Politiques Economiques, Croissance, et Equilibre Exterieur dans les Pays du Maghreb
Chapter

Introduction

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
June 1988
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“Les travaux du symposium organisé conjointement par la Banque centrale de Tunisie, l’Institut de financement du développement du Maghreb arabe et le Fonds monétaire international sur les “Politiques Economiques, la Croissance et l’Equilibre Extérieur dans les Pays du Maghreb” constituent une appréciable contribution à la réflexion sur des problèmes qui revêtent pour notre développement une singulière importance.

Des experts et universitaires de haut niveau, appartenant à quatre pays du Maghreb ont débattu de problèmes cruciaux portant sur les déséquilibres extérieurs et sur les politiques économiques à adopter pour faire face aux difficultés de la conjoncture économique internationale. La nécessité d’une coordination de ces politiques entre pays maghrébins, surtout qu’ils affrontent une nouvelle phase dans leur développement, s’impose de plus en plus au point de devenir une priorité.

En effet, la croissance économique, pourtant appréciable, réalisée dans les pays du Maghreb au cours de la dernière décennie, s’est néanmoins accompagnée de déséquilibres extérieurs, liés d’un côté à une croissance rapide des importations, provoquant une augmentation de la demande, plus rapide que celle de la production locale et d’un autre côté, à un endettement extérieur élevé pour financer l’effort d’investissement. Ces déséquilibres se sont aggravés récemment, suite aux derniers développements de la conjoncture internationale.

Les mesures d’ajustement que la nouvelle situation a amené nos pays respectifs à adopter ont certes un coût social élevé, mais nécessaire. Aussi, conviendra-t-il de les appuyer par une campagne d’information très large en vue d’obtenir un consensus national, après un libre et large débat.

En Tunisie, un programme d’ajustement et de relance a déjà été mis en oeuvre, comportant une réorientation des investissements, la poursuite de l’effort engagé en vue de contrôler la croissance de la consommation publique et privée et des mesures tendant à maîtriser notre balance des paiements et à restaurer progressivement nos équilibres fondamentaux.

Ces mesures doivent être renforcées par de nouvelles actions de politique économique dont j’évoquerai ci-dessous celles liées à un financement équilibré de la croissance économique:

  • En premier lieu, la politique monétaire à adopter doit maximiser l’épargne et préserver l’équilibre financier interne et externe.

  • En second lieu, l’effort d’investissement doit être maîtrisé en vue de tenir compte des possibilités réelles de l’économie. Il faudra, à ce titre, réexaminer certains choix du secteur public et promouvoir des projets destinés à l’exportation en vue de soulager la balance commerciale.

  • En troisième lieu, la consommation globale doit être contrôlée par une limitation des dépenses du secteur public, par une maîtrise des revenus et par un ajustement graduel des prix.

  • Enfin, le déficit commercial doit être réduit par la maîtrise des importations, en particulier des biens non prioritaires et une relance des exportations. L’intervention, à ces niveaux, d’une politique adéquate du taux de change conjuguée à ces efforts contribuera d’une façon significative à la relance de nos économies.

La réussite de ces politiques d’ajustement économique, aux plans conjoncturel et structurel, si elle requiert un concours international approprié, reste néanmoins tributaire de l’effort propre de chacun de nos pays, qui devront faire prévaloir leur volonté de mettre en oeuvre une politique de croissance équilibrée.

Cependant, ces efforts resteront incomplets, s’ils ne s’insèrent pas dans une politique d’intégration maghrébine susceptible d’intensifier les échanges inter-maghrébins, de valoriser les potentialités régionales, et de déboucher progressivement sur une entité économique capable de cohabiter avec les ensembles économiques régionaux et internationaux.

L’initiative des responsables de l’I.FI.D. d’avoir réuni une élite de chercheurs, d’experts et d’universitaires maghrébins, s’inscrit dans le cadre de nos préoccupations d’encourager les efforts de réflexion et de recherche qui pourraient aider les gouvernements de nos pays à se doter d’efficaces outils de travail dans l’approche et la solution des problèmes du développement.

Cette rencontre, qui a déjà porté ses fruits, devrait déboucher sur l’élaboration d’un programme d’action et aboutir, pourquoi pas, à la création d’un “brain trust” maghrébin qui puisse se réunir périodiquement et apporter sa contribution à la conception et à la conduite des politiques économiques de nos pays respectifs”.

Hedi Baccouche

Premier Ministre

République Tunisienne

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