Chapter

2. Aperçu du SGDD

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
March 2008
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2.1 Ce chapitre présente le SGDD, comme énoncé dans le Document SGDD. Il décrit les quatre dimensions du système (données, qualité, intégrité, accès du public); aborde la question de la qualité des données, un objectif premier du SGDD; examine l’établissement et la diffusion des données dans le SGDD, et résume les caractéristiques essentielles du fonctionnement du système, notamment le rôle du coordinateur national.

Document SGDD

2.2 Le 6 février 1998, le Directeur général du FMI a invité les pays membres qui n’avaient pas souscrit à la NSDD à désigner un coordinateur national qui puisse servir d’interlocuteur aux services du FMI pour toutes les questions relatives au SGDD. Peu après, les pays membres ont reçu un document intitulé Système général de diffusion des données qui représente le système tel qu’il a été approuvé par le Conseil d’administration du FMI. Ce document, le Document SGDD, a été mis à jour par la suite en fonction des décisions prises par le Conseil d’administration le 29 mars 2000 pour ce qui est des données relatives à la dette extérieure, de la quatrième revue du Conseil le 23 juillet 2001, de la cinquième revue le 6 novembre 2003 et de la sixième revue le 2 novembre 2005. Ce document, que l’on peut consulter sur le tableau d’affichage, constitue la source première d’informations sur le SGDD et sur la manière dont il doit être mis en œuvre.

2.3 Le Document SGDD définit des objectifs pour l’établissement et la diffusion de données dans l’optique de quatre propriétés («dimensions») des systèmes statistiques, lesquelles sont aussi résumées dans l’encadré 2.1:

  • La première dimension a trait aux données économiques, financières et sociodémographiques dont le système recommande l’établissement et la diffusion par les pays membres. Un des axiomes fondamentaux du SGDD est que la diffusion de ces données est essentielle à la formulation des politiques macroéconomiques, ainsi qu’à l’efficacité et à la transparence de la gestion de l’économie. Cette dimension porte sur le champ d’application, la périodicité et le délai de diffusion des données.

  • La qualité des données constitue la deuxième dimension du SGDD. Elle vise l’information dont disposent les usagers pour mieux évaluer la qualité des données couvertes par le système. Il s’agit plus précisément de diffuser i) la documentation sur les méthodes et les sources statistiques, et ii) le détail des composantes, le rapprochement avec des données connexes, et le cadre statistique.

  • Comme il est capital que les usagers aient confiance dans les données produites par les systèmes statistiques, la troisième dimension couvre l’ intégrité des données. L’objectivité et le professionnalisme de l’organisme producteur de statistiques, tels qu’en témoigne la transparence de ses pratiques et de ses procédures, sont des déterminants clés de la confiance des usagers. Le SGDD identifie quatre éléments principaux de cette dimension: i) diffusion des conditions et des modalités de l’établissement des statistiques officielles; ii) identification de l’accès interne de l’administration aux données antérieurement à leur publication; iii) identification des commentaires ministériels au moment de la publication des statistiques; iv) diffusion d’informations sur les révisions et sur l’annonce préalable des modifications de méthode importantes.

  • Le caractère de bien public des statistiques officielles suppose leur diffusion auprès des usagers d’une manière qui en rende l’accès aisé et équitable, et pour ce motif la quatrième dimension du SGDD concerne l’ accès du public. Le SGDD s’attache plus particulièrement à deux aspects de cet accès:

    • i) communication préalable du calendrier des diffusions,

    • ii) diffusion simultanée de toutes les données à tous les intéressés.

Encadré 2.1.Les quatre dimensions du SGDD

1. Données: champ d’application, périodicité et délais de diffusion. La diffusion dans de bons délais de données économiques, financières et sociodémographiques fiables et complètes est indispensable pour assurer la transparence des résultats et de la politique macroéconomiques.

  • Par conséquent, le SGDD recommande la diffusion des données décrites au tableau 3.1.

2. Qualité. Il faut accorder une grande priorité à la qualité des données. Les utilisateurs des données doivent recevoir les informations nécessaires pour juger de la qualité de ces données et des améliorations qui y sont apportées. Le SGDD recommande:

  • La diffusion de documents sur les méthodes et les sources utilisées pour établir les statistiques.

  • La diffusion du détail des composantes, rapprochement avec les données comparables et emploi de cadres statistiques se prêtant aux vérifications croisées et garantissant la vraisemblance des informations communiquées.

3. Intégrité. Pour atteindre l’objectif d’information du public, les statistiques officielles doivent inspirer confiance aux utilisateurs. Il s’agit en dernière analyse d’une question de confiance dans l’objectivité et le professionnalisme de l’organisme producteur de statistiques. La transparence de ses pratiques et procédures est déterminante à cet égard. Par conséquent, le SGDD recommande:

  • La diffusion des conditions régissant l’établissement des statistiques officielles, notamment en ce qui concerne la confidentialité des informations individuelles nominative.

  • L’identification des administrations publiques qui ont accès aux données avant leur publication.

  • L’identification des commentaires ministériels formulés lors de la publication des statistiques.

  • La fourniture d’informations sur les révisions et la notification préalable des changements majeurs de méthodes.

4. Accès du public. La diffusion des statistiques officielles est un élément essentiel qui fait des statistiques un bien public. Il est en particulier indispensable que le public puisse y accéder aisément et de manière similaire. Le SGDD recommande:

  • L’annonce préalable du calendrier de diffusion.

  • La communication simultanée à toutes les parties intéressées.

Participation au SGDD

2.4 Les pays membres du FMI participent au SGDD à titre volontaire. La participation implique l’engagement par le pays de prendre trois mesures relatives au système, et elle est subordonnée à leur accomplissement. Ces mesures sont:

  • l’engagement de faire du SGDD le cadre d’élaboration du système national d’établissement et de diffusion de statistiques économiques, financières et sociodémographiques;

  • la désignation d’un coordinateur national chargé des relations avec le FMI;

  • la préparation de métadonnées1, pour diffusion par le FMI sur le Tableau d’affichage, concernant a) les pratiques courantes d’établissement et de diffusion de statistiques et b) les plans d’amélioration à court et à moyen terme en ce qui concerne chacune des quatre dimensions du système.

2.5 Le FMI annonce officiellement la participation au SGDD en portant les métadonnées du pays membre au tableau d’affichage.

2.6 Les pays membres qui souhaitent participer au système doivent faire connaître leur intention par écrit au Directeur du Département des statistiques du FMI. La communication doit émaner d’un fonctionnaire habilité à prendre l’engagement que le pays adoptera les mesures requises pour participer.

SGDD et qualité des données

2.7 Le SGDD a pour but principal d’améliorer la qualité des données. Dans le cadre du SGDD, le terme «qualité» revêt deux acceptions distinctes. La première réfère à un attribut des données, et dans ce cas l’expression employée est celle de «qualité des données». La seconde acception réfère à une dimension du système, et dans ce cas c’est le mot «qualité» qui sera employé.

2.8 En tant qu’attribut des données, la qualité présente plusieurs significations. On peut, par exemple, la considérer comme une fonction de la fidélité avec laquelle les données rendent compte des stocks, flux ou autres concepts pertinents. Dans cette acception de la qualité, la précision de la mesure revêt une grande importance et on peut dans certains cas obtenir des estimations directes de la précision des données, telles que l’estimation de la couverture de données de recensement, ou l’erreur d’échantillonnage de données obtenues par sondage. D’autres aspects de la qualité des données peuvent concerner la com-parabilité des données d’une période ou d’un secteur à l’autre et, dans certains de ces cas, il est possible d’élaborer des mesures quantitatives de la qualité2.

2.9 Considérée comme une dimension du SGDD, la signification de la qualité est unique et univoque. Cette seconde acception concerne l’information connexe communiquée aux usagers sur les données et les pratiques en vigueur quant à leur production et à leur diffusion. Dans ce contexte, il est utile pour les usagers d’avoir accès à la documentation sur les méthodes, d’être informés des pratiques visant à assurer la qualité, des politiques de diffusion et des plans d’amélioration.

2.10 Plus précisément, le SGDD a pour objectif spécifique la diffusion de la documentation sur les sources et les méthodes de préparation des statistiques, le détail des composantes, les cadres statistiques, et les comparaisons et rapprochements sur lesquels reposent les recoupements statistiques. Les métadonnées préparées dans le cadre du système servent de véhicule au suivi des améliorations de la qualité.

Élaboration, production et diffusion des données

2.11 Le SGDD a pour but i) l’élaboration de systèmes statistiques qui permettent d’établir des données économiques, financières et sociodémogra-phiques exhaustives dont la couverture, la périodicité et le délai de diffusion conviennent aux besoins de la communauté des usagers et ii) la diffusion de ces données. Le SGDD a pour objectif premier d’améliorer la qualité des données couvertes par de vastes cadres de référence et indicateurs statistiques.

2.12 Il est admis que le délai d’établissement et de diffusion des données est souvent amélioré au détriment de la qualité de celles-ci, et le SGDD donne donc à l’amélioration de la qualité des données un degré de priorité plus élevé qu’à la ponctualité. En général, les améliorations de la qualité des données ne vont pas à l’encontre des pratiques de diffusion des données qui sont compatibles avec les objectifs du système sur le plan de l’intégrité des données et de leur accessibilité pour les usagers.

2.13 Il convient de noter que le terme «diffusion» englobe la totalité des moyens par lesquels les statistiques sont mises à la disposition du public, et notamment:

  • la publication de documents, tels que communiqués de presse, périodiques ou publications spéciales;

  • la diffusion de statistiques par des moyens informatiques tels que disquettes, bandes, disques compacts, ou Internet;

  • la fourniture à la demande de statistiques sous forme de documents imprimés ou de fichiers informatiques;

  • la communication de statistiques au moyen de systèmes de traitement automatisé d’appels téléphoniques et/ou de serveurs de télécopies.

2.14 Chacun de ces moyens peut avoir un rôle à jouer dans un système de diffusion de données capable de répondre aux besoins des utilisateurs, qu’il s’agisse de présentations résumées d’indicateurs et de données récents, ou d’ensembles complets de données. Il serait bon que les plans de développement statistique garantissent l’adaptation continuelle des moyens de diffusion, tant aux besoins toujours plus élaborés des usagers qu’aux possibilités nouvelles offertes par l’innovation technologique.

Principales caractéristiques de fonctionnement du SGDD

2.15 L’adhésion d’un pays au SGDD, comme il a été indiqué précédemment, se fait à titre volontaire. Les pays membres qui décident de participer au système peuvent le faire à tout moment et ils doivent lancer le processus en faisant connaître leur intention par une communication adressée au Directeur du Département des statistiques. Les pays membres qui envisagent d’adhérer sont encouragés à s’adresser aux services du FMI, qui leur fourniront renseignements et conseils.

2.16 Comme indiqué précédemment, la participation implique i) l’engagement d’utiliser le SGDD comme cadre de développement des systèmes statistiques nationaux pour l’établissement et la diffusion de données économiques et financières; ii) la désignation d’un coordinateur national; iii) la préparation, aux fins de diffusion par le FMI, de métadonnées qui décrivent a) les pratiques courantes d’établissement et de diffusion statistiques, b) des plans d’amélioration à court et à moyen terme de ces pratiques.

2.17 Les structures des systèmes statistiques étant susceptibles de varier considérablement, il ne serait pas approprié de fournir des directives rigides que tous les pays devraient suivre en ce qui concerne les méthodes et modalités de la participation sous tous ses aspects. Cependant, les considérations suivantes méritent d’une manière générale de retenir l’attention:

  • Engagement d’utiliser le SGDD comme cadre du développement statistique: ce processus continu débute lorsque la participation devient effective. Les pays participants trouveront utile de concentrer leurs efforts sur la gamme d’activités requises pour assurer le bon fonctionnement du processus. Afin de faciliter ce processus, le SGDD prévoit la mise au point de plans d’amélioration de l’établissement des données et de la diffusion des statistiques ainsi que l’affichage sur le tableau d’affichage de métadonnées décrivant ces plans.

  • Désignation d’un coordinateur national: le coordinateur effectue la liaison entre le pays membre et les services du FMI pour tout ce qui touche à la participation au SGDD et à sa mise en œuvre.

  • Préparation des métadonnées relatives aux pratiques courantes: la description des pratiques courantes et des plans doit correspondre à chacun des objectifs des dimensions données, qualité, intégrité et accès du public. Il est à peu près certain que de nombreux organismes et services devront être impliqués dans cette importante étape initiale de la participation au SGDD. Il est par conséquent nécessaire de recourir à un format standard (décrit au chapitre 4) pour préparer les métadonnées, de manière qu’elles puissent être communiquées par la voie électronique au FMI.

  • Élaboration de plans d’amélioration à court et à moyen terme du système statistique: en envisageant de participer au SGDD, le pays membre devra se préoccuper des processus de formulation de ces plans. L’idéal serait de commencer par établir une vision stratégique de l’évolution à long terme du système statistique national. Cette vision servirait de base à l’élaboration des plans à moyen terme. Une fois formalisés, ces plans serviraient de base à la préparation des projets à court terme.

  • Les métadonnées qui devront être fournies pour être placées sur le tableau d’affichage du SGDD devraient décrire ces plans à court et à moyen terme. Pour être plus précis, les métadonnées devraient indiquer i) les plans d’amélioration visant à remédier aux insuffisances identifiées dans les pratiques d’établissement et de diffusion des données; ii) les améliorations récemment apportées ou iii) le cas échéant, que le pays déclare qu’aucune amélioration n’est jugée nécessaire. Les plans devraient identifier les principales insuffisances relatives aux objectifs que fixe le système pour chacune des quatre dimensions; les mesures grâce auxquelles les insuffisances seront corrigées; les ressources, y compris l’assistance technique, nécessaires pour réaliser les améliorations et le délai de diffusion dans lequel les améliorations seraient effectuées. En particulier, les améliorations à apporter dans l’année qui suit et dans les deux à cinq années suivantes devraient être définies. Si l’on estime que des mesures récentes ont permis de corriger les insuffisances essentielles, les métadonnées devraient décrire les mesures prises (par exemple, adoption de nouvelles enquêtes sur les revenus et les dépenses des ménages en vue de l’établissement d’indices des prix à la consommation, mise en œuvre des recommandations au titre d’une assistance technique précédente ou du Manuel de la balance des paiements, 5e édition, (MBP5)). Si aucune amélioration n’est jugée nécessaire, il suffira de l’indiquer, mais il serait bon pour les usagers que les métadonnées comprennent une brève description des raisons qui ont permis d’arriver à cette conclusion.

  • Coordination inter-institutionelle: la coordination des institutions et entités concernées est un élément crucial de la participation à tous les aspects du SGDD. Chaque pays participant devra établir un mécanisme effectif capable d’assurer la coordination des diverses institutions et entités concernées par les activités statistiques. Cette coordination est cruciale pour la formulation d’une vision stratégique du système statistique national, l’identification des domaines d’action prioritaires et l’obtention d’une cohérence maximale entre les ensembles de données.

2.18Étant donné l’importance du rôle joué par le coordinateur national (voir Appendice IV), celui-ci devra être choisi avec soin. Si les facteurs qui devront être pris en considération pour le choisir dépendront de la situation propre à chaque pays, il sera indispensable que le coordinateur dispose de suffisamment de temps pour s’acquitter effectivement de ses fonctions, en particulier aux premiers stades du processus, lorsque le pays se familiarise avec le système.

2.19 En outre, le coordinateur devra être un cadre d’un service officiel bien placé pour jouer ce rôle. S’il est commode d’attribuer ce rôle à une personne, l’objet de sa nomination consiste, il est essentiel de s’en souvenir, à garantir l’accomplissement efficace des fonctions de coordination requises.

2.20 L’importance accordée au rôle du coordinateur découle du fait que la participation au SGDD implique un engagement à long terme d’améliorer la qualité des données, notamment les modalités de leur diffusion. Les progrès sur ces plans exigent une coordination effective entre les organismes statistiques nationaux et entre ceux-ci et le FMI. Cette approche coordonnée s’étend aussi aux relations avec les autres fournisseurs multilatéraux et bilatéraux d’assistance technique en statistiques.

2.21 Les pays participants ont complète liberté quant au choix de l’organisme et du haut fonctionnaire à qui il reviendra d’assurer la coordination. Chaque pays devra prendre ces décisions en fonction de ses particularités propres et des relations entre organismes statistiques. Le choix du rôle du coordinateur — soit chargé d’accomplir en substance les tâches relatives à la participation au SGDD, soit simplement chargé de la liaison entre le pays et le FMI — constituera une décision fondamentale. Les considérations suivantes sont susceptibles d’éclairer le choix d’un coordinateur:

  • Une des tâches principales du coordinateur est d’être l’interlocuteur principal des services du FMI pour toutes les questions relatives à la participation au SGDD et à sa mise en œuvre. Au stade initial de celle-ci, le coordinateur pourra être appelé à assurer l’organisation effective de la participation du pays au système. Cela pourrait impliquer, entre autres tâches, de faciliter la communication avec les services du FMI.

  • Sur le plan pratique, le travail de coordination sera particulièrement intense au moment où le pays entreprendra de participer au système. Les principales tâches à assumer à ce stade sont i) de veiller à ce que les responsables de tous les organismes concernés soient pleinement familiarisés avec les exigences de la préparation des métadonnées et avec les autres aspects de la participation; ii) d’informer les services du FMI, le moment venu, que le pays a atteint le stade où la préparation des métadonnées peut passer à la phase intensive; iii) d’assurer la communication avec les services du FMI relativement à toutes les questions techniques; iv) de faciliter le travail de préparation avec les services du FMI des métadon-nées; v) d’aider à l’achèvement des métadonnées, entre autres, en facilitant la communication avec et entre les spécialistes des organismes producteurs de statistiques.

2.22 Après que les métadonnées auront été finalisées et portées au tableau d’affichage des normes de données, le coordinateur sera chargé d’aviser les services du FMI de toute modification éventuelle, afin que les mises à jour nécessaires puissent y être affichées. Ces notifications devraient inclure, en particulier, les informations relatives à l’avancement des plans d’amélioration. Il serait bon également que le coordinateur veille à ce qu’une révision intégrale des métadonnées et une vérification de leur exactitude soient entreprises au moins une fois par an.

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