Chapter

1. Introduction au Système général de diffusion des données

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
March 2008
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Historique

1.1 À la suite de la crise financière internationale de 1994–95, une prise de conscience s’est opérée de ce qu’un accès aisé du public à des données économiques et financières complètes et actuelles était susceptible de faciliter aux pays membres du FMI la formulation et la mise en œuvre de politiques macroéconomiques bien conçues. Lesdites politiques peuvent à leur tour contribuer à réduire la fréquence et modérer la gravité de futurs épisodes de turbulences exceptionnelles sur les marchés financiers.

1.2 En conséquence, en avril 1995, le Comité intérimaire du Conseil des gouverneurs du FMI (qui a pris depuis le nom de Comité monétaire et financier international) a demandé au Conseil d’administration du FMI de s’attacher à élaborer des normes pour guider les pays membres dans la publication de données économiques et financières destinées au public. En octobre 1995, le Comité intérimaire a approuvé l’établissement d’une norme à deux niveaux, comprenant une norme spéciale à l’intention des pays qui disposent ou souhaitent disposer d’un accès aux marchés internationaux des capitaux, et une norme générale, destinée à tous les pays membres.

1.3 Le premier niveau, dit Norme spéciale de diffusion des données (NSDD), a été approuvé par le Conseil d’administration du FMI le 29 mars 1996. Les propositions concernant le second niveau, appelé Système général de diffusion des données (SGDD), ont été examinées par le Conseil d’administration du FMI en mars 1997 et la décision d’approuver la mise en place du SGDD a été formellement prise le 19 décembre 1997. Depuis lors:

  • En janvier 1998 a été publié un document intitulé Système général de diffusion des données (ci-après appelé «Document SGDD»), source d’information principale pour ceux qui souhaitent savoir ce qu’est le SGDD et comment l’appliquer. Ce document est mis à jour régulièrement de manière à tenir compte de l’évolution du SGDD.

  • Le 6 février 1998, le Directeur général du FMI a invité les pays membres qui n’avaient pas encore adhéré au système à nommer un coordinateur national qui serait l’interlocuteur des services du FMI pour toutes les questions relatives au SGDD.

  • En juin 1998, la version préliminaire du présent Guide a été remise aux pays membres.

  • En 1998–2000 se sont tenus neuf ateliers ou séminaires régionaux organisés par le FMI et financés par le gouvernement japonais, qui ont permis de présenter le système et de l’expliquer aux fonctionnaires représentant les services statistiques de 131 pays membres.

  • Le 29 mars 2000, le Conseil d’administration du FMI a décidé d’inclure des données sur la dette extérieure et le calendrier de son service, dont l’inclusion dans le SGDD était jusqu’alors simplement encouragée, en tant qu’indicateur principal de la catégorie des données relatives au secteur extérieur.

  • En mai 2000, le FMI a créé un site SGDD (http://dsbb.imf.org) sur le tableau d’affichage des normes de diffusion (TAND), qui permet à l’opinion publique de chaque pays membre participant de s’informer sur les pratiques statistiques nationales actuelles et sur les plans de développement du système statistique national dans le cadre du SGDD.

  • Le 23 juillet 2001, dans le cadre de la quatrième révision des initiatives du FMI relatives aux normes de données, le Conseil d’administration a passé en revue le SGDD, et notamment les catégories de données sociodémographiques qui venaient d’être refondues.

  • Le 6 novembre 2003, le Conseil d’administration du FMI a approuvé une nouvelle modification du SGDD afin de tenir compte explicitement des indicateurs des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD)1 des Nations Unies et de l’élaboration des systèmes appropriés de suivi des statistiques.

  • Le 2 novembre 2005, le Conseil d’administration2 du FMI a approuvé la poursuite de l’intégration du SGDD dans le programme du FMI relatif à la qualité des données en prévoyant de présenter les métadonnées des pays conformément au cadre d’évaluation de la qualité des données (CEQD). Les administrateurs sont convenus que l’utilisation d’une structure commune pour les métadonnées renforcera l’efficacité et l’efficience des travaux sur le SGDD, des RONC relatifs aux données et de l’assistance technique dans le domaine des statistiques. Les administrateurs ont noté que le SGDD était utile pour effectuer des réformes statistiques dans le cadre des stratégies de réduction de la pauvreté. Pour maximiser l’effet de cette caractéristique du SGDD, les administrateurs sont partisans d’encourager et d’aider les pays à intégrer le SGDD dans les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), et donc à tenir compte des réformes statistiques plus systématiquement dans le programme de dépenses publiques de leur DSRP.

  • Le 2 novembre 2005 aussi, les administrateurs ont approuvé dans l’ensemble la proposition selon laquelle les participants au SGDD seraient encouragés à fournir des métadonnées supplémentaires sur les activités et les produits pétroliers et gaziers pour les catégories de données existantes du SGDD. Ils ont noté que cela aiderait le grand public à mieux comprendre comment les pays incorporent les informations du marché pétrolier lorsqu’ils établissent leurs indicateurs macroéconomiques.

1.4 La rapidité avec laquelle ont évolué les besoins des utilisateurs de statistiques, depuis quelques années, associée aux incertitudes concernant la direction, le mode et la vitesse d’évolution de ces besoins à l’avenir, pose des difficultés particulières pour l’élaboration de systèmes statistiques, en particulier en période de strictes contraintes de ressources. Les dispositifs de coopération internationaux, bien qu’ils soient effectifs, s’attachent souvent à des domaines statistiques particuliers (comptabilité nationale et balance des paiements, par exemple) plutôt qu’au développement de systèmes statistiques globaux.

1.5 La communauté des utilisateurs voyant ses pratiques analytiques modelées toujours davantage par la mondialisation des économies de la planète, ceux qui ont la responsabilité des systèmes statistiques doivent à leur tour innover pour accomplir leur mission et répondre aux besoins des utilisateurs. C’est dans ce contexte que le SGDD a été établi, afin d’aider les pays à situer le développement de l’ensemble de leurs systèmes statistiques dans le contexte plus large des tendances en cours d’apparition dans la communauté statistique internationale, et à échanger leurs expériences avec d’autres pays intéressés ainsi qu’avec la communauté internationale des utilisateurs.

Nature du SGDD

1.6 Le SGDD est un processus structuré par lequel les pays membres du FMI s’engagent volontairement à améliorer à terme la qualité des données établies et diffusées par leur système statistique aux fins de l’analyse macroéconomique. Les pays membres participant au système définissent eux-mêmes leurs priorités dans un ensemble de plans de développement statistique qui décrit les étapes de la réalisation progressive de la totalité des objectifs du SGDD ainsi que la prise en compte des contraintes de ressources et autres qui déterminent le rythme de la progression. Le FMI soutient ces efforts en apportant son assistance technique dans les domaines qui lui sont familiers ainsi qu’en catalysant la fourniture d’assistance par d’autres sources.

1.7 Le SGDD tient compte du fait que les pays participants diffèrent par leur niveau de développement statistique et par leur capacité à améliorer à terme leurs systèmes. Par conséquent, le système, privilégiant le développement à long terme des systèmes statistiques, n’a pas un caractère prescriptif, et autorise une certaine souplesse dans le rythme de sa mise en œuvre dans chaque pays et d’un pays à l’autre.

1.8 Si le SGDD tient compte des réalités particulières à chaque pays dans le développement de systèmes statistiques, il le fait d’une manière structurée. Le système i) comporte des objectifs conçus pour favoriser le développement ordonné de systèmes statistiques; ii) contient des outils de diagnostic pour déterminer les domaines qui doivent être traités en priorité et iii) facilite la formulation et la mise en œuvre de plans de développement à court et à long terme, avec possibilité de les adapter en fonction de l’évolution des circonstances.

1.9 Le SGDD encourage des pratiques statistiques saines, aussi bien en matière d’établissement que de diffusion de statistiques économiques, financières et sociodémographiques. Il identifie des ensembles de données particulièrement pertinents pour l’analyse économique et le suivi de l’évolution sociale et démographique, et il présente des objectifs et des recommandations concernant l’élaboration, l’établissement et la diffusion des statistiques. Un soin particulier est accordé aux besoins des utilisateurs, au moyen de directives portant sur l’accès du public aux données, leur qualité et leur intégrité. Les objectifs et recommandations du SGDD dans ces domaines s’accordent pleinement avec les Principes fondamentaux de la statistique officielle de l’ONU3.

Objectifs du SGDD

1.10 Le SGDD, en tant que processus structuré, répond aux besoins statistiques. La mondialisation croissante de l’activité économique et financière a intensifié la demande d’une vaste gamme de données, notamment économiques, destinées à étayer la conduite de la politique économique, elle-même devenue beaucoup plus complexe avec le temps.

1.11 Le SGDD couvre donc trois domaines clés: la qualité des données; les plans de développement des systèmes statistiques; et la diffusion des données. Ensemble, ces trois domaines prioritaires offrent une base solide pour la formulation des politiques à long terme de développement statistique.

  • Le terme de qualité renvoie dans le SGDD à deux acceptions différentes: un objectif fondamental du système (qualité des données) et une dimension spécifique du système (qualité, voir chapitre 2). L’objectif premier du SGDD est d’assurer la qualité des données dans les systèmes statistiques, qui sont établis et gérés d’une manière qui permette d’établir et de diffuser les statistiques selon des principes et des pratiques propres à garantir leur excellence. Le SGDD repose donc sur l’application de principes méthodologiques sains, l’adoption de pratiques d’établissement rigoureuses, et l’utilisation de procédures propres à assurer le professionnalisme et l’objectivité des statistiques, ainsi que l’adéquation de leur diffusion. Le SGDD n’est pas destiné au traitement de cas où le délai de diffusion des données est essentiel: il s’attache surtout à renforcer la capacité de diffuser des statistiques de qualité, ce qui est un but à long terme approprié de tout système statistique. En outre, la réalisation de cet objectif devrait garantir qu’à l’avenir, même lorsque le délai de diffusion des données est la considération première, celles-ci seront bien plus utiles qu’elles ne l’auraient été autrement. C’est dans ce large contexte de qualité des données que le Département des statistiques du FMI a mis au point le cadre d’évaluation de la qualité des données. Des renseignements sur celui-ci sont disponibles à l’adresse http://dsbb.imf.org.

  • Les plans de développement du SGDD reposent sur une vision d’ensemble des systèmes statistiques. Il est ainsi plus facile d’établir des priorités, et l’allocation des ressources en est rendue plus efficiente. Les plans de développement du SGDD portent sur: i) un diagnostic de la situation courante et la formulation d’une vision stratégique des orientations futures; ii) l’élaboration d’un plan d’action détaillé recensant les ressources requises pour la réalisation des objectifs voulus; iii) le suivi du déroulement desdits plans.

  • La diffusion de données est le but ultime de tout système statistique. En conséquence, le SGDD attache une importance particulière aux procédures utilisées à cet effet. Un aspect particulièrement important concerne le choix de méthodes de diffusion appropriées et impartiales.

Rôle du SGDD

1.12 Le SGDD a pour rôle de faciliter le développement des systèmes statistiques des pays membres du FMI. Il accomplit cela entre autres en offrant un cadre pour les prestations optimales d’assistance technique, de manière à compléter les initiatives prises au niveau national. En associant autour de tâches précises les ressources et les connaissances techniques de la communauté statistique internationale avec celles qui existent au niveau local, on peut accélérer le rythme du développement statistique et identifier et modifier correctement les priorités.

1.13 Le SGDD pourrait aussi faciliter le développement des systèmes statistiques par un autre moyen — la diffusion sur le tableau d’affichage de renseignements («métadonnées») relatifs aux pratiques statistiques et aux plans de développement des statistiques des pays participants. Grâce à ces renseignements, que les usagers pourraient difficilement obtenir par d’autres canaux, les pays qui envisagent d’aménager leur système statistique pourraient tirer la leçon de l’expérience déjà documentée par d’autres pays en des situations similaires. Du point de vue des utilisateurs, le tableau d’affichage offre un ensemble de renseignements précieux en ce qui concerne le développement des appareils statistiques dans les pays membres et les projets d’amélioration qui y ont été adoptés. Le SGDD conduit aussi à une communication plus étroite entre les utilisateurs et les producteurs de statistiques. Dans de nombreux pays, les métadon-nées du SGDD constituent la seule source d’information sur les personnes à contacter par les utilisateurs qui souhaitent donner des informations en retour sur les statistiques.

1.14 Le SGDD contribue aussi à établir des liens plus étroits et à renforcer la coordination entre les divers organismes ayant des activités statistiques dans un pays participant. En outre, les métadonnées du SGDD encouragent les contacts internationaux entre les statisticiens nationaux.

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