Chapter

6. Cohérence et validation des données de l’ECID

Author(s):
Rita Mesias
Published Date:
January 2017
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L’objet du présent chapitre est d’aider les statisticiens à améliorer la qualité des données sur les investissements directs en recourant à certains outils d’autoévaluation dont l’utilisation est recommandée pour l’établissement et la communication des données, en appréciant la cohérence entre la position extérieure globale (PEG) et les données de l’ECID et en évaluant les données communiquées par les économies de contrepartie (données miroir).

Outils d’autoévaluation des données de l’ECID

6.1 Avant de communiquer les données de l’ECID au FMI, les statisticiens sont encouragés à suivre les étapes suivantes :

  • Confirmer auprès des répondants au questionnaire les hausses ou baisses importantes des montants communiqués. L’ECID recueille des données sur les positions et ces positions doivent refléter l’évolution sous-jacente.

  • Vérifier les données communiquées pour les économies de contrepartie dans les cas peu plausibles.

  • Vérifier les montants négatifs des positions nettes de participations. Celles-ci pourraient être négatives dans les cas suivants :

    • Lorsque les investissements à rebours sous forme de participations sont supérieurs aux investissements sous forme de participation de l’investisseur direct (ID) dans l’entreprise d’investissement direct (EID). Les positions nettes de participations sont égales à la valeur de la participation de l’ID dans l’EID moins celle de la participation de l’EID dans l’ID (investissements à rebours sous forme de participations). La valeur des investissements à rebours sous forme de participations est généralement inférieure à celle des investissements sous forme de participations de l’ID et, partant, les positions nettes de participations sont d’ordinaire positives.

    • Lorsque le montant cumulé des bénéfices réinvestis est négatif sous l’effet de pertes d’exploitation ou de détention. Une position globale négative ne devrait généralement pas persister pendant de nombreuses années (elle est éventuellement éliminée par injection de capitaux propres des ID dans leurs EID).

  • Lorsque le répondant au questionnaire est un intermédiaire financier résident et qu’il communique de grosses positions sur instruments de dette, il y a lieu de déterminer le secteur institutionnel de l’entreprise affiliée non résidente. Si le non-résident est lui aussi un intermédiaire financier, les positions sur instruments de dette doivent être exclues des investissements directs, à moins qu’elles ne fassent intervenir une société d’assurance ou un fonds de pension (voir paragraphes 2.21-2.24). Ces positions sur instruments de dette doivent être incluses dans les instruments de portefeuille ou les autres instruments dans la position extérieure globale (PEG).

    • La position nette sur instruments de dette des intermédiaires financiers résidents (colonne 4) doit tenir compte des données suivantes :

      • ▪ La position nette sur instruments de dette des sociétés d’assurance et des fonds de pension résidents à l’égard des entreprises affiliées non résidentes (financières et non financières).

      • ▪ La position nette sur instruments de dette des autres intermédiaires financiers résidents à l’égard des entreprises affiliées non résidentes. (Dans le cas où la partie résidente et la partie non résidente sont toutes deux un type donné d’intermédiaire financier, ces positions d’endettement devraient être égales à zéro — voir paragraphes 2.21-2.24 du présent Guide).

  • Lorsque vous communiquez la position sur instruments de dette d’une économie de contrepartie donnée, veuillez-vous assurer que la position de participations est elle aussi fournie. Une exception peut être faite pour les positions à l’égard des entreprises sœurs non résidentes.

  • Vérifier les importantes révisions apportées aux données rétrospectives communiquées sur les composantes, quelles qu’elles soient, de l’ECID.

Formulaire type de déclaration des données avec outils de validation intégrés

6.2 Le formulaire type de déclaration des données de l’ECID (voir appendice I) inclut deux types d’outils de validation : 1) les vérifications horizontales, qui sont présentées dans la dernière colonne de droite, et 2) les vérifications verticales, qui sont présentées par région (vérifications verticales par région) et au bas du formulaire (vérifications des totaux mondiaux).

Vérifications horizontales

6.3 Les vérifications horizontales permettent généralement de s’assurer que la somme des composantes est égale aux totaux communiqués dans l’ECID; c’est ainsi que :

  • Le total des positions d’investissement direct de l’étranger (ou à l’étranger) (colonne 1) doit être égal aux positions nettes de participations (colonne 2) plus les positions nettes sur instruments de dette (colonne 3).

  • Les positions nettes sur instruments de dette (colonne 3) doivent être égales aux positions nettes sur instruments de dette des intermédiaires financiers résidents (colonne 4) plus les positions nettes sur instruments de dette de toutes les autres entreprises résidentes (colonne 5).

  • Les positions nettes sur instruments de dette (colonne 3) doivent être égales à la différence entre les actifs et les passifs bruts sous forme d’instruments de dette (colonne 6 et colonne 7).

  • Les positions nettes d’investissement direct (de l’étranger/à l’étranger) vis-à-vis des entreprises sœurs non résidentes (colonne 8) doivent être égales à la différence entre les passifs et les actifs d’investissement direct à l’égard de ces entreprises (colonne 9 et colonne 10).

  • Il faut procéder au test de la «divulgation par recoupements» pour déterminer si les données confidentielles (marquées d’un «C») peuvent être obtenues par soustraction des données communiquées.

6.4 Les vérifications horizontales incluent par ailleurs les autres outils de validation suivants :

  • En général, les positions brutes sur instruments de dette (colonnes 6 et 7) doivent être des montants positifs. Les montants négatifs portés dans ces colonnes doivent être expliqués.

  • Les trois dernières colonnes du formulaire de déclaration des données (sous l’entête «dont : total de l’étranger/à l’étranger, ID vis-à-vis des entreprises sœurs non résidentes») présentent des données détaillées sur les positions à l’égard des entreprises sœurs non résidentes. Trois catégories d’informations doivent être fournies sur les entreprises sœurs :

    • 1) Les positions nettes d’investissement direct de l’étranger/à l’étranger vis-à-vis des entreprises sœurs non résidentes

    • 2) Les positions de participations plus les positions sur instruments de dette vis-à-vis des entreprises sœurs non résidentes, actifs

    • 3) Les positions de participations plus les positions sur instruments de dette vis-à-vis des entreprises sœurs non résidentes, passifs

  • Le total des actifs et passifs à l’égard des entreprises sœurs non résidentes inclut principalement les positions sur instruments de dette (les positions de participations entre entreprises sœurs sont généralement très faibles ou non existantes), de la même manière qu’en général, les montants correspondant au total des actifs et à celui des passifs à l’égard des entreprises sœurs non résidentes (colonnes 9 et 10) :

    • sont égaux ou inférieurs au total des actifs et passifs bruts sous forme d’instruments de dette (colonnes 6 et 7), respectivement

    • sont des montants positifs1.

  • Les montants communiqués ne sont pas des positions à l’égard de l’économie déclarante (elle-même).

Vérifications verticales

6.5 Les vérifications verticales permettent de s’assurer que 1) lorsque des données relatives à une économie sont confidentielles, un montant, ou un «C» est porté dans la catégorie «Non spécifié (y compris données confidentielles) par région», ou 2) au niveau mondial, qu’un montant est présenté dans la catégorie globale intitulée «Total non spécifié (y compris données confidentielles)» si les données d’une des économies sont confidentielles.

6.6 Ces règles s’appliquent aux 10 colonnes du formulaire de déclaration des données.

Cohérence avec les données de la PEG

6.7 Les données sur les investissements directs de l’étranger et à l’étranger recueillies à l’aide de l’ECID doivent cadrer avec celles établies sur les investissements directs relevant de la PEG. Les deux ensembles de données sont conformes au cadre statistique des investissements directs établi dans le Manuel de la balance des paiements et de la position extérieure globale (MBP6) et ils n’incluent l’un et l’autre que les données sur les positions.

6.8 Les données sur les investissements directs sont établies sur la base des actifs et des passifs dans la PEG et selon le principe directionnel dans l’ECID. Les données de la PEG et de l’ECID doivent être suffisamment détaillées pour faciliter la conversion de la base des actifs et des passifs à celle du principe directionnel de manière à permettre un rapprochement correct entre les deux ensembles de données. Les investissements directs sur la base du principe directionnel peuvent être calculés à partir des données de la PEG sur les investissements directs présentées sur la base des actifs et des passifs, ou vice versa. Ce calcul est explicité au tableau 6.12.

Tableau 6.1Présentatio n sur la base des actifs et des passifs e t présentatio n selon le principe directionnel
Présentation actifs/passifs dans la PEGPrésentation selon le principe directionnel dans l’ECID
Actifs d’investissement directTotal des investissements directs à l’étranger
Participations et parts de fonds de placementParticipations (net) = (a) + (c) + (e) - (g) - (h)
  • ID dans EID (a)

  • EID dans ID (investissements à rebours) (b)

  • Entre entreprises sœurs



Si la société mère ayant le contrôle ultime est résidente (c)

Si la société mère ayant le contrôle ultime est non résidente (d)

Si la société mère ayant le contrôle ultime n’est pas connue (e)
Instruments de detteInstruments de dette (net) = (1) - (2) ou (3) + (4)
  • ID dans EID (k)

  • EID dans ID (investissements à rebours) (I)

  • Entre entreprises sœurs



Si la société mère ayant le contrôle ultime est résidente (m)

Si la société mère ayant le contrôle ultime est non résidente (n)

Si la société mère ayant le contrôle ultime n’est pas connue (o)
Ventilés par :

(1) Actifs sous forme d’instruments de dette des ID dans les EID et les entreprises sœurs non résidentes = (k) + (m) + (o)

(2) Passifs sous forme d’instruments de dette des EID vis-à-vis des ID (investissements à rebours) et des entreprises sœurs non résidentes = (q) + (r)

Et par

(3) Instruments de dette (net) des intermédiaires financiers résidents

(4) Instruments de dette (net) de toutes les autres entreprises résidentes

Dont : total des investissements à l’étranger, ID vis-à-vis des entreprises sœurs non résidentes (net) = (5) - (6)

(5) Total des actifs sous forme de participations et instruments de dette vis-à-vis des entreprises sœurs = (c) + (e) + (m) + (o)

(6) Total des passifs sous forme de participations et instruments de dette vis-à-vis des entreprises sœurs = (h) + (r)
Passifs d’investissement directTotal des investissements directs entrants
Participations et parts de fonds de placementParticipations (net) = (f) + (i) + (j) - (b) - (d)
  • ID dans EID (f)

  • EID dans ID (investissements à rebours) (g)

  • Entre entreprises sœurs



Si la société mère ayant le contrôle ultime est résidente (h)

Si la société mère ayant le contrôle ultime est non résidente (i)

Si la société mère ayant le contrôle ultime n’est pas connue (j)
Instruments de detteInstruments de dette (net) = (1) - (2) ou (3) + (4)
  • ID dans EID (p)

  • EID dans ID (investissements à rebours) (q)

  • Entre entreprises sœurs



Si la société mère ayant le contrôle ultime est résidente (r)

Si la société mère ayant le contrôle ultime est non résidente (s)

Si la société mère ayant le contrôle ultime n’est pas connue (t)
Ventilés par :

(1) Actifs sous forme d’instruments de dette des ID vis-à-vis des EID et des entreprises sœurs non résidentes = (p) + (s) + (t)

(2) Passifs sous forme d’instruments de dette des EID vis-à-vis des ID (investissements à rebours) et des entreprises sœurs non résidentes = (l) + (n)

Et par :

(3) Instruments de dette (net) des intermédiaires financiers résidents

(4) Instruments de dette (net) de toutes les autres entreprises résidentes

Dont : total des investissements à l’étranger, ID vis-à-vis des entreprises sœurs non résidentes (net) = (5) - (6)

(5) Total des actifs sous forme de participations et instruments de dette vis-à-vis des entreprises sœurs = (i) + (j) + (s) + (t)

(6) Total des passifs sous forme de participations et instruments de dette vis-à-vis des entreprises sœurs = (d) + (n)
Source : services du FMI.

6.9 Les incohérences entre les données sur les investissements directs établies sur ces deux bases (à savoir selon le principe directionnel et sur la base des actifs et des passifs) doivent être comprises et expliquées aux utilisateurs de données. Quelques explications possibles de ces incohérences sont présentées dans l’encadré 6.1.

Encadré 6.1Explications possibles des incohérences entre les données de la PEG et celles de l’ECID

  • Dispositifs institutionnels (par exemple, organismes ou systèmes statistiques différents)

  • Raisons méthodologiques, par exemple :

    • Différence de méthodes d’évaluation des actions non cotées. Ces actions doivent être évaluées sur la base des fonds propres à leur valeur comptable (FPVC) dans l’ECID; cependant, le MBP6 décrit six méthodes d’évaluation des actions non cotées qui peuvent être employées lorsque leurs prix de marché effectifs ne sont pas connus.

    • Différence de traitement des positions d’investissement direct entre entreprises sœurs (par exemple, il se peut que les positions entre entreprises sœurs ne soient pas incluses dans la catégorie fonctionnelle d’investissement direct dans la PEG, même si elles sont prises en compte dans l’ECID, si une économie n’a pas pleinement appliqué le MBP6 pour l’établissement des données de la PEG).

  • Différence de période statistique entre l’ECID et la PEG

    • L’ECID couvre les positions de fin d’année et les données mises à jour ne sont pas toujours immédiatement incorporées dans la PEG (ou vice versa).

  • Différence de couverture, par exemple :

    • Les entités à vocation spéciale (EVS) ne sont pas incluses dans l’un des ensembles de données1.

  • Différence de versions de données de l’ECID et de la PEG (par exemple, les données de la PEG ont été révisées, mais pas celles de l’ECID, ou vice versa.

1Les métadonnées de la PEG et de l’ECID doivent clairement indiquer si les structures sociétaires flexibles qui n’ont guère ou pas de présence physique sont prises en compte (ou dans quelle mesure elles le sont).

6.10 Pour améliorer la cohérence des données sur les investissements directs de l’ECID et de la PEG, les économies participant à l’ECID pourraient suivre certaines bonnes pratiques (encadré 6.2).

Encadré 6.2Quelques bonnes pratiques

  • Recourir aux mêmes sources pour recueillir des données sur les investissements directs pour l’ECID et la PEG.

  • Procéder au rapprochement des données de l’ECID et de celles de la PEG sur les investissements directs.

  • S’il existe des incohérences importantes entre les données de la PEG sur les investissements directs et celles de l’ECID, les statisticiens doivent en rechercher les principales raisons. Ces différences doivent être expliquées dans le questionnaire sur les métadonnées de l’ECID (questions 17 et 18).

  • Si deux organismes, ou davantage, sont chargés de l’établissement de l’ECID et de la PEG, ils doivent coordonner leurs activités et communiquer entre eux.

  • Vérifier les méthodes d’évaluation des actions non cotées et préciser la méthode d’évaluation utilisée pour la PEG et l’ECID dans leurs métadonnées respectives.

  • S’efforcer d’appliquer pleinement la recommandation du MBP6 concernant les investissements directs (par exemple, présenter toutes les composantes types et les ventilations encouragées des investissements directs dans la PEG, en particulier lorsque les données sont significatives.

Données miroir

6.11 La base de données de l’ECID contient des tableaux qui présentent des données «miroir»3. Les données sur les positions d’investissement direct de l’étranger communiquées par une économie sont présentées aux côtés des données sur les positions d’investissement direct à l’étranger de l’économie de contrepartie (c’est-à-dire les données miroir des données communiquées sur les investissements de l’étranger). De même, les données sur les positions d’investissement direct à l’étranger communiquées par une économie sont présentées aux côtés des données sur les positions d’investissement direct de l’étranger transmises par l’économie de contrepartie. Cela permet aux économies partenaires à l’investissement direct de comparer facilement les données et de déceler les incohérences.

Encadré 6.3Exemple d’utilisation des données miroir pour améliorer la qualité des statistiques d’investissement direct

En date de décembre 2014, les actifs d’investissement direct communiqués par l’économie A pour la PEG de 2013 s’élevaient à 173,5 millions de dollars. Les investissements directs à l’étranger, calculés à partir de la PEG de 2013 se chiffraient à 142,5 millions de dollars1.

L’économie A n’a pas communiqué de données provisoires pour 2013 dans l’ECID; cependant, sur la base des données miroir tirées de l’ECID (tableau 3-o : Positions d’investissement direct à l’étranger communiquées par l’économie A et positions d’investissement direct de l’étranger communiquées par l’économie de contrepartie en fin 2013), les statisticiens peuvent constater que le total des «investissements de l’étranger communiqués par l’économie de contrepartie» se chiffrait à 529 millions de dollars.

Ces données miroir indiquent que les investissements à l’étranger «calculés» pour l’économie A sont d’environ 529 millions de dollars, alors que le total des investissements à l’étranger obtenu grâce aux données de la PEG est de 142,5 millions de dollars, signe qu’il pourrait y avoir une erreur dans les données communiquées. Il est possible que les estimations de l’économie de contrepartie soient incorrectes (elles incluent peut-être les positions d’investissement direct des intermédiaires financiers qui devraient en fait être reclassées dans les autres investissements) ou que ce soit les estimations de l’économie A qui sont incorrectes. En conséquence, l’existence d’une incohérence dans les données miroir doit être considérée comme un indicateur d’un problème d’estimation possible qui mérite un examen plus approfondi lorsqu’il s’avère important ou pertinent.

1Les données de la PEG présentées sur la base des actifs et des passifs ont été exprimées selon le principe directionnel (les actifs sous forme d’instruments de dette des EID dans les ID (investissements à rebours), qui s’élevaient à 31 millions de dollars, ont été déduits du total des actifs d’investissement direct (173,5 millions de dollars, ce qui donne un montant de 142,5 millions de dollars pour les investissements directs à l’étranger).

6.12 Les données miroir peuvent être utiles à plusieurs égards. Pour les économies qui ne participent pas à l’ECID, du fait qu’elles ne recueillent pas de données sur les positions d’investissement direct (ou que la ventilation des positions d’investissement direct par économie de contrepartie n’est pas disponible), les données miroir communiquées par leurs contreparties peuvent fournir des renseignements sur leurs positions totales d’investissement direct de l’étranger et à l’étranger. Pour les économies qui participent à l’ECID, les données miroir pourraient servir à vérifier leurs propres estimations et être par ailleurs très utiles en révélant les lacunes ou erreurs dans les données au niveau de l’économie de contrepartie.

6.13 Il y a lieu d’utiliser avec prudence les données miroir en raison de leurs limitations. Par exemple, il se peut que certaines contreparties importantes de l’économie déclarante ne participent pas à l’ECID ou ne fournissent pas d’informations parce que leurs données se situent au-dessous d’un seuil de déclaration. Le total des données miroir pourrait être inférieur ou supérieur à celui des données communiquées par l’économie déclarante dans le cadre de l’ECID. Lorsque les données communiquées diffèrent grandement des données miroir, les statisticiens devraient en rechercher les raisons.

Asymétries bilatérales4

6.14 Pour améliorer la qualité des données de l’ECID, le Département des statistiques du FMI a lancé en 2013 un projet visant à sensibiliser les économies à l’existence de grosses asymétries bilatérales et à y remédier dans la mesure du possible. Pour plus de détail sur ce projet, veuillez-vous reporter à l’encadré 6.4.

Encadré 6.4Analyse des asymétries bilatérales

Généralités

En octobre 2013, le FMI a pris contact au total avec 28 économies1 participant à l’ECID pour porter à leur attention l’existence de grosses asymétries bilatérales entre les données qu’elles avaient communiquées pour l’ECID et les données miroir fournies dans le cadre de l’enquête par leurs principales contreparties pour fin 2011.

Ces économies ont reçu un fichier Excel de données les concernant, dans lequel ont été mis en lumière les écarts dépassant 25 milliards de dollars et représentant au moins 25 % du total de la position d’investissement direct bilatérale vis-à-vis de l’économie de contrepartie, pour les investissements directs de l’étranger et/ ou à l’étranger, selon le cas. Elles ont été encouragées à analyser les asymétries et à revoir leurs méthodes d’estimation, ou à se mettre en rapport avec l’économie de contrepartie pour expliquer les asymétries ou y remédier et pour s’assurer de la robustesse de leurs estimations. À cette fin, il a été rappelé aux économies que les questionnaires sur les métadonnées de l’ECID fournissent des informations détaillées sur les pratiques de collecte et d’établissement des données adoptées par les économies participant à l’ECID et incluent les coordonnées des personnes à contacter2.

Cette initiative s’est avérée efficace et plus de la moitié des économies contactées ont fourni en retour les raisons précises des asymétries ou indiqué que des efforts étaient engagés pour confirmer leurs données. En outre, certaines économies ont identifié des mesures spécifiques de correction des asymétries3.

1Il s’agit des économies suivantes : Afrique du Sud, Allemagne, Australie, Autriche, Barbade, Belgique, Brésil, Canada, Chine (RP), Hong Kong (RAS), Chypre, Espagne, États-Unis, France, Hongrie, Inde, Irlande, Italie, Japon, Luxembourg, Maurice, Mexique, Pays-Bas, Royaume-Uni, Fédération de Russie, Singapour, Suède et Suisse.2STA a proposé de fournir une aide méthodologique pour déceler les incohérences dans les données et/ou pour y remédier. Cependant, il a été reconnu que ce sont les économies participant à l’ECID (et non pas STA) qui ont pour responsabilité première de corriger les asymétries dans la mesure où elles le jugent approprié.3Suite au projet pilote de STA, le Bureau of Economic Analysis (BEA) des États-Unis a passé en revue ses plus grosses asymétries bilatérales pour fin 2011. Le BEA a identifié les mesures à prendre pour améliorer davantage la qualité de ses données. Il a centré son attention sur cinq principaux domaines : 1) incohérences inhérentes au traitement recommandé des entreprises sœurs; 2) caractéristiques des enquêtes effectuées par le BEA pour recueillir des statistiques d’investissement direct qui empêchent l’identification des positions d’endettement entre certaines entreprises sœurs; 3) incertitude quant au traitement des positions mettant en jeu des EVS; 4) différences de base d’évaluation des positions d’investissement direct, par exemple évaluation au prix du marché et non au coût historique; 5) différences de définitions géographiques. Pour plus de détails, se reporter à : www.imf.org/external/pubs/ft/bop/2014/pdf/14-19.pdf.

6.15 Le projet de sensibilisation aux asymétries bilatérales a fourni des enseignements sur les raisons de ces asymétries et confirmé que les différences méthodologiques en sont la principale cause, ainsi que les différences de couverture et de degré de confidentialité. Leurs principales raisons sont identifiées en particulier dans l’encadré 6.5.

Encadré 6.5Principales raisons identifiées des asymétries bilatérales dans les données de l’ECID

Il se peut que les économies de contrepartie utilisent des méthodes différentes pour estimer la valeur des actions cotées et/ou non cotées.

L’application du principe directionnel peut donner lieu à des asymétries dans les estimations miroir. Plus précisément, les investissements directs à l’étranger d’une économie pourraient être enregistrés dans les statistiques de l’économie de contrepartie soit comme des investissements directs de l’étranger, soit comme des investissements directs à l’étranger négatifs. Par exemple, la comptabilisation des positions d’endettement entre entreprises sœurs peut donner lieu à des asymétries bilatérales. Comme le montrent le graphique 4.2 et le tableau 4.4, un prêt de 250 dollars d’une entreprise apparentée C de l’économie 3 à son entreprise sœur B de l’économie 2 sera enregistré par l’entreprise B en tant qu’investissement direct de l’étranger positif vis-à-vis de l’économie 3, d’un montant de 250 dollars. Cette dernière enregistrera ce prêt en tant qu’investissement direct de l’étranger négatif vis-à-vis de l’économie 2, d’un montant de -250 dollars, et non en tant que position miroir de 250 dollars dans ses statistiques sur les investissements à l’étranger. Dans ce cas, même si les deux économies suivent les directives établies, il en résulte une asymétrie (à savoir que la position d’investissement direct à l’étranger d’une économie donnée n’aurait pas pour données miroir la position d’investissement direct de l’étranger de l’économie de contrepartie).

Différence de méthodes de collecte des données : auprès des entreprises et non des groupes locaux d’entreprises.

Différence de répartition géographique par économie de contrepartie : sur la base de la contrepartie ultime et non de la contrepartie immédiate.

Différences de définitions : territoire économique ou géographique.

Utilisation de versions différentes des normes méthodologiques. Par exemple, certaines économies pourraient inclure la dette permanente entre certains intermédiaires financiers dans les investissements directs (conformément au MBP5) alors que d’autres pourraient l’en exclure (en conformité avec le MBP6).

Certaines économies ont indiqué que les données communiquées sur les EVS ne sont pas ventilées par économie, en partie pour des raisons de confidentialité.

L’absence de couverture, ou la couverture partielle, des données sur les entreprises sœurs et/ou les EVS a été considérée comme un facteur contribuant aux asymétries par certaines économies.

6.16 Par ailleurs, ce projet a aidé certaines économies à détecter les erreurs et les a amenées à envisager des mesures pour améliorer la qualité de leurs données sur les investissements directs. À l’issue de ces travaux, STA a affiché un document : Coordinated Direct Investment Survey (CDIS): Project on Bilateral Asymmetries: June 2014, (voir http://data.imf.org/?sk=40313609-F037-48C1-84B1-E1F1CE54D6D5&ss=1390288795525).

Exceptionnellement, ils pourraient être négatifs, car ils incluent également les participations entre entreprises sœurs qui, comme expliqué au paragraphe 6.1, pourraient être des montants négatifs.

Pour le traitement des données de l’ECID qui lui ont été communiquées, le Département des statistiques (STA) a inclus des outils servant à évaluer la cohérence entre les données calculées de la PEG et les données transmises de l’ECID. Lorsque des incohérences importantes sont décelées, les services de ce département peuvent s’adresser aux autorités pour demander qu’il soit procédé à un réexamen et à la révision des données, si nécessaire. Des explications de ces incohérences sont elles aussi parfois demandées. Cette évaluation n’est effectuée que pour les économies qui communiquent directement des données sur les investissements directs relevant de la PEG ainsi que de l’ECID.

Les estimations faites pour toutes les économies (y compris les données communiquées par chaque participant à l’ECID et les données miroir transmises par chacun de ses partenaires à l’investissement direct) sont présentées au tableau 3 de l’ECID à : http://data.imf.org/CDIS.

D’autres initiatives encouragées par des organisations internationales, telles que le Réseau IDE européen, placé sous les auspices de la Banque centrale européenne (BCE) et de l’Office statistique de l’Union européenne (Eurostat) ou par des économies individuelles pour le rapprochement bilatéral des données sur les investissements sont en place. Le Réseau IDE a été lancé en juin 2009 pour réduire les asymétries et accroître la cohérence interne des statistiques de balance des paiements de l’UE et de la zone euro. Il offre aux statisticiens chargés d’établir les données sur les investissements directs un moyen sûr d’échanger des informations (microdonnées) sur les transactions et, depuis 2012, les positions d’investissement direct. Depuis sa mise en place, 27 États membres de l’UE se sont joints au Réseau IDE. Pour de plus amples détails, se reporter à : www.imf.org/external/pubs/ft/bop/2014/pdf/14-20.pdf.

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