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Chapitre 5. L’ÉVolution de la Dynamique du Cycle Conjoncturel Mondial

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
November 2007
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Depuis les chocs pétroliers des années 70, la croissance économique n’a jamais été aussi rapide que durant ces dernières années. En outre, la répartition de cette croissance au plan international est sans précédent. Qui plus est, dans la plupart des pays et des régions la volatilité de la production a sensiblement diminué. Le présent chapitre analyse cette transformation et constate que les gains de stabilité et la durabilité croissante des phases d’expansion, son corollaire, tiennent dans une grande mesure à des phénomènes qui seront vraisemblablement persistants. Concrètement, l’amélioration de la conduite des politiques monétaire et budgétaire et de la qualité des dispositifs institutionnels a contribué à réduire la volatilité de la production. Cela dit, les perspectives de stabilité future n’en sont pas pour autant acquises. Si la volatilité moyenne diminue, cela ne signifie pas que le cycle économique ait disparu. La fin abrupte de la période de croissance forte et soutenue des années 60 et du début des années 70 nous rappelle ce qu’il peut advenir si les politiques économiques ne s’attaquent pas à temps aux risques.

Depuis 2004, l’économie mondiale connaît la croissance la plus vigoureuse et la plus soutenue depuis la fin des années 60 et le début des années 70. En outre, durant cette période, l’inflation s’est maintenue à un faible niveau. À la vigueur de la croissance s’ajoute le fait que l’expansion s’est généralisée à l’ensemble des pays. La volatilité de la croissance a diminué, ce qui peut paraître d’autant plus surprenant que les pays émergents et en développement—plus volatils—comptent pour une part grandissante de l’économie mondiale.

Dans quelle mesure ces bons résultats sont-ils attribuables à la qualité des politiques, à la solidité des institutions et aux changements structurels? Dans quelle mesure la «chance» y est-elle pour quelque chose? Peut-on s’attendre à ce que la volatilité de la production reste faible et à ce que l’expansion mondiale actuelle se maintienne longtemps? Ou bien cette récente stabilité risquet-elle d’avoir une fin?

Le présent chapitre tente de répondre à ces questions sous deux angles différents. Premièrement, il compare le cycle actuel de croissance mondiale à des cycles précédents, y compris les années 60—autre période de forte croissance et de faible volatilité. Deuxièmement, il analyse les raisons qui expliquent les différences—dans l’espace et dans le temps—de caractéristiques du cycle économique telles que la volatilité de la production et la durée des phases d’expansion. L’analyse s’inspire des récentes études sur la «Grande modération» de l’économie américaine, en adoptant toutefois une perspective beaucoup plus mondiale. Elle tente enfin de déterminer dans quelle mesure la politique économique a contribué à atténuer durablement la volatilité de la production et, partant, à prolonger les phases d’expansion.

Il importe de noter qu’à maints égards l’économie mondiale affiche aujourd’hui une stabilité sans égal depuis les années 60. Dans la plupart des pays, la volatilité de la production a diminué et la croissance est beaucoup plus généralisée que par le passé au plan international. La présente analyse montre que la durabilité accrue des expansions tient pour beaucoup à des facteurs qui vont sans doute perdurer, comme par exemple une meilleure conduite des politiques monétaire et budgétaire et une plus grande qualité des dispositifs institutionnels.

Cela étant, la stabilité future n’est pas pour autant acquise. Pour faible que soit la volatilité moyenne, on ne saurait exclure les risques d’épisodes de récession. De manière plus générale, le coup de frein brutal à la croissance stable et vigoureuse des années 60 et du début des années 70 doit servir de mise en garde et rappeler quelles peuvent être les conséquences d’une politique peu attentive aux risques et aux nouveaux défis du système économique mondial. Le système de parités fixes issu de Bretton Woods a, pendant longtemps, donné de bons résultats, mais en fin de compte sa capacité de résistance n’a pas été suffisante face aux déséquilibres induits par les politiques budgétaire et monétaire expansionnistes des États-Unis qui ont conduit à la surchauffe et, in fine, à l’inflation—même avant le premier choc pétrolier de 1973–74. Les années 70 allaient être la décennie de croissance la plus faible depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Les cycles économiques mondiaux: rappel historique

L’économie mondiale connaît depuis cinq ans une forte expansion. Comme signalé plus haut, par rapport aux trois dernières décennies le taux de croissance mondial actuel est très élevé, mais il n’a rien d’exceptionnel si on le compare à d’autres cycles postérieurs à la Seconde Guerre mondiale. Durant les années 60, la croissance mondiale (exprimée en PIB par habitant en âge de travailler, en parité de pouvoir d’achat, pour tenir compte de l’évolution démographique) était en moyenne de 3,4 %, soit un peu plus que les 3,2 % des trois dernières années1. L’actuelle expansion a cependant quelque chose qui la distingue des précédentes, y compris celle des années 60: la plupart des pays connaissent une forte croissance, comme le montre la dispersion exceptionnellement faible de cette croissance (par rapport à l’évolution tendancielle) entre les différents pays (graphique 5.1). Autrement dit, pratiquement tous se portent bien.

Graphique 5.1.Une croissance mondiale forte et stable1

La croissance mondiale est très élevée par rapport aux trois dernières décennies. Cependant, la vigueur de l’expansion actuelle ne semble pas exceptionnelle si on la compare à celle des années 50 ou 60. Cela étant, la faible dispersion, entre les les différents pays, de la croissance corrigée de la tendance est sans précédent. La volatilité de la production mondiale a diminué depuis la crête des années 70, et pour un pays médian elle est inférieure d’un tiers à ce qu’elle était durant les années 60.

Sources: Heston, Summers, and Aten (2006); Maddison (2007); Nations Unies, base de données des Perspectives démographiques mondiales: révision de 2004; Banque mondiale, base de données des Indicateurs du développement dans le monde (2007); calculs des services du FMI.

1 L’appendice 5.1 contient des informations sur la composition des groupes de pays.

2 Croissance du PIB réel mondial par habitant et par habitant en âge de travailler à partir de pondérations de parité de pouvoir d’achat. La dispersion de la croissance est mesurée à partir de l’écart-type de la croissance du PIB corrigée de sa tendance dans les différents pays. Les barres correspondent aux récessions américaines définies à partir de séries annuelles du PIB réel par habitant. Voir appendice 5.1 pour plus de détails.

3 La volatilité en 1970 est calculée à partir de l’écart-type de la croissance corrigée de sa tendance sur la période 1961–70 et ainsi de suite.

Comme pour les taux de croissance, la durée de l’expansion actuelle n’est pas sans précédent. La durée du cycle économique ne représente aujourd’hui que la moitié de ce qu’elle était durant les années 80 et 90. Dans le même ordre d’idées, l’expansion conjoncturelle des États-Unis n’a pas atteint la durée des longues expansions des deux dernières décennies (graphique 5.2). Dans les principaux pays européens et au Japon, l’expansion actuelle tient bien la comparaison avec celles des dernières décennies, mais durant les années 50 et 60 les expansions étaient beaucoup plus longues en moyenne et s’appuyaient sur une forte croissance tendancielle2.

Graphique 5.2.Perspective historique des expansions1

(Années; le cycle actuel comprend les résultats escomptés pour 2007)

Comme pour la croissance, la longueur de l’expansion actuelle en règle générale n’a pas encore atteint de niveaux historiques. En Chine et en Inde, les expansions longues issues d’une croissance rapide sont comparables à celles qu’ont connues après la Seconde Guerre mondiale certains pays d’Europe, le Japon et les nouvelles économies industrielles d’Asie (NEI). Dans les principales économies d’Afrique, d’Amérique latine et du Moyen-Orient, les résultats étaient mitigés durant les années 80 et 90, mais les expansions actuelles sont les plus longues des trois dernières décennies.

Sources: Heston, Summers, and Aten (2006); Maddison (2007); Banque mondiale, base de données des Indicateurs du développement dans le monde (2007); estimations des services du FMI.

1 Les expansions sont définies comme des périodes de croissance annuelle du PIB réel par habitant non négatives. Voir appendice 5.1 pour plus de détails. Les données relatives aux groupes de pays désignent des valeurs médianes des groupes. Le cycle actuel comprend les résultats escomptés pour 2007.

2 La période qui débute en 1983 s’achève aux dates suivantes: Europe: France (1993), Allemagne (2003), Italie (2005) et Royaume-Uni (1991); NEI: RAS de Hong Kong (2001), Corée (1998), Singapour (2003) et province chinoise de Taiwan (2001); Afrique: Algérie (2002), Égypte (1997), Nigéria (2004) et Afrique du Sud (1992); Amérique latine: Argentine, Brésil, Mexique (2002) et Chili (1999); Moyen-Orient: République islamique d’Iran (2001), Koweït (2002), Arabie Saoudite (2002) et Émirats arabes unis (1998).

Une comparaison des cycles économiques du siècle écoulé met en évidence une augmentation tendancielle de la durée des expansions et une diminution de la durée des épisodes de récession3. Dans les pays avancés, les récessions profondes ont pratiquement disparu au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Cela étant, les années 70 ont marqué une rupture dans la tendance vers des expansions plus longues dans les pays avancés à croissance modérée. Cela s’explique en partie par des perturbations sans précédent dans l’approvisionnement en pétrole et par un ralentissement de la productivité, mais également par des erreurs de politique monétaire4.

Dans les pays émergents et en développement, la tendance à long terme vers une amélioration de la dynamique des cycles économiques est plus mitigée. En Asie, les longues expansions que connaissent aujourd’hui la Chine et l’Inde ne sont pas sans rappeler celles de l’après-guerre en Europe occidentale, au Japon et dans les nouvelles économies industrielles d’Asie. En revanche, les quatre principaux pays d’Amérique latine n’ont pas connu d’expansions plus longues depuis les années 70 à cause d’une succession de crises budgétaires et monétaires. Qui plus est, la durée relative des récessions dans ces pays n’a pas diminué (graphique 5.3). Les améliorations moyennes dans les quatre principales économies d’Afrique et du Moyen-Orient ont, jusqu’à présent, été relativement modestes. Il importe toutefois de signaler que les expansions que connaissent aujourd’hui les régions en développement sont les plus longues des trois dernières décennies.

Graphique 5.3.Perspective historique des récessions1

Dans les pays avancés, les récessions profondes ont presque disparu après la Seconde Guerre mondiale, encore que dans certains d’entre eux les récessions ont été longues durant la période 1974–82 du fait des chocs de l’offre, des ralentissements de la productivité et des fluctuations de la politique économique. Dans les pays émergents et les pays en développement à croissance modérée, la fréquence des récessions a été nettement plus forte que dans les pays avancés malgré certaines améliorations durant les deux dernières décennies.

Sources: Heston, Summers, and Aten (2006); Maddison (2007); Banque mondiale, base de données des Indicateurs du développement dans le monde (2007); estimations des services du FMI.

1 Les récessions sont définies comme des périodes de croissance annuelle du PIB réel par habitant négatives. Voir appendice 5.1 pour plus de détails. Les récessions profondes sont définies comme des récessions présentant les pertes de production cumulées supérieures à 3 %. Les données relatives aux groupes de pays désignent les valeurs médianes des groupes.

À l’échelle des pays, les expansions passées ont pris fin pour diverses raisons, dont le caractère insoutenable des déséquilibres budgétaires et extérieurs, le resserrement de la politique monétaire pour juguler une inflation montante, les effets de débordements transnationaux, les fluctuations des prix des actifs et des matières premières, et le durcissement des conditions financières qui s’en sont suivis5. Plusieurs de ces mêmes facteurs ont aussi contribué à ralentir la croissance mondiale, notamment lorsqu’ils provoquaient une récession aux États-Unis ou qu’ils freinaient la croissance dans un vaste groupe de pays. Il importe de reconnaître que certains des facteurs à l’origine des récessions ont parfois été jugés «nouveaux». Par exemple les crises monétaires qui ont frappé certains pays asiatiques (dont l’Indonésie et la Corée en 1997) étaient liées à des vulnérabilités financières et extérieures qui n’avaient pas été bien appréhendées a priori et dont l’importance n’était pas bien comprise6. À l’évidence pour entretenir une expansion, la politique économique doit pouvoir s’adapter car le processus de mondialisation commerciale et financière peut générer de nouveaux risques et de nouvelles vulnérabilités. Par exemple les pertes induites par les investissements à fort effet de levier sur le marché américain des hypothèques à surprime ont secoué le secteur bancaire de nombreux pays avancés et suscité des craintes d’une éventuelle crise du crédit (voir chapitre 1). Au-delà de l’évolution récente des marchés, le débat porte également sur les risques issus des déséquilibres mondiaux ou sur les liens entre les politiques monétaire et prudentielle et les périodes d’expansion soutenue des prix des actifs. Par exemple selon White (2006), la réussite des politiques de ciblage de l’inflation a peut-être accentué la vulnérabilité des pays à une poussée excessive des prix des actifs.

L’économie mondiale est-elle plus stable?

La volatilité de la production est l’un des principaux attributs des cycles économiques. Avec le taux de croissance tendanciel, la volatilité détermine la durée des expansions ou des récessions que connaissent les pays. La volatilité de la croissance mondiale, mesurée à partir de l’écart-type glissant sur dix ans de la croissance du PIB mondial (en PPA), a progressivement diminué depuis le sommet des années 707. L’écart-type de la croissance de la production mondiale des dix dernières années est de 0,9 %, chiffre légèrement inférieur à celui des années 60, autre période de croissance forte et soutenue. Cela dit, ce résultat global cache une diminution plus substantielle, d’un tiers, de la volatilité au niveau des pays depuis les années 60: l’écart-type de la croissance nationale médiane a baissé de 3,8 % à 2,7 % (graphique 5.1). Cette différence entre le niveau mondial et le niveau national tient à ce que les chiffres de croissance étaient moins corrélés entre pays durant les années 60, car les liens commerciaux et financiers étaient plus limités. Autrement dit, durant cette période les fluctuations de la production des différents pays tendaient davantage à se compenser mutuellement8.

L’évolution de la volatilité de la production peut se décomposer en plusieurs phases. Dans les pays avancés la volatilité était forte durant les années 50, en partie à cause de la succession d’expansions et de récessions liée à la guerre de Corée et à la reconstruction rapide, mais volatile, de l’Europe et du Japon (graphique 5.4; l’année 1960 exprime la volatilité des années 50). La volatilité s’est atténuée durant les années 60, mais elle s’est de nouveau accentuée durant les années 70 à cause des chocs pétroliers et des politiques macroéconomiques alternant freinages et accélérations («stop–go»). Après la désinflation du début des années 80, la volatilité dans les pays avancés a commencé à diminuer de manière soutenue et aujourd’hui elle ne représente plus que la moitié du niveau des années 60.

Graphique 5.4.Volatilité de la croissance dans les principales régions du monde1

(Écarts-types glissants sur dix ans de la croissance corrigée de sa tendance—l’année 1960 indique la volatilité sur la période 1951–60)

Les pays avancés se sont rapidement stabilisés après des chocs pétroliers des années 70. Leur volatilité est aujourd’hui environ la moitié de ce qu’elle était durant les années 60. La stabilisation de la production a été plus graduelle et modeste dans les pays émergents et dans les pays en développement car beaucoup d’entre eux ont connu des crises bancaires ou monétaires ou des crises de la dette.

Sources: Heston, Summers, and Aten (2006); Maddison (2007); Banque mondiale, base de données des Indicateurs du développement dans le monde (2007); calculs des services du FMI.

1 La volatilité en 1960 est calculée à partir de l’écart-type de la croissance corrigée de sa tendance sur la période 1951–60 et ainsi de suite. Pour certaines régions, la volatilité de la croissance annuelle pour les années 50 ne peut pas être calculée par manque de données exactes. L’appendice 5.1 contient des informations sur la composition des groupes de pays.

La volatilité a également diminué dans les pays émergents et en développement, certes beaucoup plus tard que dans les pays avancés. Une comparaison des résultats des régions en développement par décennie met en évidence une forte variation de la volatilité durant les années 609. Certains pays, comme ceux d’Amérique latine, ont connu une période relativement stable, alors que d’autres—la Chine en particulier—ont accusé une forte volatilité10. Les chocs pétroliers, la montée des cours des autres matières premières et les effets de contagion des pays avancés sont autant de facteurs qui ont accentué la volatilité de la production dans la plupart des pays émergents et en développement durant les années 70. Cependant, à la différence de ce qui s’est produit dans les pays avancés, la volatilité est restée élevée ou s’est même accrue davantage durant les années 80 et le gros des années 90, sous l’effet des crises de la dette (notamment en Amérique latine et en Afrique) et des crises monétaires et bancaires (en Asie, en Europe centrale et orientale, et en Amérique latine). Certains pays ont également connu une forte volatilité durant leur transition d’un système d’économie à planification centrale vers une économie de marché11. Malgré un net recul durant ces dernières années, la volatilité de la production dans les pays en développement continue d’être sensiblement supérieure à celle des pays industrialisés, notamment à cause de différences structurelles, comme par exemple la place plus importante qu’occupent l’agriculture ou les secteurs des matières premières. L’écart-type médian de croissance annuelle est actuellement de 3 % dans les pays émergents et en développement, par rapport à 1¼ % dans les pays avancés.

Les décompositions montrent que l’évolution de la volatilité de la croissance mondiale est en grande partie attribuable aux pays avancés, et notamment aux États-Unis (graphique 5.5)12. Cela dit, la diminution de la volatilité de la production en Chine a fortement contribué à atténuer la volatilité de la croissance mondiale sur la période 1996–2006 par rapport à 1983–95. Bien que les pays émergents et en développement tendent à être plus volatils que les pays avancés, leur poids grandissant dans l’économie internationale n’a pas accentué pour l’instant la volatilité de la production mondiale, ce qui s’explique surtout par le fait que la volatilité de la production de la Chine est aujourd’hui aussi faible que dans les pays avancés13.

Graphique 5.5.Décomposition de la variation de la volatilité de la production mondiale par régions1

(Variance de la croissance du PIB réel)

La volatilité de la croissance mondiale a été particulièrement forte en 1974-82, période caractérisée par des perturbations dans l’approvisionnement en pétrole et par des revirements de politique économique. Au niveau global, la modération de la volatilité mondiale a été relativement modeste par rapport à la période 1960–73, encore que depuis la volatilité ait fortement diminué dans de nombreux pays (graphique 5.4). La plus grande intégration financière et commerciale a renforcé la corrélation de la croissance entre pays, ce qui a largement compensé la baisse de la volatilité au plan national. L’évolution passée de la volatilité de la production mondiale peut être attribuable aux pays avancés, et notamment aux États-Unis.

Sources: Heston, Summers, and Aten (2006); Maddison (2007); Banque mondiale, base de données des Indicateurs du développement dans le monde (2007); calculs des services du FMI.

1 La volatilité est mesurée à partir de la variance de la croissance du PIB réel en parité de pouvoir d’achat sur la période. Faute de données, la volatilité de la production mondiale ne peut pas être calculée de manière fiable pour les années 50.

2 Voir appendice 5.1 pour plus de détails sur les groupes de pays.

3 Les contributions de la covariance à l’évolution de la volatilité de la production étaient décomposées en contributions attribuables à l’évolution de la variance des régions et à l’évolution de la corrélation entre elles. Voir appendice 5.1 pour plus de détails.

Le graphique 5.5 montre également que la covariance de la croissance dans les différents pays est également un important facteur qui agit sur la volatilité de la production mondiale. Les ralentissements simultanés de la croissance après les chocs pétroliers des années 70 montrent à quel point un accroissement des covariances peut parfois accentuer l’impact de la volatilité nationale sur la volatilité de la croissance mondiale. L’intégration commerciale et financière croissante, notamment au sein d’une même région, a également accentué les effets de contagion transfrontaliers sur la production (voir encadré 5.1)14. Concrètement, la moindre volatilité de la production aux États-Unis a fortement contribué à la diminution de la volatilité mondiale entre 1960–73 et 1996–2006, mais la plus grande stabilité des États-Unis et de la plupart des autres pays avancés a été largement compensée par la corrélation croissante entre les taux de croissance des différents pays. Cette corrélation grandissante explique sans doute également la nature régionale des crises monétaires survenues dans les pays émergents à la fin des années 90 et le ralentissement mondial qui a suivi l’éclatement de la bulle des technologies de l’information en 2000.

Des décompositions plus poussées de la volatilité de la production mondiale par composantes de dépenses montrent que la volatilité de la consommation et de l’investissement a considérablement évolué dans le temps (graphique 5.6). La volatilité accrue de la période 1974–82 est attribuable pour beaucoup à la volatilité croissante de l’investissement. Intuitivement, ce constat présente une certaine logique puisque la période était caractérisée par des perturbations successives de l’offre, des changements de tendance dans la productivité et des revirements de politique économique, autant de facteurs qui ont entraîné une volatilité de la rentabilité escomptée des programmes d’investissement. Par contre, la diminution de la volatilité de la production mondiale depuis les années 60 est principalement attribuable à la moindre volatilité de la consommation plutôt que de l’investissement. Ceci s’explique sans doute par la nature des événements survenus durant la décennie écoulée, et notamment par le net repli des investissements une fois surmontées les crises et les bulles spéculatives. De fait, la volatilité des investissements s’était quelque peu modérée durant 1983–95 par rapport à la dernière décennie. Au vu de ces observations, il semblerait toutefois qu’il faille également chercher les causes de l’actuelle stabilité de la production dans les facteurs qui agissent sur le comportement des consommateurs, comme par exemple la plus grande disponibilité de financements pour lisser la consommation dans le temps15.

Graphique 5.6.Décomposition de la variation de la volatilité de la production mondiale par composantes de dépenses1

(Variance de la croissance du PIB réel)

La volatilité de la consommation et de l’investissement a considérablement évolué dans le temps. L’augmentation de la volatilité globale sur la période 1974–82 est attribuable pour beaucoup à la volatilité croissante de l’investissement, les perturbations de l’offre, les changements de tendance dans la productivité et les revirements de politique économique ayant entraîné une volatilité des programmes d’investissement. La faible diminution de la volatilité de la production mondiale depuis les années 60 est principalement attribuable à la moindre volatilité de la consommation.

Sources: Heston, Summers, and Aten (2006); Banque mondiale, base de données des Indicateurs du développement dans le monde (2007); calculs des services du FMI.

1 La volatilité est mesurée à partir de la variance de la croissance du PIB réel en parité de pouvoir d’achat sur la période. Faute de données, la volatilité de la production mondiale ne peut pas être calculée de manière fiable pour les années 50.

2 Les contributions de la covariance à l’évolution de la volatilité de la production étaient décomposées en contributions attribuables à l’évolution de la variance des composantes de dépenses et à l’évolution de la corrélation entre elles. Voir appendice 5.1 pour plus de détails.

Si l’on examine de plus près le cas des États-Unis (graphique 5.7), la diminution de la volatilité de la production depuis les années 60 est en effet attribuable dans une grande mesure au comportement des consommateurs (par le biais de divers mécanismes, dont la moindre volatilité des dépenses de consommation, l’investissement dans le logement et la plus faible corrélation entre la consommation et l’investissement) et à l’État16. L’argument de l’investissement dans les stocks pour expliquer la diminution de la volatilité de la production américaine entre 1960–73 et 1996–2006 a curieusement une portée limitée17, encore que—pour les mêmes raisons que pour l’ensemble du monde—la moindre volatilité des stocks et de la formation de capital fixe a contribué à la modération de la volatilité de la production américaine par rapport aux années 70.

Graphique 5.7.Décomposition de la variation de la volatilité de la production des États-Unis1

(Variance de la croissance du PIB réel)

La diminution de la volatilité de la production américaine depuis les années 60 est attribuable dans une grande mesure au comportement des consommateurs, y compris à la moindre volatilité des dépenses de consommation et de l’investissement dans le logement et à la plus faible corrélation entre la consommation et l’investissement. La moindre volatilité des dépenses publiques explique également en partie la modération de la volatilité entre 1960–73 et 1996–2006.

Sources: U.S. Bureau of Economic Analysis; calculs des services du FMI.

1 La volatilité est mesurée à partir de la variance de la croissance du PIB réel sur la période.

Les contributions de la covariance à l’évolution de la volatilité de la production étaient décomposées en contributions attribuables à l’évolution de la variance des composantes de dépenses et à l’évolution de la corrélation entre elles. Voir appendice 5.1 pour plus de détails.

À l’avenir, le comportement des pays émergents et en développement aura une importance croissante pour la stabilité de l’économie mondiale. En 2006, ces pays représentaient plus de 40 % du PIB mondial, deux tiers de la croissance du PIB mondial (en PPA) et près d’un tiers du commerce international (au taux de change du marché). La Chine et l’Inde représentent à elles seules un cinquième du PIB mondial en PPA, par rapport à 10 % en 1990. L’évolution de la production de ces deux pays est comparable à celle des autres économies qui ont connu de rapides expansions par le passé. La Chine a toutefois pu maintenir une croissance extrêmement forte pendant plus longtemps que le Japon et que les nouvelles économies industrielles d’Asie (y compris la Corée), c’est-à-dire les pays qui ont connu la croissance la plus forte durant les précédents épisodes de décollage (graphique 5.8). Il est intéressant de constater que les trajectoires de volatilité des économies en croissance rapide sont également similaires. Dans un premier temps, ces économies tendaient à accuser une plus forte volatilité que la croissance mondiale, mais à mesure qu’elles se diversifiaient pour ne plus dépendre de secteurs volatils comme l’agriculture et que leur cadre de politique économique s’améliorait, la volatilité de leur production a commencé à converger vers la moyenne mondiale. Ces comparaisons rétrospectives doivent toutefois mettre en garde. Le Brésil et le Mexique n’ont pas été en mesure de nourrir une croissance soutenue à cause de rigidités structurelles contraignantes et des crises budgétaires et monétaires qui ont attisé la volatilité de leur économie pendant une longue période. Bien que les nouvelles économies industrielles d’Asie aient réussi à entretenir une croissance rapide, l’expansion dans la plupart d’entre elles n’a pas pu résister à la crise asiatique, et la volatilité s’est fortement accentuée. L’expérience montre donc que les périodes fastes sont loin d’être acquises et que les pouvoirs publics doivent suivre en permanence les sources de vulnérabilité et prendre les mesures qui s’imposent.

Graphique 5.8.Volatilité des pays à croissance rapide1

(La croissance décolle au temps t = 0 en abscisse)

Le profil de la croissance de la Chine et de l’Inde n’est pas sans rappeler celui de précédentes phases d’expansion rapide, encore que la Chine ait réussi à entretenir une croissance vigoureuse pendant la période la plus longue. La volatilité des économies à croissance rapide tend à converger progressivement vers la moyenne mondiale. Cependant, certaines vulnérabilités persistantes risqueraient de provoquer des récessions ou des crises pures et simples liées à une forte intensification de la volatilité, comme au Brésil, au Mexique et en Corée.

Sources: Heston, Summers, and Aten (2006); Maddison (2007); Banque mondiale, base de données des Indicateurs du développement dans le monde (2007); calculs des services du FMI.

1 Les dates de décollage sont les suivantes: 1950 pour le Brésil, 1979 pour la Chine, 1984 pour l’Inde, 1950 pour le Japon, 1963 pour la Corée, 1950 pour le Mexique, et 1950 pour l’Allemagne de l’Ouest. Voir appendice 5.1 pour plus de détails.

2 La volatilité relative de la production est définie comme le ratio de l’écart-type décennal glissant de la croissance mondiale corrigée de sa tendance sur la même période.

Les facteurs de modération du cycle économique mondial

Quels sont les facteurs qui expliquent les différences, aussi bien dans l’espace que dans le temps, de volatilité de la production et de durée des phases d’expansion? Ces facteurs risquentils de perdurer? Nombreuses sont les études qui portent sur la diminution de la volatilité de la production aux États-Unis depuis les années 70 (ce qu’il est convenu d’appeler «la Grande modération»)18. On ne peut cependant pas en dire autant des autres pays avancés ou des pays émergents ou en développement19. Vu l’importance croissante des pays en développement dans l’économie mondiale, la présente section offre une perspective géographique plus vaste.

Concrètement, l’analyse porte sur un échantillon de près de 80 pays, comprenant des pays avancés et des pays en développement sur la période 1970–2005, auquel elle applique diverses techniques économétriques. Elle examine les déterminants de la volatilité de la production corrigée des tendances et de quatre autres attributs connexes des cycles économiques: la part des pertes de production attribuables aux récessions et aux ralentissements, la durée moyenne des phases d’expansion, la durée relative des phases de récession et la probabilité d’expansion économique pour un pays donné sur une année donnée20.

S’inspirant des études existantes, l’analyse aborde un large éventail de variables pouvant expliquer les variations des caractéristiques des cycles économiques (voir appendice 5.1 pour de plus amples détails). Ces variables comprennent:

  • La qualité du dispositif institutionnel. Dans son acception générale, cet attribut concerne la capacité d’un pays à rapprocher des orientations politiques internes divergentes. Une plus grande stabilité politique et une plus grande continuité dans la politique économique peuvent contribuer à une stabilité économique durable. À l’inverse, des institutions faibles peuvent compliquer l’adaptation aux chocs économiques voire, dans les cas extrêmes, se prêter à des coups d’État ou des révolutions21.

    Encadré 5.1.Principales économies et fluctuations de la croissance mondiale

    Depuis cinq ans, l’économie mondiale connaît la croissance la plus forte depuis le début des années 70, malgré le net ralentissement de l’économie américaine depuis 2006 et, quelques années plus tôt, la lenteur de la reprise de la zone euro et du Japon. D’après certains observateurs, la diminution apparente des effets de contagion pourrait signifier que l’économie mondiale est mieux à même de résister aux perturbations des principales économies, notamment du fait qu’avec des nouveaux pôles d’activité, tels que la Chine ou l’Inde, les sources de croissance se sont multipliées pour prendre le relais.

    Cependant, les risques de contagion des perturbations qui surviennent dans les principales économies se sont accrus avec le développement rapide des liens commerciaux et financiers transnationaux, ce qui pourrait au moins compenser partiellement la part décroissante de ces pays dans l’essor du commerce mondial. Le présent encadré compare le comouvement récent du cycle économique de la Chine et de l’Inde et du cycle des principaux pays industrialisés, et analyse l’impact des perturbations survenues dans les principales économies sur la croissance mondiale dans un cadre général1.

    Afin d’examiner d’abord l’expérience du comouvement des cycles économiques internationaux, le premier tableau renseigne sur l’ampleur des corrélations entre la production des principales économies et des principales régions en 1960–73 (période où les liens transfrontaliers étaient limités et, à la différence des années 70 ou du début des années 80, sans grandes perturbations mondiales) et 1996–2006 (période où les liens transfrontaliers se sont rapidement développés)2. Trois constats s’imposent.

    Comouvement de la production par rapport aux principales économies, par régions1(Moyennes par régions)
    États-UnisAlle-magneJaponIndeChine
    Tous pays
    1960–730,000,070,030,030,07
    1996–20060,240,230,230,060,20
    Pays industrialisés
    1960–730,070,350,250,080,05
    1996–20060,540,740,030,040,14
    Amérique latine
    1960–730,020,090,050,020,13
    1996–20060,260,280,440,150,43
    Pays émergents
    d’Asie
    1960−73−0,040,080,05−0,070,16
    1996–20060,170,060,490,060,25
    Afrique
    1960–73–0,050,04–0,020,050,03
    1996–20060,110,030,160,050,16
    Source: calculs des services du FMI.

    Le tableau signale les moyennes régionales des coefficients de corrélation bilatérale avec les principales économies signalées. Les corrélations s’appuient sur les taux de croissance annuels. Le regroupement des pays par régions est aligné sur celui du chapitre 2.

    Source: calculs des services du FMI.

    Le tableau signale les moyennes régionales des coefficients de corrélation bilatérale avec les principales économies signalées. Les corrélations s’appuient sur les taux de croissance annuels. Le regroupement des pays par régions est aligné sur celui du chapitre 2.

    • Les comouvements des cycles économiques se sont effectivement intensifiés avec les nouveaux pôles durant la deuxième période. Le phénomène est particulièrement manifeste dans le cas de la Chine. L’intensification du comouvement avec les nouveaux pôles est remarquable dans les pays d’Amérique latine et dans les pays émergents d’Asie.

    • Dans les pays industrialisés, le comouvement avec les États-Unis et l’Allemagne s’est nettement accentué entre 1960–73 et 1996–2006, alors qu’avec le Japon il a diminué.

    • Dans les autres pays émergents et en développement, et notamment en Amérique latine, le comouvement avec les États-Unis et le Japon s’est intensifié.

    En utilisant les corrélations comme approximations brutes des effets de contagion transnationaux, les résultats font ressortir qu’une perturbation affectant la croissance en Chine pourrait aujourd’hui avoir des répercussions notables sur certains pays émergents ou en développement, mais les effets sur les pays industrialisés seraient beaucoup plus modérés.

    L’idée maîtresse qui se dégage est celle d’un comouvement croissant des cycles économiques, premièrement, entre pays industrialisés et, deuxièmement, entre la Chine et les pays émergents d’Amérique latine et d’Asie. En revanche, le comouvement des cycles économiques entre pays industrialisés et autres pays émergents et pays en développement s’est moins accentué.

    Quels sont les principaux facteurs qui déterminent les retombées que les perturbations au sein d’une grande économie peuvent avoir sur les cycles économiques internationaux et, en dernière analyse, sur la croissance mondiale? Il convient d’en citer trois, qui semblent particulièrement pertinents3. Premier facteur: le poids du PIB national. Il est important, tant par ses effets directs sur la croissance mondiale, que par ses effets indirects sur les autres pays. Pour un pourcentage donné de commerce extérieur, plus un pays importera et plus il aura d’effet sur la demande extérieure d’autres pays (il s’agit, en d’autres termes, des risques d’exportation) en pourcentage du PIB. À cet égard, la Chine a maintenant dépassé la plupart des principaux pays industrialisés, pour ce qui est de sa part du PIB mondial et des importations mondiales, alors que le poids économique de l’Inde reste relativement faible. De manière plus générale, la part totale des dix économies les plus importantes est restée relativement stable depuis le début des années 70, tant en pourcentage du PIB mondial qu’en termes d’importations mondiales4. De ce point de vue, la possibilité de voir d’autres grands pays prendre leur relais n’a donc pas changé sensiblement.

    Deuxième facteur: le degré d’intensité des liens commerciaux et financiers avec les autres pays. De nombreuses études empiriques montrent que le comouvement des cycles économiques tend à évoluer de pair avec les liens commerciaux et financiers5. Par exemple, le comouvement généralement plus élevé entre pays industrialisés s’explique en partie par les liens plus intenses qui existent entre eux, étant entendu que d’autres variables—dont la similitude du degré de développement ou du revenu par habitant—influent également. S’agissant des nouveaux pôles, les liens commerciaux de la Chine avec les autres pays émergents et les pays en développement se sont rapidement développés (voir deuxième tableau), notamment en Asie, mais ailleurs également, ce qui explique en partie l’intensification du comouvement du cycle économique signalée dans le premier tableau6. Comme leurs liens commerciaux avec les nouveaux pôles se sont développés, les autres pays émergents et les pays en développement entretiennent des relations relativement moins importantes avec les pays industrialisés, ce qui pourrait signifier que les pays émergents sont devenus relativement moins dépendants des pays avancés. Cependant, en pourcentage du PIB, la totalité du commerce des pays émergents et des pays en développement avec les pays industrialisés s’est accrue, ce qui explique en partie les plus fortes corrélations de production entre des deux groupes.

    Exportations des principales économies, par régions(Pourcentage du total des exportations; moyennes par régions)
    Exportations
    États-UnisAllemagneJaponIndeChine
    Exportations
    provenant de
    Tous les pays1
    197317,57,46,10,50,8
    200616,05,33,82,36,0
    Pays industrialisés
    197312,511,64,30,30,5
    200611,912,62,90,82,9
    Amérique latine
    197337,87,44,00,10,3
    200627,61,71,60,42,6
    Pays émergents d’Asie
    197315,13,515,00,71,3
    200611,94,16,95,98,6
    Afrique
    197311,17,13,50,61,1
    200610,33,42,73,38,7
    Sources: FMI, Direction of Trade Statistics; calculs des services du FMI.

    90 pays.

    Sources: FMI, Direction of Trade Statistics; calculs des services du FMI.

    90 pays.

    L’intensité des liens financiers entre pays émergents ou en développement et entre eux et les pays industrialisés, reste nettement moins forte que celle qui caractérise les liens entre pays industrialisés, ce qui contribue à expliquer pourquoi, en moyenne, le comouvement des cycles économiques entre pays avancés dépasse toujours les corrélations des autres paires (voir premier tableau). Cependant, les pays émergents ont fait face aux mêmes fluctuations dans les conditions générales de financement extérieur. En effet, la contagion financière et les crises financières qui s’en sont suivies à la fin des années 90 pourraient être l’une des explications de l’intensification du comouvement des cycles économiques entre pays émergents7.

    Troisième facteur: la nature des perturbations. L’effet de contagion des perturbations tendra à être limité si celles-ci sont spécifiques au pays ou si elles sont principalement transmises par les circuits commerciaux.

    • S’agissant de la portée des perturbations, les épisodes passés de perte de croissance simultanée dans plusieurs pays étaient marqués par des phénomènes qui étaient d’une portée véritablement mondiale (par exemple une variation soudaine des cours du pétrole) ou étaient corrélés dans plusieurs pays (par exemple les politiques de désinflation au début des années 80)8.

    • L’effet limité des perturbations transmises par les circuits commerciaux tient principalement au fait que—hormis pour les pays appartenant à une même région—les effets sur la demande extérieure sont généralement modestes au regard de la demande globale. En revanche, la contagion tend à être plus forte si les prix des actifs ou le climat de confiance entrent en ligne de compte. À cet égard, vu le rôle dominant que les États-Unis continuent de jouer sur les marchés financiers mondiaux, la contagion des chocs financiers sur les places américaines continue d’être une source de préoccupation9.

    Au vu de ce qui précède, le découplage général du Japon par rapport aux autres pays industrialisés à la fin des années 90 n’est pas surprenant en ce sens que l’évolution de l’économie japonaise à l’époque tenait à des facteurs nationaux spécifiques—ajustement prolongé après une succession de poussées et de replis des prix des actifs—qui n’ont eu apparemment que de faibles répercussions sur les marchés financiers mondiaux10. Dans le même ordre d’idées, comme le ralentissement que connaît aujourd’hui l’économie américaine est imputable à des facteurs sectoriels spécifiques—surtout le secteur immobilier, mais également celui des industries de transformation—, qui ont eu un impact limité sur les marchés des actifs en général jusqu’à une période très récente, l’effet de contagion sur la croissance dans les autres pays en dehors de la région a pour l’instant été globalement faible.

    Les perturbations jusqu’à présent à l’œuvre dans les principales économies semblent avoir eu une incidence limitée sur la croissance mondiale, ce qui peut s’expliquer par plusieurs facteurs, dont la nature du ralentissement de l’économie américaine. Les nouveaux pôles d’activité ont, eux aussi, vraisemblablement exercé une influence, principalement sous l’effet direct de leur taux de croissance élevé et de l’impact sur les cours des matières premières (lequel a profité à de nombreux pays émergents ou en développement), sans oublier l’effet sur la croissance dans les pays émergents d’Asie et d’Amérique latine. Cependant, comme les marchés financiers de la planète subissent le contrecoup des difficultés qui touchent le marché des crédits immobiliers à surprime aux États-Unis, un ralentissement plus généralisé de la croissance mondiale n’est pas à exclure.

    Note: Thomas Helbling est le principal auteur du présent encadré.1 L’encadré s’inspire du chapitre 4 de l’édition d’avril 2007 des Perspectives de l’économie mondiale.2 Voir encadré 4.3 de l’édition d’avril 2007 des Perspectives de l’économie mondiale sur l’évaluation de la synchronisation des cycles économiques au plan international. La comparaison entre les années 60 et des périodes plus récentes s’inspire de Kose, Otrok, and Whiteman (2005).3 Voir Canova and Dellas (1993) et Baxter and King (1999).4 Bien que la composition du groupe soit restée relativement inchangée, les tailles relatives au sein du groupe ont beaucoup évolué. La part de la Chine et de l’Inde ayant augmenté, et celle des principaux pays industrialisés diminué.5 Voir, notamment, Frankel and Rose (1998); Imbs (2004, 2006); et Baxter and Kouparitsas (2005).6 Voir Moneta and Rüffer (2006).7 Voir également Kose, Otrok, and Prasad (2007).8 Voir l’édition d’avril 2007 des Perspectives de l’économie mondiale.9 Voir, notamment, Bayoumi and Swiston (2007); et Ehrmann, Fratzscher, and Rigobon (2005).10 Voir, par exemple, Helbling et Bayoumi (2003); et Stock and Watson (2005).

  • La qualité des politiques macroéconomiques. Elle peut être notamment évaluée à partir d’un indice qui permet d’apprécier la capacité du cadre monétaire à maintenir un faible niveau d’inflation (l’encadré 5.2 examine dans quelle mesure l’amélioration des politiques monétaires et l’assouplissement des marchés ont lissé le cycle économique aux États-Unis)22. En outre, une politique budgétaire plus stable peut contribuer à amortir—ou en tout cas à ne pas amplifier—les fluctuations de la production. Aussi l’analyse se concentre-t-elle sur la volatilité des dépenses publiques corrigée des variations cycliques23. Comme signalé plus haut, par le passé les vulnérabilités extérieures ont également mis fin de façon prématurée à des phases d’expansion. C’est pourquoi l’analyse se penche aussi sur l’impact des déficits courants de grande ampleur (c’est-à-dire dépassant 5 % du PIB).

  • Les attributs structurels. Une infrastructure financière bien développée (mesurée à partir du ratio crédit au secteur privé/PIB) peut, par exemple, contribuer à mieux lisser la consommation et l’investissement24. Parmi les autres facteurs structurels qui ont sans doute également permis de lisser les fluctuations et réduit les goulets d’étranglement inflationnistes, on citera l’évolution de la part des différents secteurs dans la production, l’amélioration des techniques de gestion des stocks grâce aux percées des technologies de l’information, l’assouplissement des marchés de la main-d’œuvre et des produits et l’ouverture générale au commerce extérieur25. Plusieurs de ces facteurs ne réduisent pas simplement la sensibilité aux chocs de l’offre ou de la demande, sinon qu’ils augmentent également les taux de croissance tendanciels de la productivité, ce qui réduit aussi le risque de fléchissement de la production.

  • Les chocs de l’offre, y compris notamment les perturbations de l’approvisionnement en pétrole. Il est généralement admis qu’ils ont joué un rôle prépondérant dans les cycles économiques passés26. Ils sont représentés ici par la volatilité des termes de l’échange. Comme le montre le graphique 5.9, l’effet conjugué d’une conjoncture difficile et des carences de la politique monétaire contribue à expliquer les mauvais résultats d’inflation durant les années 70 (voir encadré 5.2). Cependant, la politique monétaire s’est sensiblement améliorée dans les pays avancés à partir des années 80, et plus récemment dans les pays émergents et dans les pays en développement. En outre, à partir des années 80 la politique budgétaire est devenue moins volatile dans la plupart des pays avancés, la qualité globale des dispositifs institutionnels s’est améliorée dans la plupart des pays émergents et en développement et la volatilité des termes de l’échange s’est considérablement atténuée dans les pays avancés et les pays en développement. Au regard de toutes ces variables, les pays avancés ont enregistré des résultats plus favorables que les pays émergents ou les pays en développement.

    Graphique 5.9.Déterminants des différences dans les attributs des cycles conjoncturels1

    (Moyennes pondérées)

    La politique monétaire s’est sensiblement améliorée dans les pays avancés après les années 70, et plus récemment dans les pays émergents et dans les pays en développement. En outre, à partir des années 80 la politique budgétaire est devenue moins volatile dans la plupart des pays avancés, la qualité globale des dispositifs institutionnels s’est améliorée dans la plupart des pays émergents et en développement et la volatilité des termes de l’échange s’est considérablement atténuée dans les pays avancés et les pays en développement. Au regard de toutes ces variables, les pays avancés ont enregistré des résultats plus favorables que les pays émergents ou les pays en développement.

    Sources: Heston, Summers, and Aten (2006); Marshall, Jaggers, and Gurr (2004); Banque mondiale, base de données des Indicateurs du développement dans le monde (2007); calculs des services du FMI.

    1 Voir appendice 5.1 pour plus de détails sur les groupes de pays.

    2 Mesuré à partir de la variable «contraintes sur l’exécutif» du corpus de données Polity IV de Marshall, Jaggers, and Gurr.

    3 Défini comme [–0.005 * (inflation – 2 %)2].

    4 Définie comme l’écart-type décennal glissant de la consommation publique ajustée des variations cycliques en pourcentage du PIB.

    5 Définie comme l’écart-type décennal glissant de la variation annuelle en pourcentage des termes de l’échange.

Les analyses transversales (tableau 5.1) et les régressions de panel et probit (tableau 5.2) produisent globalement les résultats suivants27:

Tableau 5.1.Régressions transversales
Volatilité de la productionPerte de productionDurée des expansionsDurée des récessions
Institutions–0,18*–0,020,19–1,08*
Développement financier1–1,99*–0,18*0,39**–3,30**
Qualité de la poli. mon.0,07–0,703,33*–18,27**
Volatilité de la poli. bud.0,58*0,30**–0,720,58
Déficit du compte courant0,39–0,03–1,49***12,24***
R20,490,500,490,65
Source: calculs des services du FMI.Note: Nombre de pays = 78. L’échantillon couvre la période 1970–2005. Les coefficients statistiquement significatifs sont en caractères gras; *, ** et *** dénotent une signification aux niveaux de 10, 5 et 1%, respectivement.

Pour tenir compte des non-linéarités, les régressions emploient le niveau et le carré du développement financier; le coefficient conjoint présenté correspond à la valeur marginale, évaluée à la moyenne de l’échantillon.

Source: calculs des services du FMI.Note: Nombre de pays = 78. L’échantillon couvre la période 1970–2005. Les coefficients statistiquement significatifs sont en caractères gras; *, ** et *** dénotent une signification aux niveaux de 10, 5 et 1%, respectivement.

Pour tenir compte des non-linéarités, les régressions emploient le niveau et le carré du développement financier; le coefficient conjoint présenté correspond à la valeur marginale, évaluée à la moyenne de l’échantillon.

Tableau 5.2.Régressions de panel et probit
Volatilité de la productionProbabilité d’expansion
Institutions–0,07–0,00
Développement financier10,22–0,11
Qualité de la poli. mon.–2,39***0,22***
Qualité de la poli. mon.0,61*–0,04**
Déficit du compte courant–0,170,01
Ouverture commerce ext.–0,610,11***
Volatilité des termes de l’échange0,05–0,00
R20,270,08
Nombre de pays7878
Nombre d’observations2991,824
Source: calculs des services du FMI.Note: Les résultats relatifs à la «volatilité de la production» s’appuient sur une régression de plan à effets fixes, estimée à partir des moyennes décennales sur la période 1960-2005. Les résultats relatifs à la «probabilité de se trouver en expansion» s’appuient sur une régression probit, estimée à partir de données annuelles sur la période 1960–2005. Les coefficients statistiquement significatifs sont en caractères gras; *, ** et *** dénotent une signification aux niveaux de 10, 5 et 1%, respectivement. Les autres variables de contrôle comprennent la flexibilité des taux de change et la part de l’agriculture dans le PIB.

Pour tenir compte des non-linéarités, les régressions emploient le niveau et le carré du développement financier; le coefficient conjoint présenté correspond à la valeur marginale, évaluée à la moyenne de l’échantillon.

Source: calculs des services du FMI.Note: Les résultats relatifs à la «volatilité de la production» s’appuient sur une régression de plan à effets fixes, estimée à partir des moyennes décennales sur la période 1960-2005. Les résultats relatifs à la «probabilité de se trouver en expansion» s’appuient sur une régression probit, estimée à partir de données annuelles sur la période 1960–2005. Les coefficients statistiquement significatifs sont en caractères gras; *, ** et *** dénotent une signification aux niveaux de 10, 5 et 1%, respectivement. Les autres variables de contrôle comprennent la flexibilité des taux de change et la part de l’agriculture dans le PIB.

Pour tenir compte des non-linéarités, les régressions emploient le niveau et le carré du développement financier; le coefficient conjoint présenté correspond à la valeur marginale, évaluée à la moyenne de l’échantillon.

  • Une qualité du dispositif institutionnel supérieure va de pair avec une moindre volatilité et une durée plus courte des récessions. Cet effet est statistiquement significatif dans l’analyse transversale.

  • Le développement des circuits financiers atténue sensiblement tous les aspects de la volatilité du cycle économique dans l’analyse transversale. Cependant, les faits montrent clairement que cet impact diminue une fois qu’un pays a atteint un certain niveau de développement financier. L’influence de cette variable—comme celui de la qualité du dispositif institutionnel—est plus difficile à appréhender dans les régressions de panel car elle évolue de façon relativement lente.

  • L’impact de la qualité de la politique monétaire et budgétaire est parfois difficile à discerner. Cela étant, l’analyse transversale fait apparaître qu’une meilleure politique monétaire va de pair avec des périodes d’expansion plus longues, tandis que la volatilité de la politique budgétaire est liée à la volatilité de la production. Les régressions de panel mettent en évidence un lien entre la mise en œuvre de meilleures politiques monétaire et budgétaire et une diminution des fluctuations de la production. Ce lien existe également avec une plus grande probabilité d’expansion.

  • Certains résultats font apparaître que l’existence de gros déficits extérieurs peut mettre fin aux expansions de façon prématurée (analyse transversale), et que les périodes de plus faible volatilité des termes de l’échange tendent à produire une plus faible volatilité de la production (régressions de panel).

Il ressort des résultats que les politiques monétaire et budgétaire plus stables expliquent dans une grande mesure la volatilité plus faible et les expansions plus durables des pays avancés, par rapport aux pays émergents ou en développement (graphique 5.10). Pour le reste, la différence est principalement attribuable à la meilleure qualité des institutions des pays avancés. La moindre volatilité de leurs termes de l’échange influe également. De même, dans les pays avancés, une politique monétaire meilleure, une politique budgétaire plus stable et une plus grande ouverture sur le commerce extérieur sont autant de facteurs qui contribuent à accroître la probabilité de nourrir et d’entretenir une expansion, par rapport à ce qu’il en est dans les pays émergents ou en développement (graphique 5.10).

Graphique 5.10.Contribution aux différences de résultats

(Variable dépendante et différence totale en points de pourcentage en abscisse, et pourcentage de différence totale en ordonnée, sauf indication contraire).

Les politiques monétaires et budgétaires plus stables expliquent dans une grande mesure la volatilité plus faible et les expansions plus durables des pays avancés, par rapport aux pays émergents ou en développement. Pour le reste, la différence est principalement attribuable à la meilleure qualité des institutions des pays avancés. Une politique monétaire meilleure et une moindre volatilité des termes de l’échange contribuent pour beaucoup à la diminution de la volatilité dans le temps.

Sources: Beck, Demirgüç-Kunt, and Levine (2007); Heston, Summers, and Aten (2006); Maddison (2007); Marshall, Jaggers, and Gurr (2004); Reinhart and Rogoff (2004); Wacziarg and Welch (2003); Banque mondiale, base de donn ées des Indicateurs du développement dans le monde (2007); calculs des services du FMI (voir appendice 5.1 pour plus de détails).

1 Valeurs initiales pour les régressions transversales et de panel.

2 Voir tableaux 5.1 et 5.2 pour la liste des autres variables.

3 L’abscisse indique la probabilité d’une expansion en points de pourcentage.

Les résultats permettent également d’expliquer la forte diminution de la volatilité moyenne depuis les années 70, tant au niveau mondial que dans les pays avancés d’une part et dans les pays en développement d’autre part. Les améliorations des politiques monétaires expliquent pour beaucoup la réduction de la volatilité dans le temps (graphique 5.10). Parmi les autres raisons, l’amélioration des politiques budgétaires influe fortement (dans les pays avancés), de même que la libéralisation des échanges et les améliorations institutionnelles (dans les pays émergents et les pays en développement). La diminution de la volatilité des termes de l’échange, par rapport à ce qui était observé durant les années 70 a certainement un rôle à jouer, encore qu’il ne soit pas dominant. Ceci est conforme aux résultats énoncés à l’encadré 5.2 selon lesquels les erreurs de politique économique ont fortement contribué à la volatilité constatée durant les années 7028.

Conclusions

L’expansion que connaît aujourd’hui l’économie mondiale se démarque clairement de l’expérience des trois dernières décennies, mais elle n’est pas sans précédent. Durant ces dernières années, la croissance de la production a été beaucoup plus rapide qu’elle ne l’avait été depuis les chocs pétroliers des années 70. Cependant, par rapport aux années 60, ni la vigueur ni la longueur de l’expansion semblent exceptionnelles. Cela étant, cette croissance est beaucoup plus généralisée à l’échelle internationale que par le passé, et la volatilité de la plupart des pays et régions est sensiblement plus faible que durant les années 60.

Les pays avancés en particulier connaissent de meilleurs résultats depuis les années 70, et en règle générale leurs expansions ont été durables. La stabilisation de la production dans les pays émergents ou en développement a été plus modeste et graduelle; certaines régions ont d’ailleurs traversé des crises prononcées, parfois récurrentes. L’intensification des échanges commerciaux et de l’intégration financière a eu pour effet d’accroître la covariance de la croissance dans les différents pays et donc la volatilité de la production à l’échelle mondiale n’est que légèrement inférieure à celle des années 60.

Encadré 5.2.L’amélioration des résultats macroéconomiques: coup de chance ou coup de maître?

Comme le signale le corps du chapitre, la volatilité de la production a considérablement diminué dans les principales économies durant ces dernières années. Dans quelle mesure ce phénomène—dans le cas particulier des États-Unis—est-il attribuable à une meilleure politique monétaire, à des changements structurels de l’économie ou à la diminution des chocs (autrement dit, à la «chance»)? Le présent encadré tente de répondre à cette question en s’appuyant sur un modèle structurel de l’économie américaine capable de définir statistiquement les changements structurels et les chocs macroéconomiques et de simuler les politiques monétaires contrefactuelles qui auraient été mieux à même de stabiliser l’économie que les politiques effectivement mises en œuvre. Il s’efforce par ailleurs de fournir des éléments de réponse à la question importante de savoir si la volatilité a des chances de rester faible à l’avenir.

Il ressort principalement de l’analyse que les améliorations durables de la politique monétaire ont contribué pour un tiers à la diminution de la volatilité de la production et de l’inflation aux États-Unis depuis la période qui a précédé 1984. Ce résultat va à l’encontre de l’étude de Stock et Watson (2003) selon laquelle la politique monétaire n’a pas contribué de manière notable à atténuer la variabilité de la production.

Inflation et volatilité de la production aux États-Unis: données et résultats issus du modèle

(Pourcentages)

Sources: Haver Analytics; calculs des services du FMI.

La conduite de la politique monétaire s’est nettement améliorée

Le graphique retrace la volatilité effective de l’inflation et de la production corrigée de sa tendance aux États-Unis entre 1966–83 (point A) et 1984–2006 (point B)1. Cette expérience peut être comparée à ce qui aurait pu se produire, selon les estimations modélisées, si l’on avait suivi une règle optimale de politique monétaire, ce a quoi correspondent les frontières d’efficience EF1 et EF22. De manière plus précise, EF1 traduit les meilleures combinaisons possibles de volatilité de l’inflation et de la production que la Réserve fédérale aurait pu assurer sur la période 1966–83 si elle avait appliqué une règle de politique monétaire consistant à ajuster suffisamment les taux d’intérêt pour stabiliser l’inflation et la production. Il importe de noter que cette frontière modélisée présente une pente descendante, qui traduit les compromis entre volatilité de l’inflation et volatilité de la production. Ce choix tient au fait que lorsque l’économie subit, par exemple, un choc des cours du pétrole, la Réserve fédérale doit soit durcir la politique monétaire pour maintenir l’inflation dans une fourchette étroite, tout en tolérant un repli de la production, soit tolérer un niveau plus élevé d’inflation afin de mieux stabiliser la production. Dans le même ordre d’idées, EF2 représente les meilleures combinaisons possibles de volatilité de l’inflation et de la production que la Réserve fédérale aurait pu assurer sur la période 1984–2006. Par rapport à EF1, la courbe est considérablement décalée (ce qui s’explique principalement par des chocs plus faibles, comme nous l’examinons plus loin).

Il est important de noter que, selon le modèle, il existe une différence considérable entre les résultats effectifs au point A et ce qui aurait pu être réalisé sur la période 1966–83, à savoir ce que signalent les points sur la courbe EF1. Cela signifie que durant cette période la mise en œuvre d’une politique monétaire suboptimale a fortement contribué à accroître l’inflation et la volatilité de la production. En revanche entre 1984 et 2006, la politique monétaire des États-Unis a gagné en crédibilité, faisant preuve de plus de volontarisme dans l’ajustement du taux directeur compte tenu des pressions inflationnistes sousjacentes3. Cette politique a donné les résultats plus proches de la frontière d’efficience.

Le graphique rend compte du rôle de divers facteurs, dont la politique monétaire, dans la réduction de la volatilité de la production et de l’inflation. La contribution de la politique monétaire à l’amélioration de la situation économique aux États-Unis se calcule à partir de la formule (ABCD)/AB, où AB représente la diminution totale de volatilité entre 1966–83 et 1984–2006, et CD la part de cette variation n’ayant pas de rapport avec la politique monétaire. D’après ces calculs, environ un tiers de la diminution de la volatilité de la production est attribuable à une amélioration de la politique monétaire.

Rôle des changements structurels et des chocs

Le déplacement vers l’intérieur de la frontière d’efficience depuis 1984 s’explique par l’effet conjugué de la transformation des attributs structurels de l’économie et de chocs plus atténués. À titre d’illustration, le graphique montre deux frontières pour la période 1966–83, produites par le modèle à partir de deux séries d’hypothèses différentes. Premièrement, les estimations de paramètres structurels de l’économie antérieures à 1984 sont remplacées par les estimations postérieures à 1984. À l’évidence, la transformation des attributs structurels de l’économie ne peut expliquer que pour une faible part le déplacement vers l’intérieur de la frontière d’efficience. Deuxièmement, le modèle antérieur à 1984 est modifié à partir des valeurs postérieures à 1984 tant pour les paramètres structurels que pour la distribution des chocs de l’offre (par exemple chocs de productivité ou flambée des cours du pétrole). Comme l’on pouvait s’y attendre, la frontière EF1 s’oriente principalement vers le bas car à court terme les chocs de l’offre ont une incidence plus forte sur l’inflation que sur la production. La différence entre cette frontière et EF2 de l’après 1984 s’explique par la contribution des chocs de la demande (par exemple chocs moins intenses sur la consommation privée et la demande d’investissements ou plus grande stabilité dans la conduite de la politique budgétaire). L’influence des facteurs liés à la demande sur la réduction de la volatilité de la production depuis 1984 est plus importante que celle des chocs de l’offre. Ce constat est conforme à l’interprétation classique des cycles conjoncturels comme étant principalement tributaires de la demande4.

Conclusions

À l’évidence, la politique monétaire a amélioré la situation de l’économie en la maintenant plus proche de la frontière d’efficience; or, il est peu probable que cet acquis disparaisse. En revanche, il est moins certain que la frontière elle-même ne bouge pas, ou autrement dit que les chocs de l’offre et de la demande continuent d’être faibles. Comme l’examine le chapitre 1, l’économie mondiale doit faire face à un certain nombre de risques considérables qui pourraient intensifier la volatilité à l’avenir.

Note: Les principaux auteurs de cet encadré sont Michael Kumhof et Douglas Laxton. Ils ont bénéficié du concours de Susanna Mursula.1 La volatilité de l’écart de production et de l’inflation est définie dans le présent encadré comme l’écart-type de l’écart de production et de la variation en glissement annuel de l’IPC, respectivement. Toutes les estimations reposent sur des données trimestrielles.2 Les frontières d’efficience sont construites en deux temps. Premièrement, un modèle monétaire structurel de l’économie américaine permet d’estimer la distribution d’un ensemble de huit chocs macroéconomiques sur la période 1966–83 (EF1) ou 1984–2006 (EF2); le modèle est décrit dans Juillard et al. (2006). Deuxièmement, les coefficients estimés de la fonction de réaction aux taux d’intérêt du modèle sont remplacés par des coefficients optimaux qui ramènent à son niveau le plus bas une somme pondérée d’écarts-types de l’inflation et de la production; la forme fonctionnelle de cette règle de politique monétaire est tirée d’Orphanides (2003a). Cette procédure est répétée pour diverses pondérations relatives d’inflation et de production, et dans chaque cas les écarts-types obtenus sont enregistrés comme un point sur la frontière d’efficience.3 Voir Laxton and N’Diaye (2002) pour des données empiriques sur le rôle qu’a eu la crédibilité de la politique monétaire pour mettre fin à la persistance du processus d’inflation dans les pays de l’OCDE.4 Voir Juillard, et al. (2006) et les références citées.

Les résultats de la présente analyse font apparaître que la stabilité croissante des économies et la durée plus longue des phases d’expansion qui l’accompagne s’expliquent dans une grande mesure par des facteurs qui seront vraisemblablement persistants. Concrètement, la meilleure conduite des politiques monétaire et budgétaire et l’amélioration de la qualité des dispositifs institutionnels sont intimement liées à la diminution des fluctuations de la production, tant dans le temps que dans l’espace. La moindre volatilité des termes de l’échange a joué un rôle, encore qu’il n’ait pas été prédominant.

Il ne faut cependant pas surestimer les perspectives de stabilité future. Le processus de mondialisation continue de présenter de nouveaux défis, comme le montrent les difficultés à gérer la volatilité des flux de capitaux, l’exposition croissante des investisseurs au comportement des marchés financiers internationaux, et les incertitudes liées aux grands déséquilibres courants au plan mondial. Le récent retour des taux d’intérêt à des niveaux plus neutres dans la plupart des pays avancés, les corrections des prix des actifs dans certains pays, et la montée des primes de risque et le resserrement du crédit peuvent également mettre à rude épreuve l’expansion actuelle. À l’évidence, il ne convient pas de surestimer la capacité du dispositif actuel à assurer la stabilité indéfiniment. Si le cycle économique évolue dans le bon sens, il ne faut cependant pas oublier qu’il n’a pas disparu en tant que tel.

Appendice 5.1. Données et méthodologie

Les principaux auteurs du présent appendice sont Martin Sommer et Nicola Spatafora. Ils ont bénéficié du concours d’Angela Espiritu et Allen Stack. Massimiliano Marcellino leur a apporté son soutien en qualité de consultant.

Les expansions sont définies comme des périodes de croissance non négative du PIB réel par habitant. Par analogie, les récessions sont définies comme des périodes de croissance négative. Pour l’essentiel l’analyse dont il est ici rendu compte s’appuie donc sur le concept des cycles conjoncturels «classiques», tels que les examinent, par exemple, Artis, Marcellino, and Proietti (2004) et Harding and Pagan (2001)29. Les expansions se définissent à partir de données annuelles et par habitant afin de pouvoir effectuer des comparaisons générales dans l’espace et dans le temps. Les expansions qui s’appuieraient sur des données trimestrielles risqueraient d’être plus courtes pour beaucoup de pays. Dans le cas des États-Unis, les récessions qui ont été relevées correspondent grosso modo à celles qui ont été signalées par le National Bureau of Economic Research, exception faite de celle de 1960, laquelle ne peut pas être établie à partir de données annuelles.

Décompositions de la volatilité

Pour décomposer la volatilité, la croissance du PIB au moment t, yt, est tout d’abord exprimée comme la somme des contributions à la croissance par régions ou composantes de dépenses, Cont:

n = 4 dans le cas de la décomposition de la volatilité mondiale par composantes de dépenses et n = 7 dans les cas de la décomposition de la croissance mondiale par régions et de la décomposition de la volatilité de la production américaine par composantes de dépenses. Les contributions à la croissance mondiale sont calculées à partir des sources de données décrites ci-après. Pour les États-Unis, elles sont directement communiquées par le Bureau of Economic Analysis. Pour simplifier l’analyse, les décompositions de la volatilité ne sont pas calculées par habitant, cela étant, les volatilités de la croissance globale et par habitant tendent à se rejoindre dans la plupart des pays.

Les décompositions de la volatilité dans la partie supérieure des graphiques 5.5, 5.6 et 5.7 sont calculées à partir de la formule standard suivante:

var et cov désignent les opérateurs de variance et de covariance, respectivement. Les décompositions de volatilité sont calculées sur quatre périodes (1960–73, 1974–82, 1983–95 et 1996–2006), les années 1973 et 1983 représentant globalement les principaux points de rupture de la volatilité de la croissance mondiale depuis 1960. Par manque de données, la volatilité mondiale n’a pas été calculée pour les années 50. L’année 1996 a été retenue comme autre point de rupture afin de faciliter l’analyse de la volatilité durant la dernière décennie (dans les pays avancés, la durée du cycle type s’est étendue à près de dix ans durant les années 80 et 90).

La variation de la volatilité entre la période B et la période A se décompose comme suit:

std et corr sont les opérateurs d’écart-type et de corrélation, respectivement. La première expression de l’équation désigne la variation de la volatilité des composantes de dépenses ou régions et correspond à la «variance régions» et à la «variance composantes» des deuxième et troisième panneaux des graphiques 5.5, 5.6 et 5.7. Les deuxième et troisième expressions de l’équation désignent la «contribution de la covariance» dans les graphiques. De manière plus précise, la deuxième expression est la contribution de la covariance à la diminution de la volatilité de la production du fait des écarts-types plus faibles des contributions à la croissance (ces écarts-types sont saisis par paires et ils ne peuvent donc pas être attribués à une région ou composante de dépenses particulière). La troisième expression est la contribution de la covariance à la variation de la volatilité de la production qui résulte de la variation de la corrélation des contributions à la croissance entre régions et composantes de dépenses. La contribution de la covariance se répartit entre ces deux expressions car les variations de la volatilité des composantes ne sont pas nécessairement du même signe que les variations de la corrélation entre composantes—voir, par exemple, les deuxième et troisième panneaux du graphique 5.5—ce qui a des conséquences intéressantes au plan économique, comme le signale la partie principale du chapitre.

Au graphique 5.8Volatilité des pays à croissance rapide»), le début de la période de croissance rapide est défini comme suit: on signale tout d’abord la première année pour laquelle la moyenne quinquennale mobile de la croissance du PIB réel 1) dépasse 5 % et 2) se maintient au-dessus de 5 % pendant au moins deux ans. Ensuite, on situe le début du décollage dans le créneau de cinq ans qui précède cette année.

Analyse économétrique

L’analyse économétrique (tableaux 5.1 et 5.2) tient compte des variables dépendantes suivantes:

  • Volatilité de la production. Définie comme l’écart-type de la croissance du PIB par habitant corrigée de sa tendance. La correction s’effectue au moyen du filtre Hodrick-Prescott (HP).

  • Part de la production perdue dans les phases de récession et de ralentissement. Définie comme la somme cumulée de toutes les productions inférieures à la tendance, divisée par la somme cumulée de toutes les productions. Là aussi la correction de tendance se fait à partir d’un filtre HP.

  • Durée moyenne des expansions; durée relative des récessions; question de savoir si un pays est en expansion à une année donnée. Les définitions des expansions et des récessions sont données au début de l’appendice.

Les variables explicatives qui entrent dans l’analyse comprennent les suivantes:

  • Institutions au sens large. Elles sont mesurées à partir de la variable des «contraintes sur l’exécutif» du dispositif de données Polity IV de Marshall, Jaggers and Gurr (2004)30. Cette variable est appliquée en utilisant des valeurs initiales spécifiques à un pays et à une période. La variable se situe dans une échelle présentant sept catégories, les valeurs supérieures correspondant à un plus grand équilibre des pouvoirs. Un score de 1 signifie que le pouvoir exécutif ne subit aucune contrainte dans la prise de décision; un score de 7 correspond au niveau le plus élevé de responsabilisation envers une autre instance détenant un pouvoir au moins égal, comme par exemple un parlement.

  • Développement financier. Mesuré à partir du ratio du crédit accordé par les banques et les autres institutions financières au secteur privé, par rapport au PIB. Les données proviennent de la base de données sur la structure et le développement financiers de Beck, Demirgüç-Kunt and Levine (2007)31. Pour tenir compte des non-linéarités, les régressions utilisent à la fois le niveau et le carré de cette variable; le coefficient conjoint représente la valeur marginale, évaluée à la moyenne de l’échantillon.

  • Qualité de la politique monétaire. L’indice est défini comme exp [−0,005 * (inflation − 2%)2]. Cette mesure de la stabilité des prix se détériore rapidement dès que l’inflation dépasse 10 %. Par exemple l’indice est de 1 lorsque l’inflation est de 2 %, approximativement de ¾ lorsque l’inflation est de 10 %, et de 0,2 lorsque l’inflation est de 20 %. L’indice ne réagit que faiblement aux fluctuations à court terme de l’inflation, comme celles qui découlent des variations des cours du pétrole, tant que le niveau d’inflation initiale est faible. Cette variable est certes manifestement influencée par des facteurs autres que la qualité de la politique monétaire, mais elle n’en est pas moins corrélée à d’autres facteurs représentatifs de la qualité du dispositif institutionnel à la base de la politique monétaire, au sein de l’échantillon plus limité pour lequel l’on dispose d’informations en la matière32.

  • Volatilité de la politique budgétaire. Mesurée à partir de l’écart-type glissant sur 10 ans des dépenses publiques corrigées des variations conjoncturelles par rapport au PIB, en utilisant la procédure d’estimation à variable instrumentale applicable à chaque pays et présentée dans Fatás and Mihov (2003)33. Les données sur les dépenses publiques proviennent de la base de données des Indicateurs du développement dans le monde de la Banque mondiale (2007)34, lorsqu’ils sont disponibles, ou bien de la base de données des Perspectives de l’économie mondiale du FMI.

  • Déficit important du solde des transactions courantes. Cet indicateur est égal à 1 lorsque le déficit courant dépasse 5 % du PIB et à 0 dans les autres cas. Les données proviennent de la base de données des Perspectives de l’économie mondiale du FMI, lorsqu’elles sont disponibles, ou bien de la base de données des Indicateurs du développement dans le monde de la Banque mondiale (2007).

  • Ouverture sur le commerce extérieur. L’indice de Wacziarg et Welch (2003) repose sur la moyenne des taux tarifaires, la moyenne des barrières non tarifaires, la prime moyenne de change sur le marché parallèle, l’existence de conseils de commercialisation des exportations et la présence d’un système économique socialiste. La variable est égale à zéro avant la libéralisation, et à 1 à partir du début de la libéralisation35.

  • Souplesse du taux de change. Mesuré à partir de l’indice brut de souplesse de fait du taux de change de Reinhart-Rogoff, ramené à trois valeurs (1 correspond à un régime fixe ou de rattachement à une monnaie, 2 correspond à un régime intermédiaire et 3 à un régime de flottement libre). La classification de Reinhart-Rogoff tient compte de l’existence, au sein de certaines économies, de taux doubles ou de marchés parallèles, et elle s’appuie sur la volatilité des taux de change déterminés par le marché pour classer statistiquement le régime de change36.

  • Part de l’agriculture dans le PIB. Les données proviennent de la base de données sur les Indicateurs du développement dans le monde de la Banque mondiale (2007).

Toutes les régressions transversales sont estimées à partir de valeurs moyennes sur la période 1970–200337. Les régressions de panel sont estimées en utilisant toutes les observations disponibles correspondant aux moyennes sur la décennie, à partir de 1960, en utilisant des effets fixes. Les régressions probit sont estimées à partir de données annuelles depuis 1960.

Les résultats présentés dans le graphique 5.10 ont été calculés comme suit. Premièrement, chaque régression est estimée à partir de la totalité de l’échantillon. Ensuite, l’échantillon est subdivisé en pays avancés et en pays émergents ou en développement, et les valeurs moyennes des variables dépendantes et explicatives sont calculées pour chaque sous-groupe. Pour chacune des variables explicatives, la différence de valeur moyenne dans les sous-groupes est multipliée par le coefficient pertinent (estimé en utilisant l’ensemble de l’échantillon). L’on obtient ainsi la contribution de la variable explicative pertinente à la différence (moyenne) de la variable dépendante entre pays avancés et autres pays. Enfin, cette procédure est répétée mais en subdivisant l’échantillon par décennie (et non plus entre pays avancés et autres pays). Cela donne la contribution de chaque variable explicative à la différence (moyenne) de la variable dépendante entre décennies.

Autres sources de données

  • PIB réel et ses composantes. Les données globales et par habitant proviennent 1) des Penn World Tables Version 6.2 de Heston, Summers, and Aten (2006)38; 2) de la base de données des Indicateurs du développement dans le monde de la Banque mondiale (2007); 3) de la base de données des Perspectives de l’économie mondiale du FMI; et 4) de Maddison (2007)39. Les données provenant de ces sources sont raccordées selon un ordre chronologique afin de produire les séries temporelles les plus longues possibles. Le gros des données provient toutefois des Penn World Tables, et les données pour 2007 sont basées sur les projections de la base de données des Perspectives de l’économie mondiale du FMI. Les données de Maddison ne sont disponibles que pour le PIB total et le PIB par habitant40. Compte tenu du débat qui existe sur l’exactitude des données antérieures à la Seconde Guerre mondiale (voir encadré 5.3), l’analyse de ces données se limite à la durée moyenne des expansions et des récessions pour un groupe de pays donné (graphiques 5.2 et 5.3).

  • Population en âge de travailler. Les données quinquennales interpolées sur la population en âge de travailler proviennent de la base de données des Perspectives démographiques mondiales: révision de 2004 des Nations Unies41. La population en âge de travailler est celle dont l’âge se situe entre 15 et 64 ans.

Pays couverts

Le chapitre couvre 133 pays avancés, émergents ou en développement. Ces pays se répartissent dans les groupes économiques et régionaux suivants (nombre de pays entre parenthèses):

  • Pays avancés (28): Japon et États-Unis, plus les pays suivants:

    • UE-15: Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni et Suède.

    • Nouvelles économies industrielles d’Asie (4): RAS de Hong Kong, Corée, Singapour et province chinoise de Taiwan.

    • Autres pays avancés (7): Australie, Canada, Islande, Israël, Norvège, Nouvelle-Zélande et Suisse.

  • Pays émergents et pays en développement (105): Chine et Inde, plus les pays suivants:

    • Afrique (49): Afrique du Sud, Algérie, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Comores, Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Kenya, Lesotho, Madagascar, Malawi, Mali, Maroc, Mauritanie, Maurice, Mozambique, Namibie, Niger, Nigéria, Ouganda, République Centrafricaine, -République du Congo, République démocratique du Congo, Rwanda, São Tomé-et-Príncipe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Soudan, Swaziland, Tanzanie, Tchad, Togo, Tunisie, Zambie et Zimbabwe.

      Encadré 5.3.Nouveaux indices de cycle conjoncturel pour l’Amérique latine: une reconstruction historique

      Les séries de données longues couvrant divers régimes de politique économique et dispositifs institutionnels successifs apportent des éclairages importants sur les causes de la volatilité des cycles conjoncturels. Cependant, pour la plupart des pays, en dehors de l’Amérique du Nord et de l’Europe occidentale, les études systématiques en la matière brillent par leur absence.

      Cet état de fait tient dans une grande mesure à ce que, dans le cas des pays en développement, les données historiques de PIB sont limitées ou manquent manifestement de fiabilité. Bien que les travaux de Maddison (1995, 2003) aient contribué à rendre plus accessibles aux macroéconomistes les données à long terme, des lacunes considérables subsistent dans les données fournies par lesdits travaux pour la période antérieure à la Seconde Guerre mondiale. Pour la plupart des pays en développement, ces données sont disponibles pour quelques rares années de référence ou alors elles ne sont établies qu’à partir de sources secondaires qui reposent uniquement sur quelques variables macroéconomiques, et bien souvent elles font appel à des méthodologies disparates pour construire les estimations de PIB. Comme nous le verrons plus loin, cette procédure peut induire en erreur.

      Le présent encadré résume une nouvelle méthodologie de reconstruction du PIB réel énoncée par Aiolfi, Catão et Timmerman (2006; désignés ci-après par le sigle ACT), et elle compare les estimations pour quatre pays d’Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili et Mexique) avec celles présentées par Maddison. Cette nouvelle méthodologie part de l’idée qu’une section transversale de variables économiques présente une structure de facteurs commune. Autrement dit, les fluctuations d’une variable économique (comme par exemple la production industrielle ou l’investissement) s’expliquent par la combinaison d’un facteur commun agissant sur toutes les variables économiques au sein d’une économie donnée (toutes les variables «sont portées par la même vague») et d’un facteur spécifique (à un secteur ou à une variable). Les techniques récentes de séries temporelles permettent de structurer de façon plus solide cette démarche factorielle classique et de récentes études s’en sont inspirées pour établir des prévisions. ACT estiment que ces modèles factoriels dynamiques se prêtent également à des «prévisions rétrospectives», notamment pour reconstruire des indices agrégés d’activité économique. Cette démarche exige notamment un large éventail de variables suffisamment hétérogènes et comprenant des séries présentant une étroite relation avec le comportement conjoncturel global. On pensera naturellement à l’investissement, aux recettes et dépenses publiques, à la production sectorielle, au commerce extérieur et à bon nombre de variables financières pour lesquelles l’on dispose de données anciennes. Cette méthodologie a cela d’avantageux qu’elle est relativement robuste aux erreurs de calcul des différentes variables—problème particulièrement grave dans les statistiques des pays en développement. Tant que ces erreurs de calcul sont principalement idiosyncrasiques, les estimations sont beaucoup moins sensibles à leurs effets que si l’on suivait une procédure classique consistant à ajouter les indices de production sectorielle pour arriver à un PIB agrégé dont chacun des indices constitutifs serait mesuré avec une erreur idiosyncrasique considérable.

      La méthodologie de prévisions rétrospectives d’ACT comprend trois étapes. Premièrement, toutes les séries sont corrigées de leurs tendances—procédure courante dans les estimations de modèles factoriels. Deuxièmement, il faut extraire les facteurs communs de l’éventail de séries stationnaires. Troisièmement, il faut projeter les facteurs extraits sur le PIB réel par une régression des moindres carrés ordinaires limitée à la période pour laquelle le PIB réel est jugé suffisamment fiable (en général, les années postérieures à la Seconde Guerre mondiale). Bien que les indices obtenus suivent de très près le PIB effectif durant cette période couverte par l’échantillon (avec des R2 et des ratios t très élevés), on pourrait reprocher à la méthodologie de dépendre de la stabilité des coefficients sur une période qui englobe plusieurs décennies. Cependant, Stock and Watson (2002) montrent que ces estimations de facteurs communs concordent même avec une instabilité temporelle des séries chronologiques, à condition que, en moyenne, l’instabilité s’étale dans le temps dans la construction des facteurs. En outre, ACT préconisent un certain nombre de tests de stabilité et constatent que chacune des estimations de projections rétrospectives résiste bien à ces tests. Afin de tester davantage la solidité des estimations, ACT appliquent également cette méthode de projection rétrospective aux données relatives aux États-Unis, et comparent les estimations obtenues à celles de Romer (1989) et Balke and Gordon (1989), considérées comme des appréciations raisonnablement fiables du PIB américain d’avant la Seconde Guerre mondiale. ACT constatent que la méthode proposée de projections rétrospectives permet de bien saisir les échéances et l’ampleur des cycles économiques américains antérieurs à la Seconde Guerre mondiale, notamment par rapport aux séries de Balke et de Gordon.

      En quoi ces estimations diffèrent-elles de celles d’autres études, y compris celles signalées dans Maddison (1995, 2003)? Bien que la volatilité moyenne des écarts de production sur les périodes observées dans le corps du chapitre soit relativement comparable dans les diverses séries de données, les différences peuvent être considérables à d’autres périodes. ACT mettent effectivement en évidence certaines différences frappantes dans l’interprétation d’épisodes historiques. Par exemple, l’indice établi par Maddison pour le Brésil révèle un ralentissement beaucoup plus prononcé suite à la crise de Baring de 1891 (graphique), mais il s’agit sans doute là d’un artéfact car l’indice s’appuie presque exclusivement sur les données de commerce extérieur et fait abstraction des indicateurs se rapportant beaucoup plus à la production intérieure. À l’inverse, les chiffres de Maddison relatifs au PIB réel du Mexique (2003) font état d’une remarquable stabilité de la production durant les années de la révolution (1911–20), alors qu’il est bien connu, au vu d’autres indicateurs et de textes historiques, que la production a chuté, pour le moins lorsque les troubles révolutionnaires ont atteint leur paroxysme (1914–17).

      Globalement, ces résultats signalent que l’application de cette méthodologie de reconstruction à d’autres pays en développement devrait se révéler utile. Cette démarche devrait nous permettre d’être mieux à même de répondre à certaines questions fondamentales sur l’évolution historique des cycles conjoncturels et sur le rôle des institutions et des régimes de politique économique.

      Estimations historiques des écarts de production: différences entre estimations anciennes et nouvelles

      (Pourcentages)
      Note: Luis Catão est le principal auteur de cet encadré.

    • Europe centrale et orientale (8): Albanie, Bulgarie, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie, République slovaque et la Turquie (les pays de l’ex-URSS ne sont pas inclus dans l’analyse car plusieurs des variables applicables à ces pays ne sont pas directement disponibles pour la période avant les années 90).

    • Pays en développement d’Asie (13): Bangladesh, Cambodge, Indonésie, Kiribati, Malaisie, Népal, Pakistan, Philippines, République démocratique populaire lao, Sri Lanka, Thaïlande, Tonga et Vietnam.

    • Amérique latine (21): Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Costa Rica, Équateur, Guatemala, Haïti, Honduras, Jamaïque, Mexique, Nicaragua, Panama, Paraguay, Pérou, République Dominicaine, Salvador, Trinité-et-Tobago, Uruguay et Venezuela.

    • Moyen-Orient (12): Arabie Saoudite, Bahreïn, République islamique d’Iran, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Oman, Qatar, République arabe syrienne, Émirats arabes unis et République du Yémen.

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Par habitant, aujourd’hui la croissance mondiale est en fait supérieure à celle des années 60—durant les trois dernières années le taux de croissance mondial moyen par habitant a été de 3,6 %, par rapport à 3,3 % durant les années 60. La comparaison des taux de croissance par habitant entre les deux périodes est toutefois influencée par la forte poussée démographique des années 60 et le ralentissement qui s’est produit depuis. Comme les changements démographiques sont en règle générale très lents, la différence entre un calcul par habitant et un calcul par habitant en âge de travailler revêt peu d’importance pour la présente analyse de la durée et de la volatilité des cycles.

Dans le présent chapitre, l’expansion est définie comme une période de croissance non négative du PIB réel par habitant. Par analogie, la récession est définie comme une période de diminution du PIB réel par habitant. Pour l’essentiel, la présente analyse adopte donc le concept du cycle économique «classique» comme l’examinent, par exemple, Artis, Marcellino, and Proietti (2004) et Harding and Pagan (2001)—voir appendice 5.1 pour plus de détails. Les expansions sont établies à partir de données annuelles et exprimées par habitant pour pouvoir effectuer des comparaisons générales dans l’espace et dans le temps. Les expansions basées sur des données trimestrielles seraient vraisemblablement plus courtes pour beaucoup de pays. Il existe également des différences considérables de comportement cyclique à l’intérieur d’une même région: par exemple le Royaume-Uni n’a pas connu de récession depuis 1991, d’après la définition des cycles économiques de la présente analyse.

La stabilisation des cycles économiques au sortir de la Seconde Guerre mondiale a été attribuée à plusieurs facteurs, dont l’augmentation des taux de croissance moyens, la diminution de la part des secteurs liés aux matières premières, l’adoption de mécanismes de garantie des dépôts qui a réduit le nombre de ruées sur les banques et la mise en œuvre de politiques de stabilisation macroéconomique, encore que certaines erreurs aient parfois déstabilisé la production (Romer, 1999). Un débat s’est instauré sur la qualité des données de PIB d’avant-guerre et sur la nature des cycles de cette période. On trouvera une analyse détaillée dans Balke and Gordon (1989); Diebold and Rudebusch (1992); et Romer (1989).

Romer and Romer (2002) et DeLong (1997) analysent la politique monétaire américaine des années 70. Celle-ci était globalement trop laxiste, en partie à cause de l’utilisation d’estimations peu réalistes du taux de chômage naturel. Par la suite, le durcissement de la politique monétaire pour réagir à une inflation à deux chiffres a entraîné la récession du début des années 80. Selon Orphanides (2003b), le manque d’informations complètes en temps réel sur l’économie a sans doute accentué le risque d’erreur de politique économique durant les années 70, notamment en période de ralentissement de la productivité difficile à observer.

Voir le chapitre 3 de l’édition d’avril 2002 des Perspectives de l’économie mondiale;Dell’Ariccia, Detragiache, and Rajan (2005); et Fuhrer and Schuh (1998).

Les dirigeants ont par la suite réagi à ces crises en renforçant considérablement la surveillance du secteur financier, notamment dans le cadre des Programmes d’évaluation du secteur financier menés conjointement par le FMI et la Banque mondiale. Voir Ito (2007) pour une analyse des crises monétaires asiatiques.

Cette période de dix ans a été choisie, car la durée représentative des cycles économiques dans les pays avancés est passée à une dizaine d’années durant les années 80 et 90.

Voir l’encadré 4.3 de l’édition d’avril 2007 des Perspectives de l’économie mondiale.

Par manque de données, il n’est pas possible d’effectuer une analyse complète de la volatilité dans les pays en développement durant les années 50. Concrètement, il est impossible de calculer de façon fiable la volatilité de la croissance pour de nombreux pays d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient car les données disponibles sur le PIB sont souvent des interpolations entre estimations de référence de faible fréquence, ce qui tend à lisser les taux de croissance annuels. En Amérique latine (où l’on dispose de données plus exactes), la volatilité de la production dépassait celle des pays avancés durant la décennie (graphique 5.4).

La volatilité extrêmement forte de l’économie chinoise était, dans une large mesure, attribuable au plan économique du Grand bond en avant et à la Révolution culturelle (lancés en 1958 et 1966, respectivement).

En Europe centrale et orientale, les profondes récessions liées à la transition d’une économie à planification centrale à une économie de marché ont provoqué une forte augmentation de la volatilité durant les années 90. Les pays de l’ex-URSS ne sont pas inclus dans l’analyse car plusieurs des variables correspondant à ces pays n’étaient pas aisément disponibles pour la période antérieure aux années 90. Le chapitre 2 de l’édition d’avril 2005 des Perspectives de l’économie mondiale offre une analyse détaillée de la volatilité de la production dans les pays en développement.

Les décompositions de la volatilité dont il est ici question s’appuient sur la volatilité de la croissance mondiale globale, compte tenu des difficultés de calcul liées à la décomposition des variations des valeurs médianes. De ce fait, les décompositions ne peuvent pas rendre pleinement compte de la diminution des volatilités nationales depuis les années 60. La volatilité est calculée sur quatre périodes (1960–73, 1974–82, 1983–95 et 1996–2006), les années 1973 et 1983 représentant globalement les principaux points d’inflexion de la volatilité de la croissance mondiale depuis 1960. Par manque de données, la volatilité mondiale n’a pas été calculée pour les années 50. La contribution des États-Unis à la variation de la volatilité de la production mondiale semble plus importante que celle de l’UE-15, car la valeur globale de l’UE-15 élimine certaines des volatilités nationales. Par le passé, la volatilité de la production aux États-Unis était comparable à la valeur médiane de l’UE-15 (graphique 5.4). Pour simplifier l’analyse, les décompositions de la volatilité sont calculées à partir de la croissance globale et non de la croissance par habitant. Cela étant, les volatilités de la croissance globale et de la croissance par habitant tendent à être similaires pour la plupart des pays.

Si la volatilité mondiale actuelle était recalculée à partir des pondérations nationales des années 60, les résultats seraient comparables à ceux obtenus avec les pondérations actuelles. En revanche, si les volatilités nationales des années 60 étaient combinées aux pondérations nationales actuelles, l’écart-type de la croissance mondiale passerait de 0,9 % (chiffre effectif pour 1996–2006) à 1,5 %. Ce résultat s’explique par la diminution sensible de la volatilité de la Chine et, dans une moindre mesure, des autres pays en développement depuis les années 60.

Voir également le chapitre 4 de l’édition d’avril 2007 des Perspectives de l’économie mondiale.

Dynan, Elmendorf et Sichel (2006) suivent un raisonnement similaire pour la volatilité de la consommation à partir de données des États-Unis. Si les données mondiales globales ne signalent pas les dépenses publiques comme la principale cause de volatilité de la production, la politique budgétaire, par exemple sous forme de dépenses procycliques ou d’un endettement excessif, a été un facteur déterminant de volatilité de la production dans de nombreux pays (voir section suivante). Les données globales à l’échelle mondiale ne font cependant pas apparaître ces effets d’envergure nationale.

Durant les années 60, les dépenses publiques ont augmenté la volatilité de la production américaine du fait de la volatilité des dépenses militaires liées à la guerre du Vietnam.

Plusieurs études ont mis en évidence la contribution d’une meilleure gestion des stocks et d’une moindre volatilité des investissements dans les stocks à la diminution de la volatilité de la production trimestrielle aux États-Unis depuis les années 80 (McConnell et Perez-Quiros, 2000; et Kahn, McConnell et Perez-Quiros, 2002). Cependant, le rôle des stocks est beaucoup moins important dans les données annuelles surtout lorsque l’on tient compte de l’évolution de la volatilité depuis les années 60. Du point de vue de la politique économique, les variations des fluctuations trimestrielles des investissements dans les stocks n’ont pas nécessairement une profonde incidence en termes de bien-être à moins qu’elles aient un impact durable, par exemple, sur la croissance de la consommation, ce qui semble peu probable. Il est un autre aspect qui entre en ligne de compte dans l’interprétation des études de volatilité basées sur des données trimestrielles: les composantes des comptes nationaux trimestriels tendent à être beaucoup plus sensibles aux erreurs de calcul que les données annuelles. Par exemple Sommer (2007) montre que les erreurs de calcul représentent une partie non négligeable de la croissance trimestrielle de la consommation.

Voir appendice 5.1 pour de plus amples détails. Berg, Ostry et Zettelmeyer (2006), qui s’intéressent davantage à la croissance tendancielle plutôt qu’aux fluctuations conjoncturelles, s’appuient sur un modèle de probabilité pour analyser les déterminants d’un concept différent mais complémentaire: la durée des «poussées de croissance» (c’est-à-dire des périodes de croissance nettement plus forte que celles précédemment observées).

Pour appréhender la qualité des institutions l’analyse mesure les contraintes qui pèsent sur le pouvoir exécutif. Cette variable a cela d’avantageux qu’elle est disponible pour un large éventail de pays et pour des périodes longues. En outre, elle semble moins susceptible aux problèmes d’endogénéité que d’autres indicateurs—dont les mesures de risque de l’ICRG. Voir Acemoglu et al. (2003) et Satyanath and Subramanian (2004) pour une analyse plus approfondie de cette variable et de l’effet général des institutions sur la volatilité.

Clarida, Galí and Gertler (2000) et Cecchetti, Flores-Lagunes and Krause (2006b) mettent en relief le rôle de la politique monétaire. La mondialisation a peut-être pour important effet d’inciter davantage les dirigeants à préserver un faible niveau d’inflation, notamment dans les pays en développement. Voir l’encadré 3.1 de l’édition d’avril 2006 des Perspectives de l’économie mondiale.

Voir Fatás and Mihov (2003); et le chapitre 2 de l’édition d’avril 2005 des Perspectives de l’économie mondiale.

Pour l’impact de l’évolution des secteurs, voir Dalsgaard, Elmeskov and Park (2002); pour la gestion des stocks, voir la note 17; pour la réglementation des marchés des produits, voir Kent, Smith and Holloway (2005); et pour la mondialisation, voir le chapitre 3 de l’édition d’avril 2006 des Perspectives de l’économie mondiale. Par manque de données, ni les techniques de gestion des stocks ni la souplesse des marchés des produits et de la main-d’œuvre ne sont saisies dans cette analyse.

Par exemple Stock and Watson (2005), partant d’une méthodologie d’autorégression vectorielle structurelle, concluent que la forte diminution de la volatilité depuis les années 70 est pour beaucoup liée à une réduction de l’ampleur des chocs internationaux communs. Dans le même ordre d’idées, Ahmed, Levin and Wilson (2004) soulignent le rôle de la «chance» à la base de la récente stabilité macroéconomique aux États-Unis. Voir également Stock and Watson (2003).

En l’absence d’un modèle économétrique structurel du cycle économique, c’est avec beaucoup de prudence qu’il faut interpréter ces corrélations comme indicatrices de causalités, même si des instruments sont utilisés tant pour la qualité du dispositif institutionnel que pour la volatilité de la politique budgétaire.

Il faut toutefois faire preuve de prudence dans l’interprétation des résultats, en ce sens que l’on pourrait estimer que la «chance» a légèrement influé durant ces dernières années. Les régressions de panel font intervenir des termes d’erreurs relativement importants, qui pourraient en partie expliquer des chocs temporaires. Cela étant, les équations estimées réussissent à faire correspondre les caractéristiques du cycle économique moyen pour de larges éventails de pays.

Harding et Pagan (2001) examinent plusieurs définitions des cycles conjoncturels et les différentes propriétés qui en découlent. Les études sur les cycles économiques dans les pays avancés font en général appel à des séries de PIB global pour situer les expansions et les récessions dans le temps. Cependant, le présent chapitre examine aussi le cas de nombreux pays émergents ou en développement qui connaissant un taux élevé de croissance démographique. Pour faciliter les comparaisons entre pays, le chapitre définit donc les cycles économiques en se basant sur les taux de croissance du PIB par habitant.

Pour plus de détails sur la base de données Polity IV, voir www.cidcm.umd.edu/polity.

Pour plus de détails sur la base de données sur la structure et le développement financiers, voir www.world-bank.org.

Par exemple, une régression transversale de l’indice de politique monétaire par rapport à une mesure de la rotation des gouverneurs de banques centrales donne une statistique t de 5,5 et un R2 de 0,24. La régression de panel à effets fixes analogue donne une statistique t de 4 et un R2 de 0,10.

L’utilisation des dépenses publiques, plutôt que du solde public, réduit les risques d’endogénéité découlant des difficultés des ajustements cycliques. Selon Fatás and Mihov (2003), il y a à la fois des considérations théoriques et des estimations empiriques qui sous-tendent l’idée que les dépenses (à l’exclusion des transferts) ne réagissent pas au cycle de façon contemporaine. Par ailleurs, les données sont nombreuses qui montrent que le déficit budgétaire subit automatiquement les effets des variations des conditions macroéconomiques et donc que les risques d’endogénéité sont plus élevés (p. 11).

Pour plus de détails sur les Indicateurs du développement dans le monde, voir www.worldbank.org.

Pour plus de détails sur la variable d’ouverture, voir www.papers.nber.org/papers/w10152.pdf.

Pour plus de détails sur l’indice Reinhart-Rogoff, voir www.wam.umd.edu/~creinhar/Links.html.

La solidité des conclusions a également été vérifiée en estimant les régressions séparément sur les cinq périodes 1970–83 et 1984–2003.

Pour plus de détails sur les Penn World Tables Version 6.2, voir www.pwt.econ.upenn.edu.

Pour plus de détails, voir www.ggdc.net/Maddison.

Voir Johnson et al. (2007) pour une analyse des différences des données de PIB entre séries statistiques, y compris entre différentes versions des Penn World Tables.

Pour plus de détails, voir esa.un.org/unpp.

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