Politiques Economiques, Croissance, et Equilibre Exterieur dans les Pays du Maghreb
Chapter

Politique des Changes et Croissance Economique en Tunisie

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
June 1988
Share
  • ShareShare
Show Summary Details
Author(s)
Abdelmajid Fredj

De 1978 à 1980, la politique des changes de la Tunisie a cherché à assurer une certaine stabilité au dinar, en vue de faire face au flottement des monnaies et d’une manière générale au flottement au niveau des politiques des changes des pays partenaires et des pays concurrents.

Au cours de la période allant de 1981 à 1984, pendant laquelle certains dérapages ont été observés, la politique des changes, renforcée par la mise en place de certains instruments de suivi et d’évaluation du comportement du dinar, a visé à obtenir une neutralité du taux de change du dinar par rapport aux grands agrégats économiques.

A partir de 1985, un rôle plus actif et plus incitateur a été donné au taux de change s’inscrivant dans le contexte global de l’économie tunisienne.

Cependant, la politique des changes de la Tunisie, comme d’ailleurs pour les autres pays en développement, demeurera aléatoire en raison des caractéristiques essentielles du système des changes actuel. La nécessité de procéder à un nouvel examen approfondi de ce système n’a pas cessé d’être soulignée, notamment par les pays en développement. Dans ce cadre, l’idée d’une nouvelle conférence monétaire internationale lancée par les pays en développement commence à faire son chemin et permet d’espérer d’obtenir un système des taux de change comportant une plus grande souplesse que le système des parités fixes et moins d’incertitudes que le système des taux flottants.

Parmi les instruments de politiques économiques dont l’utilisation par les pays en développement demeure la plus controversée figure la politique des changes. Ceci est dû d’une part aux difficultés de gestion du taux de change dans le cadre du système actuel et d’autre part aux incertitudes qui planent sur l’évolution des rapports monétaires.

En effet, les contraintes multiples et diverses, ainsi que les objectifs ambitieux conjugués avec les conditions particulières des pays en développement dans un environnement international défavorable où l’esprit de coopération internationale cède la place à l’égoïsme national, rendent l’application de certaines politiques économiques très aléatoires.

De ce fait, l’on se propose dans ce qui suit, de dégager en premier lieu les principales caractéristiques du système actuel afin de mettre en relief les difficultés auxquelles ont eu à faire face les pays en développement et de présenter, à travers l’expérience de la Tunisie, les principaux caractères de la politique de change afin de l’adapter aux contraintes du développement.

Caractéristiques du système actuel et difficultés de gestion des taux de change

Les désordres monétaires importants enregistrés au début des années 1970 ont fini par entraîner l’effondrement du système monétaire international issu de Bretton Woods et l’apparition d’un système de flottement généralisé.

Le système de flottement a succédé au système des parités ajustables à partir de juin 1972 (flottement de la livre sterling) puis tour à tour des autres monnaies, notamment après le flottement du dollar en mars 1973.

Dans ce nouveau système, les cours des principales monnaies sont essentiellement déterminés par les mécanismes du marché. Les interventions des banques centrales cherchent plutôt à atténuer les fluctuations à très court terme et non à faire obstacle aux modifications structurelles des taux. Ainsi la structure des taux de change s’est profondément modifiée sous le régime des taux flottants. Pendant certaines périodes, les taux de change ont accusé d’amples fluctuations en raison des mutations dans les politiques monétaires et principalement celle du Fed qui a adopté depuis octobre 1979 une politique monétaire mécanique visant à juguler l’inflation. L’ampleur de ces variations a été à la source de nombreux problèmes pour l’économie mondiale et en particulier pour les économies des pays en développement.

Diversité des régimes de change

Le deuxième amendement des statuts du Fonds monétaire international, entré en vigueur le 1er avril 1978, a consacré juridiquement l’instauration des taux de change flottants en prescrivant toute référence à l’or et en laissant aux pays membres la liberté de choisir entre l’une des dispositions de change suivantes, énoncées à la section 2 de l’article IV.

  • Le maintien, par un membre, d’une valeur pour sa monnaie en termes de DTS ou d’un autre dénominateur autre que l’or, choisi par le membre.

  • Des mécanismes de coopération en vertu desquels des membres maintiennent la valeur de leur monnaie par rapport à la monnaie, ou à des monnaies d’autres membres.

  • D’autres dispositions de change que choisirait un membre.

Au 31 décembre 1985, 94 pays, principalement des pays en développement, ont décidé de rattacher leur monnaie à une seule autre monnaie ou à un panier des monnaies. Treize pays ont opté pour un régime de flexibilité limitée par rapport à une monnaie ou dans le cadre d’arrangements de coopération monétaire dont les huit pays appartenant au Système monétaire européen. Enfin, 41 pays ont adopté un régime de flottement plus flexible comprenant notamment le régime de flottement indépendant suivi par les 4 plus grands pays industrialisés à savoir le Canada, les Etats-Unis, le Japon et le Royaume-Uni.

Mais, consacrant le principe de l’instabilité et face à la volatilité sans précédent des taux de change, plusieurs pays ont introduit des changements dans le régime de change suivi. C’est ainsi que des pays qui avaient choisi le régime de rattachement ont suivi d’autres arrangements. De même, à l’intérieur du groupe des pays suivant le régime des rattachement, on a observé plusieurs changements pour passer d’une seule monnaie, notamment le dollar EU, à un panier de monnaies. A titre d’illustration, on peut indiquer que durant la période allant de 1975 à 1981, le pourcentage de monnaies rattachées est revenu de 78 pourcent à 65 pourcent alors que la participation à “d’autres arrangements” est passée de 12 pourcent à 26 pourcent. Durant la même période le pourcentage de monnaies rattachées à une seule monnaie est tombé de 72 pourcent à 62 pourcent.

Variabilité des taux de change

La variabilité des taux de change au cours de la période de flottement a été substantielle aussi bien en termes nominaux qu’en termes réels et exprimés en taux bilatéraux et/ou aux de change effectif. Cette variabilité a été observée autant sur le court terme que sur le long terme.

Dans une étude de juillet 1984, du Département de la recherche du Fonds monétaire international, il est clairement démontré que les fluctuations des taux de change bilatéraux sont en moyenne de 2 à 3 pourcent d’un jour à l’autre. Les variations ont même atteint 30 pourcent sur quelques trimestres. L’ampleur de ces variations a été encore plus grande sur une période de 2 à 3 ans.

Il ressort également de cette étude que cette variabilité n’a pas été toujours dans le même sens. Elle a été dans la sens de la baisse durant les années après 1973 puis s’est renversée dans le sens de la hausse à partir de la fin des années 1970.

De même, la variabilité des taux de change nominaux a été plus importante que ne le laisse croire les différentiels d’inflation entre pays, entraînant ainsi une grande variabilité des taux de change réels.

La même étude constate également que les variations de taux de change ont été souvent imprévisibles en raison notamment du fait que les taux à terme ont été souvent de faibles indicateurs en matière de prévision des taux de change.

Difficultés de gestion des taux de change

La diversité des régimes de change ainsi que les multiples changements produits, de même que l’élargissement de la catégorie de pays suivant un régime plus flexible, ont entraîné de grandes difficultés à suivre les régimes de change et les corrections introduites aussi bien par les pays partenaires que les pays concurrents. De ce fait l’élaboration d’une politique de change à moyen terme comporte une grande incertitude et nécessite la mise en place de mécanismes de suivi et d’analyse des données objectives des différentes économies.

En outre, les difficultés de l’économie mondiale ont entraîné les pays en développement dans une course vers la dépréciation de leur monnaie, se traduisant par de nouvelles incertitudes dans la politique de change.

Par ailleurs, les variations des taux de change rendent aléatoires les flux commerciaux et financiers et, partant, celui des investissement. Les prix des importations et les recettes d’exportations deviennent de plus en plus difficiles à prévoir, ce qui accroît les difficultés auxquelles se heurtent le secteur public et le secteur privé lorsqu’il s’agit de planifier leurs activités, d’effectuer la gestion de leurs finances et de choisir entre des fournisseurs étrangers.

En outre l’incertitude qui plane sur l’évolution des taux de change complique la gestion des réserves internationales et celle de la dette extérieure. Un autre problème important est l’aggravation du risque que courent les exportateurs et les importateurs en ce qui concerne les changes à court terme.

Enfin, il ressort du système décrit précédemment que certaines monnaies, les principales d’ailleurs, avec lesquelles les 4/5 des transactions commerciales et financières internationales sont effectuées, flottent en fonction des politiques économiques, monétaires et budgétaires nationales des pays émetteurs, alors que les autres, c’est-à-dire celles des pays en développement, subissent directement les effets de telles politiques par le biais des monnaies auxquelles elles sont rattachées.

De ce fait, la politique de change des pays dont les monnaies sont rattachées, revêt deux aspects importants. Le premier consiste à défendre l’économie nationale contre les fluctuations erratiques des taux de change des principales monnaies. Et le deuxième consiste à élaborer une politique permettant d’obtenir un niveau de taux de change optimal compatible avec les objectifs de développement de l’économie.

Les objectifs de croissance et la politique de change

La relation entre le niveau du taux de change et la croissance économique peut être perçue à travers les effets que peut avoir un tel niveau pour l’encouragement des exportations des biens et services. Dans ce contexte la théorie nous enseigne que la modification des prix relatifs par une modification du taux de change permet d’encourager les exportations et d’obtenir par voie de conséquence des effets d’entraînement sur le reste de l’économie en stimulant les investissements et par là-même la croissance de l’économie. Toutefois, cette théorie repose sur une hypothèse de base de sous-emploi des facteurs. Or, les pays en développement connaissent une situation de plein emploi, du moins au niveau des ressources en capital.

Par conséquent, l’entraînement attendu d’un accroissement des exportations ne peut se réaliser que s’il est accompagné par un flux normal de capitaux permettant de financer les nouveaux investissements.

Dans ce cadre, la politique de change devrait non seulement encourager les exportations, mais également favoriser l’entrée des capitaux.

Cependant et d’un autre point de vue, on oppose généralement à cette théorie la thèse que les exportations des pays en développement sont liées à la demande dans les pays industrialisés, qui est elle-même fonction du revenu plutôt que des prix. De même, on considère que dans les pays en développement la réaction de la production à une modification du taux de change est lente et incertaine. En outre, on considère qu’une dévaluation a une forte incidence sur les prix des produits importés et a pour effet d’accroître le coût des projets de développement, ce qui ne manquera pas de poser également le problème de l’insuffisance des ressources internes.

De l’ensemble de ces facteurs, on dégage la nécessité de l’évaluation et de l’appréciation d’un niveau de taux de change optimal.

Le taux de change optimal est celui qui permet d’assurer l’équilibre fondamental de la balance des paiements. C’est la situation dans laquelle la position de la balance des paiements courants peut être financée par un apport normal de capitaux, sans recourir à des restrictions inopportunes sur le commerce extérieur. Aussi, l’ajustement du taux de change doit-il être envisagé si, “dans le cadre de politiques existantes, les déficits ou restrictions sont susceptibles de persister, voire de s’aggraver, au point que le pays ne peut plus financer ses déficits à l’aide des entrées normales de capitaux, ou que les restrictions ont manifestement pour effet de provoquer une très mauvaise répartition des ressources”.

Pour ce faire, l’examen du niveau de taux de change approprié est obtenu à travers l’analyse des variations du taux de change effectif nominal et réel. Il est entendu que celle-ci devrait être complétée par l’analyse des fluctuations du volume des produits que le pays exporte tant en chiffres absolus qu’en pourcentage des importations des principaux marchés.

De même une analyse micro-économique permet d’évaluer, pour chaque secteur de l’économie et pour chaque branche d’activité, leurs coûts de production, leur compétitivité et leur rentabilité.

Cependant, nous nous limitons dans ce qui suit à présenter l’expérience de la Tunisie en matière de politique de change à travers l’examen de l’évolution de l’indice du taux de change effectif nominal et réel.

La gestion du taux de change du dinar tunisien

Suite à l’entrée en vigueur du deuxième amendement des statuts du FMI en avril 1978, les autorités tunisiennes on notifié le FMI qu’elles adoptent un régime de change par référence à un panier de devises.

Si au niveau de la technique de détermination des cours des devises, des solutions ont été définies dès l’aube du régime de flottement, au niveau des objectifs il a été plus délicat d’établir des règles claires de politique, étant donné que le flottement a fait naître chez les autorités chargées de l’élaboration de ces politiques des sentiments confus, voire même contradictoires, notamment au cours des premières années de l’expérience du flottement généralisé des monnaies.

C’est ainsi que trois périodes d’évolution différente du taux de change peuvent être distinguées.

Dans ce cadre, la première période au cours de laquelle la Tunisie a commencé à fixer les cours du dinar en différentes monnaies sans se référer à la parité du dinar, est celle allant de 1978 à 1980. Au cours de cette période, il fallait non seulement trouver le biais qui permettrait d’assurer une cotation quotidienne du dinar, mais aussi de permettre aux autorités chargées de la politique du taux de change d’évaluer le comportement de ce dinar en termes de résultats sur les grands agrégats économiques et parfois même sectoriels.

L’examen de la structure des paiements extérieurs de la Tunisie, caractérisée par une hétérogénéité des monnaies de règlement utilisées, a amené les autorités à définir un taux de change effectif qui tient compte des fluctuations des monnaies de principaux partenaires de la Tunisie. Un indice de taux de change effectif a été constitué pour servir de base à la fixation des cours du dinar en assurant une stabilité exprimée sous forme d’indices par référence à une période de base au cours de laquelle la valeur du dinar se rapproche le mieux de l’équilibre.

Au cours de la période sus-indiquée, la position extérieure de la Tunisie était considérée comme satisfaisante et par ailleurs il était nécessaire d’assurer la poursuite de la politique de développement par l’encouragement des investissements, et par conséquent les importations des biens d’équipements, étant entendu que l’importation des biens de consommation et particulièrement de luxe étaient d’une part contingentée et d’autre part fortement taxée.

Par ailleurs, il était nécessaire de mettre en place des clignotants qui fournissent à l’autorité chargée de la politique de détermination du taux de change l’information nécessaire sur le comportement de la monnaie nationale par rapport aux monnaies étrangères afin d’éviter tout dérapage. Pour ce faire plusieurs indicateurs élaborés sous forme d’indices ont été définis.

L’examen des différents indices, repris dans les tableaux 1 à 6, fait ressortir un courant d’évolution du taux de change effectif homogène avec toutefois des amplitudes de dépréciation ou d’appréciation différentes. Ainsi de 1975 à 1977 l’ensemble des indices reflète une appréciation du dinar variant de 2 pourcent à 11,6 pourcent, qui a été corrigée par le nouveau système de cotation du dinar. Le taux du dinar a par conséquent, enregistré un affaiblissement significatif durant la période allant de 1978 jusqu’au premier semestre 1980. Ensuite, dès le deuxième trimestre 1980; l’évolution du dinar traduit une légère tendance à l’appréciation, avec un dérapage important au début de 1981.

Ce dérapage a amené les autorités à réviser les critères d’évaluation du taux de change du dinar qui ont marqué son évolution au cours de la deuxième période allant de 1981 à 1984.

Les perturbations qui ont persisté sur les marchés des changes depuis le milieu de 1980 se sont traduites par les fluctuations des taux des différentes devises, avec notamment une appréciation significative du dollar américain par rapport aux autres monnaies.

La volatilité des marchés de change et les mesures d’ajustement adoptées par les pays concurrents se sont traduites par des pressions à l’appréciation du dinar. Dans ce contexte, les autorités ont adopté une politique d’évaluation régulière du taux de change en vue de circonscrire les risques de dérapage et d’assurer une valeur du dinar se rapprochant le maximum de l’équilibre. Cet équilibre est recherché à travers une neutralité du taux de change par référence aux indices d’évaluation et en relation avec les spécificités de l’économie de la Tunisie, en considérant la balance courante dans ses principales composantes.

L’objectif de neutralité recherché au cours de cette période tient compte de deux caractéristiques fondamentales du commerce extérieur de la Tunisie. Premièrement, la faiblesse de la sensibilité des exportations aux prix, qui s’explique d’ailleurs aisément par le fait que pour plus de la moitié, les ventes de la Tunisie à l’étranger sont constituées de produits énergétiques peu sensibles aux prix et que pour l’autre moitié, l’offre est très inélastique en raison de la limitation des possibilités techniques de production. Deuxièmement, les importations de la Tunisie sont de caractère essentiel et indispensable pour le développement. Par conséquent, la politique de taux de change ne doit pas constituer un facteur de surcharge des importations notamment celles des matières premières et des biens d’équipement.

Pour ce faire, plusieurs améliorations ont été apportées aux indices sélectionnés pour évaluer le comportement du dinar. C’est ainsi qu’en plus des indices pondérés par la structure aussi bien géographique que par devise de règlement des paiements de la Tunisie, certains indices sectoriels ont été testés. Nous citons le cas du tourisme, du revenu du travail et des produits manufacturés à l’exportation. De même une analyse réelle, corrigeant les indices de taux de change effectif nominal par l’indice des prix relatifs a été effectuée.

Enfin, une deuxième amélioration a été ajoutée au cours de cette période aux éléments d’analyse du taux de change. C’est ainsi qu’au lieu de se limiter aux relations bilatérales, c’est-à-dire de ne considérer que le poids relatif des échanges avec les pays partenaires, l’analyse a été étendue à la notion de marché pour tenir compte de la concurrence des autres pays susceptibles d’échanger les mêmes produits sur les mêmes marchés. Cependant, la difficulté de quantification de l’élément multilatéral et la non-disponibilité des statistiques appropriées rendent l’exploitation de cet instrument peu satisfaisante.

L’évaluation des différents indices calculés, repris dans les tableaux, font ressortir une légère dépréciation du dinar en termes nominaux, mais cet avantage de la Tunisie s’est erodé avec l’évolution dans le sens de la hausse de l’indice des prix de gros relatifs.

Du côté des dépenses, l’indice pondéré par les importations exprimé en termes nominaux a connu une évolution à la baisse qui a atteint environ 10 pourcent au 4e trimestre de 1984 et a permis ainsi de résorber l’appréciation du dinar enregistrée jusqu’au 1er trimestre de 1981.

Du côté des recettes, les indices toujours exprimés en termes nominaux, mais cet avantage de la Tunisie s’est érodé avec l’évode travail ont enregistré une baisse de faible ampleur permettant ainsi de réaliser l’objectif de neutralité du taux de change.

Cependant, le dérapage de l’indice des prix de gros relatifs observé particulièrement au cours des années 1982 et 1983 et les corrections apportées par certains concurrents à la cotation de leur monnaie, comme le montre le tableau 3, dégagent une appréciation sensible du dinar notamment au cours de 1981 et qui a été légèrement corrigée au courant des années 1983 et 1984.

Aussi a-t-il été nécessaire de donner à partir de 1985 un rôle plus actif et plus incitateur s’inscrivant dans le contexte global de l’économie tunisienne. En effet, les difficultés des paiements extérieurs et la priorité donnée aux exportations a amené les autorités à entamer une politique de glissement vers la baisse du dinar pour résorber premièrement l’appréciation connue en termes réels au cours de la période précédente et pour améliorer la compétitivité de certains de nos produits d’exportations une fois que les structures de production nécessaires étaient mises en place.

Cependant, l’application de cette nouvelle politique ne peut être efficace, pour favoriser l’ajustement des paiements extérieurs et la relance de l’économie, que si d’autres instruments de politique économique et en particulier monétaire et budgétaire sont actionnés.

En effet, les risques majeurs de dérapage découlant d’une manipulation du taux de change, ne peuvent être contenus que par la mise en oeuvre d’un ensemble des mesures.

Conclusion

Dans le cadre du système actuel, la grande diversité des régimes de changes et les fortes fluctuations des taux de change des principales monnaies, n’ont pas permis au système de contribuer efficacement au processus d’ajustement et n’ont pas favorisé la croissance espérée du commerce et de la production.

Cependant, si les pays industrialisés ont réussi tant bien que mal à faire face aux vicissitudes d’un tel système en recourant notamment à des politiques protectionnistes, les pays en développement ont été durement touchés par l’instabilité des taux de change.

De ce fait plusieurs voix se sont élevées au cours des dernières années pour demander la mise au point d’un système qui éliminerait les rigidités reconnues d’un système de parités fixes et les incertitudes déstabilisatrices des taux flottants. Dans ce cadre, le débat largement entamé entre les pays du Groupe des 10 et les pays du Groupe des 24 représentant respectivement les pays industrialisés et les pays en développement, n’a pas permis d’aboutir à des résultats concrets.

Les pays du Groupe des dix considèrent que le système de flottement généralisé a fonctionné d’une manière satisfaisante, il reste uniquement à améliorer son fonctionnement par une meilleure coordination des politiques économiques nationales, alors que les pays du Groupe des 24 considèrent qu’en plus de la coordination des politiques nationales, il est nécessaire de définir des fourchettes de variations ou “zone objectifs” dont le respect favoriserait plus de cohérence entre les politiques économiques au niveau international et introduirait une meilleure discipline qui ne manquerait pas d’améliorer la stabilité des rapports monétaires.

La nécessité d’obtenir une meilleure stabilité du système de fixation des cours des changes se fait de plus en plus ressentir. C’est ainsi qu’en plus de pays en développement et de la France, les Etats-Unis viennent de se rallier à l’idée de tenir une conférence monétaire internationale.

Ces différentes positions confirment que la politique des changes à suivre en vue de favoriser la croissance et le développement ne peut se concrétiser dans le contexte d’un système de grande instabilité des taux de change.

Annexes
Tableau 1.Evolution de I’ITCE, période 1975-février 1982
Principaux indices1975197619771978197919801981
Indice actuel100,0101,4100,996,593,994,093,9
Indice CTR PP100,0103,3103,097,895,095,096,4
Indice CTR PP et PC100,0103,8103,9100,298,1100,7103,1
Indice PS PP100,0102,7101,695,492,091,793,6
Indice PS PP et PC100,0102,8102,497,294,094,997,2
Indice PS 81 PP100,0102,1101,495,692,992,693,1
Indice PS 81 PP et PC100,0102,3102,297,194,394,895,6
Indice MP100,0104,1104,599,797,297,499,3
PP = Pays partenaires.PC = Pays concurrents.MP = Importations pondérées.CTR = Commerce, tourisme, revenus de travail.
PP = Pays partenaires.PC = Pays concurrents.MP = Importations pondérées.CTR = Commerce, tourisme, revenus de travail.
Tableau 2.Evolution de I’TTCE: Quatre monnaies, 1975 - 19831
Principaux indices1975197619771978197919801981
Indice produits sensibles 80 4 monnaies100,0102,9102,496,893,493,596,6
Indice CTR 4 monnaies100,098,999,094,491,892,194,3
CTR = Commerce, tourisme, revenus de travail.PS = Produits sensibles.

Monnaies retenues: FF, $E.U, Cst et DM.

CTR = Commerce, tourisme, revenus de travail.PS = Produits sensibles.

Monnaies retenues: FF, $E.U, Cst et DM.

Tableau 3.Indice de taux de change effectif nominal du dinar(Base 100 = 1980)
AnnéesIndicesItcen pondéré par les importationsIlcen pondéré par les exportationsItcen pondéré par les exportations + T + RTIícen pondéré par le commerce des biensItcen pondéré par le commerce + T + RTItcen pondéré par les exportations (0.5 bilatérales-0.5 multilatérales)
1981I104,5106,3106,5105,1105,2106,0
II98,9101,8101599,699,9101,0
III99,2103,0102,6100,1100,4101,9
IV99,1102,7101,8100,0100,1101,1
Moyenne 1981100,4103,6103,1101,2101,4101,1
1982I98,7103,1102,299,699,9101,1
II97,11012100,198,198,299,3
III94,598,993,095,695,396,6
IV95,199,698,296,296,497,2
Moyenne 198296,3100,799,797,497,698,6
1983I93,798,397,094,994,995,9
II92,797,696,393,694,094,7
III93,293,897,394,694,795,6
IV93,399,697,994,895,096,1
Moverme 198393,298,697,194,694,795,6
1984I92,8100,097,994,494,596,0
II93,199,897,593,994,095,6
III90,693,996,692,692,794,6
IV90,199,296,692,392,494,6
Moyenne 198491,699,597,293,393,495,2
1985I88,698,696,291,291,594,0
II89,099,095,991,491,593,9
III83,393,194,490,690,592,9
IV84,692,339,486,586,389,0
Moyenne 198587,697,094,089,989,992,4
T = Tourisme.
T = Tourisme.
Tableau 4.Indices des prix relatifs de gros ajustés par l’indice du taux de change effectif nominal du dinar(Base 100 = 1980)
AnnéesIndicesItcen pondéré par les importationsItcen pondéré par les exportationsItcen pondéré par les exportations + T + RTItcen pondéré le commerce des biensItcen pondéré par le commerce + T + RTItcen pondéré par les exportations (0.5 bilatérales-0.5 multilatérales)
1981I104,9105,8106,4105,2105,7105,6
II95,997,498,096,396,797,2
III95,398,498,996,797,298,0
IV98,9100.7100.999,399,6100.0
Moyenne 198198,7100,6101,099,499,8100,2
1982I106.5109,2109,3107,4107,8108,3
II107,2109,4109,4107,7108,1110,7
III105,4107,3107,9105,9106,4106,3
IV107,7110,1110,6108,2108.6108,9
Moyenne 1982106,7109,0109,3107,3107,7108,5
1983I105,5107,3107,9106,1106,5106,8
II103,6105,6106,3104,1104,6104,8
III104,3106,9107,4105,0105,5106,6
IV103,2106,1106,6103,9105,3105,4
Moyenne 1983104,1106,5107,0104,8105,6105,7
1984I102,6105,4105,8103,2102,1105,0
II102,2104,3104,7101,8102,4103,8
III98,6103,2103,7100,6101,2103,0
IV100,0103,9104,4101,0101,6103,8
Moyenne 1984100,0104,2104,6101,6101,3103,9
1985I97,1100,9101,898,098,9101,2
II97.1100,6101,298,798,7100,7
III98,0100,6101,298,098,7100,7
IV96,097,598,396,597,199,1
Moyenne 1985197,1100,1100,797,898,5100,6

Moyennes 1985 estimées.

Moyennes 1985 estimées.

Tableau 5.Indices des prix relatifs de gros(Base 100 = 1980)
AnnéesIndicesItcen pondéré par les importationsItcen pondéré par les exportationsItcen pondéré par les exportations + T + RTItcen pondéré par le commerce des biensItcen pondéré par le commerce + T + RTItcen pondéré par les exportations (0.5 bilatéraies-0.5 multilatérales)
1981I100,499,199,9100,1100,599,6
II97,095,796,696,796,896,2
III96,195,596,496,696,896,2
IV99,898,199,199,399,598,9
Moyenne 198198,397,198,098,098,4107,1
1982I107,9105,9107,2107,6107,9107,1
II100,4108,1109,3109,8110,1111,5
III111,5108,5110,1110,8111,1110,1
IV113,2110,5112,2112,5112,7112,0
Moyenne 1982110,8108,3109,7110,2110,4110,2
1983I112,6109,2111,2111,8112,2111,4
II111,8108,2110,4110,9111,3110,7
III111,9108,2110,4111,0111,4100,9
IV110,6106,5108,9109,6110,9109,7
Moyenne 1983111,7108,0110,2110,8111,4110,7
1984I110,6105,4108,1109,3108,0109,4
II109,4104,5107,4108,4109,0108,6
III108,8104,3107,4108,6109,2108,9
IV111,0104,8108,1109,4110,0109,7
Moyenne 1984110,0104,7107,7108,9109,0109,1
1985I109,6102,3105,8107,5108,1107,7
II109,1102,3105,8107,5108,1107,7
III1111,0103,2107,3108,9109,7108,8
IV1113,7105,6110,0111,6112,5111,3
Moyenne 1985110,9103,2107,2108,8109,6108,6

Eslimées

Eslimées

Tableau 6.Taux de change nominal, 1975-1982(Dinar par devise étrangère)
1975198019811982198319841985
D.T.S.488,4527,1582,2652,1752,6796,3831,4
Dollar E.U.402,3405,0493,8590,7678,8776,8838,5
F.F.93,895,890,989,989,188,993,6
Pays concurrents
Maroc99,27102,995,598,0795,4588,1783,44
Espagne7,015,655,355,374,734,834,93
Portugal15,748,098,027,436,125,314,92
Grèce12,469,508,918,847,716,826,07
Turquie27,85,334,513,633,012,121,61
Corée du Sud0,830,670,720,810,870,960,96
Pays partenaires
Allemagne163,5222,8218,5243,4265,8272,9285,7
Belgique10,913,813,312,9813,313,414,2
Italie0,620,470,430,440,450,440,44
Suisse115,8241,8251,5290,7323,2330,6342,7
Hollande159,1203,7197,9220,9237,9242,0253,3
Royaume-Uni893,8942,11001,41030,81028,41033,61080,3

    Other Resources Citing This Publication