiques réalisées ces dernières années, mais aussi au niveau plus élevé que prévu des prix du pétrole. Pour 1997, les prévisions en matière de croissance de la production ont aussi été révisées en hausse. Le caractère temporaire du récent resserrement des marchés pétroliers fait ressortir une fois encore la nécessité de mettre en oeuvre des réformes structurelles pour réduire la dépendance de ces économies à l’égard des recettes pétrolières et améliorer leurs perspectives de croissance à long terme. La hausse des recettes pétrolières et la modération des dépenses publiques ont contribué à une amélioration de la situation économique en Arabie Saoudite l’an passé, tendance qui devrait se poursuivre en 1997. En Égypte, les mesures qui ont été prises récemment pour consolider la stabilisation macroéconomique et approfondir le processus de réforme structurelle devraient contribuer à renforcer encore la croissance et favoriser la réorientation de l’économie. La Jordanie offre un exemple remarquable dans la région de par les progrès qu’elle a accomplis dans le contexte de ses politiques de stabilisation et de réforme, et dont témoignent la diminution des déséquilibres intérieurs et extérieurs, le niveau bas de l’inflation et la forte croissance économique. En revanche, les perspectives économiques de la Turquie sont toujours sérieusement menacées par le laxisme des politiques budgétaire et monétaire et l’inflation galopante.

En Afrique, les résultats en matière de croissance en 1996 ont été particulièrement encourageants: on estime que le PIB réel a augmenté d’environ 5 %, taux de progression le plus fort en 20 ans et représentant près de deux fois le taux de croissance moyen observé depuis le début des années 70. Dans un nombre croissant de pays, la mise en oeuvre de politiques macroéconomiques et structurelles plus énergiques et les améliorations apportées à la gestion des affaires publiques ont commencé, selon certains indices, à se traduire par une plus forte croissance. Par exemple, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Sénégal ainsi que d’autres pays de la zone franc connaissent une reprise continue suite à l’adoption d’un taux de change plus réaliste en 1994 et de mesures de réforme appropriées. De même, le Ghana, le Kenya, le Malawi et l’Ouganda obtiennent des résultats de plus en plus satisfaisants en donnant un plus grand rôle au marché dans un contexte de discipline macroéconomique. L’Afrique du Sud a vu des tensions à la baisse s’exercer sur sa monnaie en 1996, tandis que la croissance, de 3 %, a été un peu plus faible que prévu. La mise en oeuvre soutenue de politiques de réforme et de stabilisation permettrait, conformément à la stratégie annoncée par les autorités, de renforcer la croissance future. La hausse des recettes pétrolières a amélioré les perspectives à court terme du Nigéria, mais l’évolution à moyen terme demeure incertaine. En Algérie, où des progrès remarquables ont été réalisés sur la voie de la stabilisation, la restructuration et la privatisation des entreprises publiques sont nécessaires à l’amélioration des perspectives à moyen terme, bien que la situation en matière de sécurité complique grandement la tâche des responsables de la politique économique. Le Maroc et la Tunisie doivent aussi accélérer le rythme de leurs réformes structurelles afin d’améliorer encore leurs perspectives de croissance économique. Toutefois, en Algérie comme au Maroc, le chômage élevé, qui rend la croissance économique d’autant plus importante, crée aussi des conditions sociales difficiles pour renforcer les efforts de réforme. Dans l’ensemble, la reprise en Afrique reste fragile et, malgré de récents succès, l’inversion de la tendance à la baisse du niveau de vie des pays de la région observée depuis un quart de siècle reste un défi majeur à relever pour l’Afrique, comme pour la communauté internationale.

Des tendances économiques fortement contrastées sont apparues dans le monde en développement au cours de la dernière décennie. Certains pays, comme le Chili et la Malaisie, ont considérablement bénéficié de politiques macroéconomiques énergiques et de réformes axées sur le marché et les échanges extérieurs qui leur permettent de s’intégrer rapidement au système économique et financier mondial. Avec des niveaux de revenu par habitant déjà relativement élevés, ces pays sont résolument engagés dans la voie qui les amènera à rejoindre les rangs des économies avancées à l’instar des nouvelles économies industrielles d’Asie. D’autres économies à marchés émergents, comme la Chine, la Thaïlande et l’Indonésie, se distinguent aussi par des résultats remarquables, même si la convergence dans leur cas demandera plus de temps, étant donné leur plus faible niveau de revenu. La réussite de toutes ces économies illustre l’impact et l’effet de synergie de progrès soutenus dans de multiples domaines de la politique économique. Pour l’avenir, le principal défi pour les gouvernements sera de poursuivre la déréglementation des marchés des biens, du travail et des capitaux, tout en prenant garde aux déséquilibres intérieurs et extérieurs et à la fragilité du secteur financier. Si ces conditions sont réunies, les forces de la mondialisation devraient continuer à consolider les bienfaits des réformes économiques.

Une grande partie du monde en développement n’a cependant pas encore recueilli les fruits de la mondialisation: bien des pays n’ont vu leur niveau de vie augmenter que modestement et ont continué à prendre du retard sur les économies avancées. Tel est le cas, pour citer quelques exemples, du sous-continent indien et d’une grande partie du Moyen-Orient et de l’Amérique latine. Certes, l’amélioration des performances économiques n’est jamais chose facile, mais il y a de fortes raisons de penser que ces pays n’ont pas fait suffisamment de progrès pour améliorer l’environnement de politique économique. Dans bien des cas, il ne s’agit pas d’une défaillance générale de la politique économique, mais de carences dans certains domaines cruciaux: l’incapacité à maintenir la stabilité macroéconomique, des retards dans la libéralisation du commerce extérieur, ou encore des progrès insuffisants dans la déréglementation des marchés des biens intérieurs, dans la mise en place d’institutions propres à une économie de marché et dans l’amélioration de la gouvernance. Nombre de ces pays sont de plus en plus conscients de la nécessité de mettre en oeuvre des stratégies plus globales et commencent à récolter les fruits de leurs efforts, comme l’illustre par exemple, l’expérience récente de l’Argentine, de la Jordanie, de l’Ouganda et des Philippines.

Certains des pays les plus pauvres, en particulier en Afrique, ont reculé non seulement en termes relatifs, mais aussi en termes absolus. D’une manière générale, ces pays ont besoin d’ouvrir leurs économies, de réformer les administrations publiques, de se doter de marchés de capitaux et de maintenir la stabilité financière intérieure et extérieure. Pour les aider à relever les formidables défis auxquels ils sont confrontés, la communauté internationale doit leur fournir une assistance bien ciblée et alléger le poids de leur dette extérieure, qui a atteint des niveaux insoutenables dans certains cas. Outre les facilités de prêt spéciales et à faible coût conçues pour appuyer les efforts d’ajustement des pays les plus pauvres, le FMI et la Banque mondiale ont lancé une initiative commune dont l’objet est de fournir une assistance supplémentaire destinée à alléger le poids de la dette des pays pauvres très endettés qui ont appliqué des politiques saines mais auxquels les mécanismes traditionnels d’allégement de la dette n’ont pas permis de rétablir une position extérieure soutenable.

Pays en transition

Les pays en transition affichent eux aussi des performances fortement contrastées. Les plus avancés dans le processus de transformation récoltent maintenant les fruits des vastes politiques de réforme et de stabilisation qu’ils ont menées sans relâche durant plusieurs années. Il s’agit de la Pologne, des États baltes, de la Croatie, de la Hongrie, de la République slovaque, de la République tchèque et de la Slovénie. La plupart d’entre eux connaissent une croissance économique relativement forte et des taux d’inflation modérés et accomplissent des progrès encourageants sur la voie de leur réintégration au système économique et financier mondial. De fait, plusieurs d’entre eux ont même à relever à présent certains défis qui sont la rançon du succès des réformes économiques, puisqu’il leur faut gérer d’importantes entrées de capitaux, contenir les déficits extérieurs courants qui y sont liés et réagir à d’autres signes de surchauffe. Le meilleur moyen de remédier à ces problèmes est de mettre en oeuvre de vigoureuses politiques de stabilisation et de poursuivre les réformes structurelles, y compris les privatisations et les réformes des marchés de capitaux.

Les pays moins avancés dans la transition sont aux prises avec un certain nombre de problèmes économiques. Plusieurs d’entre eux ont déjà bien avancé; en Arménie, en Azerbaïdjan, en Géorgie, au Kazakstan et dans la République kirghize, l’inflation a considérablement reculé et la croissance s’est accélérée en 1996 et promet de se poursuivre en 1997. En Russie et en Ukraine, l’inflation a aussi diminué, mais un redémarrage décisif de la production continue de se faire attendre. Tous ces pays ont besoin de consolider leur progrès sur la voie de la stabilisation, notamment en réformant la fiscalité, en améliorant les résultats en matière de recettes, en redéfinissant les priorités des dépenses publiques et en s’attaquant au problème endémique des arriérés et des défauts de paiement. En général, ils ont aussi besoin de continuer à progresser dans le domaine des réformes structurelles, en particulier les privatisations, la mise en place d’institutions propres à une économie de marché et le renforcement des droits de propriété. Bon nombre de ces pays doivent aussi remédier à la fragilité de leur système bancaire. Des mesures en vue de résoudre la grave crise bancaire de la Bulgarie sont actuellement mises en oeuvre dans le contexte d’un programme de stabilisation appuyé par le FMI.

La réintégration des pays en transition à l’économie mondiale par le biais du commerce et des flux de capitaux est indispensable à la réussite du processus de transformation. Mais cette réintégration ne peut se faire du jour au lendemain. L’essentiel des progrès a porté sur la libéralisation des régimes de commerce et de paiements, laquelle s’est traduite par une nette réorientation des flux commerciaux. Toutefois, le rythme et l’étendue de la libéralisation des échanges, de même que la capacité des pays à tirer parti des nouveaux débouchés qu’offre le marché varient considérablement d’un pays à l’autre. L’intégration des marchés de capitaux est inévitablement moins avancée et nécessitera l’instauration d’un environnement stable, propice à l’investissement. Il n’en demeure pas moins que l’investissement direct étranger joue déjà un rôle important dans les pays les plus avancés dans la transition, et les entrées de capitaux privés à des fins d’investissement de portefeuille ont aussi fortement augmenté dans un certain nombre de cas.

L’intégration des marchés de capitaux présente à la fois des défis et des avantages pour les pays en transition. Le développement des liens financiers avec l’économie mondiale tend à amplifier les effets des bonnes politiques en favorisant les apports de capitaux et la baisse des taux d’intérêt. On peut certes faire mauvais usage de ces avantages: tel est le cas lorsqu’un pays n’emprunte que pour accroître la consommation. Mais, si les politiques économiques manquent d’autodiscipline, des marchés de capitaux ouverts finiront par imposer leur propre discipline, et peut-être à des conditions fort onéreuses. Cette menace devrait contribuer à encourager les changements nécessaires de politique économique. Les apports de capitaux étrangers permettent aussi aux pays en transition de financer les hauts niveaux d’investissement indispensables pour revitaliser les industries et remplacer les équipements obsolètes. Parallèlement, il faut reconnaître que des entrées massives de capitaux peuvent compliquer la gestion macroéconomique et qu’il est nécessaire de se prémunir contre des déficits extérieurs courants excessifs et des changements d’appréciation des investisseurs. C’est pourquoi il faut s’attendre à ce que la libéralisation des mouvements de capitaux soit graduelle et dépende des progrès réalisés dans d’autres domaines.

    Other Resources Citing This Publication