Building Integrated Economies in West Africa
Chapter

Chapitre 4. En quête d’une croissance plus soutenue

Author(s):
Alexei Kireyev
Published Date:
September 2016
Share
  • ShareShare
Show Summary Details
Author(s)
Douglas Shapiro and Aleksandra Zdzienicka 

Le décollage de la croissance africaine a constitué l’une des évolutions marquantes de l’économie mondiale dans les vingt dernières années. Mais, bien que le PIB par habitant ait plus que doublé durant cette période dans les pays d’Afrique subsaharienne affichant une croissance plus rapide, il ne s’est accru en moyenne que modérément dans les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Cet écart est attribuable à l’instabilité politique, à un environnement économique et juridique compliqué, à un déficit d’infrastructures substantiel et à des capacités institutionnelles et de gestion de l’investissement public plus faibles dans l’UEMOA que dans d’autres pays subsahariens. Ces facteurs ont pu jouer sur le niveau de l’investissement et, plus encore, sur son efficience, empêchant la plupart des pays de l’UEMOA d’obtenir une croissance élevée et durable.

Une croissance inégale

Si les résultats économiques des pays subsahariens à croissance rapide se sont sensiblement améliorés au cours des deux dernières décennies, ceux des pays de l’UEMOA n’ont que peu changé en moyenne (graphique 4.1). La croissance économique a fortement augmenté dans un assez grand nombre de pays subsahariens depuis le milieu des années 90. Bien que les ressources naturelles aient joué un rôle dans plusieurs pays, quelques pays subsahariens pauvres en ressources (Cabo Verde, Éthiopie, Ghana, Mozambique, Ouganda, Rwanda et Tanzanie) ont aussi affiché une croissance forte et soutenue, avec un doublement du revenu par habitant au cours de la période. Les épisodes de croissance forte et soutenue désignent les périodes d’au moins cinq années consécutives où la croissance par habitant atteignait au moins 3 % (Berg, Ostry et Zettlemeyer, 2008; FMI, 2008).

Graphique 4.1.Performances en matière de croissance

Source : calculs des services du FMI.

En dépit de conditions initiales assez similaires, les performances moyennes au sein de l’UEMOA ont été beaucoup plus faibles qu’en Afrique subsaharienne, avec une croissance de 20 % du revenu par habitant depuis 1995. La contre-performance de l’UEMOA sur le plan de la croissance semble donc ne pas être «exclusivement imputable aux produits de base» (FMI, 2013a). Il existe cependant des différences sensibles entre les pays de l’UEMOA : le Burkina Faso a obtenu des résultats analogues à ceux de l’Ouganda ou de la Tanzanie, alors que d’autres ont vu diminuer leur PIB par habitant (Côte d’Ivoire, Niger, Guinée Bissau).

L’écart de croissance entre l’UEMOA et l’échantillon de pays subsahariens pauvres en ressources et à croissance rapide peut s’expliquer en recourant à plusieurs méthodes. Premièrement, un exercice d’étalonnage permet d’identifier les différences entre les deux groupes au regard de divers indicateurs extérieurs et intérieurs. Deuxièmement, certains éléments du diagnostic de croissance proposé par Haussman, Rodrik et Velasco (2006) pour les pays de l’UEMOA peuvent être utilisés. Enfin, une évaluation quantitative des principaux facteurs en jeu peut être réalisée à l’aide d’une régression de croissance.

Facteurs gênant la croissance

La volatilité extérieure, qui peut influer sur la croissance, ne semble pas avoir été plus forte au sein de l’UEMOA (graphique 4.2). La synchronisation moyenne des chocs avec le reste du monde — qui est une mesure des chocs particuliers à un pays ou à une région — a été à peu près similaire. Les fluctuations de la demande extérieure semblent avoir eu moins d’effet sur la croissance dans les pays de l’UEMOA que dans les pays de référence. En moyenne, une variation de 1 point de pourcentage de la croissance du PIB réel chez 95 % des partenaires commerciaux a entraîné une variation de 0,1 point de la croissance dans les pays de l’UEMOA et de 0,2 % point dans les pays de référence une année plus tard. Nos estimations donnent aussi à penser que la croissance dans les pays de l’UEMOA réagit plus lentement aux changements extérieurs et suit de moins près celle des économies avancées. Les termes de l’échange ont suivi une tendance plus favorable dans l’Union, mais leur volatilité semble y avoir été légèrement plus forte que dans l’échantillon de référence. Une analyse analogue de chacun des pays de l’UEMOA confirme ces conclusions.

Graphique 4.2.Environnement extérieur

Source : calculs des services du FMI.

Note : Les pays sont désignés par leur code à trois lettres de l’Organisation internationale de normalisation. UEMOA = Union économique et monétaire ouest-africaine.

1Les zones ombrées correspondent aux valeurs maximale et minimale pour les pays de l'UEMOA ou les pays de référence, et les lignes, à la moyenne régionale non pondérée.

Cependant, les pays de l’UEMOA ont reçu moins d’IDE et d’aide extérieure que les pays de référence (graphique 4.2). L’écart est d’environ 2 % du PIB en moyenne (non pondérée) sur la période entière. Il existe toutefois des disparités importantes entre les pays. Par exemple, le Niger, le Mali et le Togo ont reçu des flux d’IDE relativement importants, tandis que la Guinée Bissau, le Burkina Faso et, dans une moindre mesure, le Bénin et le Niger ont bénéficié d’entrées assez substantielles au titre de l’aide.

De meilleures performances en matière d’inflation, mais aussi une dette extérieure plus élevée et/ ou des investissements publics moins efficaces ont été observés dans les pays de l’UEMOA au cours des vingt dernières années (graphique 4.3). L’inflation a été en moyenne plus faible et beaucoup moins volatile au sein de l’Union, ce qui est probablement une conséquence du régime de change et monétaire. Les déficits des transactions courantes ont atteint des niveaux à peu près semblables dans les deux groupes de pays. La dette extérieure, toutefois, a été en moyenne plus élevée dans les pays de l’UEMOA jusqu’à une date récente. L’investissement public a été en moyenne plus important dans les pays de référence (en particulier au Cabo Verde, au Mozambique et en Éthiopie). Les différences au regard des ratios d’investissement public ont été cependant limitées entre le Burkina Faso, le Mali, le Bénin, le Togo et le Sénégal et les autres pays de référence, ce qui semble indiquer que l’efficacité de l’investissement public est peut-être plus faible dans les pays de l’UEMOA.

Graphique 4.3.Environnement macroéconomique

Sources : Barro et Lee (2012); PWT; WITS; calculs des services du FMI.

Note : BFA = Burkina Faso; GNB = Guinée Bissau; UEMOA = Union économique et monétaire ouest-africaine.

1Les zones ombrées correspondent aux valeurs maximale et minimale pour les pays de l’UEMOA ou les pays de référence, et les lignes, à la moyenne régionale non pondérée.

Une croissance plus faible de la productivité totale des facteurs (PTF) explique en grande partie la sous-performance de l’UEMOA (graphique 4.4). La croissance moyenne de la PTF a été négative en Guinée Bissau, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et au Togo et faible au Niger, au Bénin et au Mali. Le Burkina Faso a été le seul pays de l’UEMOA où la PTF a sensiblement augmenté ces vingt dernières années. Cette faible croissance de la PTF pourrait tenir à un certain nombre de facteurs structurels tels qu’une transformation structurelle et une innovation limitées, un dispositif de gouvernance et un cadre réglementaire peu solides et, plus généralement, un climat des affaires plus défavorable dans les pays de l’UEMOA. Bien qu’une faible compétitivité structurelle ait été un gros obstacle à la croissance dans l’UEMOA, la compétitivité—prix ne semble pas avoir posé de problème important. Depuis la dévaluation du franc CFA en 1994, le taux de change effectif réel (TCER) est à peu près en conformité avec les fondamentaux économiques de la région. Dans certains des pays de référence, le TCER s’est en fait fortement apprécié. Une accumulation de capital plus lente a elle aussi contribué aux moins bonnes performances de l’UEMOA en matière de croissance.

Graphique 4.4.Environnement structurel

Sources : Barro et Lee (2012); PWT; WITS; calculs des services du FMI.

Note : Les pays sont désignés par leur code à trois lettres de l’Organisation internationale de normalisation. PTF = productivité totale des facteurs.

1Produits chimiques, biens manufacturés, produits de base; le Mali est exclu faute de données.

2Mesurée par le ratio somme des exportations et importations/PIB.

En dépit de l’ouverture croissante de leurs économies, la structure des échanges et la compétitivité structurelle restent des obstacles importants à la croissance dans les pays de l’UEMOA. Le degré d’ouverture est similaire dans les deux groupes de pays (graphique 4.4). L’une des raisons possibles pour lesquelles l’ouverture aux échanges n’a pas contribué à une croissance plus forte dans l’UEMOA est que la transformation structurelle y a été en moyenne beaucoup plus limitée. En particulier, la part de l’industrie et des services dans le PIB n’a pas augmenté de façon sensible dans l’UEMOA. La part de l’industrie a en fait diminué (sauf en Côte d’Ivoire), différence marquée par rapport aux pays de référence. La part des services a moins augmenté en moyenne dans l’UEMOA que dans les pays de référence. En outre, bien que la composition des exportations ait changé dans certains pays comme le Mali, le Togo et le Burkina Faso, la plupart des pays de l’UEMOA continuent d’exporter principalement des produits de base non transformés. La compétitivité structurelle (mesurée ici par les indicateurs du climat des affaires) est en outre restée faible, ce qui a pu faire obstacle à la transformation structurelle dans les pays de l’Union et les empêcher de jouir pleinement des bénéfices de croissance procurés par une plus forte intégration commerciale au reste du monde.

La qualité des institutions semble avoir contribué à la sous-performance de l’UEMOA (graphique 4.5). Elle demeure une question importante dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, et en particulier dans l’UEMOA. En moyenne, les pays de l’Union se classent à un niveau sensiblement plus bas au regard de la qualité de la gouvernance et des droits de propriété, de la transparence, de la responsabilité et de la corruption. La qualité plus faible de leurs cadres institutionnels et de leurs dispositifs de gouvernance porte atteinte, à son tour, au climat des affaires et à l’investissement privé (tant intérieur qu’étranger) (Rodrik, 1999).

Graphique 4.5.Environnement institutionnel

Sources : CNTS; Indicateurs de la gouvernance dans le monde; Indicateurs de la pratique des affaires; calculs des services du FMI.

Note : Par conflits sociaux, on entend les assassinats, émeutes, guérillas, graves crises d'État et purges politiques.

L’instabilité politique a joué un rôle important dans un certain nombre de pays de l’UEMOA. Bien que le nombre des conflits sociaux ait été en moyenne similaire dans les deux groupes, leur gravité et leur fréquence ont été plus grandes dans l’UEMOA. L’effet économique des troubles sociaux a lui aussi été plus important, comme en témoigne la reprise plus lente après un conflit dans les pays de l’UEMOA.

Diagnostic de croissance

Les différences au regard de l’investissement privé expliquent dans une certaine mesure la croissance plus faible enregistrée par l’UEMOA. Comme indiqué ci-dessus, l’accumulation de capital a été plus lente dans l’Union. L’investissement privé intérieur et sa croissance y ont été en moyenne plus faibles (graphique 4.6). Il existe toutefois des différences entre les pays. Par exemple, le niveau de l’investissement privé a été plus élevé au Mali et au Sénégal et s’est sensiblement accru au Niger au cours de la période récente. Dans le cadre d’un diagnostic de croissance, deux catégories de facteurs expliquent le bas niveau de l’investissement privé : le coût élevé du financement et la faible rentabilité de l’activité économique.

Le coût du financement semble ne jouer qu’un rôle limité dans la sous-performance de l’UEMOA. Bien que les pays de l’Union aient attiré moins d’investissements étrangers et que l’épargne intérieure globale y semble légèrement plus faible, les coûts du capital et l’accès à ce dernier paraissent voisins de ce que l’on observe dans les pays de référence. En particulier, le développement et l’efficience du secteur bancaire ont l’air d’être quasiment similaires alors que la rentabilité du capital est parfois plus basse dans l’UEMOA (graphique 4.6).

Graphique 4.6.Environnement de l’investissement privé

Sources : Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO); FinStats; Indicateurs du développement dans le monde; calculs des services du FMI.

Note : Les pays sont désignés par leur code à trois lettres de l’Organisation internationale de normalisation. UEMOA = Union économique et monétaire ouest-africaine.

La faible rentabilité des investissements semble être le plus gros obstacle à la croissance de l’UEMOA dans ce cadre. Si la rentabilité sociale des investissements a l’air d’être à peu près semblable dans les deux groupes de pays, les risques microéconomiques élevés l’empêchent toutefois d’être facilement transférée au niveau individuel. En particulier, un cadre institutionnel et juridique relativement faible, une instabilité politique plus forte, des procédures fiscales compliquées (graphique 4.5) et, parfois, des déficits d’infrastructure plus importants (graphique 4.6) sont les principaux obstacles à une efficacité accrue de l’investissement privé et des activités entrepreneuriales. Un climat peu propice aux affaires empêche en outre le développement de nouvelles idées (produits non traditionnels, activités à plus grande productivité, etc.), et ces défaillances du marché nuisent à la compétitivité et ralentissent la transformation structurelle dans la région.

Évaluation quantitative

L’évaluation quantitative révèle le rôle des facteurs institutionnels et macroéconomiques dans la sous-performance des pays de l’UEMOA en matière de croissance (tableau 4.1). Le niveau de l’endettement extérieur et celui de l’investissement public, ainsi que l’instabilité politique sont les principaux facteurs à l’origine de l’écart de croissance entre l’UEMOA et les pays de référence. En particulier, les conflits sociaux semblent avoir eu un effet considérable sur l’écart de croissance entre les deux groupes, car l’éclatement d’un nouveau conflit dans les pays de l’UEMOA élargit l’écart d’environ 0,6–0,8 point de pourcentage. L’effet de l’investissement public paraît lui aussi important : une augmentation de 1 point de pourcentage du ratio investissement public/PIB dans les pays de l’UEMOA réduit l’écart de croissance d’environ 0,5–0,7 point de pourcentage. Le rôle de l’endettement extérieur paraît statistiquement significatif, quoique moindre. Les résultats empiriques semblent en outre indiquer que la qualité des institutions et de la gouvernance, l’efficacité du cadre juridique et la transparence ont un effet sur la croissance en influant sur la stabilité politique.

Tableau 4.1.Régression de croissance
ExtérieurMacroéconomiqueStructurelInstitutionnelTotal
Croissance des termes de l’échange−0,005
(−0,28)
Ouverture0,04
(−0,59)
Synchronisation des chocs0,094
(−0,39)
Inflation0,088
(−0,71)
Solde des transactions courantes (% du PIB)0,121
(−0,65)
Dette extérieure (% du PIB)−0,033**−0,016***
(−3,37)(−4,00)
Investissement public (% du PIB)0,814*0,425**
(−2,25)(−2,59)
Services (% du PIB)−0,702

(−1,12)
Industrie (% du PIB)−0,147
(−1,62)
Conflits sociaux−0,823**−0,580*−0,612***
(−3,94)(−1,84)(−2,94)
Gouvernance−0,912
(−0,74)
N131136136136111135
R20,360,350,280,260,240,44
Source : calculs des services du FMI.Note : estimations pour 8 pays de l’UEMOA sur la période 1995–2012; variables en termes relatifs par rapport à leur niveau dans les pays de référence; les indicateurs de gouvernance sont calculés à l’aide d’une analyse des principales composantes et de l’indice de gouvernance dans le monde; les effets fixes pays et temps sont inclus, mais non présentés; la statistique t fondée sur les erreurs-types groupées est indiquée entre parenthèses. ***, **, * renvoient aux niveaux de signification à 1 %, 5 % et 10 %, respectivement.
Source : calculs des services du FMI.Note : estimations pour 8 pays de l’UEMOA sur la période 1995–2012; variables en termes relatifs par rapport à leur niveau dans les pays de référence; les indicateurs de gouvernance sont calculés à l’aide d’une analyse des principales composantes et de l’indice de gouvernance dans le monde; les effets fixes pays et temps sont inclus, mais non présentés; la statistique t fondée sur les erreurs-types groupées est indiquée entre parenthèses. ***, **, * renvoient aux niveaux de signification à 1 %, 5 % et 10 %, respectivement.

Les résultats montrent que l’effet de l’instabilité politique est sensiblement réduit lorsque les variables de gouvernance sont prises en compte. En outre, l’analyse empirique (résultats disponibles sur demande) fondée sur des régressions Probit semble indiquer qu’une amélioration de la qualité institutionnelle réduit sensiblement la probabilité de conflit social. Ce résultat est conforme aux conclusions d’ouvrages économiques antérieurs, donnant à penser que le niveau de gouvernance joue un rôle important dans la réduction de la probabilité de conflits sociaux (Bernal-Verdugo, Furceri et Guillaume, 2013) et dans l’accélération de la reprise après un conflit (David, Rodrigues Bastos et Mills, 2011).

Bibliographie

    Banque mondiale.2015. Indicateurs du développement dans le monde.Washington.

    Banque mondiale.2015. Indicateurs de la gouvernance dans le monde.Washington.

    Berg, A., J.D.Ostry, and J.Zettelmeyer. 2008. “What Makes Growth Sustained?”, IMF Working Paper 8/59, International Monetary Fund, Washington.

    • Search Google Scholar
    • Export Citation

    Bernal-Verdugo, L.E., D.Furceri, and D.M.Guillaume. 2013. “The Dynamic Effect of Social and Political Instability on Output: The Role of Reforms.” IMF Working Paper 13/91, International Monetary Fund, Washington.

    • Search Google Scholar
    • Export Citation

    David, A.C., F.Rodrigues Bastos, and M.Mills. 2011. “Post-conflict Recovery: Institutions, Aid or Luck?” IMF Working Paper 11/149, International Monetary Fund, Washington.

    • Search Google Scholar
    • Export Citation

    Fonds monétaire international (FMI). 2008. Perspectives économiques régionales,octobre2008.

    Fonds monétaire international (FMI). 2013a. «Afrique subsaharienne — Maintenir le rythme». Perspectives économiques régionales,octobre.

    • Search Google Scholar
    • Export Citation

    Hausmann, R., D.Rodrik, and A.Velasco. 2006. «Établir le bon diagnostic». Finances & Développement, 43/1, Fonds monétaire international, Washington.

    • Search Google Scholar
    • Export Citation

    Rodrik, D., 1999. “Where Did All the Growth Go? External Shocks, Social Conflict, and Growth Collapses.” Journal of Economic Growth,Springer, 4(4): 385–412.

    • Search Google Scholar
    • Export Citation

    Other Resources Citing This Publication