Chapter

VII. Collecte de données auprès des particuliers et des ménages

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
March 1995
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Généralités

300. Le présent chapitre traite de la collecte, auprès des particuliers et des ménages—groupes de personnes ayant des intérêts économiques communs—, des données nécessaires pour évaluer les diverses transactions du secteur des ménages qui relèvent de la BP. Il décrit les statistiques des migrations et autres statistiques sur les déplacements des personnes par delà les frontières nationales, les enquêtes qui servent à recueillir des données sur les dépenses de voyage et celles qui sont effectuées auprès des ménages à d’autres fins.

301. Les transactions du secteur des ménages qui relèvent de la BP entrent généralement dans les catégories suivantes. Les dépenses au titre de biens et services effectuées par des personnes voyageant à l’étranger sont enregistrées aux postes des services aux passagers et des voyages. Les dépenses des étudiants qui effectuent leurs études à l’étranger doivent être classées parmi les services de voyages et, si les études sont financées dans le cadre d’un programme d’aide extérieure, une écriture de contrepartie doit être passée au poste des transferts courants. Les soins de santé fournis aux patients à l’étranger sont enregistrés au poste des voyages. La rémunération des résidents qui travaillent à l’étranger pour des employeurs non résidents pendant moins de 12 mois est incluse dans la rémunération des salariés. Les dépenses effectuées par ces travailleurs au titre de biens et services dans le pays d’accueil figurent au poste des voyages. Les revenus perçus par les personnes qui travaillent dans leur pays d’origine pour des entités non résidentes, telles que les ambassades, sont inclus eux aussi dans la rémunération des salariés. La contrepartie du montant correspondant aux envois de fonds des résidents à leur famille à l’étranger (par exemple des travailleurs étrangers vivant dans l’économie pendant au moins 12 mois) figure au poste des envois de fonds des travailleurs. Les pensions et prestations de sécurité sociale versées aux résidents par les gouvernements étrangers sont classées dans les transferts courants. Les investissements financiers extérieurs des ménages sont inscrits au compte d’opérations financières. Les transferts de biens et d’actifs financiers effectués par les migrants sont inclus dans les transferts des migrants au compte de capital, avec une écriture de contrepartie au poste des biens et au compte d’opérations financières, respectivement. De plus amples détails sur la classification des transactions des ménages dans la BP sont fournis au chapitre 10, paragraphe 456.

302. On pourrait recourir aux moyens décrits dans d’autres chapitres du présent Guide pour recueillir des données sur les transactions du secteur des ménages. Par exemple, un SCTI bien conçu devrait permettre de recueillir des données sur un grand nombre de transactions de ce secteur. Cependant, le SCTI doit être conçu de manière à rendre compte des transactions de faible montant qui sont le propre des ménages et à permettre de les classer. Les aspects des transferts des migrants qui ne sont pas identifiés dans le SCTI pourraient être évalués à l’aide des SCI. Les enquêtes auprès des entreprises de transport pourraient servir à évaluer les dépenses au titre des services aux passagers et les enquêtes auprès de l’industrie des voyages, à mesurer le poste des voyages; le recours aux sources officielles permettrait d’évaluer les services d’éducation et de santé fournis aux voyageurs non résidents; les enquêtes auprès des employeurs et des bureaux de placement pourraient servir à calculer la rémunération des salariés et, le cas échéant, les envois de fonds des travailleurs; les données de diverses sources officielles et des enquêtes auprès des caisses de pensions permettraient d’évaluer les versements de pensions et prestations de sécurité sociale; les gestionnaires de fonds fourniraient, quant à eux, des données servant à calculer les investissements financiers des ménages à l’étranger. En outre, il arrive que le statisticien puisse obtenir de certains pays partenaires les données dont il a besoin. Cependant, les données provenant de ces sources ne répondent pas toujours aux objectifs poursuivis par le statisticien, qui peut alors être amené à s’adresser aux particuliers et aux ménages. De plus, les données recueillies auprès des ménages peuvent lui être utiles pour vérifier la validité des données obtenues d’autres sources.

303. La dernière partie du présent chapitre est consacrée aux principales méthodes que le statisticien de la BP pourrait utiliser pour recueillir des données auprès des ménages (statistiques des migrations, autres statistiques sur les déplacements des particuliers par delà les frontières, enquêtes auprès des voyageurs et autres types d’enquêtes auprès des ménages).

Statistiques des migrations

Introduction

304. Les statistiques des migrations servent à évaluer le nombre des personnes qui franchissent la frontière d’un pays; elles se fondent généralement sur la distinction entre visiteurs et migrants. Un visiteur (pour un séjour de courte durée) est d’ordinaire une personne qui séjourne pendant moins de 12 mois dans un pays autre que celui de son lieu de résidence habituel. Cette définition de visiteur recouvre les voyageurs, les travailleurs frontaliers, saisonniers et autres travailleurs dont le séjour est de courte durée, ainsi que les nomades. Les migrants, pour leur part, sont des personnes qui vont dans un autre pays pour y habiter de façon permanente ou pendant au moins 12 mois. Les statistiques des migrations ne doivent pas retracer les déplacements du personnel militaire ou des fonctionnaires civils vivant à l’étranger, ni des personnes qui sont à leur charge, parce qu’ils sont considérés comme des résidents de leur pays d’origine.

305. Le statisticien de la BP s’intéresse aux transactions des visiteurs aussi bien que des migrants. Il cherche à évaluer les revenus et les dépenses des résidents qui effectuent des séjours de courte durée à l’étranger et des non-résidents qui font de brefs séjours dans le pays d’accueil. L’établissement des postes correspondants de la BP est traité aux chapitres 12 et 13. Aux fins de la BP, les migrants sont considérés comme ayant changé de pays de résidence49. Le statisticien s’intéresse aux migrants, car, lorsqu’ils changent de pays, il y a bien des chances pour qu’ils transfèrent dans la nouvelle économie leurs biens et actifs financiers, ou parce qu’ils peuvent conserver des avoirs et engagements financiers dans leur ancien pays. Dans un cas comme dans l’autre, la migration donne lieu à des transactions qui doivent être inscrites à la BP. L’établissement des postes de la BP dont ces transactions relèvent est traité au chapitre 15.

306. Les données sur le nombre et les caractéristiques des migrants et des visiteurs peuvent généralement être tirées des statistiques sur les migrations internationales. Les directives applicables à ces statistiques sont décrites dans le document intitulé «Recommandations en matière de statistiques des migrations internationales», qui fait partie de la série des Études statistiques des Nations Unies50.

307. Les statistiques relatives aux migrations internationales peuvent être établies à partir de diverses sources: le recensement des personnes qui franchissent les frontières nationales ou arrivent dans les aéroports, les registres de population ou les résultats d’enquêtes sur le terrain. Il est probable que le recensement des personnes qui franchissent les frontières ou arrivent dans les aéroports fournira sur le nombre des visiteurs de meilleures données que les registres de population et les enquêtes sur le terrain. Quelle que soit la source de données qu’il utilise, le statisticien doit en connaî tre les limites.

Directives internationales concernant les statistiques des migrations

308. Les «Recommandations en matière de statistiques des migrations internationales» sont la version mise à jour d’un ensemble de directives publié en 195351. La version de 1980 contient quelques observations intéressantes au sujet de la qualité des statistiques qui existaient alors sur les migrations internationales; les statisticiens devraient s’inspirer de ces observations pour évaluer la qualité de leurs statistiques nationales sur les migrations. Les directives de 1953 sont fondées sur le principe que les données doivent être recueillies aux points de passage des frontières où s’exerce un contrôle efficace, ou dans les aéroports; dans la version de 1980, cette approche a toutefois été considérée comme insuffisante. Ne voulant pas entraver le flux des visiteurs internationaux, de nombreux pays statistiquement avancés se sont tournés vers d’autres sources de données pour estimer les arrivées et les départs; d’autres pays n’ont pas été en mesure de contrôler tous les points de passage. L’augmentation du nombre des personnes qui franchissent la frontière pour des séjours de courte durée (en particulier des travailleurs saisonniers et des personnes en déplacement professionnel ainsi que des visiteurs qui voyagent pour se détendre) a compliqué les calculs. Certains pays donnent au terme d’immigrant un sens plus large qu’à celui d’émigrant, et il est souvent arrivé que les calculs aient porté davantage sur le nombre des arrivées que sur celui des départs—facteur qui a ajouté aux problèmes liés à la qualité des statistiques.

309. Les directives de 1980 définissent les catégories de voyageurs dont les arrivées et les départs doivent être recensés dans les statistiques des migrations. D’après ces directives, il importe de déterminer la durée du séjour et de retenir la période de 12 mois comme critère permettant de distinguer les migrants des touristes52. (Le terme touriste est utilisé comme synonyme de visiteur53.)

310. La version de 1980 indique que les collectes de données aux frontières ou dans les aéroports internationaux sont les sources les plus fréquemment utilisées en Afrique, en Asie, en Amérique du Nord et en Océanie. Les registres (registres de population permanente, registres de l’emploi et autres dossiers administratifs) sont les sources dont l’utilisation est très répandue en Europe et dans les pays de l’ex-URSS. Certains pays ont eu recours à des méthodes diverses, notamment aux recensements démographiques et aux enquêtes auprès des ménages.

311. Les directives précisent en outre le mode de classification à obtenir, les types de tableaux à préparer et les principes à appliquer pour l’établissement des statistiques sur les migrants et les visiteurs.

Données sur le nombre et les caractéristiques des voyageurs à l’arrivée et au départ

312. Les données sur le nombre de personnes qui passent les frontières sont généralement le résultat de procédures administratives d’identification et de contrôle auxquelles sont soumises les personnes qui entrent dans un pays ou qui en sortent. Selon les procédures établies, ces personnes sont tenues, essentiellement, de remplir et remettre une carte ou un formulaire de migration. Parmi les renseignements ainsi communiqués figurent notamment le nom des voyageurs, leur sexe, leur nationalité, la date et le lieu de naissance, le numéro de leur passeport, leur situation d’état civil, l’adresse du lieu où ils comptent séjourner dans le pays d’accueil, le numéro de vol ou autres détails sur le moyen de transport qu’ils ont utilisé, la durée envisagée ou effective de leur séjour et le but de leur visite. Ces renseignements doivent permettre aux services de migration de vérifier l’identité du voyageur et d’appliquer la politique de leur pays en matière de migration. Les informations ainsi obtenues sont utilisées en outre à des fins statistiques: pour cette raison, il se peut que des renseignements supplémentaires soient demandés sur les cartes ou formulaires de migration. Parfois, le statisticien a l’occasion d’influer sur l’établissement de ces documents, et il devrait en profiter pour faciliter la collecte des données de BP. Les données provenant de ces cartes, des registres de population ou des enquêtes sur le terrain servent à l’établissement des statistiques des migrations.

313. Du point de vue du statisticien, les renseignements présentés au tableau 7.1 sont ceux qui sont généralement nécessaires à l’établissement des données sur diverses transactions de la BP. Pour chaque catégorie indiquée au tableau 7.1, on peut aussi demander des renseignements sur le pays de destination ou d’origine, la durée du séjour, le but du voyage, etc. Par ailleurs, dans le cas des étudiants non résidents qui séjournent dans le pays d’accueil pendant 12 mois ou plus, ou des étudiants résidents qui séjournent à l’étranger pendant 12 mois ou plus, on peut demander un complément d’information pour pouvoir classer correctement leurs transactions à la BP. Ces données, ainsi que celles qui ont trait à la structure des dépenses et à la rémunération des salariés, pourraient servir à l’établissement d’un modèle statistique (tel que celui qui est décrit au chapitre 12, paragraphe 536) qui permet d’estimer les divers postes de la BP.

Tableau 7.1Statistiques des migrations: catégories de données requises
ArrivéesRésidents retournant après un bref séjour à l’étranger
Non-résidents arrivant pour un séjour de courte durée
Immigrants
DépartsRésidents partant pour un bref séjour à l’étranger
Non-résidents partant après un séjour de courte durée
Émigrants

Autres statistiques sur les passages des frontières

314. Les statistiques officielles d’un pays sur les migrations sont généralement établies par l’office central de la statistique, en liaison avec les services de migration. Cependant, ces statistiques—notamment celles qui se rapportent aux visiteurs dont le séjour est de courte durée—ne sont pas toujours disponibles, de sorte que le statisticien devra peut-être recourir à une autre source de données pour obtenir des informations sur ces visiteurs. À défaut des statistiques des migrations, le statisticien pourrait envisager la possibilité d’utiliser les données, que lui communiqueraient les entreprises de transport, sur le nombre des passagers qui franchissent la frontière par divers moyens de transport (avion, bateau ou train, par exemple). Il pourrait obtenir des données sur les passagers qui voyagent par la route en s’adressant aux autorités officielles ou, dans le cas des voyages par autocars, aux compagnies d’autocars ou aux voyagistes. Pour les pays insulaires ou les pays dont les voyageurs franchissent les frontières par la voie de transports organisés, les informations obtenues des entreprises de transport peuvent être utiles pour le calcul des données sur ces déplacements. Les données sur le nombre des voyageurs non résidents qui sont inscrits sur les registres des hôtels peuvent, elles aussi, être une source d’information sur certains visiteurs54. Il est bon que le statisticien soit au courant de l’existence de ces sources et cherche à influer sur leur mise au point lorsqu’elles s’avèrent utiles à l’établissement de la BP.

Enquêtes auprès des voyageurs

315. Nombre de pays effectuent divers types d’enquêtes pour mesurer les activités des voyageurs. Certaines enquêtes peuvent être conçues uniquement pour répondre aux besoins du statisticien de la BP qui cherche à évaluer les dépenses et recettes au titre des voyages et, éventuellement, d’autres activités. D’autres enquêtes, conçues à des fins plus générales, peuvent procurer des informations sur les dépenses de voyage et présenter ainsi de l’intérêt pour le statisticien. Les voyageurs peuvent être interrogés à l’arrivée ou au départ ou, parfois, quelque temps après leur retour dans leur pays. Le tableau 7.2 ci-dessus présente divers types d’enquêtes auprès des voyageurs et indique si ces enquêtes servent à évaluer des dépenses (et recettes) prévues ou effectives.

Tableau 7.2Divers types d’enquêtes auprès des voyageurs
Enquête auprès desRésidents en visite à l’étrangerNon-résidents en visite dans le pays qui établit ses statistiques
Voyageurs à l’arrivéeMontant effectivement dépensé à l’étrangerMontant prévu des dépenses dans le pays
Voyageurs au départMontant prévu des dépenses à l’étrangerMontant effectivement dépensé dans le pays
Voyageurs à leur retourMontant effectivement dépensé à l’étrangerSans objet

316. Les enquêtes auprès des voyageurs à l’arrivée permettent de calculer le montant effectivement dépensé à l’étranger par les résidents qui retournent dans leur pays ainsi que le montant des dépenses que les visiteurs non résidents comptent effectuer pendant leur séjour. Inversement, les enquêtes auprès des voyageurs au départ servent à calculer le montant effectivement dépensé par les visiteurs non résidents qui retournent chez eux et le montant que les résidents envisagent de dépenser à l’étranger. Les enquêtes auprès des voyageurs à leur retour dans leur pays servent à recueillir des données auprès des résidents quelque temps après leur retour. Dans certains pays, ces enquêtes s’effectuent sous la forme de questionnaires sur les revenus perçus (rémunération des salariés) et, éventuellement, d’autres transactions de la BP, telles que les transferts et les transactions relevant du compte d’opérations financières.

317. Les enquêtes peuvent s’effectuer de diverses manières. Dans le cas des enquêtes auprès des voyageurs à l’arrivée ou au départ, elles peuvent être menées à bord des avions ou dans les aérogares. Elles peuvent consister à distribuer et ramasser des questionnaires ou s’effectuer par voie d’entretiens personnels. Les enquêtes auprès des voyageurs qui sont de retour dans leur pays peuvent être réalisées par correspondance, par voie d’entretiens personnels ou téléphoniques; ces voyageurs peuvent être identifiés grâce aux cartes de migration ou documents du même genre. Les enquêtes peuvent être effectuées par un organisme statistique officiel, un autre service gouvernemental ou un établissement privé travaillant pour le compte d’un organisme officiel.

318. Dans un certain nombre de pays, les enquêtes consistent à interroger les visiteurs non résidents à leur départ. Quelques pays utilisent cette méthode pour mesurer les dépenses effectuées à l’étranger par les résidents qui reviennent dans leur pays. Ces enquêtes sont souvent menées par une société privée pour le compte de l’office national du tourisme. L’enquête a pour principal but de recueillir des informations auprès des visiteurs à leur départ (ou à leur retour) sur leurs activités et leur attitude pendant leur voyage en vue de faciliter l’analyse du tourisme et la détermination de la politique à suivre. De nombreuses questions leur sont posées; celles qui présentent un intérêt particulier pour le statisticien de la BP ont trait aux dépenses qu’ont effectuées et les recettes qu’ont réalisées les visiteurs non résidents pendant leur séjour dans le pays d’accueil. Des questions du même ordre sont posées aux résidents à leur retour dans leur pays. Les dépenses de voyage peuvent être ventilées en plusieurs catégories, notamment: hôtels et restaurants, transports, loisirs, achats de biens et autres services55. De plus, elles peuvent être classées en fonction du mode de paiement utilisé (par exemple forfait de voyage organisé, carte de crédit et chèques de voyage), en vue d’un rapprochement avec les données d’autres sources.

319. Dans certains pays, des enquêtes sont effectuées auprès des passagers des vols internationaux pour recueillir des informations sur les recettes et paiements au titre des voyages et des services aux passagers. Les compagnies aériennes participantes distribuent à tous les passagers des vols choisis des questionnaires (que les passagers sont libres de remplir), ramassent les formulaires une fois remplis et les renvoient au statisticien de la BP. À l’instar des enquêtes sous forme d’entretiens, ces enquêtes servent généralement les intérêts de l’industrie du tourisme en même temps que ceux du statisticien de la BP. Les éléments d’information essentiels pour le statisticien sont le pays de destination ou d’origine, les dépenses dans le pays d’accueil, la durée de séjour et les services aux passagers. Ces informations, si elles sont utilisées conjointement avec celles qui ressortent des statistiques des migrations, permettent d’obtenir des données définitives.

320. Comme les enquêtes auprès des voyageurs sont généralement des enquêtes par sondage, il convient d’étendre les résultats de l’échantillon de façon à déterminer le total applicable à l’ensemble des visiteurs. On peut obtenir ce total en relevant les résultats (c’est-à-dire que les résultats obtenus pour chaque personne incluse dans l’échantillon sont multipliés par l’inverse de sa probabilité d’être choisie) ou en leur appliquant un coefficient (c’est-à-dire que les chiffres obtenus pour les personnes relevant de chaque catégorie—quelle que soit sa définition—sont multipliés par un coefficient correspondant au rapport entre le nombre des personnes composant la population de la catégorie en question et le nombre de personnes incluses dans l’échantillon représentatif de cette catégorie). La méthode d’estimation par application d’un coefficient devrait donner des résultats plus exacts; en conséquence, les enquêtes par sondage sont souvent reliées à des sources de données, telles que les statistiques des migrations internationales. Cependant, des méthodes de sondage moins rigoureuses sont acceptables si l’enquête sert simplement à établir, pour chaque personne, des estimations qui seront incluses dans des modèles statistiques et non à calculer le total effectif des dépenses de voyage. De toute façon, le statisticien doit soit se familiariser avec la théorie statistique et les aspects mathématiques de l’établissement des plans d’échantillonnage et du choix des échantillons, soit faire appel à la compétence de statisticiens-mathématiciens. Les enquêtes par sondage sont traitées plus en détail au chapitre 18, paragraphes 886-891.

321. Dans les enquêtes auprès des voyageurs, il faut accorder une attention particulière aux voyages en groupe, qui sont dans l’ensemble associés aux voyages en famille. Il importe de déterminer si un voyageur fait ou non partie d’un groupe. Comme l’unité statistique retenue dans les méthodes d’extension des résultats de l’échantillon est généralement l’individu, il est nécessaire d’attribuer les dépenses de voyage du groupe à des individus. Diverses méthodes peuvent être adoptées à cette fin, mais elles doivent être cohérentes. L’une d’elles consiste à répartir le total des dépenses du groupe entre les adultes qui font partie de ce groupe. (Un adulte pourrait être défini comme étant une personne de plus d’un certain âge.) Une question connexe est celle des dépenses des enfants qui font partie du groupe. Dans un grand nombre d’enquêtes auprès des voyageurs, les enfants ne sont pas compris dans l’échantillon. Comme les enfants (autres que les étudiants) voyagent souvent avec des adultes, leur omission ne devrait pas poser de problème, en particulier s’il existe d’autres moyens d’évaluer les dépenses des étudiants lorsque leur montant est important. Il convient, toutefois, de mettre au point des méthodes indiquant comment affecter les dépenses des enfants (autres que les étudiants) voyageant en groupe. Par exemple, toutes les dépenses des enfants pourraient être attribuées au chef de famille ou à un autre adulte. Par ailleurs, il importe que l’absence d’enfants soit prise en compte dans toute estimation par sondage.

322. L’un des problèmes que posent les enquêtes auprès des voyageurs tient aux défaillances de mémoire. Lorsque les enquêtes s’effectuent sous forme d’entretiens, l’enquêteur peut surmonter cette difficulté en encourageant la personne interrogée à consulter ses documents, ou en posant des questions propres à éveiller sa mémoire. Il peut l’inviter à examiner les reçus des paiements par cartes de crédit, les relevés des chèques de voyage, etc. Les pays dans lesquels des enquêtes sont effectuées auprès des voyageurs quelque temps après leur retour recueillent toujours sur les dépenses des données qui sont classées par mode de paiement, et non par type de biens et services acquis, car les documents financiers requis pour un tel classement sont normalement conservés par les voyageurs pendant un certain temps.

323. Il est en outre difficile, en particulier pour les voyages organisés, de décomposer les dépenses des voyageurs en dépenses au titre des services aux voyageurs et dépenses de voyage. Pour surmonter cette difficulté, on peut demander aux voyageurs de porter sur les questionnaires la valeur totale des dépenses pour un voyage—c’est-à-dire les dépenses au titre des services aux passagers plus les dépenses de voyage. Le statisticien de la BP pourrait estimer les dépenses de voyage en déduisant de la valeur totale le montant estimé des dépenses au titre des services internationaux aux passagers obtenu par un autre moyen, par exemple à l’aide d’une enquête auprès des entreprises de transport (voir la description au chapitre 5). Ou encore, le statisticien de la BP pourrait s’adresser aux représentants de l’industrie des voyages pour obtenir une ventilation des dépenses de voyage en ces deux composantes.

324. Le statisticien devrait participer activement à l’établissement et au suivi des enquêtes effectuées auprès des voyageurs par d’autres entités. Il y a lieu de prêter une attention particulière à certains éléments qui ont trait aux enquêtes: la façon dont les questions sont formulées, l’endroit du formulaire où elles se trouvent ou l’ordre dans lequel elles sont posées au cours de l’entretien, la formation des enquêteurs et les méthodes utilisées pour la validation des données et l’échantillonnage. Il est souhaitable que les documents fournis (ou les formulaires remplis) par chaque personne interrogée au cours des enquêtes soient remis au responsable de l’établissement des statistiques pour qu’il puisse procéder à la validation des données, examiner les méthodes de collecte et analyser les éventuels problèmes d’échantillonnage (tels que ceux qui sont posés par les cas marginaux), et étendre les résultats de l’échantillon en utilisant, par exemple, en conjonction avec les statistiques des migrations internationales, une méthode d’estimation par application d’un coefficient.

Autres méthodes de collecte des données

325. La plupart des pays effectuent des enquêtes sur les dépenses des ménages (afin de calculer, par exemple, les coefficients de pondération nécessaires à l’établissement des indices des prix à la consommation). Ces enquêtes pourraient servir à estimer les dépenses de voyage à l’étranger, qui sont l’une des composantes des dépenses des ménages. Les résultats de cette approche ne sont pas particulièrement encourageants, car l’échantillon des personnes ayant voyagé n’est généralement pas assez vaste pour fournir des réponses précises aux fins de la BP Cependant, à défaut d’autres sources de données, cette méthode pourrait servir à obtenir une estimation approximative des dépenses de voyage ainsi qu’à estimer les envois de fonds des travailleurs à des personnes vivant à l’étranger. (Une question à ce sujet pourrait être ajoutée sur le formulaire.)

326. Il existe des enquêtes qui sont très voisines des enquêtes sur les dépenses des ménages: ce sont les enquêtes sur leurs revenus, qui servent à recueillir des informations sur les sources de revenu des ménages. Le statisticien de la BP pourrait envisager la possibilité d’utiliser ces enquêtes (en particulier s’il n’y a pas d’autres sources de données) pour évaluer le montant des fonds que les résidents reçoivent de parents travaillant à l’étranger et les revenus que les ménages obtiennent de leurs investissements à l’étranger.

327. On peut utiliser un certain nombre d’autres sources de données pour évaluer les transactions des particuliers et des ménages qui relèvent de la BP. Citons, par exemple, les enquêtes qui ont pour objet de recueillir des renseignements sur le montant des avoirs et engagements transférés par des migrants qui ont changé de pays pour des raisons professionnelles, les enquêtes menées auprès des étudiants non résidents en vue d’évaluer leurs sources de revenus et la structure de leurs dépenses, enfin les enquêtes auprès des ménages de travailleurs immigrés temporaires, menées aux fins de recueillir des données sur leurs revenus, leurs dépenses et leurs impôts.

    Other Resources Citing This Publication