Chapter

Annexe RéSumé du Président par Intérim

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
November 2001
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

A l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des Perspectives de l’économie mondiale, le Président par intérim a formulé, le 7 septembre 2001, c’est-à-dire avant les attentats terroristes aux Etats-Unis, les commentaires suivants.

Les administrateurs reconnaissent que les perspectives de croissance mondiale se sont encore assombries depuis la parution du rapport de mai 2001 sur les Perspectives de l’économie mondiale. Ils notent en particulier le tassement marqué de la croissance aux Etats-Unis au cours de l’année écoulée, la forte détérioration des perspectives de l’économie japonaise, la dégradation de la situation et des perspectives en Europe et la révision à la baisse des prévisions de croissance pour la plupart des régions en développement. Ils constatent que le ralentissement de la croissance du PIB dans presque toutes les régions du globe s’est accompagné d’une forte décélération de l’expansion des échanges commerciaux. Les conditions de financement pour les marchés émergents se sont elles aussi détériorées, en partie sous l’effet d’une recrudescence des difficultés financières de certains des principaux pays, mais les administrateurs jugent encourageant le fait que les effets de contagion ont été jusqu’à présent beaucoup plus modérés que dans les phases précédentes.

Les administrateurs sont d’avis que le ralentissement est attribuable à l’interaction de plusieurs facteurs, dont la réévaluation de la rentabilité des entreprises et l’ajustement correspondant des cours des actions, le renchérissement de l’énergie et des produits alimentaires et le durcissement antérieur de la politique monétaire face aux pressions de la demande aux États-Unis et en Europe. Ils prennent note en particulier du rôle joué par les fluctuations excessives des cours des actions des entreprises du secteur des technologies de l’information (TI) et par la chute correspondante de l’investissement et de la production dans ce secteur. D’une manière plus générale, ils estiment que le ralentissement plus rapide que prévu de la croissance mondiale tient aussi aux liens commerciaux et financiers étroits qui unissent les pays et y sont maintenant de plus en plus apparents.

Du fait que les autorités ont généralement assoupli sans tarder leur politique macroéconomique et que l’effet des chocs antérieurs commence maintenant à se dissiper, la croissance mondiale, de l’avis des administrateurs, a de bonnes chances de reprendre au deuxième semestre de 2001, mais elle sera plus lente qu’on ne l’avait initialement prévu. Les administrateurs mettent toutefois en garde contre la persistance des risques d’une évolution défavorable de la situation, due en grande partie au caractère de plus en plus synchrone du ralentissement, aux difficultés financières de certaines des grandes économies de marché émergentes, et à la possibilité que le tassement de la croissance exerce des pressions sur le secteur financier et le secteur des entreprises lorsqu’ils sont fragiles, comme dans le cas du Japon. Nombre d’administrateurs ont en outre souligné la nécessité de prendre les mesures nécessaires pour corriger de façon ordonnée les déséquilibres qui se sont installés dans les grandes zones monétaires au cours de la phase d’expansion récente—notamment l’important déficit des transactions courantes des États-Unis et, en contrepartie, l’excédent courant d’autres pays, la surévaluation manifeste du dollar, le faible taux d’épargne des ménages aux États-Unis et les cours des actions, encore très élevés par rapport à leurs niveaux passés—tout en préservant les chances d’une croissance mondiale. A cet égard, un certain nombre d’administrateurs font observer que, dans la mesure où la position extérieure des États-Unis dénote que les possibilités d’investissement sont meilleures dans ce pays, l’application de politiques de croissance plus vigoureuses dans les autres pays pourrait contribuer à la correction des déséquilibres mondiaux. Plusieurs administrateurs ont ajouté que la vigueur continue du dollar vis-à-vis de l’euro—encore que la devise américaine ait perdu du terrain ces dernières semaines—risque d’entraver la reprise aux États-Unis tout en réduisant les possibilités d’assouplissement de la politique monétaire dans la zone euro; et que, s’il se poursuit, le récent affermissement du yen pourrait assombrir davantage les perspectives de l’économie japonaise.

Ces risques et incertitudes appellent, de l’avis des administrateurs, une plus grande vigilance et une ferme détermination dans la conduite des politiques de la part de tous les pays du globe. Les politiques macroéconomiques des pays développés doivent continuer à soutenir l’activité, et, en Europe et au Japon, les réformes structurelles devront être appliquées avec détermination pour stimuler la croissance à long terme. Dans le cas des pays à marché émergent, les perspectives dépendent encore très fortement de l’évolution économique des grands pays industrialisés. Bien que la situation varie grandement d’un pays à l’autre, les administrateurs soulignent la nécessité de poursuivre l’application de politiques macroéconomiques prudentes et d’accélérer les réformes tant structurelles qu’institutionnelles. La communauté internationale, en particulier le FMI, doit se tenir prête à appuyer ces efforts et à aider les pays à faire face à l’effet de contagion s’il s’intensifie.

Les administrateurs insistent sur les importants avantages à attendre de nouvelles négociations commerciales multilatérales, qui favoriseraient la croissance et renforceraient le système commercial réglementé. Ils soulignent que les perspectives d’expansion des échanges commerciaux et d’ouverture des marchés offertes par un nouveau cycle de négociations contribueront à rétablir la confiance, à améliorer les perspectives de croissance mondiale et à contenir les pressions protectionnistes à un moment où l’activité économique se fait de plus en plus lente. Les administrateurs ont exprimé des avis très divers sur le champ que pourrait recouvrir le nouveau cycle de négociations. Un grand nombre d’entre eux sont en faveur de négociations d’une portée vaste et équilibrée incluant à la fois l’accès aux marchés et les règles commerciales, tandis que plusieurs autres administrateurs préfèrent se concentrer sur l’ordre du jour incorporé et sur la mise en œuvre des accords existants. Les administrateurs estiment que les objectifs d’accès aux marchés doivent être ambitieux et beaucoup d’entre eux donnent la préférence à la libéralisation de tous les secteurs, tandis que d’autres insistent sur les avantages considérables que procurerait tant aux pays développés qu’aux pays en développement la libéralisation des secteurs de l’agriculture, des textiles et de l’habillement, où les obstacles et subventions aux échanges restent importants. Ces administrateurs soulignent qu’un nouveau cycle de négociations devrait répondre aux préoccupations propres aux pays en développement, en particulier aux pays les plus pauvres, qui n’ont pas pleinement participé à la croissance des échanges mondiaux.

L’expérience donne à penser que le ralentissement de la croissance aura probablement un effet disproportionné sur les pauvres; aussi, comme le soulignent les administrateurs, l’effort déployé au niveau mondial pour réduire la pauvreté revêt-il une importance encore plus grande. La responsabilité du combat contre la pauvreté incombe avant tout aux gouvernements des pays en question. À cet égard, les administrateurs saluent la nouvelle initiative africaine annoncée par l’Organisation de l’unité africaine, qui met l’accent sur la prise en charge par l’Afrique de la planification et de l’application des réformes, sur son rôle de leader et sa responsabilité dans ces domaines. La plupart des administrateurs estiment que ces efforts doivent s’accompagner d’un soutien accru de la part des économies avancées. En attendant le lancement et l’achèvement d’un nouveau cycle de négociations commerciales, ils appellent à une intensification des efforts déployés pour accroître l’accès aux marchés des exportations des pays les plus pauvres dans le cadre d’une action concertée à l’encontre de la pauvreté, notamment sous la forme d’un allégement de la dette au titre de l’initiative en faveur des PPTE, ainsi qu’à un accroissement des flux d’aide publique. Il faut en outre assurer d’urgence le financement de la stratégie de lutte contre certaines maladies, en particulier le SIDA.

Les grandes zones monétaires

Les administrateurs notent que. dans les grandes zones monétaires, la croissance de la production a continué à s’affaiblir au premier semestre de 2001; en dépit des résultats contrastés que laissent entrevoir les récents indicateurs, la plupart des administrateurs estiment qu’une reprise graduelle a de bonnes chances de se produire aux États-Unis dans la deuxième moitié de 2001. Cependant, les administrateurs reconnaissent qu’il subsiste de grandes incertitudes concernant notamment les perspectives d’expansion de la productivité, la solidité du compte de patrimoine des ménages et la vigueur de leurs dépenses—étant donné, en particulier, les pertes de leur patrimoine boursier et l’augmentation du chômage—ainsi que l’ampleur du surinvestissement dans l’économie. A cet égard, ils sont convenus que la politique monétaire devra rester souple pour pouvoir soutenir davantage l’activité si elle continue à s’affaiblir, et contenir les pressions inflationnistes qui pourraient se faire sentir si la reprise était plus rapide que prévu. Les administrateurs voient dans le récent programme fiscal une riposte appropriée et opportune au présent ralentissement de l’activité, tout en soulignant que les dispositions relatives aux dépenses et aux impôts devront être appliquées avec souplesse pour assurer la réalisation des objectifs budgétaires à moyen terme.

Les administrateurs se déclarent vivement préoccupés par la détérioration des conditions économiques au Japon, où les perspectives de reprise à moyen terme demeurent très incertaines—étant donné, en particulier, le faible niveau persistant de la confiance intérieure, l’affaiblissement de la demande extérieure et la marge de manœuvre très limitée dans la conduite de la politique macroéconomique. Ils jugent encourageante la déclaration par le nouveau gouvernement de sa détermination à s’attaquer aux faiblesses sous-jacentes du secteur des banques et des entreprises et à acc éléré! les réformes en général, et ils appellent à une application énergique de mesures correctives. Certes, ces mesures risquent d’entraîner, dans le court terme, un ralentissement de la croissance, mais les administrateurs ont insisté sur le renforcement de la confiance dans les perspectives économiques du Japon qui résulterait de l’application résolue d’un train de réformes de vaste portée. Il sera néanmoins important que l’activité soit soutenue autant que possible par la politique macroéconomique. à cet égard, ils recommandent de tiret pleinement partie de la marge de manœuvre offerte par la nouvelle politique monétaire, et il est clair qu’un processus prudent d’élimination des mesures de relance budgétaire jusqu’à la reprise s’est déjà engagé. Les administrateurs saluent l’annonce de l’adoption d’une modeste rallonge budgétaire à l’automne, ainsi que la récente modification des priorités des dotations budgétaires au détriment des travaux publics et en faveur des dépenses facilitant la restructuration économique, notamment le renforcement du dispositif de protection sociale, et ont appelé à la poursuite de l’action dans cette voie.

Les administrateurs notent que le ralentissement économique observé dans la zone euro depuis le milieu de l’an 2000 tient à un affaiblissement de la croissance des revenus réels et des exportations, ainsi qu’à la propagation des effets du tassement de l’activité mondiale—du fait des liens internationaux de plus en plus étroits unissant les secteurs financiers et ceux des entreprises. Certes, le niveau encore très compétitil du taux de change, la dissipation des répercussions des récents chocs causés par l’évolution des prix et les réductions d’impôts dans certains pays devraient accroître les chances de reprise, mais les perspectives, ils en conviennent, demeurent incertaines, en particulier si la reprise mondiale a lieu plus tard que prévu ou si la confiance des consommateurs s’effrite davantage. Face à une telle situation, les administrateurs accueillent avec satisfaction les réductions de taux d’intérêt récemment opérées par la Banque centrale européenne et encouragent les autorités à continuer de veiller à concilier la nécessité de préserver la crédibilité de leur engagement à défendre la stabilité des prix avec l’utilité d’exploiter toute possibilité d’assouplir davantage leur politique si le cas le justifie. Sur le plan budgétaire, les administrateurs reconnaissent qu’il y a lieu de laisser les recettes budgétaires évoluer avec le cycle tout en conservant les objectifs de dépenses des programmes de stabilité à moyen terme, encore que certains d’entre eux estiment qu’il n’est possible de laisser pleinement jouer les stabilisateurs automatiques que dans les pays où la position budgétaire est suffisamment solide. Dans l’ensemble, il est capital, à leur avis, d’accélérer les réformes structurelles, notamment celles du marché du travail et des régimes publics de retraite, pour accroître le taux de croissance de la production potentielle, réduire le chômage et atténuer les éventuelles pressions budgétaires.

Les économies de marché émergentes

Les administrateurs notent que la croissance en Amérique latine s’est beaucoup affaiblie, sous l’effet du tassement de l’activité mondiale, du ralentissement des entrées de capitaux et de divers facteurs propres aux pays de la région, notamment de la situation difficile de l’Argentine. Étant donné le niveau généralement élevé de leurs besoins de financement extérieurs, nombre de ces pays ont relativement peu de possibilités d’adopter des mesures de soutien monétaire et budgétaire anticycliques et, en fait, certains pays ont durci davantage leurs politiques pour préserver la confiance extérieure et éviter des conséquences négatives sur le plan de la dette. Face à une telle situation, les administrateurs accueillent avec satisfaction le nouveau programme d’ajustement annoncé par l’Argentine, soulignant la nécessité d’appliquer jusqu’au bout la loi prévoyant un déficit zéro et de réformer au plus tôt les accords budgétaires avec les provinces. Ils saluent en outre le programme économique renforcé du Brésil et le récent durcissement de la politique budgétaire du Mexique. Ils soulignent que la situation n’en reste pas moins précaire, et que les autorités des pays de la région devront continuer à suivre de près l’évolution de la situation et se tenir prêtes à prendre, le cas échéant, les mesures additionnelles qui s’imposent.

Les administrateurs constatent que, dans la plupart des pays à marché émergent d’Asie, à l’exception notable de la Chine, la croissance a fortement ralenti depuis le milieu de l’an 2000, et que les pays exposés aux effets du ralentissement de l’activité mondiale dans le secteur des technologies de pointe ont été particulièrement touchés. Ils estiment que les perspectives d’accélération de la croissance en 2002 dépendent en grande partie de la reprise de l’économie mondiale et du secteur de l’électronique, ainsi que de l’évolution de l’économie japonaise. Ils sont convenus que la politique macroéconomique doit continuer à soutenir l’activité dans la mesure du possible, bien que le niveau élevé du déficit ou de la dette de l’État limite la marge de manœuvre dans certains domaines. Ils insistent en outre sur la nécessité de progresser plus rapidement dans la correction des déficiences des secteurs financiers et des entreprises et autres déséquilibres structurels. Saluant le dynamisme actuel de l’économie chinoise, les administrateurs encouragent les autorités à poursuivre leurs réformes pour renforcer le secteur bancaire et restructurer les entreprises d’État.

Les administrateurs notent qu’un ralentissement modéré de la croissance du PIB est généralement attendu dans la plupart des pays émergents d’Europe, en grande partie à cause du tassement de l’activité en Europe occidentale. Bien que le dosage de mesures à retenir pour le court terme varie d’un pays à l’autre en fonction des conditions conjoncturelles, les administrateurs s’accordent à penser que la politique à moyen terme doit rester fermement orientée vers les objectifs d’accession à l’UE et de rééquilibrage budgétaire, étant donné, en particulier, la nécessité de réduire le niveau élevé des déficits extérieurs courants et de faire face aux pressions créées par le vieillissement de la population. Ils notent que les vastes mesures de réforme et de stabilisation en cours d’exécution en Turquie n’ont pas encore ramené les taux d’intérêt intérieurs réels à des niveaux propres à favoriser la croissance et à assurer la viabilité de la dette. Les administrateurs soulignent qu’il est essentiel de continuer à appliquer le programme dans sa totalité pour accroître la confiance tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur.

Les administrateurs constatent qu’en Russie et dans les autres pays de la CEI, la croissance demeure relativement robuste après son recul par rapport aux niveaux exceptionnellement élevés de l’an 2000. La difficulté pour les responsables de la Russie et des autres pays exportateurs d’énergie sera de resserrer suffisamment les conditions de liquidité intérieure pour maîtriser l’inflation tout en évitant une appréciation excessive et rapide de la monnaie en termes réels. Les administrateurs jugent très préoccupant le niveau élevé de la dette extérieure de certains des pays les plus pauvres de la CEI et sont d’avis qu’il doit être suivi de près. L’accélération des réformes structurelles—en particulier le renforcement des institutions et de la gestion des affaires publiques, la restructuration des entreprises et du secteur financier, et la transformation du rôle de l’Etat—demeure impérieuse dans la plupart des pays de la région.

Les administrateurs observent que, dans le cas de l’Afrique, une croissance assez soutenue est prévue pour 2001, mais les perspectives dépendront des développements extérieurs et de l’état de sécurité dans les divers pays de la région. Le renchérissement du pétrole et du gaz a favorisé la reprise de la croissance dans les pays exportateurs d’énergie, mais la faiblesse persistante des prix de la plupart des autres produits de base continue à freiner l’activité dans les autres pays. Ils notent que l’application de bonnes politiques macroéconomiques et structurelles favorise la croissance dans un nombre de plus en plus grand de pays, mais que les perspectives d’expansion économique et de réduction de la pauvreté dans certains d’entre eux continuent d’être assombries par des incertitudes économiques et politiques, en particulier par les conflits qui y régnent. Les administrateurs sont d’accord sur la nécessité de prendre des mesures de vaste portée pour assurer un climat plus propice à l’investissement, à la diversification et à la croissance. Ces mesures consisteraient notamment à améliorer la prestation des services d’éducation, de santé et autres services publics, à régler ou prévenir les conflits, à améliorer la gestion des affaires publiques et à libéraliser les échanges commerciaux.

Les administrateurs notent qu’un ralentissement de la croissance est attendu au Moyen-Orient pour 2001, par suite de la baisse des contingents de production et des prix du pétrole, de la dégradation des perspectives de croissance mondiale et de la détérioration de l’état de sécurité dans la région. Ils constatent avec satisfaction la ferme discipline budgétaire suivie par les pays producteurs de pétrole dans leur volonté d’éviter l’évolution économique en dents de scie observée lors des précédentes fluctuations des prix du pétrole. Les administrateurs soulignent qu’il importe de mener des politiques macroéconomiques fermes, de poursuivre la libéralisation des échanges et d’améliorer le climat des affaires pour favoriser la diversification et la croissance de l’économie.

Les administrateurs se sont largement entretenus de l’impact macroéconomique de la révolution des technologies de l’information (TI). Ils notent que, jusqu’à ce jour, cette révolution s’aligne sur les révolutions technologiques passées, avec une phase initiale caractérisée par une évolution en dents de scie des cours des actions des firmes innovantes, ainsi que des dépenses en produits incorporant les nouvelles technologies. Les administrateurs constatent que les progrès techniques rapides dans la production des technologies de l’information ont déjà donné lieu—par la baisse des prix relatifs—à d’importants bienfaits économiques, notamment sous la forme d’une nouvelle intensification du capital et d’une augmentation du surplus du consommateur. Ils sont d’avis que, malgré le marasme actuel du secteur des technologies de l’information, la révolution de ces technologies continuera d’avoir, dans le long terme, un impact positif sur l’économie mondiale, car les activités se réorganiseront pour tirer profit des technologies de l’information. Les administrateurs soulignent qu’il est important, pour un grand nombre de pays, de renforcer davantage leurs politiques structurelles—y compris celles qui ont trait au marché du travail ou visent à améliorer la formation du capital humain—pour faciliter la réorganisation de la production et permettre de tirer pleinement profit des technologies de l’information.

Les administrateurs accueillent avec satisfaction l’analyse de l’effet de l’intégration financière internationale sur les pays en développement. Prenant note du faible lien positif qui ressort des travaux empiriques entre la libéralisation des mouvements de capitaux et la croissance économique, ils estiment qu’il faut évaluer ces résultats en tenant compte de plusieurs facteurs, parmi lesquels la nature partielle des analyses réalisées jusqu’à présent, la mesure dans laquelle les pays de l’échantillon remplissent les conditions macroéconomiques et institutionnelles préalables à une libéralisation réussie des mouvements de capitaux, et le fait que l’impact sur les perspectives de croissance diffère selon le type de flux de capitaux. Ils insistent sur l’ampleur des bienfaits que la libéralisation des mouvements de capitaux peut procurer à long terme en accroissant l’investissement intérieur et en approfondissant les marchés financiers intérieurs, et notent en particulier le rôle bénéfique de l’investissement direct étranger ei les retombées sur le reste de l’économie des transferts de technologie. Ils reconnaissent en même temps que l’ouverture des marchés financiers au reste du monde est un processus complexe qui relève de la gageure et peut comporter des risques importants en exposant les pays à l’instabilité financière et aux revirements soudains des flux de capitaux. Pour les pays en développement, la difficulté est donc de maximiser, avec le temps, les avantages nets de la libéralisation. De l’avis des administrateurs, ils devront pour cela mettre en œuvre, dans des domaines très divers, des politiques soigneusement conçues qui tiennent compte de leurs circonstances particulières et de leur stade de développement. Sur la base des informations disponibles sur l’expérience des pays, les administrateurs parviennent à la conclusion que, s’il n’existe pas de règle simple permettant de déterminer le rythme de la libéralisation des flux de capitaux ou l’ordre dans lequel les llux doivent être libéralisés, il n’en est pas moins nécessaire en principe de soutenir de telles réformes par des politiques macroéconomiques cohérentes et un cadre institutionnel suffisamment solide, en particulier dans le secteur financier.

    Other Resources Citing This Publication