Chapter

13. Publication, diffusion et relations avec les utilisateurs

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 2009
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A. Introduction

13.1 Comme on l’a vu au chapitre 2, l’IPP est l’une des séries statistiques les plus importantes utilisées pour suivre l’inflation et mesurer le PIB à prix constants. Il convient donc de publier et de diffuser cet indice en respectant les politiques, les codes de bonne pratique et les normes qui s’appliquent à ce type de données.

13.2 Pour ces raisons, l’IPP doit:

  • être diffusé le plus vite possible (sachant qu’il faut trouver un juste équilibre entre les délais de diffusion de l’indice et la qualité de celui-ci);

  • être mis à la disposition de tous les utilisateurs simultanément;

  • être communiqué suivant un calendrier fixé à l’avance;

  • être publié séparément de tout commentaire ministériel;

  • être présenté sous une forme commode pour les utilisateurs et inclure une analyse des éléments qui ont le plus contribué à la variation globale;

  • être accompagné d’explications d’ordre méthodologique et de renvois à des métadonnées plus détaillées;

  • être étayé par des statisticiens ou des économistes spécialisés capables de répondre aux questions et de fournir des renseignements complémentaires.

13.3 L’IPP doit avant tout respecter les principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations Unies. Ces principes, qui sont publiés dans plusieurs langues sur le site de l’ONU (www.un.org), ont trait à tous les aspects des travaux statistiques et à leur diffusion. Les offices de statistique doivent aussi se tenir au courant des normes de diffusion des données élaborées par le FMI et les respecter. Le présent chapitre évoquera ces normes, ainsi que d’autres.

B. Types de présentation

B.1 Présentation des niveaux et des variations des prix sous forme de séries temporelles

13.4 Il est courant de privilégier les indices qui mettent en évidence des variations de prix agrégés entre le mois pour lequel on dispose des données les plus récentes et le même mois un an auparavant, ainsi que l’évolution sur un mois. Il est également d’usage de comparer la variation sur un an avec celle observée le mois précédent. Le modèle de présentation figurant à la section E en est une illustration.

13.5 Le premier type de présentation décrit dans l’exemple donné à la fin de ce chapitre offre plusieurs avantages. Une comparaison sur douze mois révèle les variations de prix sur une période relativement longue, en se référant à des périodes durant lesquelles les facteurs saisonniers ont peu de chances d’avoir une influence. Par ailleurs, les modifications de prix qui sont souvent fixés de façon centralisée, comme les prix (ou tarifs) des services publics ou les changements des impôts indirects (qui ont des conséquences directes sur les prix), interviennent en général suivant un calendrier annuel, le même mois (ou les mêmes mois) chaque année. Toutefois, il se peut qu’il y ait, dans l’un ou l’autre des deux mois, des variations ponctuelles qui ont parfois un effet sur l’indice.

13.6 Il faut présenter avec prudence les données concernant l’évolution sur un mois, en particulier pour certaines composantes de l’IPP, pour éviter de laisser entendre, par exemple, qu’une évolution de 2% sur un mois est comparable à une évolution de 24% sur un an (voir le graphique 2 à la section E).

13.7 L’usage veut que l’on définisse une période de référence (d’un an en général, même s’il est possible d’utiliser une période plus courte, par exemple un mois), dont l’indice des prix est fixé à 100. C’est à partir de cet indice que l’on calcule les variations, les indices de toutes les périodes suivantes représentant des pourcentages par rapport à la période de référence.

13.8 Ces indices, ainsi que les autres variations dont il est question ici, étant généralement exprimés avec une seule décimale, il faut arrondir les chiffres. Or, les arrondis peuvent donner l’impression non fondée que des changements sont intervenus: il faut donc en donner une explication, en particulier lorsque les variations de prix sont faibles.

13.9 Il faut également veiller à distinguer la variation en points d’indice et la variation en pourcentage d’un mois sur l’autre. Ainsi, si, un mois donné, l’indice est de 200 et que le mois suivant, il est de 201, on dira que la variation est d’un point d’indice (au-dessus du niveau précédent, à savoir 200) ou d’un demi-point de pourcentage. Les deux mesures sont valides, mais il faut les spécifier avec soin.

13.10 On appelle généralement période de référence la période qui correspond à l’indice 100. Il s’agit souvent d’une date choisie de façon arbitraire, qui change périodiquement et qui n’est pas nécessairement la date à laquelle la méthodologie a changé ou un nouveau panier type de biens et de services a été introduit. La note méthodologique devra préciser quelle est la période de référence. Pour des raisons techniques, il faut éviter d’utiliser des périodes de référence anormales (en ce qui concerne, par exemple, les niveaux de prix absolus ou relatifs, la structure du secteur, etc.).

13.11 L’IPP est, par définition, un indice: il n’est donc pas un niveau ou une série de variations absolues de prix. Toutefois, étant donné qu’au cours du processus de présentation des indices, on calcule parfois les prix moyens de catégories de biens et de services, il est parfois possible de publier certains prix moyens de groupes de biens ou de services et d’indiquer les tranches de prix supérieure et inférieure à partir desquelles on a calculé les moyennes. Certains chercheurs jugent utile de connaître les niveaux de prix moyens: il faut alors les leur communiquer1. Il convient néanmoins de noter que les données sur les niveaux de prix risquent d’être moins fiables que les indices qui expriment la variation des prix d’un groupe donné de biens et de services en raison des stratégies d’échantillonnage utilisées. En outre, les changements de qualité peuvent fausser les comparaisons dans le temps.

13.12 Jusqu’à présent, nous n’avons traité dans ce chapitre que des agrégats les plus larges, sans évoquer les sous-groupes de prix ou les variantes de l’IPP qui peuvent inclure ou exclure certains produits élémentaires. Nous n’avons pas traité non plus des indices de prix fondés sur des concepts qui peuvent être différents de ceux sur lesquels repose l’IPP. Nous reviendrons sur certains de ces points dans le présent chapitre.

13.13 Tout ce qui précède fait référence à la forme la plus courante d’IPP, qui se rapporte généralement à la variation moyenne des prix dans un pays donné et couvre une grande partie des prix à la production de ce pays. L’IPP peut cependant se référer aussi aux régions d’un pays, à des sous-composantes (matières premières ou biens intermédiaires, par exemple), à différents groupes de produits ou secteurs d’origine, ou à des mesures, connexes ou différentes, de la variation des prix. Ces mesures connexes ou différentes, de même que les indices calculés à partir de sous-agrégats, seront examinées plus loin à la section B.5.

B.2 Correction des variations saisonnières et lissage de l’indice

13.14 Le traitement des produits saisonniers et l’estimation des effets saisonniers sont analysés au chapitre 22. Dans le présent chapitre, nous étudierons la diffusion des séries corrigées ou lissées.

13.15 De nombreuses séries de statistiques économiques sont présentées corrigées et non corrigées des variations saisonnières. D’ordinaire, toutefois, les IPP ne sont pas corrigés des variations saisonnières. Lorsqu’il y a des facteurs saisonniers, les séries statistiques sont fréquemment recalculées à l’aide des données les plus à jour. On peut donc modifier a posteriori les séries révisées des variations saisonnières. En règle générale, on ne révise pas les IPP non corrigés, même si quelques pays ont adopté une politique de révision explicite consistant à publier un IPP préliminaire, puis à le réviser dans des délais déterminés (un à trois mois, en général). Cela est dû au fait que l’échantillon n’est pas disponible dans sa totalité à la date limite de calcul de l’indice, qui est publié alors à titre préliminaire; quelques mois plus tard, quand la quasi-totalité de l’échantillon est disponible, un indice révisé est publié.

13.16 Lorsque l’on compare un mois donné avec le même mois un an auparavant, on suppose implicitement que les profils saisonniers changent peu d’une année sur l’autre. Toutefois, il arrive exceptionnellement que, certains mois, la variation saisonnière habituelle survienne en avance ou en retard: il faut indiquer alors que cette avance ou ce retard peut être à l’origine d’une variation de l’IPP ou de l’une de ses composantes.

13.17 Les variations sur des périodes inférieures à un an subissent l’effet de facteurs saisonniers. Pour distinguer ces derniers des autres facteurs, il faut essayer de quantifier les effets saisonniers et les identifier comme des déterminants de la variation de l’indice.

13.18 Bien qu’en règle générale, l’IPP à proprement parler ne soit pas corrigé des variations saisonnières, certaines de ses variantes peuvent l’être (telles que l’IPP des matières premières ou des produits agricoles), car elles sont plus sensibles aux fluctuations saisonnières et peuvent être révisées a posteriori si besoin. Si ces variantes sont corrigées des variations saisonnières, il importe d’en donner les raisons.

13.19 Les séries corrigées des variations saisonnières sont généralement plus homogènes que les séries initiales non corrigées, mais il y a d’autres façons de lisser des séries mensuelles—à l’aide de moyennes mobiles sur trois mois, par exemple. En règle générale, toutefois, les offices de statistique ne lissent pas les séries d’IPP qu’ils publient. En effet, les prix à la production ne subissent pas en principe, d’un mois sur l’autre, des variations erratiques telles qu’elles masqueraient des tendances des prix. Si ce type de variations se produit, les statisticiens qui établissent l’indice peuvent généralement en exposer les raisons.

13.20 Toutes les fois que l’on publie une série d’IPP lissée ou corrigée des variations saisonnières, il est important de publier aussi la série non corrigée, de façon à montrer clairement l’effet du processus d’ajustement aux utilisateurs qui souhaitent savoir ce qui est arrivé aux prix de transaction effectifs, que l’évolution des prix soit attribuable à des facteurs saisonniers ou à d’autres facteurs. De même, il faut expliquer en détail les raisons pour lesquelles on a adopté telle ou telle méthode de correction des variations saisonnières.

B.3 Analyse des facteurs des variations

13.21 L’IPP est un agrégat composé de nombreux biens et services différents dont les prix n’évoluent pas au même rythme, ni forcément dans la même direction. Beaucoup d’utilisateurs de l’indice souhaitent savoir quels biens et services ont contribué le plus aux variations de l’indice global et quels prix ont dévié par rapport aux tendances générales des prix. Les statisticiens qui calculent l’indice sont bien placés pour analyser les facteurs qui contribuent aux variations de prix dans leur communiqué de presse et au moment de la publication de l’IPP.

13.22 Ils donneront suffisamment de détails aux utilisateurs de l’indice pour que ceux-ci voient par euxmêmes comment ont évolué différents groupes de prix. Cependant, afin d’aider les nombreux utilisateurs qui disposent de peu de temps, les statisticiens doivent indiquer quels prix ont le plus contribué à l’IPP et quels sont ceux qui diffèrent le plus de l’agrégat. La présentation de ces statistiques sous forme de tableaux et de graphiques permet de comparer les tendances.

13.23 De même, les statisticiens doivent indiquer les raisons des variations qui ne sont peut-être pas évidentes à première vue mais que l’on peut néanmoins discerner à partir des chiffres publiés. Ainsi, une baisse ou une hausse brutale observée l’année précédente aura un effet sur l’évolution en glissement annuel, quelle que soit l’évolution des prix sur la période courante.

13.24 L’analyse des facteurs qui contribuent aux variations doit également faire état de tout changement de prix annoncé à l’avance ou de tout changement majeur survenu depuis la dernière fois où les prix ont été observés, qui aura un effet sur l’évolution de l’indice au cours des mois suivants.

B.4 Commentaire économique et interprétation de l’indice

13.25 Lorsqu’ils analysent les facteurs des variations, les statisticiens doivent faire preuve d’objectivité de façon à ce que les utilisateurs des données puissent distinguer sans ambiguïté les chiffres proprement dits de leur interprétation. Il est donc essentiel d’éviter d’exprimer des jugements sur les causes liées à la politique conduite ou les conséquences éventuelles pour celle qui sera suivie à l’avenir. C’est aux utilisateurs qu’il revient de décider si les chiffres sont bons ou mauvais, le rôle du statisticien consistant à faire en sorte qu’ils puissent se faire une opinion en fonction de leurs conceptions économiques ou politiques.

13.26 Il existe plusieurs moyens d’éviter que les analyses manquent d’objectivité, que ce manque soit apparent ou réel. Le premier, et sans doute le plus important, consiste à publier les chiffres indépendamment de tout commentaire ministériel ou politique. Un autre consiste à présenter les analyses de façon cohérente, c’est-à-dire à fournir les données en suivant essentiellement le même modèle chaque mois (voir section B.6). Ainsi, les tableaux et les graphiques couvriront les mêmes périodes chaque mois et utiliseront les mêmes niveaux de référence.

B.5 Présentation de mesures connexes et d’autres mesures

B.5.1 Inflation sous-jacente

13.27 Pour les besoins de l’analyse économique, il est parfois souhaitable de construire des mesures de l’inflation de base ou sous-jacente qui excluent les variations de l’indice des prix dues à des facteurs passagers, tels que l’impact des décisions monétaires et budgétaires, les phénomènes saisonniers ordinaires ou la volatilité intrinsèque des prix. Autrement dit, les mesures de l’inflation de base ou sous-jacente visent à mettre en évidence des tendances persistantes ou générales. Les banques centrales, par exemple, doivent disposer d’indicateurs de l’évolution générale de l’inflation lorsqu’elles définissent leur politique monétaire. C’est pour cette raison que les économistes et les statisticiens s’attachent de plus en plus à mettre au point des mesures de l’inflation sous-jacente.

13.28 Il existe plusieurs méthodes de calcul de l’inflation sous-jacente. La plupart visent à réduire ou éliminer l’influence de prix particulièrement volatiles ou se concentrent sur les variations de prix exceptionnellement importantes. La méthode la plus traditionnelle consiste à exclure certaines composantes de l’IPP de manière discrétionnaire. Les produits élémentaires à exclure varient en fonction de ce que savent les statisticiens sur leur volatilité dans l’économie nationale. Les produits généralement exclus sont la viande fraîche, les fruits et les légumes et le pétrole. De nombreux pays excluent également les biens importés, les tarifs publics et les prix contrôlés par l’État. Il faut naturellement veiller à ne pas exclure un nombre d’articles si important que ceux qui restent n’en constituent plus qu’une faible composante, non représentative de l’ensemble.

13.29 Les autres méthodes sont notamment des techniques de lissage consistant par exemple à annualiser les moyennes mobiles sur trois mois et à faire abstraction des effets des choix budgétaires des pouvoirs publics (par exemple, en établissant des indices de prix nets qui maintiennent les impôts indirects à un niveau constant ou les excluent du prix de transaction). Une méthode plus complexe consiste à exclure les valeurs aberrantes, c’est-à-dire les produits qui subissent les augmentations les plus fortes ou les plus faibles, ou à leur assigner une pondération plus faible en termes relatifs. Cette méthode suscite un intérêt grandissant en tant que moyen d’identifier les signaux inflationnistes à partir des mesures données par l’indice des prix2.

B.5.2 Autres indices

13.30 L’IPP établi par étape du processus de transformation est un exemple d’autre indice. On peut considérer, en effet, que l’IPP se compose des diverses étapes auxquelles surviennent les variations de prix. La première étape concerne les intrants primaires, à savoir les matières premières telles que le fer, la bauxite ou les produits agricoles. La deuxième étape est celle des intrants intermédiaires, par exemple des biens semi-finis tels que les produits en acier ou en aluminium. La dernière étape, enfin, a trait aux biens et aux services destinés à être mis en vente au terme du processus de production. Une variante de ce modèle traditionnel des étapes du processus de transformation consiste à regrouper les produits de l’IPP en fonction de leur séquence économique dans la chaîne de production et de distribution. Cette approche nécessite une analyse détaillée des tableaux des ressources et des emplois au plan national.

13.31 On peut aussi citer l’exemple de l’IPP de la production nette. Dans la plupart des IPP, l’indice des prix de chaque secteur est agrégé à partir de la production brute du secteur concerné, ce qui pose un problème de double pondération dans les secteurs produisant d’importantes quantités de produits intermédiaires pour leur propre usage (les lingots d’acier utilisés comme intrants intermédiaires dans la transformation des produits en acier, par exemple). Un indice qui repose sur la production nette par secteur (et exclut par conséquent la valeur des produits intermédiaires utilisés au sein du secteur concerné) permet d’éviter ce problème de double pondération apparente.

13.32 Ces deux exemples d’indices impliquent des structures de pondération différentes, sur le plan analytique, pour les composantes de base de l’IPP global. Tous deux sont beaucoup plus complexes que l’IPP de base proprement dit, mais présentent l’avantage intuitif d’indices visant à suivre la variation des prix des différentes composantes, qui apportent chacune une contribution différente aux mouvements globaux des prix. À ce titre, ils peuvent être présentés comme des constructions intéressantes et riches d’enseignements bâties à partir des données de base de l’IPP.

13.33 Les IPP portant sur les activités industrielles et sur les services nous offrent d’autres exemples encore. À ce jour, aucun pays ne dispose d’un IPP couvrant la totalité des biens et services. Nombreux sont ceux qui ont d’abord créé des IPP pour les activités industrielles (industrie manufacturière, industries extractives, approvisionnement énergétique), puis se sont attachés à couvrir d’autres activités économiques (agriculture, transports, construction, par exemple). Il existe donc une série d’IPP couvrant divers secteurs de l’économie nationale. Toutefois, tous les secteurs ne disposent pas de leur propre IPP.

13.34 Enfin, les indices IPP se sont développés aussi dans le secteur des services aux entreprises. En élargissant leurs IPP aux activités de service, certains pays ont noté que les utilisateurs étaient très demandeurs de données sur les services commerciaux (agences de publicité, services professionnels, compagnies d’assurances, etc.). C’est pour répondre à cette demande que plusieurs pays ont élaboré des IPP consacrés aux services aux entreprises.

B.5.3 Indices calculés à partir de sous-agrégats

13.35 Les pays calculent couramment les indices des prix de centaines de produits (le pain ou les chaussures, par exemple) à partir de milliers de relevés de prix. Il existe donc un très grand nombre de sous-agrégats possibles.

13.36 Un type de sous-agrégation consiste à grouper des séries de produits qui, une fois agrégées, forment l’IPP. Il est alors important d’étudier la relation entre les différents produits au sein de chaque sous-groupe. On peut, par exemple, présenter un indice sur les produits alimentaires et calculer, sous la rubrique «produits alimentaires», des indices sur des sous-groupes comme le pain, les céréales et les légumes.

13.37 L’agrégation peut aussi se faire au niveau des secteurs d’activité. Les indices de chaque secteur correspondant au niveau à 4 chiffres d’une nomenclature s’agrègent en groupes de niveaux à 3 chiffres, 2 chiffres et 1 chiffre. Chacun des groupes ainsi formés se divise en sous-groupes correspondant aux divers secteurs qui le composent. Il importe également que les IPP par secteurs et les IPP par produits donnent les mêmes variations de prix agrégés dans l’IPP global, de façon à ce que la structure de pondération utilisée dans les agrégations par produits et par secteurs soit cohérente (voir chapitre 4).

13.38 L’un des premiers éléments à prendre en compte lorsque l’on présente des sous-agrégats de produits connexes ou par secteur d’activité est la cohérence dans le temps. En d’autres termes, il faut disposer d’une série de sous-agrégats pour lesquels on calcule et on présente des indices chaque mois. Les utilisateurs considèrent généralement qu’il est très important de pouvoir procéder aux mêmes analyses d’un mois sur l’autre.

13.39 Un autre facteur à considérer est l’harmonisation internationale de la division de l’indice en groupes de biens et de services, qui permet de faire des comparaisons entre pays. Certains pays possèdent leurs propres sous-agrégats, qui sont parfois antérieurs à la norme internationale en vigueur. Les normes internationales généralement admises pour présenter les sous-agrégats sont celles de la Classification internationale type par industrie (CITI, révision 3.1), de la Classification des produits associée aux activités (CPA) et de la Classification centrale des produits (CPC). Ces nomenclatures sont importantes, car elles définissent les groupes de secteurs d’activité ou de produits en fonction des techniques de production utilisées ou de l’objectif visé par la production (produits manufacturés ou services de transport, par exemple). De nombreuses nomenclatures nationales sont élaborées à partir de ces normes internationales, que l’on adapte à la situation de chaque pays. Il est important de définir et d’inclure, à l’échelle nationale, les modifications qui rendront la nomenclature plus utile et plus facile à comprendre dans le pays.

13.40 Un autre type d’indice calculé à partir de sousagrégats est pour l’essentiel identique à l’IPP, à ceci près qu’il exclut certains produits élémentaires. L’indice d’inflation sous-jacente évoqué plus haut en est un exemple. Certains pays publient, outre un IPP d’ensemble (aux prix de base), un ou plusieurs indices qu’ils calculent à partir des sources de l’IPP. Ce peut être par exemple un indice des prix des intrants qui est mesuré aux prix d’acquisition et couvre par conséquent les frais de transport et marges commerciales dont les producteurs s’acquittent lorsqu’ils achètent ces intrants. Il faut donner la définition des autres instruments de mesure et des instruments connexes et définir les concepts sur lesquels ils reposent; il est également conseillé de préciser les motifs de cette autre présentation. Surtout, il ne faut pas laisser entendre que l’indice calculé à partir de sous-agrégats est meilleur ou plus significatif que l’IPP proprement dit.

B.6 Modèles de communiqués de presse, bulletins et notes méthodologiques

13.41 La section E présente, à la fin de ce chapitre, un modèle de communiqué de presse d’un pays fictif. Cet exemple est composé uniquement de texte et de graphiques: on n’y trouve pas les tableaux de données qui accompagnent en général le texte pour en illustrer la partie analytique. On peut aussi adopter d’autres présentations, en ajoutant par exemple un indice corrigé des variations saisonnières.

13.42 Le modèle de communiqué contient les informations suivantes:

  • i) des détails sur le bureau qui le publie,

  • ii) la date et l’heure de la publication,

  • iii) la variation en pourcentage du nouveau mois par rapport à un an auparavant,

  • iv) une comparaison de la variation en pourcentage du nouveau mois avec la variation observée le mois précédent,

  • v) des informations sur les groupes de produits qui ont contribué à la variation et, plus généralement, sur touteévolutiondesprixdesposteslesplusimportants,

  • vi) un renvoi à des sources de renseignements complémentaires.

13.43 Notons par ailleurs:

  • qu’il ne faut pas porter de jugement sur les raisons politiques ou économiques de l’évolution des prix

  • ni indiquer si l’évolution va ou non dans le bon sens.

13.44 Ce qui n’apparaît pas à l’aide de ce seul exemple, c’est que la présentation du communiqué de presse doit rester inchangée d’un mois sur l’autre. Il est important de suivre le même modèle afin de ne pas sembler marquer une préférence. Le choix d’une date de départ des séries de données, par exemple, pourrait indiquer une préférence pour une certaine tendance.

13.45 Les autres pages du communiqué de presse doivent donner les indices mensuels (la période de référence étant égale à 100) à partir desquels les variations en pourcentage ont été calculées. Elles doivent également présenter des indices comparables pour les principaux groupes de biens et de services. À l’aide de graphiques, on peut montrer par exemple les prix qui ont contribué le plus ou le moins à l’IPP.

13.46 Si l’on publie également une variante de l’indice des prix à la production, on expliquera brièvement les différences entre les deux indices, et notamment celles d’ordre méthodologique. Plusieurs variantes appellent des explications: c’est le cas notamment pour les indices établis par étape du processus de transformation et, le cas échéant, pour les indices régionaux ou les versions de l’IPP qui incluent certaines composantes des dépenses de production, telles que les achats d’intrants, marges comprises. Des informations plus détaillées peuvent être publiées dans des manuels.

13.47 Enfin, les communiqués de presse doivent s’accompagner d’une brève note méthodologique du type de celle qui figure ci-dessous:

Que mesure l’indice des prix à la production (IPP) et comment est-il calculé?

L’indice d’ensemble des prix à la production est une mesure globale des prix reçus par les producteurs sur la vente de leur production évaluée aux prix de base. L’IPP est un indicateur clé des variations de prix qui contribuent à l’inflation. Il indique la variation, d’un mois sur l’autre, du niveau moyen des prix des biens et des services vendus par les producteurs.

Chaque mois, les prix sont relevés dans les établissements qui produisent des biens et des services. Par ailleurs, après avoir procédé à un recensement périodique des établissements, on calcule le montant des recettes que les producteurs ont dégagé de ces biens et services. Les prix et recettes perçus sont ensuite conjugués pour calculer les indices des prix des catégories et groupes de secteurs d’activité, ainsi que l’indice d’ensemble.

L’indice global et tous les indices qui le composent sont publiés tous les mois dans notre Bulletin sur l’IPP. Le Bulletin contient aussi des renseignements complémentaires sur la méthode de calcul de l’IPP. Une brochure traite également de ce sujet, et le Manuel technique sur l’IPP publié par l’Office de statistique national expose en détail la méthode de calcul. Pour tout renseignement sur ces publications et sur les moyens de vous les procurer, veuillez consulter notre site web à www.nso.gov.cy ou téléphoner aux numéros indiqués en première page de ce communiqué.

B.7 Les principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations Unies, les normes du FMI et celles de l’OIT

13.48 De nombreuses normes internationales s’appliquent à l’IPP, tant sur un plan général que sur des points particuliers. Une norme très générale, mais essentielle, est définie dans les principes fondamentaux de la statistique officielle (1994) des Nations Unies. Elle est disponible en plusieurs langues sur le site des Nations Unies et traite non seulement de la diffusion des données, mais aussi de tous les aspects des travaux statistiques.

13.49 Dans son introduction, ce chapitre passe en revue les principes généraux qui guident, d’une façon ou d’une autre, un bon nombre de normes internationales.

13.50 Les normes du FMI sont particulièrement pertinentes dans ce contexte, car elles visent spécifiquement les questions liées à la diffusion des données. Deux d’entre elles concernent les statistiques, notamment les indices des prix à la production. La première est le SGDD et la seconde la NSDD. Le SGDD définit un cadre général, des indicateurs précis dits principaux et d’autres dits encouragés. La NSDD repose sur le cadre du SGDD mais est plus contraignante et s’applique uniquement aux pays qui s’engagent par écrit à la respecter en le notifiant au Conseil d’administration du FMI. Les deux normes sont disponibles sur le tableau d’affichage des normes de diffusion des données (www.dsbb.org).

13.51 Le SGDD distingue plusieurs dimensions des normes de diffusion. Le terme de qualité désigne, dans le SGDD, la nécessité de fournir des informations sur les sources, les méthodes, les détails des composantes et les procédures de vérification. L’intégrité renvoie à la diffusion de règles de confidentialité, l’accès aux données par les administrations publiques avant leur publication, l’identification des commentaires ministériels, la fourniture d’informations sur les révisions et la notification préalable des changements de méthodologie. L’accès au public se réfère à la nécessité d’annoncer au préalable les dates de publication et de diffuser les données simultanément à tous les utilisateurs. Les tableaux des catégories de données définissent l’IPP comme un indicateur principal publié tous les mois, dans un délai d’un à deux mois suivant la date des relevés. Le présent Manuel tient compte de toutes ces normes. L’OIT a également publié des lignes directrices sur la diffusion des statistiques du travail, que l’on peut consulter sur son site web (www.ilo.org).

C. Questions de diffusion

C.1 Calendrier de diffusion

13.52 S’il est important de diffuser l’IPP dans les meilleurs délais (voir section suivante), il l’est tout autant de le faire en respectant un calendrier précis et une heure de publication bien définie de sorte que les données soient distribuées simultanément à tous les utilisateurs. Il faut également annoncer les dates de publication aussitôt que possible. Il convient que l’indice soit publié à une date précise, indiquée longtemps à l’avance, pour deux raisons principales. Premièrement, on limite ainsi les possibilités de manipulation de la date de publication à des fins politiques. Deuxièmement, on inspire confiance aux utilisateurs en leur montrant que l’indice est publié le plus rapidement possible et que sa publication n’a pas été retardée (ou avancée) pour des raisons politiques. Ce système présente également un troisième avantage: les utilisateurs savent quand ils recevront les chiffres et peuvent se préparer à les utiliser.

C.2 Délai de diffusion et exactitude des données

13.53 Le SGDD du FMI, évoqué plus haut à la section B.7, recommande que l’IPP soit diffusé un à deux mois après le mois de la collecte des données. La plupart des pays publient généralement leur IPP au milieu du mois suivant le mois couvert par l’indice. S’ils y parviennent, c’est que souvent, la plupart des données sont relevées durant une période limitée au milieu du mois de référence, ce qui donne le temps aux statisticiens de les vérifier, de les analyser et de préparer les nombreux tableaux et graphiques dans lesquels elles sont présentées.

13.54 Si l’exactitude est particulièrement importante, c’est que l’IPP a de nombreuses répercussions. En effet, non seulement cet indice a des conséquences sur la politique économique, mais de nombreux pays utilisent ses composantes comme déflateurs dans les comptes nationaux pour calculer le PIB à prix constants; ces composantes servent à indexer toute une série de contrats commerciaux. Dans ce domaine, l’application la plus connue de l’indice est sans doute l’indexation des intrants matériels.

13.55 Selon les méthodes de collecte des données utilisées et le degré d’actualité des données de base sur les prix, l’IPP peut donner lieu à des révisions. Lorsque les données qui se rapportent à cet indice sont recueillies à l’occasion de visites sur place, les prix de base sont pratiquement tous disponibles à la fin du mois. Il est rare, dans ces conditions, que l’IPP soit révisé après la première publication: c’est une des différences majeures entre l’IPP et d’autres agrégats économiques ou socioéconomiques, qui sont souvent révisés après leur diffusion initiale. Dans d’autres cas, par exemple lorsque les données de base de l’IPP sont recueillies via une enquête par correspondance, les réponses arrivent plus lentement et ne sont pas toujours toutes disponibles au moment de la première publication. L’office de statistique peut adopter alors une politique de révision prévoyant que l’IPP mensuel est d’abord publié à titre préliminaire, puis de façon définitive un à trois mois plus tard, une fois que la quasi-totalité des échantillons a été reçue.

13.56 Pour toutes ces raisons, s’il est important de respecter des délais de diffusion, il faut également prévoir suffisamment de temps pour bien préparer les données et les vérifier minutieusement. Le plus souvent, il n’est pas permis de réviser un IPP non corrigé des variations saisonnières après sa publication. S’il existe une politique de révision ou si les séries d’IPP sont révisées au cas par cas, il faut décrire précisément la politique en vigueur ou les changements apportés et donner des explications détaillées lors de la publication des nouvelles données. Lorsqu’une nouvelle méthode est adoptée, on en avertira les utilisateurs plusieurs mois à l’avance.

C.3 Accès aux données

13.57 Dans le domaine des IPP, comme dans celui d’autres statistiques, il faut que le public ait accès au plus grand nombre de données possible, et ce pour deux raisons principales. Premièrement, il est très utile, pour certains utilisateurs, de disposer de données détaillées pour procéder à des analyses. Deuxièmement, l’accès à des données détaillées en facilite la compréhension et accroît la confiance placée en elles.

13.58 Le volume de données susceptibles d’être communiquées aux utilisateurs est cependant limité. L’une des contraintes qui s’appliquent en l’espèce est étudiée à la section C.4: c’est la confidentialité. Une autre est le volume limité de données que la plupart des utilisateurs sont en mesure d’absorber. Enfin, il faut citer le coût que représente la publication de grandes quantités de données dont peu d’utilisateurs risquent d’avoir besoin.

13.59 En règle générale, on considère que l’IPP et ses principales composantes sont si importants qu’on les diffuse gratuitement au moyen de communiqués de presse et sur les sites des offices de statistique. Les données plus détaillées sont souvent publiées dans les bulletins des offices de statistique ou sur d’autres supports moyennant paiement par les utilisateurs, afin de permettre à l’office de statistique de recouvrer une partie des frais de diffusion. De même, les utilisateurs qui demandent des analyses spécialisées doivent généralement s’acquitter de frais qui varient en fonction du travail nécessité par ces travaux.

13.60 La question du volume de données qu’il convient de communiquer aux utilisateurs à l’aide des différents supports possibles est également traitée aux sections C.4 et C.5.

C.4 Confidentialité

13.61 Si, en règle générale, il faut porter à la connaissance des utilisateurs autant de données que possible, dans la plupart des cas, la confidentialité est une notion importante, et ce pour plusieurs raisons.

13.62 Premièrement, la plupart des données sont fournies par les établissements à condition qu’elles soient uniquement utilisées agrégées à d’autres données et qu’elles ne soient pas publiées sous une autre forme. Ce principe est particulièrement important lorsque les données sont communiquées volontairement, ce qui est souvent le cas. La plupart des offices de statistique garantissent la stricte confidentialité des données sur les prix; et celle-ci est souvent érigée en principe dans les législations nationales relatives aux statistiques. Lorsque c’est le cas, les offices de statistique ne fournissent les informations recueillies à aucun autre organisme et évitent de publier les données d’une manière qui révélerait les informations fournies par tel ou tel répondant. Beaucoup d’organismes ont adopté des règles stipulant qu’un nombre donné d’établissements (au moins trois, par exemple) doivent avoir communiqué des informations avant que des données globales puissent être publiées. En outre, de nombreux offices de statistique ont adopté des dispositions sur les entreprises qui occupent une position dominante dans un secteur (en assurant, par exemple, 75% de sa production) pour éviter que les données les concernant ne soient divulguées sans leur accord.

13.63 Deuxièmement, seul est relevé un échantillon de produits donnant lieu à transactions représentatif d’un groupe beaucoup plus vaste de produits. Si l’on connaît les variétés qui figurent dans l’indice et celles qui n’y figurent pas, on peut biaiser des composantes de l’indice en manipulant un nombre limité de prix.

13.64 Le fait même de savoir que les prix vont être relevés un certain jour d’un mois donné, ou risquent de l’être, peut amener des répondants à biaiser certaines composantes en modifiant les prix ce jour-là. Cependant, cela ne procure un avantage qu’à court terme.

C.5 Diffusion électronique (par Internet)

13.65 La diffusion des données par Internet présente plusieurs avantages. Du point de vue de l’organisme qui produit les données, ce système est relativement peu coûteux, puisqu’il évite des frais d’impression et d’envoi. Dès leur publication, les données sont à la disposition de tous les internautes simultanément. Il revient à peine plus cher de diffuser un grand volume de données qu’une petite quantité. Les internautes peuvent les télécharger sans les saisir de nouveau, et ainsi gagner du temps et éviter des erreurs de transmission ou de transposition.

13.66 L’un des inconvénients de ce mode de diffusion est que tous les utilisateurs n’ont pas accès à l’Internet sur un pied d’égalité. Un autre désavantage important est qu’ils risquent de consulter directement les données, sans lire les métadonnées qui sont parfois cruciales pour bien les comprendre. En outre, il devient aussi facile de diffuser largement l’IPP électroniquement pour les utilisateurs que pour l’office de statistique, ce qui permet aux utilisateurs de devancer ce dernier en communiquant des statistiques sans les accompagner des métadonnées qui peuvent être nécessaires pour éviter de mal interpréter les chiffres.

13.67 De préférence, il faut communiquer l’IPP complet—accompagné des métadonnées essentielles—simultanément à la presse et aux autres utilisateurs. À cet effet, certains offices de statistique réunissent les journalistes une demi-heure environ avant l’heure officielle de publication pour leur distribuer une version imprimée du communiqué, leur expliquer les données et répondre à leurs questions. À l’heure de la publication, les journalistes sont alors autorisés à transmettre les chiffres à leur bureau, qui les diffuse plus largement.

13.68 En résumé, il faut prendre soin de communiquer l’IPP à tous les utilisateurs en même temps, quel que soit le mode de diffusion choisi.

D. Prise en compte du point de vue des utilisateurs

D.1 Explication des différentes applications des IPP

13.69 Le chapitre 2 traite en détail des différentes applications des IPP. Il est important d’indiquer aux utilisateurs potentiels les applications qui sont appropriées et celles qui ne le sont pas. À cet effet, il convient d’expliquer comment l’IPP est construit en décrivant les sources et les méthodes employées (voir section D.2).

13.70 Il faut aussi pouvoir obtenir aisément des explications sur d’autres indices ou sous-indices, tels que les indices par étape du processus de transformation, qui montrent comment leur utilisation diffère de celle de l’IPP lui-même ou complète celle-ci.

D.2 Présentation de la méthodologie

13.71 Chaque mois, lors de la publication de l’IPP, les utilisateurs sont désireux de connaître les principaux chiffres et de les utiliser. En général, ils ne souhaitent pas être encombrés d’explications sur la méthodologie employée pour obtenir les données. Il faut néanmoins mettre à la disposition des personnes qui le souhaitent des explications méthodologiques, sous une forme qui soit compréhensible par des utilisateurs dont les connaissances et les intérêts diffèrent.

13.72 Toute modification majeure de la méthodologie employée doit être expliquée en détail et annoncée aux utilisateurs le plus tôt possible avant son adoption.

13.73 Nous avons vu à la section B.6 que les explications d’ordre méthodologique doivent figurer dans une note jointe aux communiqués de presse; elles doivent également être fournies au moins à deux autres niveaux. Une brochure à l’intention des non-spécialistes doit expliquer l’historique, les principes et les pratiques de l’IPP, et indiquer les autres mesures éventuellement disponibles. Il faut également proposer aux utilisateurs intéressés, par exemple aux statisticiens en formation qui produisent l’IPP pour la première fois, des explications plus approfondies sur les sources et les méthodes employées. Ces informations doivent être tenues à jour, même si les agents subissent des pressions pour consacrer du temps à la production au détriment de la documentation.

13.74 Comme cela a été signalé plus haut, il est essentiel que des explications détaillées sur les sources et les méthodes soient facilement accessibles pour que l’IPP inspire confiance aux utilisateurs.

D.3 Rôle des comités consultatifs

13.75 L’IPP est une série statistique qui revêt une telle importance qu’il est essentiel de créer un comité consultatif (ou une série de comités) qui soit représentatif des utilisateurs et des statisticiens. Le processus d’établissement de l’IPP soulève de nombreuses questions qui prêtent à controverse. Dans beaucoup de pays, il a donné lieu à des débats au sujet, par exemple, des éléments qui doivent ou non entrer dans sa composition, en particulier lorsque la couverture des secteurs d’activité par l’IPP est élargie. Le comité consultatif a notamment pour mission d’examiner ces questions controversées et d’émettre un avis à leur sujet. Mais il joue également un rôle, tout aussi important sans doute, de présentation, dans la mesure où il constitue la preuve que l’IPP est digne de confiance et ne constitue pas un outil de propagande gouvernementale.

13.76 Dans les pays qui n’ont pas systématiquement créé de comité consultatif, les statisticiens peuvent craindre que la participation de personnes indépendantes des pouvoirs publics crée chez celles-ci des attentes qu’ils ne sont pas en mesure de satisfaire, et partant, mécontente ces personnes. Or, la participation d’utilisateurs indépendants des pouvoirs publics peut se traduire par une meilleure compréhension des réalités et des contraintes pratiques liées aux nécessités théoriques. C’est ce qui se produit généralement dans les offices de statistique dotés de comités consultatifs composés de représentants de tous les grands partenaires, issus ou non des pouvoirs publics.

13.77 Il est important, par conséquent, que les membres du comité consultatif soient des représentants des milieux universitaires, patronaux ou syndicaux, par exemple, qui ont chacun une perspective différente. Il faut également que les rapports du comité soient communiqués au public dans leur intégralité et sans retard excessif.

D.4 Traitement des questions relatives à la qualité de l’indice

13.78 L’IPP peut être considéré avec méfiance à plusieurs niveaux. Il fait généralement référence aux producteurs du secteur industriel (industries extractives, industrie manufacturière et approvisionnement énergétique). Or, la part de ce secteur dans l’économie diminue. Si la composition de l’IPP n’est pas élargie de manière à inclure davantage d’activités économiques, l’indice risque donc d’être considéré comme moins pertinent qu’il ne l’était dans le passé. Il s’expose aussi à la critique de ceux qui le soupçonnent de ne pas suivre l’évolution des biens et services récents, les changements de qualité des produits ou les nouvelles méthodes de vente et de commercialisation. Enfin, dans les économies en transition, l’aptitude de l’IPP à mesurer le nouveau secteur privé émergent, qui regroupe nombre de petits producteurs, est source de préoccupation.

13.79 Il est donc important que les statisticiens qui produisent l’indice soient disposés à discuter de ces problèmes et des moyens qu’ils emploient pour les résoudre. Comme pour d’autres questions évoquées ici, les statisticiens doivent exposer franchement leurs méthodes et leur capacité à résoudre les problèmes, potentiels ou réels, mis en évidence.

13.80 Ils doivent donc donner des explications sur les questions de qualité de l’indice, même lorsque celle-ci n’est pas remise en cause.

E. Modèle de communiqué de presse

Office de statistique de [nom du pays]

Vendredi 16 août 2002,

pour publication à 11 heures.

INDICE DES PRIX À LA PRODUCTION (IPP)

Juillet 2002: COMMUNIQUÉ DE PRESSE

En juillet 2002, les prix à la production étaient inférieurs de 1,5% à leur niveau de juillet 2001 pour ce qui concerne les produits finis inclus dans la structure de l’IPP. Cette variation sur 12 mois était inférieure à la variation sur 12 mois enregistrée en juin (–2,7%) et novembre (–3,1%)

Graphique 1.Variation en pourcentage de l’indice des prix à la production, 1997–2002

Par rapport au mois précédent [graphique linéaire simple]

Principaux facteurs explicatifs de la baisse globale de 1,5%

Au cours de l’année, l’indice des produits énergétiques finis a baissé de 5,2%, les prix des produits alimentaires finis ont reculé de 1,3% et l’indice des biens finis autres que les produits alimentaires et énergétiques a diminué de 0,2%. Aux étapes antérieures du processus de transformation, les prix reçus par les producteurs de biens intermédiaires ont reculé de 1,5% sur la période de douze mois close en juillet 2002, tandis que l’indice des biens bruts a baissé de 6,2% pendant la même période.

Variations durant la période en cours

L’IPP des produits finis a baissé de 0,2% en juillet par rapport à son niveau de juin. Les prix des biens de consommation finis autres que les produits alimentaires et énergétiques ont diminué de 0,4% en juillet, après avoir augmenté de 0,3% en juin. L’indice des biens d’équipement a reculé de 0,4% en juillet, contre une hausse de 0,1% en juin. L’indice des produits alimentaires finis a baissé de 0,1%, après avoir progressé de 0,1% en juin. L’indice des produits énergétiques finis a augmenté de 0,1% en juillet, après être resté inchangé le mois précédent.

Graphique 2.Variation en pourcentage de l’indice des prix à la production, 1997–2002

Par rapport au mois précédent [graphique linéaire simple]

Publié par l’Office de statistique de [nom du pays], [adresse de l’office].

Renseignements: presse: 1 111 1111; public: 2 222 2222 (il est utile de donner le nom d’une personne à contacter).

Numéro de télécopie et adresse électronique.

Les notes de référence sur l’IPP figurent en annexe au présent communiqué.

On trouvera d’autres notes, assorties de détails complémentaires, sur notre site Internet à www.nso.gov.cy.

La publication de données sur les prix moyens doit se faire dans le respect des règles de confidentialité. Voir section C.4.

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