Politiques Economiques, Croissance, et Equilibre Exterieur dans les Pays du Maghreb
Chapter

Les Économies des Pays du Maghreb Dans L’environnement Économique Mondial

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
June 1988
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Author(s)
Christian François

Introduction

A l’instar des autres pays en développement, la situation économique et financière des quatre pays du Maghreb a connu au cours des quinze dernières années des changements considérables. Ces changements reflètent en partie les bouleversements qui ont affecté l’économie mondiale au cours de cette période. La forte hausse des prix du pétrole, les récessions économiques dans les pays industrialisés, la grave détérioration des termes de l’échange des pays en développement non-exportateurs de combustibles, la flambée des taux d’intérêt et les fluctuations des taux de change sont autant d’éléments qui ont secoué ces économies relativement ouvertes et proches des pays européens. Les changements intervenus sont également le résultat des différentes politiques économiques qui ont été appliquées par ces pays en fonction des options de gestion économique qu’ils ont adoptées ou en réponse aux chocs extérieurs qu’ils ont subis. Si dans les années 1960 les trois pays de l’Afrique du Nord — à l’exception de la Mauritanie — présentaient de nombreux traits communs sur le plan de la structure économique intérieure, de la gestion économique et financière et des relations commerciales, les différences structurelles se sont accentuées au fil des quinze dernières années. La forte hausse des produits pétroliers entre 1974 et 1980 à elle seule a introduit une grande différentiation, d’une part, entre l’Algérie et la Tunisie qui ont bénéficié pendant toute cette période d’une relative aisance financière et, d’autre part, le Maroc et la Mauritanie quit ont été confrontés dès 1975 à des problèmes de déséquilibre de balance des paiements. Le retournement abrupt des prix pétroliers depuis le début de l’année 1986, s’il aidera à l’ajustement des uns, créera pour les autres de nouveaux défis économiques.

Dans cette introduction à ce symposium consacré aux “Politiques Economiques, la Croissance, et l’Equilibre Extérieur dans les pays du Maghreb”, je voudrais tout d’abord tracer un tableau rapide des changements qui sont intervenus dans l’environnement économique international, en mettant l’accent plus particulièrement sur les facteurs qui ont touché directement les pays du Maghreb. En deuxième lieu, j’évoquerai brièvement en termes macroéconomiques les évolutions principales de chacun des quatre pays en soulignant plus spécialement la situation de la balance des paiements. Ces deux approches complémentaires me paraissent donner le cadre réel qui convient pour les discussions au cours de ce symposium sur les politiques économiques de croissance et d’ajustement.

L’environnement économique international

Il me parait utile, d’abord, de se remettre en mémoire l’ampleur des fluctuations qui se sont produites entre 1960 et 1986 dans les économies industrialisées et qui se sont transmises aux pays du Maghreb par le jeu des échanges commerciaux, des flux de capitaux et des mouvements de prix et de taux de change. En simplifiant les choses, on peut découper cette longue période de 25 ans en quatre sous-périodes qui correspondent assez bien aux différentes phases d’évolution de l’économie mondiale et, dans une large mesure, des économies maghrébines.

La croissance économique relativement vigoureuse dans les années 1960 à 1973 s’est accompagnée d’un essor rapide des échanges internationaux et des exportations des pays nordafricains. Pendant cette période de haute conjoncture et de relative stabilité des prix et des changes, qui a duré pratiquement jusqu’en 1973, le produit intérieur brut des pays industrialisés a augmenté de près de 5 pourcent par an tandis que leurs importations augmentaient de 8 pourcent par an, créant ainsi un marché extérieur en expansion pour les économies maghrébines. Ces conditions ont permis, dans l’ensemble, à ces économies de se développer à un rythme moyen de 3 pourcent l’an, dans un contexte d’inflation faible et d’équilibre extérieur, en bénéficiant d’une progression relativement stable du pouvoir d’achat de leurs exportations (c’est-à-dire les recettes d’exportation corrigées par les prix à l’importation). Les années 1960 ont été pour les pays du Maghreb une période de transition et d’ajustement des structures intérieures aux nouvelles conditions crées par l’indépendance politique. Vers la fin de la décennie, la crise du système monétaire international, latente déjà depuis quelques années, s’est aggravée.

A partir de 1973 jusqu’en 1980, l’économie mondiale est entrée dans une période de grande instabilité. Le premier bond des prix des produits pétroliers en 1974 s’est accompagné d’une récession profonde mais de courte durée dans les pays industrialisés. Une reprise s’est en effet produite dès 1975 sous l’effet principalement des politiques budgétaires et monétaires expansionnistes suivies par ces pays. Sans atteindre les taux de croissance élevés des années soixante, le taux annuel de progression du PIB des pays industriels a atteint 3 pourcent en moyenne, entraînant une demande d’importation relativement soutenue et des prix de réalisation pour les produits primaires en hausse, à l’exception toutefois du phosphate et des produits dérivés qui avaient fortement augmenté en 1974-75. Cette croissance s’est toutefois opérée dans un contexte d’inflation croissante, d’aggravation des déséqulibres budgétaires, d’augmentation du chômage et d’accentuation des rigidités structurelles qui ont aggravé les pressions protectionnistes en Europe. C’est ainsi que depuis 1979, les exportations de produits textiles et de certains produits agricoles vers la Communauté économique européenne ont fait l’objet de différentes formes de restrictions qui n’avaient pas été prévues dans les accords de coopération de 1976. Ces mesures ont affecté principalement le commerce extérieur et la politique industrielle du Maroc et de la Tunisie.

Dans les pays du Maghreb, pris globalement, la croissance durant cette période s’est accélérée considérablement pour avoi-siner le taux de 7 pourcent par an en moyenne. Cette accélération de la croissance a refleté en partie une augmentation importante des investissements, surtout dans le secteur public. On a toutefois assisté dans les années 1970 à une diminution très marquée du taux global de rendement des investissements, en ce sens que les investissements réalisés ont eu un effet de croissance de près de 25 pourcent inférieur à ceux de la décennie antérieure. Ce recul de la productivité globale de l’investissement peut s’expliquer par de nombreux facteurs, dont notamment la plus forte intensité en capital des investissements réalisés durant cette période et l’inadéquation des politiques d’accompagnement macro-économiques. L’inflation s’est accélérée également pour atteindre plus de 7 pourcent par an en moyenne.

Si les recettes d’exportation ont continué à s’améliorer pour l’Algérie et la Tunisie grâce à la hausse des prix pétroliers, le Maroc et la Mauritanie ont été, eux, confrontés à une dégradation brutale (25 pourcent entre 1975 et 1980) du pouvoir d’achat de leurs exportations. Cette situation, conjuguée avec la forte expansion de la dépense intérieure globale, a provoqué l’apparition de déséquilibres extérieurs importants. Pour financer ces déséquilibres, les pays du Maghreb ont commencé à recourir de façon importante aux financements extérieurs, encouragés en cela par l’accès facile au marché financier international et l’existence des taux d’intérêt réel négatifs. C’est également au début de cette période que le système des parités fixes de change résultant des accords de Bretton Woods de 1944 a été abandonné et remplacé par un système généralisé de taux de change flottants. Dès 1974, les quatre pays du Maghreb ont adopté un système de quotation des devises basé sur un panier de devises reflétant la structure des monnaies de règlements pour les uns ou la structure géographique de leurs échanges pour les autres. En fait, durant toute la période 1974-80, les taux de change effectifs nominaux et réels des quatre pays du Maghreb sont demeurés relativement stables, avec néanmoins une tendance à l’appréciation par rapport aux principaux pays partenaires ou concurrents.

Après le deuxième bond des prix des produits pétroliers en 1979-80, l’économie mondiale est entrée dans une phase de récession. La plupart des pays industrialisés, contrairement à la période 1974-75, ont adopté des politiques budgétaires et monétaires restrictives qui se sont traduites par un ralentissement considérable de la croissance économique et du commerce mondial. C’est ainsi que la progression du PIB des pays partenaires du Maghreb a atteint à peine 1 pourcent en moyenne par an entre 1980 et 1983, entraînant une progression très faible de leurs importations. De fait, le volume des exportations, hors combustible, des pays du Maghreb n’a guère progressé au cours de cette période ou s’il a progressé, les gains en volume ont été en partie amputés par la détérioration des termes de l’échange. De surcroît, on a assisté entre 1980 et 1983 à une flambée des taux d’intérêt réels qui a alourdi les charges du service de la dette des pays qui ont eu recours jusqu’alors au marché financier international, notamment le Maroc, l’Algérie et, dans une moindre mesure, la Tunisie. La situation paraissait si grave en 1982 dans tant de pays en développement que beaucoup d’observateurs craignaient un ébranlement de tout le système commercial et financier international.

Fort heureusement, la situation globale des pays industrialisés a commencé à s’améliorer vers la fin de 1983, amélioration qui a eu des effets positifs sur l’ensemble de l’économie mondiale. En 1984, et dans une moindre mesure en 1985, la production des pays industrialisés a augmenté en termes réels de plus de 4 pourcent (dont 2,5 pourcent pour les pays partenaires du Maghreb) et le commerce mondial a repris. De plus, le taux d’inflation a été réduit de moitié environ, les taux d’intérêt réels ont diminué à la suite de la forte baisse des taux nominaux et la structure financière des banques a été renforcée. Dans les pays en développement, et en particulier en Afrique du Nord, on constate en 1985, à la fois une accélération de l’effort d’ajustement, et une reprise de la croissance économique entraînée par la reprise de la demande extérieure et par l’accroissement de la production agricole, elle-même facilitée par le retour à des conditions climatiques plus favorables.

Les progrès qui ont pu être réalisés au niveau mondial entre 1982 et 1985 sont, en partie, le fruit de l’effort de coopération entre toutes les parties intéressées pour aider au redressement de la situation des pays en difficulté. Cette coopération a engagé, d’une part, les autorités des pays en difficulté qui ont eu le courage d’appliquer les mesures d’ajustement nécessaires et, d’autre part, les pays créanciers, les organisations multilatérales, et les institutions financières du secteur privé comme du secteur public qui ont apporté les crédits nouveaux et/ou les rééchelonnements de dettes nécessaires pour amortir les effets de l’ajustement et de l’endettement extérieur. Le Maroc et la Mauritanie ont ainsi bénéficié d’un réaménagement important de leur dette extérieure, qui a permis de réduire de moitié environ les charges effectives du service de la dette en 1984 et 1985.

Si globalement des améliorations ont pu être obtenues dans la situation des pays industrialisés et des pays en développement au cours des deux dernières années, de sérieuses difficultés continuent à se poser au niveau de l’économie mondiale. A cet égard, je voudrais mentionner quatre éléments de préoccupation. En premier lieu, la croissance économique des pays industrialisés s’est ralentie en 1985 et l’on ne voit pas encore très nettement l’ampleur de la reprise en 1986, malgré la diminution des taux d’intérêt et des prix des produits pétroliers et le réalignement des taux de change entre le dollar et les autres monnaies. En ce qui concerne les pays industrialisés partenaires directs du Maghreb, on s’attend à ce que leur croissance économique atteigne au moins 2,8 pourcent en 1986 (contre 2,3 pourcent en 1985), ce qui permettrait une certaine expansion de leur demande d’importation en provenance du Maghreb par rapport à l’année 1985. En deuxième lieu, la demande de produits de base, pétroliers et non-pétroliers, demeure faible, la concurrence est très vive et les prix exprimés en dollars continuent à stagner, voir même à baisser. Il va sans dire, je crois, que la baisse des prix des produits pétroliers qui a atteint près de 45 pourcent depuis la fin de l’année dernière, réduira considérablement les recettes d’exportation de l’Algérie, et dans une moindre mesure, celles de la Tunisie. En revanche, la diminution des prix pétroliers et d’autres prix de produits importés (notamment le blé et le sucre) entraînera une amélioration des termes de l’échange du Maroc et de la Mauritanie d’environ 10 pourcent en 1986. En troisième lieu, les flux de financement bancaires à destination des pays en développement sont en contraction et l’aide publique stagne. Cette contraction se vérifie également au niveau des pays du Maghreb. Enfin, et c’est le quatrième sujet de préoccupation, la présence du protectionnisme dans les pays industrialisés, en particulier aux Etats-Unis et en Europe, constitue une menace sérieuse pour l’expansion et la diversification des économies en développement. L’élargissement de la Communauté économique européenne depuis le 1er janvier 1986 à l’Espagne et au Portugal — même s’il comporte des avantages pour le Maghreb qui bénéficiera ainsi d’un marché plus étendu et plus accessible pour ses produits industriels — entraînera aussi des restrictions plus grandes en ce qui concerne notamment les exportations d’agrumes et d’huile d’olive.

Dans un environnement international nettement plus soutenu mais qui restera caractérisé dans les années à venir par une progression lente du commerce mondial et une faiblesse des prix des produits de base, les pays du Maghreb devront renforcer leurs politiques économiques de manière à pouvoir à la fois reduire les déséquilibres extérieurs qui sont importants et soutenir la croissance économique intérieure. Ces objectifs ne sont pas contradictoires. L’expérience montre que c’est dans une augmentation de la production nationale et des exportations nettes que réside la clé d’un ajustement qui aille de pair avec la croissance. Dans ce but, il s’agira de renforcer les incitations à produire, à exporter, à épargner et à investir. Tout en continuant à assurer une gestion macroéconomique prudente de la demande globale, les politiques économiques devront viser à accélérer les réformes structurelles indispensables pour améliorer l’efficacité du système productif et réduire le contenu en importations de la demande intérieure. Ces différentes politiques, notamment celles qui sont axées sur l’offre, feront l’objet d’autres exposés dans le cadre de ce symposium.

Evolution des économies du Maghreb

Il s’agit ici d’analyser brièvement la manière dont les données de l’environnement international et les politiques économiques ont façonné l’évolution des situations économiques de chacun des pays du Maghreb durant la période 1970-85. Je ferai cette analyse en termes macroéconomiques en me référant uniquement à l’évolution des grands agrégats que sont les taux de croissance du PIB, l’expansion monétaire, le déficit budgétaire, le taux d’inflation et les grandes composantes de la balance des paiements, y compris l’endettement extérieur et le taux de change. Les tableaux statistiques qui ont été distribués aux participants illustrent de manière plus précise cette analyse.

L’Algérie

L’amélioration considérable des termes de l’échange et des recettes d’exportation de l’Algérie au cours de la période 1973-80 a permis une augmentation importante des recettes budgétaires et du taux d’épargne intérieure. Cet accroissement des ressources a été utilisé principalement à la mise en oeuvre d’un vaste programme d’investissements publics, comprenant notamment des concours important pour le financement des investissements des entreprises publiques. C’est ainsi que le taux d’investissement est passé de 36 pourcent du PIB en 1970 à plus de 50 pourcent en 1975. Cependant, malgré la progression continue de l’épargne intérieure au cours de la période, l’Algérie a connu des déficits extérieurs importants en compte courant entre 1975 et 1980, qui ont été financés principalement par des emprunts sur le marché financier international. Avec la diminution des taux d’investissement à partir de 1978, les déficits extérieurs courants se sont atténués, passant de 12 pourcent du PIB environ en 1975 à moins de 1 pourcent en 1980. A la fin de 1980, la dette extérieure de l’Algérie atteignait 17,8 milliards de dollars, correspondant à 41 pourcent du PIB et le service extérieur de cette dette absorbait 27 pourcent des exportations de biens, services et transferts. La croissance du PIB réel pendant la décennie 1970 s’est située autour de 7 pourcent par an et le taux d’inflation à 7 pourcent. Malgré cette croissance très rapide qui s’est manifestée surtout dans le secteur industriel, la construction et les services, les exportations de l’Algérie en volume ont diminué de près de 20 pourcent au cours de cette période. On doit noter aussi la très forte élasticité des importations à la croissance du PIB, qui traduit principalement la forte intensité capitalistique des investissements réalisés au cours de la période, la lente maturation de ces investissements et la forte augmentation des importations de produits alimentaires.

Entre 1980 et 1985, la balance des paiements courants de l’Algérie a dégagé des légers surplus, malgré l’érosion des termes de l’échange à partir de 1982, ce qui a permis une réduction de l’encours de la dette extérieure en montant absolu. Cette évolution a résulté d’abord du maintien de recettes d’exportation à un niveau élevé, la diminution des recettes en provenance du pétrole ayant été compensée par l’accroissement du volume et des prix unitaires des exportations de gaz naturel et de condensats. Par ailleurs, l’évolution de la demande intérieure a été mieux contrôlée, grâce notamment à la stabilisation du taux d’investissement par rapport au PIB. La planification des importations, tout en demeurant stricte, a connu des assouplissements. Les autorités algériennes ont également axé leur politique économique sur l’amélioration de la productivité dans le secteur industriel et agricole. En outre, les investissements réalisés au cours de la décennie antérieure ont permis de réduire les importations dans certains secteurs. C’est ainsi qu’on assiste à une diminution considérable de l’élasticité des importations par rapport au PIB et à une amélioration du taux de rendement du capital investi.

Durant cette même période, la croissance du PIB est demeurée élevée autour de 6 pourcent et la hausse des prix a été de près de 8 pourcent en moyenne. Il faut toutefois souligner le potentiel d’inflation représenté par l’importance de l’accumulation des liquidités monétaires dans les mains des particuliers et des entreprises ainsi que l’appréciation du taux de change du dinar en terme nominal et réel par rapport à la valeur des monnaies des pays partenaires de l’Algérie; cette appréciation n’a pas favorisé une utilisation plus efficace des ressources et encore moins une diversification des exportations autres que le pétrole et le gaz. La diminution récente des prix de produits pétroliers place l’Algérie devant un défi majeur, celui de poursuivre un développement rapide dans les limites compatibles avec les contraintes extérieures.

La Mauritanie

L’équilibre traditionnel qu’avait connu la Mauritanie jusqu’en 1973 lorsqu’elle faisait partie de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) s’est profondément modifié depuis lors. Peu après l’introduction d’une monnaie autonome, l’Ouguiya, en 1973, les dépenses publiques pour le fonctionnement et les investissements ont augmenté rapidement. La nationalisation totale ou partielle des banques et des entreprises étrangères ainsi que la création de nombreuses entreprises publiques ont rendu plus complexes les problèmes de gestion. Simultanément, le potentiel agricole et pastoral s’est réduit sous l’effet de sécheresses successives et de politiques inadéquates de prix tandis que les termes de l’échange se sont détériorés avec la baisse en termes réels des prix du fer qui est le principal produit d’exportation. La diminution du pouvoir d’achat des exportations, combinée avec une expansion considérable des investissements et un effritement du taux d’épargne nationale, a conduit à des déséquilibres extérieurs extrêmement importants.

Jusqu’en 1979, les déséquilibres financiers résultant de ces mutations ont été financés sans difficultés par une aide extérieure massive sous forme de dons et de prêts concessionnels provenant essentiellement des pays arabes producteurs de pétrole. Depuis 1979, l’aide extérieur — en particulier l’aide non liée à des projets — s’est considérablement réduite et les conditions financières des nouvelles aides sont devenues plus sévères. C’est ainsi que la Mauritanie a dû faire face non seulement à des déséquilibres structurels importants mais également à un service de la dette qui dépasse largement sa capacité de remboursement. Les investissements réalisés au cours de la précédente décennie se sont généralement révélés peu rentables économiquement. La pêche maritime a connu un développement considérable mais sa contribution nette en termes de valeur ajoutée, d’apport en devises et de recettes fiscales demeure encore faible, en raison notamment des nombreux problèmes que posent l’exploitation et le contrôle de cette ressource.

Placées devant une situation critique, les autorités firent appel à l’assistance du Fonds et mirent en place un programme d’ajustement appuyé par deux accords de confirmation couvrant la période allant de juillet 1980 à mars 1982. Des résultats positifs furent obtenus au cours de ces premiers programmes mais ils ne permirent pas à la Mauritanie de remédier suffisamment à l’ampleur des déséquilibres intérieurs et extérieurs. Les efforts d’ajustement ont été renforcés en 1985 dans le cadre d’un nouvel accord de confirmation qui a été accompagné d’un important réaménagement de la dette extérieure, d’un accroissement des concours à long terme de la Banque mondiale et d’aides exceptionnelles à la balance des paiements. Les principales mesures mises en oeuvre ont concerné la réduction du déficit des finances publiques, l’assainissement des principales entreprises publiques, la rationalisation du programme d’investissement, la politique de crédit, les prix et le taux de change. Les résultats obtenus en 1985 sont encourageants. Le déficit du compte courant de la balance des paiements (avant dons) a pu être réduit de 35 pourcent du PIB en 1980 à 25 pourcent en 1985 et une reprise économique s’est amorcée.

Le Maroc

La situation économique et financière du Maroc a été relativement stable jusqu’en 1973; l’effort d’investissement bien que modeste (autour de 15 pourcent du PIB) était financé entièrement par l’épargne intérieure de sorte que la balance des paiements courants dégageait un léger excédent grâce notamment aux transferts nets en provenance des travailleurs marocains émigrés. Le taux de croissance du PIB réel a été de 4 pourcent par an pour la décennie 1960 et le taux d’inflation annuelle s’est situé en moyenne annuelle à 2,3 pourcent.

Après la forte augmentation des recettes d’exportation et des recettes budgétaires, qui a accompagné la forte hausse des prix du phosphate en 1974-75, le Maroc a accru considérablement le niveau des dépenses publiques, notamment pour l’investissement. Le taux d’investissement est ainsi passé de 16 pourcent environ du PIB en 1970 à 25 pourcent en 1975. Le recul précipité des prix du phosphate à partir de 1976 et la détérioration des termes de l’échange n’ont pas été accompagnés d’une diminution correspondante des dépenses publiques. Il en est résulté un élargissement considérable du déficit du budget et des entreprises publiques, qui a été financé par un recours au crédit bancaire et au marché financier international. Le déficit courant de la balance des paiements s’est également considérablement accru. Pour réduire les déséquilibres intérieurs et extérieurs, les autorités ont adopté en 1978 un plan de stabilisation financière axé principalement sur la réduction des dépenses publiques et ont intensifié les restrictions à l’importation. Après une période initiale de stabilisation, les politiques adoptées n’ont pu être poursuivies et la situation financière s’est de nouveau aggravée. Reflétant les politiques économiques expansionnistes jusqu’en 1978 et un accès relativement aisé aux sources de financement extérieur, le Maroc a pu réaliser sur toute la décennie 1970 un taux de croissance annuel moyen de près de 8 pourcent; le taux d’inflation s’est situé autour de 5 pourcent. Le volume des exportations s’est accru de 45 pourcent pour l’ensemble de la période; cependant, compte tenu de la détérioration des termes de l’échange après 1975, le pouvoir d’achat des exportations n’a connu pour toute la période de dix ans qu’une augmentation de 12 pourcent. Pendant la même période, le volume des importations a augmenté de 50 pourcent.

Depuis 1980, le Maroc s’est attelé à redresser les déséquilibres intérieurs et extérieurs dans le contexte de plusieurs programmes d’ajustement soutenus par le Fonds monétaire. Ces programmes ont comporté un ensemble étendu de mesures destinées à contenir la croissance de la demande globale, à améliorer sa composition et à renforcer l’efficacité des politiques économiques. Les mesures d’ajustement appliquées ont concerné le budget, la politique monétaire, la politique des prix à la production et à la consommation, le système des échanges commerciaux et le taux de change. Depuis 1984, les mesures d’ajustement ont été complétées par des réformes structurelles plus en profondeur dans le domaine du commerce, de l’industrie, de l’agriculture et des entreprises publiques, réformes qui ont été appuyées par des prêts d’ajustement structurels de la Banque mondiale. Pour alléger le poids à court terme de l’ajustement, les concours du Fonds monétaire pour les années 1983 à 1985 ont été accompagnés par des aides exceptionnelles de balance des paiements et par le rééchelonnement des charges de la dette à moyen terme et la prorogation des facilités de crédit à court terme.

Des progrès importants ont pu être réalisés au cours de la période de cinq ans dans la mise en oeuvre des réformes et mesures d’ajustement, bien que le rythme de mise en oeuvre ait été plus lent que prévu. Les résultats sur le plan de la balance des paiements sont demeurés toutefois en deçà des prévisions, en partie en raison de la persistance de la sécheresse pendant la plus grande partie de la période mais aussi en raison d’un environnement extérieur défavorable jusqu’en 1985. Alors que le volume des exportations a progressé de 23 pourcent sur la période 1980-85, soit deux fois plus vite que les importations, le pouvoir d’achat des exportations n’a augmenté que de 7 pourcent du fait d’une détérioration supplémentaire des termes de l’échange. Le réduction du déficit courant de la balance des paiements à 8 pourcent du PIB — qui s’est produite principalement en 1985 — a reflété tant une réduction des investissements qu’une augmentation de l’épargne intérieure.

Vu l’ampleur des déséquilibres extérieurs et intérieurs qui subsistent et le poids de la dette extérieure, le Maroc devra poursuivre son processus d’ajustement et de restructuration dans les années à venir. Ce processus, ainsi que l’amélioration des termes de l’échange depuis le début de l’année et la perspective d’une excellente récolte agricole, devraient aider le Maroc à faire des progrès importants sur la voie de la croissance et de la réduction du déséquilibre extérieur.

La Tunisie

Durant la décennie 1970, les performances de l’économie tunisienne ont été assez remarquables sur le plan économique et financier. Grâce à une amélioration des termes de l’échange (principalement durant la période 1970-75) et à une expansion continue du volume de ses exportations, la Tunisie a connu un taux de croissance élevé avoisinant 7-8 pourcent par an dans un contexte de relative stabilité financière et d’équilibre extérieur. Le taux d’investissement a augmenté de près de la moitié pour se situer autour de 30 pourcent pendant la décennie. Comme l’épargne intérieure a augmenté dans la même proportion, le déficit de la balance des paiements courants est demeuré autour de 4-5 pourcent du PIB. De plus, près du tiers de ce déficit extérieur a été financé par des capitaux extérieurs non générateurs d’endettement, notamment des investissements privés directs dans le secteur industriel et pétrolier. C’est ainsi que de 1970 à 1980, l’encours relatif de la dette extérieure par rapport au PIB a diminué, de même que les charges de service de la dette extérieure.

Depuis 1980, la Tunisie est entrée dans une phase plus délicate de son évolution économique. La croissance des recettes d’exportation s’est ralentie sous l’effet de la baisse des prix des produits pétroliers, de la diminution de la production nette globale exportable, et de l’affaiblissement de la demande extérieure pour les produits industriels et agricoles. Simultanément, la croissance de la demande intérieure est demeurée élevée tant du côté des investissements que de la consommation privée et publique. Cette double évolution s’est traduite par une diminution du taux d’épargne intérieure, un élargissement du déficit budgétaire, une expansion rapide des crédits intérieurs et une aggravation des déséquilibres extérieurs. Le déséquilibre extérieur a toutefois été limité par le recours accru, depuis 1983, à des restrictions à l’importation. Une partie importante du déficit extérieur a été financée par le recours à l’emprunt à moyen terme. La dette extérieur et les charges de la dette se sont accrues sensiblement entre 1980 et 1985. La croissance de l’économie s’est ralentie par rapport à la décennie précédente pour se situer en moyenne à 4,5 pourcent; ce ralentissement reflète en partie les effets de la sécheresse de 1982-83.

Avec la diminution des prix pétroliers et la stagnation du marché des produits phosphatés, les pressions sur la balance des paiements se sont accentuées depuis 1985, ce qui a amené les autorités à adopter un ensemble de mesures pour réduire le déficit du secteur public, modérer la progression de la consommation et encourager les exportations. Ces mesures devront probablement être renforcées en 1986.

Conclusion

Comme nous venons de le voir, les changements parfois très brusques intervenus dans l’environnement mondial au cours des quinze dernières années ont profondément affecté les performances économiques et financières des pays du Maghreb et la conception de leur politique économique. Si les récents développements sur le marché du pétrole vont affecter différemment les quatre économies du Maghreb, il n’en demeure pas moins vrai qu’elles se trouvent à des degrés divers confrontées à un problème d’ajustement et de croissance qui appelle un renforcement des politiques économiques. La principale question qui se pose est de trouver et de pouvoir mettre en oeuvre des politiques économiques qui permettent de promouvoir la croissance, sans perdre de vue l’ajustement car pas plus que l’ajustement ne peut être durable sans croissance, la croissance ne peut être durable sans ajustement. Mais nous vivons dans un monde d’étroite interdépendance. C’est pourquoi la solution de ces problèmes passe par une coopération internationale tout aussi étroite. Le succès des efforts d’ajustement des pays en difficulté requiert que les pays industrialisés contribuent à une croissance durable et non inflationniste de la demande mondiale, qu’ils gardent leurs marchés ouverts et qu’ils poursuivent des politiques économiques compatibles avec une baisse progressive des taux d’intérêt mondiaux. Il exige également l’appui et la compréhension de la communauté financière internationale qui est appelée à maintenir ses concours financiers.

Annexes
Tableau 1.Maghreb: Indicateurs économiques de base pour l’année 1985
UnitésAlgérieMauritanieMarocTunisie
PopulationMillions21,61,921,67,2
PIB par tête$E.U.2.5933865501.140
PIBMillions de $E.U.51.71669011.9208.216
Déficit des finances publiques1% du PIB−3,5−17,1−9,3−5,4
Liquidités monétaires et quasi-monnaie% du PIB88,325,649,746,1
Exportations% du PIB25,953,718,221,0
Importations (cif)% du PIB19,049,532,033,3
Balance commerciale% du PIB6,93,8−13,9−12,3
Compte courant extérieur1% du PIB2,0−10,6−8,1−7,1
Réserves de change (Décembre 1985)Nbr. de sem.7,07,21,04,6
Dette extérieure2Millions de $E.U.14.6921.43914.5894.036
% du PIB19,2208,4114,349,1
Service de la dette extérieure% des export.33,630,9332,3321,7
Taux de change (Décembre 1985)Pour 1 $E.U.5,077,110,10,834

Avant les dons extérieurs et le rééchelonnement de la dette extérieure (Mauritanie et Maroc).

Y compris la dette à court terme et les crédits du FMI (Mauritanie et Maroc).

Après rééchelonnement des charges de la dette extérieure.

Avant les dons extérieurs et le rééchelonnement de la dette extérieure (Mauritanie et Maroc).

Y compris la dette à court terme et les crédits du FMI (Mauritanie et Maroc).

Après rééchelonnement des charges de la dette extérieure.

Graphique 1.Maghreb: Principaux indicateurs économiques, 1970-86

Graphique 2.Maghreb: Principaux indicateurs économiques, 1970-86

Graphique 3.Maghreb: Taux de change effectif, 1974-86

(indices: 1980 = 100)

Graphique 4.Algérie: Principaux indicateurs économiques, 1970-86

(En pourcent du PIB)

Graphique 5.Maroc: Principaux indicateurs économiques 1970-86

(En pourcent du PIB)

Graphique 6.Tunisie: Principaux indicateurs économiques 1970-86

(En pourcent du PIB)
Tableau 2.Quelques indicateurs sur l’environnement économique international des pays du Maghreb(Taux d’accroissement annuel en pourcentage, sauf indications contraires)
Moyenne1986
1968-7719781979198019811982198319841985Est.
Production
Pays industrialisés3,54,23,31,21,4−0,42,64,72,83,0
Pays en développement6,25,14,33,52,21,61,34,13,23,0
Partenaires du Maghreb3,72,92,10.81,11,62,52,32,8
Inflation
Pays industrialisés7,47,78,19,38.87,34,94,33,93,4
Pays en développement18,59,911,614,513,310,49,710,19,09,2
Partenaires du Maghreb9,410,413,112,210,58,26,95,63,1
Déficit du gouvernment central (en % du PIB)
Pays industrialisés−3,2−2,8−3,3−3,6−4,6−5,4−5,1−5,4−4,7
Pays en développement1−3,9−3,4−4,6−5,7−6,6−7,1−5,2−4,6−4,5
Expansion monétaire
Pays industrialisés11,210,69,510,09,410,57,78,97,7
Pays en développement119,517,520,919,718,917,016,015,612,0
Exportations (volume)
Pays industrialisés8,15,57,04,13,6−2,22,59,33,92,7
Pays en développement5,74,05,0−4,0−5,7−8,12,97,10,43,8
Exportateurs d’énergie4,7−1,61,7−13,1−15,1−16,5−3,70,7−4,12,6
Autres7,19,48,49,16,50,78,311,73,44,3
Importations (volume)
Pays industrialisés7,45,68,8−0,7−1,50,15,113,05,25,0
Pays en développement9,27,14,88,57,1−4,2−3,22,2−0,3−0,6
Exportateurs d’énergie16,73,9−4,313,320,0−1,6−12,0−4,5−8,8−15,1
Autres6,68,99,36,51,5−5,51,65,23,35,1
Partenaires du Maghreb28,28,07,20,21,91,15,74,85,7
Commerce mondial (volume)7,75,46,51,70.8−2,32,88,72,93,3
Prix (en dollars)
Produits manufacturés8,115,614,210,7−4,9−2,5−3,3−3,71,014,0
Pétrole22,70,445,963,59,9−4,2−11,7−2,1−4,4−40,0
Matières premières9,9−5,517,85,9−13,9−10,17,13,7−12,212,0
Pouvoir d’achat des exportations des pays en développement36,85,17,02,70,9−1,98,513,42,18,1
Taux d’intérêt (Libor 6 mois)9,111,914,016,713,69,911,38,67,5
Déficit courant (milliards de S)
Pays développés14,5−25,5−61,8−18,9−22,2−23,0−64,1−54,213,5
Pays en développement−34,57,127,9−49,2−90,9−58,9−35,1−34,1−69,3
Exportateurs d’énergie−6,151,495,131,0−25,6−14,8−8,6−6,5−49,0
Autres−28,4−44,3−67,1−80,2−65,3−44,1−26,5−27,6−20,3
Source: World Economic Outlook, Enquête effectuée par les services du Fonds monétaire international, FMI, avril 1986.

Médiane.

Importations autres que produits énergétiques.

Pays non exportateurs de produits énergétiques.

Source: World Economic Outlook, Enquête effectuée par les services du Fonds monétaire international, FMI, avril 1986.

Médiane.

Importations autres que produits énergétiques.

Pays non exportateurs de produits énergétiques.

Tableau 3.Pays du Maghreb, population, croissance économique et inflation, 1960-85(Taux d’accroissement annuel moyen, %)
1960-701970-801980-851970-85
Croissance démographique
Algérie2,82,73,42,9
Mauritanie2,72,72,92,7
Maroc2,52,73,32,9
Tunisie2,12,22,52,3
Croissance du PIB réel
Algérie1,87,25,26,5
Mauritanie8,12,02,42,0
Maroc3,95,73,04,7
Tunisie4,27,34,66,3
PIB per capita
Algérie−1,03,81,53,1
Mauritanie5,5−0,8−0,5−0,8
Maroc1,22,7−0,31,6
Tunisie2,25,11,54,0
Taux d’inflation
Algérie6,77,07,67,2
Mauritanie4,810,38,89,8
Maroc2,37,89,88,5
Tunisie2,85,49,67,0
Source: Nations-Unies, CNUCED, Manuel des statistiques du commerce et du développement, 1979-83; pour la période 1980-85, estimations des services du Fonds.
Source: Nations-Unies, CNUCED, Manuel des statistiques du commerce et du développement, 1979-83; pour la période 1980-85, estimations des services du Fonds.
Tableau 4.Pays du Maghreb, investissements, épargne nationale et déficit courant de la balance des paiements,1 1970-86(En pourcentage du PIB courant)
1970197519801985 Prél.1986 Proj.
Algérie
Investissement36,451,944,341,2
Epargne nationale33,839,745,043,2
Déficit extérieur courant−2,6−12,2−0,62,0−2,0
Mauritanie
Investissement22,834,536,223,820,6
Epargne nationale15,87,71,6−1,00,9
Transferts publics nets4,616,811,514,212,0
Déficit extérieur courant−2,4−10,0−23,1−10,6−7,7
Maroc
Investissement15,925,223,621,719,3
Epargne nationale12,619,315,613,616,3
Déficit extérieur courant1−3,2−5,9−8,0−8,1−3,0
Tunisie
Investissement21,128,029,425,123,6
Epargne nationale14,623,124,617,914,7
Déficit extérieur courant−6,5−4,9−4,7−7,1−8,9
Sources: Données nationales et estimations des services du Fonds pour le déficit extérieur courant. L’épargne nationale est obtenue par différence et comprend les transferts privés en provenance de l’étranger.

Avant rééchelonnement des charges d’intérêt de la dette extérieure et les dons extérieurs officiels.

Sources: Données nationales et estimations des services du Fonds pour le déficit extérieur courant. L’épargne nationale est obtenue par différence et comprend les transferts privés en provenance de l’étranger.

Avant rééchelonnement des charges d’intérêt de la dette extérieure et les dons extérieurs officiels.

Tableau 5.Pays du Maghreb: finances publiques, 1970-86(En pourcentage du PIB courant)
1970197519801985 Prél.1986 Proj.
Algérie
Recettes26,847,143,039,730,0
Dépenses136,454,647,643,234,5
Déficit−9,6−7,5−4,6−3,5−4,5
Mauritanie
Recettes39,931,835,336,3
dont: dons extérieurs(—)(—)(15,3)(12,2)(9,8)
Dépenses42,745,640,237,3
Déficit−2,8−13,8−4,9−1,0
Maroc
Recettes219,926,224,925,727,4
Dépenses23,135,434,435,034,4
Déficit−3,2−9,2−9,5−9,3−7,0
Tunisie
Recettes24,329,032,034,534,0
Dépenses25,330,434,739,939,8
Déficit−1,0−1,4−2,75,4−5,8
Source: Government Finance Statistics Yearbook, FMI, et estimations des services du fonds pour 1980, 1985 et 1986.

Après déduction de l’épargne institutionelle qui finance une partie des investissements publics.

Dons extérieurs non compris.

Source: Government Finance Statistics Yearbook, FMI, et estimations des services du fonds pour 1980, 1985 et 1986.

Après déduction de l’épargne institutionelle qui finance une partie des investissements publics.

Dons extérieurs non compris.

Tableau 6.Pays du Maghreb: évolution des agrégats monétaires, 1964-85
Toux d’accroissement annuel
19641970198019851964-701970-801980-85
Liquidités monétaires et quasi monétaires(Encours en pourcentage du PIB)
Algérie33,854,365,388,318,220,718,9
Mauritanie13,511,122,325,616,018,914,0
Maroc30,230,442,749,77,717,614,1
Tunisie31,733,240,846,19,318,317,3
Crédit à l’étal(Encours en pourcentage des liquidités)
Algérie39,145,635,335,721,318,719,7
Mauritanie−44,4−9,323,032,86,831,011,9
Maroc40,850,160,061,211,520,315,1
Tunisie44,833,915,217,94,39,920,4
Crédit à l’économie
Algérie44,249,474,278,820,426,721,5
Mauritanie49,3124,0142,4115,035,220,611,4
Maroc51,044,041,546,15,117,016,7
Tunisie87,7101,993,7109,412,018,120,1
Taux d’intérêt (Taux de réescompte)(En pourcent)
Algérie2,752,752,752,75
Mauritanie3,53,55,07,0
Maroc3,53,56,08,0
Tunisie4,05,05,759,25
Source: International Financial Statistics (IFS), FMI.
Source: International Financial Statistics (IFS), FMI.
Tableau 7.Pays du Maghreb: structure du commerce extérieur, 1970-85(En pourcentage du PIB courant)
1970197519801985 Prél.1986 Proj.
Exportations
Algérie20,731,636,525,913,9
dont:hydrocarbures14,629,241,225,4(13,6)
produits alimentaires(4,1)(1,3)(0,3)(0,1)(0,1)
Mauritanie44,039,529,053,754,1
dont:minerai de fer(37,3)(32,4)(21,8)(21,8)(22,4)
poisson(3,6)(3,5)(6,2)(31,7)(31,7)
Maroc12,717,113,518,215,5
dont:phosphates et dérivés(2,9)(9,4)(5,6)(7,7)(—)
produits alimentaires(6,4)(4,0)3,74,6(4,2)
Tunisie13,119,827,421,017,5
dont:pétrole(3,5)(8,7)(15,4)(8,8)(3,4)
produits alimentaires(3,9)(3,9)(1,9)(2,1)(2,5)
Importations cif
Algérie25,844,128,319,012,8
dont:produits alimentaires(2,6)(8,3)(5,3)(4,3)(2,6)
Mauritanie27,777,361,449,544,3
dont:pétrole(—)(4,6)(4,9)(6,5)(3,5)
produits alimentaires(—)(—)(—)(—)(—)
Maroc17,828,623,932,025,1
dont:pétrole0,13,15,69,05,0
produits alimentaires3,07,14,04,32,7
Tunisie21,132,840,733,331,0
dont:pétrole(0,9)(3,3)(9,1)(4,5)(2,2)
produits alimentaires(4,6)(5,2)(4,4)(4,1)(4,4)
Balance commerciale
Algérie−5,1−12,58,36,91,0
Mauritanie16,3−31,8−32,43,89,8
Maroc−5,1−11,4−10,4−13,9−9,2
Tunisie−9,1−13,0−14,0−12,3−13,5
Exportations nettes de pétrole
Algérie14,628,440,525,013,3
Tunisie2,65,46,34,32,1
Exportations nettes de produits alimentaires
Maroc3,4−3,1−0,30,31,4
Tunisie−0,7−1,3−2,5−2,0−1,9
Sources: Statistiques douanières nationales; IFS et estimations des services du Fonds pour 1986.
Sources: Statistiques douanières nationales; IFS et estimations des services du Fonds pour 1986.
Tableau 8.Maghreb: indices du commerce extérieur,1 1960-85(Valeur globale, prix unitaires, volume et termes de l’échange)
1960-701970-751975-801980-85
(1960=100)(1970=100)(1975=100)(1980=100)
Algérie
Exportations
Valeur totale189466291126
Valeur unitaire97580287120
Volume19280101105
Importations
Valeur totale99477180128
Valeur unitaire111194161113
Volume89247112113
Termes de l’échange87299178106
Pouvoir d’achat des exportations169241180112
Mauritanie
Exportations
Valeur totale5000196111143
Valeur unitaire10015013799
Volume500013081144
Importations
Valeur totale233287162133
Valeur unitaire112200175108
Volume20814492123
Termes de l’échange897578129
Pouvoir d’achat des exportations33339864132
Maroc
Exportations
Valeur totale13733013990
Valeur unitaire10828611073
Volume128115126123
Importations
Valeur totale17237416392
Valeur unitaire11121718984
Volume15617386109
Termes de l’échange971325887
Pouvoir d’achat des exportations12515274107
Tunisie
Exportations
Valeur totale15247023872
Valeur unitaire10838318674
Volume14112312897
Importations
Valeur totale16146722776
Valeur unitaire11123618579
Volume14519712296
Terms de l’échange9616210093
Pouvoir d’achat des exportations13719912891
Sources: Nations-Unies, CNUCED, Manuel des statistiques du commerce et du développement, 1979-1983. Pour la période 1980-85, estimations des services du Fonds.

Les indices de valeurs sont basées sur des données exprimées en dollars.

Sources: Nations-Unies, CNUCED, Manuel des statistiques du commerce et du développement, 1979-1983. Pour la période 1980-85, estimations des services du Fonds.

Les indices de valeurs sont basées sur des données exprimées en dollars.

Tableau 9.Pays du Maghreb, taux de change vis-à-vis le dallar et taux de change effectif, 1970-86(En nombre d’unités nationales pour 1 dollar)
1970197819801982198419851986
(En nombre d’unités nationales pour 1 dollar)Mars
Taux de change
Algérie4,9373,9663,8374,5924,9835,0284,683
Mauritanie55,5446,1645,9151,7763,8077,0873,57
Maroc5,0604,1673,9376,0238,81110,069,22
Tunisie0,5250,4160,4050,5940,7770,8340,722
(En indice 1960=100)Premier
Taux de change effectif1974trimestre
Nominal1
Algérie93,9102,2100,0116,6134,6145,4143,3
Mauritanie109,5105,0100,0128,7134,5115,999,2
Maroc90,596,9100,095,588,783,877,7
Tunisie96,2101,0100,0100,3100,299,696,0
Réel2
Algérie93,099,0100,0121,0146,9157,2141,7
Mauritanie116,2108,6100,0139,3134,5123,6110,9
Maroc102,9104,7100,092,983,577,873,6
Tunisie118,9107,7100,098,296,896,292,4
Source: Fonds monétaire international, International Financial Statistics, Supplement on Economic Indicators.

Taux de change bilatéraux pondérés par la répartition géographique et de exportations du pays en 1980 telles que figurant dans Direction of Trade.

Taux de change effectif nominal ajusté par le différentiel des prix à la consommation par rapport aux pays partenaires.

Source: Fonds monétaire international, International Financial Statistics, Supplement on Economic Indicators.

Taux de change bilatéraux pondérés par la répartition géographique et de exportations du pays en 1980 telles que figurant dans Direction of Trade.

Taux de change effectif nominal ajusté par le différentiel des prix à la consommation par rapport aux pays partenaires.

Tableau 10.Pays du Maghreb, dette publique extérieure et avoirs extérieurs, 1970-85
1985
197019751980Prélim.
Encours de la dette (fin d’année)(En millions de dollars)
Algérie9374.47717.83114,692
Mauritanie1271887311,439
Maroc17111.7579.21714.589
Tunisie5411.0213,2274.036
Encours relatif de la dette(En pourcentage du PIB courant)
Algérie19,330,741,319,2
Mauritanie113,839,5108,1208,4
Maroc118,018,753,1114,3
Tunisie38,623,636,949,1
Service de la dette(En pourcentage des exportations de biens, services et transferts)
Algérie3,89,426,633,6
Mauritanie24,529,536,930,9
Maroc28,47,229,932,3
Tunisie19,07,614,321,7
Avoirs extérieurs (encours)(En millions de dollars; fin d’année)
Algérie1481.1283.7732.819
Mauritanie34814051
Maroc119352399115
Tunisie55380590233
Avoirs extérieurs(En nombre de semaines d’importation)
Algérie6.19.818.113.6
Mauritanie3.015.425.57,2
Maroc9.17.14.90.8
Tunisie9.413.98.74.0
Sources: Banque mondiale et estimations des services du Fonds pour 1980-85.

Y compris l’utilisation des crédits du FMI et les crédits à court terme (moins d’un an).

Après rééchelonnement de la dette.

Sources: Banque mondiale et estimations des services du Fonds pour 1980-85.

Y compris l’utilisation des crédits du FMI et les crédits à court terme (moins d’un an).

Après rééchelonnement de la dette.

Tableau 11.Maghreb: quelques indicateurs globaux d’efficacité économique, 1960-85
1960-701970-751975-801980-85
Algérie
Taux marginal d’épargne10,420,490,390,34
Elasticité des importations au PIB22,802,900,500,40
Coefficient marginal de capital32,806,205,807,40
Mauritanie
Taux marginal d’épargne10,250,080,02
Elasticité des importations au PIB23,501,402,30
Coefficient marginal de capital31,3025,2011,716,9
Maroc
Taux marginal d’épargne10,293,10−0,500,14
Elasticité des importations au PIB21,001,840,13−0,75
Coefficient marginal de capital31,703,004,106,90
Tunisie
Taux marginal d’épargne10,170,100,16−0,02
Elasticité des importations au PIB20,681,391,710,29
Coefficient marginal de capital35,702,614,827,60
Source: Banque mondiale.

Accroissement de l’épargne naturelle en pourcentage de l’accroissement du PIB au cours de la période.

Rapport entre l’accroissement du volume des importations et l’accroissement du PIB réel au cours de la période.

Rapport entre l’accroissement du volume des investissements et l’accroissement réel du PIB réel au cours de la période.

Source: Banque mondiale.

Accroissement de l’épargne naturelle en pourcentage de l’accroissement du PIB au cours de la période.

Rapport entre l’accroissement du volume des importations et l’accroissement du PIB réel au cours de la période.

Rapport entre l’accroissement du volume des investissements et l’accroissement réel du PIB réel au cours de la période.

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