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Chapitre I. Les perspectives et les enjeux économiques mondiaux

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
June 2004
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La reprise de l’activité mondiale se renforçant et s’amplifiant, les services du FMI ont révisé nettement à la hausse leurs prévisions de référence, de sorte que l’on s’attend maintenant à une croissance mondiale de l’ordre de 4½ % en 2004 et en 2005 (graphique 1.1 et tableau 1.1). Grâce à la forte expansion du commerce international, au dynamisme des marchés financiers et au rebond de l’économie des États-Unis, les risques sont beaucoup plus équilibrés. À court terme, il est possible que la croissance mondiale dépasse les projections, encore que les aléas géopolitiques, en particulier les attentats terroristes, et les prix du pétrole soient de plus en plus préoccupants. Toutefois, des difficultés et des risques graves demeurent: il est, à cet égard, nécessaire de parvenir à une résorption ordonnée des déséquilibres mondiaux, notamment le déficit élevé des transactions courantes aux États-Unis et les excédents ailleurs, de se préoccuper de la situation budgétaire délicate à moyen terme de nombre de pays industrialisés ou émergents et de gérer le moment venu le passage à des taux d’intérêt plus élevés. Les responsables économiques doivent certes continuer de veiller à ce que la reprise soit soutenue, mais ils doivent aussi accorder davantage d’attention à ces problèmes et, plus particulièrement, en suivant une approche crédible et fondée sur la concertation, s’attaquer aux déséquilibres mondiaux et redonner aux pays la marge de manœuvre indispensable pour riposter aux chocs imprévus. Les pays aussi bien avancés qu’en développement devront impérativement mettre à profit la reprise en vue de poursuivre les réformes structurelles nécessaires pour augmenter leur potentiel de croissance, ainsi que pour donner plus de flexibilité à leur économie et en améliorer les capacités d’adaptation, et pour résister aux mouvements protectionnistes.

Graphique 1.1.Indicateurs mondiaux1

(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)

La reprise s’affermissant, on s’attend à ce que, en 2004, la croissance mondiale soit supérieure à la tendance longue, tandis que l’inflation restera faible.

1 Les zones ombrées correspondent aux projections des services du FMI. Sauf indication contraire, les agrégats sont pondérés sur la base de la parité de pouvoir d’achat.

2 Taux moyens de croissance des pays (somme pondérée en fonction de la parité de pouvoir d’achat). Au fil des ans, la pondération des pays à croissance plus rapide augmente, donnant à la courbe une orientation vers le haut.

3 Moyenne pondérée par les PIB des rendements, diminués des taux d’inflation, des obligations d’État à dix ans (ou à échéance la plus proche de dix ans) des pays suivants: États-Unis, Japon, Allemagne, France, Italie (sauf avant 1972), Royaume-Uni et Canada.

4 Moyenne non pondérée des cours du disponible des bruts U.K. Brent, Dubaï et West Texas Intermediate.

Tableau 1.1.Perspectives de l’économie mondiale: aperçu des projections(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
Projections actuellesÉcart par rapport aux projections de septembre 20031
200220032004200520032004
Production mondiale3,03,94,64,40,60,6
Économies avancées1,72,13,53,10,30,6
États-Unis2,23,14,63,90,50,7
Zone euro0,90,41,72,3–0,1
Allemagne0,2–0,11,61,9–0,1
France1,20,21,82,4–0,3–0,2
Italie0,40,31,22,0–0,1–0,4
Espagne2,02,42,83,30,2
Japon–0,32,73,41,90,71,9
Royaume-Uni1,72,33,52,50,71,0
Canada3,31,72,63,1–0,2–0,4
Autres économies avancées2,81,93,23,50,20,3
Nouvelles économies industrielles d’Asie5,13,05,35,00,71,1
Pays émergents et en développement4,66,16,05,91,00,6
Afrique3,54,14,25,40,4–0,4
Afrique subsaharienne3,53,54,25,70,4–0,6
Europe centrale et orientale4,44,54,54,40,60,1
Communauté des États indépendants5,17,66,05,21,70,9
Russie4,77,36,05,31,41,0
Russie non comprise6,28,15,95,02,50,7
Asie, pays en développement d’6,47,87,47,01,40,9
Chine8,09,18,58,01,61,0
Inde4,77,46,86,01,80,9
ASEAN-424,35,05,45,40,91,0
Moyen-Orient4,25,44,15,00,5–0,2
Hémisphère occidental–0,11,73,93,70,10,4
Brésil1,9–0,23,53,5–1,70,5
Mexique0,71,33,33,3–0,1–0,2
Pour mémoire
Croissance mondiale calculée
sur la base des cours de change1,82,73,83,50,50,6
Volume du commerce mondial (biens et services)3,14,56,86,61,61,3
Importations
Économies avancées2,33,55,75,40,61
Pays émergents et en développement6,28,910,29,43,52,3
Exportations
Économies avancées1,92,76,36,11,11,2
Pays émergents et en développement6,58,78,18,74,11,4
Prix des produits de base (en dollars)
Pétrole32,515,83,8–10,01,614,4
Produits de base hors combustibles (moyenne
fondée sur la pondération des exportations
mondiales de produits de base)0,57,17,6–0,82,05,2
Prix à la consommation
Économies avancées1,51,81,71,70,4
Pays émergents et en développement6,06,15,75,0–0,10,5
Taux du LIBOR à six mois (en pourcentage)
Dépôts en dollars1,91,21,33,5–0,7
Dépôts en euros3,32,32,12,60,1–0,3
Dépôts en yen0,10,10,10,4–0,1
Note: On suppose que les taux de change effectifs restent, en valeur réelle, aux niveaux observés entre le 13 février et le 12 mars 2004.

Calculé en utilisant la parité de pouvoir d’achat (PPA) révisée, telle que résumée au tableau A de l’appendice statistique.

Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

Moyenne non pondérée des cours du disponible des bruts U.K. Brent, Dubaï et West Texas Intermediate. Le prix moyen du pétrole en 2003 était de 28,89 dollars le baril; hypothèse pour 2004: 30 dollars le baril et pour 2005: 27 dollars le baril.

Note: On suppose que les taux de change effectifs restent, en valeur réelle, aux niveaux observés entre le 13 février et le 12 mars 2004.

Calculé en utilisant la parité de pouvoir d’achat (PPA) révisée, telle que résumée au tableau A de l’appendice statistique.

Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

Moyenne non pondérée des cours du disponible des bruts U.K. Brent, Dubaï et West Texas Intermediate. Le prix moyen du pétrole en 2003 était de 28,89 dollars le baril; hypothèse pour 2004: 30 dollars le baril et pour 2005: 27 dollars le baril.

Depuis l’édition de septembre 2003 des Perspectives, la reprise mondiale s’est renforcée et amplifiée. La production industrielle s’est nettement redressée, parallèlement à un fort rebond du commerce mondial (graphique 1.2); en outre, la confiance des entreprises et, dans une moindre mesure, celle des consommateurs se sont améliorées et la croissance de l’investissement —facteur indispensable pour soutenir la reprise —est devenue nettement positive dans presque toutes les régions. Au second semestre de 2003, la croissance du PIB mondial s’est établie en moyenne à près de 6 % (taux annualisé), soit le taux le plus élevé depuis la fin de 1999. Si ce résultat tient en partie à des facteurs exceptionnels —notamment un envol de la consommation aux États-Unis qui s’explique par l’impact à court terme des baisses d’impôt et du refinancement des hypothèques et le redressement qui a suivi le recul de l’activité imputable au syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) en Asie —, les données récentes semblent indiquer que la croissance du PIB mondial est demeurée robuste au début de 2004.

Graphique 1.2.Indicateurs courants et précurseurs

(Variations trimestrielles en pourcentage, en taux annuels, sauf indication contraire)

La croissance de la production industrielle et du commerce international a rebondi au second semestre de 2003, parallèlement à une amélioration des indicateurs précurseurs (la confiance des entreprises en particulier).

Sources: confiance des entreprises: pour les États-Unis, Institute for Supply Management; pour la zone euro, Commission européenne; pour le Japon, Banque du Japon. Confiance des consommateurs: pour les États-Unis, Conference Board; pour la zone euro, Commission européenne; pour le Japon, Bureau du Premier Ministre (Agence de planification économique). Pour les autres indicateurs: Haver Analytics.

1 Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède, Suisse et zone euro.

2 Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Bulgarie, Chili, Chine, Colombie, Corée, Estonie, Hong Kong (RAS), Hongrie, Inde, Indonésie, Israël, Lettonie, Lituanie, Malaisie, Mexique, Pakistan, Pérou, Philippines, Pologne, République slovaque, République tchèque, Roumanie, Russie, Singapour, Slovénie, province chinoise de Taiwan, Thaïlande, Turquie, Ukraine et Venezuela.

3 Les données pour la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Russie ont été calculées par interpolation.

Si la reprise apparaît maintenant engagée dans toutes les régions, son rythme et sa nature varient considérablement. À ce jour, elle est la plus rapide dans les pays émergents d’Asie, en Chine en particulier, et aux États-Unis et est moins solide dans la zone euro où la consommation demeure faible et où, ces derniers mois, certains indicateurs précurseurs importants n’ont pas progressé, voire se sont repliés. On peut notamment remarquer des différences dans la vigueur de la demande intérieure (au niveau tant de la consommation que de l’investissement). En ce qui concerne les pays industrialisés, la demande intérieure est en général la plus forte dans ceux qui enregistrent les déficits des transactions courantes les plus importants, de sorte que la reprise a tendance à exacerber les déséquilibres structurels (graphique 1.3). Enfin, si la croissance de la demande intérieure s’est nettement redressée dans les pays émergents d’Asie, l’excédent courant régional demeure très élevé, le redémarrage du secteur des technologies de l’information, ainsi que la dépréciation des taux de change, soutenant les exportations.

Graphique 1.3. G-7:une reprise d’une nature différente

(Variations en pourcentage entre le troisième trimestre de 2001 et le quatrième trimestre de 2003)

La vigueur et la nature de la reprise ont varié considérablement entre les pays du G-7, la demande intérieure (la consommation en particulier) étant la plus forte dans les pays dont le déficit des transactions courantes est le plus élevé.

Sources: Haver Analytics; calculs des services du FMI.

L’évolution des marchés des changes a été dominée par un nouveau recul du dollar imputable essentiellement aux craintes concernant la viabilité du déficit des transactions courantes des États-Unis1. En dépit d’un certain rebond depuis la fin de février, le dollar, pondéré par le commerce extérieur, s’est déprécié de 3¼ % depuis le 19 septembre 2003, date de la déclaration du Groupe des Sept (G-7) sur les taux de change, ce qui représente une baisse cumulée de 16½ % par rapport à son pic de février 2002. Jusqu’à présent, l’ajustement a été relativement ordonné, les signes de tension sur les autres marchés financiers étant faibles, et les marchés des changes ne sont guère plus instables que par le passé. Cependant, l’appréciation des monnaies observée en contrepartie dans les autres pays ou régions est demeurée inégale: elle concerne essentiellement l’euro et les monnaies d’un certain nombre de pays industrialisés et, de plus en plus, le yen malgré d’importantes interventions officielles (graphique 1.4). Tout en s’appréciant en général quelque peu par rapport au dollar, les monnaies des pays émergents se sont dépréciées lorsqu’elles sont pondérées par le commerce extérieur. En Asie, cette évolution s’est également accompagnée d’interventions massives et d’une nouvelle accumulation de réserves officielles.

Graphique 1.4.Taux de change: évolution mondiale

(Pourcentage)

Depuis la déclaration du G-7 du 19 septembre 2003 sur les taux de change, la dépréciation du dollar a continué de s’accompagner d’une appréciation de l’euro, du yen et de la monnaie de certains autres pays industrialisés; les monnaies des pays émergents se sont encore dépréciées en termes effectifs nominaux.

Sources: Bloomberg Financial, LP; calculs des services du FMI.

1 Australie et Nouvelle-Zélande.

2 Danemark, Norvège et Suède.

3 Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

4 Hongrie, Pologne et République tchèque.

5 Afrique du Sud, Russie et Turquie.

6 Corée, Hong Kong (RAS), Singapour et province chinoise de Taiwan.

7 Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Mexique, Pérou et Venezuela.

En ce qui concerne les marchés financiers, la reprise généralisée s’est poursuivie, encore qu’elle ait quelque peu ralenti depuis février à la suite notamment des attentats terroristes de Madrid et de l’aggravation des incertitudes géopolitiques dans le reste du monde. Depuis la dernière édition des Perspectives, les cours des actions ont augmenté fortement sur tous les marchés (matures et émergents), les marges ont encore diminué, en particulier dans le cas des obligations à haut rendement des entreprises et des pays émergents, et les apports de financement dans ces pays se sont redressés, les entrées nettes de capitaux privés passant à 140 milliards de dollars en 2003 (graphiques 1.5 et 1.6 et tableau 1.2). Ce mouvement généralisé vers des actifs plus risqués était dû en partie à l’amélioration effective —et perçue —des fondamentaux (notamment, l’accélération de la reprise, l’augmentation de la rentabilité des entreprises et la meilleure qualité du crédit à la fois aux entreprises et aux pays émergents), mais aussi, à l’évidence, à des facteurs plus temporaires (souplesse des conditions monétaires et abondance de la liquidité, par exemple). Étant donné la crainte d’une surévaluation des cours des actions, il y a lieu de se féliciter de leur récente consolidation, d’autant plus que certains signes donnent à penser que les investisseurs font davantage preuve de discernement. Malgré la détérioration des positions budgétaires, les taux d’intérêt à long terme sont demeurés exceptionnellement bas par comparaison avec le passé; apparemment, cela tenait en partie à ce que l’on prévoyait que la politique monétaire resterait longtemps accommodante, mais aussi à des facteurs cycliques (y compris le rebond de la rentabilité des entreprises aux États-Unis, qui a permis jusqu’à présent de financer le redémarrage de l’investissement sans recourir massivement à l’emprunt).

Graphique 1.5.Évolution des marchés financiers matures

Le rebond des marchés financiers matures s’est poursuivi, de même que la réduction des marges. Les taux d’intérêt à long terme se sont stabilisés et demeurent relativement bas par rapport au passé.

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; State Street Bank; HBOS plc; Office of Federal Housing Enterprise Oversight; Japan Real Estate Institute; calculs des services du FMI.

1 Indicateurs de la propension au risque FMI/State Street Bank.

2 Indice Halifax des prix de l’immobilier (valeur de toutes les maisons).

3 Indice des prix de l’immobilier (valeur des maisons unifamiliales dans l’ensemble des États-Unis, dans diverses régions du pays et dans les États et le District de Columbia).

4 Indice des prix des terrains urbains: moyenne de toutes les catégories dans six grandes communautés urbaines.

Graphique 1.6.Pays émergents: conditions de financement

Dans les pays émergents, les entrées brutes de capitaux se sont fortement redressées, alors que les marges restent rétrospectivement très faibles.

Sources: Bloomberg Financial Markets, LP; Capital Data; calculs des services du FMI.

1 Corrélation moyenne glissante sur 30 jours entre les marges des marchés obligataires émergents.

Tableau 1.2.Pays émergents et en développement: flux nets de capitaux1(Milliards de dollars)
1996199719981999200020012002200320042005
Total2
Flux nets de capitaux privés3217,8177,677,486,642,220,647,0131,2162,9100,9
Investissements directs nets116,0144,0153,0171,2175,0189,1139,3119,3135,5143,3
Investissements de portefeuille nets85,062,838,466,06,1–95,7–98,6–87,5–43,9–36,9
Autres flux nets de capitaux privés16,8–29,2–114,0–150,6–139,0–72,86,399,371,2–5,5
Flux nets de capitaux publics–5,148,347,36,4–14,525,83,3–7,2–20,0–18,0
Variation des réserves4–91,2–104,1–34,6–92,7–116,9–113,5–196,0–363,9303,8–175,7
Pour mémoire
Solde des transactions courantes5–95,4–80,8–51,438,8128,988,1145,8207,3162,5111,0
Afrique
Flux nets de capitaux privés39,14,09,111,81,16,57,29,513,216,8
Investissements directs nets3,67,96,99,88,223,912,314,313,715,8
Investissements de portefeuille nets2,87,03,78,3–2,2–8,8–0,71,82,53,4
Autres flux nets de capitaux privés2,7–10,9–1,6–6,3–4,9–8,5–4,4–6,6–3,0–2,4
Flux nets de capitaux publics–3,03,34,73,53,11,94,24,14,22,7
Variation des réserves4–6,7–11,22,7–3,4–13,2–12,5–7,6–14,4–13,5–11,4
Europe centrale et orientale
Flux nets de capitaux privés325,621,827,334,533,4–1,143,843,545,748,1
Investissements directs nets10,411,618,021,322,922,723,113,218,220,9
Investissements de portefeuille nets1,35,4–2,44,33,6–0,20,73,95,76,7
Autres flux nets de capitaux privés13,94,811,88,86,9–23,620,026,421,720,5
Flux nets de capitaux publics–2,81,1–2,02,76,5–7,2–5,7–6,1–6,5
Variation des réserves4–7,3–10,1–9,6–11,0–3,16,1–13,6–11,1–5,5–7,8
Communauté des États indépendants6
Flux nets de capitaux privés3–7,916,34,5–7,6–15,1–5,6–9,74,8–0,54,4
Investissements directs nets4,95,95,34,32,45,04,23,64,34,0
Investissements de portefeuille nets–0,117,67,7–3,0–6,0–9,2–8,2–13,3–8,5–8,8
Autres flux nets de capitaux privés–12,7–7,2–8,5–8,9–11,5–1,3–5,714,63,79,3
Flux nets de capitaux publics10,98,59,40,1–3,4–3,7–1,1–4,2–1,7–1,3
Variation des réserves42,1–3,87,5–2,0–17,2–11,3–11,8–31,9–32,4–25,7
Pays émergents d’Asie7
Flux nets de capitaux privés118,634,0–50,62,7–4,210,124,884,3116,819,5
Investissements directs nets53,456,556,166,467,460,553,149,356,054,9
Investissements de portefeuille nets32,06,38,456,620,1–54,4–57,6–58,4–18,1–19,7
Autres flux nets de capitaux privés33,1–28,8–115,0–120,2–91,74,029,393,478,9–15,7
Flux nets de capitaux publics–13,225,217,51,84,0–2,0–1,9–8,6–3,5–6,7
Variation des réserves4–46,1–35,9–52,6–87,1–60,8–90,7–157,8–245,3–234,8–118,0
Moyen-Orient8
Flux nets de capitaux privés32,09,68,4–7,9–24,9–16,3–27,6–22,9–30,1–16,3
Investissements directs nets4,15,25,13,97,78,16,98,98,911,8
Investissements de portefeuille nets1,0–2,7–6,2–4,5–12,3–15,8–19,0–24,3–27,5–23,2
Autres flux nets de capitaux privés–3,17,29,5–7,3–20,4–8,6–15,4–7,4–11,4–4,9
Flux nets de capitaux publics7,46,75,26,6–11,0–3,2–5,4–11,0–7,3–2,8
Variation des réserves4–18,0–16,610,3–0,2–27,4–10,6–3,1–25,6–11,5–6,7
Hémisphère occidental
Flux nets de capitaux privés370,491,978,653,251,926,98,511,817,928,4
Investissements directs nets39,656,961,565,566,468,939,630,034,636,0
Investissements de portefeuille nets47,929,227,24,42,9–7,2–13,72,92,14,8
Autres flux nets de capitaux privés–17,15,8–10,1–16,6–17,4–34,7–17,4–21,1–18,8–12,4
Flux nets de capitaux publics–7,27,39,5–3,4–9,926,314,618,2–5,6–3,4
Variation des réserves4–15,2–26,57,211,14,85,4–2,0–35,5–6,1–6,2
Pour mémoire
Pays exportateurs de pétrole
Flux nets de capitaux privés3–21,928,05,1–25,7–54,8–32,4–50,9–21,7–35,0–12,8
Pays non exportateurs de pétrole
Flux nets de capitaux privés3239,8149,672,3112,396,952,997,9152,9197,9113,7

Les flux nets de capitaux se composent des investissements directs nets, des investissements de portefeuille nets et d’autres flux d’investissement nets à court et à long terme, y compris les emprunts publics et privés. La Corée, Israël, la RAS de Hong Kong, Singapour et la province chinoise de Taiwan sont pris en compte dans ce tableau.

À partir de la présente édition, la RAS de Hong Kong est prise en compte dans ces totaux et dans le groupe des pays émergents d’Asie.

En raison des lacunes présentées par ces données, les «autres flux nets de capitaux privés» peuvent comprendre certains flux de capitaux publics.

Le signe moins indique une augmentation.

La somme du solde des transactions courantes, des flux nets de capitaux privés, des flux nets de capitaux publics et de la variation des réserves est égale, mais avec le signe contraire, à la somme du solde du compte de capital et d’opérations financières et des erreurs et omissions. Pour les soldes des transactions courantes par région, voir le tableau 25 de l’appendice statistique.

Les données cumulées de la Russie ayant été révisées, et un certain nombre de problèmes d’interprétation réglés, les données rétrospectives ont elles aussi été révisées.

Pays en développement et nouvelles économies industrielles d’Asie.

Y compris Israël.

Les flux nets de capitaux se composent des investissements directs nets, des investissements de portefeuille nets et d’autres flux d’investissement nets à court et à long terme, y compris les emprunts publics et privés. La Corée, Israël, la RAS de Hong Kong, Singapour et la province chinoise de Taiwan sont pris en compte dans ce tableau.

À partir de la présente édition, la RAS de Hong Kong est prise en compte dans ces totaux et dans le groupe des pays émergents d’Asie.

En raison des lacunes présentées par ces données, les «autres flux nets de capitaux privés» peuvent comprendre certains flux de capitaux publics.

Le signe moins indique une augmentation.

La somme du solde des transactions courantes, des flux nets de capitaux privés, des flux nets de capitaux publics et de la variation des réserves est égale, mais avec le signe contraire, à la somme du solde du compte de capital et d’opérations financières et des erreurs et omissions. Pour les soldes des transactions courantes par région, voir le tableau 25 de l’appendice statistique.

Les données cumulées de la Russie ayant été révisées, et un certain nombre de problèmes d’interprétation réglés, les données rétrospectives ont elles aussi été révisées.

Pays en développement et nouvelles économies industrielles d’Asie.

Y compris Israël.

Conjuguée à l’évolution des taux de change, l’accélération de la reprise mondiale s’est aussi répercutée sur les cours des produits de base (voir appendice 1.1). Les prix du pétrole ont nettement augmenté, les cours du disponible passant de 26½ dollars le baril en septembre 2003 à 34 dollars au milieu d’avril 2004. Une fraction importante de cette hausse semble résulter de la dépréciation du dollar (d’où son impact limité sur la croissance mondiale). Le reste s’explique par un accroissement plus fort que prévu de la demande, aux États-Unis et en Chine en particulier, ainsi que par le volume relativement faible des stocks, le retard initial dans le rétablissement de la production iraquienne, l’annonce par l’OPEP d’une éventuelle réduction de l’offre et une intense activité spéculative. Depuis la fin de mars, les prix ont considérablement fluctué et, d’après les cours à terme du 13 avril, ils devraient s’établir en moyenne à 32½ dollars environ le baril pour l’ensemble de l’année 2004, soit une hausse de 8 % approximativement par rapport aux projections macroéconomiques prises par hypothèse. En conséquence, il y a toujours des risques de grande instabilité et beaucoup dépendra des perspectives de la demande, des facteurs géopolitiques et de la situation des stocks, ainsi que de la question de savoir dans quelle mesure et à quel rythme les positions spéculatives seront levées. Les cours des produits de base non pétroliers se sont également ressaisis, augmentant d’environ 10 % en termes de DTS depuis le milieu de 2003 —les métaux (dont, traditionnellement, l’évolution des cours est la plus cyclique), les produits alimentaires et les matières premières agricoles enregistrant les hausses les plus fortes. Ils devraient normalement rester fermes, mais rétrospectivement modérés (graphique 1.1), et leur progression moyenne ralentira sans doute en 2004, à mesure que les chocs subis précédemment par les approvisionnements agricoles se résorberont et que la production de métaux s’adaptera à leur hausse. L’activité dans le secteur des semiconducteurs s’est nettement redressée en 2003 et, malgré un certain fléchissement récemment des indicateurs précurseurs, elle devrait continuer de se renforcer.

À quelques exceptions près, l’inflation reste faible (tableau 1.3). Dans les pays avancés, les prix à la consommation ont augmenté de 1,8 % en moyenne en 2003 et, en dépit de la hausse des cours des produits de base, ils devraient, selon les projections, légèrement baisser en 2004, du fait du niveau constamment excédentaire des capacités, du manque de dynamisme des marchés du travail et de la marge de manœuvre limitée dont disposent les producteurs pour fixer leurs prix en raison de la vive concurrence intérieure et mondiale. En ce qui concerne les pays émergents et en développement, on constate que, dans toutes les grandes régions, l’inflation est maintenant inférieure (ou très légèrement supérieure) à 10 %. Cependant, les préoccupations déflationnistes ont commencé à s’atténuer, car on est de plus en plus convaincu que la reprise sera soutenue, les prix des produits de base augmentent et plusieurs banques centrales se sont engagées à s’attaquer vigoureusement aux éventuelles pressions déflationnistes. Dans les pays émergents d’Asie, l’inflation s’accélère légèrement, bien qu’elle soit toujours faible, et, en Chine, la crainte d’une chute des prix est maintenant remplacée par celle d’une surchauffe et le risque de tensions inflationnistes.

Tableau 1.3.Économies avancées: PIB réel, prix à la consommation et chômage(Variations annuelles en pourcentage; chômage en pourcentage de la population active)
PIB réelPrix à la consommationTaux de chômage
200220032004200520022003200420052002200320042005
Économies avancées1,72,13,53,11,51,81,71,76,46,66,46,3
États-Unis2,23,14,63,91,62,32,32,25,86,05,55,4
Zone euro10,90,41,72,32,32,11,71,68,48,89,18,9
Allemagne0,2–0,11,61,91,31,11,00,98,69,910,210,0
France1,20,21,82,41,92,21,81,68,89,39,49,1
Italie0,40,31,22,02,62,82,12,09,08,78,48,2
Espagne2,02,42,83,33,93,02,72,711,411,310,810,1
Pays-Bas0,2–0,81,02,03,92,21,31,02,54,25,35,6
Belgique0,71,11,82,41,61,51,41,47,38,18,38,2
Autriche1,40,71,42,41,71,31,31,34,34,44,44,1
Finlande2,31,92,92,52,01,30,71,09,19,08,88,5
Grèce3,84,24,03,03,93,63,33,19,99,89,79,8
Portugal0,5–1,30,82,73,73,32,11,95,16,47,16,8
Irlande6,91,43,64,74,74,02,62,44,24,95,04,9
Luxembourg1,31,22,33,32,12,62,11,73,04,14,95,5
Japon–0,32,73,41,9–0,9–0,2–0,4–0,15,45,34,94,9
Royaume-Uni11,72,33,52,51,31,41,61,85,25,04,94,9
Canada3,31,72,63,12,32,71,41,97,77,67,47,1
Corée7,03,15,55,32,83,53,73,43,13,43,33,2
Australie3,83,03,53,63,02,82,62,56,35,96,05,9
Taiwan, province chinoise de3,63,24,94,9–0,2–0,30,71,55,25,05,04,7
Suède2,11,62,52,72,02,31,22,14,04,94,84,5
Suisse0,2–0,51,72,20,60,60,30,42,53,53,22,9
Hong Kong (RAS)2,33,35,54,5–3,0–2,6–0,50,87,37,96,45,3
Danemark1,00,21,82,62,32,11,71,84,96,06,05,6
Norvège1,00,22,52,01,32,51,21,93,94,64,64,5
Israël–0,81,32,43,45,70,7–0,31,610,310,710,710,1
Singapour2,21,15,04,0–0,40,51,21,54,44,74,23,8
Nouvelle-Zélande24,33,53,02,52,71,82,32,45,24,74,95,2
Chypre2,02,03,03,52,84,11,23,73,53,53,43,2
Islande–0,64,03,54,64,82,02,13,32,53,33,02,5
Pour mémoire
Principales économies avancées1,42,23,53,01,31,71,61,66,56,86,56,4
Union européenne1,10,82,02,42,22,01,71,77,78,28,38,1
Nouvelles économies
industrielles d’Asie5,13,05,35,00,91,42,12,44,14,34,13,8

Indice harmonisé des prix à la consommation d’Eurostat.

Les prix à la consommation excluent les taux d’intérêt.

Indice harmonisé des prix à la consommation d’Eurostat.

Les prix à la consommation excluent les taux d’intérêt.

La reprise mondiale étant plus rapide que prévu lors de la dernière édition des Perspectives, les services du FMI ont nettement révisé à la hausse leurs projections de référence. La croissance mondiale, qui est maintenant estimée à 3,9 % pour 2003, passera à 4,6 % en 2004 (soit, pour ces deux années, 0,6 point de plus qu’anticipé en septembre dernier) et ralentira légèrement en 2005 pour s’établir à 4,4 %. Elle devrait être soutenue par la poursuite des programmes de relance déjà envisagés, l’amélioration de la situation des entreprises, y compris un rebond sensible de leurs bénéfices, des conditions de financement favorables et le dynamisme retrouvé du secteur des technologies de l’information, ainsi que par les effets de patrimoine engendrés par la hausse des cours des actions l’an dernier et une reconstitution continue des stocks. Les prévisions supposent que la politique monétaire sera légèrement resserrée aux États-Unis, où les taux d’intérêt ne devraient pas commencer à augmenter avant le second semestre de 2004, qu’elle restera pour ainsi dire inchangée cette année dans la zone euro et que le Japon poursuivra sa politique d’assouplissement quantitatif. La politique budgétaire varie considérablement: on s’attend à ce qu’elle soit expansionniste aux États-Unis et en Italie, et neutre ou modérément restrictive dans les autres pays (graphique 1.7, tableau 1.4 et encadré A1 de l’appendice statistique). Comme par le passé, les projections des Perspectives reposent sur l’hypothèse que les taux de change effectifs réels resteront constants pendant la période de prévision.

Graphique 1.7.Assouplissement budgétaire et monétaire dans les principaux pays avancés

(Pourcentage)

D’après les projections, les taux d’intérêt réels devraient augmenter en 2004 dans les principaux pays avancés; on devrait parallèlement assister à un rééquilibrage des finances publiques (sauf aux États-Unis).

Source: estimations des services du FMI.

1 Abstraction faite de l’aide octroyée aux banques.

Tableau 1.4.Principales économies avancées: solde budgétaire et dette des administrations publiques1(En pourcentage du PIB)
1988–97199819992000200120022003200420052009
Principales économies avancées
Solde effectif–3,6–1,3–1,0–1,5–3,7–4,7–4,5–3,6–2,8
Écart de production2–0,20,10,51,3–0,5–1,7–2,1–1,2–0,8
Solde structurel–3,4–1,4–1,3–1,0–1,5–3,0–3,7–3,8–3,2–2,8
États-Unis
Solde effectif–3,60,40,91,6–0,2–3,3–4,9–4,8–3,5–3,0
Écart de production2–0,90,91,92,2–0,7–1,9–2,2–1,0–0,5
Solde structurel–3,30,6–2,5–3,9–4,4–3,3–3,0
Dette nette61,557,653,848,947,148,249,750,551,654,5
Dette brute67,266,162,257,755,856,858,559,661,364,0
Zone euro
Solde effectif–2,3–1,3–0,9–1,7–2,3–2,8–2,8–2,4–0,9
Écart de production2–0,40,21,30,7–0,5–2,1–2,4–2,2–0,1
Solde structurel–1,9–1,3–1,6–2,1–2,1–1,6–1,4–1,2–0,8
Dette nette61,861,659,158,858,760,060,260,155,2
Dette brute73,672,269,769,469,270,470,670,364,7
Allemagne3
Solde effectif–2,4–2,2–1,51,3–2,8–3,5–4,0–3,5–3,1–1,8
Écart de production20,6–0,4–0,10,90,3–0,9–2,5–2,5–2,2
Solde structurel4–2,6–1,7–1,2–1,6–2,9–2,9–2,4–1,9–1,6–1,8
Dette nette35,353,354,952,853,555,458,760,061,260,7
Dette brute48,460,961,260,259,560,864,165,466,666,1
France
Solde effectif–3,7–2,7–1,8–1,4–1,4–3,2–4,1–3,9–3,2–0,5
Écart de production2–0,9–1,5–0,61,21,0–1,8–2,3–2,1
Solde structurel4–3,0–1,8–1,4–2,0–2,1–3,2–2,9–2,5–1,9–0,5
Dette nette35,249,848,847,548,249,153,555,355,951,4
Dette brute44,259,558,557,156,858,763,264,965,661,0
Italie
Solde effectif–9,2–2,8–1,7–0,6–2,6–2,3–2,4–2,9–2,8–1,5
Écart de production20,1–0,11,00,6–1,0–2,5–3,0–2,8
Solde structurel4–9,0–2,8–1,8–2,4–3,1–2,6–1,4–2,0–1,8–1,5
Dette nette104,4110,1108,4104,5103,9101,499,898,897,690,1
Dette brute110,3116,4114,6111,2110,6108,0106,2105,2103,995,9
Japon
Solde effectif–1,2–5,5–7,2–7,5–6,1–7,9–8,2–7,1–6,6–6,0
Sécurité sociale non comprise–3,6–6,9–8,2–8,0–6,2–7,6–7,8–6,6–5,9–5,2
Écart de production21,2–1,3–2,5–1,2–2,3–3,9–2,6–0,60,1
Solde structurel–1,6–5,1–6,3–7,0–5,3–6,4–7,2–6,9–6,6–6,1
Sécurité sociale non comprise–3,8–6,6–7,7–7,7–5,7–6,7–7,2–6,5–5,9–5,2
Dette nette20,245,853,559,165,271,479,685,992,2110,7
Dette brute81,0117,9131,0139,3148,9158,5166,1171,2176,4186,8
Royaume-Uni
Solde effectif–3,70,11,13,90,8–1,5–3,0–3,0–3,0–2,7
Écart de production20,70,11,10,8–0,4–0,80,30,3
Solde structurel4–3,6–0,20,93,70,2–1,7–2,7–2,8–3,0–2,7
Dette nette31,342,440,234,433,033,033,534,535,839,7
Dette brute43,347,344,741,838,638,238,839,841,144,9
Canada
Solde effectif–5,60,11,63,01,40,81,21,01,31,5
Écart de production2–0,80,62,00,40,4–1,1–1,2–0,8
Solde structurel–5,40,51,42,21,30,81,81,71,71,5
Dette nette76,883,174,864,759,156,151,148,144,531,5
Dette brute108,7116,2110,8101,899,696,090,886,380,861,5
Note: La méthodologie utilisée et les hypothèses propres à chaque pays sont examinées à l’encadré A1 de l’appendice statistique.

Les données sur la dette sont celles de la fin de l’année. Les données sur la dette ne sont pas toujours comparables entre les pays. Au Canada, par exemple, elles incluent les obligations non capitalisées au titre du régime de retraite des agents de l’État, qui se chiffraient à près de 18 % du PIB en 2001.

En pourcentage du PIB potentiel.

Les données antérieures à 1990 se rapportent à l’Allemagne de l’Ouest. Depuis 1995, l’État fédéral prend en charge l’encours et le service de la dette, qui équivalent à 8 % et ½–1 %, respectivement, du PIB, de la Treuhandanstalt (et de divers autres organismes).

Ne prend pas en compte le produit exceptionnel tiré de la vente des droits d’utilisation des téléphones portables, soit un montant équivalant à 2,5 % du PIB en Allemagne (en l’an 2000), 0,1 % en France (en 2001 et en 2002), 1,2 % en Italie (en l’an 2000) et 2,4 % au Royaume-Uni (en l’an 2000), ni le produit exceptionnel d’importantes opérations sur actifs.

Note: La méthodologie utilisée et les hypothèses propres à chaque pays sont examinées à l’encadré A1 de l’appendice statistique.

Les données sur la dette sont celles de la fin de l’année. Les données sur la dette ne sont pas toujours comparables entre les pays. Au Canada, par exemple, elles incluent les obligations non capitalisées au titre du régime de retraite des agents de l’État, qui se chiffraient à près de 18 % du PIB en 2001.

En pourcentage du PIB potentiel.

Les données antérieures à 1990 se rapportent à l’Allemagne de l’Ouest. Depuis 1995, l’État fédéral prend en charge l’encours et le service de la dette, qui équivalent à 8 % et ½–1 %, respectivement, du PIB, de la Treuhandanstalt (et de divers autres organismes).

Ne prend pas en compte le produit exceptionnel tiré de la vente des droits d’utilisation des téléphones portables, soit un montant équivalant à 2,5 % du PIB en Allemagne (en l’an 2000), 0,1 % en France (en 2001 et en 2002), 1,2 % en Italie (en l’an 2000) et 2,4 % au Royaume-Uni (en l’an 2000), ni le produit exceptionnel d’importantes opérations sur actifs.

Le rythme et la nature de la reprise prévue dans les pays et les régions varient sensiblement en fonction de l’importance donnée à la politique de relance, des fluctuations de taux de change, des progrès dans la restructuration des entreprises, de l’ouverture sur l’extérieur et, donc, de la capacité de tirer parti de l’expansion du commerce mondial, surtout dans le domaine informatique, et de facteurs propres à chaque région (graphique 1.8):

Graphique 1.8.Perspectives mondiales

(PIB réel; variations en pourcentage sur quatre trimestres)

La reprise mondiale, tirée par les États-Unis et l’Asie, s’est renforcée et amplifiée.

Sources: Haver Analytics; estimations des services du FMI.

1 Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Japon, Norvège, Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, Suède, Suisse et zone euro.

2 Corée, Hong Kong (RAS), Singapour et province chinoise de Taiwan.

3 Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

4 Afrique du Sud, Bulgarie, Estonie, Hongrie, Israël, Lettonie, Lituanie, Pakistan, Pologne, République slovaque, République tchèque, Roumanie, Russie, Slovénie, Turquie et Ukraine.

5 Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Mexique, Pérou et Venezuela.

  • Dans les pays industrialisés, la reprise devrait, selon les projections, être une fois encore la plus forte aux États-Unis, la croissance du PIB passant à 4,6 % en 2004 et s’accompagnant de gains de productivité toujours élevés. Étant donné que l’impact des mesures de relance budgétaire et monétaire prises antérieurement s’estompera en 2004, il sera donc capital pour la reprise que la croissance de l’investissement demeure solide et que l’emploi se redresse durablement (à l’heure actuelle, les indices d’un tel redressement sont timides). Dans la zone euro, la reprise reste hésitante; malgré certains signes d’un redémarrage de l’investissement fixe, la consommation des ménages est toujours faible. On s’attend à ce que la bonne santé financière des ménages et la hausse des cours des actions soutiennent un renforcement progressif de la demande intérieure, mais, les mesures de relance envisagées étant relativement moins fortes et la restructuration des entreprises ne semblant pas près d’être achevée, des risques de dégradation de la situation demeurent et la demande extérieure, le moteur traditionnel des reprises en Europe, continue de jouer un rôle déterminant. Au Japon, la croissance du PIB a encore dépassé les anticipations —la demande extérieure (en provenance de la Chine notamment) est forte, mais s’accompagne d’une augmentation de l’investissement et, depuis peu, d’une reprise de la consommation. Pour 2004, elle devrait être, d’après les projections, de 3,4 %, soit le taux le plus élevé depuis 1996; par la suite, elle devrait ralentir, la déflation et la fragilité des entreprises et des banques demeurant préoccupantes. En Europe et au Japon, une nouvelle appréciation sensible de la monnaie serait un risque grave à court terme.

  • L’activité a également rebondi dans les pays émergents et en développement, les projections de croissance du PIB pour 2004 étant en hausse (à des degrés divers) dans la plupart des grandes régions. La croissance a été particulièrement vigoureuse dans les pays émergents d’Asie où, selon les projections, elle devrait rester en 2004 à 7,2 % (taux qui avait été enregistré pour la dernière fois avant la crise de 1997/98), grâce à des politiques macroéconomiques accommodantes, à des taux de change compétitifs et au redressement du secteur de l’informatique. La forte expansion observée en Chine, qu’a favorisée une augmentation rapide des investissements et des exportations, a nettement contribué à l’activité à l’intérieur et à l’extérieur de la région. En Inde, la croissance du PIB a également dépassé les anticipations, du fait, entre autres, d’une pluviosité favorable et du faible niveau des taux d’intérêt intérieurs. Le commerce international se développant rapidement, la croissance du PIB et les excédents courants pourraient dépasser les projections en Asie. En Amérique latine, si la croissance du PIB, au Brésil notamment, est demeurée faible en 2003, on s’attend à ce que, soutenue par un renforcement de la demande intérieure, la hausse des cours des produits de base et le redressement de l’activité mondiale, la reprise se confirme en 2004. Étant donné que de nombreux pays de la région font face à moyen terme à des besoins de financement extérieur considérables, une dégradation des conditions actuellement favorables de ce financement, à cause, par exemple, d’un relèvement des taux d’intérêt dans les pays industrialisés, demeure un risque important. Au Moyen-Orient, l’activité devrait continuer d’être robuste, sans retrouver les niveaux assez élevés de 2003 en raison principalement d’une progression plus lente de la production d’hydrocarbures; si les prix du pétrole sont pour l’instant favorables, les perspectives de leur évolution à moyen terme constituent toujours un risque majeur, étant donné surtout la situation budgétaire difficile d’un certain nombre de pays. Dans la Communauté des États indépendants, la croissance du PIB a également dépassé les anticipations, sous l’effet d’une reprise robuste en Russie et en Ukraine, et notamment, ce qui est encourageant, d’un certain redémarrage de l’investissement dans le secteur énergétique. En Europe centrale et orientale, la reprise, limitée par les résultats assez faibles de la zone euro et la nécessité d’assainir les finances publiques dans beaucoup de pays, sera, selon les projections, plus modeste.

  • En ce qui concerne les pays les plus pauvres, la croissance du PIB en Afrique subsaharienne (Afrique du Sud non comprise) est passée à 4,4 % en 2003, grâce entre autres à la forte augmentation de la production de pétrole au Nigéria. On s’attend à ce qu’elle continue de s’accélérer dans la région en 2004, sous l’effet d’une amélioration des fondamentaux macroéconomiques, d’une hausse des cours des produits de base, de meilleures conditions atmosphériques (en Éthiopie) et, cette raison n’est pas la moindre, d’une progression de la production de pétrole et de gaz dans plusieurs pays. Si la croissance prévue pour le PIB est encourageante, les projections économiques des Perspectives pour l’Afrique ont toujours par le passé été trop optimistes, faute en partie d’avoir pu prendre en compte des catastrophes naturelles ou des crises politiques qui se sont produites par la suite2 —à cet égard, la récente dégradation de la situation en Côte d’Ivoire est préoccupante.

La reprise mondiale s’installant de plus en plus fermement, l’équilibre des risques s’est nettement amélioré. En fait, malgré le renchérissement du pétrole, le redressement de l’activité pourrait être plus robuste dans certaines régions grâce à un certain nombre de facteurs, notamment la forte expansion du commerce mondial, le rebond généralisé des marchés financiers et la vigueur continue de l’économie des États-Unis, qui est souvent un indicateur avancé pour les autres pays. Il convient également de noter que les prévisionnistes ont tendance à pécher par excès d’optimisme en période de recul conjoncturel et de pessimisme pendant les reprises. Cela dit, il y a lieu de formuler deux réserves importantes. Premièrement, comme le montrent les récents événements survenus notamment à Madrid, les incertitudes géopolitiques sont toujours un risque grave, quoique difficile à chiffrer; en outre, on peut toujours craindre que les prix du pétrole demeurent instables. Deuxièmement, des risques considérables continuent de peser sur l’économie mondiale, dont certains ont été amplifiés par les politiques préventives que les autorités ont dû adopter ces dernières années. Il n’est pas impossible qu’un certain nombre de ces risques aient un impact à court terme aussi bien sur les marchés financiers que, de façon plus générale, sur l’économie réelle (voir infra).

  • Comme les Perspectives l’ont souligné à maintes reprises dans leurs précédentes éditions, le déficit constamment élevé des transactions courantes aux États-Unis —qui s’accompagne d’un déficit budgétaire d’une ampleur analogue —et les excédents ailleurs, notamment en Asie, demeurent très préoccupants (tableau 1.5). À cet égard, la dépréciation du dollar depuis le début de 2002 a eu un effet positif, encore que les pays industrialisés, dont beaucoup se trouvent dans une position cyclique faible, supportent trop l’appréciation des monnaies qui en résulte. Cependant, en partie parce que la demande intérieure continue de progresser plus rapidement aux États-Unis que chez leurs principaux partenaires commerciaux, le déficit des transactions courantes de ce pays ne devrait, selon les projections, diminuer que légèrement pour s’établir à 4 % du PIB d’ici à 2009, ce qui semble indiquer qu’une nouvelle dépréciation du dollar pourrait fort bien être nécessaire à moyen terme. Il est possible que les choses se passent bien, surtout si la croissance de la productivité continue d’être forte aux États-Unis. Comme l’a souligné M. Greenspan, la relative souplesse de l’économie américaine et une intégration financière de plus en plus poussée au niveau mondial devraient permettre de réduire les difficultés de financement des déficits. Cependant, il existe deux sujets manifestes de préoccupation. Premièrement, un ajustement même ordonné du solde des transactions courantes aux États-Unis s’accompagnera sans doute, ainsi que le montre l’histoire économique, d’un ralentissement de la croissance du PIB, à mesure que le taux national d’épargne augmentera ou que celui d’investissement diminuera, surtout si la croissance ne se redresse pas dans le reste du monde3. Deuxièmement, un ajustement moins ordonné, marqué par des fluctuations brutales des taux de change, ne peut être écarté. Une telle évolution aurait des conséquences beaucoup plus graves, et éventuellement des répercussions sur les autres marchés financiers, par suite notamment d’une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis (voir encadré 1.1). Le volume croissant des achats officiels d’actifs américains par les banques centrales asiatiques peut certes réduire le risque d’un ajustement désordonné à court terme, mais aussi l’intensifier à plus long terme s’il est soutenu, étant donné les problèmes nationaux et internationaux dont s’accompagne tout accroissement rapide des réserves extérieures.

  • S’ils sont actuellement très faibles, les taux d’intérêt mondiaux finiront par être sensiblement relevés, mais à des dates et selon un rythme toujours très hypothétiques. Comme le souligne le Global Financial Stability Report du FMI, il y a un risque que, dans un contexte marqué par des taux d’intérêt faibles, les prix des actifs, qui ont déjà fortement rebondi, dépassent le niveau correspondant aux fondamentaux et que les futures majorations des taux d’intérêt, surtout si elles sont brutales et non anticipées, rendent les marchés financiers instables et aient un impact négatif sur la reprise. Ce risque est particulièrement préoccupant dans les pays où le marché immobilier est actif: Royaume-Uni, Australie, Irlande, Espagne et, dans une moindre mesure, États-Unis et Nouvelle-Zélande (voir encadré 1.2). En outre, les pays émergents ont certes profité des conditions de financement favorables pour améliorer la structure de leurs engagements, mais, compte tenu du volume toujours élevé des apports de capitaux et du niveau rétrospectivement faible des marges, il convient de se demander si les marchés ne traitent pas avec une certaine désinvolture les risques potentiels en jeu (voir chapitre IV: Faut-il s’inquiéter des booms du crédit dans les pays émergents?).

  • Les positions budgétaires à moyen terme demeurent très difficiles dans le monde entier. Bien qu’ils aient assaini leurs finances publiques au cours des années 90, de nombreux pays industrialisés sont entrés dans le nouveau millénaire avec une dette publique assez élevée; par ailleurs, le vieillissement de leur population risque de peser lourdement sur leur budget. Ces difficultés se sont nettement aggravées ces trois dernières années, sous l’effet du ralentissement de l’activité mondiale, des politiques d’assouplissement budgétaire et des progrès assez limités de la réforme des régimes de retraite et de santé, bien qu’il y ait lieu de saluer les actions engagées récemment par certains pays de la zone euro. Outre les risques potentiels qu’ils représentent pour les pays, ces problèmes exerceront sans doute, s’ils ne sont pas corrigés, des pressions à la hausse sur les taux d’intérêt mondiaux à moyen terme. Dans les pays émergents, la dette publique a augmenté régulièrement pendant la seconde moitié des années 90 et est, en moyenne, plus élevée encore que dans les pays industrialisés, alors que leurs capacités de service sont en général plus faibles4. Si, en matière de financement, la situation reste aujourd’hui favorable, l’expérience incite fort à penser que, sans de nouvelles actions, les problèmes risquent de se multiplier à l’avenir.

  • Alors que, dans une certaine mesure, un nouvel élan semble être donné au cycle de négociations de Doha, d’importants obstacles empêchent toujours de parvenir à un véritable accord, comme le montrent l’échec de la réunion ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancún en septembre 2003 et la forte augmentation récente du nombre des litiges commerciaux bilatéraux (voir encadré 1.3). Les déséquilibres mondiaux accroissant le danger d’un recours au protectionnisme et les risques géopolitiques posant une menace supplémentaire pour la mondialisation, il est particulièrement important de mener à bien ce cycle de négociations, surtout pour les pays en développement qui pourraient profiter à hauteur des deux tiers des avancées susceptibles d’être réalisées. Comme l’a récemment souligné Mme Krueger5, Directrice générale par intérim du FMI: «À l’heure actuelle, un retour au protectionnisme à l’échelle mondiale représenterait un échec que personne ne veut envisager. Les perspectives de croissance dans tous les pays s’en trouveraient pénalisées et les acquis pourraient même être remis en question.»

Tableau 1.5.Échantillon d’économies: solde des transactions courantes(En pourcentage du PIB)
2002200320042005
Économies avancées–0,7–0,8–0,6–0,6
États-Unis–4,6–4,9–4,2–4,1
Zone euro11,20,60,70,8
Allemagne2,82,43,12,7
France1,80,80,30,7
Italie–0,6–0,9–0,8–0,5
Espagne–2,4–2,5–2,9–2,9
Pays-Bas2,52,22,62,9
Belgique5,44,54,64,5
Autriche0,3–0,1–0,2–0,5
Finlande6,85,55,96,3
Grèce–6,1–5,6–5,0–4,4
Portugal–6,7–5,1–4,4–4,0
Irlande–0,7–2,0–2,4–1,3
Luxembourg8,25,96,98,0
Japon2,83,23,13,2
Royaume-Uni–1,7–2,4–2,2–2,1
Canada2,02,11,81,7
Corée1,02,01,50,9
Australie–4,3–6,0–5,4–5,2
Taiwan, province chinoise de9,110,07,36,2
Suède4,86,65,96,0
Suisse9,69,510,110,1
Hong Kong (RAS)8,511,010,39,8
Danemark2,52,82,62,6
Norvège13,212,813,011,6
Israël–1,3–0,20,3–0,4
Singapour21,430,928,026,7
Nouvelle-Zélande–3,7–4,5–5,0–5,0
Chypre–5,4–5,0–4,4–4,1
Islande–0,3–5,6–4,8–6,1
Pour mémoire
Principales économies avancées–1,4–1,6–1,2–1,1
Union européenne20,60,20,30,3
Zone euro20,90,40,20,2
Nouvelles économies
industrielles d’Asie5,97,66,25,5

Somme des soldes des pays membres de la zone.

Après correction pour tenir compte des discordances dans les données sur les transactions intérieures à la zone.

Somme des soldes des pays membres de la zone.

Après correction pour tenir compte des discordances dans les données sur les transactions intérieures à la zone.

Si les dirigeants mondiaux doivent continuer de s’assurer que la reprise est durable, il faut de plus en plus s’intéresser aux enjeux à moyen terme et, de façon plus générale, relever les défis du développement. Il ne suffit pas de s’attaquer aux facteurs de vulnérabilité indiqués ci-dessus; de nombreux pays ont aussi besoin de reconstituer la marge de manœuvre qui leur a permis de réagir énergiquement à la phase de recul de l’activité, ainsi qu’aux attentats du 11 septembre 2001 et, dernièrement, au SRAS, afin de pouvoir riposter comme il convient aux chocs. En outre, un cadre d’action à moyen terme clair donne aux marchés la certitude que les problèmes sont pris en main, ce qui réduit le risque de turbulences à court terme. Dans ce contexte, quatre grands objectifs semblent primordiaux.

  • Gérer la transition monétaire. Dans presque tous les pays, les taux d’intérêt devront augmenter à mesure que la reprise se poursuivra, encore que la situation à court terme varie sensiblement en fonction surtout du rythme et de la nature de cette reprise. Certains pays, le Royaume-Uni et l’Australie notamment, ont amorcé le cycle de resserrement de leur politique monétaire, alors que d’autres, plus particulièrement ceux dont le taux de change s’est nettement apprécié, pourraient être amenés à continuer de la desserrer. L’une des principales tâches des banques centrales sera de communiquer leurs intentions aussi clairement que possible aux marchés de façon à réduire les risques ultérieurs de revirement brutal des anticipations. Pendant cette phase de transition, comme le souligne le Global Financial Stability Report, les autorités de contrôle devront être particulièrement attentives aux éventuelles évaluations erronées des risques, à la constitution d’effets de levier excessifs ou à une concentration des prises de position. Aux États-Unis, malgré la croissance récemment très rapide du PIB et la dépréciation du dollar, l’inflation est faible et les marchés de l’emploi restent déprimés. En conséquence, la Réserve fédérale a pu maintenir une politique monétaire très accommodante; cependant, comme les perspectives sont très favorables à court terme et qu’il faut éviter de créer des perturbations sur les marchés financiers tant à l’intérieur qu’à l’étranger, le moment où la Réserve fédérale devra commencer à relever les taux d’intérêt est peut-être proche, et il convient de continuer de préparer le terrain pour un futur resserrement de la politique monétaire. Dans la zone euro, bien que l’inflation ait été étonnamment tenace, la faiblesse de la demande intérieure, la modération continue des salaires et l’appréciation de la monnaie atténueront sans doute les tensions inflationnistes. Les bonnes perspectives en matière d’inflation et la dégradation de l’équilibre des risques qui pèsent sur la croissance plaident en faveur d’un desserrement de la politique monétaire; si ces facteurs persistaient, il serait judicieux de baisser les taux directeurs. Au Japon, où les prix continuent de fléchir légèrement, le défi qui se pose aux autorités est d’inverser des anticipations inflationnistes bien enracinées. Les récents relèvements de l’objectif opérationnel de la Banque du Japon afin de soutenir la reprise et la clarification des conditions dans lesquelles la politique monétaire serait durcie sont des mesures dont il y a lieu de se féliciter, mais qui pourraient être plus efficaces si elles s’accompagnaient d’un nouvel assouplissement quantitatif et d’une cible d’inflation à moyen terme destinée à ancrer les anticipations inflationnistes.

  • Faciliter une résolution ordonnée des déséquilibres mondiaux. À l’heure actuelle, les politiques très nombreuses appliquées par les grands pays et régions ne semblent pas cadrer parfaitement avec un ajustement ordonné à moyen terme. Cela souligne la nécessité de lancer une stratégie fiable, fondée sur la concertation, qui aide à rééquilibrer comme il convient à moyen terme la demande entre les pays et les régions et soutient parallèlement la croissance mondiale à mesure que s’installera l’ajustement. Les principaux volets de cette stratégie seraient de mettre en place un plan crédible visant à rétablir l’équilibre budgétaire (sécurité sociale non comprise) à moyen terme aux États-Unis (voir le premier essai du chapitre II), d’accélérer les réformes structurelles dans la zone euro et de poursuivre la réforme du secteur bancaire et de celui des entreprises au Japon, ainsi que, dans la plupart des pays émergents d’Asie, de donner progressivement plus de flexibilité aux taux de change, tout en lançant parallèlement de nouvelles réformes structurelles pour soutenir la demande intérieure. La stratégie monétaire exposée précédemment soutiendrait en général la mise en œuvre de cette approche.

  • Utiliser la reprise pour s’attaquer aux vulnérabilités subsistant à moyen terme. La reprise étant engagée, de nombreux pays doivent impérativement s’employer à rétablir une position budgétaire viable à moyen terme. Si, dans la majorité des cas, il est certainement nécessaire, ce rééquilibrage des finances publiques n’est pas suffisant. Dans la plupart des pays industrialisés, il est encore plus important de prendre des mesures crédibles et de haute qualité pour réformer les régimes de retraite et de santé, et cet élément doit être pris en considération dans toute évaluation des progrès accomplis dans le domaine des finances publiques, même si ces réformes n’ont pas un impact immédiat sur les comptes budgétaires. Dans les pays émergents et en développement, il est également indispensable d’améliorer la viabilité de la dette publique par des réformes fiscales visant à réduire l’instabilité des recettes, de renforcer les institutions budgétaires de façon à donner plus de crédibilité à l’action des autorités et de tirer parti des conditions de financement actuellement favorables pour réaménager la structure de la dette. La reprise donne aussi l’occasion de s’attaquer à d’autres vulnérabilités potentielles, notamment dans les secteurs des banques et des entreprises, y compris en améliorant la gouvernance.

  • Réduire la pauvreté. Si l’on s’attend à ce que la pauvreté diminue de moitié dans la plupart des grandes régions entre 1990 et 2015 (conformément au premier Objectif de développement pour le Millénaire)6, la majorité des pays africains sera probablement loin de parvenir à un tel résultat. Malgré tous les progrès accomplis dans la voie de la stabilité macroéconomique, l’Afrique demeure très vulnérable aux chocs exogènes et continue de faire face à un nombre alarmant de problèmes de développement dont beaucoup ne peuvent être réglés sans renforcer des institutions actuellement fragiles. Il faut donc saluer les mesures que le Nouveau partenariat économique pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et l’Union africaine prennent actuellement pour améliorer la gouvernance et réduire la corruption dans la région. À cet égard, il sera particulièrement important que les ressources pétrolières abondantes dont l’exploitation est amorcée dans la région soient efficacement utilisées. Une assistance supplémentaire de la communauté internationale, sous la forme d’une augmentation de l’aide, de la poursuite de l’allégement de la dette et, ce qui est très important, d’un accès élargi aux marchés des pays industrialisés, est également cruciale.

Encadré 1.1.Les effets de la baisse du dollar

Depuis son pic du début de 2002, le dollar a perdu près de 20 % de sa valeur effective réelle. En général, il s’est surtout déprécié vis-à-vis des monnaies des autres pays industrialisés (euro et yen, notamment), mais, vis-à-vis de celles des principales régions émergentes, il a évolué de façon contrastée, se dépréciant par rapport à celles des pays en transition et, dans une moindre mesure, des pays émergents d’Asie, tout en s’appréciant par rapport à la plupart de celles d’Amérique latine (graphique 1.4). On examine dans cet encadré les conséquences d’une dépréciation du dollar sur l’économie mondiale, ainsi que ses principales causes.

La baisse graduelle du dollar devrait notamment entraîner une diminution du déficit des transactions courantes aux États-Unis en réorientant la demande extérieure vers les produits américains. La dépréciation de la monnaie rend les biens et services locaux plus compétitifs, car elle permet d’accroître la demande en provenance du reste du monde et de réduire celle de biens importés. À terme, le solde extérieur s’améliore, encore qu’il puisse s’aggraver temporairement, les prix des importations et des exportations réagissant plus rapidement que les volumes —cette divergence entre les effets à court et à long terme suit en général ce qu’on appelle une courbe en J (en raison de sa forme). On estime de façon empirique qu’avec une dépréciation de 10 % du taux de change effectif réel du dollar, la balance commerciale des États-Unis s’améliore de ½ point de PIB sur deux ou trois ans. La réduction de la demande et de la position extérieure qui s’ensuit dans le reste du monde est, cela va de soi, largement tributaire de la façon dont le dollar se comporte par rapport aux monnaies des différents pays. Ce sont surtout les autres pays industrialisés qui ont ressenti les effets de la dépréciation observée depuis février 2002.

La dépréciation du dollar renforce également la position créditrice nette des États-Unis et affaiblit celle des autres pays. Du fait de la mondialisation, les actifs extérieurs souvent libellés en d’autres monnaies et les engagements en général contractés en dollars ont fortement progressé aux États-Unis1. À mesure que la valeur des autres monnaies augmente par rapport au dollar, les actifs libellés en ces monnaies prennent eux aussi de la valeur. On estime qu’une dépréciation de 25 % du dollar en termes effectifs réels pourrait améliorer la position créditrice nette des États-Unis de 7 points de PIB, ce qui n’est pas négligeable étant donné que, s’agissant de leur situation nette, les États-Unis sont endettés à hauteur de quelque 25 % de leur PIB envers le reste du monde2. Pour le reste du monde, la perte est plus élevée, plutôt de l’ordre de 10 points de PIB des États-Unis, car les engagements de ce pays envers le reste du monde dépassent largement ses créances. La plupart de ces pertes toucheront le secteur privé, mais aussi, dans une large mesure, les banques centrales dotées de réserves en dollars considérables. Cela dit, l’impact direct sur la demande globale sera sans doute très limité, car les actifs que détiennent la plupart des pays industrialisés sont dans leur vaste majorité intérieurs (pour les marchés émergents, voir infra).

Tout en n’étant pas négligeables, les conséquences macroéconomiques d’une dépréciation graduelle du dollar seront sans doute limitées. Aux États-Unis, l’augmentation des exportations rapprochera vraisemblablement la production de la production potentielle, intensifiera les tensions inflationnistes et amènera un certain resserrement de la politique monétaire. La dépréciation du dollar aura aussi un impact direct sur l’inflation à cause du renchérissement des biens étrangers, encore que les répercussions estimées du taux de change sur l’inflation diminuent à terme —une règle empirique veut qu’aux États-Unis une dépréciation de 10 % de la monnaie fait augmenter de ½ point les prix à la consommation, bien que, conformément à ce qui a été observé ces deux dernières années, certaines estimations récentes soient plus faibles. En général, le retournement du solde des transactions courantes semble aller de pair avec un certain ralentissement de la croissance à court terme, qui traduit probablement la difficulté de passer sans heurts de la demande intérieure à la demande extérieure3. En assouplissant la politique monétaire (ou budgétaire), les pays dont la monnaie s’apprécie peuvent neutraliser la réduction progressive de la demande réelle et de l’impulsion désinflationniste. Cependant, dans ce cas également, une plus grande flexibilité structurelle pourrait atténuer les perturbations à court terme créées par la réorientation de la demande.

La situation peut toutefois s’aggraver sensiblement si la dépréciation est rapide et se répercute sur les autres marchés financiers. Les turbulences sur les marchés des changes perturberont le commerce international et risquent d’intensifier les pressions protectionnistes. La trajectoire de l’économie pourrait devenir temporairement plus incertaine, amenant les agents à différer leurs décisions d’investissement et de consommation, ce qui risque de freiner l’activité à court terme. En outre, si elle traduit les préoccupations que soulève sur le marché le financement du déficit des transactions courantes des États-Unis, la dépréciation pourrait provoquer une majoration de la prime de risque sur les actifs américains, qui pourrait fort bien alourdir les primes exigées sur les marchés étrangers, affaiblissant ainsi l’activité aux États-Unis et à l’extérieur. Elle pourrait également intensifier les anticipations inflationnistes aux États-Unis, ce qui amènerait la Réserve fédérale à resserrer davantage la politique monétaire. Une appréciation rapide de la monnaie vis-à-vis du dollar pourrait engendrer une situation particulièrement grave dans les pays dont la marge de manœuvre macroéconomique est limitée; à cet égard, il convient de citer le Japon, dont les taux d’intérêt sont déjà à leur niveau plancher et qui ne peut guère prendre de mesures expansionnistes en raison de sa situation budgétaire difficile, mais aussi d’autres pays, y compris de nombreux pays émergents très endettés qui pourraient nettement pâtir d’une telle appréciation.

En fait, une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis pourrait être particulièrement dommageable pour les pays émergents très endettés en aggravant la fragilité de leur situation financière, encore que les variations des taux de change puissent aider à compenser cet effet. Ces pays acquittent une prime de risque élevée sur leurs emprunts à cause de la faiblesse de leurs comptes de patrimoine et des inquiétudes que suscitent leurs politiques intérieures. Une augmentation des taux d’intérêt aux États-Unis peut créer de graves difficultés intérieures en réduisant la liquidité internationale et en affaiblissant les comptes de patrimoine du fait d’un accroissement des charges de remboursement et aboutir à une augmentation de la prime de risque sur les emprunts, encore que ces effets pourraient être totalement ou en partie compensés si le dollar se dépréciait par rap-port aux monnaies locales, car, les emprunts étant en général libellés en dollars, la charge réelle de la dette diminuerait. Il est d’autant plus compliqué de formuler des observations générales sur une dépréciation du dollar à partir de la réaction des taux de change dans les pays émergents qu’une activité intérieure faible peut exercer des pressions à la baisse sur ces taux (cet effet d’«accélérateur financier» est explicité dans l’encadré 2.1). En fait, on a pu constater que, durant sa récente période de faiblesse, le dollar s’est apprécié vis-à-vis de la monnaie de plusieurs pays émergents dont la dette extérieure est élevée.

Note: Tamim Bayoumi est l’auteur de cet encadré.1Voir «Liens cycliques entre les principales économies avancées» dans l’édition d’octobre 2001 des Perspectives de l’économie mondiale.2Voir «Faut-il s’inquiéter des déséquilibres extérieurs» dans l’édition de septembre 2002 des Perspectives de l’économie mondiale.3Voir le graphique 2.5 de l’essai intitulé «Faut-il s’inquiéter des déséquilibres extérieurs» dans l’édition de septembre 2002 des Perspectives de l’économie mondiale.

Encadré 1.2.Le marché immobilier dans les pays industrialisés

La hausse spectaculaire des prix des biens immobiliers à usage d’habitation ces dernières années, surtout en Australie, en Espagne, en Irlande, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni (où les prix réels de l’immobilier ont augmenté de 50 %, voire plus, depuis cinq ans) amplifie la crainte d’une bulle des prix des actifs et donc d’une forte correction de ces prix1. Une chute des prix de l’immobilier pourrait être coûteuse pour l’économie (d’après les informations présentées dans les Perspectives d’avril 2003, la baisse de ces prix tend à se prolonger et va souvent de pair avec un recul de l’activité et l’instabilité financière). Les effets macroéconomiques peuvent être amplifiés lorsque la chute est déclenchée par une hausse des taux d’intérêt réels et que les ménages ou les institutions financières sont vulnérables à ces variations.

La hausse de l’immobilier peut s’expliquer par un certain nombre de facteurs macroéconomiques qui ont accru la demande de logements. Les taux d’intérêt réels ont sensiblement diminué, devenant même parfois négatifs dans certains des pays en question (Espagne, Irlande et Pays-Bas). En outre, le revenu disponible a progressé rapidement ces cinq dernières années, surtout en Irlande et aux États-Unis (voir graphique). Autre facteur possible: l’assouplissement des contraintes de liquidité, du fait de la baisse des taux d’intérêt, de la libéralisation des marchés financiers dans certains pays et de l’intensification de la concurrence pour l’octroi de crédits hypothécaires. Enfin, des facteurs propres aux pays ont également contribué à une accélération des prix —forte hausse de la demande des primo-acheteurs2, faible réaction de l’offre de nouveaux logements (Pays-Bas et Royaume-Uni), achats de maisons de vacances par des étrangers (Espagne) et incitations fiscales (Espagne et Pays-Bas).

Ces facteurs expliquent en partie l’accroissement de la demande de logements, mais l’ampleur de la hausse des prix dans certains pays, comme l’Australie et le Royaume-Uni, est préoccupante. En réalité, même si les fondamentaux actuels ou anticipés justifient l’accélération des prix, leur dégradation (relèvement des taux d’intérêt, hausse sensible du chômage et progression plus lente du revenu disponible, par exemple) peut toujours provoquer un retournement de tendance. En cas de forte baisse des prix de l’immobilier, ses répercussions macroéconomiques pourraient se faire sentir de plusieurs façons. L’investissement immobilier résidentiel, qui a été élevé en pourcentage du PIB en Australie, en Espagne, aux Pays-Bas et, en particulier, en Irlande, pourrait chuter. En réduisant la valeur du patrimoine des ménages, la baisse des prix de l’immobilier pourrait faire reculer la consommation privée. Les nouveaux crédits garantis par l’immobilier ont considérablement soutenu la croissance de la consommation privée en Australie, aux États-Unis, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. D’après les estimations présentées dans les Perspectives d’avril 2002, un recul de 10 % des prix de l’immobilier va en général de pair avec une baisse de 0,5 % de la consommation dans les économies avancées.

Prix réels de l’immobilier et revenu disponible

(Taux de croissance moyen, 1997–2002; cœfficient de corrélation = 0,68)

Sources: OCDE, Base de données analytiques; données nationales; Office of Federal Housing Enterprise Oversight; HBOS plc; Japan Real Estate Institute; calculs effectués par la Bundesbank à partir des données de Bulwein.

Les effets de patrimoine sur la consommation peuvent être amplifiés si les ménages sont financièrement vulnérables lorsque survient une crise immobilière, en particulier lorsque le service des emprunts hypothécaires est sensible aux hausses des taux d’intérêt (l’une des causes directes de la baisse des prix de l’immobilier), comme cela devrait être le cas dans les pays où les crédits hypothécaires sont surtout consentis à des taux variables (Australie, Espagne, Irlande et Royaume-Uni) et où l’endettement des ménages est élevé3. L’endettement des ménages est particulièrement élevé en Australie, aux États-Unis, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni et, dans tous les pays, sa part dans le revenu disponible (mais non dans le patrimoine) a sensiblement augmenté. Cependant, la baisse des taux d’intérêt a jusqu’à présent neutralisé ou freiné l’impact de l’augmentation de l’endettement sur le service y afférent4.

La hausse des taux d’intérêt et la baisse des prix de l’immobilier peuvent en outre miner la stabilité financière et se répercuter sur l’investissement. Ces risques proviennent des avoirs directs en crédits hypothécaires des établissements financiers, ainsi que de leurs avoirs indirects sous forme de titres garantis par des créances hypothécaires. Bien que la titrisation des créances hypothécaires progresse rapidement, les banques dans les pays où le marché immobilier est en plein essor sont toujours les entités les plus exposées au risque hypothécaire et font face ainsi à la fois au risque de taux d’intérêt et au risque de crédit5.

À mesure que les taux d’intérêt augmentent, la valeur marchande des crédits hypothécaires diminue et la probabilité de défaillances devient plus forte, les effets relatifs dépendant du degré auquel les paiements d’intérêts sont ajustés aux taux en vigueur plus élevés6. Les risques de crédit peuvent aussi tenir à l’incapacité pour les emprunteurs mis au chômage d’honorer leurs obligations. Lorsqu’un prêt devient risqué, les garanties peuvent être utilisées pour le rembourser, auquel cas les créanciers sont d’autant mieux protégés que le ratio montant du prêt/valeur du bien est bas7.

Dans les pays où le marché immobilier est en plein essor, le système bancaire est en général en bonne santé —les ratios de fonds propres sont relativement élevés, ceux des créances irrécouvrables bas (surtout dans le cas des crédits hypothécaires) et la rentabilité est stable. En outre, le ratio moyen montant du prêt/valeur des biens pour le stock de créances hypothécaires est relativement faible (inférieur à 80 % dans tous les pays). Cependant, le nombre des prêts assortis de ratios élevés a progressé en Irlande, au Royaume-Uni et, en particulier, aux Pays-Bas. Le nombre des crédits hypothécaires consentis pour des biens immobiliers à usage locatif a lui aussi augmenté en Espagne, en Irlande et au Royaume-Uni, ce qui semble indiquer que davantage de logements sont achetés à des fins spéculatives. En outre, dans tous ces pays, les crédits hypothécaires sont surtout consentis à des taux variables ou à des taux fixes à court terme, et comportent donc plus de risques de défaillance que les produits à taux fixe en cas de hausse des taux d’intérêt. Bien qu’en général la qualité de ces actifs se dégrade lentement, les contrôleurs financiers doivent rester vigilants, compte tenu du volume relativement élevé des crédits hypothécaires, de la hausse continue des prix de l’immobilier et de la multiplication des opérations spéculatives.

Note: Gian Maria Milesi-Ferretti et Laura Kodres sont les principaux auteurs de cet encadré.1La hausse des prix de l’immobilier à usage commercial a été beaucoup moins prononcée, tout en restant très importante dans quelques pays (Irlande et Pays-Bas). Pour un examen de ce point, voir Zhu (2002).2Due à la rapide croissance démographique des 25–35 ans (Espagne et Irlande) ou au programme public d’aide au logement (Australie).3On constate que les prix de l’immobilier sont plus instables dans les pays où les crédits hypothécaires sont couramment assortis de taux variables.4S’il est plus facile pour les ménages d’emprunter lorsque l’inflation est faible, le fardeau réel du service des emprunts hypothécaires qui en résulte diminue plus lentement.5Les titres garantis par des créances hypothécaires représentent environ 12 % des crédits hypothécaires consentis pour des biens immobiliers à usage d’habitation en Irlande, 8 % au Royaume-Uni, 4 % aux Pays-Bas, 6 % en Espagne et 18 % en Australie. Aux États-Unis, en revanche, ils représentent 57 % des prêts hypothécaires finançant l’achat d’un logement.6En général, les prêts ne sont pas évalués aux prix du marché dans les bilans des banques; en conséquence, le risque de taux d’intérêt pour les prêts accordés n’est comptabilisé comme plus-value ou moins-value que lorsque la créance est vendue.7En outre, les prêts à risque peuvent amener les banques à accroître les provisions pour prêts et à relever le niveau des fonds propres obligatoires.

Encadré 1.3.Les risques pesant sur le système multilatéral de commerce

Les événements de l’an dernier ont fait naître certaines craintes en ce qui concerne la santé et l’orientation future du système multilatéral de commerce. Le revers le plus visible a été l’issue décevante de la réunion ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui s’est tenue à Cancún en septembre 2003, et au cours de laquelle les ministres du commerce ne sont pas parvenus à s’entendre sur les modalités des négociations qui devaient s’achever avant la fin de 2004. Cette réunion étant la seconde, après celle de Seattle en 1999, à se solder par un échec, certains observateurs ont laissé entendre qu’elle était peut-être de mauvais augure pour l’avenir du système multilatéral de commerce. La prolifération des accords commerciaux régionaux ou bilatéraux et un certain nombre de contentieux lourds et très visibles ont renforcé le sentiment que l’architecture du système mondial de commerce est mise à rude épreuve. Cependant, il semble ressortir d’un examen attentif de la question que les risques menaçant le système sont peut-être exagérés; cependant, il pourrait être très coûteux, en particulier pour les pays en développement, de ne pas redoubler d’efforts afin de parvenir à une libéralisation multilatérale du commerce suffisamment ambitieuse.

Si le cycle de négociations de Doha a subi des revers, ses résultats ne sont pas plus mauvais que ceux des précédents cycles. Des désaccords ont été constatés lors de tous les cycles récents de négociations, qui, à un moment ou l’autre, ont été au bord de l’échec. Par exemple, il a fallu huit ans pour achever le cycle d’Uruguay, conclu en 1994, et six ans (1973–79) pour mener à bien celui de Tokyo. Les objectifs du cycle de Doha sont plus vastes et plus complexes que ceux des cycles antérieurs. Les premiers cycles menés dans le cadre du GATT portaient essentiellement sur la réduction des tarifs douaniers. Le programme de travail a été considérablement élargi durant le cycle d’Uruguay, tant en ce qui concerne les secteurs (agriculture, services) que les règles (subventions, droits de propriété intellectuelle, par exemple). Le cycle de Doha y a ajouté un certain nombre de domaines de réglementation litigieux (entre autres, les règles d’investissement et de concurrence) et vise à renforcer les engagements pris dans les nouveaux secteurs. En conséquence, le système multilatéral de commerce touche de plus en plus à des choix de société, qui dépassent nettement l’organisation du secteur manufacturier, de sorte que les négociations doivent tenir compte d’un vaste ensemble d’intérêts politiques et sociaux.

Il est peut-être tout aussi important de signaler que la composition et le nombre des membres de l’OMC (et du GATT qui l’a précédée) ont beaucoup changé: on est passé de 81 à quelque 142 pays entre le début du cycle de Tokyo et celui du cycle de Doha. La forte concentration des pays en développement ayant accédé à l’OMC ces dernières années implique une réorientation fondamentale des priorités, alors que les mécanismes essentiels de l’institution n’ont pas été modifiés. Il faut aussi rappeler la nature unique du programme de Doha pour le développement, dans lequel l’importance donnée aux intérêts des pays en développement cadre mal avec la notion de réciprocité, qui traditionnellement anime les négociations de l’OMC. Il est donc possible de comprendre pourquoi la mise au point d’un programme vaste et ambitieux de réformes commerciales s’est heurtée à certains revers et écueils.

Certains observateurs ont souligné que le nombre croissant d’accords commerciaux régionaux constitue une menace potentielle pour le système multilatéral de commerce1. Il n’est pas possible de condamner sans autre forme de procès ces accords, car ils peuvent éventuellement faciliter la création de courants commerciaux, voire établir le cadre propice à une libéralisation multilatérale ultérieure. Cependant, ils représentent à l’évidence une moins bonne solution que l’abaissement généralisé des obstacles commerciaux sur la base de la nation la plus favorisée et, s’ils sont mal conçus, ils risquent d’aboutir à des détournements de trafic, de créer des complexités administratives et d’établir un ensemble de règles commerciales concurrençant celles mises au point dans le cadre de l’OMC. L’idée qu’ils sont plus faciles à négocier et peuvent donner des résultats immédiats risque également d’amener les pays, notamment ceux dont les capacités administratives sont limitées, à moins s’impliquer dans les négociations multilatérales.

Cependant, on surestime sans doute le danger que représentent les accords régionaux ou bilatéraux pour le système mondial de commerce. Certes, ces accords se multiplient, mais ils rencontrent nombre des difficultés observées au niveau multilatéral, ainsi que certaines autres qui leur sont propres. Par exemple, les produits agricoles, ainsi que d’autres produits sensibles, restent des sujets délicats dans la quasi-totalité des négociations commerciales. En réalité, le problème des subventions agricoles ne peut être abordé de façon réaliste qu’au niveau multilatéral, puisque leur réduction ne peut avoir pour cible des souscatégories de partenaires commerciaux. Les possibilités de compromis dans le cadre des accords régionaux sont donc réduites. Les questions réglementaires (concernant, par exemple, l’investissement ou les marchés de travaux publics) peuvent aussi faire l’objet de controverses au niveau régional —l’une des principales raisons qui expliquent les progrès limités et la révision à la baisse des ambitions de l’initiative concernant la Zone de libre-échange des Amériques. L’application de tels accords a également soulevé des problèmes dans le contexte de plusieurs initiatives engagées en Asie de l’Est.

Si les litiges commerciaux se sont durcis, le recours constant aux mécanismes de l’OMC semble faire ressortir la confiance qui existe dans le système multilatéral et réglementé de commerce. Les pays membres continuent, par exemple, d’utiliser largement le processus de règlement des litiges de l’OMC, encore que, comme beaucoup d’autres dispositifs institutionnels, il soit soumis à un examen attentif. Son utilité a notamment été confirmée par le fait que les pays membres de l’Accord de libreéchange nord-américain (ALENA), qui a son propre mécanisme d’arbitrage, ont fait appel à l’OMC pour régler leurs litiges commerciaux. Les pays ont également continué de montrer qu’en pratique ils tenaient compte des coûts des différends commerciaux, comme en témoigne la décision des États-Unis de lever avant la date prévue les droits imposés à titre de mesures de sauvegarde sur les importations d’acier, évitant ainsi un litige commercial potentiellement onéreux avec plusieurs grands partenaires.

Il est donc trop tôt pour faire des prévisions pessimistes sur l’avenir du système mondial de commerce. Malgré de nombreuses doléances sur les carences de l’OMC, rien ne permet d’affirmer que les pays membres sont disposés à se passer de cette organisation. Après l’échec de Cancún, de plus en plus de voix se sont élevées pour que soit relancé le processus de négociations, et la possibilité de concessions importantes, quoique en nombre limité, a été évoquée. Néanmoins, les préoccupations quant au devenir du cycle de Doha ne sont pas dénuées de fondement, aussi les milieux politiques doivent-ils s’engager davantage à traduire leurs paroles en actes.

Le succès de l’architecture multilatérale dépend non pas tant des règles du système ou de ses institutions, mais de la volonté de ses membres de coopérer en vue d’atteindre des objectifs communs. Le cycle de négociations de Doha a fait ressortir les désaccords qui existent entre pays développés et en développement, ainsi que certaines déficiences du processus de prise de décision de l’OMC. Dans ces conditions, il y a un risque que, pour obtenir un accord, on se contente du plus petit commun dénominateur, c’est-à-dire qu’on aboutisse à un accord vidé d’une bonne partie de sa substance qui réponde à des considérations défensives, au détriment de nettes avancées dans le programme de Doha pour le développement. Il se peut que, déçus par l’OMC, les pays cessent d’y voir un moyen de saisir les chances et d’affronter les enjeux de la mondialisation et recherchent de plus en plus activement d’autres solutions qui risquent de porter préjudice à la nature multilatérale du système. La prolifération des accords bilatéraux ou régionaux est, cela va de soi, en partie le produit de l’impatience que suscite la lenteur de l’appareil multilatéral. Une issue décevante anéantirait une occasion unique d’atteindre les objectifs en matière d’accès au marché et de réforme des règles de commerce, tout en faisant en sorte que les avancées réalisées profitent aux pays qui en ont le plus besoin.

Note: Hans Peter Lankes et Todd Schneider sont les principaux auteurs de cet encadré qui a été préparé en consultation avec le bureau du FMI à Genève.

1Plus de 170 accords commerciaux régionaux sont actuellement en vigueur; on estime que 70 autres ont pris effet, mais n’ont pas encore été notifiés. D’ici à la fin de 2005, le nombre total des accords en vigueur pourrait être proche de 300 si ceux qui sont prévus ou en cours de négociation sont conclus.

Les précédents paragraphes font clairement ressortir le rôle capital que peuvent jouer les réformes structurelles, le thème de la présente édition des Perspectives, pour s’attaquer à de nombreux problèmes mondiaux, et notamment augmenter la croissance de la productivité, réduire les vulnérabilités économiques, renforcer la capacité des pays à mettre à profit la rapidité des progrès technologiques et la mondialisation, y compris l’émergence de la Chine (voir le second essai du chapitre II) et assurer la viabilité des finances publiques à moyen terme. Des progrès ont certes été constatés dans beaucoup de pays ces dernières années, mais, malheureusement, ils ont souvent été assez lents. Il convient donc d’examiner plus attentivement les facteurs qui limitent la mise en œuvre des réformes structurelles dans les pays. On trouvera au chapitre III de la présente édition des Perspectives une première étude de cette question, qui est plus particulièrement axée sur l’expérience des pays industrialisés au cours des trente dernières années. Les conclusions sont, peut-être sans surprise, que les réformes ont en général avancé moins rapidement dans les domaines où elles donnaient les résultats les moins immédiats et présentaient le plus d’incertitudes (finances publiques et marchés du travail, notamment). Sont également identifiés divers facteurs qui tendent à augmenter (ou à réduire) les chances de succès des réformes. Pour l’heure, la reprise généralisée, qui fait suite à une période de croissance faible dans certains pays, devrait être propice à une accélération des réformes, malgré le frein que constitue, dans de nombreux pays, la nécessité d’assainir les finances publiques. Les facteurs extérieurs (concurrence et accords internationaux comme le marché unique européen) peuvent aussi inciter utilement les pays à agir.

Enfin, les récentes variations en dents de scie des cours des actions font ressortir une fois encore le coût potentiel des chocs sur les prix des actifs dans les économies modernes. Ces coûts sont souvent très élevés: pendant les trois dernières décennies, les crises boursières ont en général abouti à une perte cumulée de PIB d’environ 4 %, et les crises immobilières ont eu un effet deux fois plus important. À mesure que les marchés financiers gagneront en efficience et que les stocks d’actifs continueront d’augmenter, il se peut que les chocs sur les prix des actifs s’aggravent7et —ce qui est peut-être paradoxal —que les taux durablement faibles d’inflation intensifient les risques potentiels8. On pense en général, surtout dans les banques centrales, que la politique monétaire n’est pas bien armée pour s’attaquer aux bulles des prix des actifs, mais on ne parvient guère à s’entendre sur ce qui peut ou doit être fait. Cette question devrait être prioritaire pour les autorités et les universitaires. Une approche possible serait d’examiner systématiquement les infrastructures institutionnelles des marchés des actifs dans les pays pour voir si, par le passé, les bulles ont été accompagnées, voire intensifiées, par certains éléments spécifiques (contraintes pesant sur l’offre de logements, pratiques en matière de prêts ou réglementation de la comptabilité ou de l’audit des entreprises, par exemple) afin de concevoir des réformes visant à réduire le risque de leur retour.

Amérique du Nord: envol de la croissance aux États-Unis, mais ralentissement au Canada

Après une année marquée par des incertitudes et une reprise hésitante, l’économie des États-Unis a fortement progressé au second semestre de 2003, car les incertitudes géopolitiques se sont atténuées, tandis que les politiques monétaire et budgétaire demeuraient très expansionnistes et les séquelles de l’éclatement de la bulle des cours des actions se dissipaient9. La croissance annualisée du PIB réel a été de 8¼ % (taux exceptionnellement élevé) au troisième trimestre et de 4 % au quatrième. Elle a été tirée par la consommation privée —stimulée par les réductions d’impôt qui ont accru le revenu disponible, la baisse des taux d’intérêt et le refinancement massif des prêts hypothécaires qui en est résulté —et par un rebond de l’investissement des entreprises à mesure qu’augmentaient les bénéfices, que fléchissaient les pressions exercées par la restructuration des bilans des entreprises et que s’amélioraient les conditions de financement (graphique 1.9). Cependant, la réaction de l’emploi à la reprise a été rétrospectivement faible, d’aucuns craignant même qu’elle «ne crée pas d’emplois». L’emploi salarié non agricole, l’indicateur le plus couramment suivi, manquait nettement de dynamisme jusqu’à une date récente, alors que les résultats des enquêtes auprès des ménages, qui donnaient une image un peu meilleure de l’emploi, demeurent plus faibles que lors de la plupart des précédentes phases de reprise.

Graphique 1.9.États-Unis: croissance, consommation et revenus personnels

Stimulée par les baisses d’impôt et les nouveaux crédits garantis par l’immobilier, la consommation privée a été le moteur de l’économie, mais à mesure que les effets de ces facteurs se dissiperont, un marché du travail robuste sera indispensable pour la soutenir.

Sources: Haver Analytics; Global Insight; Bloomberg Financial, LP; estimations des services du FMI.

1Emprunts hypothécaires, déduction faite des investissements nominaux consacrés à l’immobilier à usage résidentiel.

L’activité devant en général rester robuste selon les indicateurs précurseurs, les services du FMI ont porté leurs prévisions de croissance pour 2004 à 4½ % (¾ de point de plus que dans l’édition de septembre 2003 des Perspectives) et anticipent par ailleurs un taux de 4 % pour 2005. Ces prévisions reposent sur une expansion —toujours forte —de l’investissement des entreprises et un fléchissement —modeste —de la consommation privée en 2004, car la situation de l’emploi s’améliorera et le rebond des cours des actions compensera largement la diminution progressive de l’effet des réductions d’impôt et des nouveaux crédits garantis par l’immobilier.

Malgré ces perspectives favorables, un certain nombre d’incertitudes pèsent toujours sur l’évolution ultérieure de la reprise.

  • La croissance de l’emploi se redressera-t-elle comme prévu? Sa faiblesse relative pendant la présente reprise peut être attribuée à un certain nombre de facteurs: la récession a encouragé les entreprises à utiliser différemment la main-d’œuvre afin d’enregistrer des gains de productivité et de réduire les coûts, de sorte qu’elles peuvent répondre à une demande accrue avec moins d’effectifs; les incertitudes sur le profil temporel et la vigueur du rebond économique (en particulier dans un contexte marqué par des risques géopolitiques et des menaces terroristes) ont eu pour effet de différer les embauches jusqu’à ce que la reprise soit fermement installée, et les mutations structurelles ont obligé les travailleurs des industries en perte de vitesse ne pouvant pas retrouver purement et simplement leur poste à la fin de la récession à chercher un emploi dans un autre secteur de l’économie (ce qui prend du temps)10. Toutefois, ces facteurs ont vraisemblablement retardé plutôt que réduit à néant la reprise du marché du travail dont s’accompagne habituellement cette phase du cycle et, la part des bénéfices des entreprises atteignant actuellement des niveaux presque sans précédent et les coûts unitaires de la main-d’œuvre ayant diminué ces deux dernières années, il est probable que l’emploi (et les salaires) va se redresser, ce qui soutiendra la consommation privée. En fait, le sous-indice de l’emploi dans l’enquête de l’Institute for Supply Management (ISM) est actuellement à des niveaux annonçant une forte croissance de l’emploi salarié, et les données récentes dans ce domaine sont encourageantes. Cependant, la viabilité de la reprise pourrait être compromise si l’emploi ne se redressait pas comme prévu.

  • Comment la hausse des taux d’intérêt modifiera-t-elle les dépenses de consommation? Il est peu vraisemblable que l’augmentation progressive des taux d’intérêt à laquelle on s’attend en général ait des conséquences importantes pour les ménages. Les nouveaux crédits garantis par l’immobilier ou obtenus par voie de refinancement diminueraient sans doute, entraînant une certaine réduction des dépenses de consommation, et le service des emprunts s’alourdirait; cependant, la situation financière des ménages demeure relativement bonne et les hypothèques à taux fixe permettront, dans une certaine mesure, d’atténuer ces évolutions. Cependant, si les taux des crédits hypothécaires devaient augmenter plus rapidement que prévu, l’impact sur le service des emprunts serait plus prononcé et le marché immobilier pourrait en souffrir, particulièrement dans les régions où les prix ont fortement progressé. Une stagnation du marché immobilier pourrait avoir des effets négatifs sur le patrimoine et la consommation des ménages.

  • Comment le déficit des transactions courantes s’ajustera-t-il? Le déficit courant s’est creusé ces dernières années pour atteindre 5 % du PIB en 2003; il est de plus en plus financé par des titres de créance qu’achètent des banques centrales et des organismes officiels (plutôt que par des flux d’investissement direct et des prises de participation). L’ajustement de ce déficit peut aboutir à une période de croissance plus faible, en particulier s’il s’accompagne d’une correction brutale et désordonnée du dollar (voir supra).

Malgré la forte reprise de la croissance du PIB, l’écart de production demeure important et, bien que l’inflation mesurée par l’IPC de mars dépasse les anticipations, les tensions inflationnistes sont peu prononcées. Dans ce contexte, la Réserve fédérale a maintenu une politique monétaire très accommodante, estimant que, pour l’instant, les risques menaçant la durabilité de la croissance ou la viabilité de l’inflation sont dans l’ensemble équilibrés. Néanmoins, si la reprise se poursuit comme prévu, le moment où la Réserve fédérale devra commencer à relever les taux d’intérêt est peut-être proche, et il faudra aussi continuer de préparer le terrain en vue de passer à une politique monétaire plus neutre. En ce qui concerne le secteur financier et celui des sociétés, il faut continuer de renforcer le gouvernement d’entreprise et les normes comptables afin de maintenir la confiance des investisseurs.

La politique budgétaire très expansionniste que poursuivent les autorités depuis quelques années a soutenu utilement la reprise, mais a aussi contribué à une dégradation significative des finances publiques, qui risque d’avoir à moyen terme un coût élevé pour l’économie mondiale et celle des États-Unis (voir chapitre II). Il est donc prioritaire de rétablir une position budgétaire viable et, à cet égard, l’engagement pris par l’Administration de réduire de moitié le déficit du budget fédéral au cours des cinq prochains exercices est une première mesure importante, même s’il reste à engager des actions crédibles pour parvenir à cet objectif. Toutefois, il y a de bonnes raisons de croire qu’un rééquilibrage budgétaire plus ambitieux s’impose. Premièrement, si le rééquilibrage est accéléré pendant la présente phase de reprise, les comptes budgétaires seront mieux à même de répondre au prochain recul de l’activité lorsqu’il interviendra. Deuxièmement, le départ en retraite de la génération née après la Seconde Guerre mondiale, qui s’amorcera ultérieurement durant la décennie, pèsera lourdement sur la sécurité sociale et Medicare, aussi est-il important que les autorités lancent rapidement une réforme de ces programmes pour faire face à ces difficultés. Troisièmement, un accroissement de l’épargne publique faciliterait l’ajustement nécessaire du déficit des transactions courantes.

Au Canada, la croissance est tombée à 1¾ % en 2003. Bien que la demande intérieure soit restée relativement robuste, la vive appréciation du dollar canadien, l’épidémie de SRAS et la découverte d’un cas d’ESB (maladie de la vache folle) ont fortement pénalisé les exportations nettes, amputant ainsi l’expansion du PIB de 2½ points. On s’attend à ce qu’en 2004, la croissance passe à 2½ %, car l’effet de freinage imposé par le secteur extérieur s’atténue sensiblement avec le renforcement de l’économie des États-Unis et la hausse des cours des produits de base, et la consommation et l’investissement profitent du bas niveau des taux d’intérêt et des récentes réductions d’impôt. L’écart de production s’étant creusé du fait du recul de l’activité, l’inflation est revenue dans la fourchette objectif de 1 à 3 % établie par la Banque du Canada et, après un resserrement de la politique monétaire au début de 2003, la banque centrale a décidé d’abaisser l’objectif du taux d’intérêt au jour le jour de 125 points de base pour le ramener à 2 % au milieu de 2003. Le ralentissement de l’économie et l’augmentation des dépenses de santé ont réduit l’excédent du budget fédéral, mais la situation des finances publiques du Canada demeure relativement favorable et les autorités sont déterminées à maintenir le ratio d’endettement fédéral sur une trajectoire orientée à la baisse.

Zone euro: une reprise en demi-teinte accompagnée d’une demande intérieure toujours irrégulière

Dans la zone euro, la reprise est hésitante et a dans un premier temps été tirée essentiellement par la demande extérieure. Après avoir stagné pendant le premier semestre de 2003, le PIB réel a progressé de 1½ % (taux annuel) au troisième trimestre et de 1¼ % au quatrième. Le net redressement du commerce mondial a stimulé les exportations, malgré la vigueur de l’euro. L’investissement a redémarré au quatrième trimestre, bien qu’il continue d’être freiné par les incertitudes concernant l’appréciation de l’euro et la restructuration en cours des bilans. La croissance de la consommation a été faible, même si, grâce à la modération des salaires, l’emploi a mieux résisté que lors des précédentes phases de recul de l’activité. Les différences entre les taux de croissance tiennent essentiellement aux divergences au niveau de la demande intérieure (celle-ci est la plus faible en Allemagne et la plus forte en Grèce, en Irlande et en Espagne) qui traduisent en partie des écarts persistants de taux d’intérêt (graphique 1.10).

Graphique 1.10.Zone euro: conséquences de la persistance des écarts d’inflation

(Variations annuelles moyennes en pourcentage, sauf indication contraire)

Les écarts d’inflation persistants entre les pays de la zone euro laissent supposer qu’il existe des différences constantes entre les taux d’intérêt réels, qui, à leur tour, sont associées à des divergences au niveau de la demande intérieure, des prix de l’immobilier et de la dette des ménages.

Sources: Commission européenne; données nationales; calculs effectués par la Bundesbank à partir des données de Bulwein; calculs des services du FMI.

1Moyenne, 1999–2003.

2Moyenne, 1999–2002.

3Moyenne, 1997–2002.

D’après les projections, la croissance devrait passer à 1¾ % en 2004 et à 2¼ % en 2005, mais, faute d’une amélioration des récents indicateurs économiques, la robustesse de la reprise est incertaine. La vigueur de la demande extérieure, l’augmentation de la rentabilité, les cours élevés des actions, la diminution des marges sur les obligations des entreprises et la situation financière solide des ménages devraient normalement soutenir un redressement progressif de la croissance. Cependant, il se peut que le comportement hésitant des consommateurs et un chômage élevé continuent de pénaliser la consommation; par ailleurs, les taux d’endettement constamment élevés amènent à se demander si la restructuration des bilans est suffisamment avancée pour soutenir l’investissement des entreprises, et une nouvelle appréciation vigoureuse de l’euro pourrait freiner la demande extérieure. En outre, si leurs répercussions directes sur la croissance seront sans doute faibles, les attentats de Madrid pourraient affaiblir la confiance ou entraîner l’adoption de nouvelles mesures sécuritaires qui freinent le commerce extérieur.

L’inflation de base a été étonnamment tenace (un peu moins de 2 %), mais elle devrait normalement reculer au cours des deux prochaines années sous l’effet, semble-t-il, de plusieurs facteurs, dont le ralentissement progressif des revendications salariales en raison de la faiblesse constante de l’économie, l’amélioration de la productivité de la main-d’œuvre à mesure que la reprise s’accélère et la vigueur de l’euro. Étant donné les bonnes perspectives en matière d’inflation, les risques d’essoufflement de la croissance plaident en faveur d’un desserrement de la politique monétaire. Si, d’après les indicateurs économiques, la reprise —déjà faible —continuait de ralentir, il serait judicieux de baisser les taux d’intérêt dans la mesure où les perspectives en matière d’inflation seraient toujours favorables.

Depuis l’adoption de la monnaie unique en 1999, les écarts d’inflation entre les pays de la zone euro ont été élevés et persistants. S’ils ne sont pas plus importants que ceux observés dans les autres zones monétaires, leur persistance en revanche est inhabituelle (Banque centrale européenne, 2003). Le même taux d’intérêt nominal étant appliqué dans toute la zone, ces écarts ont été à l’origine de différences durables entre les taux d’intérêt réels, lesquelles se sont accompagnées de divergences au niveau de la demande intérieure réelle, ainsi que des prix réels de l’immobilier, qui augmentent fortement en Espagne, mais stagnent en Allemagne (graphique 1.10). Si les écarts d’inflation tiennent sans doute à des facteurs structurels tant temporaires qu’à plus long terme, de nouvelles avancées dans la réalisation du marché unique aideront à en réduire l’ampleur et à en limiter la durée. Dans l’intervalle, ces écarts et les divergences macroéconomiques qui en résultent font ressortir le rôle de stabilisation capital que jouent les politiques budgétaires nationales, ainsi que l’importance d’améliorer la flexibilité structurelle, surtout en ce qui concerne les marchés des produits et des facteurs.

Les déficits budgétaires ont en général continué de se creuser en 2003, le renforcement des soldes structurels étant plus que neutralisé par les stabilisateurs automatiques. En France et en Allemagne, le déficit des administrations publiques a dépassé pour la deuxième année consécutive le plafond fixé dans le Pacte de stabilité et de croissance, malgré une amélioration du solde structurel de l’Allemagne d’environ ½ % du PIB. L’Italie a pu maintenir le déficit des administrations publiques en deçà de ce plafond grâce essentiellement à des mesures exceptionnelles. En France, une importante réforme des retraites a permis d’accroître la viabilité à long terme des finances publiques. D’après les projections, le déficit budgétaire de la France et de l’Allemagne devrait demeurer au-delà du plafond fixé dans le Pacte de stabilité et de croissance jusqu’en 2005. Dans l’avenir immédiat, si les pays dont la position budgétaire est faible procédaient à un ajustement structurel de cette position d’au moins ½ % du PIB à l’aide de mesures de haute qualité, ils pourraient trouver un juste milieu entre la nécessité à court terme de ne pas compromettre la reprise et celle à moyen terme de poursuivre le rééquilibrage des finances publiques. À moyen terme également, les pays qui décident d’appliquer des réformes structurelles crédibles pourraient se voir accorder une certaine marge de manœuvre afin d’atteindre leurs objectifs budgétaires structurels de façon cumulée plutôt que sur une base annuelle. Après le blocage qu’on a observé à la fin de 2003, il est indispensable de renforcer certains aspects de la mise en œuvre du Pacte, d’autant plus que celui-ci contribue à l’application de bonnes politiques, car il a facilité le passage, dans un environnement cyclique délicat, à une politique budgétaire en général adéquate dans la zone euro. Plus précisément, davantage d’attention pourrait être accordée à la dette publique et aux problèmes de viabilité à plus long terme des finances publiques, et notamment aux questions de savoir comment prendre en compte les engagements non financés, comment encourager l’rééquilibrage des finances publiques durant les périodes fastes et comment mesurer la qualité de l’ajustement.

Il y a lieu de saluer la priorité qui est donnée aux réformes structurelles, mais davantage pourrait être fait pour stimuler une croissance durable à long terme et améliorer la capacité de la zone à s’adapter aux chocs. Des avancées ont récemment été accomplies; il convient de citer à cet égard les réformes de l’Agenda 2010 en Allemagne et des retraites en France, alors que celles des marchés des produits ont en général ralenti et que les cas de transgression des règles du marché interne se multiplient. Les prévisions démographiques à long terme montrent qu’il est important de relever le taux de participation de la population active et le taux de croissance de la productivité. De nombreux pays ont besoin de réformer leur système de prestations sociales (notamment les régimes de retraite et de santé) de manière à accroître les incitations au travail, d’assouplir la législation protégeant l’emploi afin de réduire les coûts d’embauche et de licenciement et d’alléger les contraintes réglementaires et administratives en vue de créer un climat plus favorable pour les entreprises. La reprise actuelle crée un contexte propice à une accélération des réformes, car l’amélioration des perspectives d’emploi et de revenu pourrait en atténuer le coût inévitable à court terme. Les pays pourraient aussi mettre à profit l’engagement qu’ils ont pris de procéder à des réformes dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, car les accords supranationaux de coopération se sont révélés utiles pour surmonter les obstacles aux réformes (voir le chapitre III intitulé: «Promouvoir les réformes structurelles dans les pays industrialisés»). Sur le front de l’intégration financière, la phase législative, au niveau de l’Union européenne (UE), concernant le Plan d’action pour les services financiers est pour ainsi dire achevée, le processus Lamfalussy a été étendu aux banques et aux assurances et on s’intéresse actuellement à la prévention et à la gestion des crises financières. Il est important à présent de se concentrer sur la mise en place de directives-cadres dans les législations nationales.

Comme dans la zone euro, le taux de croissance devrait, selon les projections, augmenter au Danemark, en Norvège, en Suède et en Suisse, sous l’effet en partie du redressement de la demande mondiale. En Norvège, la reprise est soutenue par un renforcement de la consommation des ménages, attribuable à la meilleure performance de l’emploi et à la hausse des prix de l’immobilier, ainsi que par les intentions plus fermes d’investissement des entreprises. La demande intérieure est moins robuste dans les autres pays, à cause d’une moins bonne situation de l’emploi, de taux d’utilisation des capacités plus faibles et de l’ajustement en cours des bilans. Étant donné qu’elle dépend encore largement de la demande extérieure, la reprise dans ces pays est sensible aux appréciations des taux de change effectifs ou à un essoufflement de l’activité dans la zone euro (leur principal partenaire commercial). Des écarts de production encore élevés continuant d’exercer des pressions à la baisse sur l’inflation, les banques centrales de Norvège et de Suède ont réduit les taux d’intérêt ces derniers mois et pourraient envisager de les réduire encore si la reprise ne s’accélérait pas. En Suisse, où les taux d’intérêt sont déjà proches de zéro, il sera important de maintenir une politique monétaire très accommodante jusqu’à ce que la reprise soit confirmée.

Au Royaume-Uni par contre, les performances macroéconomiques demeurent vigoureuses et le principal danger pour les perspectives est que le marché immobilier subisse une correction brutale. Ces résultats sont attribuables non seulement à une politique monétaire contracyclique judicieuse et à une politique budgétaire expansionniste, mais aussi à la flexibilité structurelle découlant de la profonde réforme ces vingt dernières années des marchés financiers et de ceux du travail et des produits. À mesure que l’impact du relèvement des taux d’intérêt se fera sentir, la demande extérieure devrait progressivement remplacer la consommation comme moteur de la reprise conjoncturelle. Grâce au niveau élevé de leur rentabilité et de leur capitalisation, les banques devraient pouvoir absorber les chocs imputables à une forte diminution des prix de l’immobilier, mais certains ménages très endettés pourraient être vulnérables aux hausses des taux d’intérêt ou du taux de chômage. Cela étant, il conviendrait de continuer de durcir graduellement la politique monétaire et, en réalité, les marchés financiers s’attendent à des majorations faibles et régulières des taux. Étant donné que le déficit budgétaire structurel s’est récemment creusé, il serait en outre logique d’assainir progressivement les finances publiques pour respecter les règles budgétaires du gouvernement, ainsi que pour renforcer les fondamentaux budgétaires et soutenir la politique monétaire pendant la phase ascendante du cycle. Il serait possible de limiter les risques de mauvaise utilisation des ressources et de faciliter le rééquilibrage des finances publiques en freinant l’augmentation actuellement forte des dépenses publiques. L’un des principaux défis à relever étant d’assurer le provisionnement des pensions à mesure que vieillira la population, il y a lieu de saluer la mise en place récemment d’une commission des pensions, chargée de veiller à ce que les particuliers épargnent suffisamment et de recommander, si nécessaire, des mesures correctrices.

Japon: une reprise durable est-elle enfin engagée?

Au Japon, la reprise a continué de dépasser nettement les anticipations: la croissance du PIB en 2003 a été estimée à 2,7 %, soit 0,7 point de plus qu’anticipé en septembre dernier, et les prévisions pour 2004 ont fait l’objet d’une révision à la hausse encore plus importante. Bien que le yen se soit apprécié (en dépit d’interventions officielles sans précédent sur le marché des changes), la reprise a été tirée par les exportations, notamment à destination de l’Asie, ainsi que par un rebond de l’investissement privé qu’ont facilité l’augmentation de la rentabilité des entreprises et le redressement des cours des actions (graphique 1.11). La progression de la consommation privée a été modérée —et les signes de reprise sont de plus en plus nombreux —, alors que la contribution des dépenses publiques, celles d’investissement en particulier, à la demande a été moins forte. Si les données officielles surestiment peut-être la croissance du PIB et celle de l’investissement privé en raison de problèmes statistiques, il est possible d’observer de plus en plus un redressement de l’activité à partir d’autres indicateurs —l’indice pour toutes les industries, l’enquête Tankan auprès des entreprises, ainsi que les indicateurs de la production de biens d’équipement et des commandes de matériels.

Graphique 1.11.Japon: comparaison entre la reprise actuelle et les précédentes

(Variations en pourcentage par rapport à l’année précédente)

La reprise japonaise a été plus que d’habitude tributaire des exportations, à destination en particulier des pays d’Asie; la consommation reste faible à cause du recul du revenu disponible et de la croissance médiocre de l’emploi.

Sources: Haver Analytics; CEIC Data Company Limited; estimations des services du FMI.

1Entre le quatrième trimestre de 2001 et le quatrième trimestre de 2003; comparaison avec les périodes premier trimestre de 1999–premier trimestre de 2001 et quatrième trimestre de 1993–quatrième trimestre de 1995.

2Ajusté en fonction de l’indice des prix à la consommation.

3Contribution des exportations de l’Asie à la croissance totale des exportations.

4Contribution des exportations des États-Unis à la croissance totale des exportations.

5Emploi total dans les industries non agricoles et productivité de la main-d’œuvre dans le secteur manufacturier.

À l’heure actuelle, il faut essentiellement se demander si la reprise au Japon peut être durable ou si, comme lors des précédentes reprises depuis l’éclatement de la bulle, elle crée de faux espoirs (graphique 1.11). À cet égard, les résultats récemment obtenus sur le front structurel, qui devraient aider la croissance potentielle à dépasser son niveau anémique actuel (1 % environ) et réduire la vulnérabilité aux chocs, sont encourageants, encore que beaucoup reste à faire.

  • Les performances des entreprises se sont améliorées, comme le montrent l’augmentation de leur rentabilité et un certain recul de leurs ratios d’endettement. Cependant, cette évolution a surtout concerné les grandes entreprises à vocation exportatrice; malgré certains progrès, la situation des petites entreprises, qui représentent une part importante de l’endettement total, est toujours difficile.

  • La santé du système bancaire s’améliore, sous l’effet, entre autres, d’une forte augmentation des cours des actions bancaires, encore que d’importantes faiblesses demeurent. Les récentes difficultés des banques Resona et Ashikaga ont été efficacement contenues et les grandes banques ont renforcé leur bilan pendant le premier semestre de l’exercice 2003, notamment en réduisant les créances irrécouvrables, ainsi que la part dans leurs fonds propres des crédits d’impôt différés. Cependant, ces deux ratios restent relativement élevés et il convient de s’attaquer de façon plus énergique aux problèmes des banques régionales —que ne couvre pas le programme de redressement financier. Le faible niveau de la rentabilité de base est toujours un grave sujet de préoccupation, sa récente amélioration tenant en partie à des facteurs exceptionnels, comme des plus-values boursières.

  • Les tensions déflationnistes se sont atténuées récemment, l’inflation mesurée par l’IPC de base atteignant presque zéro ces derniers mois, encore que cette évolution soit due en partie à des facteurs ponctuels; ceux-ci mis à part, la déflation est de l’ordre de ½ %. Il ressort des diverses enquêtes que les anticipations déflationnistes diminuent, le Tankan donnant à penser que le pourcentage des entreprises prévoyant un recul des prix a baissé en mars 2004.

Dans ce contexte, les services du FMI s’attendent à ce que la reprise se poursuive, mais à un rythme modéré, la croissance du PIB devant, selon les projections, atteindre 3,4 % en 2004, puis revenir à 1,9 % en 2005. À court terme, les risques semblent plus ou moins équilibrés. Il est possible que la reprise soit un peu plus forte que prévu, surtout si la croissance et la demande aux États-Unis et en Asie dépassent les anticipations, si la rentabilité des entreprises continue de se redresser, si l’augmentation des bonus se répercute sur la consommation ou si l’amélioration des marchés du travail est durable. Le principal risque serait une nouvelle appréciation sensible du yen. À moyen terme, les grands sujets de préoccupation sont toujours les vulnérabilités créées par les faiblesses exposées ci-dessus, les perspectives budgétaires très difficiles et, parallèlement, le risque d’une hausse des taux d’intérêt à long terme, ainsi que la marge de manœuvre relativement limitée des autorités pour réagir aux chocs imprévus.

Sur le front macroéconomique, l’un des principaux objectifs est toujours de mettre fin pour de bon à la déflation; comme l’ont souligné de récentes études, l’élément clé à cet égard est de faire cesser les anticipations déflationnistes11. L’an dernier, la Banque du Japon a pris davantage de mesures préventives, relevant son objectif opérationnel à quatre reprises (les deux dernières fois pour soutenir le redressement de l’activité). En octobre 2003, elle a indiqué clairement que la politique monétaire ne serait resserrée que lorsque l’inflation mesurée par l’IPC de base serait égale ou supérieure à zéro durant plusieurs mois et qu’une majorité des membres du comité de politique monétaire estimerait qu’elle resterait positive pendant la période de prévision. S’il y a lieu de se féliciter de ces décisions, elles ne semblent cependant pas suffisantes pour mettre fin rapidement à la déflation et influencer les anticipations déflationnistes; il serait peutêtre utile de procéder parallèlement à un nouvel assouplissement quantitatif, conjugué à une cible d’inflation à moyen terme destinée à ancrer les anticipations inflationnistes.

Sur le front budgétaire, le déficit structurel (aide aux banques non comprise) des exercices 2003 et 2004 devrait normalement rester à 6¾ % environ. Comme le montre ce qui s’est passé en 1997, un durcissement brutal risquerait d’étouffer la reprise; cela dit, le redressement de l’activité donne l’occasion d’amorcer le processus de rééquilibrage des finances publiques, dans le contexte d’un plan budgétaire à moyen terme bien défini. À cet égard, les autorités aspirent à réaliser un excédent primaire des administrations publiques (sécurité sociale non comprise) au début des années 2010 en limitant les dépenses et en procédant, à moyen terme, à une réforme fiscale; elles ont également présenté un plan en vue de s’attaquer aux menaces que font peser les retraites en augmentant les cotisations publiques et privées et en réduisant légèrement les prestations. Il y a certes lieu de saluer ces initiatives, mais on s’attend à ce que la dette publique tant brute que nette reste sur une trajectoire fortement orientée à la hausse, ce qui semble indiquer que des efforts supplémentaires seront nécessaires pour assurer la viabilité budgétaire à moyen terme.

Comme l’ont souligné à maintes reprises les Perspectives, le retour à une croissance durable passe nécessairement par une accélération de la réforme structurelle du secteur financier et de celui des entreprises. De récentes études ont montré que, la productivité des entreprises les plus endettées étant très faible, les bienfaits à moyen terme d’une restructuration bien conçue des sociétés pourraient être importants, et en compenseraient largement le coût à court terme12. Si les obstacles demeurent considérables, l’analyse du chapitre III laisse entendre que, lorsque la question est abordée sous l’angle de l’économie politique, la situation économique antérieure, dont la fragilité permet de prendre davantage conscience du coût d’un report des réformes, et l’actuelle reprise peuvent plaider en faveur d’une accélération de ces réformes, surtout avant qu’un rééquilibrage profond des finances publiques soit entrepris.

Amérique latine: le règlement des problèmes sociaux est-il compatible avec la réduction d’une dette publique élevée?

En Amérique latine, la croissance s’est redressée après la grave récession de 2001–02 (tableau 1.6). Cette reprise a été dans un premier temps tirée par la demande extérieure, de fortes dépréciations des taux de change dans la région ayant stimulé les exportations, mais, plus récemment, la demande intérieure a commencé à se redresser, à mesure que baissaient les taux d’intérêt et que revenait la confiance. La croissance des exportations a également soutenu une amélioration du solde des transactions courantes qui est devenu, pour la première fois depuis au moins 35 ans, légèrement excédentaire en 2003, tandis que l’inflation était en général bien contenue. On s’attend à ce que l’activité se renforce en 2004, la reprise de la demande intérieure continuant de s’installer, encore que les perspectives risquent toujours d’être assombries par une dégradation des marchés financiers mondiaux ou par des dérapages intérieurs de nature à saper la confiance des investisseurs.

Tableau 1.6.Pays de l’Hémisphère occidental (échantillon): PIB réel, prix à la consommation et solde des transactions courantes(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde des transactions courantes2
200220032004200520022003200420052002200320042005
Hémisphère occidental–0,11,73,93,78,910,66,25,6–0,90,2–0,4–1,0
Mercosur3–1,21,94,03,712,014,46,15,80,41,80,6–0,4
Argentine–10,98,75,54,025,913,46,79,510,55,74,61,6
Brésil1,9–0,23,53,58,414,85,94,7–1,70,8–0,4–0,9
Chili2,23,34,65,52,52,81,32,9–1,3–0,8–0,2–0,6
Uruguay–11,02,57,04,014,019,48,37,71,60,40,51,0
Région des Andes0,21,25,13,59,110,28,99,31,42,72,31,3
Colombie1,83,64,04,06,37,15,75,0–1,9–1,8–2,3–2,1
Équateur3,32,65,93,612,67,93,22,7–4,9–1,71,41,5
Pérou4,94,04,04,51,52,52,52,5–2,1–1,8–0,7–0,8
Venezuela–8,9–9,28,81,122,431,129,335,07,911,39,36,4
Mexique, Amérique centrale et Caraïbes1,11,53,03,55,15,95,63,8–2,6–1,8–2,2–2,4
Guatemala2,22,12,63,56,35,95,04,5–5,1–4,4–4,2–4,3
Mexique0,71,33,33,35,04,54,33,2–2,2–1,5–2,0–2,2
République Dominicaine4,7–1,3–1,04,55,227,428,810,6–3,85,64,52,9

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, ainsi que Bolivie et Chili (membres associés).

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay, ainsi que Bolivie et Chili (membres associés).

Malgré l’amélioration de la situation économique, le chômage demeure élevé et, conjugué aux profondes inégalités de revenu et à une pauvreté généralisée (graphique 1.12), il a contribué à une intensification des tensions sociales dans un certain nombre de pays. En réalité, il ressort des enquêtes d’opinion publique que, dans tous les pays, la population considère le chômage comme le problème le plus grave (la pauvreté occupe également un rang élevé sur la liste) et estime dans sa grande majorité que la répartition actuelle des revenus n’est pas équitable (Latinobarómetro, 2003). Ces tensions sociales sont très préoccupantes pour les autorités, non seulement parce qu’elles compromettent la stabilité du gouvernement dans un certain nombre de pays, ce qui rend l’application de la politique économique plus difficile, mais aussi parce qu’elles doivent être abordées dans un contexte marqué par une dette publique considérable.

Graphique 1.12.Chômage, inégalités de revenu et pauvreté en Amérique latine

Un chômage élevé, de profondes inégalités de revenu et une pauvreté généralisée ont concouru à accroître les tensions sociales dans un certain nombre de pays d’Amérique latine.

Sources: Banque mondiale; CEPAL; estimations des services du FMI.

1Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Équateur, Mexique, Pérou, Uruguay et Venezuela.

2En pourcentage de la population. Les données pour 2001 sont des estimations.

Est-il possible d’améliorer la situation sociale tout en réduisant la dette publique? La nécessité d’une politique budgétaire rigoureuse, en raison du niveau élevé de la dette publique et du sentiment fragile qui règne sur les marchés financiers, empêche certainement les pays d’augmenter leurs dépenses pour financer des actions sociales à court terme, mais les mesures qu’ils pourraient prendre pour abaisser les ratios d’endettement public devraient présenter à long terme un certain nombre d’avantages sur le plan social. Une diminution de la dette publique réduirait les vulnérabilités (on a pu parfaitement constater en Argentine que les crises financières ont éventuellement un effet dévastateur sur la situation sociale) et permettrait de prendre davantage de mesures budgétaires contracycliques, et d’atténuer ainsi l’impact des futures phases de recul de l’activité. Elle permettrait également d’accroître les dépenses budgétaires d’infrastructure, de santé, d’éducation et de protection sociale (encore qu’une prestation des services sociaux plus efficace et un bon ciblage de la protection sociale seront tout aussi importants pour réduire la pauvreté).

Il n’y a pas de solution rapide ni toute faite aux problèmes sociaux ou d’endettement public de l’Amérique latine, et la réaction des autorités doit être adaptée à la situation de chaque pays. Pour régler ces problèmes, il sera néanmoins indispensable de lancer un vaste programme de réformes structurelles, car une croissance forte et durable —ainsi qu’une large répartition de ses bienfaits —non seulement aiderait à améliorer la situation sociale, mais aussi constituerait l’un des piliers de toute politique visant à réduire de manière ferme et continue la dette publique (voir l’édition de septembre 2003 des Perspectives). Il faudra aussi, pour améliorer la viabilité de la dette publique, lancer des réformes budgétaires dont l’objet sera de renforcer les bases d’imposition (de façon à ce que les recettes soient plus stables et, dans certains pays, plus élevées), et de réduire les distorsions fiscales, d’intensifier le contrôle des dépenses et de comprimer celles qui sont improductives, ainsi que, pour donner plus de crédibilité à la politique budgétaire (notamment en consolidant les institutions budgétaires), de s’attaquer aux risques inhérents aux engagements conditionnels et implicites et de moins recourir à la dette en devises à court terme afin de limiter les risques de variation des taux de change et des taux d’intérêt.

En Argentine, la confiance et la production se sont nettement redressées, le PIB réel augmentant, d’après les estimations, de 8¾ % en 2003, car la consommation et l’investissement dans le bâtiment se sont renforcés (même si la production est encore inférieure de 11 % au pic d’avant la crise). En même temps, l’infla-tion a nettement ralenti, le solde des transactions courantes est resté fortement excédentaire et le niveau robuste des recettes fiscales a contribué à un excédent primaire du secteur public estimé à 3 % du PIB. On s’attend à une croissance de 5½ % en 2004; cependant, la solidité de la reprise dépendra de l’action des autorités dont les priorités sont d’accroître l’excédent du budget primaire et de restructurer la dette souveraine afin de restaurer la viabilité des finances publiques, de renforcer le système bancaire et de créer un contexte plus favorable à l’entreprise privée grâce, notamment, à la mise au point d’une réglementation équilibrée pour les concessions de services publics et d’un cadre juridique plus fiable.

En Uruguay, la situation économique s’est nettement améliorée depuis l’échange de créances de mai 2003 et, cette année-là, la croissance a été positive pour la première fois depuis 1998. Cependant, de graves risques demeurent et, pour maintenir la confiance des marchés financiers, les autorités devront accélérer la restructuration des banques et l’assainissement des finances publiques.

Au Brésil, une politique macroéconomique vigoureuse et des avancées sur le front des réformes structurelles ont permis d’améliorer la confiance et expliquent en partie les signes d’une reprise, dont un redémarrage de la croissance de la production industrielle au quatrième trimestre de 2003. On s’attend à ce que l’économie progresse de 3½ % en 2004, après le léger recul de 2003, par suite de la réaction de la demande intérieure à la baisse des taux d’intérêt (l’inflation ralentissant et les tensions inflationnistes s’atténuant, les taux officiels ont été réduits de 10¼ points depuis juin 2003). Une politique budgétaire prudente, qui s’est traduite par un excédent primaire de plus de 4¼ % du PIB en 2003, et une amélioration de la structure de la dette publique ont aidé à atténuer les craintes relatives à la stabilité de la dynamique de cette dette, bien que son niveau élevé (plus de 80 % du PIB en termes bruts) demeure un grave facteur de vulnérabilité, notamment en cas de dégradation des marchés financiers ou de dérapages dans l’action des pouvoirs publics de nature à compromettre la confiance des investisseurs. Au Chili, les performances économiques sont demeurées bonnes et l’on s’attend à ce que la croissance passe à 4½ % en 2004, grâce à l’amélioration des termes de l’échange (attribuable à la hausse des cours du cuivre) et à une augmentation des investissements en infrastructures et dans le secteur des ressources naturelles. La banque centrale a abaissé les taux d’intérêt à mesure que l’inflation ralentissait, et la politique budgétaire continue d’être compatible avec l’objectif d’un excédent structurel de 1 % du PIB.

Dans la région des Andes, une reprise est prévue en 2004, encore que, dans la plupart des pays, les incertitudes politiques assombrissent les perspectives. Au Venezuela, le rebond anticipé de l’activité dépend essentiellement d’une résolution ordonnée de la crise politique et du redressement, parallèlement, de la confiance des ménages et des entreprises. Il convient de prendre de toute urgence des mesures correctrices pour rétablir la viabilité des finances publiques, car la forte détérioration de la position budgétaire a nettement renforcé la vulnérabilité du pays à toute baisse des cours du pétrole ou dégradation des conditions extérieures de financement. À des degrés divers, les incertitudes politiques présentent également des risques pour les perspectives dans d’autres pays: au Pérou, la croissance devrait normalement demeurer à 4 % environ en 2004, mais la dette publique en devises reste élevée et il convient d’accélérer les réformes budgétaires; en Équateur, l’économie profite de la hausse des prix du pétrole et de l’ouverture d’un nouvel oléoduc, mais la situation politique difficile retarde les réformes budgétaire et structurelle nécessaires, et la position budgétaire est vulnérable à une baisse des prix du pétrole et, en Bolivie, les troubles sociaux et l’instabilité politique ont pénalisé la croissance et la position budgétaire. En Colombie, l’amélioration de la situation sécuritaire et une bonne politique macroéconomique ont stimulé la confiance et la croissance s’est accélérée, mais, afin de pouvoir continuer sur cette lancée, il est nécessaire de poursuivre le rééquilibrage des finances publiques de façon à réduire la dette publique et à faciliter le développement du secteur privé.

Au Mexique, on s’attend à ce que, après trois années de résultats décevants, la croissance s’accélère cette année, car les exportations bénéficient de la forte expansion industrielle que connaissent les États-Unis, et la baisse des taux d’intérêt soutient les dépenses de consommation et d’investissement. Une politique monétaire prudente a aidé l’inflation —qui ralentit —à se rapprocher de l’objectif à long terme (3 %) de la Banque du Mexique, mais la réduction du déficit budgétaire au sens large a été inférieure aux anticipations et la dette publique continue de dépasser le niveau souhaitable. En outre, les progrès limités des réformes dans certains domaines essentiels (énergie, marché du travail et système fiscal) ont freiné l’investissement privé et l’on s’interroge de plus en plus sur la compétitivité à moyen terme du pays.

En Amérique centrale, l’accord de libreéchange avec les États-Unis (ALEAC) a un impact favorable sur les perspectives pour 2004. Toutefois, la situation demeure préoccupante dans un certain nombre de pays des Caraïbes. En République Dominicaine, elle s’est dégradée à la suite de la crise bancaire et on s’attend à ce que l’économie régresse de 1 % en 2004. En Jamaïque, une dette publique très élevée pose un risque considérable pour les perspectives, et il est nécessaire de mettre en place une stratégie globale pour s’y attaquer. Les pays de l’Union monétaire des Caraïbes orientales font aussi face à de graves difficultés, y compris une position budgétaire faible, un endettement élevé et un secteur financier fragile. À cause du régime de caisse d’émission, il est maintenant indispensable d’assainir profondément les finances publiques pour réduire les risques de crise.

Pays émergents d’Asie: avec la reprise, les taux de change pourraient devenir plus flexibles

La croissance du PIB des pays émergents d’Asie, qui est passée à 7 % en 2003, représente environ 50 % de la croissance mondiale (encadré 1.4 et tableau 1.7). L’activité est montée en flèche au second semestre de l’année, sous l’effet de la progression de la demande intérieure et des exportations. Favorisés par des politiques monétaires accommodantes et une augmentation du crédit, la consommation et le tourisme se sont redressés, surtout dans les économies qui avaient été touchées par le SRAS. L’investissement a été soutenu en Chine, alors que, dans les autres pays, il a été freiné par des problèmes persistants de bilan et, dans certains d’entre eux, les incertitudes politiques accompagnant les élections à venir. Les exportations ont été stimulées par la reprise mondiale de l’activité et de la demande de produits technologiques, ainsi que par la dépréciation des taux de change effectifs, la plupart des pays ayant continué d’intervenir massivement pour limiter l’appréciation de leur monnaie par rapport au dollar. Les importations ont elles aussi été robustes, grâce à la vigueur des exportations et au rebond de la demande intérieure, de sorte que, pour la région, l’excédent des transactions courantes n’a guère varié. Bien qu’elle demeure très faible, l’inflation s’est légèrement accélérée dans la plupart des pays par suite de la hausse des taux d’utilisation des capacités et des cours mondiaux des produits de base.

Tableau 1.7.Pays d’Asie (échantillon): PIB réel, prix à la consommation et solde des transactions courantes(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde des transactions courantes2
200220032004200520022003200420052002200320042005
Pays émergents d’Asie36,27,27,26,81,92,53,83,43,83,83,02,7
Chine8,09,18,58,0–0,81,23,53,02,82,11,61,9
Asie du Sud44,67,06,56,04,23,94,44,11,20,70,10,1
Bangladesh4,95,45,86,33,84,95,13,50,6–0,3–1,2–1,2
Inde4,77,46,86,04,33,84,34,11,00,50,20,3
Pakistan4,45,55,45,72,93,64,04,04,13,31,00,5
ASEAN-44,35,05,45,45,83,93,73,35,65,54,63,4
Indonésie3,74,14,85,011,96,65,04,54,53,92,92,2
Malaisie4,15,25,76,01,81,12,22,57,611,110,99,7
Philippines4,44,54,54,23,13,13,94,05,52,11,60,8
Thaïlande5,46,77,06,70,61,82,21,35,55,64,42,3
Nouvelles économies industrielles d’Asie5,13,05,35,00,91,42,12,45,97,66,25,5
Corée7,03,15,55,32,83,53,73,41,02,01,50,9
Hong Kong (RAS)2,33,35,54,5–3,0–2,6–0,50,88,511,010,39,8
Singapour2,21,15,04,0–0,40,51,21,521,430,928,026,7
Taiwan, prov. chinoise de3,63,24,94,9–0,2–0,30,71,59,110,07,36,2

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Pays en développement et nouvelles économies industrielles d’Asie et Mongolie.

Bangladesh, Inde, Maldives, Népal, Pakistan et Sri Lanka.

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Pays en développement et nouvelles économies industrielles d’Asie et Mongolie.

Bangladesh, Inde, Maldives, Népal, Pakistan et Sri Lanka.

On s’attend à ce que la croissance reste forte en 2004, en raison de l’essor continu de la demande intérieure et des excellentes perspectives de l’économie mondiale. À court terme, les risques sont plutôt du côté d’une surchauffe, à cause des bonnes surprises que pourraient réserver les exportations et les entrées de capitaux. En fait, il y a aussi un risque que la croissance du crédit, tirée en partie par la rapide accumulation de réserves, amplifie les déséquilibres financiers dans les pays où la reprise est la plus forte. En 2003, les interventions sur les marchés des changes ont entraîné une augmentation des réserves d’environ 250 milliards de dollars, avec en contrepartie un excédent des transactions courantes, et des afflux de capitaux, dans la région13. L’impact monétaire de cette accumulation de réserves a été largement stérilisé, aussi la croissance de la monnaie centrale a-t-elle été beaucoup plus faible que la hausse des réserves de change(graphique 1.13).

Graphique 1.13.Pays émergents d’Asie: accumulation de réserves de change

(Variations en pourcentage par rapport à l’année précédente; fin de 2003, sauf indication contraire)

Afin de limiter l’appréciation de leur monnaie par rapport au dollar, de nombreux pays continuent d’intervenir massivement sur le marché des changes. L’accumulation rapide de réserves qui en résulte dépasse en général la croissance des importations. Son impact monétaire a été largement stérilisé, de sorte que la croissance effective de la monnaie centrale a été beaucoup plus faible.

Sources: Bloomberg Financial, LP; FMI, International Financial Statistics; calculs des services du FMI.

1Importations totales de 2003.

À mesure que la croissance s’accélère et que certains déséquilibres financiers apparaissent, il se peut que de nombreux pays aient besoin de durcir progressivement leur politique macroéconomique au cours de l’année à venir. Bien qu’elle reste en général faible, l’inflation repart, de sorte qu’il faudra peut-être ajuster préventivement les politiques, étant donné qu’un tel ajustement ne fera pleinement sentir ses effets qu’au bout d’un certain temps. Dans les pays où un resserrement des conditions monétaires s’impose, il serait souhaitable de le réaliser en laissant le taux de change effectif nominal s’apprécier. Une plus grande flexibilité du taux de change dans la plupart des pays dont la position extérieure est forte permettrait d’orienter davantage leur politique monétaire vers la stabilisation intérieure, de réduire la vulnérabilité aux chocs extérieurs et les risques de crise financière, d’abaisser le coût de détention des réserves de change et d’améliorer les perspectives de consommation et d’investissement, sans compter qu’elle aiderait à résoudre les déséquilibres mondiaux (voir l’édition de septembre 2003 des Perspectives). En outre, il sera peut-être justifié d’accélérer le rééquilibrage des finances publiques dans un certain nombre de pays et il sera important de ne pas relâcher la discipline budgétaire pendant les périodes précédant les élections. Afin de s’assurer que les prêteurs évaluent et gèrent adéquatement les risques, il sera vital de renforcer le contrôle prudentiel des banques. En même temps, il est indispensable d’avancer dans les réformes structurelles afin de soutenir à moyen terme une croissance durable tirée par la demande intérieure.

Encadré 1.4.Les pays émergents d’Asie sont-ils devenus le moteur de la croissance mondiale?

Ces trente dernières années, la croissance a été exceptionnelle dans les pays émergents d’Asie1. Entre 1970 et 2002, le PIB a progressé à un taux annuel moyen de l’ordre de 7 %, contre 3 % dans les pays de l’OCDE. En conséquence, la part de ces économies dans le PIB mondial, qui était de 9 % en 1970, a atteint 25 % en 2003, à comparer à celle des États-Unis (21 %)2. L’une des principales caractéristiques du développement rapide des pays émergents d’Asie a été l’importance donnée aux stratégies de croissance orientées vers l’extérieur. Cela s’est traduit par une forte expansion du commerce extérieur et une augmentation ininterrompue de la part de ces pays dans le commerce mondial, qui a plus que doublé, passant de 8 à 19 % entre 1978 et 2002.

L’une des principales questions que soulève la forte expansion des pays d’Asie est de savoir si la région est devenue la locomotive de la croissance mondiale. Les excellents résultats de 2002 et de 2003 se sont situés dans un contexte marqué par une activité mondiale faible. Les pays émergents d’Asie ont représenté 44 % de la croissance du PIB mondial en 20023et 24 % de celle des exportations dans le reste du monde. Les exportations continuent de jouer un rôle important dans l’activité de ces pays. Celles de biens et de services se chiffrent toujours à près de 40 % du PIB, et leur part dans la croissance de la demande totale a atteint 78 % en 1999–2002, contre 66 % en 1990–964.

La forte progression du commerce intrarégional semble indiquer que la région dans son ensemble devient moins dépendante du reste du monde et bénéficie davantage d’une croissance autonome (voir graphique ci-dessus). À l’évidence, l’intégration commerciale plus poussée a resserré les liens entre les économies de la région et assuré une plus grande corrélation entre leurs cycles conjoncturels. Les exportations entre les pays de la région ont augmenté régulièrement, passant de 20 % environ des exportations totales à la fin des années 70 à 40 % en 2002. Au cours de la même période, la part des importations en provenance du reste du monde dans le total des importations est descendue de 82 % à 58 %. En outre, l’augmentation des exportations intrarégionales a compté pour plus de la moitié de la croissance des exportations dans les pays émergents d’Asie en 1998–2002. La Chine joue un rôle important dans la progression du commerce intrarégional. Avec la RAS de Hong Kong, elle a absorbé 17 % des exportations des autres pays émergents d’Asie en 2002 et représenté 35 % de la croissance des exportations des autres pays de la région en 1998–20025.

Pays émergents d’Asie: exportations

(En pourcentage du PIB des pays émergents d’Asie)

Sources: FMI, Direction of Trade Statistics; calculs des services du FMI.

Les économies avancées demeurent le premier marché des exportations de biens finals des pays émergents d’Asie, essentiellement parce que l’expansion du commerce intrarégional tient à l’intégration verticale et à la dispersion géographique des processus de production au sein de la région. Entre la fin des années 70 et 2002, le ratio commerce intrarégional/exportations de biens intermédiaires est passé de 25 à 47 % dans ces pays, alors que les parts de l’Union européenne, du Japon et des États-Unis ont diminué. Selon des estimations approximatives, 50 % environ des biens intermédiaires exportés au sein de la région entrent dans des produits qui sont réexportés vers le reste du monde6.

Néanmoins, les pays émergents d’Asie, la Chine en particulier, occupent désormais une place importante dans la demande mondiale. Grâce à la reprise qui a suivi la crise financière asiatique, les importations des économies émergentes d’Asie en provenance du reste du monde représentent maintenant près de 2,5 % du PIB du reste du monde, contre 4 % et 5,5 %, respectivement, pour l’Union européenne et les États-Unis. En outre, étant donné que l’intégration de la Chine est de plus en plus poussée et que ce pays est à la fois un centre de production et un consommateur émergent de produits finals, ses importations, quelle qu’en soit l’origine, augmentent rapidement: en 2003, celles provenant d’Asie ont progressé de 43 %, et celles venant de l’Union européenne de 31 %, des États-Unis de 24 %, d’Amérique latine de 81 % et d’Afrique de 54 %. La Chine est maintenant le troisième importateur du monde.

Importations: croissance en valeur

(Pourcentage)

Sources: FMI, Direction of Trade Statistics; calculs des services du FMI.

1Commerce intrarégional exclu.

Les pays émergents d’Asie, dont la croissance a augmenté très rapidement ces trente dernières années, jouent un rôle de plus en plus dynamique dans l’économie mondiale. La Chine en particulier devient un important consommateur de produits finals, contribuant à la croissance dans le reste du monde, notamment au Japon. Cependant, l’activité des pays émergents d’Asie demeure fortement tributaire des exportations à destination des pays avancés. Pour que leur contribution à la croissance mondiale augmente, la région a besoin de continuer de stimuler la demande intérieure. Plus précisément, des réformes structurelles seront nécessaires pour renforcer et développer les marchés financiers, améliorer la gouvernance des secteurs publics et privés et intensifier la concurrence, ainsi que pour augmenter la productivité des vastes populations rurales en Chine et en Inde. Ces mesures aideront non seulement les pays émergents d’Asie à parvenir à une croissance mieux équilibrée et plus robuste, mais aussi la région à devenir l’un des principaux moteurs de l’économie mondiale.

Note: Harm Zebregs est le principal auteur de cet encadré.

1Aux fins du présent encadré, ces pays sont: la Chine, la Corée, Hong Kong (RAS), l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la province chinoise de Taiwan et la Thaïlande.2Mesurée aux taux de change du marché, la part des pays émergents d’Asie dans le PIB mondial est passée de 6 à 10 % entre 1970 et 2003.3Mesurée aux taux de change du marché, cette contribution était de l’ordre de 20 % en 2002.4Il faut entendre en l’occurrence par demande totale celle des produits intérieurs (équivalant au PIB, déduction faite des variations des stocks) émanant des résidents et des non-résidents. Les chiffres n’incluent pas la Chine, pour laquelle on ne dispose pas de données en prix constants sur les exportations de biens et de services.5Les chiffres de la Chine et de la RAS de Hong Kong sont cumulés afin d’éliminer le commerce bilatéral entre ces deux économies, car il tend à fausser la contribution de la Chine à la croissance des exportations régionales.6Ces estimations ont été établies à partir du tableau d’échanges interindustriels des pays asiatiques de 1995, après ajustement en fonction des données sur les exportations de 2001 (Autorité monétaire de Singapour, 2003). Elles donnent à penser qu’environ 40 % des exportations intrarégionales ont en fin de compte été consommées en dehors de la région.

En Chine, l’essor de l’activité a aidé à stimuler le commerce et à soutenir la croissance au sein de la région, mais les signes d’un début de surchauffe semblent indiquer qu’un nouveau durcissement de la politique macroéconomique est maintenant justifié. Si le niveau élevé de l’investissement fixe a contribué à la croissance du PIB réel, on s’inquiète de plus en plus du surinvestissement que connaissent plusieurs secteurs où la production s’accroît rapidement et où les prix des intrants ont fortement augmenté. Malgré les mesures prises pour freiner la croissance de la monnaie et du crédit (opérations d’open-market et augmentation des réserves obligatoires, notamment) et un contrôle prudentiel plus strict des prêts bancaires, la progression du crédit reste vigoureuse. Afin d’atténuer les risques de surchauffe et d’éviter l’accumulation de déséquilibres sectoriels, il conviendra de durcir encore les politiques pour ramener la croissance du PIB à un taux plus soutenable. Compte tenu de la vigueur de la position extérieure, et étant donné qu’il est souhaitable d’améliorer l’efficacité de la politique moné-taire et nécessaire de faciliter l’ajustement aux mutations structurelles à moyen terme, il reste dans l’intérêt de la Chine de donner graduellement davantage de flexibilité à son taux de change. L’un des principaux objectifs à moyen terme est d’assainir les finances publiques, en raison du coût de la réforme des retraites, de l’ampleur des passifs conditionnels liés à la fragilité des banques et de la nécessité d’améliorer la protection sociale et les soins de santé. En outre, si la banque centrale a récemment recapitalisé deux des quatre grandes banques d’État et a continué de déréglementer les taux prêteurs, il sera important d’appliquer dans le système bancaire des plans de restructuration concrets et d’accélérer les opérations d’aliénation d’actifs par les sociétés chargées de gérer ceux-ci, ainsi que de restructurer les entreprises d’État et d’en diversifier le capital.

En Inde, la croissance s’est accélérée, sous l’effet de facteurs aussi bien cycliques que structurels. Ces derniers sont l’impact différé sur la production manufacturière de la libéralisation économique des années 90, la plus grande ouverture du secteur extérieur depuis peu, les effets des investissements en infrastructures (routes et télécommunications surtout), la restructuration des sociétés entreprise ces dernières années et les répercussions sur les exportations de la délocalisation mondiale des services d’aide aux consommateurs. Les facteurs conjoncturels et temporaires sont la reprise mondiale et les effets d’une bonne mousson sur la production agricole et des taux d’intérêt bas sur les prêts à la consommation et le crédit immobilier. Dans ce contexte, il est urgent d’avancer dans la correction du profond déséquilibre budgétaire, car la reprise accroîtra la demande de financement du secteur privé, qui exercera alors des pressions à la hausse sur les taux d’intérêt. La voie à suivre a été tracée dans la récente loi sur la gestion et la responsabilité budgétaires qui vise à équilibrer le solde budgétaire courant d’ici à 2008, ce qui correspond à un ajustement d’environ 1 % du PIB par an. Le ratio recettes/PIB étant faible, l’ajustement devra venir pour l’essentiel d’une augmentation des recettes, et notamment d’une amélioration de l’administration de l’impôt, d’un élargissement des bases d’imposition et d’une simplification du régime fiscal. Il y a lieu de se féliciter de l’appréciation de la roupie par rapport au dollar dans le cadre du régime de flottement dirigé, mais une flexibilité encore plus grande du taux de change serait souhaitable. Si des progrès ont été accomplis dans le renforcement du système financier, il faudra continuer d’être vigilant sur la qualité du crédit afin de limiter les risques d’une croissance rapide de celui-ci.

Dans les autres pays d’Asie du Sud, le raffermissement de la croissance au Pakistan donne aux autorités de ce pays l’occasion d’assainir les finances publiques, d’accélérer les réformes structurelles et de renforcer les institutions, autant de mesures indispensables pour parvenir à une croissance durable et réduire la pauvreté. Les priorités sont d’intensifier l’effort fiscal, de contrôler rigoureusement les dépenses et d’améliorer la gouvernance et la transparence. Au Bangladesh, il est nécessaire de procéder à une réforme fondamentale de l’administration de l’impôt de manière à pouvoir accroître les dépenses sociales prioritaires et en infrastructures. Étant donné l’impact vraisemblablement négatif qu’aura sur les recettes d’exportation l’élimination en 2005 des contingents prévus dans l’Accord multifibre, il est également vital d’améliorer la compétitivité, y compris en avançant dans la réforme bancaire et en renforçant la gouvernance.

En ce qui concerne les pays de l’ASEAN-4, l’expansion est vigoureuse et l’inflation demeure faible en Thaïlande. L’écart de production se comblant, la Banque de Thaïlande a modifié ses priorités: elle soutient moins l’activité et défend davantage la stabilité macroéconomique dans le cadre de sa politique de ciblage de l’inflation. Les autorités se sont employées à résoudre les tensions qui sont apparues, entre autres, sur le marché immobilier et sur ceux des changes et des actions en plafonnant les entrées de capitaux à court terme et en appliquant des règles prudentielles. Dans le domaine budgétaire, des considérations conjoncturelles et une dette publique toujours élevée incitent à la prudence. En Malaisie, l’activité se redresse fortement et l’inflation et le chômage restent faibles. La première des priorités est, comme annoncé, d’assainir les finances publiques en vue de parvenir à l’équilibre budgétaire d’ici à 2006, d’où la nécessité de poursuivre l’élaboration d’un ensemble complet de mesures à cet effet. La vigueur des fondamentaux continue de plaider en faveur du régime de taux de change fixe, mais une flexibilité accrue de ce taux, appuyée par une politique macroéconomique adaptée, permettrait aux autorités de disposer d’un plus grand choix de mesures pour réagir aux chocs. En Indonésie, la consommation privée tire toujours une croissance modeste, l’inflation a diminué et le rééquilibrage prévu des finances publiques est adéquat. Il sera essentiel de poursuivre les réformes bancaire, légale et judiciaire pour améliorer le climat de l’investissement et mettre l’économie sur un sentier de croissance plus forte. Aux Philippines, des facteurs de vulnérabilité subsistent, de sorte qu’il sera important, jusqu’à l’élection présidentielle de mai surtout, de maintenir le cap budgétaire et d’être prêt à resserrer la politique monétaire si la dépréciation du taux de change menace de compromettre l’objectif d’inflation. Par la suite, il sera essentiel de prendre sans délai des mesures énergiques pour accroître les recettes fiscales, restructurer le secteur de l’électricité, renforcer le système bancaire et améliorer le climat économique.

Dans les nouvelles économies industrielles d’Asie (les plus durement touchées par le SRAS), la reprise a été tirée beaucoup plus par les exportations nettes, de sorte qu’il est judicieux de maintenir une politique macroéconomique d’accompagnement jusqu’à ce que la demande intérieure monte en puissance. Pour faciliter le rééquilibrage des composantes de la croissance, une plus grande flexibilité des taux de change serait souhaitable et la politique monétaire pourrait, si nécessaire, être utilisée en vue de soutenir la demande intérieure. La Corée, où le niveau d’endettement des ménages et les relations difficiles entre les partenaires sociaux ont freiné la demande intérieure, doit continuer d’appliquer des politiques monétaire et budgétaire de soutien. De nouvelles initiatives sont nécessaires pour renforcer le système financier, en particulier par un meilleur contrôle des prêts à la consommation, améliorer le gouvernement d’entreprise et donner plus de flexibilité au marché du travail. À Singapour, une politique macroéconomique d’accompagnement a facilité la reprise; en outre, si elles étaient amplifiées et accélérées, notamment en poursuivant le désengagement de l’État de certaines sociétés, les réformes permettraient, à moyen terme, de stimuler la concurrence et d’améliorer les perspectives de croissance. Dans la RAS de Hong Kong, où une consommation privée robuste tire actuellement une forte reprise, la déflation ralentit, et la première des priorités des autorités est d’assainir les finances publiques.

Contrairement aux nouvelles économies industrielles d’Asie, la forte croissance de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande a été tirée principalement par la demande intérieure, de sorte que les déficits extérieurs courants se sont nettement creusés. Les dépenses des ménages sont actuellement soutenues par l’immigration, la baisse des taux de chômage, des prix de l’immobilier fermes et un crédit à la consommation en progression rapide. Les perspectives de croissance sont très favorables, surtout en Australie, où les gains de productivité ont été robustes. Dans les deux pays, l’appréciation de la monnaie empêche certes les prix des biens exportés d’augmenter plus rapidement, mais le faible taux de chômage et la forte utilisation des capacités sont en partie à l’origine de pressions à la hausse sur les prix des biens non exportés; en conséquence, les taux d’intérêt directeurs ont été relevés au cours des six derniers mois de ½ point en Australie et de ¼ de point en Nouvelle-Zélande, et il se peut que de nouvelles majorations s’imposent. Dans les deux pays, la position budgétaire est solide et la situation financière des banques, des sociétés et des ménages reste en général saine. Les perspectives à moyen terme étant favorables, il sera nécessaire de réformer les régimes de retraite et de santé pour contenir les pressions qu’exercera sur le budget le vieillissement de la population.

Pays candidats à l’UE: il est essentiel de s’attaquer aux déséquilibres extérieurs

Suite à la mutation économique remarquable qu’ils ont connue au cours de la dernière décennie, 10 pays adhéreront à l’UE en mai 2004 (la Bulgarie et la Roumanie espèrent rejoindre l’Union en 2007). L’attention se portera alors sur la phase suivante du processus d’intégration, c’est-à-dire celle de l’adoption de l’euro, qui impose l’obligation préalable de respecter les critères de Maastricht, y compris les dispositions du mécanisme de change II (MCE II) pendant au moins deux ans. Il faudra tout particulièrement veiller à ce que la politique macroéconomique cadre parfaitement avec les objectifs annoncés, car tout changement dans les anticipations du marché au sujet de la convergence macroéconomique demeurera une source potentielle de tensions sur les taux de change et les taux d’intérêt. Dans ce contexte, la forte progression du déficit des transactions courantes dans un certain nombre de pays en 2003 —la croissance rapide du crédit ou une politique budgétaire expansionniste ayant facilité l’essor des importations —et le recul de l’investissement direct étranger net (et du financement des déficits courants par ce type de ressources) ont amené à s’interroger sur la viabilité et la compétitivité du secteur extérieur et sur la cohérence des politiques avec les objectifs de convergence annoncés (graphique 1.14). En réalité, la croissance devant s’accélérer en 2004–05 et dépasser nettement celle des pays d’Europe occidentale, on s’attend à ce que le déficit courant de la plupart des pays candidats à l’UE demeure élevé (tableau 1.8).

Graphique 1.14.Pays candidats à l’UE: soldes des transactions courantes et investissement direct étranger

Dans un certain nombre de pays candidats à l’UE, le déficit des transactions courantes est élevé et s’est creusé en 2003, car une politique budgétaire peu rigoureuse et une croissance forte du crédit intérieur ont alimenté les importations. En même temps, la part du déficit des transactions courantes financée par l’investissement direct étranger a été plus faible que lors des exercices précédents.

Sources: Haver Analytics; FMI, International Financial Statistics; calculs des services du FMI.

Tableau 1.8.Pays candidats à l’Union européenne: PIB réel, prix à la consommation et solde des transactions courantes(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde des transactions courantes2
20022003200420052002200320042005200220032004200
Pays candidats à l’UE4,44,44,54,415,39,57,15,6–3,0–3,8–3,8–3,5
Turquie7,95,85,05,045,025,312,010,6–0,8–2,9–3,0–2,4
Turquie non comprise3,03,94,34,25,33,85,13,6–3,9–4,1–4,1–4,0
États baltes6,47,46,25,91,50,52,12,6–7,3–8,9–8,5–7,2
Estonie6,04,75,55,03,61,33,02,5–12,2–13,7–11,0–7,5
Lettonie6,16,76,06,01,92,93,03,0–7,2–9,1–9,9–8,1
Lituanie6,89,06,76,30,3–1,21,12,5–5,2–6,5–6,7–6,7
Europe centrale2,23,44,03,82,82,24,23,1–3,6–3,3–3,4–3,5
Hongrie3,52,93,23,45,34,77,14,4–4,1–5,5–5,3–4,3
Pologne1,43,74,74,01,90,83,02,4–2,6–2,0–2,3–2,9
République slovaque4,44,23,94,13,38,57,84,2–8,0–0,9–2,9–3,5
République tchèque2,02,93,03,41,80,13,53,0–6,1–6,5–5,4–4,8
Slovénie2,92,33,54,17,55,63,73,41,40,1–0,6–1,0
Europe du Sud et du Sud-Est4,64,54,84,916,110,79,45,9–3,8–6,2–5,6–5,4
Bulgarie4,84,35,05,25,82,36,03,6–4,3–8,6–8,4–7,7
Chypre2,02,03,03,52,84,11,23,7–5,4–5,0–4,4–4,1
Malte1,21,32,63,22,21,32,12,0–2,1–4,3–3,5–3,1
Roumanie5,04,95,05,022,515,312,07,2–3,4–5,9–5,2–5,2

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Les déséquilibres courants actuels sont-ils préoccupants? Alors que les vulnérabilités à court terme sont certainement amorties grâce à un endettement extérieur faible, des réserves internationales suffisantes et, bien qu’il ait reculé l’an dernier, un taux de couverture des déficits par l’investissement direct qui, en général, est encore élevé, des déséquilibres courants aussi importants ne seront sans doute pas viables à moyen terme et intensifieront les risques d’instabilité des marchés financiers. À mesure que les pays progresseront vers l’adoption de l’euro, il sera donc capital qu’ils s’emploient à réduire les déséquilibres existants afin d’atténuer au minimum ces risques. En particulier, un certain nombre de pays devront prendre des mesures vigoureuses pour rétablir la discipline budgétaire et définir leur politique de finances publiques de façon à respecter les critères de Maastricht —cet objectif devra être atteint tout en prévoyant les crédits supplémentaires nécessités par l’adhésion à l’Union européenne (UE) et à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Il conviendra aussi de suivre attentivement l’expansion rapide du crédit intérieur. Alors qu’il y a lieu, à l’évidence, de saluer la financiarisation croissante des économies, les autorités monétaires devront se tenir prêtes à freiner, le cas échéant, l’expansion du crédit, et une surveillance et un contrôle prudentiel vigoureux du système bancaire sont nécessaires pour se prémunir contre les effets éventuellement perturbateurs d’une croissance excessive du crédit (voir chapitre IV).

En Pologne, la reprise en cours est tirée par les exportations, qui bénéficient d’une dépréciation sensible du taux de change depuis dix-huit mois, et par une politique de relance budgétaire. On s’attend à ce que la croissance continue de s’accélérer à court terme, mais il faut s’attaquer à la forte dégradation de la position budgétaire pour maintenir la confiance des investisseurs et renforcer la durabilité de la reprise. La loi de finances de 2004, qui prévoit une augmentation sensible du déficit des finances publiques, va donc dans le mauvais sens, et le plan Hausner de limitation des dépenses budgétaires doit être intégralement appliqué afin de conserver la confiance des marchés financiers. Les taux d’intérêt n’ont pas varié depuis le milieu de 2003 et, étant donné que l’inflation s’accélère et devrait dépasser avant la fin de l’année le point médian de la fourchette retenue comme objectif par la banque centrale, il n’est plus possible d’assouplir davantage la politique monétaire.

En Hongrie, l’activité a ralenti en 2003 malgré une forte croissance de la consommation alimentée par des mesures budgétaires expansionnistes et les importantes augmentations de salaires dont elles se sont accompagnées. Les importations ont sensiblement progressé, mais les exportations et les recettes touristiques ont diminué, de sorte que le déficit des transactions courantes s’est creusé pour passer à 5½ % du PIB; ce déficit a pour l’essentiel été financé par l’emprunt, à mesure que les flux nets d’investissement direct étranger diminuaient. Les craintes suscitées par les déséquilibres budgétaires et extérieurs ont exercé des pressions à la baisse sur le forint à la fin de 2003, et la banque centrale a relevé son principal taux directeur de 600 points de base entre juin et novembre 2003, encore qu’un récent allégement de ces pressions ait permis de réduire légèrement les taux d’intérêt. Si, d’après les anticipations, la croissance doit s’accélérer et passer à 3¼ % en 2004, son évolution dépendra principalement des mesures que prendront les autorités, en particulier sur le front budgétaire, pour rétablir la confiance des marchés et faire baisser les primes de risque et les taux d’intérêt.

En République tchèque, on s’attend à une croissance de 3 % cette année, car le dynamisme de l’investissement et des exportations, qui profiteront de la reprise en Europe occidentale, compensera un certain ralentissement de la consommation. L’inflation est tombée à des taux bas en 2003 (autour de zéro pendant la majeure partie de l’année) et la banque centrale a maintenu les taux d’intérêt aux niveaux de ceux de la zone euro. Par contre, les résultats budgétaires ont été décevants, le déficit des administrations publiques se creusant en 2003. Pour que la dette publique reste faible, il sera important que les autorités appliquent intégralement leur plan d’ajustement budgétaire à moyen terme. En République slovaque, le niveau élevé des exportations a soutenu la croissance et facilité une réduction sensible du déficit des transactions courantes, et on constate par ailleurs des avancées dans le rééquilibrage nécessaire des finances publiques.

Dans les États baltes, la vigueur de la demande intérieure pendant la période précédant l’entrée dans l’UE a soutenu une croissance robuste, mais les déficits des transactions courantes, dont le niveau était déjà élevé, ont sensiblement progressé et constituent un sujet de préoccupation, surtout dans le contexte d’une diminution de leur financement par l’investissement direct étranger. Si la politique budgétaire a en général été prudente et si la dette publique demeure faible, une augmentation de l’épargne publique est nécessaire pour aider à réduire les déséquilibres extérieurs. Il y a lieu de saluer les initiatives lancées pour renforcer le secteur financier, encore que les autorités devront continuer d’être prêtes à réagir aux difficultés que pourrait causer l’expansion actuellement forte du crédit.

En Bulgarie et en Roumanie, la croissance a été stimulée par la forte expansion du crédit et, alors que l’inflation est toujours relativement faible, les déficits courants se sont profondément creusés. Une position de réserves internationales relativement confortable —ainsi qu’en Roumanie, une dette extérieure peu importante —atténue les facteurs de vulnérabilité, mais des mesures, notamment un durcissement de la politique budgétaire, doivent néanmoins être prises pour réduire les déséquilibres extérieurs. Afin de freiner la croissance du crédit, les taux d’intérêt ont été relevés de 300 points de base depuis août en Roumanie et les règles prudentielles durcies dans ce pays et en Bulgarie, mais les autorités doivent rester vigilantes, car de nouvelles actions seront peut-être nécessaires. En Slovénie, la demande intérieure s’est renforcée, mais la croissance du PIB réel a ralenti en 2003 à cause des faibles résultats du secteur extérieur. Si la politique budgétaire est restée prudente, la politique monétaire doit être plus résolument axée sur la lutte contre l’inflation (dont le taux demeure très supérieur à la moyenne de la zone euro).

En Europe du Sud-Est, l’économie a en général évolué favorablement en Albanie, en Bosnie-Herzégovine, en Croatie, dans l’ex-République yougoslave de Macédoine et en Serbie-et-Monténégro, et on s’attend à ce que la croissance continue de s’accélérer en 2004, grâce à la reprise anticipée en Europe occidentale. Cependant, d’importants défis restent à relever: il faudra faire en sorte que le secteur privé tire davantage la croissance —par une diminution des interventions des pouvoirs publics dans l’économie, des mesures de libéralisation, une réduction de la corruption et la poursuite des efforts déployés actuellement pour accroître la stabilité politique —et s’attaquer aux déficits courants élevés afin de réduire les vulnérabilités extérieures.

En Turquie, le renforcement des marchés financiers a eu un impact positif sur l’activité. Le PIB réel, stimulé par l’investissement privé et, dans une moindre mesure, la consommation privée, a augmenté de 5¾ % en 2003 et l’on s’attend à un taux de croissance moyen de 5 % en 2004–05. Les tensions inflationnistes ont considérablement diminué, grâce, entre autres, à l’appréciation du taux de change, et la position extérieure demeure gérable, encore que la hausse des prix du pétrole et l’impact sur le tourisme des incertitudes causées par le terrorisme pourraient se répercuter cette année sur le déficit des transactions courantes. Cependant, des risques graves pèsent sur les perspectives. La dynamique de la dette publique est sensible à toute perte de confiance des marchés financiers, aussi est-il important d’atteindre l’objectif d’un excédent primaire de 6½ % du PNB. L’accélération des réformes législatives lancées dans l’optique de l’accession de la Turquie à l’UE a accru la confiance de ces marchés, mais il est toujours nécessaire de prendre des mesures pour activer la réforme du secteur financier afin de renforcer la surveillance et le cadre réglementaire.

Communauté des États indépendants: comment gérer la remonétisation

Dans les pays de la CEI, la croissance du PIB en 2003 a une fois encore dépassé les anticipations et est maintenant estimée à 7,6 %, soit 1,7 % de plus que les projections de septembre dernier (tableau 1.9). Presque tous les pays ont enregistré une croissance solide, soutenue à des degrés divers par des prix du pétrole plus élevés que prévu, des hausses de salaires et une consommation dynamique, des taux de change très compétitifs et, parfois, une progression soudaine de l’investissement. On s’attend à ce que, tout en restant néanmoins assez forte au regard des chiffres du passé, la croissance du PIB ralentisse en 2004 et en 2005, à mesure que celle de l’investissement et la consommation reviendront à des niveaux plus viables et que les prix du pétrole diminueront.

Tableau 1.9.Communauté des États indépendants: PIB réel, prix à la consommation et solde des transactions courantes(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde des transactions courantes2
200220032004200520022003200420052002200320042005
Communauté des États indépendants35,17,66,05,213,812,110,38,86,97,06,13,8
Bélarus5,06,84,83,542,628,422,713,6–2,6–2,6–3,5–3,8
Kazakhstan9,59,58,07,55,96,46,55,8–2,82,42,3–0,5
Russie4,77,36,05,315,813,711,29,98,98,97,95,1
Ukraine5,29,36,04,00,85,26,94,67,56,03,62,6
CEI-76,46,25,16,217,78,56,45,6–4,2–7,3–9,5–6,4
Arménie12,912,07,06,01,14,83,03,0–6,6–7,7–6,9–6,2
Azerbaïdjan10,611,28,113,22,82,24,02,5–12,3–25,8–32,2–16,3
Géorgie5,58,66,05,05,64,85,85,0–6,0–7,9–9,4–9,5
Moldova7,86,35,04,05,311,79,56,9–6,0–7,9–7,0–7,5
Ouzbékistan3,20,32,02,044,314,88,99,32,57,06,74,4
République kirghize5,24,14,52,12,73,73,8–3,9–3,5–4,2–5,3
Tadjikistan9,110,28,04,012,216,48,55,0–2,7–1,3–2,2–4,7
Pour mémoire
Exportateurs nets d’énergie45,17,56,15,514,812,910,79,57,77,87,04,4
Importateurs nets d’énergie55,27,95,43,810,79,59,16,33,22,71,00,1

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Mongolie non comprise. On ne dispose pas de données à jour sur le Turkménistan.

Azerbaïdjan, Kazakhstan, Russie et Turkménistan.

Arménie, Bélarus, Géorgie, Moldova, Ouzbékistan, République kirghize, Tadjikistan et Ukraine.

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Mongolie non comprise. On ne dispose pas de données à jour sur le Turkménistan.

Azerbaïdjan, Kazakhstan, Russie et Turkménistan.

Arménie, Bélarus, Géorgie, Moldova, Ouzbékistan, République kirghize, Tadjikistan et Ukraine.

Ces cinq dernières années, la croissance dans les pays de la CEI a été étonnamment robuste, grâce, entre autres, au rebond qui a suivi la crise de 1998 en Russie et au renforcement de la stabilité macroéconomique (en particulier la baisse de l’inflation) dans de nombreux pays de la région. Ces derniers temps toutefois, elle a été fortement tributaire du secteur de l’énergie; pour être durable, elle devra de plus en plus résulter des nouveaux investissements qui seront effectués dans les autres secteurs. Si, selon certains signes encourageants, plusieurs pays procèdent déjà à une telle diversification, il faudra, pour réaliser de véritables avancées, continuer d’améliorer le climat de l’investissement, notamment en mettant en place les institutions et les structures nécessaires pour soutenir une économie de marché, qui sont toujours le talon d’Achille des pays de la région (Bélarus, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan, pour ne citer que quelques-uns d’entre eux). À cet égard, comme le souligne la BERD dans son Transition Report de 2003, il est troublant de constater que, depuis peu, la réforme progresse moins vite dans la CEI qu’en Europe méridionale, aussi peut-on redouter que certains pays de la CEI ne puissent jamais rattraper leur retard. Un certain nombre de pays devront peut-être, afin d’avancer plus rapidement, lancer des réformes politiques pour réduire l’influence de groupes d’intérêts particuliers qui profitent de ce que les réformes ne sont que partielles. Comme le montre l’expérience des pays candidats à l’UE, les points d’ancrage externe, y compris l’adhésion à l’OMC, peuvent, lorsqu’ils existent vraiment, jouer éventuellement un rôle utile dans la mobilisation d’un consensus intérieur en faveur de la réforme.

Une amélioration du climat de l’investissement doit s’accompagner d’un renforcement des systèmes bancaires —la principale source de financement de l’investissement —qui restent en général fragiles et sous-développés, ainsi que du cadre judiciaire. À cet égard, la progression, récemment rapide, des dépôts bancaires —en d’autre termes, la remonétisation —dans de nombreux pays de la CEI (graphique 1.15) est accueillie avec satisfaction, mais soulève de nouveaux problèmes macroéconomiques et prudentiels14:

Graphique 1.15.Communauté des États indépendants: remonétisation et croissance du crédit

Dans un certain nombre de pays de la CEI, le stock de monnaie a sensiblement augmenté, parallèlement à une forte croissance du crédit. La réforme bancaire a progressé, mais est moins avancée qu’en Europe centrale et orientale.

Sources: FMI, International Financial Statistics; Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Transition Report 2002.

1Le crédit privé ayant sensiblement diminué en 1999 sous l’effet de la crise de 1998, la croissance du crédit privé (en termes réels) a été nettement plus forte en 2000–02.

  • Étant donné qu’en général les banques n’ont guère les moyens d’évaluer les prêts et la qualité des signatures, l’expansion rapide du crédit présente des risques pour la stabilité financière (voir chapitre IV). Bien qu’elle ait avancé, la réforme bancaire est nettement plus lente que dans les autres économies en transition (graphique 1.15); si elle ne s’accélère pas, le sous-développement des systèmes bancaires risque de freiner de plus en plus le passage à une croissance durable.

  • À l’heure actuelle, l’augmentation de la demande de monnaie a permis de conjuguer une croissance monétaire rapide avec une inflation relativement faible et, dans les pays exportateurs d’énergie et en Ukraine notamment, de maintenir les taux de change à un niveau assez stable nonobstant des entrées considérables de devises. Cependant, la remonétisation, dont le rythme est difficile à prévoir, doit à terme ralentir, et la croissance rapide de la monnaie représentera alors une menace inflationniste (qui est déjà un sujet de préoccupation dans certains pays). Devant une telle situation, les autorités devront être prêtes à resserrer la politique monétaire, notamment en laissant les taux de change s’apprécier.

La Russie a continué d’enregistrer des résultats économiques impressionnants —la révision par l’agence Moody en octobre 2003 de la notation de la dette extérieure de ce pays qu’elle juge désormais sans risque souligne les progrès accomplis depuis la crise de 1998. Cependant, si la croissance est forte, la désinflation reste lente et il est nécessaire de resserrer la politique monétaire pour atteindre l’objectif d’un taux d’inflation de 8 à 10 % en 2004, ainsi que de donner plus de flexibilité à la hausse du taux de change et de stériliser activement les interventions sur le marché des changes. Une politique budgétaire un peu plus restrictive aiderait à atteindre l’objectif d’inflation et à réduire les tensions qui s’exercent en faveur d’une appréciation de la monnaie, tout en permettant de se protéger contre les baisses plus fortes que prévu des prix du pétrole (à cet égard, il y a lieu de saluer la création d’une caisse de stabilisation des prix du pétrole). Sur le front structurel, de nouvelles avancées sont nécessaires en ce qui concerne le secteur financier et les monopoles naturels, ainsi que la fonction publique et les administrations, pour atteindre l’objectif d’un doublement du PIB réel au cours de la prochaine décennie et aider à réduire la dépendance excessive à l’égard du pétrole.

En Ukraine, malgré une mauvaise récolte, la croissance du PIB est passée à 9,3 % en 2003, grâce à la progression étonnamment forte de la demande intérieure, ainsi qu’à la vigueur des exportations, à destination de la Chine notamment. Alors que l’on s’attend à ce que l’effet de ces facteurs soit moins important en 2004 et en 2005, le PIB devrait normalement rester robuste par rapport à ce qui a été observé par le passé, les risques penchant du côté d’un emballement de l’activité. L’accroissement de la demande de monnaie réelle a permis aux autorités de maintenir l’arrimage de fait de la hryvnia au dollar malgré une très forte position extérieure, et la politique budgétaire est prudente, mais il conviendra par la suite de gérer le taux de change de façon plus flexible pour atténuer les risques inflationnistes. Sur le front structurel, le processus d’approbation de la législation sur les retraites, ainsi que de la réforme de l’impôt sur le revenu des personnes physiques ou morales, a avancé. Toutefois, l’environnement fiscal demeure faussé par les problèmes de gouvernance et les autorités doivent continuer en priorité de renforcer le secteur financier, de s’attaquer au déficit budgétaire élevé et à la dette du secteur de l’énergie et d’améliorer le gouvernement d’entreprise.

Au Bélarus, les résultats macroéconomiques ont été inégaux. Le projet de réaliser une union monétaire avec la Russie en 2005, qui pourrait être utilisé comme point d’ancrage extérieur, nécessiterait d’être soutenu par une politique macroéconomique plus rigoureuse et une adhésion beaucoup plus grande des milieux politiques aux réformes.

Les pays de la CEI-7 ont en général enregistré une croissance vigoureuse depuis 2001, grâce entre autres aux bons résultats des grands pays de la région. Comme l’indique l’initiative en faveur de la CEI-7, il est capital d’appliquer les programmes de réformes figurant dans les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté mis au point au niveau national pour s’employer à résoudre, avec une aide supplémentaire de la communauté internationale, les problèmes urgents de la pauvreté et de la viabilité de la dette. L’an dernier, les indicateurs de la dette se sont améliorés dans trois des cinq pays très endettés (l’Arménie surtout), encore que de nouveaux progrès soient nécessaires pour assurer la viabilité de la dette; en Géorgie et au Moldova, les dérapages dans l’exécution des politiques ont compromis les possibilités de rééchelonnement et de restructuration de la dette. Il pourrait également être important de s’attaquer aux obstacles aux échanges intrarégionaux et au commerce de transit, qui réduisent sensiblement les avantages du régime de commerce en général libéral qui existe en droit et semblent particulièrement coûteux pour les pays les plus pauvres de la CEI-7 (République kirghize et Tadjikistan).

Moyen-Orient: de meilleures perspectives, mais beaucoup dépendra des aléas géopolitiques et sécuritaires

Au Moyen-Orient, la croissance du PIB réel s’est accélérée en 2003, du fait de l’augmentation de la production de pétrole et, au second semestre de l’année, de la diminution des incertitudes qui ont suivi la guerre en Iraq (tableau 1.10). Bien que la guerre ait perturbé le commerce international, l’investissement et le tourisme pendant le premier semestre de 2003, l’activité s’est redressée au second semestre, grâce aux contrats de reconstruction obtenus par les entreprises de plusieurs pays et à un rebond du commerce et du tourisme (graphique 1.16). L’amélioration des perspectives des secteurs non pétroliers s’est traduite par un envol des cours des actions. Les pays exportateurs d’hydrocarbures ont bénéficié d’une hausse des prix mondiaux du pétrole et d’un accroissement du volume de leurs exportations, car ils ont augmenté leur production pour combler le manque à produire de l’Iraq, et la demande de pétrole s’est redressée à mesure que la reprise mondiale montait en puissance. Dans ces pays, les soldes budgétaires et des transactions courantes se sont également renforcés.

Tableau 1.10.Pays du Moyen-Orient (échantillon): PIB réel, prix à la consommation et solde des transactions courantes(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde des transactions courantes2
200220032004200520022003200420052002200320042005
Moyen-Orient4,25,44,15,07,58,68,98,14,67,36,03,4
Pays exportateurs de pétrole34,66,34,25,29,410,410,49,85,78,86,94,1
Arabie Saoudite1,06,40,73,2–0,60,51,00,96,312,99,95,5
Émirats arabes unis1,97,02,44,63,12,82,62,44,98,58,47,0
Iran, Rép. islamique d’7,25,95,95,815,817,016,015,03,30,1–1,4–2,2
Koweït–0,49,90,72,71,41,22,02,011,916,915,512,2
Levant3,23,03,74,42,03,24,73,40,11,41,70,8
Égypte3,23,13,74,52,43,25,23,50,72,44,33,1
Jordanie5,03,25,05,51,82,33,01,84,511,15,31,6
Liban2,03,03,03,01,81,42,02,0–13,2–12,6–10,9–9,0
République arabe syrienne3,22,53,64,00,64,34,04,07,15,02,81,7
Pour mémoire
Israël–0,81,32,43,45,70,7–0,31,6–1,3–0,20,3–0,4

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Rép. islamique d’Iran, Iraq, Koweït, Libye, Oman, Qatar et Yémen.

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Rép. islamique d’Iran, Iraq, Koweït, Libye, Oman, Qatar et Yémen.

Graphique 1.16.Moyen-Orient: la réduction des incertitudes renforce les perspectives

L’activité non pétrolière et les perspectives à court terme se sont améliorées pendant le second semestre de 2003, parallèlement à un rebond du tourisme et un envol des cours des actions. Cependant, la stabilisation prévue de la production de pétrole freinera la croissance dans les pays exportateurs d’hydrocarbures. Le chômage reste élevé dans toute la région, d’où l’importance de mettre en place des réformes pour stimuler la croissance à moyen terme.

Sources: Bloomberg Financial, LP; Haver Analytics; estimations des services du FMI.

1Moyenne mobile sur trois mois.

2Indice général des cours des actions en Jordanie.

3Indice financier Hermes.

4Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Iran, République islamique d’, Koweït, Libye, Oman, Qatar et Yémen.

5Égypte, Jordanie, Liban et République arabe syrienne.

On s’attend à ce que l’accélération de la croissance mondiale soutienne l’activité non pétrolière en 2004–05, mais, selon les projections, la production d’hydrocarbures devrait ralentir sensiblement dans la plupart des pays exportateurs à mesure que le pétrole iraquien reviendra sur les marchés. De graves risques de dégradation de la situation existent à cause des incertitudes géopolitiques et de la situation sécuritaire difficile que connaissent certains pays. En même temps, les taux de chômage demeurent élevés dans la région et, dans certains pays, les déséquilibres budgétaires sont encore importants ou sont susceptibles de réapparaître lorsque les recettes pétrolières diminueront. Dans ces conditions, les perspectives de croissance à moyen terme sont essentiellement tributaires des réformes structurelles —et, dans plusieurs pays, de le rééquilibrage des finances publiques —qui permettront de s’attaquer aux facteurs de vulnérabilité. Les projections faisant état d’une forte progression de la population d’âge actif, il est particulièrement impérieux de stimuler la croissance de l’emploi et, par une réforme du marché du travail, de faire en sorte que les qualifications répondent mieux aux besoins.

En Iraq, la production de pétrole est revenue à son niveau d’avant la guerre, mais la situation sécuritaire s’est nettement dégradée et les modalités du transfert du pouvoir à un gouvernement provisoire avant le milieu de 2004 ne sont toujours pas réglées. Les informations sur l’évolution récente de l’économie sont rares: les statistiques sur l’inflation sont traitées avec beaucoup de retard et on ne dispose d’aucune donnée sur l’activité conjoncturelle, les résultats budgétaires et monétaires et la balance des paiements. Selon des renseignements invérifiables, les capacités industrielles sont nettement sous-utilisées et le chômage est élevé. Dans ce contexte, l’aide extérieure, y compris sous la forme d’un allégement de la dette, est indispensable et il convient d’adopter des politiques axées essentiellement sur un renforcement des capacités, la reconstruction du pays et la stabilité macroéconomique. Une fois en place, le nouveau gouvernement devra en priorité améliorer les institutions, dont le rôle sera capital pour parvenir à une croissance durable et de haute qualité à moyen terme (voir le chapitre III des Perspectives d’avril 2003).

En ce qui concerne les pays exportateurs d’hydrocarbures, la croissance continue d’être vigoureuse et diversifiée en Iran, où elle est tirée par des exportations pétrolières robustes, des mesures budgétaires de relance, une expansion rapide du crédit et un optimisme des milieux d’affaires qui traduit le recul des tensions internationales suscitées par le programme nucléaire de ce pays et l’espoir que de nouvelles réformes structurelles seront lancées. Cependant, les dépenses publiques financées par les ressources pétrolières provoquent, à cause de leur niveau élevé, une forte augmentation de la liquidité intérieure et des prix; par ailleurs, les ravages du récent tremblement de terre qui a détruit la ville de Bam nécessitent d’accroître ces dépenses. Dans ces conditions, il convient d’assainir les finances publiques et de resserrer la politique monétaire afin de contenir la progression de la masse monétaire au sens large et l’inflation. Sur le front structurel, la réforme du commerce extérieur et celle du secteur financier ont avancé, et l’investissement direct étranger a été libéralisé, mais de nouveaux progrès sont nécessaires pour améliorer le climat économique, réduire les rigidités du marché du travail et privatiser les entreprises publiques afin de stimuler la croissance à moyen terme et de faire baisser un taux de chômage toujours élevé.

Dans les autres pays exportateurs d’hydrocarbures, la hausse en 2003 des prix mondiaux du pétrole, ainsi que de leur production, a été à l’origine d’un bond de la croissance du PIB réel, d’une augmentation des excédents des transactions courantes et d’une nette amélioration du solde du budget de l’État. On s’attend à ce que les taux de croissance ralentissent, les excédents des transactions courantes se contractent, et les soldes budgétaires fléchissent, du fait de la baisse des contingents de production en 2004 et des prix mondiaux en 2005. En conséquence, la plupart des pays doivent impérativement assainir les finances publiques pour réduire leur vulnérabilité aux fluctuations des prix du pétrole, et notamment élargir la base des recettes non pétrolières, renforcer la gestion des dépenses et réduire les dépenses courantes. Dans tous les pays, il est crucial de dynamiser la croissance du secteur non pétrolier et de créer des emplois en continuant de réorganiser les marchés du travail et en réformant le cadre réglementaire et institutionnel afin de stimuler l’investissement extérieur et de renforcer le rôle du secteur privé.

En Égypte, l’activité s’est redressée au cours de 2003, grâce en partie à l’effet favorable de la dépréciation antérieure du taux de change sur les exportations de produits manufacturés et à une reprise du tourisme après la guerre en Iraq. Si la bourse signale clairement une amélioration des perspectives à court terme, des mesures de grande ampleur doivent être prises afin de porter à moyen terme la croissance à un niveau qui permette d’absorber une population active en forte augmentation et d’améliorer le niveau de vie. Il est fondamental d’assainir les finances publiques pour renforcer le budget de l’État et améliorer la viabilité de la dette et, en outre, nécessaire de resserrer la politique monétaire pour freiner les tensions inflationnistes; par ailleurs, des réformes coordonnées sont indispensables pour donner plus de flexibilité au marché des changes, il faut s’attaquer aux faiblesses du système bancaire, et des réformes structurelles s’imposent afin de créer un climat plus favorable pour les entreprises.

Dans les autres pays du Levant15, la situation macroéconomique se renforce également après les perturbations causées par la guerre en Iraq, mais de nouvelles réformes sont nécessaires pour soutenir la croissance à moyen terme. En Syrie, les projections font état d’une accélération en 2004 de la croissance, qui sera tirée par un rebond des exportations vers l’Iraq et, dans une certaine mesure, par la réaction du secteur privé aux réformes lancées en 2003 ou anticipées en 2004, y compris les récentes baisses des taux d’intérêt et l’ouverture de banques privées. Cependant, des réformes supplémentaires, consistant notamment à poursuivre la libéralisation des changes et du commerce extérieur, à mettre en place une taxe sur la valeur ajoutée et à déréglementer les taux d’intérêt, devront être engagées afin de porter la croissance à un niveau suffisant pour faire baisser un taux de chômage élevé. Au Liban, les exportations se sont redressées et le tourisme s’est développé, grâce entre autres à la dépréciation sensible du taux de change réel observée en 2002–03. Cependant, la dynamique de la dette publique demeure très délicate, ce qui fait ressortir l’importance d’accélérer l’ajustement des finances publiques, notamment par des réformes fondamentales des recettes et des dépenses. En Jordanie, les exportations ont augmenté et, sous l’effet de puissantes mesures budgétaires de relance, la demande intérieure s’est redressée au second semestre de 2003. Toutefois, les autorités devront achever la réforme du régime des retraites et engager des actions budgétaires, notamment une stratégie pluriannuelle visant à éliminer les subventions aux produits pétroliers encore en vigueur, afin de pouvoir respecter leur objectif de déficit (3,9 % du PIB) en 2004.

En Israël, la reprise naissante, tirée par la demande extérieure, semble gagner du terrain. La diminution des incertitudes régionales et la remontée des dépenses mondiales en informatique ont stimulé les exportations (tourisme inclus) et donné un coup de fouet aux marchés financiers, ce qui s’est traduit par une hausse des cours des actions, une appréciation du taux de change et une réduction de la prime de risque sur la dette extérieure. Pour encourager la reprise, tout en maintenant la stabilité macroéconomique, il est important de rééquilibrer le dosage des politiques budgétaire et monétaire, en d’autres termes de durcir la première et de desserrer la seconde. Les tensions inflationnistes étant faibles, du fait d’un écart de production toujours élevé et de l’appréciation du taux de change, il y a lieu de se féliciter des récentes baisses du taux d’intérêt directeur. L’objectif visant à ramener le déficit du budget de l’État à 4 % du PIB en 2004 est judicieux, et les plafonds de dépenses qu’il est prévu d’adopter aideront à soutenir une diminution progressive des dépenses à moyen terme.

Après deux ans de forte contraction, l’économie palestinienne s’est légèrement redressée en 2003, grâce à une accélération de la construction de logements, tirée par une demande non satisfaite, à un meilleur accès au marché du travail israélien et à la restitution de recettes par le gouvernement israélien. Cependant, le PIB réel était encore inférieur de quelque 30 % à son niveau de 1999 et les perspectives dépendent fondamentalement de la situation sécuritaire, ainsi que des couvre-feux et fermetures qui en résultent, et de l’impact économique du mur de séparation. En conséquence, les finances publiques continuent d’être fragiles et l’aide budgétaire fournie par les bailleurs de fonds extérieurs demeure vitale. Si le système des recettes et des dépenses a été renforcé et est plus transparent, d’autres réformes sont nécessaires, y compris un code de l’impôt sur le revenu s’inspirant des meilleures pratiques internationales et un renforcement du contrôle sur le recrutement des fonctionnaires.

Afrique: la lutte contre la pauvreté

Au niveau mondial, la lutte contre la pauvreté a nettement progressé, car, selon les estimations les plus récentes, un peu moins de 22 % de la population de la planète vit actuellement dans l’extrême pauvreté, contre 28 % en 199016. Cependant, la majeure partie de cette amélioration a été constatée en Asie de l’Est et du Sud, en Chine et en Inde notamment (graphique 1.17). On estime que l’extrême pauvreté a en fait augmenté en Afrique subsaharienne où près de la moitié de la population vit aujourd’hui en deçà du seuil de pauvreté (et que le nombre effectif de personnes très pauvres a augmenté de 60 millions). Le succès relatif des différentes régions dans la lutte contre la pauvreté semble étroitement lié à leurs résultats en matière de croissance —alors qu’il augmente à un taux moyen de 7 % en Asie de l’Est, le PIB réel par habitant stagne en Afrique subsaharienne.

Graphique 1.17.Afrique subsaharienne: croissance et pauvreté

(Pourcentage, sauf indication contraire)

On estime qu’en Afrique subsaharienne la pauvreté a augmenté, la croissance du PIB par habitant ayant stagné. L’objectif d’une réduction de moitié de la pauvreté d’ici à 2015 ne pourra être atteint que si la croissance s’accélère. L’activité a été robuste dans certains pays de la région, mais le PIB par habitant a diminué dans beaucoup d’autres.

Sources: Banque mondiale; calculs des services du FMI.

1On considère comme pauvres les personnes vivant avec moins de 1,08 dollar par jour. (On notera qu’au graphique 1.12, une définition différente et un seuil de pauvreté plus élevé ont été utilisés.)

Pour atteindre d’ici à 2015 l’Objectif de développement pour le Millénaire qui vise à réduire de moitié l’extrême pauvreté, il faudrait qu’en Afrique subsaharienne la croissance s’accélère nettement et que son taux passe peut-être à environ 7 % par an (4½ % en termes de croissance par habitant si l’on admet que le taux de croissance démographique sera de 2½ %)17. Il est donc encourageant de constater que, de plus en plus, les pays mettent en place les conditions propices à une croissance forte. En particulier, nombre d’entre eux ont renforcé leur politique macroéconomique ces dernières années (l’inflation a en général été ramenée à des taux relativement faibles et les déficits budgétaires réduits), la dette extérieure a été allégée grâce à l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE), et certaines mesures ont été prises pour améliorer la gouvernance. Ces avancées sont en train de donner des résultats. En Afrique subsaharienne, l’activité a été très robuste ces trois dernières années malgré le ralentissement de l’économie mondiale et la croissance devrait, d’après les projections actuelles, se redresser sensiblement pour atteindre 4¼ % en 2004 et 5¾ % en 2005 (c’est-à-dire un rythme que l’on n’a pas connu depuis le début des années 70), car l’activité a été stimulée par divers facteurs: amélioration des conditions d’application de la politique économique, reprise mondiale, hausse des prix des produits de base (en 2004), conditions atmosphériques plus favorables dans certains pays et forte augmentation de la production de pétrole (en Angola, en Guinée équatoriale et au Tchad) (tableau 1.11). Cependant, comme on l’a déjà indiqué, la croissance en Afrique subsaharienne est systématiquement surestimée dans les Perspectives —à cause essentiellement de la vulnérabilité de la région aux chocs non anticipés, catastrophes naturelles et instabilité politique entre autres —, aussi des risques graves de dégradation de la situation pèsent-ils sur les projections.

Tableau 1.11.Pays d’Afrique (échantillon): PIB réel, prix à la consommation et solde des transactions courantes(Variations annuelles en pourcentage, sauf indication contraire)
PIB réelPrix à la consommation1Solde des transactions courantes2
200220032004200520022003200420052002200320042005
Afrique3,54,14,25,49,610,38,66,7–1,7–0,7–1,3–2,0
Maghreb3,46,24,24,52,12,23,03,14,56,04,53,3
Algérie4,16,74,44,31,42,63,84,07,811,38,87,1
Maroc3,25,53,04,02,81,22,02,04,13,12,31,6
Tunisie1,76,15,66,02,82,72,72,5–3,5–2,9–3,0–3,0
Région subsaharienne33,44,45,17,014,017,414,89,2–5,6–4,0–4,3–5,0
Corne de l’Afrique3,91,96,46,41,310,56,14,7–8,5–7,3–7,0–7,3
Éthiopie1,2–3,86,76,4–7,215,15,53,0–5,7–4,7–7,9–7,4
Soudan6,05,86,26,58,37,76,56,0–9,7–8,3–6,5–7,0
Région des grands lacs4,63,75,15,88,87,73,83,9–3,0–3,3–6,6–8,0
Congo, Rép. dém. du3,55,06,07,027,79,16,05,0–2,7–2,0–6,0–7,6
Kenya1,01,52,63,62,09,7–0,23,4–2,3–8,1–11,2
Ouganda6,74,95,56,25,75,93,53,5–6,3–6,0–3,9–6,0
Tanzanie6,35,56,36,54,65,04,73,8–4,0–2,6–6,0–4,5
Afrique australe2,32,44,76,344,354,350,926,2–3,5–3,7–3,6–4,6
Angola15,34,512,811,2108,998,340,215,9–5,8–6,2–4,4–7,1
Zimbabwe–12,8–13,2–9,25,2140,0431,7640,0200,0–2,2–4,5–8,8–12,3
Afrique de l’Ouest et Afrique centrale3,46,44,98,08,49,78,45,7–7,0–3,6–3,5–3,9
Ghana4,54,75,05,014,826,48,66,00,5–0,4–1,0–1,6
Nigéria1,510,60,95,913,714,416,510,1–10,7–2,8–3,0–5,7
Zone franc CFA4,44,17,910,83,82,02,72,9–4,7–4,1–3,5–2,2
Cameroun46,54,24,75,16,31,22,02,0–7,2–3,1–3,2–3,8
Côte d’Ivoire–1,6–3,81,84,43,13,83,22,76,24,92,42,5
Afrique du Sud3,61,92,63,28,96,03,25,60,3–1,2–1,8–2,1
Pour mémoire
Pays importateurs de pétrole3,13,04,24,78,99,67,96,6–1,9–2,2–2,8–3,2
Pays exportateurs de pétrole4,68,04,27,712,312,610,97,0–1,13,42,71,1

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Afrique du Sud non comprise.

Les variations en pourcentage pour 2002 sont calculées sur une période de 18 mois, à cause du changement des dates de l’exercice (qui va, non plus de juillet à juin, mais de janvier à décembre).

Comme c’est l’usage pour les Perspectives de l’économie mondiale, les variations des prix à la consommation sont données en moyennes annuelles, et non en glissement de décembre à décembre (comme dans certains pays).

En pourcentage du PIB.

Afrique du Sud non comprise.

Les variations en pourcentage pour 2002 sont calculées sur une période de 18 mois, à cause du changement des dates de l’exercice (qui va, non plus de juillet à juin, mais de janvier à décembre).

Nonobstant ces importantes avancées, le défi à relever par les pays africains est toujours de parvenir à une croissance vigoureuse sur une base durable. Il est manifeste que, même pendant la récente période d’accélération de la croissance dans la région, d’importants écarts ont été constatés entre les pays; ces trois dernières années, le PIB réel par habitant a diminué dans près d’un tiers des pays, et n’a dépassé 4 % que dans un petit nombre de pays seulement. Pour réduire sensiblement la pauvreté, il faudra que des résultats analogues à ceux des pays dont la croissance est rapide soient enregistrés dans toute la région, et il importera que l’Afrique subsaharienne tire les leçons de l’expérience des pays les plus performants (voir encadré 1.5). Il est vital que soient prises des mesures visant à réduire les interventions de l’État dans l’économie, à promouvoir l’investissement du secteur privé, à développer les infrastructures et à renforcer les institutions, la gouvernance et la transparence, en particulier dans les industries de ressources naturelles afin que l’ensemble de la population profitedes bienfaits qu’il sera possible d’en tirer18. À cet égard, il y a lieu de saluer un certain nombre d’initiatives régionales qui ont été lancées récemment, dont le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (de la gouvernance économique et politique) adopté dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique et la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption. Il sera également crucial d’appliquer une stratégie efficace pour atténuer les effets de la pandémie du VIH/sida. La communauté internationale a un rôle capital à jouer dans le développement de l’Afrique, notamment en augmentant son aide, en allégeant la dette et en réduisant les restrictions que les pays industrialisés imposent aux exportations des pays en développement, et il faut espérer que le Forum de partenariat avec l’Afrique récemment créé aidera à affermir la relation entre l’Afrique et ses partenaires de développement.

On s’attend à ce qu’en Afrique du Sud la croissance se redresse légèrement en 2004. Les exportateurs devraient profiter de la vigueur de l’économie mondiale et de la hausse des prix des produits de base, tandis que la demande intérieure sera stimulée par la baisse des taux d’intérêt (que la banque centrale a réduits de 550 points de base depuis juin 2003, à mesure que les tensions inflationnistes s’atténuaient) et par une politique budgétaire modérément expansionniste. Les autorités devront veiller à ne pas assouplir davantage cette politique de façon à préserver la confiance des marchés et à maintenir la dette publique sur une trajectoire orientée à la baisse. À moyen terme, l’un des graves problèmes auquel l’Afrique du Sud fait toujours face est de relever la croissance potentielle afin de réduire un chômage très élevé. Pour atteindre ces objectifs, il sera crucial d’assouplir les rigidités du marché du travail et de rendre l’investissement plus attrayant; en ce qui concerne ce dernier point, il sera capital de mettre en œuvre une stratégie efficace pour s’attaquer au VIH/sida et des politiques favorisant la cohésion sociale.

Au Nigéria, la croissance a été exceptionnelle en 2003 grâce à l’augmentation de la production de pétrole, mais elle devrait ralentir nettement cette année, la forte progression du secteur des hydrocarbures s’essoufflant. À cause de politiques budgétaire et monétaire expansionnistes, l’inflation s’est accélérée et les réserves internationales ont diminué, aussi faut-il renforcer la politique macroéconomique afin d’atténuer les facteurs de vulnérabilité à venir. Si elles étaient appliquées, les mesures contenues dans le budget fédéral de 2004 aideraient nettement à rétablir la discipline budgétaire, mais la politique monétaire devra être resserrée et une plus grande flexibilité donnée au taux de change afin de contenir les futures pertes de réserves internationales. Il convient de saluer les mesures qui ont récemment été prises pour éliminer les subventions aux prix du pétrole brut intérieur et pour libéraliser le marché de détail des produits pétroliers, alors que, parallèlement, les autorités mettent au point un plan d’action en vue de participer à l’initiative sur la transparence des industries extractives.

En ce qui concerne les autres pays d’Afrique subsaharienne, la croissance devrait, selon les projections, s’accélérer dans la corne de l’Afrique, où l’on s’attend à un bond de l’activité en Éthiopie après la famine désastreuse de l’an dernier, et dans la zone franc CFA, où la situation politique en Côte d’Ivoire constitue toujours un risque, ainsi que dans la Région des grands lacs, où la situation de la République démocratique du Congo continue de s’améliorer, et en Afrique de l’Est, où l’économie kenyane profite de l’importance que les autorités donnent à une amélioration de la gouvernance et à une accélération des réformes, encore que le tourisme ne cesse de subir les répercussions des risques liés au terrorisme. En Afrique australe, la situation est plus contrastée. En Angola, on s’attend à une croissance vigoureuse au cours des deux prochaines années, grâce à l’exploitation de nouvelles ressources pétrolières et à une reprise graduelle de l’économie non pétrolière à mesure que la paix s’installera et que le pays se reconstruira; au Zimbabwe en revanche, l’instabilité macroéconomique s’aggrave et la production devrait de nouveau se contracter fortement en 2004 (ce qui portera à 45 % environ son recul cumulé depuis 1999).

Encadré 1.5.Exemples de réussites en Afrique

Les résultats économiques de l’Afrique subsaharienne n’ont pas été aussi bons que ceux des autres régions. Entre 1960 et 2000, la croissance du PIB par habitant a été en moyenne de 0,8 % par an, contre 2,7 % dans les pays industrialisés et 2,3 % pour l’ensemble des pays en développement. Un certain nombre de pays d’Afrique subsaharienne ont certes connu des phases de croissance, parfois longues, mais rares sont ceux où la croissance a été suffisamment constante pour leur permettre d’acquérir le statut de pays à revenu intermédiaire. Il est également frappant de constater que l’activité dans les pays d’Afrique subsaharienne a fortement ralenti depuis les chocs pétroliers, en raison dans une large mesure de leur incapacité à gérer l’ajustement économique et politique à ces chocs. Au cours de la période de 1960–80, le taux de croissance moyen a été de 1,3 % par an, 11 pays enregistrant un taux de croissance négatif et, pendant la période 1980–2000, il a été de –0,5 % et 23 pays ont affiché un taux de croissance négatif.

Quelques pays —la Guinée équatoriale, le Mozambique et l’Ouganda —, ont bien progressé dans les années 901. Cependant, deux pays, le Botswana et Maurice, ont été très performants sur une longue période, leur PIB par habitant ayant augmenté à un taux annuel de 5,3 et de 3,7 %, respectivement, entre 1960 et 2000 (voir tableau).

Pour enregistrer un tel succès, le Botswana et Maurice étaient-ils, dans une certaine mesure, des pays africains atypiques? En d’autres termes, leur contexte économique, social et géographique était-il, au début de la course au développement, meilleur que celui du pays africain représentatif? Les nombreux ouvrages comparatifs sur la croissance ont identifié une série de variables qui déterminent la situation initiale des pays et qui sont également d’importants facteurs déterminants de la croissance: variables du capital humain, comme la scolarisation et l’espérance de vie, variables économiques, comme la dépendance à l’égard des produits de base et le niveau de revenu initial, et variables géographiques, comme le climat tropical et l’accès à la mer. Pour ces variables, les résultats du Botswana et de Maurice sont meilleurs que ceux du pays africain typique, mais, dans l’ensemble, leur impact n’explique qu’en partie l’écart effectif entre les performances de ces deux pays et celles des pays d’Afrique subsaharienne.

Le Botswana et Maurice ont-ils appliqué de meilleures politiques macroéconomiques et commerciales? Le taux d’inflation y a certainement été moins élevé que dans le reste de l’Afrique, de même que le ratio consommation publique/PIB, encore que, pour ce dernier, l’écart est plus frappant dans le cas de Maurice (8,8 %, contre 16,4 % pour l’Afrique subsaharienne) que dans celui du Botswana (13,4 %). En revanche, la politique commerciale du Botswana a été aussi restrictive que celle du pays africain typique, tandis que celle de Maurice a été plus restrictive2. Les politiques commerciales libérales, qui, à en juger par les comparaisons internationales, ont un impact positif sur la croissance, ne peuvent en réalité expliquer les performances de ces pays. Et, dans la mesure où de bonnes politiques macroéconomiques le peuvent, il faut alors se demander pourquoi ces pays et non le reste de l’Afrique ont appliqué de telles politiques.

L’une des différences, peut-être la plus importante, est que les institutions de Maurice et du Botswana sont de bien meilleure qualité que dans le reste de l’Afrique et sont en fait comparables à celles des autres pays du monde3. Les récentes études sur l’impact des institutions sur le développement à long terme semblent indiquer que la qualité supérieure des institutions du Botswana et de Maurice aide à expliquer le niveau plus élevé de revenu de ces deux pays (voir Acemoglu, Johnson, and Robinson, 2001; Rodrik, Subramanian, and Trebbi, 2002; Perspectives de l’économie mondiale d’avril 2003).

Outre les avantages normaux que procurent de bonnes institutions économiques, notamment un climat propice à l’investissement privé, les institutions ont aidé le Botswana et Maurice dans trois domaines particuliers qu’il est intéressant de signaler dans le contexte africain.

Pays d’Afrique les plus performants: revenu par habitant (PPA) et son taux de croissance
Revenu, 2000Taux de croissance
Pays1960–2000Années 90
Maurice13.932Botswana5,3Guinée équatoriale17,0
Seychelles10.241Maurice3,7Maurice4,0
Gabon8.402Cap-Vert3,5Ouganda3,3
Botswana7.550Congo3,3Mozambique3,1
Afrique du Sud7.541Seychelles3,1Érythrée2,9
Swaziland5.227Gabon2,6Cap-Vert2,9
Namibie4.458Swaziland2,3Botswana2.6
Cap-Vert4.027Lesotho2,1Lesotho2,2
Afrique subsaharienne2.273Afrique subsaharienne0,8Afrique subsaharienne0,4
Sources: Penn World Tables pour le revenu et le taux de croissance entre 1960 et 2000; Indicateurs du développement dans le monde (Banque mondiale) pour le taux de croissance dans les années 90.
Sources: Penn World Tables pour le revenu et le taux de croissance entre 1960 et 2000; Indicateurs du développement dans le monde (Banque mondiale) pour le taux de croissance dans les années 90.
  • Au Botswana, les institutions ont joué un rôle capital pour faire échec à la malédiction des ressources naturelles dont l’impact négatif sur la croissance à long terme est prouvé. Utilisant leur influence politique, les groupes exportateurs de bétail ont en outre veillé à ce que l’augmentation de la production de diamants n’entraîne pas une surévaluation du taux de change susceptible d’évincer le secteur exportateur.

  • Des institutions politiques fortes ont permis d’assurer la concertation avec tous les groupes à Maurice, où les divisions ethniques et linguistiques sont presque aussi profondes que dans le reste de l’Afrique, réduisant ainsi au minimum des conflits qui ont eu un impact si préjudiciable sur l’activité économique. Des institutions fortes expliquent également pourquoi Maurice a pu prendre des mesures commerciales non conformistes du type de celles appliquées en Asie de l’Est (par exemple création de zones franches industrielles ou octroi de subventions à l’exportation), qui se sont soldées par un échec dans les autres pays d’Afrique.

  • Des institutions fortes ont puissamment aidé ces pays à s’ajuster aux chocs ayant affecté les cours des matières premières. Des institutions intérieures robustes, surtout celles qui prévoient une large concertation, permettent de gérer au moindre coût les conflits entre objectifs de répartition causés par l’ajustement, et d’empêcher les perturbations créées par ces conflits d’aggraver le choc économique initial.

Sans être immuables, les institutions politiques et économiques durent très longtemps, car elles sont le fruit de facteurs à long terme, et notamment de l’histoire et de la géographie. Même avant l’ère coloniale, le Botswana disposait d’institutions prévoyant la participation du public aux décisions politiques. La puissance colonisatrice a pour ainsi dire conservé le kgotla, assemblée d’hommes adultes où on abordait des questions d’intérêt public et où on formulait des critiques à l’endroit des dirigeants (Acemoglu, Johnson, and Robinson, 2003). Il a donc été facile de passer à la démocratie après l’indépendance. Afin de calmer les préoccupations des groupes minoritaires qui avaient voté non au référendum sur l’indépendance, Maurice a alors jugé indispensable de se doter d’institutions politiques participatives. En même temps, une administration fondée sur le mérite et bien rémunérée —élément capital pour disposer d’institutions économiques puissantes —, a été mise sur pied et financée grâce à une taxe prélevée sur une fraction des rentes revenant à un petit groupe de planteurs de canne (Subramanian and Roy, 2003). Il est important de signaler que cette taxe était limitée, préservant les incitations à la production sucrière, à la différence de nombre d’autres pays africains où les prélèvements imposés au secteur de l’agriculture, y compris par une surévaluation du taux de change, étaient lourds et avaient de graves conséquences à long terme.

Comme semblent l’indiquer ces expériences, le renforcement des institutions, condition préalable à de bons résultats économiques à long terme, est un processus de longue haleine et le défi posé aux pays africains est de trouver comment l’accélérer. Ces dernières années, le recul des guerres civiles, la démocratisation croissante du continent et l’adoption de politiques davantage axées sur le marché ont amélioré les perspectives des pays d’Afrique subsaharienne qui souhaitent relever ce défi.

Note: Arvind Subramanian est le principal auteur de cet encadré.1En Guinée équatoriale, la forte croissance s’explique par l’augmentation sensible de la production de pétrole.2Le Botswana est membre d’une union douanière dont fait partie l’Afrique du Sud. En 1997, Maurice et l’Afrique du Sud se situaient à 8 et à 6, respectivement, sur l’indice de restriction du commerce du FMI (dont l’échelle va de 0 à 10, 10 indiquant le degré de restriction le plus élevé), contre 5,9 pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne.3Par exemple, le Botswana et Maurice enregistrent un écart type de 1,2 et 1,6, respectivement, au-dessus de la moyenne mondiale sur un indice qui mesure le degré de primauté du droit et de protection des droits de propriété.

En Afrique du Nord, les perspectives de l’Algérie sont dans l’ensemble favorables en 2004, encore que la croissance devrait être plus faible qu’en 2003, année où des conditions atmosphériques favorables, des mesures budgétaires de relance, attribuables en partie aux travaux de reconstruction qu’a nécessités le tremblement de terre de mai 2003, et une augmentation de la production de pétrole ont soutenu une croissance du PIB réel de 6¾ %. Les autorités doivent mettre à profit la situation actuelle pour poursuivre une stratégie visant à inverser la récente dégradation de la position budgétaire structurelle et à accélérer la croissance à moyen terme afin de réduire un chômage élevé. S’agissant du chômage, il convient de redynamiser les réformes structurelles et institutionnelles, en particulier pour renforcer le secteur bancaire, restructurer et privatiser les grandes entreprises publiques et donner plus de flexibilité au marché du travail. Dans les autres pays du Maghreb, on s’attend à ce que, au Maroc et en Tunisie, la croissance ralentisse cette année, étant donné que l’impact du puissant rebond de la production agricole qui a suivi la fin d’une sécheresse prolongée s’affaiblit.

Appendice 1.1. Marchés des produits de base

Les auteurs de cet appendice sont Aasim Husain et Sam Ouliaris, qui ont bénéficié de l’assistance de Hussein Allidina et Paul Nicholson pour leurs recherches.

L’indice global des prix des produits de base a progressé d’environ 20 % en dollars et de plus de 13 % en DTS au cours du second semestre de 2003 et des premiers mois de 2004, du fait que le rythme de l’activité économique s’est accéléré, tandis que le dollar EU s’est déprécié par rapport aux autres grandes monnaies. La hausse des prix a été assez générale, touchant aussi bien les produits énergétiques que les autres. Le marché des semi-conducteurs s’est aussi vivement redressé fin 2003 et début 2004.

Pétrole brut

Les cours pétroliers n’ont cessé de monter au cours du second semestre de 2003 et des premiers mois de 2004, ce qui contraste sensiblement avec les cotations des cours à terme de la fin avril 2003, à la suite de la guerre en Iraq (graphique 1.18). Début avril 2004, les cours au comptant atteignaient 34 dollars le baril19, soit 10 dollars de plus que ne le laissaient prévoir les cours à terme de la fin avril 2003. Les cours à terme suggèrent un prix moyen de plus de 32,50 dollars le baril en 2004, soit environ 8,50 dollars de plus qu’à la fin avril 2003. Les principaux facteurs à l’origine de la hausse inattendue des cours du brut semblent être la reprise retardée de la production et des exportations de l’Iraq, l’augmentation plus rapide que prévu de la consommation et, par conséquent, la persistance du faible niveau des stocks commerciaux. La dépréciation du dollar par rapport aux autres grandes monnaies a aussi contribué à la hausse du prix en dollars du baril.

Graphique 1.18.Pétrole: cours au comptant et à terme et production

Sources: International Energy Agency; Bloomberg Financial, LP; estimations des services du FMI.

1Moyenne des cours au comptant des bruts West Texas Intermediate, U.K. Brent et Dubaï.

2Moyenne pondérée sur 5 jours des cours suivants: NYMEX Light Sweet Crude, IPE Dated Brent et Dubaï Fateh (supposé).

3Iraq non compris.

D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la demande mondiale de pétrole a augmenté en 2003 de 2,1 %, soit 1,6 million de barils par jour (mpj), ce qui est nettement supérieur aux projections du début de 2003 (1,0 million de mpj). Cette hausse est due pour l’essentiel à la Chine, l’Amérique du Nord et aux autres pays d’Asie non membres de l’OCDE, du fait de leur robuste croissance économique, surtout dans la deuxième moitié de l’année. Les chiffres de l’AIE indiquent qu’une augmentation record de la consommation d’électricité et d’essence a induit une hausse de 14 % (en glissement annuel) de la demande de pétrole brut de la Chine au cours du second semestre de 2003. La consommation a aussi nettement progressé en Amérique du Nord, croissant à un rythme de 2 % en 2003, contre 0,7 % en 2002.

L’effet sur les prix de la vigueur fondamentale de la demande de pétrole brut a été exacerbé par l’évolution de l’offre. La situation sécuritaire fragile en Iraq, ainsi que les actes répétés de sabotage et de pillage dirigés contre les infrastructures de production et l’oléoduc au nord du pays, en direction de la Turquie font que, pendant la plus grande partie de l’année 2003, la production et les exportations de brut iraquien sont restées nettement inférieures à leur niveau d’avant la guerre. De plus, d’après les estimations de l’AIE, la production du Venezuela est restée inférieure au niveau atteint avant la grève de décembre 2002. Les dix autres pays de l’OPEP ont maintenu leur production au-dessus des objectifs pour compenser le manque à produire de l’Iraq, mais l’annonce d’une réduction de ces objectifs à compter de novembre 2003, puis de nouveau à partir d’avril 2004, a aussi fait monter les cours.

Du fait de ces perturbations de la demande et de l’offre mondiale de pétrole et de l’écart persistant entre les cours au comptant et à terme, la situation des stocks mondiaux est devenue encore plus tendue. La reconstitution des stocks commerciaux des pays consommateurs largement attendue ne s’est pas matérialisée. Au contraire, les stocks commerciaux de l’OCDE ont encore diminué, ceux des États-Unis en particulier tombant à des niveaux que l’on n’avait pas connus depuis le milieu des années 70 (graphique 1.19). Cette baisse des stocks commerciaux et l’inquiétude suscitée par le bas niveau des stocks stratégiques des États-Unis ont induit une augmentation notable de la volatilité des cours pétroliers et du prix moyen du brut. L’accumulation de grosses positions spéculatives longues sur le marché à terme a aussi contribué à la hausse du cours au comptant.

Graphique 1.19.Stocks de pétrole

Sources: U.S. Department of Energy; Agence internationale de l’énergie; calculs des services du FMI.

1Moyenne de chaque mois sur la période 1992–2002, plus un intervalle de confiance de 60 %, sur la base des écarts antérieurs.

Autre élément important intervenu ces derniers mois: la baisse de la valeur du dollar des États-Unis, qui a causé une dégradation des termes de l’échange des exportateurs, ce qui a peut-être influé sur le comportement de l’offre. Bien que le prix moyen du brut ait augmenté de près de 25 % en dollars entre septembre 2003 et mars 2004, la hausse du prix exprimée en DTS n’est que de 17 %. D’après des estimations grossières de la réactivité des prix à l’évolution inattendue de la demande et de l’offre qui s’est produite depuis le milieu de 2003, il se peut que la hausse des prix en dollars soit due pour moitié à la dépréciation de la monnaie américaine.

Pour l’avenir, l’orientation des marchés à terme continue à suggérer que l’on devrait voir les prix se détendre lorsque la demande connaîtra une baisse saisonnière. Cependant, le cours qui découle des contrats à plus long terme est en nette hausse par rapport à l’été dernier. Certes, cette hausse est vraisemblablement en partie due à la dépréciation du dollar, mais d’autres facteurs y ont aussi contribué. Le prix inclut désormais une prime-sécurité qui persiste en raison des tensions géopolitiques, tant en Iraq qu’au Venezuela et au Nigéria, et les capacités excédentaires des pays producteurs se sont amenuisées. D’après l’AIE, la marge de capacité excédentaire des dix pays de l’OPEP autres que l’Iraq est tombée en mars 2004 à moins de 2,0 mbj —soit moins de 3 % de la demande mondiale —contre 3,4 mbj en novembre 2002, avant la perturbation des approvisionnements au Venezuela. De plus, s’il est vrai que la production iraquienne était proche de son niveau d’avant la guerre dans les premiers mois de 2004, les analystes doutent que ce niveau de production puisse se maintenir à terme en l’absence d’investissements appréciables et d’une amélioration sensible de la sécurité. Enfin, tant que les stocks commerciaux restent bas, le prix du brut continuera à être très volatil.

Produits primaires non pétroliers

Après avoir légèrement fléchi dans la première moitié de l’année 2003 en raison de la faiblesse de la demande, les cours des produits primaires non pétroliers se sont ressaisis au second semestre et pendant les premiers mois de 2004 du fait de l’accélération de l’activité économique, notamment aux États-Unis et en Chine, de la baisse des stocks de produits spécifiques et de la dépréciation du dollar par rapport aux autres grandes monnaies (graphique 1.20). De juillet 2003 à mars 2004, l’indice des produits de base non pétroliers du FMI a progressé de 25 % en dollars et de plus de 17 % en DTS. Quasiment toutes les grandes composantes de l’indice sont en hausse, mais l’essentiel est dû aux métaux et produits alimentaires (tableau 1.12). Pour l’avenir, on s’attend à ce que les cours des produits primaires non pétroliers restent fermes en dollars à mesure que la reprise économique mondiale prendra son essor, ce qui se traduirait par une nouvelle hausse sensible (en dollars) de leur niveau moyen par rapport à 2003.

Graphique 1.20.Produits de base non énergétiques

Sources: FMI, International Financial Statistics; calculs des services du FMI.

Tableau 1.12.Cours des produits primaires non pétroliers(Variation en pourcentage de juillet 2003 à mars 2004)
En dollarsContribution1En DTS
Produits alimentaires26,842,719,1
Boissons5,22,9–1,3
Matières premières agricoles7,17,70,5
Métaux38,546,730
Ensemble des produits
primaires non pétroliers25,110017,4
Sources: base de données du FMI (Primary Commodity Prices); estimations des services du FMI.

Contribution à la variation de l’indice global des cours des produits primaires non pétroliers en dollars, en pourcentage. Les contributions à la variation en DTS sont similaires.

Sources: base de données du FMI (Primary Commodity Prices); estimations des services du FMI.

Contribution à la variation de l’indice global des cours des produits primaires non pétroliers en dollars, en pourcentage. Les contributions à la variation en DTS sont similaires.

Les cours des métaux ont vivement réagi depuis le milieu de 2003 à la recrudescence de la demande induite par l’affermissement de l’activité économique mondiale et à l’augmentation des achats spéculatifs des investisseurs. La progression marquée des importations de la Chine a par ailleurs alimenté la demande mondiale de métaux essentiels. Les cours du cuivre, du nickel et du zinc ont tous atteint des sommets inconnus depuis plusieurs années. Le cours du nickel a bondi d’environ 55 % en dollars, car la demande d’acier inoxydable est montée en flèche, alors que les stocks commerciaux s’amenuisaient, et que des troubles sociaux menaçaient l’offre des producteurs clés. Le cours du cuivre a grimpé de 75 %, tiré par une demande en hausse, émanant surtout de la Chine et d’autres pays d’Asie, tandis que le ratio stocks/consommation baissait et que des inquiétudes planaient sur les approvisionnements en raison de troubles sociaux. Les indicateurs précurseurs suggèrent que les cours des métaux vont sans doute plafonner en 2004, l’offre réagissant à la hausse des cours.

Les cours des produits alimentaires ont aussi augmenté au deuxième semestre de 2003 et pendant les premiers mois de 2004, sous l’effet de facteurs liés à la fois à l’offre et à la demande. Le cours du blé, récemment tombé au plus bas, s’est redressé de plus de 25 % en dollars parce que l’offre a été inférieure aux projections aux États-Unis et en Europe, tandis que la demande, en particulier de la Chine et de l’Union européenne, était en hausse, d’où la baisse des stocks. Après être resté relativement atone pendant une bonne part du second semestre de 2003, le cours du maïs a augmenté de près de 30 % durant la période décembre 2003–mars 2004. Les cours des haricots de soja et des produits à base de soja ont nettement augmenté après l’annonce d’une offre en retrait par rapport aux prévisions, tant des États-Unis —plus gros producteur mondial que du Brésil, en raison des intempéries, et de la hausse des importations de la Chine. Malgré l’apparition de cas de maladie de la vache folle aux États-Unis et au Canada vers la fin de 2003, le prix du bœuf était supérieur de 20 % en mars 2004 à son niveau de juillet 2003, en raison de la demande mondiale plus vive et d’inquiétudes quant aux approvisionnements en provenance d’Australie, en raison de la sécheresse. Par contre, le prix du porc a modérément augmenté en raison de la hausse sensible de l’offre au Canada. Pour l’avenir, les contrats à terme suggèrent que les prix des produits alimentaires vont continuer à augmenter, en dollars, pendant l’année 2004, mais à un rythme plus lent qu’en 2003.

Les cours de nombreuses matières premières agricoles ont aussi réagi à une hausse sensible de la demande mondiale au second semestre, tandis que la fin des perturbations de l’offre induisait une retombée partielle des prix de certains produits qui étaient montés en flèche précédemment. La forte demande de la Chine, ainsi que le léger recul de la production mondiale, a contribué à la forte hausse du cours du coton. La demande de caoutchouc et de produits dérivés a aussi connu un grand essor, alors que la croissance de la production s’est modérée, d’où une augmentation sensible du cours du caoutchouc naturel. Par contre, les prix de la laine ont reculé au second semestre, car l’effet de la sécheresse de 2002 sur la production lainière de l’Australie s’est estompé. Bien que les prix du bois-d’œuvre aient continué à subir l’effet du différend commercial entre le Canada et les États-Unis, ils ont connu une hausse de plus de 20 % depuis juillet 2003 en raison de la robuste demande émanant des constructeurs de logements et de la dépréciation du dollar EU.

Les prix des boissons se sont redressés au cours des derniers mois, mais restent nettement plus bas qu’il y a un an. Après une baisse prononcée au début de l’année 2003, les cours du cacao sont restés à peu près étales depuis le milieu de l’année, encore que les troubles civils en Côte d’Ivoire compromettent la fiabilité de ses exportations. Les cours du café ont en général reculé pendant le second semestre de 2003, mais les annonces d’une baisse des stocks et d’estimations faisant état d’une récolte en diminution ont causé une remontée des cours du café de haute qualité au cours des premiers mois de 2004.

Semi-conducteurs

Les signes de reprise robuste du marché des semi-conducteurs se multiplient. Les ventes mondiales corrigées des variations saisonnières ont vivement augmenté au second semestre de 2003, avec une accélération particulièrement marquée en Asie (graphique 1.21). Les ventes de produits de communication sans fils sont spécialement dynamiques. Les taux d’utilisation des capacités pour les semi-conducteurs de pointe, qui servent à la fabrication de matériels sans fils perfectionnés et de produits électroniques haut de gamme sont donc passés à un niveau qui ne s’était pas vu depuis le début de l’an 2000. Aux États-Unis, les expéditions d’ordinateurs et de matériel électronique ont augmenté au second semestre de 2003, car le ratio stocks/consommation est tombé à son plus bas niveau depuis l’an 2000, au plus fort du boom des technologies de l’information. En Asie, les exportations de produits électroniques ont progressé à vive allure, même par rapport au total des exportations, dépassant même le rythme de croissance enregistré durant le boom des technologies de l’information de la fin des années 90.

Graphique 1.21.Semi-conducteurs

Sources: World Semiconductor Trade Statistics; et Semiconductor Equipment and Materials International.

1Corrigées des variations saisonnières.

Même si le taux de croissance des ventes de semi-conducteurs s’est modéré au cours des derniers mois, en raison notamment de la date du Nouvel An chinois, les indicateurs précurseurs laissent entrevoir une progression continue en 2004. Aux États-Unis et au Japon, les ratios commandes/facturations sont en nette hausse et tant les commandes que les facturations vont bon train. De plus, les indices d’achats de produits technologiques par les entreprises ont commencé à se redresser et les analystes s’attendent à ce que la confiance continue à se raffermir à mesure que la hausse des bénéfices des sociétés consolidera leur position de trésorerie. Les indices des valeurs technologiques sont en légère baisse par rapport à l’an dernier, mais se tiennent mieux que le marché boursier dans son ensemble depuis le milieu de 2003, ce qui donne à penser que les marchés financiers anticipent une croissance plus forte du secteur des technologies avancées que de l’économie globale.

Prévisions de prix et contrats à terme

Bien que la part des produits primaires dans la production et le commerce mondiaux ait diminué durant le siècle écoulé, les fluctuations des cours de ces produits continuent à influer sur l’activité économique mondiale. Pour de nombreux pays, surtout des pays en développement, les produits primaires demeurent une importante source de recettes d’exportation et les variations des cours de ces produits ont une incidence majeure sur leur situation macroéconomique globale. Les prévisions de l’évolution de ces cours sont donc un élément crucial pour la planification et l’élaboration de leur politique macroéconomique.

La grande variabilité des cours des produits primaires fait qu’il est difficile d’en prévoir l’évolution avec un degré raisonnable d’exactitude (tableau 1.13). Bien que les chercheurs aient décelé des indices de tendances à la baisse sur le long terme, ces tendances sont en général faibles et variables, et souvent éclipsées par la grande volatilité des cours20. En outre, les effets des perturbations des cours sont en général persistants, mais à des degrés très divers selon les produits. Les cours des produits agricoles font preuve d’une relativement grande volatilité, probablement parce que l’offre de ces produits peut être perturbée par des intempéries.

Tableau 1.13.Volatilité et corrélation des cours au comptant et à terme
Volatilité1
ProduitCours au

comptant
Cours à

terme2
Corrélation3
Aluminium0,100,0895,4
Blé0,090,0770,8
Café Arabica0,160,1493,2
Café Robusta0,160,1794,2
Coton0,110,0762,7
Cuivre0,090,0693,2
Étain0,070,0793,5
Farine de soja0,090,0776,8
Haricots de soja40,060,0585,8
Huile de soja0,100,0774,5
Maïs0,110,0879,7
Nickel0,140,1495,0
Plomb0,090,0996,8
Sucre0,040,0282,5
Zinc0,090,0893,0
Sources: base de données du FMI (Primary Commodity Prices); estimations des services du FMI.

Écart type des cours nominaux en dollars.

Contrats à terme à 3 mois pour l’aluminium, le plomb, le maïs, le nickel, l’étain et le zinc; contrats à terme à 6 mois pour le café Arabica, le café Robusta, le coton, le sucre et le blé; contrats à terme à 9 mois pour la farine de soja, l’huile de soja et les haricots de soja; contrats à terme à 12 mois pour le cuivre. Les périodes d’échantillonnage varient selon les produits en fonction des données disponibles.

Corrélation des log des différences premières des cours au comptant et à terme, en pourcentage.

Abstraction faite de l’observation aberrante pour le troisième trimestre de 1994.

Sources: base de données du FMI (Primary Commodity Prices); estimations des services du FMI.

Écart type des cours nominaux en dollars.

Contrats à terme à 3 mois pour l’aluminium, le plomb, le maïs, le nickel, l’étain et le zinc; contrats à terme à 6 mois pour le café Arabica, le café Robusta, le coton, le sucre et le blé; contrats à terme à 9 mois pour la farine de soja, l’huile de soja et les haricots de soja; contrats à terme à 12 mois pour le cuivre. Les périodes d’échantillonnage varient selon les produits en fonction des données disponibles.

Corrélation des log des différences premières des cours au comptant et à terme, en pourcentage.

Abstraction faite de l’observation aberrante pour le troisième trimestre de 1994.

Les prix des contrats à terme peuvent servir de guide pour l’établissement des projections d’évolution des cours des produits primaires. Des marchés à terme pour plusieurs produits primaires se sont développés et intensifiés au cours des vingt dernières années, et les prix des contrats qui s’y négocient reflètent en général l’ensemble des informations dont disposent les opérateurs. Ces prix peuvent donc permettre de prédire l’évolution future des cours au comptant avec autant d’exactitude que des modèles économétriques perfectionnés ou que les prévisions rationnelles. Dans le même temps, les cours au comptant et les prix des contrats à terme évoluent en général de façon parallèle, ce qui suggère qu’ils réagissent aux mêmes perturbations fondamentales. Encore que les prix des contrats à terme sont généralement moins volatils que les cours au comptant, surtout à des horizons éloignés (graphique 1.22), il y a lieu d’étudier empiriquement dans quelle mesure ils peuvent servir à prédire les mouvements effectifs des cours au comptant21.

Graphique 1.22.Cours au comptant et à terme

Sources: Bloomberg Financial, LP; estimations des services du FMI.

La comparaison des prévisions obtenues à l’aide de modèles incorporant les contrats à terme avec ceux qui en font abstraction permet de déterminer empiriquement si les prix des contrats à terme sont effectivement une base efficace pour prédire l’évolution des cours au comptant. On a établi à cette fin des prévisions fondées sur les contrats à terme pour chaque trimestre depuis 1994 à l’aide de modèles à tests de racine unitaire simple et à correction d’erreurs pour 15 produits primaires22. Les modèles à correction d’erreurs décrivent une relation de cointégration à long terme entre les cours au comptant et à terme, qui pose en hypothèse que les deux cours évoluent de la façon parallèle sur le long terme, avec des dynamiques de courte durée qui expliquent les écarts temporaires des cours au comptant par rapport à leurs valeurs (tendance) à plus long terme. Les autres modèles retiennent seulement les variations passées des cours au comptant (et à terme) comme déterminants potentiels des variations des cours au comptant. Comme les deux cours semblent évoluer de la façon parallèle sur le long terme pour quasiment tous les produits de l’échantillon, le modèle à correction d’erreurs —qui exploite cette tendance —devrait fournir des prévisions à long terme plus exactes. On a ensuite comparé ces prévisions avec celles obtenues à l’aide de modèles à tests de racine unitaire reposant uniquement sur les données historiques des cours et avec des prévisions rationnelles ou «d’experts» établies par le FMI ou la Banque mondiale23. Ces dernières se fondent sur l’évaluation des éléments fondamentaux de l’offre et de la demande, l’évolution passée des cours, des facteurs mondiaux et un élément d’appréciation. Dans la mesure où les prix des contrats à terme influent sur le jugement, encore que ce ne soit pas systématique, on peut s’attendre à ce que les prévisions rationnelles donnent des résultats au moins aussi bons que celles qui reposent sur lesdits contrats à terme.

Il ressort de l’analyse que les prévisions fondées sur les contrats à terme donnent de meilleurs résultats que les projections établies à partir des données historiques, ce qui donne à penser que les prix des contrats à terme renferment bien des informations utiles pour évaluer les perspectives d’évolution des cours des produits primaires (tableau 1.14). Les résultats des modèles fondés sur les contrats à terme, aussi bien en termes statistiques (racine carrée de la moyenne du carré des erreurs de prévision) que du point de vue de la direction (identification des futurs points d’inflexion) étaient au moins aussi probants —et dans la plupart des cas plus probants —que les modèles fondés sur des données historiques à l’horizon d’un trimestre pour 14 des 15 produits de l’échantillon. À un horizon de huit trimestres, les modèles fondés sur les contrats à terme donnent de bien meilleurs résultats que les modèles fondés sur des données historiques pour 13 produits et font aussi bien pour un autre produit. Pour neuf produits, le modèle à correction d’erreurs donne des prévisions nettement plus exactes.

Tableau 1.14.Résultats des prévisions1
À l’horizon d’un trimestreÀ l’horizon de huit trimestres
ProduitExactitude statistiqueExactitude directionnelleExactitude globaleExactitude statistiqueExactitude directionnelleExactitude globale
AluminiumPRPR, CECTPR, CECTPR, CECTCECTCECT
BléPRPR, RUCT, CECTPRCECTCECTCECT
Café ArabicaPR, CECTHH
Café RobustaPRPRPRPRRUCTRUCT
CotonPR, RUCT, CECTPR, RUCT, CECTPR, RUCT, CECTPR, CECTPR, CECT
CuivrePRPR, RUCT, CECTPRPRPR
ÉtainPRPRPRPR, CECTPR, CECT
Farine de sojaPR, H, CECTPR, CECTPR, CECTCECTCECTCECT
Haricots de sojaPR, HPRPRCECTCECTCECT
Huile de sojaPR, CECTRUCTRUCTPRPR, CECTPR, CECT
MaïsPRPRPRPRCECTCECT
NickelCECTRUCT, CECTCECTPRCECTCECT
PlombPR, RUCT, CECTRUCTRUCTPR, CECTCECTCECT
SucrePRPRPRPR, CECTPR, CECTPR, CECT
ZincPRCECTCECTPRCECTCECT
Source: Bowman and Husain (2004).

Le tableau indique quel type de prévisions donne les meilleurs résultats sur la période T41993–T12003. PR signifie prévision rationnelle; H prévision sur la base des données historiques; RUCT prévision d’un modèle à test de racine unitaire fondé sur les contrats à terme et CECT prévision d’un modèle à correction d’erreurs fondé sur les contrats à terme.

Source: Bowman and Husain (2004).

Le tableau indique quel type de prévisions donne les meilleurs résultats sur la période T41993–T12003. PR signifie prévision rationnelle; H prévision sur la base des données historiques; RUCT prévision d’un modèle à test de racine unitaire fondé sur les contrats à terme et CECT prévision d’un modèle à correction d’erreurs fondé sur les contrats à terme.

Les prévisions fondées sur les contrats à terme donnent généralement aussi de meilleurs résultats que les prévisions rationnelles à des horizons éloignés, mais pas à l’horizon d’un trimestre. Pour neuf produits, les résultats des modèles fondés sur les contrats à terme sont systématiquement supérieurs aux prévisions rationnelles, à l’horizon de huit trimestres. Pour huit de ces produits, les résultats les plus probants sont obtenus à l’aide des modèles exploitant la relation de cointégration à long terme entre les cours au comptant et à terme, et pour quatre autres produits, le modèle à correction d’erreurs fait aussi bien que les prévisions rationnelles. À l’horizon d’un trimestre, cependant, les prévisions rationnelles sont plus exactes, surtout en termes statistiques, que les prévisions fondées sur les contrats à terme pour sept produits, et les deux méthodes donnent des résultats d’exactitude comparable pour trois autres produits. Il semble donc bien établi que les contrats à terme donnent des indications relativement fiables à propos de l’évolution prévisible des cours au comptant à moyen terme, notamment en ce qui concerne les futurs points d’inflexion. La relative exactitude des prévisions obtenues à l’aide des modèles à correction d’erreurs indique que les cours à terme servent d’ancrage aux cours au comptant et que les écarts entre cours au comptant et à terme tendent à se réduire au fil du temps.

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Pour un examen approfondi de l’évolution et des enjeux des marchés financiers, voir le Global Financial Stability Report d’avril 2004 du FMI.

Depuis 1990, la croissance du PIB en Afrique subsaharienne est surestimée dans l’édition de printemps des Perspectives d’un point en moyenne pour l’année en cours et de 1,7 point pour l’année suivante.

Pour un examen approfondi de cette question, voir le premier essai du chapitre II des Perspectives de septembre 2002 intitulé: «Faut-il s’inquiéter des déséquilibres extérieurs?».

Voir le chapitre III des Perspectives de l’économie mondiale de septembre 2003 intitulé «La dette publique des pays émergents est-elle trop lourde?».

Voir l’allocution qu’elle a prononcée le 21 janvier 2004 (elle était alors Première Directrice générale adjointe) devant le National Institute for Bank Management à Pune, Inde, et qu’il est possible de consulter sur Internet à l’adresse: http://www.imf.org/external/np/speeches/2004/012104.htm.

Toutefois, les progrès accomplis dans la réalisation des autres grands objectifs sont moins encourageants. Pour un examen approfondi de ce point, voir FMI et Banque mondiale (2004).

Voir, par exemple, l’essai du chapitre II des Perspectives d’avril 2002 intitulé: «Le patrimoine détermine-t-il de plus en plus la consommation?».

Lorsque l’inflation est forte, les salaires nominaux ont aussi tendance à augmenter rapidement, de sorte que le ratio paiements d’intérêts/revenu diminue sensiblement à terme. Lorsque l’inflation est faible, les ratios du service de la dette baissent plus lentement, aussi les emprunteurs sont-ils beaucoup plus exposés aux chocs.

Il semble que l’éclatement d’une bulle typique des cours des actions coûte 4 points de croissance pour les deux à trois années qui suivent le pic (voir le chapitre II des Perspectives d’avril 2003).

L’accroissement des réserves en 2003 est sous-évalué, car la Chine a utilisé environ 45 milliards de dollars pour recapitaliser des banques d’État. La Corée a en outre annoncé son intention d’utiliser des réserves pour financer une société d’investissement.

Voir: «The Next Ten Years of Transition: The Challenges Ahead», allocution prononcée par John Odling-Smee à Yerevan le 23 novembre 2003, à l’occasion du séminaire international organisé pour le 110e anniversaire de la création de la Banque d’État d’Arménie et le dixième anniversaire du lancement de la monnaie nationale de la République arménienne. Le texte de cette allocution peut être consulté sur Internet à l’adresse: http://www.imf.org/external/np/speeches/2003/112303.htm.

Les pays du Levant sont l’Égypte, la Jordanie, le Liban et la République arabe syrienne.

Ces données sont extraites de Global Poverty Monitoring, Banque mondiale, document qu’il est possible de consulter sur Internet à l’adresse: http://www.worldbank.org/research/povmonitor. Les personnes qui disposent de moins de 1,08 dollar par jour sont considérées comme vivant dans l’extrême pauvreté. Les dernières données disponibles portent sur l’an 2000.

Le taux de croissance à estimer pour atteindre cet objectif dépend de l’ampleur de l’impact présumé de la croissance sur la pauvreté. Le débat se poursuit sur le niveau de ce cœfficient, ainsi que sur l’importance relative dans la diminution de la pauvreté de la croissance et de politiques comme celles qui peuvent réduire les inégalités de revenu (voir Besley and Burgess, 2003; Dollar and Kraay, 2002; Collier and Dollar, 2001).

Pour une analyse du lien entre la croissance et les institutions, voir le chapitre III des Perspectives d’avril 2003.

Les prix renvoient à l’indice APSP (moyenne des cours au comptant des bruts West Texas Intermediate, U.K. Brent et Dubaï).

Voir, par exemple, Cashin and McDermott (2002).

Il existe un nombre appréciable d’études sur la question de savoir si les contrats à terme sur produits primaires permettent de prédire avec exactitude l’évolution des cours au comptant, notamment Kaminsky and Kumar (1990); Kumar (1992); Moosa and Al-Loughani (1994); Brenner and Kroner (1995); Elfakhani, Wionzek, and Chaudhury (1999). D’autres études, dont Bessler and Brandt (1992); Irwin, Gerlow, and Liu (1994); McKenzie and Holt (2002), portent plus précisément sur la question de savoir si l’information fournie par les contrats améliore la précision des modèles. Les études de ce deuxième type portent cependant sur un petit nombre de produits (deux à quatre seulement), avec des horizons relativement rapprochés (deux mois à deux trimestres).

Les produits analysés étaient les suivants: aluminium, blé, café Arabica, café Robusta, coton, cuivre, étain, farine de soja, haricots de soja, huile de soja, maïs, nickel, plomb, sucre et zinc.

Voir Bowman and Husain (2004) pour plus de précisions sur les données et la méthodologie employées.

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