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Annexe Résumé du Président par intérim

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
October 2003
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Observations du Président par intérim du Conseil d’administration à l’issue de la séance consacrée aux Perspectives de l’économie mondiale, le 27 août 2003.

Les administrateurs jugent encourageant que, d’après les récentes données économiques de certains pays et les indicateurs précurseurs, en particulier ceux qui concernent les marchés financiers, la croissance mondiale s’accélérera pendant le second semestre de 2003 et en 2004, alors que l’activité avait été le plus souvent déprimée pendant le premier semestre de l’année. Les perspectives d’une reprise graduelle, quoique modérée, sont confortées par l’éloignement des tensions géopolitiques, la baisse prévue des prix du pétrole et, dans le cas de certains pays, des mesures de relance supplémentaires.

Les administrateurs font observer que, pour ce qui est des grands pays industrialisés, la reprise sera sans doute tirée par les États-Unis, où les données récentes sont d’une manière générale les plus vigoureuses et dont le programme de stimulants envisagé est le plus vaste. Ils estiment que la vigueur des données sur le PIB du Japon au deuxième trimestre est de bon augure, tout en soulignant que la déflation continue, conjuguée à la précarité des banques et des entreprises, pèse toujours sur les perspectives. Dans la zone euro, les administrateurs s’attendent à ce que, l’activité manquant de dynamisme, la reprise soit, dans un premier temps, modérée et largement tributaire du reste du monde. Ils notent que, dans les pays émergents, la croissance a dans l’ensemble assez bien résisté, soutenue, à des degrés divers, par une amélioration de leur performance et des conditions de financement extérieur, la baisse des prix du pétrole, l’augmentation des cours des produits de base non pétroliers et les répercussions apparamment de courte durée du SRAS.

De l’avis des administrateurs, l’équilibre des risques qui pèsent sur les perspectives de l’économie mondiale s’est amélioré ces derniers mois: ceux qui résulteraient d’une éventuelle accélération de la croissance commençant, quoique de manière incomplète, à neutraliser ceux qui se trouvent du côté d’un ralentissement de l’activité. À cet égard, l’évolution des marchés financiers pourrait donner à penser que l’activité se redressera peut-être plus rapidement qu’on ne le prévoit actuellement, en particulier aux États-Unis où la croissance de la productivité demeure robuste et où la restructuration des bilans des entreprises est la plus avancée. En même temps, les administrateurs évoquent les risques importants qui pourraient encore résulter d’une aggravation de la situation économique, l’un de ces risques étant que l’éclatement de la bulle boursière continue de freiner l’investissement. En outre, nombre d’entre eux estiment que la dépendance toujours forte de la croissance mondiale à l’égard des États-Unis, et les déséquilibres considérables qui en résultent au niveau des balances des transactions courantes des grandes régions, aggrave le risque de variations désordonnées des taux de change et d’un retour des pressions protectionnistes. Il se pourrait aussi que, dans certains pays, la hausse constante des prix de l’immobilier soit menacée si les taux d’intérêt continuent d’augmenter sensiblement. Les administrateurs évoquent également les graves facteurs de vulnérabilité auxquels ne cessent d’être confrontés les principaux pays émergents et plusieurs d’entre eux font observer que les tensions géopolitiques, si elles se sont atténuées depuis avril, sont toujours très préoccupantes.

La reprise mondiale étant encore fragile, les administrateurs demandent que les politiques macroéconomiques continuent de soutenir judicieusement l’activité et qu’un nouvel essor soit donné aux réformes structurelles visant à affermir la confiance et à réduire les facteurs de vulnérabilité à moyen terme. Les pays industrialisés en particulier devraient, pour l’instant, poursuivre leur politique monétaire d’accompagnement et, les tensions inflationnistes étant très faibles, les administrateurs estiment qu’il serait possible, dans la plupart des régions, de la détendre encore si la reprise s’essouffle ou si l’inflation est nettement inférieure aux seuils retenus comme objectifs. La récente dépréciation ordonnée du dollar a en général été accueillie avec satisfaction. D’après la plupart des administrateurs, la démarche concertée selon laquelle doit continuer de s’opérer le processus d’ajustement mondial serait renforcée si un nombre plus élevé de monnaies s’appréciaient, plusieurs pays émergents d’Asie étant à cet égard assez bien placés pour gérer une plus grande flexibilité à la hausse de leur taux de change.

Les administrateurs reconnaissent que la marge de manœuvre des autorités budgétaires diminuera sensiblement. S’il convient en général de laisser jouer les stabilisateurs automatiques, il faudrait, selon eux, privilégier un assainissement crédible et de haute qualité des finances publiques afin de s’attaquer à la récente dégradation des perspectives budgétaires des grands pays et aux pressions que va bientôt exercer le vieillissement de la population. Les administrateurs demandent également aux pays, tant industrialisés qu’émergents, de continuer à mettre en œuvre sans relâche les réformes structurelles engagées en vue de renforcer la croissance économique, de soutenir la demande intérieure et de réduire les vulnérabilités. Ils soulignent qu’il est particulièrement important à l’heure actuelle de saisir l’occasion qu’offre la réunion ministérielle de l’OMC qui doit se tenir à Cancún en septembre pour atténuer les pressions protectionnistes et libéraliser davantage les échanges, car la confiance dans la reprise s’en trouverait accrue. Des avancées dans les réformes agricoles, surtout dans les grands pays industrialisés, sont indispensables pour améliorer les perspectives de croissance des pays en développement et poursuivre la lutte contre la pauvreté. À cet égard, les administrateurs soutiennent sans réserve les initiatives qu’engagent actuellement le FMI et la Banque mondiale en vue d’aider davantage les pays en développement qui libéralisent leur régime de commerce extérieur.

Principales zones monétaires

En ce qui concerne les États-Unis, les administrateurs sont d’accord pour dire que les perspectives de croissance semblent s’affermir, les récentes données économiques étant en général encourageantes et les indicateurs précurseurs plus vigoureux. L’important programme monétaire et budgétaire de relance actuellement en place, conjugué à la faiblesse du dollar, soutiendra cette reprise qui, de l’avis de certains administrateurs, pourrait même être plus forte qu’on ne le prévoit à l’heure actuelle. Cependant, de nombreux administrateurs estiment également qu’il faut continuer d’évaluer avec prudence la vigueur et la viabilité de la reprise à cause de la situation financière encore tendue des ménages et des entreprises, qui tire leurs dépenses vers le bas, des surcapacités considérables, du manque de dynamisme constant du marché du travail et du risque d’une chute des prix de l’immobilier, ainsi que des facteurs de vulnérabilité qui résultent du niveau élevé des déficits courant et budgétaire. Les administrateurs estiment que, pour l’instant, la politique monétaire devrait rester accommodante, aucun nouvel assouplissement ne devant toutefois être écarté si l’activité s’essouffle ou si les tensions déflationnistes s’amplifient. Ils constatent que la politique budgétaire a soutenu puissamment l’activité pendant l’actuelle phase de ralentissement. Cependant, ils soulignent pour la plupart la nécessité de mettre en place un cadre d’action crédible qui permettrait de corriger la récente dégradation sensible des perspectives à moyen terme des finances publiques et de rectifier progressivement les déséquilibres mondiaux. Ils estiment eux aussi que ce cadre devrait viser à rétablir l’équilibre des finances publiques (hors sécurité sociale) sur le cycle, tout en donnant à la sécurité sociale et à Medicare une assise plus solide qui les aiderait à faire face aux coûts à venir du vieillissement de la population.

Pour la zone euro, les administrateurs font observer que, malgré des signes d’amélioration timides, les perspectives à court terme sont ternes. Parmi les causes de la faiblesse persistante de la demande intérieure, les administrateurs évoquent le surendettement continu des entreprises et l’impact de la hausse du chômage sur la confiance et les dépenses des ménages. Certains d’entre eux craignent que la récente appréciation de l’euro freine la reprise. Les administrateurs s’attendent à ce que les perspectives s’améliorent progressivement, grâce à un redressement de la demande extérieure, la poursuite jusqu’à son terme de l’ajustement des bilans et au maintien des taux d’intérêt à un niveau bas. Ils se félicitent de ce que la BCE ait abaissé les taux d’intérêt en juin et estiment qu’elle pourrait les réduire encore si, la reprise manquant de ressort ou l’euro s’appréciant de nouveau, l’inflation était nettement inférieure aux seuils retenus comme objectifs. Les administrateurs conviennent qu’un assainissement des finances publiques à moyen terme doit rester prioritaire dans les grands pays de la zone. En même temps, nombre d’entre eux reconnaissent que le juste milieu entre objectifs à court terme et objectifs à moyen terme est difficile à trouver. Ils estiment eux aussi que ce juste milieu correspondrait à un ajustement budgétaire cumulé de 11/2% du PIB sur la période 2004-06, s’il était soutenu par des réformes structurelles et des mesures d’assainissement tangibles, crédibles et de qualité, et si les autorités pouvaient laissaient jouer pleinement les stabilisateurs automatiques de part et d’autre de cette trajectoire. D’autres administrateurs mettent cependant en garde contre toute décision de s’écarter de l’engagement de parvenir à un ajustement budgétaire structurel régulier de ½% du PIB par an. Les administrateurs jugent encourageantes les récentes réformes des marchés du travail et des produits, ainsi que des régimes de retraite. Ils soulignent que de nouveaux efforts seront nécessaires pour atteindre les objectifs du Sommet de Lisbonne, se préparer à faire face aux pressions que le vieillissement de la population exercera sur les économies et les budgets et accroître la contribution de l’Europe à une croissance mondiale équilibrée et durable.

Les administrateurs saluent la reprise de l’activité au Japon depuis le milieu de 2002. Cependant, les perspectives sont toujours assombries par une déflation endémique et par la fragilité des entreprises, du secteur financier et du secteur public. Tout en reconnaissant les progrès accomplis dans le règlement des problèmes économiques que connaît ce pays, les administrateurs ont rappelé qu’il est indispensable de mettre au point une stratégie vaste et dynamique en vue de jeter les bases solides d’une croissance à moyen terme durable. Il conviendrait en priorité de prévoir des mesures rapides et énergiques visant à renforcer le secteur bancaire — notamment en accélérant la liquidation des créances irrécouvrables et en affectant des fonds publics à la recapitalisation des banques fragiles mais importantes pour le système financier — et à restructurer rapidement les entreprises (entre autres par un recours efficace à l’organisme de revitalisation industrielle récemment créé). Tout en se félicitant de la récente initiative de la Banque du Japon d’acheter des titres adossés à des créances, la plupart des administrateurs estiment qu’une politique monétaire plus vigoureuse est nécessaire pour lutter efficacement contre la déflation; dans le cadre de cette politique, les autorités pourraient notamment acheter des actifs très divers afin de pouvoir intervenir aussi bien par la liquidité que par l’intermédiaire des prix des actifs et, parallèlement, s’engager à mettre fin à la déflation dans un certain délai, en expliquant clairement cette mesure. Nombre d’administrateurs craignent toutefois une dépréciation non souhaitable du yen si ces achats sont étendus aux créances en devises. Pour s’attaquer à l’accumulation rapide de la dette publique et aux pressions que va exercer le vieillissement de la population, les administrateurs soulignent la nécessité de préparer une stratégie complète et ambitieuse permettant à moyen terme de rétablir la viabilité des finances publiques du pays.

Marchés émergents

Les administrateurs notent que la croissance est demeurée relativement robuste dans la plupart des régions émergentes, des politiques macroéconomiques et des réformes structurelles plus énergiques, ainsi que l’accélération de l’activité dans les grands pays industrialisés, ayant contribué à une amélioration de la situation dans un nombre croissant de pays. Toutefois, les perspectives et les facteurs de vulnérabilité continuent de varier considérablement selon les pays, aussi convient-il de généraliser les initiatives économiques et de les appuyer par des mesures visant à renforcer les institutions sous-jacentes et à réduire les déficiences financières.

Les administrateurs accueillent avec satisfaction la reprise naissante en Amérique latine, qu’ont soutenue la croissance mondiale plus forte, les dépréciations importantes des taux de change réels et l’amélioration des conditions sur les marchés des obligations des pays émergents. Les administrateurs jugent encourageant le rebond de l’activité en Argentine, mais soulignent que, pour qu’elle progresse durablement, il faut appliquer des plans crédibles visant à rétablir la solvabilité des finances publiques, à restructurer la dette souveraine et celle des entreprises privées, à renforcer le système bancaire et à protéger suffisamment les pauvres. Au Brésil, des politiques fermes ont aidé à renforcer la confiance des marchés financiers et à réduire les marges sur les taux d’intérêt et il demeure capital que le gouvernement poursuive ses réformes et maintienne la discipline budgétaire pour soutenir la confiance et le redressement de la demande intérieure. Pour l’ensemble de la région, les administrateurs soulignent que des réformes macroéconomiques et structurelles supplémentaires restent nécessaires pour que les pays résistent mieux aux chocs économiques. Ces réformes devraient comporter, en premier lieu, des mesures permettant de continuer de ramener la dette publique à des niveaux plus gérables, ainsi que de renforcer les systèmes bancaires et l’autonomie de la banque centrale dans sa politique de faible inflation. En outre, les réformes du commerce extérieur, du marché du travail et des systèmes réglementaires, judiciaires et institutionnels devront être poursuivies pour améliorer la productivité, la justice sociale et la gouvernance. Les administrateurs estiment que les autorités des pays de la région devraient profiter des conditions actuellement favorables sur les marchés financiers pour accélérer la mise en œuvre de réformes ambitieuses.

Les administrateurs saluent la reprise rapide des pays émergents d’Asie, dont l’activité avait ralenti au premier semestre de 2003 à cause essentiellement de la guerre en Iraq et du SRAS, et félicitent un certain nombre de pays pour les mesures judicieuses qu’ils ont prises à point nommé. Bien que, dans de nombreux pays, la demande intérieure ait de plus en plus soutenu l’activité ces dernières années, le cycle mondial continue d’influencer fondamentalement celui de la région. Les administrateurs estiment donc que les politiques visant à promouvoir une croissance davantage endogène restent une priorité pour la région. Ils accueillent avec satisfaction l’analyse qu’ont effectuée les services du FMI sur l’accumulation de réserves de change par les pays émergents d’Asie, et qui devrait éclairer le débat sur les choix qu’il serait souhaitable que les pays de la région opèrent dans l’avenir. L’analyse semble indiquer que, jusqu’en 2001, cette accumulation de réserves dans l’ensemble des pays émergents d’Asie semble plus ou moins refléter les fondamentaux. Les administrateurs constatent que les réserves ont encore augmenté en 2002-03. Ils reconnaissent que ces augmentations doivent être évaluées en fonction de chaque pays, et notamment de l’avantage que, selon beaucoup de pays, il y a à détenir d’importantes réserves pour se protéger contre les crises dans le contexte d’une vulnérabilité continue aux chocs extérieurs et d’un programme de réformes qui n’est pas encore mené à son terme. Cela étant, un certain nombre d’administrateurs attendent avec impatience que soit approfondie l’analyse sur le niveau des réserves qui est adéquat dans les pays émergents. La plupart des administrateurs sont néanmoins d’avis qu’à l’heure actuelle, il serait peut-être souhaitable que, pour des considérations tant intérieures que multilatérales, plusieurs pays émergents d’Asie accumulent moins rapidement des réserves. Dans ces pays, une plus grande flexibilité du taux de change soutiendrait les réformes en cours en réduisant les risques de crise, en rendant la croissance intérieure moins tributaire des caprices du cycle mondial et en favorisant une augmentation de la consommation par les résidents lorsque le taux de change est éventuellement sousévalué. Plusieurs administrateurs admettent que le choix du régime de change et les dates de toute modification de ce régime sont des questions de souveraineté nationale.

Les perspectives économiques des pays d’Europe centrale et orientale continuent d’être en général favorables, même si la croissance dépendra sans doute fortement du rythme de la reprise dans la zone euro. Les administrateurs reconnaissent que de nombreux pays devront obtenir rapidement des résultats tangibles dans l’assainissement de leurs finances publiques, étant donné leur position budgétaire déjà difficile et les pressions exercées par le vieillissement de la population et l’accession à l’UE. L’un des principaux défis à relever par les pays devant accéder à l’UE sera de continuer d’exécuter sans relâche leur vaste programme de réformes afin de réussir leur participation à l’UEM.

Dans les pays de la CEI, l’activité a été stimulée par la croissance robuste de la consommation et les administrateurs conviennent que les perspectives de la région demeurent en général favorables à condition d’accélérer les réformes structurelles. À cet égard, il conviendrait en priorité d’encourager le développement du secteur privé et de renforcer la réglementation et le contrôle du secteur financier.

Les administrateurs font observer qu’au Moyen- Orient, la croissance s’est redressée grâce essentiellement à l’augmentation des prix et de la production de pétrole. L’évolution probable du marché du pétrole donne toutefois à penser que des risques planent sur les perspectives budgétaires et celles de croissance des grands exportateurs d’hydrocarbures, alors que des tensions géopolitiques continuent de peser sur l’avenir de la région dans son ensemble. Les administrateurs reconnaissent que le principal problème pour les pays de la région est d’accélérer la croissance à moyen terme afin d’absorber une population active qui augmente rapidement. Ils félicitent en général les services du FMI pour leur analyse de la croissance dans les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MOAN) pendant ces vingt dernières années et pour leurs propositions sur la meilleure façon de régler ce problème. Selon cette analyse, l’activité pourrait s’accélérer nettement dans nombre de ces pays s’ils réduisaient une consommation publique assez élevée et renforçaient leurs institutions. L’importance des politiques visant à accroître la participation au marché du travail et le soutien du secteur financier aux investissements du secteur privé a également été soulignée.

Pour les administrateurs, il est encourageant que, pendant la phase de ralentissement mondial, la croissance en Afrique soit demeurée remarquablement résistante, grâce à l’amélioration des politiques macroéconomiques, la hausse des cours des produits de base et les allégements de dettes accordés au titre de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Néanmoins, les perspectives pour 2003 sont sans doute assombries par de mauvaises conditions atmosphériques, ainsi que par les incertitudes géopolitiques et les troubles civils, encore que les administrateurs reconnaissent que des progrès sont faits pour résoudre les conflits dans la région. Les administrateurs jugent inquiétant que, d’après les projections actuelles, la croissance en Afrique restera trop faible pour que les Objectifs de développement pour le Millénaire puissent être atteints. Selon eux, il est essentiel, pour améliorer les perspectives de la région de mettre en œuvre assidûment la stratégie pluridimensionnelle qui fait partie intégrante du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD). À cet égard, il faudrait prévoir des mesures pour limiter les conflits et renforcer la gouvernance politique, des actions en faveur de la concurrence, du commerce international et de l’investissement étranger, soutenues par des mesures améliorant la politique macroéconomique, et de nouvelles initiatives en vue de développer les secteurs de la santé, de l’éducation, des infrastructures et de l’agriculture. Les administrateurs soulignent que les réformes intérieures devront être appuyées par une aide extérieure additionnelle, y compris des flux d’aide plus élevés, des allégements de dettes et, surtout, de meilleurs débouchés dans les pays industrialisés pour les exportations des pays en développement.

Les administrateurs estiment que, par son évaluation et son analyse de la dette publique des pays émergents, les services du FMI apportent au bon moment leur contribution aux efforts actuellement déployés pour identifier les principaux facteurs de vulnérabilité. Les services du FMI notent que, après avoir augmenté très fortement ces dernières années, la dette publique des pays émergents, qui se chiffre en moyenne à environ 70% du PIB, dépasse maintenant le ratio moyen de celle des pays industrialisés. Les administrateurs reconnaissent que le niveau auquel elle est viable varie selon les pays, en fonction de leurs caractéristiques propres, et qu’il faut se garder de raisonner en seuils d’endettement. La plupart des administrateurs sont néanmoins d’avis que, pour de nombreux pays émergents, le ratio d’endettement qui peut être maintenu sans donner lieu à d’éventuels problèmes de viabilité est souvent assez bas. En outre, un endettement public élevé peut pénaliser l’activité et limiter la souplesse avec laquelle les autorités peuvent utiliser la politique budgétaire comme moyen d’intervention. En soulignant certaines des conclusions de l’analyse, les administrateurs font valoir que des réformes budgétaires et structurelles importantes et énergiques, accompagnées parfois dans un premier temps par une restructuration de la dette, seront essentielles pour rétablir la viabilité de la dette publique. Dans la plupart des cas, ces réformes devraient porter sur les recettes et les dépenses et viser à améliorer la crédibilité de la politique budgétaire, à limiter les risques budgétaires, y compris ceux qui découlent des variations des taux de change et des taux d’intérêt et de l’existence de passifs conditionnels, à renforcer la gestion de la dette et à encourager une croissance durable. Certains administrateurs soulignent les inefficiences des marchés financiers, qui peuvent aider à expliquer l’expansion excessive du crédit aux États accumulant une dette publique en forte augmentation.

Les administrateurs félicitent également les services du FMI pour leur analyse de l’impact de l’instabilité des taux de change des pays industrialisés sur la performance économique des pays en développement. Ils souscrivent en général à la conclusion selon laquelle les effets négatifs de cette instabilité sur le commerce international, les entrées de capitaux et le risque de crise de change dans les pays en développement semblent en général plutôt limités. Néanmoins, ces effets tendent à être plus importants dans les pays dont la monnaie est arrimée à celle d’un pays industrialisé précis, qui ont accumulé une dette extérieure élevée et dans lesquels il existe une profonde asymétrie entre la composition en monnaies de la dette et celle des échanges. Très souvent, un régime de change plus flexible et une réduction de la dette extérieure, ainsi que l’accès à des instruments de couverture efficaces sur les marchés des changes, devront donc faire partie des moyens à mettre en œuvre pour réduire les facteurs de vulnérabilité.

Enfin, les administrateurs remercient formellement Kenneth Rogoff pour sa contribution aux travaux sur la surveillance multilatérale du FMI de ces deux dernières années, dans le cadre à la fois des perspectives de l’économie mondiale et de ses exposés fort intéressants sur l’évolution de l’économie mondiale et des marchés internationaux, qui figuraient parmi les temps forts des réunions du Conseil d’administration.

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