Building Integrated Economies in West Africa
Chapter

Chapitre 2. Contexte macroéconomique et défis actuels

Author(s):
Alexei Kireyev
Published Date:
September 2016
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Author(s)
Monique Newiak and Christian Josz 

La croissance économique de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a été historiquement faible, mais a récemment progressé, tirée par les réformes structurelles et la reprise économique dans les plus grands pays de la région. La monnaie étant rattachée à l’euro, l’inflation reste généralement peu élevée dans la région. Cependant, les déficits budgétaires substantiels soumettent la position extérieure à des tensions de plus en plus fortes. Le déficit budgétaire global de l’UEMOA s’est récemment creusé, en raison surtout de l’augmentation des investissements publics d’infrastructure dans plusieurs pays. Étant donné la forte teneur en importations de ces investissements, l’accentuation des déficits budgétaires pèse sur le déficit des transactions courantes, les réserves brutes de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et les avoirs extérieurs nets des banques commerciales. Au cours des prochaines années, un assainissement des finances publiques sera nécessaire, conformément aux critères de convergence réaffirmés récemment par l’UEMOA. Pour préserver les investissements d’infrastructure dont ces pays ont tant besoin, y compris les investissements publics, il sera essentiel de prendre des mesures pour accroître les recettes fiscales et maîtriser les dépenses courantes. Si l’assainissement budgétaire prévu par les États membres ne se concrétise pas, la BCEAO pourrait être amenée à resserrer sa politique monétaire. Les normes prudentielles de l’UEMOA sont plus faibles que dans des pays comparables. Un quart environ des banques ne les observent pas. Les efforts en cours pour renforcer la supervision bancaire et durcir les normes prudentielles vont dans le bon sens, mais ils demanderont du temps pour produire des effets et doivent être accélérés. Les mesures prises pour moderniser le cadre réglementaire et constituer des marges de manœuvre dans le système financier devraient aussi être accélérées avant que les risques baissiers ne se matérialisent.

Contexte Macroéconomique

Depuis 2012, la région de l’UEMOA a enregistré une forte croissance moyenne en dépit de défis difficiles, notamment les questions sécuritaires dans quelques États membres. Le rebond qui a débuté en 2012, lorsque la Côte d’Ivoire a entamé son redressement après la crise, continue de s’affermir, grâce à l’augmentation de l’investissement public principalement dans les infrastructures, mais aussi de l’investissement privé. La hausse des investissements dans l’infrastructure publique a également stimulé l’activité économique. Les retombées de l’épidémie du virus Ébola sur la croissance, quoique considérables en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, ont été faibles dans les pays de l’UEMOA. Les prix à la consommation et l’inflation sous-jacente ont été historiquement faibles et, à l’exception de plusieurs pics liés aux prix des produits alimentaires et combustibles, se sont rapprochés de zéro en 2014 (tableau 2.1).

Tableau 2.1.UEMOA : Tendances économiques à long terme
2014Population (millions)PIB par habitant (en dollars)Exportations (% du PIB)Compte courant (% du PIB)Recettes publiques/PIB (%)Profondeur financière (M2/PIB)Principal produit d’exportation
UEMOA86,7588,532,1−4,317,226,9
Bénin8,4623,910,8−6,416,829,3Coton
Burkina Faso13,2448,911,9−10,312,519,6Coton
Côte d’Ivoire18,2951,051,33,018,225,0Cacao
Guinée Bissau1,6188,522,9−12,219,534,3Banane
Mali13,5486,930,6−4,917,128,5Or
Niger14,0283,015,7−8,313,114,9Uranium
Sénégal11,7820,525,8−10,120,036,3Poisson
Togo6,2350,740,5−6,016,933,2Ciment
Sources : FMI, International Financial Statistics et base de données des Perspectives de l’économie mondiale; COMTRADE des Nations Unies.
Sources : FMI, International Financial Statistics et base de données des Perspectives de l’économie mondiale; COMTRADE des Nations Unies.

Le déficit budgétaire consolidé de la région reste relativement élevé. Le déficit budgétaire global (dons compris) a atteint 4,6 % du PIB en 2014, au lieu de 2,9 % du PIB en moyenne au cours de la décennie écoulée, ce qui tient à l’accroissement de l’investissement public visant à remédier au déficit d’infrastructure, surtout au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Mali et au Niger. Les recettes fiscales étant globalement restées stables, à 16 % du PIB, les pays ont fait de plus en plus appel au marché financier régional. En 2014, les taux moyens des bons du Trésor ont progressé d’environ un demi-point de pourcentage depuis le début de l’année et sont passés de 4,8 à 5,6 %. La dette publique totale a légèrement reculé pour s’établir à 38,1 % du PIB. La politique budgétaire et la situation des finances publiques reflètent la réorientation prévue des politiques budgétaires nationales au profit d’investissements publics propices à la croissance. L’augmentation du déficit budgétaire global était imputable à la progression des investissements publics en vue de combler le déficit d’infrastructure; en effet, dans les pays de l’UEMOA, il était nécessaire depuis longtemps de privilégier les dépenses d’investissement productives plutôt que les dépenses courantes. La dynamique actuelle va donc dans la bonne direction et, comme le niveau initial de l’investissement est très bas, la hausse du déficit peut être considérée comme temporaire.

La politique monétaire appuie la croissance. En maintenant un taux de refinancement faible de 2,5 % depuis septembre 2013, la banque centrale a aidé les banques à investir une partie de leurs liquidités élevées dans des obligations souveraines sur le marché régional. Le crédit à l’économie a continué à progresser à des taux robustes, et le crédit aux États à des taux encore plus élevés. Récemment, les opérations de refinancement par la BCEAO ont nettement augmenté, et la position de liquidité des banques commerciales auprès de la banque centrale, d’une position de créancier net, est passée à une position de débiteur net. Les emprunts des banques commerciales auprès de la banque centrale ont atteint 9 % des passifs des banques, et les emprunts des États auprès des banques commerciales ont progressé à environ 20 % des actifs des banques commerciales. L’écart d’intérêt positif entre le refinancement de la banque centrale et les obligations et bons du Trésor et les obligations de fonds propres de 0 % pour les titres publics de l’UEMOA ont également pu encourager les emprunts auprès de la banque centrale et l’investissement dans des titres publics. La hausse des émissions souveraines constitue une évolution positive dans la région, qui se prolongera avec le développement du marché obligataire secondaire. Les pays de la région ont géré régulièrement et correctement la dette liée à ces émissions souveraines, et les autorités de l’UEMOA n’observent pas de risques majeurs dans ce domaine. En parallèle, le volume des opérations sur le marché interbancaire s’est amenuisé.

Le déficit du compte extérieur courant est resté bien supérieur à sa moyenne historique. La détérioration du déficit du compte courant ces dernières années est imputable à un écart croissant entre l’épargne et l’investissement à la fois dans le secteur public et le secteur privé. L’aggravation de cet écart entre l’épargne privée et l’investissement est due principalement à la nette augmentation de la consommation privée en Côte d’Ivoire. Après un repli temporaire, les réserves de change de la BCEAO ont légèrement augmenté en 2014, ce qui s’explique notamment par l’application plus rigoureuse de l’obligation de rapatrier les recettes d’exportation. Cette hausse a toutefois été globalement neutralisée par la dégradation de la position extérieure nette des banques commerciales.

La position extérieure reste soutenable, mais les vulnérabilités ont augmenté. Il semble que le taux de change corresponde globalement aux fondamentaux, mais les marges de manœuvre extérieures n’ont pas été stables. La couverture de réserves internationales de la BCEAO s’établissait à la fin de 2014 à environ 5 mois d’importations; la position de change nette des banques a baissé et est devenue négative. Les réserves de change brutes sont inférieures au niveau optimal à l’aune des critères conventionnels (de 5 à 12 mois d’importations). Elles restent toutefois sensiblement supérieures au niveau plancher qui fait fonction de signal d’alerte aux termes de l’accord monétaire de la zone avec la France (84 % de la masse monétaire au sens étroit, alors que le plancher est de 20 %).

Perspectives et risques

À moyen terme, la croissance régionale devrait rester vigoureuse, et les déficits budgétaire et courant diminuer progressivement si les autorités mettent à exécution leurs programmes d’assainissement des finances publiques (graphique 2.1). D’après les projections, la croissance devrait dépasser 6 % grâce au maintien d’investissements publics et privés élevés, et être favorisée par l’affaiblissement de l’euro (auquel le franc CFA est rattaché) et l’amélioration des termes de l’échange par rapport à l’évaluation du FMI de 2014 au titre de l’article IV, notamment en raison de la baisse des cours pétroliers internationaux. Pour sa part, l’inflation devrait s’établir en moyenne à 2 % à moyen terme. Le déficit budgétaire global devrait progressivement reculer à moins de 3 % du PIB d’ici à 2019 si les gouvernements mettent en œuvre leur plan de rééquilibrage des finances publiques. D’après les projections, la dette publique totale devrait se stabiliser à un niveau modéré (40 % du PIB environ). Sous l’effet de la baisse des prix pétroliers et de l’assainissement des finances publiques, le déficit extérieur courant (dons compris) devrait progressivement passer à environ 6 % du PIB à l’horizon 2020, la couverture des réserves restant supérieure à 4 mois d’importations. Par ailleurs, la baisse des prix du pétrole et l’affaiblissement du franc CFA pourraient aussi entraîner une amélioration du solde extérieur courant. Globalement, il s’agit d’une évolution positive qui est de bon augure pour l’avenir de la région.

Graphique 2.1.Perspectives à moyen terme de l’UEMOA, 2015–20

Sources : Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO); FMI, base de données du Département Afrique et Perspectives de l’économie mondiale; estimations et projections des services du FMI.

Note : Les pays sont désignés par leur code à trois lettres de l’Organisation internationale de normalisation. UEMOA = Union économique et monétaire ouest-africaine.

Les perspectives pour l’UEMOA sont soumises à des risques baissiers. Une nouvelle baisse des prix des matières premières autres que le pétrole résultant du ralentissement de la croissance dans les pays avancés et émergents agrégerait l’impact négatif sur les comptes extérieurs de la récente baisse des prix des produits de base des exportateurs concernés, comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Un resserrement des conditions de financement extérieur en raison de la normalisation de la politique monétaire aux États-Unis a accru les coûts financiers dans nombre de marchés préémergents en Afrique subsaharienne, notamment en Côte d’Ivoire et au Sénégal. Un nouveau resserrement pourrait exacerber ces tensions. L’absence d’assainissement budgétaire et une mise en œuvre lente des réformes structurelles, notamment celles visant à rehausser l’efficience de l’investissement public, freineraient la croissance et aggraveraient les positions extérieure et budgétaire de la région. Le recul de l’épidémie d’Ébola dans les trois pays les plus atteints est encourageant; une nouvelle flambée attiserait les risques de la région.

Développement du secteur financier

Les normes prudentielles de l’UEMOA restent inférieures aux normes internationales, et elles ne sont pas toujours respectées. Le ratio moyen d’adéquation du capital des banques correspond à environ la moitié des valeurs observées dans les pays comparables d’Afrique subsaharienne, et, dans la moitié des pays de la zone, il est inférieur à l’exigence minimum de 8 %. L’application des normes est en outre laxiste. En effet, 10 % des établissements bancaires ont des fonds propres négatifs. Environ un quart des banques ne respectent pas le niveau minimum de fonds propres obligatoires. Environ un quart des banques dépassent les limites des prêts entre parties liées. La moitié d’entre elles ne se conforme pas à la limite relativement élevée des engagements envers un emprunteur unique, ce qui tient en partie à l’absence de diversification économique. La qualité des actifs est également problématique, comme l’illustre le taux élevé de prêts non productifs assujettis à des règles de provisionnement moins exigeantes. Les avoirs extérieurs nets largement négatifs des banques soulèvent également des inquiétudes prudentielles dans la mesure où ils peuvent indiquer que celles-ci sont exposées à un risque de change croissant. Enfin, les groupes bancaires régionaux en plein essor, qui représentent près de 70 % des actifs bancaires de l’UEMOA, ouvrent de nouveaux débouchés, mais présentent également des risques puisque les holdings bancaires ne sont pas assujettis à une réglementation bancaire ou à un contrôle consolidé dans la région (graphique 2.2).

Graphique 2.2.UEMOA : stabilité financière et développement

Les autorités de l’UEMOA doivent faire respecter les réglementations prudentielles existantes et rehausser les normes conformément aux meilleures pratiques internationales. Les travaux en cours pour renforcer le contrôle bancaire et relever les normes prudentielles vont dans le bon sens, mais ils seront longs et leur rythme doit s’intensifier. Dans l’intervalle, il conviendra d’appliquer rapidement les mesures prévues pour relever les exigences de fonds propres des banques. Comme la conjoncture macroéconomique actuelle est assez favorable, il convient d’accélérer l’actualisation du cadre réglementaire et la mise en place de marges de manœuvre dans le système financier avant que les risques baissiers ne se concrétisent. Il est en outre important et urgent d’assujettir les sociétés de holding bancaire constituées dans l’UEMOA aux réglementations bancaires appropriées et à un contrôle consolidé. Une priorité doit consister à rendre opérationnels les caisses de garantie des dépôts et les fonds de stabilité financière. Il convient de créer une autorité de résolution administrative unique et indépendante pour assurer la prise en charge rapide et efficace des banques en situation de fonds propres négatifs.

Les autorités prennent actuellement des mesures pour mettre le cadre réglementaire en conformité avec les normes internationales et renforcer le contrôle prudentiel. La BCEAO a lancé un processus destiné à mettre en œuvre les normes de Bale II/III et à aligner plus étroitement la réglementation sur les principes de Bâle, notamment ceux qui ont trait à la consolidation de la supervision. Ces dernières années, la Commission bancaire de l’UEMOA a déployé des efforts considérables pour renforcer les capacités opérationnelles et élargir la supervision bancaire. Une caisse d’assurance des dépôts et un fonds de stabilité financière ont été créés et devraient prochainement démarrer leurs opérations.

Le développement du secteur financier reste l’un des principaux objectifs des autorités de l’UEMOA, et des mesures sont appliquées sur plusieurs fronts. Premièrement, les autorités sont conscientes du fait que le développement du secteur financier améliorera les canaux de transmission de la politique monétaire. En coordination avec les autorités nationales, la BCEAO a lancé un vaste programme de réformes à cet égard. Il s’agit notamment de la mise en place de nouvelles institutions, telles que des centrales des risques, qui permettent d’améliorer l’information et de stimuler le crédit, ainsi que de systèmes électroniques qui permettent de renforcer le marché interbancaire.

La plupart des pays de la région appliquent une stratégie de développement du secteur financier en vue de stimuler le crédit à l’économie. Les piliers principaux de ces stratégies sont les suivants : attirer de nouvelles banques, pour s’attaquer au manque de profondeur du secteur bancaire et aux faiblesses qui en découlent, telles qu’une faible concurrence, des coûts d’emprunt élevés et une forte concentration du crédit; et renforcer l’inclusion financière en éliminant les goulets d’étranglement et en accroissant l’accès aux services bancaires, et en développant le microcrédit et la banque mobile.

L’émission d’obligations souveraines constitue aussi un instrument important pour développer le marché financier régional. Un organisme — l’Agence UMOA-Titres — a été créé principalement pour coordonner les émissions obligataires au niveau international, afin de maintenir les rendements sous contrôle. En parallèle, les autorités redoublent d’efforts pour tirer pleinement parti des émissions souveraines sur le marché régional, notamment en agréant des spécialistes en valeurs du Trésor pour activer le marché secondaire des titres publics.

Les mesures administratives et disciplinaires qui ont été prises se sont traduites par une amélioration de la situation financière des banques. Les autorités de l’UEMOA insistent également sur la supervision des banques panafricaines. Pour ce qui est de l’ensemble du secteur bancaire, la direction de la BCEAO a contacté les organes de contrôle des banques mères de manière à coordonner leurs efforts et à harmoniser les pratiques de contrôle des banques panafricaines.

Transformation structurelle et diversification

La diversification de la production et des exportations de la région reste limitée, même selon les normes africaines. La structure des économies a peu changé depuis un quart de siècle. La majeure partie de la population travaille dans un secteur agricole à faible productivité, et le secteur secondaire est sous-développé. La poursuite de la transformation structurelle et de la diversification de la production et des exportations pourrait produire des dividendes de croissance considérables. Ces déficiences concernent les infrastructures, l’éducation et la formation, les services financiers, les réseaux commerciaux, le fonctionnement des marchés de facteurs et le cadre réglementaire. Les données concernant la réussite des politiques sectorielles sont plus contrastées, mais le secteur agricole de l’UEMOA justifie une attention particulière compte tenu des améliorations considérables qu’il est possible d’y apporter en termes de productivité et de qualité et de sa part élevée de l’emploi. Le plan économique régional des autorités, quoique couvert à 50 % seulement par les engagements de financement à ce stade, vise des domaines stratégiques, comme l’amélioration de la gouvernance, l’accès à l’énergie et le développement de l’infrastructure et des ressources humaines régionales.

La transformation structurelle et la diversification des économies de la région sont au centre de la demande des autorités de l’UEMOA pour ce qui est des programmes de développement. La croissance vigoureuse de la région, conjuguée à la stabilité macroéconomique et à un ensemble de conditions favorables à l’échelle mondiale, devrait être mise à profit par les pays membres pour jeter les bases d’une croissance potentielle plus élevée. Les autorités de l’UEMOA sont déterminées à œuvrer dans ce sens, comme en témoignent les efforts qu’elles déploient sur de nombreux fronts.

La plupart des pays de la région ont conçu des plans de développement avec pour ambition de devenir des pays émergents dans les décennies à venir. Il s’agit clairement d’un changement de modèle — de plans axés sur la politique budgétaire à des plans ambitieux de transformation économique. L’une des premières étapes de ce programme consiste à combler le déficit des infrastructures. À cet égard, les efforts déployés au niveau des pays sont complétés par des programmes régionaux dans les domaines de l’énergie et des routes. Plusieurs corridors ont été identifiés, et la préparation des projets se trouve à un stade très avancé pour certains, notamment l’autoroute entre Abidjan et Lagos. La mise en œuvre de la deuxième phase du Programme économique régional prévoit aussi de fournir des infrastructures régionales et un accès à l’énergie.

L’amélioration du climat des affaires sur d’autres plans, par exemple renforcer le système judiciaire, réduire la bureaucratie et accélérer le processus de création d’entreprise, est aussi entreprise tant au niveau des pays que de la région. La Commission de l’UEMOA met également en place une infrastructure pour harmoniser et diffuser dans les pays les pratiques modèles des réformes telles que définies dans l’évaluation Doing Business de la Banque mondiale. L’UEMOA met en œuvre une politique industrielle commune pour compléter les initiatives nationales et met l’accent sur le développement des petites et moyennes entreprises. L’objectif consiste à créer un marché unique pour les PME et à établir des liens avec les plus grandes sociétés, notamment pour sous-traiter la passation des marchés publics entre les pays.

Les pays de l’UEMOA exportent des produits agricoles, et la transformation structurelle intrasectorielle constitue une préoccupation majeure pour la plupart des dirigeants de la région. À cette fin, le fait d’ajouter de la valeur aux produits agricoles grâce à leur traitement constitue un élément des plans de développement nationaux, ainsi que de la politique industrielle commune de l’UEMOA. De la même manière, les efforts déployés par les pays pour attirer des investissements étrangers visent à accroître la part du secteur manufacturier dans la production nationale. Cette transformation structurelle intrasectorielle devrait contribuer à transférer des ressources du secteur agricole peu productif vers l’industrie manufacturière et les services, et à accroître les possibilités d’emploi pour les jeunes diplômés.

Intégration régionale

Promouvoir l’intégration régionale constitue aussi une priorité pour les autorités de l’UEMOA, en vue de créer un grand marché de 230 millions de consommateurs au sein de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le tarif extérieur commun de la CEDEAO est entré en vigueur en janvier 2015. La libéralisation des échanges commerciaux dans l’ensemble de la région offrirait au secteur privé davantage de possibilités de prospérer et de récolter les dividendes de la croissance. L’application du tarif extérieur commun de la CEDEAO offre des possibilités de doper les échanges régionaux, mais présente aussi des risques pour l’intégration régionale. Elle augmente cependant la protection tarifaire pour les pays de l’UEMOA en introduisant une nouvelle bande tarifaire de 35 % sur certains produits et la possibilité de déroger au tarif extérieur commun sur 3 % des lignes tarifaires des pays pendant plusieurs années, avec des retombées négligeables sur les recettes fiscales.

Globalement, compte tenu du ralentissement au niveau mondial et des multiples défis, la région de l’UEMOA a maintenu un fort élan de croissance. Le dynamisme de l’investissement public, surtout de l’investissement dans les infrastructures qui a été freiné pendant trop longtemps, a été l’un des principaux moteurs de cette croissance. La détermination indéfectible des autorités de l’UEMOA et les mesures visant à favoriser la transformation structurelle des économies nationales donnent à la région la possibilité de pérenniser la croissance. Il s’agit de la manière la plus durable de diversifier les économies et de créer les conditions propices à une stabilité macroéconomique à long terme.

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