Chapter

XVIII. Méthode d’enquête (ou de collecte des données)

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
March 1995
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Introduction

837. Le présent chapitre, ainsi que le chapitre suivant, ont principalement trait à l’établissement d’un SCTI ou d’une EE aux fins de la collecte des données de BP. Le premier des deux chapitres décrit les principes sur lesquels se fondent les méthodes d’enquête (ou de collecte des données); le second traite de la conception des formulaires. Cependant, la collecte de données auprès de plusieurs sources différentes—sources officielles, ménages et SCI—n’est pas abordée ici. Une méthode d’enquête auprès des sources officielles pourrait certes être conçue sur la base des principes décrits dans ces deux chapitres, mais l’établissement d’une méthode de collecte applicable au secteur officiel n’a généralement rien de compliqué. La collecte des données auprès des ménages et des SCI, qui sont les unes et les autres utilisées par le statisticien de la BP, est généralement effectuée par d’autres statisticiens.

838. Une méthode de collecte des données à l’aide d’un SCTI ou d’une EE ne peut être efficace que si les conditions ci-après sont réunies: des objectifs bien définis, un pouvoir juridique suffisant, l’inclusion, dans le champ couvert, de l’entière population statistique ou de l’ensemble de l’activité à mesurer, des méthodologies appropriées, des formulaires d’enquête bien conçus, des répondants disposés à coopérer, de bonnes méthodes de traitement des statistiques, un niveau adéquat de ressources et la sensibilité aux besoins des utilisateurs. Toutes ces caractéristiques sont passées en revue aux chapitres 18-21.

Des objectifs bien définis

839. Chaque méthode de collecte des données doit s’inscrire dans un cadre conceptuel clairement défini qui s’accorde avec celui des méthodes de collecte de même type. Un cadre conceptuel doit être établi conformément à des normes internationales, telles que celles qui figurent dans le MBP, et adapté aux besoins du pays.

840. En outre, les utilisateurs des données recueillies (dont les besoins peuvent évoluer avec le temps) doivent jouer un rôle actif dans le processus d’élaboration pour assurer que leurs préoccupations sont bien prises en compte. Les statisticiens doivent se mettre en rapport avec les utilisateurs primaires et secondaires pour que ceux-ci puissent leur faire connaître leurs critères concernant la fréquence, le degré d’actualité, l’exactitude et le niveau de précision des données. Il importe d’examiner les priorités et de passer en revue diverses options—en particulier lorsque les attentes des utilisateurs vont au-delà des objectifs que le volume des ressources à la disposition des statisticiens permet d’atteindre—et il convient de demander aux utilisateurs d’appuyer tout accroissement nécessaire de ces ressources. Par ailleurs, comme, dans bien des cas, les utilisateurs n’ont pas tous les mêmes perceptions et préoccupations, les statisticiens peuvent être amenés à trancher en cas de conflit. Ils pourraient également encourager les utilisateurs à créer des comités ad hoc ou permanents chargés d’uniformiser davantage leurs points de vue. En outre, des enquêtes officielles pourraient être effectuées en vue d’atteindre un plus large éventail d’utilisateurs.

Le pouvoir juridique

841. La collecte des données à l’aide d’un SCTI ou d’une EE doit s’appuyer sur une législation qui donne au statisticien le droit de recueillir les données dont il a besoin. Cette législation oblige les répondants à communiquer les informations requises (et les pénalise en cas de non-respect de cette obligation), confère au statisticien le droit d’examiner (le cas échéant) les comptes ou registres des répondants, préserve le caractère confidentiel des renseignements fournis (de sorte que les données à caractère commercial ou personnel ne sont communiquées qu’aux personnes chargées d’établir les statistiques de BP et les données connexes) et facilite la publication des données.

842. Les offices nationaux de la statistique, qui sont généralement chargés des EE, sont souvent dotés par la législation du pouvoir nécessaire pour effectuer ces enquêtes. Dans un certain nombre de pays, le contrôle des changes a suffisamment d’importance pour donner droit à la mise en place d’un SCTI. Nombre des pays qui ont aboli le contrôle des changes ont en même temps institué une législation spéciale leur permettant de maintenir le SCTI.

843. Un pouvoir juridique suffisant est absolument indispensable au succès de la collecte des données de BP. S’il n’existe pas de législation adéquate dans ce domaine, il faudra la créer. Une fois établie une législation donnant lieu à l’obligation de communiquer des données et d’en préserver le caractère confidentiel, les répondants seront davantage disposés à coopérer. Lorsqu’il n’existe pas de lois à cet effet ou que les lois en vigueur sont insuffisantes, les répondants peuvent supposer que la communication des données est laissée à leur discrétion, que la transmission de certaines données dépasse le mandat de l’organisme qui les établit, ou qu’il est peu important qu’ils répondent ou non au questionnaire.

844. Les statisticiens ne doivent pas s’abstenir de faire valoir le droit que leur confère la loi pour obliger les répondants à leur communiquer des données. S’ils sont conscients de la fermeté des statisticiens et savent qu’ils n’hésiteront pas, au besoin, à engager des poursuites et à faire infliger les amendes prévues, les répondants récalcitrants seront peut-être encouragés à s’acquitter de leurs obligations. Cependant, le statisticien ne doit faire valoir son droit qu’après avoir employé tous les autres moyens pour obtenir des données. Une législation appropriée entraî ne des obligations pour le statisticien également: il est notamment tenu de préserver le caractère confidentiel des données et doit veiller scrupuleusement à ce que ces obligations soient respectées. Lorsque les statistiques de BP sont publiées, il est parfois souhaitable que des informations ou des observations soient communiquées au sujet d’une grosse transaction donnée. En conséquence, la législation doit autoriser le statisticien à formuler des observations si l’information est déjà connue du public ou si le consentement des répondants peut être obtenu. Quoi qu’il en soit, il importe que les répondants en question soient consultés.

Sélection d’une source de données appropriée

845. La sélection de la source de données la plus appropriée est un processus qui est loin d’être simple. Lin grand nombre de facteurs influent sur ce choix, notamment la compatibilité de la source et des concepts de la BP, le délai avec lequel les données sont fournies, la fréquence avec laquelle elles sont disponibles, la qualité de la couverture des données, la possibilité d’utiliser les données pour établir la BP, le coût des ressources pour le statisticien, la charge que constitue la communication des données pour le répondant et le pouvoir que la loi confère au statisticien.

846. En général, aucune source de données ne répondra parfaitement à ces critères. Le statisticien de la BP devra déterminer, après avoir demandé l’avis des utilisateurs, quels sont les facteurs les plus importants et prendre une décision en conséquence. Le choix de la source de données appropriée obligera souvent le statisticien à mettre en balance les avantages et les inconvénients.

Unités statistiques

847. Pour recueillir des données auprès des entreprises, le statisticien doit tout d’abord déterminer l’unité statistique qui sera chargée de communiquer les données. À cette fin, il est nécessaire de veiller à ce que toutes les entités participant à une activité puissent être parfaitement distinguées les unes des autres pour éviter les risques d’omission et de double emploi.

848. D’après les principes directeurs internationaux (ceux du SCN, par exemple), les unités correspondent à des niveaux d’activité bien définis—à savoir l’établissement, l’entreprise (l’entité juridique) et le groupe d’entreprises. Le terme établissement désigne généralement une entité exerçant des activités dans un lieu déterminé, par exemple un atelier, une usine ou un site minier. Ce concept de lieu doit être assoupli lorsqu’il s’applique à des établissements qui exercent certaines activités—de transport, par exemple. Une entreprise regroupe les opérations de l’entité juridique qui réside dans un pays—par exemple une société ou une succursale d’une société non résidente. Le groupe d’entreprises ou, comme l’appelle le SCN, la famille d’entités juridiques, désigne les opérations d’un groupe d’entités juridiques qui résident dans un pays et sont unies par des relations de société mère-filiales182. Un groupe d’entreprises comprend les entités qui sont les filiales d’une société mère non résidente.

849. Le groupe d’entreprises est l’unité statistique que préfèrent nombre de statisticiens de la BP qui effectuent des EE sur les activités relevant de la BP, car c’est à ce niveau que sont organisées beaucoup de transactions internationales. Par exemple, un groupe d’entreprises peut avoir un service central qui s’occupe des transactions financières extérieures du groupe. Le choix du groupe d’entreprises, et non de l’entreprise, comme unité statistique réduit souvent la charge de travail du statisticien et des répondants. Cependant, si les activités relevant de la BP sont confiées à plusieurs centres au sein du même groupe, des dispositions peuvent être prises en vue de recueillir des données auprès de chaque centre, et il vaut peut-être mieux choisir une autre unité statistique (comme l’entreprise). Il importe de préciser que, si un groupe d’entreprises recouvre plusieurs secteurs institutionnels (par exemple une banque et des entreprises financières non bancaires), il convient de prendre des dispositions pour recueillir des données séparées pour chaque secteur. En conséquence, l’unité statistique indiquée est le groupe d’entreprises au niveau sectoriel. Le statisticien qui utilise un SCTI préférera sans doute choisir l’entreprise comme unité statistique. Cependant, il peut être souhaitable de relier les données de l’entreprise à celles du groupe d’entreprises.

Le registre de BP

Introduction

850. Le registre de BP est un relevé contenant des renseignements sur les unités économiques qui sont incluses, ou sont susceptibles d’être incluses, dans les enquêtes sur les activités relevant de la BP. Il est ce qui est souvent appelé la base de l’enquête.

851. Si les unités figurant dans le registre se situent au niveau du groupe d’entreprises, le registre doit comporter des renseignements sur la structure du groupe. Ces renseignements sont importants dans le cas d’une entreprise qui est jugée susceptible d’être incluse dans le registre. Dans ce cas, le statisticien doit déterminer si l’entreprise fait partie d’un groupe qui a déjà été identifié. Un registre des entreprises à inclure dans un SCTI pourrait, lui aussi, contenir des renseignements sur les groupes d’entreprises même si l’unité statistique retenue pour la collecte (l’enquête) est l’entreprise. Le registre doit indiquer le nom de l’unité, son adresse, le nom de l’agent de liaison, les numéros de téléphone et de télécopieur, le domaine et l’ampleur de l’activité de BP.

852. Le registre de BP est certes une base de données qui a une logique interne, mais il n’est pas nécessaire de le tenir matériellement séparé des autres registres statistiques. Par exemple, dans certains pays, l’Office de la statistique tient un seul registre pour toutes les enquêtes, y compris celles qui servent à recueillir des données de BP.

Sources servant à l’établissement d’un registre de BP

853. Nombreuses sont les sources qu’un statisticien pourrait utiliser pour établir un registre de BP. La liste ciaprès n’est pas exhaustive.

854. Une liste d’entreprises peut être établie à l’aide de la liste des exportateurs et importateurs de biens provenant des SCI. À part les exportations et importations, ces entreprises peuvent avoir des créances et engagements extérieurs—notamment sous forme de crédits commerciaux et, dans le cas des importateurs, de prêts à l’importation. Elles peuvent en outre être des utilisateurs et fournisseurs de services internationaux—de transport en particulier.

855. Il est possible d’établir une liste d’entreprises à partir d’un SCTI. Les entreprises à inclure dans un registre de BP peuvent être identifiées par les banques locales participant à un SCTI. Cependant, le statisticien devra peut-être recourir à d’autres sources pour identifier les entreprises qui règlent leurs transactions par l’intermédiaire de comptes ouverts auprès de banques non résidentes.

856. Les organismes publics chargés de la délivrance de licences et de la réglementation constituent d’autres sources possibles. Il s’agit notamment des organismes officiels d’investissement extérieur qui acceptent soit les demandes présentées par les non-résidents désireux d’effectuer des investissements directs ou des investissements de portefeuille dans le pays d’accueil ou d’accroître ces investissements, soit les demandes d’investissement à l’étranger adressées par des entreprises résidentes. Une source du même type est constituée par l’organisme, d’ordinaire la banque centrale, qui délivre l’autorisation d’acheter ou de vendre des devises. Cette source peut permettre d’identifier les nouveaux prêts des non-résidents lorsque les montants empruntés servent à effectuer des paiements directement à l’étranger. La banque centrale devrait être par ailleurs une bonne source de données lorsqu’il s’agit d’identifier les institutions financières participant à des transactions internationales, et les organismes de réglementation des activités d’assurance sont peut-être en mesure d’identifier les compagnies d’assurances ainsi que les agents et courtiers d’assurances qui exercent leurs activités au niveau international. Les organismes délivrant les licences d’importation et d’exportation ou les commissions de commerce international qui tiennent une liste des exportateurs pourraient constituer des sources de renseignements utiles si les données ne peuvent être tirées des SCI. Les organismes qui réglementent l’accès des transporteurs non résidents au marché intérieur ont parfois la liste de ces transporteurs et de leurs agents locaux. Les organismes de réglementation qui exercent un contrôle sur les activités de l’industrie du tourisme sont peut-être en mesure de fournir la liste des entreprises relevant de ce secteur.

857. L’administration fiscale est peut-être à même de fournir des renseignements sur les entités résidentes qui paient des impôts retenus à la source pour le compte de non-résidents, sur les entreprises sous contrôle étranger (entreprises d’investissement direct) qui bénéficient d’exonérations d’impôts ou qui ont besoin d’une autorisation pour rapatrier leurs bénéfices, et sur les entreprises qui perçoivent des revenus de sources extérieures.

858. Les autorités chargées du contrôle des sociétés et des bourses demandent généralement aux sociétés immatriculées ou cotées de leur communiquer certains renseignements, parmi lesquels le nom de leurs plus gros actionnaires (y compris les actionnaires non résidents). Elles peuvent constituer de bonnes sources d’informations permettant d’identifier les entreprises qui sont des entreprises d’investissement direct ou dans lesquelles les actionnaires non résidents ont d’importants investissements de portefeuille. On peut en outre s’adresser à ces institutions pour identifier les émetteurs d’obligations et autres catégories de titres.

859. Les associations industrielles peuvent être en mesure de fournir la liste des membres participant à certaines activités, telles que le commerce de services et diverses transactions financières internationales.

860. La presse financière est souvent une mine de renseignements qui peuvent amener le statisticien à pousser plus avant ses enquêtes. Les nouvelles financières sont une source particulièrement importante d’informations qui permet d’obtenir des mises à jour sur les principales transactions de la BP à identifier et suivre rapidement.

861. Le statisticien peut ajouter sur les formulaires servant à recueillir des données de BP une ou deux questions exploratoires toute simples sur les activités de BP qui ne sont pas couvertes par les formulaires d’enquête.

862. Le statisticien peut s’adresser à des non-résidents pour obtenir des renseignements. Par exemple, en utilisant les listes publiées par les autorités étrangères, il peut être à même de suivre l’évolution des titres émis par les résidents sur les marchés étrangers.

Établissement et tenue à jour du registre de BP

863. L’établissement du registre de BP, qui est illustré par l’exemple 18.1, peut être considéré comme une activité à deux phases. Dans la première phase, les entreprises qui sont de nature à effectuer des transactions de la BP sont identifiées grâce aux sources décrites ci-dessus. Leur liste est ensuite comparée à celle des unités figurant déjà dans le registre.

Exemple 18.1Tenue à jour du registre pour une enquête auprès des entreprises

864. Le statisticien ne doit épargner aucun effort pour identifier toutes les unités qui sont de nature à effectuer des transactions de la BP et il doit s’assurer que rien d’important n’a été omis. Il est en outre essentiel que le statisticien fasse connaître son point de vue aux fournisseurs des données source. Il ne doit pas hésiter à leur poser des questions et à proposer une meilleure méthode de collecte ou de présentation des données.

865. Dans la deuxième phase, de plus amples renseignements sont obtenus sur les entreprises qui ont été identifiées à l’aide des sources initiales et qui ne figurent pas encore dans le registre. Il est peu probable que les entreprises identifiées soient toutes portées sur le registre de BP, car certaines entreprises n’exercent pas d’activités relevant de la BP Le statisticien peut mener une enquête préparatoire pour déterminer quelles sont, le cas échéant, les transactions de la BP que les entreprises effectuent et quel est le volume de ces transactions. Le formulaire type 1 présenté à l’appendice II est un modèle de formulaire qui pourrait être utilisé pour une enquête préparatoire. Dans de pareilles enquêtes, il faut s’en tenir à des formulaires simples pour réduire au minimum les coûts de collecte et de traitement des données.

866. Les entreprises reconnues (à l’aide de l’enquête préparatoire) comme exerçant des activités de BP sont portées sur le registre. (Dans l’exemple 18.1, une ligne va de l’enquête préparatoire au registre.) Le registre devient alors la liste source des entreprises à interroger. (Des données à recueillir auprès des entreprises figurant sur le registre sont présentées à titre indicatif à l’exemple 18.1.) Le registre sert également de liste source pour les enquêtes préparatoires qui seront effectuées à l’avenir en vue de déterminer si les caractéristiques des entreprises portées sur le registre ont changé avec le temps.

867. Un grand nombre de sources fourniront des informations sur le volume des activités des entreprises. Par exemple, sur une liste établie dans le cadre des SCI, les importateurs peuvent être classés selon le volume de leurs importations pendant une période donnée. Pour déterminer les entreprises à inclure dans l’enquête préparatoire, on peut fixer des seuils—en particulier si la liste source est longue. (Cependant, dès lors qu’il s’agit d’unités qui revêtent une importance particulière, le statisticien souhaitera peut-être non pas les inclure dans les enquêtes préparatoires, mais les ajouter directement sur le registre pour qu’elles participent le plus tôt possible au processus de collecte des données.) Les unités qui se situent au-dessous de ce seuil pourraient être portées sur des listes complémentaires. L’idéal serait d’effectuer auprès de ces entreprises des enquêtes par sondage pour déterminer que ces unités n’exercent pas d’activités dont le volume doit être mesuré à l’aide d’enquêtes menées sur la base du registre.

868. La réalisation d’une enquête préparatoire peut révéler l’existence de problèmes au niveau des données source; par exemple, on peut déceler à plusieurs reprises des cas de double emploi, ou il peut être difficile, dans la pratique, d’identifier toutes les unités énumérées dans une source.

869. Les entreprises classées, à l’issue de l’enquête préparatoire, parmi celles qui n’exercent pas d’activités relevant de la BP doivent être portées sur la liste des autres entreprises et faire l’objet d’un suivi. Ces entreprises devront être interrogées à peu près une fois tous les cinq ans dans le cadre des futures enquêtes préparatoires.

870. Une fois établi le registre de BP, il convient de le mettre à jour et, au besoin, de l’étoffer. Le statisticien doit se tenir au courant des faits nouveaux survenus dans l’économie—par exemple en lisant les journaux financiers. Il doit en outre être à l’affût de tout changement important dans les sources qui ont servi à identifier initialement les entreprises appelées à participer à des transactions de la BP. Si le statisticien s’aperçoit que d’importantes transactions sont effectuées par des entreprises identifiées récemment ou par des entreprises déjà identifiées mais ne figurant pas sur le registre, il doit immédiatement inscrire ces entreprises sur le registre et les inclure parmi les entreprises participant à la collecte des données à recueillir sur ces transactions.

871. En outre, le statisticien doit effectuer périodiquement des enquêtes préparatoires auprès de toutes les entités figurant sur le registre de BP. Les unités qui y sont portées mais ne sont pas effectivement incluses dans la collecte des données de BP—par exemple celles qui se situent au-dessous des seuils fixés—pourraient être interrogées tous les deux ans. Toutes ces entités pourraient être interrogées en même temps ou, par exemple, un quart des entreprises figurant sur le registre pourraient l’être tous les six mois. Ces enquêtes préparatoires périodiques mettraient en évidence tous les changements à apporter aux données du registre et, en particulier, ceux qui sont survenus dans les activités et la taille des entreprises qui y sont inscrites.

872. Les sources des données du registre doivent être revues petit à petit, et la liste des unités nouvellement identifiées doit être comparée au registre existant. À moins qu’une action immédiate ne soit requise, il serait possible d’obtenir des données sur les unités nouvellement identifiées en les incluant dans l’enquête préparatoire suivante.

Stratégies pour la collecte des données

SCTI

873. Un SCTI doit comporter un certain nombre de caractéristiques de base pour permettre l’établissement de statistiques de qualité. Il doit:

  • se conformer au cadre conceptuel de la BP;

  • englober toutes les transactions de la BP qui comportent des paiements au comptant, en monnaie étrangère aussi bien qu’en monnaie nationale, et s’accompagner d’informations permettant d’évaluer les transactions ne donnant pas lieu à un règlement en espèces, y compris les bénéfices réinvestis attribuables aux investisseurs directs;

  • inclure les transactions des entreprises qui sont réglées par l’intermédiaire de comptes ouverts auprès des banques non résidentes;

  • comporter des méthodes permettant d’évaluer les stocks d’avoirs et engagements financiers extérieurs;

  • permettre le rapprochement des données de stock et de flux au niveau de l’entreprise (ou du groupe d’entreprises). À cette fin, il importe d’identifier les gros opérateurs.

874. De prime abord, un système clos de communication des transactions internationales est préférable à un système ouvert ou partiel, car il permet d’effectuer le rapprochement des données sur la position des banques et de celles qui se rapportent aux transactions de la BP. Néanmoins, un système ouvert ou partiel peut comporter de nombreux mécanismes de vérification automatiques qui sont de nature à garantir la qualité des données.

875. Les formulaires de base utilisés pour la collecte des données doivent être bien conçus pour que les données soient correctement enregistrées. L’une des phases importantes et souvent difficiles de la collecte des données est la classification des transactions. Le répondant doit communiquer suffisamment de renseignements pour permettre de coder correctement la transaction. Un système dans lequel le répondant fournit une description de la transaction et lui attribue un code est celui qui donne les meilleurs résultats—si le codage est vérifié par le statisticien. Quelle que soit l’approche adoptée, il est essentiel que le statisticien participe étroitement au codage des transactions. Il importe d’assurer que les règlements faisant intervenir plusieurs postes de la BP ou les règlements relevant à la fois des paiements et des recettes soient enregistrés sur une base brute et que toutes les transactions de la BP sous-jacentes soient identifiées.

876. Dans le cadre du SCTI, le statisticien peut recueillir des données auprès de diverses sources. C’est ainsi que, pour prendre l’exemple le plus typique, il peut choisir d’enregistrer l’achat et l’encaissement de chèques de voyage par les voyageurs, ou d’enregistrer les règlements de chèques entre les banques et leurs correspondants bancaires non résidents. En conséquence, il est nécessaire d’établir des règles précises pour déterminer qui doit transmettre quoi et quelles transactions ne doivent pas être communiquées.

877. Dans un SCTI, les transactions feront probablement l’objet d’un grand nombre d’inscriptions—résultat qui peut rendre cette méthode de collecte quelque peu coûteuse. Il est possible de réduire les coûts sans nuire à la qualité des données en fixant des seuils et en les utilisant d’une manière judicieuse. Si l’on a recours à des seuils, il est bon que les deux conditions ci-après soient respectées. Premièrement, il y a lieu de recueillir des données sur les transactions se situant au-dessous du seuil et de les regrouper. Deuxièmement, il convient d’examiner de temps en temps ces transactions—par exemple à l’aide d’enquêtes par sondage. Il importe de procéder à cet examen pour déterminer où elles doivent être classées de manière à ce que les données sur les transactions au-dessus du seuil puissent être complétées par des données bien classées sur les transactions de faible montant. Si ces deux conditions sont observées, il sera possible de fixer les seuils à des niveaux relativement élevés sans nuire à la qualité des données.

878. L’un des éléments importants d’un bon SCTI est la communication entre le statisticien et les répondants—en particulier les entreprises dont les transactions internationales portent sur des montants élevés. Cette interaction facilite l’établissement d’une classification correcte des transactions et le suivi de l’activité de chacune des entreprises; ainsi, les données peuvent être contrôlées et vérifiées et le statisticien peut être tenu au courant des faits influant sur la BP.

879. En raison de la complexité du SCTI et du volume des transactions couvertes, il est généralement nécessaire d’utiliser, pour le traitement des données, un système informatisé puissant. Pour calculer les besoins de ressources dans ce domaine, il importe de quantifier: a) le volume des données à traiter; b) le nombre moyen de caractères par unité d’information à introduire et stocker; c) le nombre des questions et tableaux à présenter et leur fréquence; et d) le nombre d’effectifs nécessaire pour organiser le système avec efficacité. Les paragraphes 1085-1097 du chapitre 20 fournissent des renseignements sur la mise en place de systèmes de traitement informatisé des données.

880. Dans bien des SCTI, il est nécessaire de disposer, pour le traitement des données, d’un nombre élevé d’effectifs dont la tâche est de vérifier, coder et introduire en mémoire les données. Il est possible de réduire sensiblement ce nombre si des systèmes perfectionnés de traitement informatisé des données sont utilisés—en particulier, si le répondant transmet les données au statisticien par voie électronique. Il importe de suivre les travaux du personnel chargé du traitement des données pour déceler les erreurs éventuelles et y remédier. Dans certains systèmes, le travail de chaque codeur est vérifié par un autre. Ce processus peut se révéler onéreux et la simple vérification du travail d’un codeur par un autre ne permet pas toujours de déceler toutes les erreurs.

881. Plus efficaces sont les méthodes de contrôle de la qualité qui tolèrent une petite marge d’erreur mais permettent de déceler les erreurs importantes et leurs causes. Il importe de mettre en place des méthodes permettant de vérifier toutes les grosses transactions et un échantillon de transactions portant sur des montants plus faibles. Cette vérification doit être confiée à un personnel hautement qualifié. Si le pourcentage d’erreur dans un échantillon de données vérifiées est supérieur au niveau acceptable pour un codeur particulier, il y a lieu d’examiner un autre échantillon, plus grand que le précédent, du travail de ce codeur. Si le pourcentage d’erreur dans ce dernier échantillon dépasse le seuil de tolérance, il convient alors de prendre des mesures correctives—pouvant consister, dans le cas extrême, à recoder des lots entiers de données. Une pareille procédure de contrôle de la qualité offre plus de chances de déceler les déficiences d’un codeur particulier, d’améliorer ses compétences et de rehausser la qualité des données qu’une méthode de vérification complète. Cette approche est également valable pour les EE.

882. Au moment de l’établissement d’un SCTI, il importe d’insister sur la nécessité, pour le statisticien, de disposer à temps de données détaillées et exactes. Le statisticien doit fixer des priorités dans ce domaine et la stratégie de collecte doit être choisie en fonction de ces priorités. Par exemple, le meilleur moyen de satisfaire à la nécessité de disposer des données nécessaires en temps voulu est peut-être d’utiliser d’une manière judicieuse les méthodes d’estimation, ce qui aura naturellement une incidence sur la stratégie de collecte adoptée.

Enquêtes auprès des entreprises

883. Le choix des stratégies à utiliser pour la collecte des données dans le cadre des EE dépend d’un certain nombre de facteurs.

884. L’un de ces facteurs est la segmentation de la population statistique. La population peut être segmentée de manière à ce que certains groupes homogènes puissent être facilement identifiés. Par exemple, quelques compagnies pétrolières étrangères peuvent constituer l’un des groupes prédominants d’une économie et former un groupe distinct aux fins de la collecte des données. Les banques et certaines autres institutions financières pourraient constituer un autre groupe à part.

885. Un autre facteur est la distribution de la population statistique. On observe souvent une distribution asymétrique des entreprises qui effectuent des transactions internationales—c’est-à-dire que, dans une économie, les entreprises qui participent à des transactions internationales sont relativement peu nombreuses, et celles dont les transactions internationales sont importantes sont en nombre encore plus restreint. En général, une entreprise doit être assez grande avant de créer des débouchés extérieurs pour ses produits ou avant de décider de traiter directement avec des clients non résidents. Ce facteur a amené de nombreux statisticiens à établir des seuils.

886. Dans la pratique, les statisticiens de nombreux pays utilisent deux ou trois approches à la fois—recensement, enquête partielle ou enquête par sondage. Le recensement consiste à recueillir des données auprès de tous les membres de la population. Une enquête partielle sert à recueillir des données auprès des entreprises qui exercent des activités relevant de la BP ou ont des avoirs et engagements extérieurs dont le niveau se situe au-dessus de certains seuils. (Si ce seuil n’est pas atteint, elles sont exclues de l’enquête.) Dans une enquête par sondage, les entreprises sont choisies d’après des méthodes d’échantillonnage rigoureuses et les valeurs de l’échantillon sont étendues à l’ensemble par simple extrapolation.

887. Dans toute enquête partielle, il faut interroger les opérateurs importants. En conséquence, il est essentiel que la liste de ces opérateurs soit tenue à jour. Grâce aux enquêtes partielles, il est possible de réaliser des économies sur les coûts sans trop nuire à la qualité des données.

888. S’il choisit de procéder à une enquête partielle pour recueillir des données de BP, le statisticien doit établir des méthodes permettant d’évaluer, à des intervalles fréquents, la contribution de tous les membres de la population aux activités relevant de la BP. Cette évaluation pourrait être effectuée à l’aide d’une enquête préparatoire, d’une enquête par sondage auprès des petites unités, ou d’un recensement-repère. Une enquête préparatoire peut servir à recueillir des renseignements d’ordre général sur l’ampleur des transactions de la BP des divers opérateurs inclus dans la base. Ces renseignements pourraient être utilisés directement en vue d’estimer l’incidence des unités non interrogées, ou indirectement en vue d’établir la base d’une enquête par sondage. Comme elles sont relativement peu coûteuses, les enquêtes par sondage peuvent être effectuées à des intervalles fréquents—par exemple tous les ans—et procurer de très bons facteurs permettant d’étendre les résultats des enquêtes partielles. Autre avantage des enquêtes par sondage, l’incidence des cas de non-réponse s’y trouve réduite183. Leur inconvénient, c’est la présence d’une erreur d’échantillonnage (ou erreur type).

889. Une méthode d’échantillonnage efficace vise à maintenir à un minimum aussi bien le nombre des unités choisies que l’erreur d’échantillonnage. À cette fin, elle veille généralement à stratifier la population—c’est-à-dire à regrouper les membres de la population en fonction de l’ampleur de l’activité choisie de sorte que les unités de strates différentes aient des probabilités diverses de sélection. L’erreur d’échantillonnage dépend de deux facteurs essentiels; le premier est la taille de l’échantillon; en effet, plus l’échantillon est grand, plus l’erreur d’échantillonnage est faible. L’autre est la variabilité de l’activité mesurée; plus la dispersion de l’activité est grande, plus l’erreur d’échantillonnage est élevée. La taille de la population n’est pas un facteur important, à moins que la population ne soit très limitée ou que la taille de l’échantillon ne se rapproche de celle de la population. En utilisant les techniques de stratification, le statisticien s’efforce essentiellement d’accroître la taille de l’échantillon pour les unités dont le niveau d’activité est susceptible de faire apparaître une grande variabilité absolue. Autrement dit, la taille relative de l’échantillon augmente avec la variabilité. En fait, les unités pour lesquelles on observe la variabilité la plus élevée, qui sont généralement les plus grandes, font souvent l’objet d’un dénombrement total—ce qui signifie qu’il n’y a pas d’erreur d’échantillonnage pour cette strate.

890. Les enquêtes par sondage peuvent être utilisées non seulement en complément des enquêtes partielles, mais aussi comme principale méthode d’enquête. Par exemple, les statisticiens de certains pays utilisent les enquêtes par sondage comme principale source d’information sur les échanges internationaux de services déterminés.

891. Les statisticiens de nombreux pays choisissent de ne pas recourir aux enquêtes par sondage pour compléter les enquêtes partielles. Ils préfèrent effectuer un recensement-repère pour évaluer la contribution des petites unités. Ces recensements sont généralement coûteux et peu fréquents. Par conséquent, il se peut que les résultats soient révisés à intervalles plus longs. Cependant, les recensements-repères fournissent en général des renseignements plus détaillés que d’autres méthodes et permettent par ailleurs de déterminer si la taille de certaines entités, qui devraient maintenant faire partie des unités dénombrées en totalité dans le cadre de l’enquête partielle, s’est modifiée dans l’intervalle de temps écoulé entre deux recensements.

892. Les enquêtes auprès des entreprises sont d’ordinaire effectuées par correspondance, par téléphone ou sous forme d’entretiens menés de vive voix. La méthode de collecte retenue dans les enquêtes de BP comporte souvent à la fois des éléments d’une enquête par correspondance et des contacts personnels (entretiens téléphoniques et de vive voix). Dans le processus de collecte des données de BP, les grandes entreprises sont généralement tenues de communiquer des informations comptables complexes, ce qui exige des répondants qu’ils aient un haut niveau d’instruction et de formation en comptabilité. Heureusement, les EE sont généralement effectuées auprès des unités comptables centrales ou des services internationaux des entreprises, qui ont d’ordinaire un personnel hautement qualifié. En raison de la complexité de l’enquête, il vaut souvent mieux recueillir les données par correspondance; cette méthode permet au statisticien de fournir des instructions complètes et détaillées et au répondant de disposer du temps nécessaire pour réunir les renseignements. Pour les petites entreprises, dont les opérations influent moins sur les résultats globaux, on pourrait utiliser un formulaire plus simple sans nuire à la qualité des données. Les collectes de données de BP ne sont pas nécessairement comparables aux enquêtes dans lesquelles sont interrogés un plus grand nombre de petites entreprises, des unités comptables moins sophistiquées ou autres services des entreprises, ou encore des ménages dont le niveau général d’instruction n’est pas aussi élevé et qui ne savent pas aussi bien comment remplir le formulaire.

893. Dans bien des EE, des modèles de formulaire très variés sont utilisés. Il peut y avoir des formulaires d’enquête préparatoire et des formulaires d’enquête ordinaire. Différents formulaires peuvent être utilisés pour la collecte de différentes catégories de données; par exemple des formulaires distincts peuvent servir à recueillir des données relatives aux services, aux transports, aux voyages, aux autres services, à la rémunération des salariés, aux avoirs et engagements extérieurs et aux flux de capitaux et de revenus connexes, ainsi qu’à certaines transactions sur titres effectuées par les intermédiaires. Différents formulaires peuvent être utilisés pour différents types d’unités; par exemple, les entreprises du secteur bancaire et de l’industrie des transports peuvent recevoir des formulaires qui diffèrent de ceux qui sont envoyés à d’autres entreprises. En outre, les formulaires peuvent différer selon qu’ils sont envoyés aux entreprises d’investissement direct, aux investisseurs directs, aux entreprises qui sont à la fois des investisseurs directs et des entreprises d’investissement direct et aux autres entreprises. Des modèles de formulaire différents peuvent être utilisés pour les petites entreprises et pour les entreprises qui communiquent des données à intervalles moins fréquents.

894. L’adaptation des formulaires de BP à la situation des entreprises présente certes de nombreux avantages, mais il importe d’éviter la prolifération des modèles. L’utilisation de modèles trop nombreux peut déconcerter les répondants ainsi que le personnel chargé du traitement des données, donner lieu à des procédures compliquées qui sont difficiles à maî triser et entrai ner l’incohérence des données recueillies.

895. Le plus souvent, il s’agit de savoir s’il faut envoyer aux entreprises un formulaire couvrant tous les aspects de leurs activités de BP, ou plusieurs formulaires portant chacun sur un aspect différent. La première approche simplifie les procédures de communication et de collecte des données. Cependant, si les renseignements demandés sont susceptibles d’être fournis par différents services de l’organisation ou à des dates différentes, il est préférable d’opter pour la deuxième approche. En tout état de cause, le statisticien doit faire son choix après avoir demandé l’avis des répondants.

896. Tous les formulaires doivent être conformes à un ensemble de normes, c’est-à-dire qu’ils doivent comporter la même série de questions et instructions types, lesquelles pourront toutefois être modifiées en fonction de la situation de l’entreprise considérée. Si des modifications sont apportées, elles doivent se retrouver dans tous les formulaires qui doivent tous être numérotés correctement, et la place de chacun d’entre eux dans le plan d’enquête doit être clairement déterminée.

897. La conception des formulaires d’enquête est traitée en détail au chapitre 19.

898. La variabilité de l’activité mesurée peut influer sur la fréquence avec laquelle les données doivent être recueillies. Il est difficile de déterminer sur quel pourcentage des transactions il faut recueillir des données tous les trimestres et non tous les ans (ou à des intervalles moins fréquents), à moins de connaître la situation du pays. Dans le cas des transactions financières, le statisticien pourrait chercher à recueillir, par exemple, des données trimestrielles sur 95 % des flux bruts et à évaluer le reste à l’aide d’enquêtes annuelles ou moins fréquentes. En raison de l’instabilité des flux financiers, il est difficile de procéder à des ajustements pour tenir compte du caractère partiel de l’enquête, en particulier dans le calcul des flux nets. En conséquence, les enquêtes doivent être fréquentes et porter sur presque tous les aspects de l’activité de BP. Lorsqu’il s’agit de mesurer des activités moins variables, des collectes moins fréquentes peuvent suffire. Par exemple, pour certaines transactions sur services dont le niveau ne change relativement pas d’une période à l’autre, le statisticien peut chercher à recueillir des données trimestrielles sur 50 % seulement de l’activité et à obtenir le reste à l’aide d’enquêtes annuelles ou moins fréquentes.

899. Le statisticien doit calculer les ratios de couverture pour les périodes passées et les utiliser pour estimer la part de l’activité qui n’a pas fait l’objet d’enquêtes. Le ratio de couverture est le rapport entre la valeur résultant des activités des entreprises qui communiquent des données trimestrielles (ou autres) et la valeur résultant des activités de la totalité de la population statistique. Si le rapport est stable d’une période à l’autre, le pourcentage de l’activité qui fait l’objet d’enquêtes fréquentes pourra être maintenu à un niveau relativement bas. L’utilisation du ratio de couverture sert à assurer une gestion efficace des coûts tout en évitant la nécessité d’opérer d’importantes révisions à une date ultérieure. Dans tous les cas, le statisticien doit veiller à ce que les nouvelles unités ou les unités qui modifient leur niveau d’activité soient suivies de près et incluses, le cas échéant, dans les enquêtes.

900. Si des seuils sont utilisés dans le cadre de l’enquête auprès des entreprises, il faudra appliquer aux résultats des facteurs de couverture partielle, établis sur la base des ratios de couverture.

901. Le choix de la méthode de traitement des données dépend généralement du système informatique disponible. Pour la collecte de données simples et de faible volume, on pourrait utiliser un ordinateur personnel avec tableur standard ou un logiciel d’exploitation de base de données. Pour les applications plus importantes, il se peut qu’un système personnalisé de traitement informatisé de base de données soit nécessaire. Le système doit être conçu selon les principes énoncés aux paragraphes 1085-1097 du chapitre 20. Pour déterminer le type de système de traitement requis, il est nécessaire d’examiner en détail les éléments qui le composent; ceux-ci sont récapitulés à l’exemple 18.3 et traités aux paragraphes 910-918 du présent chapitre.

Exemple 18.2Étapes du traitement des données dans le cadre d’un SCTI

Exemple 18.3Système de traitement des données obtenues à l’aide d’enquêtes auprès des entreprises

902. Pour que les données soient disponibles en temps voulu, le statisticien sera peut-être amené à diffuser des statistiques provisoires qui se ressentent de réponses incomplètes. Dans ce cas, il devra déterminer quels répondants doivent être ciblés pour obtenir une réponse rapide et complète et quels répondants doivent être relancés après la publication des résultats provisoires. Le statisticien enquêteur doit en outre ajuster les données reçues en établissant des estimations pour tenir compte des cas où il n’a pas obtenu de réponse.

903. L’utilisation d’estimations, et non de données brutes, est préférable lorsqu’une partie des données ne peut être vérifiée avant la diffusion des données provisoires et lorsque l’exactitude des données brutes n’est pas garantie. Si l’enquête et l’établissement des données de BP sont confiés à deux personnes différentes, l’enquêteur—qui connaî t bien les méthodes de collecte et leur incidence sur les résultats—peut être plus à même d’effectuer ces estimations que le statisticien de la BP.

904. Le volume et la fréquence des données dont les utilisateurs ont besoin varient de l’un à l’autre. En conséquence, des tableaux plus détaillés peuvent être établis et publiés à des intervalles moins fréquents. Les données qu’il est nécessaire d’établir doivent être déterminées en consultation avec les utilisateurs.

Processus de collecte des données

Systèmes de communication des transactions internationales

905. L’exemple 18.2 montre les principales étapes du traitement des données dans le cadre d’un SCTI type.

906. L’exemple 18.2 décrit un système type; dans les systèmes effectivement utilisés, l’approche adoptée peut être quelque peu différente. D’après l’exemple, les données sont obtenues essentiellement de trois manières: les formulaires réservés aux clients des banques (remplis par ceux-ci), les formulaires réservés aux banques (remplis par celles-ci) et les formulaires destinés aux entreprises (remplis par ces dernières et portant sur leurs comptes en devises auprès des banques résidentes, sur leurs comptes auprès des banques non résidentes, sur leurs transactions ne donnant pas lieu à des paiements au comptant et sur leurs stocks d’avoirs et engagements extérieurs). Les formulaires remplis par les clients des banques sont vérifiés par les banques qui reçoivent les formulaires, qui sont ensuite transmis au statisticien de la BP avec les formulaires remplis par les banques et les entreprises. C’est à ce stade que sont codés les formulaires qui ne l’ont pas été par les répondants. La validation initiale est une étape importante au cours de laquelle sont décelées les erreurs flagrantes, par exemple l’existence de cases non remplies ou de codes inexacts. Les données sont ensuite incluses dans la base de données et diverses procédures leur sont appliquées au titre du contrôle de leur qualité.

907. Les procédures de contrôle de la qualité des données peuvent consister à: 1) vérifier le taux de conversion utilisé si le montant en monnaie étrangère et le montant en monnaie nationale sont tous deux communiqués; 2) vérifier si les cours d’évolution des transactions communiquées par les entreprises sont comparables d’une période à l’autre; et 3) à établir une liste des grosses transactions qui sont de nature à influer sur les résultats globaux. Il se peut qu’il soit demandé aux banques ou entreprises qui ont communiqué les données d’apporter des précisions sur les grosses transactions; les réponses peuvent donner lieu à une révision de la base de données. Une autre procédure consiste à rapprocher les données de stock et les données de flux communiquées pour chaque banque et chaque entreprise. Il s’agit ici de comparer les données provenant de toutes les sources et d’examiner les montants résiduels—activités qui peuvent, à leur tour, donner lieu à la demande de précisions sur les données et à leur révision. Les transactions sont ensuite converties en monnaie nationale si leur valeur dans cette monnaie n’a pas été obtenue.

908. Au stade de la récapitulation des résultats et de l’analyse des agrégats, il faut procéder à des estimations pour tenir compte des cas de non-réponse et étendre les résultats par application d’un coefficient en cas d’utilisation de seuils. L’analyse peut redéclencher certaines procédures de contrôle de la qualité des données, lesquelles peuvent donner lieu à de nouvelles questions et révisions. Le calcul de nouveaux agrégats sera peut-être nécessaire; il s’agit ici d’un processus réitératif. (Pour de plus amples détails sur la vérification des données de BP, voir le chapitre 20, paragraphes 1067-1083.) Les résultats sont diffusés une fois que le statisticien est satisfait de la qualité des données.

909. L’exemple 18.2 fait apparaître un lien entre le registre de BP et la base de données de l’unité. Les données du registre peuvent servir à classer les transactions par secteur et par branche d’activité. Les données communiquées par les entreprises peuvent ajouter des précisions aux renseignements contenus dans le registre en faisant état, par exemple, des changements de nom. L’exemple révèle également le lien important qui existe entre les formulaires remplis par les clients des banques et le registre de BP. Ce lien permet d’attribuer les transactions aux entreprises et d’identifier les nouvelles entreprises à porter sur le registre.

Enquêtes auprès des entreprises

910. L’exemple 18.3 (page 220) montre comment peut fonctionner un système de traitement des données obtenues à l’aide d’enquêtes auprès des entreprises. Il permet de voir que, pour toute période couverte par l’enquête, le registre des entreprises incluses dans l’enquête est établi à partir du registre des entreprises qui exercent des activités relevant de la BP. Ce registre est lui-même le résultat d’opérations de mise à jour. Toutes les entreprises auprès desquelles des données sont recueillies doivent figurer sur le registre des entreprises incluses dans l’enquête.

911. Le registre des entreprises incluses dans l’enquête est un instrument essentiel pour suivre et contrôler l’expédition des formulaires et la collecte des données. Ce registre doit assurer la continuité de l’information (concernant, par exemple, les antécédents de l’entreprise en matière de réponse aux questionnaires) d’une période sur l’autre. Le registre peut être un document sur support papier ou, dans les systèmes plus perfectionnés, une base de données informatisées. Le registre contient des renseignements sur chaque unité interrogée, tels que le nom de l’entreprise en question, le nom et le numéro de téléphone de l’agent de liaison, le type de formulaire (si plusieurs types de formulaire sont utilisés), la date d’expédition, la date limite de renvoi (et toute prolongation qui aurait pu être accordée), la date et la nature des opérations de suivi, tout renseignement particulier que le statisticien devrait détenir sur l’entreprise—par exemple ses antécédents en matière de réponse aux questionnaires et les dispositions spéciales prises pour la communication des données, toute mention de conversations téléphoniques, la date de réception du formulaire et les initiales du statisticien préposé à la réception du formulaire. Le registre contient des renseignements importants pour le processus de contrôle de l’expédition des formulaires et de la collecte des données, qui est présenté dans l’exemple 18.4, en même temps qu’un modèle de registre des entreprises incluses dans l’enquête.

Exemple 18.4Exemple de registre des entreprises incluses dans l’enquête

912. Comme il ressort de l’exemple 18.4, il a fallu relancer la personne chargée de communiquer les données pour ABC Incorporated, à savoir Mme Loi, pour obtenir d’elle le renvoi du formulaire dûment rempli; à part cela, elle fait du bon travail. L’entreprise a reçu le formulaire Al et le délai dont elle dispose pour le renvoyer a été prolongé jusqu’au 21 avril. Malheureusement, Mme Loi n’a pas respecté cette date limite et un rappel lui a été fait par télécopieur le 22 avril et par téléphone le 24 avril. Le formulaire a été reçu le jour suivant. Un membre du personnel, dont les initiales sont GH, a procédé au suivi et a accusé réception du formulaire. De plus amples détails concernant l’action de suivi sont contenus dans le dossier relatif à l’entreprise; on suppose que l’espace réservé à cet effet dans le registre était insuffisant pour faire état de l’action de suivi. La signature du formulaire est une fonction importante, et le statisticien souhaitera sans doute prévoir un plus grand nombre de colonnes pour veiller à ce que cette fonction soit remplie correctement. Avant d’apposer sa signature, l’employé doit s’assurer que le formulaire a été rempli correctement et que toute modification apportée au nom et à l’adresse de l’entreprise, au nom de l’agent de liaison, tout changement de type de formulaire, ainsi que tout renseignement spécial ont bien été inscrits dans le registre de BP.

913. Dans l’exemple 18.3, une ligne remonte du contrôle de l’expédition des formulaires et de la collecte des données au registre des entreprises incluses dans l’enquête et de ce registre au registre de BP. Cette ligne de retour indique la mise à jour des registres à l’aide des données nouvelles ou révisées issues du processus de contrôle de l’expédition des formulaires et de la collecte des données.

914. Après réception des formulaires, il faut vérifier si les données qui y sont portées comportent des erreurs et omissions flagrantes et ensuite les coder avant de les inclure dans la base de données (saisie des données). La validation initiale est une opération qui consiste notamment à vérifier qu’une réponse a été fournie à toutes les questions posées et à examiner s’il existe des erreurs simples ou des codes invalides. La validation initiale peut donner lieu à la correction des données sur place ou à une demande de précisions auprès du répondant. Cependant, les opérations de vérification complexes qu’il vaut mieux effectuer sur ordinateur doivent être exécutées au stade du contrôle de la qualité.

915. Une fois que les informations ont été introduites dans la base de données, le statisticien applique généralement une série de mesures pour en contrôler la qualité. Les vérifications qui pourraient être opérées sont traitées aux paragraphes 926-927 du présent chapitre et consistent à examiner plus en détail les données communiquées par chaque répondant.

916. Une fois que le statisticien est satisfait de la qualité des informations communiquées pour les diverses entreprises, il peut procéder à l’agrégation des données. Dans ce processus, il doit, le cas échéant, inclure les estimations établies pour tenir compte à la fois de la couverture partielle des données et du fait que certaines entreprises n’ont pas fourni de réponses. Les renseignements nécessaires à l’établissement de ces estimations proviennent soit du registre de BP, qui donne parfois des renseignements sur le nombre et la taille des entreprises, soit de l’analyse statistique des résultats des enquêtes préparatoires ou des enquêtes-repères. Si c’est une enquête par sondage qui est effectuée, il faudra procéder à une estimation sur la base d’échantillons. Le contrôle de la qualité s’opère également au stade de l’agrégation des données. Ce contrôle est traité aux paragraphes 1067-1083 du chapitre 20.

917. Une fois jugées acceptables, les données agrégées peuvent être incluses dans une base de données à publier, qui contient des statistiques pour toutes les périodes (séries chronologiques). Les données peuvent être ensuite diffusées. Le chapitre 21 traite de la publication et de la diffusion des statistiques de BP.

918. Comme la révision des données de périodes passées peut faire partie du processus de collecte, les bases de données de l’unité pour ces périodes peuvent, elles aussi, s’en ressentir, résultat qui peut lui-même avoir des répercussions sur la base de données à publier.

Établissement de relations avec les répondants

919. Le contact personnel entre les statisticiens et les répondants est essentiel à la collecte de données utiles et exactes. Lorsqu’il prépare une collecte de données, le statisticien doit se mettre en contact avec les représentants d’un large groupe d’entreprises pour discuter des paramètres à adopter et du formulaire à établir. Ces entretiens préliminaires donnent souvent lieu à une entente entre le statisticien et les répondants sur leurs besoins respectifs. Cette entente est essentielle au succès de la collecte. Il importe d’encourager les répondants à se mettre en rapport avec le statisticien s’il existe des questions sur lesquelles ils ont besoin de précisions. Il est possible de favoriser de telles initiatives en mettant bien en évidence sur les formulaires le numéro de téléphone de l’organisme qui établit les données et en confiant à un employé compétent le soin de recevoir les appels et de répondre aux questions promptement et correctement. Le statisticien doit, sur sa propre initiative, se mettre en rapport avec les représentants des entreprises qui n’ont pas répondu au questionnaire—en s’entretenant de vive voix avec eux dans les cas complexes et par téléphone dans les cas peu compliqués. De même, le statisticien doit prendre l’initiative de poser des questions à un répondant qui a communiqué des données erronées ou un montant inhabituel ou élevé pour une transaction sur laquelle il demande des précisions. Le statisticien doit avoir régulièrement des entretiens d’évaluation (de préférence de vive voix) avec les répondants pour déterminer s’ils comprennent bien le formulaire utilisé, dans quelle mesure ils se conforment aux instructions et s’ils ont des recommandations à faire pour modifier les formulaires ou les méthodes de collecte des données.

920. Le statisticien doit se montrer courtois envers les répondants sans se laisser intimider par eux. Il doit sentir qu’il peut faire confiance au répondant et qu’il peut lui donner—chaque fois que cela lui est possible—des réponses correctes, complètes et franches à ses questions. En fait, mieux le répondant comprend ce qui lui est demandé, plus il est susceptible de se montrer utile. Si un répondant lui pose une question difficile à laquelle il ne peut répondre d’emblée, le statisticien ne doit pas avoir peur d’admettre qu’il ne connaî t pas la réponse. Cependant, il doit s’efforcer de trouver la réponse correcte (si possible) et de la communiquer promptement au répondant. La méthodologie de BP évolue et les nouvelles informations fournies par les répondants peuvent contribuer à cette évolution. Les répondants peuvent apporter des éléments d’information utiles sur la BP, et le statisticien ne doit pas hésiter à examiner les aspects fondamentaux de la BP avec les répondants.

Les unités qui ne répondent pas aux questionnaires

921. Même si les collectes précédentes ont été bonnes et le suivi a été intensif, il se peut que moins de 50 % des formulaires expédiés pour l’enquête en cours soient renvoyés dans les délais fixés. Si les mesures de suivi ne sont pas suffisantes, le taux de réponse initial pour les enquêtes en cours risque d’être même plus faible. On peut s’attendre à ce qu’il soit bas pour les enquêtes futures également. Il se peut que les entreprises soient nombreuses à demander une prolongation des délais dont elles disposent pour remplir le formulaire. Les prolongations doivent être accordées avec modération, activement négociées et non passivement octroyées. Elles doivent être consenties pour une ou deux périodes seulement, étant explicitement entendu que le répondant ne devra plus y recourir à l’avenir; enfin, il vaut mieux prolonger les délais de plusieurs jours que de plusieurs semaines.

922. Le suivi du cas des unités qui n’ont pas fourni de réponse doit être assuré en temps opportun et d’une manière persistante et persuasive—mais jamais abusive. Lorsque les ressources sont limitées, les mesures de suivi doivent être ciblées. Par exemple, dès que la date fixée est dépassée, on peut envoyer des télécopies aux grandes entreprises qui n’ont pas encore répondu au questionnaire pour leur rappeler qu’elles sont en retard dans l’envoi de leurs réponses et pour leur demander d’indiquer à quel moment le formulaire sera renvoyé. Si cette démarche ne donne aucun résultat, il convient de prendre contact par téléphone avec les services intéressés. Le statisticien doit être prêt à négocier. Si certaines données revêtent une haute priorité, il peut accepter que le répondant lui communique les principaux agrégats par téléphone ou par télécopie et lui renvoie le formulaire dûment rempli à une date ultérieure spécifiée. Pour les petites entreprises, une approche moins agressive est peut-être préférable. Par exemple, le statisticien peut envoyer des lettres de rappel et attendre un certain temps avant de relancer le répondant par téléphone. Dans tous les cas, toutefois, l’absence de réponse donnera lieu à des mesures de suivi.

923. L’expérience a montré que, dans la plupart des cas, les répondants ne renvoient pas le formulaire pour diverses raisons: ils souhaitent préserver le caractère confidentiel des données; ils sont gênés de ne pas comprendre le formulaire; ils présument qu’il leur faudrait trop de temps pour remplir le formulaire, ou encore leurs relations passées avec d’autres unités gouvernementales ont été peu fructueuses, voire négatives. Si un répondant se montre peu coopératif, certaines des questions proposées ci-après peuvent se révéler utiles:

«Certains répondants hésitent à communiquer des renseignements parce qu’ils souhaitent préserver le caractère confidentiel des données. Est-ce votre cas?»

«Bien que nous fassions de notre mieux pour rendre le formulaire clair et précis, nombre de répondants trouvent les instructions difficiles à suivre. Éprouvez-vous des difficultés à remplir une section particulière du formulaire?»

«Certains répondants ne disposent pas de toutes les informations nécessaires pour remplir le formulaire. Est-ce votre cas?»

Lorsque le répondant leur prête une oreille attentive, ces questions peuvent souvent permettre de surmonter des obstacles jugés à première vue insurmontables.

924. Le statisticien doit être prêt à faire appel à la loi, si un tel recours existe—c’est-à-dire à intenter une action en justice contre l’entreprise pour refus de communiquer des données. Dans certains cas, le recours à la loi est le moyen ultime dont le statisticien dispose pour inciter le répondant à communiquer des données; cependant, avant d’y faire appel, le statisticien doit essayer de savoir pourquoi l’entreprise n’a pas fourni de réponse et prendre d’autres mesures en conséquence. La menace d’une action en justice ne doit être employée que si le statisticien a effectivement l’intention d’y recourir.

925. Le statisticien doit concevoir le suivi de manière à obtenir un taux de réponse de 100 %, même si les dernières réponses sont reçues avec retard.

Vérification des données communiquées

926. Après réception des données communiquées par les répondants, il importe de procéder à des vérifications pour contrôler leur qualité. Il s’agit de déterminer:

1) s’il y a incohérence des données par manque de logique

(Par exemple, on pourrait vérifier si la somme des composantes est bien égale aux totaux, si les chiffres portés pour le même poste dans des sections différentes concordent et, dans le cas des avoirs et engagements extérieurs, si les résultats issus du rapprochement des données de flux et de stock corrects.)

2) s’il y a incohérence des données d’un point de vue empirique

(Par exemple, on pourrait vérifier si le rapport entre les frais financiers et le financement utilisé, entre le revenu des investissements et le stock d’avoirs et engagements extérieurs, et entre le fret et les importations se situe dans les limites de tolérance fixées par les ratios calculés dans le passé.)

3) s’il y a cohérence des données d’une période à l’autre

(Par exemple, on pourrait vérifier si la position de clôture des avoirs et engagements extérieurs de la période précédente concorde avec la position d’ouverture de la période considérée, ou que les activités sur lesquelles des données ont été communiquées pour la période précédente se poursuivent pendant la période en question.)

4) s’il existe de grosses transactions qui sont de nature à influer considérablement sur les résultats globaux.

5) si les données de BP communiquées au cours de l’enquête concordent avec celles qui ont été fournies dans le cadre d’autres enquêtes semblables ou avec d’autres données que le statisticien peut détenir sur l’unité184.

927. Ces vérifications peuvent amener le statisticien à effectuer des corrections—s’il peut le faire sans avoir à s’adresser aux répondants—ou à s’entretenir, par téléphone ou de vive voix, avec les répondants. Il importe de trouver la cause des anomalies décelées pour assurer la bonne qualité des données.

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