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Annexe: Examen des perspectives par le Conseil d’administration, mars 2008

Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
June 2008
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Observations du Président par intérim du Conseil d’administration à l’issue de la séance consacrée aux Perspectives de l’économie mondiale, le 21 mars 2008.

Perspectives et politiques économiques

Les administrateurs ont examiné l’évolution et les perspectives de l’économie mondiale sur fond de l’incertitude exceptionnelle entourant la durée et le coût probable de la crise financière, qui s’est maintenant étendue bien au-delà du marché américain des prêts hypothécaires à risque. Ces derniers mois, la croissance a ralenti dans les pays avancés face au durcissement des conditions financières, mais elle est restée vigoureuse jusqu’à présent dans les pays émergents qui se mondialisent rapidement. Les administrateurs conviennent que les perspectives de l’économie mondiale pour 2008 se sont détériorées sensiblement depuis la mise à jour des Perspectives de janvier 2008, même si un certain nombre d’administrateurs sont d’avis que la nouvelle prévision de référence des services du FMI a été revue excessivement à la baisse, surtout étant donné la flexibilité et la résistance de l’économie américaine et les données officielles encore solides qui proviennent de plusieurs pays d’Europe occidentale. Il reste essentiel, en particulier au stade actuel, de communiquer clairement l’évolution de ces prévisions.

Les administrateurs soulignent que le risque principal tient aux événements en cours sur les marchés financiers, et en particulier la possibilité que les pertes considérables liées au marché américain des prêts hypothécaires à risque et à d’autres crédits structurés pèsent lourdement sur les fonds propres dans le secteur financier et transforment le resserrement du crédit en véritable crise du crédit. Selon la plupart des administrateurs, l’interaction entre les chocs financiers et le ralentissement de la demande intérieure demeure un sérieux risque de dégradation aux États-Unis, et dans une moindre mesure en Europe occidentale et ailleurs. Par ailleurs, de nombreux administrateurs observent que la vigueur potentielle de la demande intérieure dans les pays émergents à croissance rapide peut stimuler l’activité, tout en prenant note de leur exposition à des risques extérieurs par les voies commerciales et financières. Les administrateurs avertissent aussi que les risques liés aux tensions inflationnistes et au marché pétrolier ont augmenté, en dépit du ralentissement économique; les cours des produits de base sont montés en flèche sur fond des tensions persistantes entre l’offre et la demande, de l’intérêt accru des investisseurs pour les produits de base comme placements alternatifs et d’autres facteurs financiers. Un certain nombre d’administrateurs notent aussi la persistance du risque d’une résorption désordonnée des déséquilibres mondiaux en dépit de la dépréciation récente du dollar américain vis-à-vis d’autres monnaies flexibles et de la baisse du déficit des transactions courantes des États-Unis.

Dans ce contexte, les administrateurs soulignent que les pouvoirs publics de par le monde font face à une série de problèmes qui évoluent rapidement. Dans les pays avancés, les priorités sont de surmonter la crise financière et de contrer les risques de révision à la baisse de la croissance, tout en tenant dûment compte de l’inflation élevée observée récemment et de la nécessité de préserver la viabilité à plus long terme des finances publiques. Dans de nombreux pays émergents et pays en développement, il s’agit de maîtriser les tensions inflationnistes tout en veillant à ce que la vigueur de la demande intérieure n’entraîne pas une accumulation de sources de vulnérabilité. Par ailleurs, les administrateurs notent qu’un certain nombre de ces pays font déjà face aux répercussions du ralentissement dans les pays avancés, et un ralentissement intensifié ou prolongé de l’économie mondiale exigera une réaction judicieuse de la part des pouvoirs publics des pays touchés. Les administrateurs estiment qu’il sera important d’assurer la cohérence internationale des politiques économiques dans ce contexte mondial difficile.

Pays avancés

Les administrateurs conviennent que l’économie américaine a été ralentie par le durcissement de l’accès au crédit, une détérioration de l’emploi et la persistance d’une forte correction sur le marché immobilier. Quelques administrateurs notent que les prêts pourraient être limités par les pertes subies par les principales institutions financières américaines. Les administrateurs sont d’avis que l’activité économique restera probablement faible jusqu’à la fin de 2009 et se redressera progressivement par la suite. La consommation sera freinée par les effets de richesse et la baisse de l’emploi, alors que l’investissement résidentiel continuera de diminuer. La plupart des administrateurs notent que le plan de relance budgétaire approuvé récemment atténuera le ralentissement dans le courant de l’année. La plupart des administrateurs notent avec satisfaction la riposte agressive de la Réserve fédérale, qui a abaissé les taux d’intérêt et injecté des liquidités dans le système financier. Ils sont d’avis qu’une nouvelle baisse des taux d’intérêt sera peut-être nécessaire, en fonction des données à venir sur l’ampleur du ralentissement et la détérioration des conditions de crédit. Par ailleurs, un certain nombre d’administrateurs soulignent que les autorités monétaires devront établir leur politique en se préoccupant soigneusement des risques d’inflation, étant donné que l’inflation hors alimentation et énergie est plutôt élevée et que les prix de l’énergie et de l’alimentation devraient rester élevés et volatils — bien qu’il soit admis que cette tendance pourrait être atténuée par l’élargissement prévu des écarts de production et l’amélioration de l’emploi. Tout en notant l’évaluation des services du FMI selon laquelle le dollar reste fort, un petit nombre d’administrateurs sont d’avis que l’évolution récente du marché aura probablement réduit sensiblement le degré de surévaluation.

Les administrateurs constatent que l’activité en Europe occidentale a ralenti aussi à compter de la fin de 2007, du fait du niveau élevé des cours du pétrole, du durcissement des conditions de financement et du fléchissement de la croissance des exportations. Ils notent que l’activité de prêt sera peut-être limitée en raison des pertes enregistrées sur des crédits structurés par quelques grandes banques européennes. Les administrateurs indiquent aussi que la croissance continuera probablement de ralentir dans la période à venir. Notant le recours relativement élevé des entreprises européennes au financement bancaire, les administrateurs sont d’avis que l’un des principaux risques de dégradation des perspectives régionales est l’effet éventuel de la crise du crédit qui se propage sur le secteur financier européen, bien que quelques administrateurs notent que l’emploi continue de progresser, et que les taux de croissance de la monnaie et du crédit sont restés élevés en dépit d’un durcissement des conditions de prêts. Comme les récentes réformes structurelles portent leurs fruits, plusieurs administrateurs considèrent que la région est généralement bien armée pour faire face aux répercussions de nouveaux remous financiers. Comme les risques d’inflation persistent et que l’incertitude est grande sur les marchés financiers, la Banque centrale européenne (BCE) continue de veiller en priorité à ce que les anticipations inflationnistes restent bien ancrées. Notant que la BCE maintient à juste titre les taux d’intérêt inchangés pour le moment, la plupart des administrateurs sont d’avis que la BCE devrait être prête à relâcher sa politique si les craintes d’inflation s’atténuent et si les risques de révision à la baisse de la croissance s’intensifient. Les administrateurs conviennent dans l’ensemble que, dans la zone euro, il faudrait laisser opérer pleinement les stabilisateurs automatiques, tout en gardant à l’esprit la nécessité pour ces pays de bien progresser sur la voie de leurs objectifs budgétaires à moyen terme. Les pays où ces objectifs sont en bonne voie de réalisation pourraient aussi avoir les moyens de prendre des mesures de relance discrétionnaires supplémentaires. Cependant, dans d’autres pays de la zone euro, la plupart des administrateurs ont noté que les possibilités de laisser opérer pleinement les stabilisateurs automatiques pourraient être limitées par le niveau élevé de la dette publique et par des plans d’ajustement qui sont insuffisants pour assurer la viabilité à moyen terme.

Les administrateurs notent avec satisfaction la vigueur de l’activité au Japon jusqu’à la fin de 2007. Tout en notant l’effet direct limité des turbulences du marché du crédit sur le système financier japonais, les administrateurs sont d’avis que la baisse de confiance des chefs d’entreprise, la faible croissance du revenu des ménages, les cours élevés du pétrole et le ralentissement de la croissance mondiale pèseront sur l’activité en 2008 et en 2009. La plupart des administrateurs considèrent qu’il est approprié de maintenir les taux d’intérêt inchangés pour le moment, mais qu’il est possible, quoique de manière limitée, de réduire les taux d’intérêt déjà faibles si les perspectives de croissance se détériorent de manière substantielle. Les administrateurs notent que la dette publique nette reste élevée en dépit des efforts d’assainissement, et qu’il n’est guère possible de prendre des mesures budgétaires discrétionnaires supplémentaires. Bien que l’on puisse laisser opérer les stabilisateurs automatiques en cas de net ralentissement, leur effet sur la demande intérieure sera probablement limité.

Les administrateurs notent avec satisfaction les injections de liquidités des principales banques centrales et constatent que les mesures de politique monétaire ont établi une première ligne de défense importante dans le contexte financier difficile d’aujourd’hui. Ils notent les problèmes particuliers qui se posent en matière d’exécution de la politique monétaire au stade actuel. Il s’agit notamment de l’équilibre délicat entre réduire les risques de révision à la baisse de la croissance et se protéger contre une montée de l’inflation. La stabilité des prix étant de plus en plus menacée, plusieurs administrateurs soulignent que les banques centrales ne devraient pas mettre en jeu leur crédibilité durement acquise en matière de lutte contre l’inflation. Un autre aspect de l’exécution de la politique monétaire est que les turbulences financières actuelles ont peut-être affaibli le mécanisme normal de transmission de la politique monétaire dans certains pays, ce qui soulève des questions quant à l’effet de l’assouplissement monétaire sur l’économie. Toutefois, les administrateurs admettent que les injections de liquidités ne résolvent pas les problèmes fondamentaux des marchés financiers — réévaluation des actifs à risque, manque de confiance dans les contreparties et solvabilité — mais ils notent qu’elles pourraient permettre de gagner du temps en vue de s’attaquer à ces problèmes. Les administrateurs examineront de nouveau les questions relatives au secteur financier dans le cadre de l’examen de l’édition d’avril 2008 du Global Financial Stability Report.

Les administrateurs notent avec intérêt l’analyse des connexions entre les cycles immobiliers et la politique monétaire au chapitre 3. Ils notent que les effets des variations des prix immobiliers sur l’activité économique globale dépendent probablement d’une série de facteurs qui varient au fil du temps et d’un pays à l’autre. Les administrateurs partagent l’analyse selon laquelle un facteur important est peut-être le degré de développement du marché hypothécaire. De nombreux administrateurs soulignent que les prix immobiliers sont importants pour les banques centrales dans la mesure où ils influent sur l’inflation et sur l’écart de production. En outre, il est noté que les banques centrales ayant un objectif d’inflation peuvent inclure leurs craintes concernant des bulles des prix des actifs en allongeant l’horizon de leur politique monétaire. Un certain nombre d’administrateurs soulignent que la politique monétaire doit continuer d’être axée sur les perspectives d’inflation et de croissance. Plusieurs administrateurs avertissent aussi que la politique monétaire ne doit pas être la seule à contribuer à la réaction à d’éventuelles bulles des prix des actifs, soulignant ainsi le rôle de la politique réglementaire.

Pays émergents et pays en développement

Les administrateurs notent que les pays émergents et les pays en développement ont relativement bien résisté à la crise qui se propage sur les marchés financiers internationaux, en grande partie grâce à la stabilisation qui a résulté de l’amélioration des politiques macroéconomiques et à la forte croissance qui a découlé des gains de productivité liés à l’intégration dans l’économie mondiale et à la diversification des secteurs exportateurs. En conséquence, le cycle conjoncturel des pays avancés joue peut-être un rôle moins dominant, même si ces économies sont de plus en plus ouvertes au commerce. Néanmoins, les administrateurs constatent qu’un ralentissement prolongé de la croissance dans les pays avancés aura probablement un effet négatif appréciable sur ces pays. Par ailleurs, une propagation des problèmes sur les marchés financiers pourrait entraîner une réduction du levier endettement à l’échelle mondiale qui pourrait freiner de plus en plus les flux de capitaux vers les pays émergents qui sont jugés vulnérables.

Les administrateurs conviennent que, si de nombreux pays émergents et pays en développement doivent encore s’employer à maîtriser l’inflation et à éviter une accumulation de sources de vulnérabilité, les pouvoirs publics de ces pays doivent être prêts à réagir à une conjoncture extérieure plus défavorable. Bien qu’il semble y avoir dans un certain nombre de pays plus de marge de manoeuvre que par le passé pour mener des politiques monétaire et budgétaire anticycliques, les administrateurs soulignent que le dosage approprié de ces mesures devra être établi au cas par cas. En particulier, ils notent que les pays qui présentent des déficits courants élevés ou d’autres faiblesses devront peut-être réagir en durcissant promptement leur politique économique, de manière à maintenir la confiance et à éviter les crises extérieures souvent observées au cours des décennies précédentes.

Dans les pays émergents d’Asie, la croissance devrait fléchir, mais rester vigoureuse, tirée par la Chine et l’Inde. La plupart des administrateurs considèrent que les perspectives ont plus ou moins autant de chances d’être révisées à la hausse qu’à la baisse, la demande intérieure étant un facteur positif et la conjoncture extérieure un facteur négatif. Quelques administrateurs craignent que certains pays rencontrent des problèmes d’inflation et de surchauffe, surtout si la consommation continue de s’accélérer et que les mesures prises pour ralentir l’investissement s’avèrent inefficaces. Les pays de cette région qui appliquent un régime de change très dirigé bénéficieraient d’un assouplissement de leur régime, car un régime plus souple offre une plus grande marge de manoeuvre pour durcir la politique monétaire.

En Amérique latine, un renforcement des cadres d’action, une amélioration de la gestion de la dette et le développement des marchés de capitaux nationaux ont réduit la vulnérabilité, et la région a bien résisté à l’aversion croissante pour le risque et aux turbulences sur les marchés financiers internationaux. Cependant, les administrateurs sont d’avis que les perspectives de la région risquent d’être révisées à la baisse, surtout dans l’éventualité d’une inversion de la récente envolée des cours des produits de base qui suivrait un ralentissement plus marqué de l’économie mondiale. Les administrateurs conviennent que, dans les pays où le ciblage de l’inflation est maintenant crédible, la politique monétaire est la première ligne de défense contre une dégradation de la situation, alors que pour d’autres pays, la marge d’assouplissement serait limitée par la nécessité de maîtriser les tensions inflationnistes. De nombreux administrateurs conviennent aussi qu’une gestion flexible du taux de change devrait jouer un rôle de soutien et que les pays dont la dette publique est soutenable devraient laisser opérer leurs stabilisateurs automatiques.

Pour la plupart des pays émergents d’Europe, la maîtrise de l’inflation reste la priorité. Les pays qui ont accumulé un déficit élevé des transactions courantes en recourant à un financement à court terme et générateur d’endettement pourraient être vulnérables à une inversion des flux de capitaux. Pour ces pays, les administrateurs soulignent qu’il est important de mener une politique macroéconomique prudente, dont l’objectif est d’assurer un atterrissage en douceur, ainsi que d’appliquer des politiques prudentielles et réglementaires visant à réduire la vulnérabilité des bilans.

Dans la Communauté des États indépendants, la demande intérieure continue de progresser rapidement, portée par les cours élevés des produits de base, le caractère expansionniste des politiques macroéconomiques, la croissance rapide du crédit et la hausse des prix des actifs. Dans ces conditions, les administrateurs conviennent que le plus urgent pour les pays de la région est de maîtriser les tensions inflationnistes. Ils conviennent que les perspectives de la région risquent d’être révisées à la baisse: un ralentissement plus marqué que prévu de l’économie mondiale entraînera probablement une baisse des cours du pétrole et des produits de base, et pourrait peser sur les conditions de financement extérieur.

En Afrique subsaharienne, les administrateurs sont encouragés par l’expansion soutenue, qui est portée par une croissance très vigoureuse dans les pays exportateurs de pétrole et robuste ailleurs. Dans quelques pays, la montée des tensions inflationnistes due à la hausse des prix de l’alimentation et des carburants est préoccupante. Les administrateurs notent avec intérêt l’analyse du chapitre 5 qui montre que les pays en développement d’Afrique et d’ailleurs ont une économie de plus en plus diversifiée et bénéficient d’une amélioration de leurs politiques économiques et des réformes structurelles qui sont en cours dans bon nombre d’entre eux. Même si ces réformes devraient permettre à la région de mieux résister à un ralentissement dans les pays avancés, les administrateurs sont d’avis que les perspectives pourraient être révisées à la baisse, en raison des risques d’une baisse considérable des cours des produits de base lorsque l’envolée actuelle prendra fin et d’un ralentissement des entrées de capitaux et de l’investissement. Les principales priorités de la région sont de poursuivre l’intégration dans l’économie mondiale et d’améliorer le climat des affaires, les infrastructures et les institutions.

Au Moyen-Orient, les cours élevés du pétrole ont conduit à une croissance dynamique, à des soldes extérieurs solides et à une augmentation des dépenses publiques dans les pays exportateurs de pétrole, alors que la forte croissance dans les autres pays de la région a été alimentée par les relations commerciales et financières avec les pays exportateurs de pétrole ainsi que par des réformes intérieures. Cependant, les tensions inflationnistes ont augmenté considérablement en raison de la vigueur de la demande intérieure, ainsi que de la hausse des prix de l’alimentation et des loyers. Les administrateurs recommandent d’affecter les dépenses publiques qui profitent de la hausse des recettes pétrolières aux goulets d’étranglement de l’offre, et quelques-uns soulignent que la montée des tensions inflationnistes exigera peut-être des restrictions budgétaires à court terme afin de contrebalancer la forte croissance de la demande privée. Par ailleurs, les administrateurs soulignent qu’il est nécessaire de continuer de poursuivre des objectifs de développement à long terme, en opérant des réformes qui encouragent l’investissement dans le secteur non pétrolier et qui mettent en place des systèmes financiers qui peuvent soutenir une croissance élevée et durable.

Questions multilatérales et autres

Les administrateurs soulignent qu’il reste important de réduire les risques liés aux déséquilibres mondiaux des transactions courantes. Des progrès sont accomplis dans la réduction du déficit courant des États-Unis et l’application de plans d’action détaillés qui s’inscrivent dans le cadre de la stratégie approuvée par le Comité monétaire et financier international et qui ont été présentés par les participants à la consultation multilatérale organisée par le FMI. Cependant, l’évolution récente des marchés des changes souligne le risque d’ajustements désordonnés. Plusieurs administrateurs notent que la situation actuelle accroît l’importance d’une action continue qui soit conforme aux plans d’action et du suivi de leur application par le FMI. Bien qu’un rééquilibrage de la demande intérieure à l’échelle internationale reste pertinent, il convient de concevoir de telles mesures de manière flexible afin de tenir compte du contexte propre à chaque pays et de l’évolution du contexte mondial. Les administrateurs conviennent qu’un relâchement temporaire de la politique budgétaire aux États-Unis offrira une assurance utile contre un ralentissement plus marqué, mais cet assouplissement ne doit pas compromettre les objectifs à moyen terme de rééquilibrage des finances publiques. Un certain nombre d’administrateurs soulignent qu’un nouveau durcissement de la politique monétaire en Chine, conjugué à une plus grande flexibilité à la hausse de la monnaie, atténuerait la charge supportée par les autres monnaies principales face à la dépréciation du dollar, et aiderait aussi la Chine à maîtriser l’inflation. Les administrateurs soulignent qu’il est important de s’attaquer aux goulets d’étranglement de l’offre dans les pays exportateurs de pétrole et de poursuivre des réformes structurelles propices à la croissance sur les marchés de produits et du travail dans la zone euro et au Japon.

De manière plus générale, les administrateurs notent avec satisfaction les consultations en cours entre les pays, en particulier les autorités monétaires des pays avancés entre elles et avec des organisations internationales telles que le FMI et le Forum de stabilité financière, face aux turbulences financières actuelles. Des efforts conjoints pourraient s’avérer plus efficaces que des efforts individuels pour renforcer la confiance et stimuler la demande. Les administrateurs conviennent que le FMI est éminemment placé pour ajouter une perspective multilatérale aux réactions à la crise actuelle, notamment par le biais des Perspectives de l’économie mondiale et du Global Financial Stability Report; pour offrir un lieu de débat et d’échange de vues, particulièrement en ce qui concerne d’éventuelles mesures pour imprévus, et pour promouvoir la cohérence des politiques nationales et évaluer leurs répercussions dans une économie mondiale de plus en plus intégrée.

Les administrateurs notent avec intérêt l’analyse des services du FMI au chapitre 4, qui présente les conséquences macroéconomiques à court et à moyen terme des mesures d’atténuation des émissions de gaz à effet de serre. Ils sont d’avis que cette analyse contribue au débat sur le changement climatique et souligne le rôle des efforts multilatéraux pour faire face à ce problème d’une manière efficace, efficiente et équitable.

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