Chapter

12. Organisation et gestion

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 2009
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A. Introduction

12.1 L’indice des prix à la production (IPP) est employé à de multiples usages par les administrations publiques, les entreprises, les syndicats et les universités, ainsi que par d’autres types d’organisations et par le grand public. L’exactitude et la fiabilité sont des qualités inestimables pour une statistique aussi importante que l’IPP. Que celui-ci soit utilisé comme déflateur des valeurs de la comptabilité nationale ou comme indicateur de l’inflation, dans les clauses d’indexation des contrats privés, pour la réévaluation des actifs fixes ou des stocks, ou dans d’autres analyses économiques, son processus de production doit être planifié avec soin.

12.2 Le nombre de cas particuliers est tel que ce Manuel ne peut définir de façon trop stricte le calendrier ou l’analyse du chemin critique de toutes les étapes à franchir. Cependant, le présent chapitre passe en revue les types d’activités que fait normalement apparaître l’examen détaillé des moyens à mettre en œuvre pour mener d’un bout à l’autre l’opération périodique de calcul de l’indice.

12.3 Les orientations fournies ci-après présentent quelques modes d’organisation possibles de la collecte des données. Les exemples cités sont le fruit de l’expérience et donnent une indication des buts qu’un pays peut se fixer. Faisant état de ces possibilités, le présent chapitre, qui est consacré à l’organisation et à la gestion du processus de calcul de l’IPP, traite des relations entre les enquêteurs (qui relèvent parfois d’offices régionaux dans les grands pays) et les services chargés d’établir l’IPP au siège de l’office de statistique. À cet égard, il décrit les travaux qui y sont effectués, la circulation de l’information entre les divers services de l’organisation et leurs activités respectives de coordination des opérations de collecte et de traitement des données). En raison du champ, de la fréquence, du coût et de la complexité des relevés de prix à partir desquels l’indice est établi, chacune des opérations et des relations décrites ici ne s’applique pas nécessairement à tous les pays.

B. Démarrage du processus de relevé des prix

12.4 Dans un premier temps, le personnel chargé de l’IPP fait le tour d’un échantillon d’entreprises pour s’assurer de leur coopération, souligner l’importance de l’indice et obtenir des informations de base, par exemple pour connaître la nature exacte des biens et des services produits par l’entreprise, l’importance relative de ses transactions avec certains de ses clients, les coordonnées des personnes à contacter, etc. La diversité et le nombre des entreprises visitées et le type de biens et services varieront d’un pays à l’autre. Dans certains pays, ces opérations se font par téléphone. Une fois ce processus enclenché, un questionnaire servant au relevé des prix pourra être conçu. (Voir le chapitre 6, section D, pour de plus amples informations sur la conception du questionnaire.)

12.5 La méthode précise utilisée pour le relevé des prix courants varie, mais chaque enquêteur est généralement chargé de recueillir des données sur les prix auprès de certaines entreprises ou catégories d’entreprises. Cela permet à l’enquêteur de se spécialiser dans certains volets de l’indice. Les enquêteurs se mettront en rapport avec les mêmes entreprises dans chaque période de collecte pour chercher à connaître le prix des mêmes transactions de biens et services. Le relevé des prix s’effectue généralement une fois par mois ou par trimestre, mais sa fréquence peut changer si les prix de certaines transactions varient à des intervalles connus. Par exemple, les prix des biens ou services qui sont d’ordinaire subventionnés ou réglementés par l’État changeront sur décision de ce dernier. Le personnel en charge de l’IPP au siège peut obtenir ces prix soit en s’adressant directement à d’autres organismes gouvernementaux, soit en se fondant sur les informations des médias. Dans l’un ou l’autre cas, il faut s’assurer que les données communiquées sur les prix sont complètes. (Voir le chapitre 6, section B, pour de plus amples informations sur la date et la fréquence des relevés de prix.)

B.1 Méthode de relevé des prix

12.6 Tout office de statistique qui procède à un relevé des prix doit décider s’il est préférable de faire appel à son propre personnel ou de confier cette tâche à une organisation extérieure, par exemple à un autre de ses services, à une autre administration spécialisée dans les enquêtes ou à une société privée d’études de marché.

12.7 La nature de la collecte ainsi que la répartition et le profil du personnel statisticien peuvent aider à déterminer s’il y a lieu de sous-traiter la collecte à un autre organisme, voire au secteur privé. Lorsque la collecte est permanente ou appelle des décisions complexes (ajustements de la qualité, par exemple), ou lorsque les prix sont relevés auprès d’un nombre restreint d’entreprises, il peut être préférable de la réaliser en interne. Si au contraire les prix sont recueillis seulement quelques jours par mois auprès d’un grand nombre d’entreprises, si le processus est relativement aisé et fait intervenir des décisions simples ou de routine (par exemple établir un choix à partir d’une liste de codes), on peut envisager de recourir à des sous-traitants. Par exemple, si l’office de statistique n’a pas de personnel spécialisé dans le relevé des prix, il pourrait sous-traiter la collecte des données à d’autres organismes des secteurs commercial, industriel et agricole. Ou encore, il pourrait s’adresser à une société d’études de marché privée, s’il y en a de compétentes dans le pays. L’office de statistique doit en outre tenir compte du caractère confidentiel des données dans ses contrats de sous-traitance pour veiller au respect du secret professionnel. À cet effet, il faudra peut-être que des lois nationales sur les statistiques régissent la collecte des données par les sous-traitants et les pénalisent en cas de violation du secret professionnel.

12.8 La sous-traitance de la collecte des données sur les prix peut être une solution moins coûteuse, car l’office de statistique n’a plus à sa charge les frais généraux tels que les retraites des enquêteurs. Lorsque les prix sont relevés par voie électronique, par exemple au moyen d’interviews téléphoniques assistées par ordinateur (ITAO) ou d’interviews en personne assistées par ordinateur (IPAO), l’achat et l’entretien de l’équipement peuvent être eux aussi à la charge du sous-traitant.

12.9 La sous-traitance offre en outre aux statisticiens la possibilité de consacrer davantage de temps à analyser les données, et moins à les recueillir. Si l’on dissocie le rôle de l’enquêteur de celui du contrôleur, les statisticiens hésiteront sans doute moins à remettre en question la validité des données. Enfin, on peut établir un lien direct entre l’exactitude des données recueillies et la performance des sous-traitants si les évaluations de performance donnent lieu au versement de primes (et à des pénalités si les objectifs ne sont pas atteints).

12.10 Les mêmes principes s’appliquent lorsqu’il s’agit de déterminer si c’est la division responsable des enquêtes ou les services chargés de l’IPP qui doit procéder au relevé des prix. Ce sera généralement les deux à la fois. La division des enquêtes s’occupera de la relève des prix lorsque les opérations sont simples et routinières. Les branches d’activité plus complexes et spécialisées telles que l’industrie chimique et le secteur des semiconducteurs requerront les services de spécialistes, qu’il s’agisse d’agents chargés de l’IPP ou de consultants d’un office de statistique.

C. Qualité du relevé des prix sur le terrain

12.11 La qualité est un aspect important du relevé des prix; un relevé de qualité permet à un office de statistique d’avoir confiance dans l’indice qu’il produit et de s’assurer que les variations de prix observées sont réelles et non pas le résultat d’erreurs des enquêteurs. Il faut mettre au point des procédures garantissant le respect de normes strictes de collecte à chaque période de collecte. Ces procédures constitueront l’élément essentiel de la formation des enquêteurs et feront partie du matériel didactique à leur intention. Celui-ci traitera des principes régissant les indices des prix, des questions d’organisation et des procédures de validation. Pour connaître les éléments à inclure dans un programme de formation, les offices de statistique devraient consulter l’étude de Finkel et Givol (1999), qui passe en revue à la fois la technologie et les méthodes de relevé des prix. La formation supplémentaire dont ont besoin les offices de statistique est traitée à la section F.1 du présent chapitre.

C.1 Formation

12.12 L’office de statistique doit avoir un programme général de formation du personnel chargé des opérations de prix. Ce programme comporte quatre éléments essentiels.

12.13 Premièrement, la formation fondamentale (de base) du personnel doit consister à lui apprendre à relever les prix, à coder les éléments de données, à passer en revue et vérifier les données de base sur les prix et à établir les indices à partir des données recueillies. En outre, la formation doit renseigner le personnel sur le but de la collecte des prix et sur l’usage qui est fait des prix recueillis.

12.14 Deuxièmement, le programme doit mettre en lumière le besoin de formation continue du personnel à tous les niveaux, et le retour d’information devrait être assuré, à tous les niveaux également—des répondants aux enquêteurs et des supérieurs à leurs subordonnés. Les agents et leurs supérieurs doivent se réunir régulièrement pour évaluer le programme et identifier les problèmes effectifs et potentiels.

12.15 Troisièmement, l’office de statistique doit former le personnel à la technologie informatique, à l’économie, aux statistiques et même à la psychologie (pour faciliter leurs rapports avec les répondants).

12.16 Quatrièmement, des séminaires ou retraites annuels à l’intention du personnel peuvent servir à mettre en évidence les points forts et les déficiences présentés l’année précédente par le programme et de faire des plans pour l’année à venir. Cela est particulièrement vrai lorsque l’on envisage d’apporter de profonds changements aux méthodes d’établissement de l’indice, d’adopter de nouvelles pondérations, de nouveaux plans d’échantillonnage, etc.

C.2 Description des transactions

12.17 Une description correcte des transactions dont le prix est relevé est essentielle pour en assurer la continuité. La description doit être complète et détaillée pour permettre aux enquêteurs ou répondants de relever le prix de la même transaction à chaque période de collecte. Les enquêteurs doivent enregistrer toutes les informations qui définissent uniquement la transaction choisie. C’est ainsi que, par exemple, dans le relevé des prix à la production de vêtements, la couleur, la taille et la composition du tissu doivent être spécifiées de manière à assurer que le prix relevé chaque mois s’applique à la même transaction.

12.18 Une description correcte de la transaction aidera l’enquêteur, le répondant et les services chargés de l’IPP à choisir une transaction de remplacement lorsqu’il a été mis fin à une transaction et à déceler les changements de qualité éventuels. Il y a lieu d’encourager le personnel chargé de l’IPP à prendre le temps, à chaque période de collecte, de passer en revue les descriptions données par les enquêteurs afin de s’assurer que les transactions en question sont les bonnes. Il importe en outre d’encourager les enquêteurs ou les répondants à revoir leurs descriptions pour vérifier qu’elles contiennent tous les renseignements pertinents. Enfin, il pourrait être utile de demander aux enquêteurs d’intervertir leurs rôles de temps à autre afin qu’ils saisissent l’importance de descriptions complètes.

C.3 Continuité

12.19 La continuité est l’un des principes les plus importants pour le relevé des prix. Parce qu’un indice des prix mesure les variations des prix, il est primordial que le prix relevé chaque mois s’applique à la même transaction de façon à obtenir une image exacte des variations. Il n’est pas possible d’être prescriptif, car le concept d’équivalence varie selon les pays: à toutes fins utiles toutefois, il faut que les transactions suivies soient décrites en détail. Les services en charge de l’IPP au siège de l’office de statistique peuvent donner des directives couvrant différentes transactions. Toutes les spécifications des transactions (même acheteur, modalités de livraison analogues, valeur des monnaies, modification des subventions, lois fiscales, etc.) doivent être respectées.

12.20 Les enquêteurs ou les répondants doivent observer les prix en vigueur à peu près aux mêmes moments de chaque période de collecte, surtout lorsqu’il s’agit de transactions dont les prix volatiles subissent de fortes fluctuations.

C.4 Demande de vérification des données saisies

12.21 Une fois que les données sur les prix sont correctes et complètes, on peut procéder à une série de contrôles de validité. Pour décider des contrôles à effectuer, il faut tenir compte de ceux qui ont été faits sur le terrain, que ce soit par les enquêteurs de l’office régional, par les agents de la division des enquêtes de l’office central, ou par les analystes de l’IPP. Par exemple, des ITAO accroîtront les chances de validation au moment du relevé des prix et réduiront la nécessité de soumettre les données à l’analyse détaillée des services chargés de l’IPP au siège. Il ne serait ni utile ni rentable de répéter les tests.

12.22 L’éventail de tests réalisés dans toutes les méthodes de collecte inclut les suivants:

  • i) Variation des prix: On compare le prix saisi au prix recueilli le mois précédent pour la même transaction de la même entreprise, et on vérifie les données lorsque la différence de prix dépasse des limites en pourcentage prédéfinies. Ces limites varient en fonction de la transaction ou du groupe de transactions et peuvent être fixées sur la base des variations des prix observées par le passé. Lorsque l’on ne dispose pas de prix valable pour le mois précédent, par exemple parce que le produit en question était en rupture de stock et qu’aucune transaction n’a pu être effectuée, on peut faire une comparaison avec le prix appliqué deux ou trois mois auparavant, ou avec le prix d’autres transactions effectuées par la même entreprise dans le mois en cours.

  • ii) Prix maximaux ou minimaux: On vérifie les données si le prix saisi est supérieur au prix maximal ou inférieur au prix minimal du groupe de biens ou services dont le produit considéré est représentatif. On peut définir une fourchette à partir des valeurs maximale et minimale observées pour cette transaction le mois précédent, multipliées par un facteur d’échelle standard. Ce facteur peut varier selon les transactions.

12.23 Si des techniques assistées par ordinateur sont utilisées, on peut aisément procéder à ces tests lors de la collecte. Autrement, les services chargés de l’IPP au siège devront les effectuer aussitôt que possible après la collecte et avant que les prix ne soient traités dans le système principal. Si les ITAO ou IPAO ne mènent à rien, cela ne doit pas empêcher l’enquêteur de relever le prix de la transaction, mais cela doit l’amener à vérifier et confirmer la donnée saisie, et à fournir une explication.

12.24 Les demandes de vérification peuvent être traitées soit par les analystes de l’IPP au siège, soit par l’enquêteur ou le répondant auxquels elles sont adressées. Ainsi, un examen attentif d’un formulaire peut révéler qu’une grosse différence de prix est apparue du fait que le prix relevé est celui d’une transaction portant sur un nouveau produit qui en remplace un autre dont la fabrication a cessé. Dans ce cas, il n’est sans doute pas nécessaire de vérifier le travail de l’agent chargé du relevé, sauf si l’on a des raisons de penser qu’il est incorrect de qualifier le produit en question de «nouveau produit».

12.25 Lorsqu’une erreur est découverte alors que le processus est déjà trop avancé pour y remédier, les spécialistes de l’IPP au siège devront la rejeter et exclure la transaction en question de l’indice du mois considéré. Il faut alors veiller à l’exclure également du mois de référence de sorte que le panier demeure inchangé. (Voir le chapitre 6, section F, pour de plus amples détails sur le processus de vérification.)

C.5 Retour d’information

12.26 Lorsque l’on a recours à des enquêteurs, il faut les encourager à faire part de leur expérience aux services chargés de l’IPP au siège. Ces agents constituent en effet une source d’information précieuse et il n’est pas rare qu’ils fournissent rapidement de bonnes informations de retour sur des changements intervenus dans les différentes branches d’activité. Souvent, ils informent les services du siège que des tailles ou des produits ont changé avant que ceux-ci ne l’apprennent d’autres sources (revues ou presse professionnelles). Les informations reçues des personnes chargées de relever les prix peuvent servir à établir un bulletin à l’intention des enquêteurs et à confirmer des évolutions de prix observées, ainsi qu’à compléter les instructions qui leur sont communiquées. Si des changements importants interviennent dans les transactions dont les prix sont relevés auprès d’une entreprise, les analystes de l’IPP devront peut-être y retourner pour mettre à jour la description des transactions en question.

D. Les contrôles de qualité des relevés de prix

D.1 Rôle des contrôleurs

12.27 Il faut planifier et suivre avec soin le processus de relevé des prix «sur le terrain» (on entend par cette expression tout un éventail de méthodes; voir le chapitre 6, section D.3) à l’aide de dispositifs qui rendent compte des conditions locales. La situation n’étant pas toujours la même, il vaut mieux ne pas être trop prescriptif. Certaines des mesures mentionnées ci-après peuvent ne pas s’appliquer si les analystes de l’IPP au siège optent pour un relevé centralisé. Cependant, lorsque les données sont recueillies localement et communiquées au siège, ou fournies directement par les entreprises de l’échantillon, les enquêteurs et personnes de contact doivent les transmettre dans les délais impartis au siège. S’ils ne le font pas, il faut en trouver les raisons et prendre les mesures qui s’imposent. Il importe en outre de vérifier que les informations envoyées sont exactes et complètes.

12.28 Parmi les moyens de suivre le travail des enquêteurs, il y en a un qui consiste à demander à des contrôleurs de les accompagner de temps à autre dans leurs activités de relevé des prix—qu’ils recueillent les données par téléphone ou par des visites en personne—ou de contrôler a posteriori les données obtenues.

D.1.1 Suivi de la collecte des données

12.29 Si un contrôleur compte accompagner un agent chargé de relever les prix par téléphone ou par des visites en personne, il doit en informer celui-ci à l’avance afin de fixer les modalités de leur rencontre. En général, le contrôleur n’est pas présent pendant toute la durée de la collecte mais passe quelques heures à l’observer dans un endroit précis. Par exemple, il suffit peut-être d’observer comment l’enquêteur procède pour relever le prix de certaines transactions ou auprès d’entreprises déterminées où la collecte pourrait s’avérer problématique, si l’on se fonde sur l’analyse des tendances de prix passées. Des postes de travail spéciaux pourraient être mis à la disposition des contrôleurs dans un office régional ou au siège pour leur permettre d’écouter et de suivre l’enquêteur à l’aide de méthodes assistées par ordinateur comme les ITAO.

12.30 Avant de procéder à un suivi, le contrôleur doit réaliser un travail préparatoire de vérification. Il étudiera par exemple les descriptions, les prix, l’historique des prix et les codes des transactions observées à l’endroit choisi ou relevant du volet en question de l’indice. Ce type de vérification lui permet de se faire une bonne idée de la qualité des relevés avant de se rendre sur le terrain, et peut lui indiquer sur quels points il doit se concentrer.

12.31 L’une des principales fonctions du contrôleur est de veiller à ce que l’enquêteur suive les procédures et les instructions établies et relève les prix avec compétence. Bien que son rôle ne soit pas nécessairement celui d’un formateur, il peut, lorsqu’il relève une erreur, montrer à l’enquêteur comment la corriger. Et celui-ci doit en profiter pour lui poser des questions à ce sujet.

12.32 Après une visite de suivi, le contrôleur doit rédiger un rapport décrivant en détail ses observations. Ce rapport contiendra un résumé de ses constatations, une liste des mesures à prendre et la ligne de conduite qu’il préconise. Le contrôleur peut recommander qu’un enquêteur reçoive un complément de formation sur certains aspects des relevés. Les services chargés de l’IPP au siège (ou l’entreprise contractante si la collecte a été sous-traitée) doivent alors donner suite à ses conseils. Ce rapport servira ensuite de point de départ à sa prochaine visite. Lorsqu’il s’agit de problèmes d’ordre général dont la solution doit être communiquée à tous les agents chargés de relever les prix, on peut, par exemple, publier une version révisée des instructions, un bulletin, ou autres moyens de diffusion sur support papier ou électronique.

D.1.2 Contrôle a posteriori et vérification

12.33 Un autre moyen de suivre la qualité de la collecte des prix consiste à contrôler a posteriori une partie des prix enregistrés. Les contrôles a posteriori peuvent servir à

  • i) évaluer la compétence de tel ou tel enquêteur;

  • ii) contrôler la qualité générale de la collecte;

  • iii) définir les besoins généraux de formation ou les besoins spécifiques d’un agent;

  • iv) détecter tout problème important, par exemple des difficultés liées à la documentation et aux instructions fournies par les services chargés de l’IPP au siège; et

  • v) déterminer dans quels domaines la collecte est difficile—par exemple, si tous les enquêteurs rencontrent des difficultés dans certains types d’entreprises. Le siège devra alors donner des instructions plus détaillées.

12.34 Les contrôles a posteriori pourraient être réalisés par un spécialiste indépendant du processus (employé par l’office de statistique lorsque la collecte est soustraitée). Ce spécialiste se met en rapport avec l’entreprise ou les entreprises choisies, relève de nouveau les prix et recueille tout autre renseignement. Cette activité doit avoir lieu peu après la période de collecte pour éviter le problème que poserait une évolution des prix dans l’intervalle. Les agents chargés des contrôles a posteriori doivent expliquer à la personne contactée de l’entreprise les raisons du contrôle et souligner l’importance de sa participation. Il obtiendra de l’entreprise une réaction généralement favorable.

12.35 Pour que les contrôles a posteriori soient utiles, il importe de retenir des critères de performance auxquels peuvent être comparés tous les résultats obtenus lors de ces contrôles. Ces critères doivent, par exemple, fixer le nombre acceptable d’erreurs de prix par nombre de transactions contrôlées. S’ils sont précisément définis, les contrôles a posteriori mettront aisément en évidence les enquêteurs ou les volets de l’indice qui sont peu performants.

12.36 Un contrôle a posteriori peut devenir nécessaire pour les raisons suivantes:

  • i) différences de prix—dans ce cas, le contrôleur doit vérifier si le prix a changé depuis le relevé initial;

  • ii) description insuffisante de la transaction—le contrôleur doit déterminer si une unique définition en est donnée de manière à ce qu’un autre enquêteur puisse répéter le processus;

  • iii) erreur au niveau de la transaction en question, par exemple détails incorrects de la transaction choisie; et

  • iv) produit enregistré à tort comme manquant ou temporairement en rupture de stock.

12.37 Une fois réalisé le contrôle a posteriori, un rapport doit être envoyé aux services compétents du siège pour examen. Ceux-ci devront alors prendre les mesures qui s’imposent, lesquelles peuvent consister, par exemple, à faire suivre une nouvelle formation aux agents ou à émettre des instructions complémentaires.

12.38 La vérification et le contrôle a posteriori sont des moyens importants d’améliorer la qualité des relevés, mais il faut peser cet avantage et la charge imposée à l’entreprise par le processus de vérification. Par exemple, les entreprises se plaindront probablement d’avoir à répondre deux fois à la même question (dont une fois à titre de contrôle). Il existe, bien entendu, des moyens de vérifier les relevés sans imposer une charge supplémentaire aux entreprises—par exemple, en assurant le suivi des conversations téléphoniques avec les entreprises et en examinant la qualité des données et des pièces justificatives reçues par différents analystes.

D.1.3 Autres fonctions du contrôleur

12.39 La gamme des tâches qu’accomplissent les contrôleurs varie d’un office de statistique à l’autre. Leur principale activité consistera toujours à suivre la qualité du relevé des prix, mais ils sont parfois appelés à intervenir dans plusieurs autres domaines.

12.40 Les contrôleurs doivent parfois aider au démarrage du processus de relevé des prix et d’échantillonnage des transactions. Et ils ne s’en tiennent pas là. Par exemple, si une transaction donne du mal aux enquêteurs, les contrôleurs peuvent s’entretenir avec eux et avec les entreprises pour en trouver les raisons. Les contrôleurs qui travaillent sur l’IPC et l’IPP peuvent en outre assurer une plus grande cohérence entre les indices et indiquer aux services chargés du calcul de ces deux indices quels biens et services sont offerts et quelles autres activités économiques peuvent être d’importance.

12.41 Les contrôleurs qui apprennent qu’une entreprise donnée participe à de nombreuses enquêtes de l’office de statistique peuvent en informer le siège de cet office pour l’aider à trouver les moyens de réduire la charge ainsi imposée à l’entreprise ou à mieux coordonner les relevés au niveau de cette dernière.

D.2 Contrôle de la qualité en bureau

12.42 Il est nécessaire de procéder à des contrôles réguliers de la qualité pour

  • assurer que les rapports des enquêteurs sont soumis en temps voulu. Si ce n’est pas le cas, il faut en trouver la raison et prendre les mesures qui s’imposent pour les obtenir;

  • confirmer que les rapports contiennent ce qu’ils sont censés contenir, c’est-à-dire qu’aucun champ d’information n’est resté vierge, que les champs numériques contiennent des chiffres et que les champs non numériques n’en contiennent pas;

  • passer en revue et vérifier chaque formulaire. Il faut parfois procéder à des substitutions de façon centralisée ou approuver celles faites par les enquêteurs, et vérifier des variations de prix exceptionnelles (ou simplement importantes). Il arrive que l’on doive convertir en un prix par unité standard le prix de produits vendus en plusieurs unités ou dont les poids varient. On traite les prix manquants en appliquant des règles spécifiques aux différentes causes d’absence; et

  • relever et corriger les erreurs introduites lors de la saisie des chiffres sur ordinateur ou de leur transcription sur des feuilles de calcul.

12.43 Comme indiqué ci-dessus, les contrôles automatisés sur le terrain peuvent réduire le nombre des vérifications et des corrections d’erreurs faites par les services chargés de l’IPP au siège.

12.44 Il convient de noter qu’il est possible que les données portées sur les feuilles de calcul ou saisies par ordinateur ne soient pas organisées de la même façon que les données recueillies sur le terrain. Il faut néanmoins rendre compte de leur origine pour pouvoir s’y reporter si des problèmes surviennent en cours de traitement. Par ailleurs, même si les codes fournis aux enquêteurs pour recenser les transactions et décrire ou préciser les prix sont utilisés tels quels pendant le traitement, il faut parfois attribuer d’autres codes aux informations que les enquêteurs communiquent sous forme non codée. Le mode d’organisation des contrôles variera selon les pays. Dans certains cas, ce sont des agents de supervision, à l’échelon local ou régional, qui se chargeront d’une partie du contrôle. Dans d’autres cas, un contrôle centralisé sera préférable.

12.45 Certaines tâches peuvent être accomplies par ordinateur et d’autres manuellement. Il est par conséquent impossible de faire des suggestions d’ordre général sur la séquence des tâches ou sur la division du travail. Il faut instaurer des procédures permettant de vérifier que tous les documents, messages ou dossiers établis sur le terrain sont effectivement envoyés de façon à contacter l’enquêteur s’il en manque. Il faut ensuite commencer par s’assurer que les données sont complètes et correctes. Si ces vérifications révèlent une anomalie, des éclaircissements seront demandés à l’enquêteur. Certaines vérifications exigent que l’on consulte les enquêteurs (ou leurs supérieurs, ou encore les personnes interrogées si les questionnaires ont été envoyés directement par courrier). Il faut donc que le calendrier de publication de l’indice tienne compte du délai nécessaire pour ces consultations.

12.46 Une fois les vérifications achevées, on peut procéder à une série de contrôles de validité. On décidera de ceux qu’il convient de réaliser en tenant compte des contrôles de validité effectués sur le terrain. À cet égard, l’usage d’ordinateurs augmentera les possibilités de validation lors des relevés et rendra moins nécessaire un examen détaillé au siège. Il ne serait ni utile ni rentable de refaire tous les tests, sauf s’il s’agit de procéder à des contrôles secondaires ou à des vérifications aléatoires.

D.2.1 Rapports

12.47 Il faut établir régulièrement des rapports (sur support papier ou par voie électronique) sur la plupart des transactions les plus représentatives de façon à aider les analystes à repérer les prix qui diffèrent de ceux signalés ailleurs pour des entreprises similaires, ou qui dépassent certaines limites spécifiées. Ainsi, un listage peut énumérer tous les prix qui s’éloignent beaucoup de la dernière fourchette des prix obtenus précédemment pour ces transactions représentatives, ou qui font apparaître une variation en pourcentage marquée depuis le dernier relevé pour la même transaction de la même entreprise. Les limites retenues varieront selon la transaction et pourront être modifiées. Les analystes peuvent ensuite passer en revue le listage, en commençant par vérifier s’il n’y a pas eu d’erreur de saisie. Ils examinent ensuite si les explications éventuelles de l’enquêteur éclairent de façon satisfaisante les divergences de comportement des prix, ou bien s’il y a lieu d’interroger l’enquêteur ou son supérieur hiérarchique. Le calendrier doit offrir la possibilité de le faire, et toute anomalie observée doit être rejetée lorsque l’on ne peut obtenir une explication acceptable ou faire une correction à temps. (Voir le chapitre 9, section D, sur la révision des données.)

12.48 On peut périodiquement établir d’autres rapports à partir de rapports couvrant plusieurs périodes (ou mois) de façon à détecter des constantes, et mettre ainsi en évidence des problèmes plus vastes. Citons les exemples suivants:

  • les rapports d’un enquêteur contiennent l’observation «non disponible» beaucoup plus souvent que ceux d’autres enquêteurs, ce qui laisse peut-être supposer que cet agent manque de motivation ou de formation ou qu’un changement est survenu dans les structures de la vente au détail dans une zone particulière;

  • les substitutions d’une transaction représentative donnée sont devenues plus nombreuses qu’auparavant, ce qui semble indiquer qu’il faut réviser la spécification ou le choix d’une autre transaction représentative; ou

  • la dispersion des variations de prix d’une transaction représentative donnée est beaucoup plus importante qu’auparavant, ce qui amène à se demander si la spécification de cette transaction est adéquate.

12.49 Les rapports périodiques établis par ordinateur devraient permettre aux personnes chargées de calculer l’indice de détecter ce type de problèmes.

D.2.2 Rapport sur la dispersion de l’indice

12.50 Il s’agit d’une liste de transactions qui indique la valeur courante de l’indice pour chaque transaction, le nombre de prix valides relevés pour chaque transaction et le nombre de rapports de prix. Les rapports sur la dispersion de l’indice peuvent servir à repérer les prix relevés dont les rapports de prix dépassent la fourchette du principal ensemble de prix. On peut ensuite faire une enquête à ce sujet et prendre, si nécessaire, les mesures qui s’imposent.

D.2.3 Rapport sur les prix relevés

12.51 Il consiste en une série d’informations sur les transactions qui appellent, d’après le rapport sur la dispersion de l’indice, une enquête complémentaire. Les informations peuvent comprendre le prix courant, les prix précédents relevés récemment et le prix de référence, ainsi que les prix correspondants relevés auprès d’autres entreprises. Ce rapport peut servir à déterminer quels prix relevés exigent une enquête complémentaire et à étudier les prix non retenus.

D.2.4 Algorithmes

12.52 On peut créer des algorithmes afin de repérer et d’infirmer des mouvements de prix qui diffèrent sensiblement de la norme pour une transaction. Dans le cas de certaines transactions saisonnières dont les prix fluctuent de façon erratique, il est parfois indiqué de construire un algorithme pour observer le niveau des prix plutôt que leur variation.

12.53 Les algorithmes peuvent être un moyen efficace de mettre en évidence des données qui posent problème, mais il faut les employer avec prudence. Les analystes doivent s’assurer qu’ils ne créent pas de biais systématique dans l’indice. Il faut également tenir compte de cet aspect dans le processus de vérification (chapitre 9, section D), encore que les risques soient moindres lorsque les vérifications sont réalisées manuellement.

E. Production et assurance de la qualité de l’IPP

E.1 Structure organisationnelle et responsabilités

12.54 Il existe un certain nombre de modèles organisationnels que les offices de statistique pourraient adopter pour travailler avec efficacité. Lorsqu’ils décident de la structure à retenir, ils doivent tenir compte des considérations suivantes:

  • la nécessité d’une structure hiérarchique clairement définie;

  • le besoin d’un partage précis des responsabilités;

  • une gestion centralisée ou décentralisée du travail sur le terrain;

  • la gestion de la production par opposition au développement technique;

  • lacompatibilitéaveclesstructuresorganisationnelles de l’office national de statistique, au regard par exemple de la gestion de la qualité, de la recherche méthodologique et de la diffusion.

12.55 Dans certains cas—par exemple lorsque le personnel interne a peu d’expérience de terrain—, il vaudrait peut-être mieux confier les travaux sur le terrain à un autre organisme, public ou privé. Il faut alors passer effectivement un contrat avec un organisme de collecte des données. Il faut également définir des objectifs en matière de remise des données et de mesure des résultats, afin de préciser par exemple les calendriers de remise des données, les taux de réponse et le degré de précision voulus. Il faut enfin étudier s’il y a lieu de faire vérifier ponctuellement les travaux du sous-traitant par un contrôleur indépendant. Il convient de noter que, même si les travaux sur le terrain sont confiés à une division différente au sein de l’organisation, une relation contractuelle entre les travaux sur le terrain et les fonctions exercées au siège peut atténuer les tensions et améliorer la qualité de l’IPP.

E.2 Établissement mensuel de l’indice

12.56 Le système utilisé pour calculer régulièrement l’indice doit être suffisamment souple pour que l’on puisse modifier le type de données obtenues. Une approche modulaire peut ainsi être jugée préférable.

12.57 Les calculs analytiques permettent de comparer l’indice ou les indices publiés avec ce qu’ils auraient été si l’on avait utilisé des méthodes ou des données différentes. Ils aident à expliquer les relations avec les sous-indices, caractérisent l’évolution temporelle de l’indice et permettent de réaliser des expériences méthodologiques. Les exemples suivants de ce type d’enquête illustrent certaines capacités de calcul des indices analytiques:

  • autres agrégations de sous-indices;

  • autres calculs d’indices des prix des produits saisonniers;

  • effets de pondérations différentes; effets de l’introduction de catégories de produits devenus récemment significatifs;

  • actualisation des pondérations par les prix;

  • nombre et durée des observations manquantes; effet sur l’indice d’une méthode d’estimation différente;

  • comparaison d’indices calculés avec différents sous-échantillons de données afin d’estimer la variance; variances des ratios de prix;

  • calcul d’un indice de référence type (sans ajustement explicite de la qualité) de façon à obtenir un indice de qualité implicite;

  • nombre de produits échantillonnés; taux des remplacements obligatoires; durée pendant laquelle les produits restent dans l’échantillon;

  • distribution de fréquences des ajustements de la qualité.

12.58 Pour l’examen de ces questions, la base de données doit contenir non seulement les prix, mais aussi des descriptions des transactions, des informations détaillées sur les produits de remplacement, des explications au sujet des prix observés, etc. En général, les bases de données chronologiques sont trop volumineuses pour être mises en mémoire sur le système tout en restant actives et il faut donc les archiver. Cependant, pour analyser les tendances saisonnières, il faut conserver en mémoire douze mois de données, tout en maintenant une documentation détaillée sur les données archivées pour se protéger contre toute perte d’informations vitales en cas de changement d’informaticien ou d’ordinateur. Il y a en outre lieu d’envisager de nommer un dépositaire des données chargé de tous les dossiers archivés.

E.3 Feuilles de calcul

12.59 On peut employer des feuilles de calcul pour établir des sous-indices qui exigent des procédures particulières, ou lorsque les données sont recueillies suivant des méthodes différentes de la principale méthode ou technique. Les feuilles de calcul ont l’avantage d’offrir une plus grande latitude pour conjuguer les tâches différentes que sont la collecte des données, leur saisie et leur calcul. Leurs connaissances spécialisées des marchés et des entreprises, alliées aux outils analytiques appliqués aux feuilles de calcul, aident les statisticiens (qui sont généralement des analystes de l’IPP au siège) à détecter, le cas échéant, des irrégularités dans les données, facilitent les recherches visant à déterminer si elles sont le fruit d’erreurs de déclaration ou de saisie et permettent d’y remédier sans délai. La possibilité de passer des saisies de données numériques à un diagramme qui illustre, par exemple, les données du mois en cours et du mois précédent, aide à détecter des anomalies rapidement et aisément. La même personne peut alors suivre la question en s’adressant au fournisseur des données. Avec le temps, les solutions trouvées aux problèmes qui se sont posés et l’effort d’adaptation aux situations nouvelles amèneront à modifier les feuilles de calcul. Si l’on ne met pas en place des mesures de contrôle de la gestion de la qualité, les feuilles de calcul risquent de ne pas être claires et dûment étayées, ce qui peut entraîner deux conséquences fâcheuses:

  • si la personne chargée de la feuille de calcul est absente, prend sa retraite ou change d’emploi, son remplaçant aura beaucoup de mal à maintenir la continuité et la qualité de la feuille de calcul;

  • les procédures introduites pour tenir compte des situations nouvelles risquent de ne pas cadrer avec celles qui sont employées pour d’autres sous-indices dont la responsabilité est confiée à d’autres personnes.

12.60 Si la documentation et la communication avec les collègues sont bonnes, ces risques seront réduits. Il faut au moins que les feuilles de calcul, et les changements qui leur sont apportés, soient compréhensibles et que les intitulés des rangées et des colonnes ou les notes dont s’accompagnent les intitulés soient suffisamment explicatifs. En outre, on doit toujours procéder aux modifications des méthodes ou formules, aux changements de base et à l’application de nouvelles pondérations non pas en modifiant l’ancienne feuille, mais en déplaçant les calculs sur une nouvelle feuille du classeur. Les deux coexisteront ainsi côte à côte et pourront être comparées. L’utilisation de mots de passe permet d’éviter de modifier par inadvertance les cellules renfermant des formules et de bloquer celles qui contiennent les données introduites une fois que les vérifications sont faites. Les mots de passe ne doivent être connus que des personnes autorisées à modifier les feuilles de calcul. En outre, il est essentiel de faire régulièrement des copies de sauvegarde de l’ensemble du classeur sur un autre disque. L’expérience des feuilles de calcul dans les travaux sur les IPP a révélé l’importance d’autres mesures de contrôle de la gestion de la qualité:

  • par leur conception, les feuilles de calcul doivent être aussi similaires que possible;

  • elles doivent être soumises aux autres analystes de l’IPP sur une base régulière;

  • les analystes doivent être au moins deux à vérifier les résultats des feuilles de calcul.

E.4 Consultations mensuelles

12.61 Les responsables de l’IPP au siège pourraient juger utile de tenir des consultations mensuelles avec leurs analystes avant la publication de l’indice. Bien que divers contrôles aient été effectués tout au long du processus (travaux sur le terrain, vérification, établissement de sous-indices, etc.), la valeur ajoutée s’obtient par comparaison des résultats des diverses branches d’activité pour le mois en cours. On pourrait demander aux analystes de présenter les domaines dans lesquels l’indice fait apparaître des changements sensibles (en points de pourcentage ou en importance relative) et d’expliquer les raisons de ces changements (évolution de l’économie locale, variations des prix mondiaux, des taux de change, intervention d’institutions ou de l’État, etc.). Les pays trouveront peut-être utile de réunir tous les analystes des indices de prix une fois par mois pour comparer les évolutions des différents marchés.

E.5 Introduction de modifications

12.62 Lorsque des modifications sont introduites, il faut procéder à diverses vérifications. On peut notamment comparer l’ancienne base à la nouvelle à l’aide de données recueillies en parallèle (dans le cadre d’une collecte confiée par exemple à un nouveau sous-traitant, à une autre division ou un autre agent de l’organisation) ou en réalisant une réestimation rétrospective—lorsque, par exemple, de nouveaux prix de référence sont imputés pour un éventail complet de biens ou de services. Toute anomalie peut alors faire l’objet d’une enquête complémentaire.

E.6 Reprise des activités après une catastrophe

12.63 Les indices de prix sont des statistiques importantes et bien connues d’un office de statistique et peuvent influer sur un large éventail d’utilisateurs. La loi prescrit parfois de publier l’indice peu après la fin du mois auquel se rapportent les données. Nombre de contrats au sein d’une économie peuvent être liés aux indices de prix, qu’il s’agisse de l’indice des prix à la consommation ou de l’indice des prix à la production. Tout retard de publication risque d’avoir des effets importants sur les mois suivants et de compromettre les publications ultérieures. Si les retards sont importants, il faut parfois des mois pour retourner au calendrier serré de publication en vigueur. Il est donc essentiel que les offices de statistique mettent au point un Plan de secours solide et éprouvé, même si sa mise à exécution est peu probable. Une catastrophe peut avoir plusieurs causes:

  • i) manquement d’un contractant extérieur à son obligation de fournir des informations lorsque lacollecte des données est sous-traitée à une société privée;

  • ii) panne du système informatique;

  • iii) catastrophe naturelle majeure ou autre événement (acte terroriste, par exemple) qui perturbe les centres opérationnels ou le siège de l’office de statistique.

12.64 Lorsque l’élaboration de l’IPP (y compris les travaux sur le terrain) est entièrement assurée en interne par l’office de statistique, le plan de secours de l’organisation comporte déjà des procédures spéciales visant à garantir la poursuite de la production de l’indice en cas de catastrophe. Si le relevé des prix est sous-traité, celle-ci serait alors peut-être due à la première cause susmentionnée. Par conséquent, le plan de secours pourrait inclure une solution de remplacement sur le terrain—qui consisterait soit à sous-traiter à un tiers, soit à utiliser les ressources internes de l’office (si elles existent).

F. Gestion de la performance, développement et formation

12.65 Il est tout aussi important pour la structure de production de l’IPP de pouvoir mettre en place un système efficace de gestion de la performance des individus. On peut considérer la gestion de la performance comme un processus continu conçu pour améliorer les résultats du travail en se concentrant sur ce qu’accomplit effectivement le personnel plutôt que sur les efforts qu’il déploie. Ce processus doit faire le lien entre les objectifs de l’agent, ceux de son équipe et ceux de l’organisme tout entier, de sorte que les programmes de travail soient cohérents dans l’ensemble de l’organisme et que tous les agents sachent ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Le système de gestion de la performance doit fixer des objectifs clairs de suivi et d’évaluation, favoriser les retours d’information sur la performance et aider à déterminer les besoins de développement des agents. Enfin, la gestion de la performance doit être un processus continu.

F.1 Besoins de formation

F.1.1 Introduction

12.66 Une formation efficace motivera le personnel et le dotera des moyens nécessaires pour produire un indice de qualité. Sous sa forme la plus simple, la formation donnera des notions de base sur la nature et l’usage de l’indice et sur sa méthode de calcul. La formation et le développement peuvent prendre plusieurs formes, dont:

  • tutorat par le supérieur hiérarchique ou le chef de service;

  • participation à un cours d’initiation ou lecture d’un manuel;

  • accompagnement d’un enquêteur expérimenté.

12.67 Un plan de formation écrit peut définir les besoins de formation et de développement en fonction des objectifs et cibles de l’organisme. Il peut également identifier les ressources nécessaires pour assurer une formation adaptée aux besoins, et déterminer si cette formation a été dispensée efficacement et si les objectifs ont été atteints.

F.1.2 Statisticiens et enquêteurs

12.68 Les agents suivront une formation complémentaire à des techniques particulières selon leur rôle et leur fonction. La formation doit se poursuivre après le stade initial pour couvrir les nouvelles procédures et le recyclage des agents dont la performance n’est pas satisfaisante.

  • i) Les agents chargés de relever les prix devront recevoir une formation spécialisée aux procédures sur le terrain, portant notamment sur les relations avec les entreprises, le choix et la définition de prix valables, les règles particulières applicables à certaines transactions (dont celles qui ont trait aux produits saisonniers), la méthode à suivre pour remplir les formulaires et, le cas échéant, le mode d’emploi des ordinateurs.

  • ii) Les statisticiens chargés d’établir l’indice devront recevoir une formation aux procédures de validation, de vérification de cohérence et de calcul des indices à partir de données recueillies de façon centralisée, aux méthodes de pondération et d’agrégation des prix, ainsi qu’au traitement des produits saisonniers et aux procédures particulières qui s’appliquent à certains volets de l’indice.

  • iii) Il est parfois bon de dispenser des cours de formation au commerce local ou national, ou à la réglementation des statistiques, à la culture statistique et à l’information sur les produits.

12.69 Il peut être très utile que les enquêteurs et les statisticiens chargés d’établir l’indice travaillent en concertation. En outre, il est bon que l’office de statistique soit en contact avec les spécialistes du secteur d’activité en question. Ces spécialistes peuvent donner des conseils, par exemple sur les moyens d’identifier les caractéristiques de qualité de tel ou tel produit (appareils électriques, ordinateurs personnels, articles d’habillement, chaussures, etc.).

12.70 Les statisticiens du siège ont parfois intérêt à se charger personnellement de superviser la collecte des prix (au moins pour certains volets de l’indice), car ils auront ainsi une expérience directe des problèmes qui se posent et pourront apporter leur concours en cas de difficulté. De même, l’organisation de visites périodiques au siège de la part des enquêteurs et de leurs supérieurs hiérarchiques est une bonne idée, car elle a un effet bénéfique sur leur moral. On peut par ailleurs penser que les enquêteurs travaillent mieux s’ils ont le sentiment d’appartenir à une équipe, s’ils voient que leur travail est apprécié à sa juste valeur et que l’on comprend leurs problèmes. Les visites au siège leur montreront en outre qu’il est essentiel pour la qualité de l’indice qu’ils travaillent de façon précise et consciencieuse. Elles aideront les statisticiens à se tenir au courant de la situation sur le terrain et, par exemple, à obtenir davantage d’informations sur les nouveaux produits et aspects des changements de qualité.

12.71 Les statisticiens chargés d’établir l’indice peuvent juger bon de se rendre de temps à autre sur le terrain pour prendre part à la collecte des prix, ou pour l’observer. Ainsi, ils seront plus sensibles aux problèmes pratiques que pose la collecte, appréhenderont mieux les données et la qualité de l’indice et auront une meilleure idée des compétences requises pour participer au relevé des prix en cas d’urgence. Cela peut revêtir une grande importance pour l’IPP, surtout lorsqu’il s’agit de recueillir des données sur les transactions dans des branches d’activité plus complexes.

F.1.3 Documentation

12.72 Les manuels et autres documents tels que les ouvrages de procédures peuvent servir à la formation initiale. Par la suite, ces documents rappelleront aux enquêteurs et aux statisticiens les règles et procédures applicables. La documentation doit être bien organisée et indexée de façon à leur permettre de trouver rapidement les solutions aux problèmes.

12.73 Toutes les personnes concernées doivent vérifier la documentation et la mettre régulièrement à jour. Il ne faut jamais laisser s’accroître de façon démesurée la pile de feuilles contenant les modifications, laquelle doit être remplacée par une version consolidée. L’un des moyens de le faire serait de rassembler la documentation dans un classeur à feuillets mobiles qui sont remplacés en cas de besoin, ou de conserver une version électronique mise à jour par des personnes désignées. Il est important que les mises à jour soient faites de façon systématique dans des conditions bien définies. Les statisticiens ont à leur disposition divers logiciels pour les aider dans cette tâche. L’emploi de logiciels types à des fins de documentation présente trois avantages:

  • la documentation est produite plus efficacement, car les logiciels facilitent la collecte initiale des données et réduisent la nécessité d’imprimer et de distribuer des copies papier;

  • les agents sont mieux informés, car ils peuvent immédiatement consulter par voie électronique les derniers documents en date, notamment les manuels de procédures, et utiliser les fonctions de recherche par sujet et par auteur;

  • la qualité est mieux contrôlée, car les auteurs peuvent aisément apporter des modifications et en indiquer la date, tandis que les autres usagers ont accès aux documents en mode lecture seule.

F.2 Analyses

12.74 La formation peut être un élément essentiel d’un processus permanent d’amélioration de la qualité. Le personnel peut être invité à des analyses opérationnelles, qui donnent l’occasion à tous les membres de l’équipe de soulever des problèmes et, le cas échéant, de se pencher sur des questions particulières dans le cadre d’une formation individuelle ou de groupe.

G. Gestion de la qualité et systèmes de gestion de la qualité

12.75 Les offices de statistique doivent accomplir sans relâche une tâche difficile qui consiste à produire un grand nombre de données et de services afin de répondre aux besoins des usagers, c’est-à-dire de leurs clients. Un aspect fondamental de la qualité est donc l’accent mis sur les clients et la diffusion efficace, en temps voulu, de statistiques pertinentes et exactes. En outre, la gestion de la qualité doit inclure l’information des clients sur l’utilisation de ces statistiques. Dans ces conditions, la réussite peut se mesurer par le haut degré de satisfaction d’usagers bien informés. À cet égard, le FMI a créé le tableau d’affichage des normes de diffusion des données (dsbb@imf.org), qui présente des normes de diffusion et offre un site à consulter au sujet de la qualité des données. Ce site comporte en outre un cadre d’évaluation des systèmes de statistiques de prix, lequel est contenu dans le Rapport sur l’observation des normes et codes (RONC)—module statistique—de nombre de pays. Les offices de statistique peuvent se fonder sur le module statistique des RONC pour évaluer leurs programmes de statistiques de prix.

12.76 S’agissant de la gestion de la qualité d’un IPP, on peut faire valoir que l’essentiel est le contrôle de la qualité du processus de production proprement dit. Pour la plupart des offices de statistique, il s’agit là d’un domaine qui comporte de grands risques en raison de la complexité du processus et des conséquences financières que peut avoir toute erreur de l’indice. Si l’on décide d’adopter des principes d’organisation et de gestion de la collecte de données, puis de traitement de l’information, pour établir un IPP, il est fondamental de mettre en place un système de gestion de la qualité; ce sera ainsi garantir que les données obtenues, le processus suivi pour atteindre les résultats spécifiés et l’élaboration des politiques et des stratégies qui les sous-tendent sont gérés de façon efficace et cohérente. Il faut, dans la mesure du possible, pouvoir vérifier les systèmes de données et mettre en place des mécanismes permettant d’obtenir des résultats qui répondent à la demande—autrement dit, qui satisfont les clients.

12.77 C’est l’ensemble de ces éléments qui constitue le fondement d’un système de gestion de la qualité. S’il y a plusieurs définitions de la qualité, elles ont toutes un point commun important: la nécessité de répondre aux besoins des usagers et de les servir, et d’améliorer en permanence ce service. Il faut donc, pour mettre en place un système efficace de gestion de la qualité, avoir une très bonne connaissance des besoins des clients et les exprimer par un cadre statistique et qualitatif cohérent. Ce cadre doit également servir à définir des critères qui permettent de mesurer les résultats. On peut recenser les besoins des usagers soit de façon formelle, en négociant des obligations contractuelles, soit de façon moins formelle en s’entretenant en privé avec les clients ou en réalisant des enquêtes auprès d’eux. Dans de nombreux pays, les questions relatives à la gestion de l’office de statistique sont formulées dans un document-cadre ou un texte analogue. Ce document définit les fonctions et les responsabilités de l’office de statistique et, de façon générale, inspire et oriente ses travaux. Par exemple, si l’un des objectifs énoncés dans le document-cadre est «d’améliorer la qualité et la pertinence des services aux clients (administrations publiques et usagers au sens large)», on dispose d’une base solide pour établir un programme de travail. On peut réaffirmer l’importance de la qualité en sensibilisant le public à l’idée que l’office national de statistique a pour mission d’être une source essentielle d’informations de qualité, qui font autorité, et qui sont fournies en temps voulu. Ce principe peut s’exprimer sous la forme d’objectifs d’un plan d’activité annuel portés à la connaissance du public. Ces objectifs peuvent être notamment d’améliorer la qualité et la pertinence des données de façon à accroître la confiance du public dans l’intégrité et la validité des résultats. Ceux-ci peuvent être mesurés au regard d’une combinaison de facteurs, dont l’exactitude des données, la rapidité de leur publication, leur efficacité et leur pertinence.

12.78 Plusieurs exemples pratiques de systèmes de gestion de la qualité et un certain nombre d’études de cas y afférentes montrent que différents modèles peuvent être appliqués. Certains modèles sont plus adaptés que d’autres, selon le mode de production de l’IPP dans le pays en question.

G.1 Systèmes de gestion de la qualité

12.79 Les organismes peuvent mettre à profit plusieurs normes de bonnes pratiques pour améliorer la gestion de la qualité. Certaines ont pour avantage supplémentaire d’être reconnues au niveau international.

G.1.1 Gestion intégrale de la qualité

12.80 La gestion intégrale de la qualité est davantage un principe de gestion qu’un système très précis et structuré. La gestion intégrale de la qualité et une véritable culture de la qualité dans un organisme présentent les caractéristiques suivantes:

  • des objectifs d’organisation clairement définis;

  • la polarisation sur les clients;

  • une planification stratégique de la qualité;

  • une action centrée sur les processus;

  • l’autonomie des employés;

  • l’échange d’informations;

  • une amélioration constante de la qualité.

G.1.2 Étalonnage comparatif

12.81 L’étalonnage comparatif (benchmarking) est un processus par lequel un agent compare ses travaux et leur qualité avec ceux d’autres agents et tire des enseignements de cette comparaison en vue d’apporter des améliorations dans ce domaine. L’Australian Bureau of Statistics (ABS) a été particulièrement actif sur ce plan et a réalisé une opération entre 1998 et 2000 en partenariat avec le Royaume-Uni. Des projets d’étalonnage comparatif ont été également entrepris en Nouvelle-Zélande, aux États-Unis et dans les pays scandinaves. Parmi les éléments à prendre en considération dans l’étalonnage comparatif d’un IPP figurent les suivants:

  • le calendrier, l’exactitude et le champ des relevés;

  • les avantages des méthodes de calcul de l’indice pour diverses transactions (la moyenne géométrique par rapport à la moyenne des rapports de prix, par exemple);

  • la fréquence des relevés et des publications;

  • le coût de la collecte par unité d’un produit, le personnel, etc.

G.1.3 Fondation européenne pour la gestion de la qualité: modèle d’excellence

12.82 Le modèle d’excellence élaboré par la Fondation européenne pour la gestion de la qualité (EFQM) est un outil de diagnostic qui sert à réaliser des autoévaluations. Les organismes publics de l’ensemble de l’Europe l’ont largement adopté afin d’améliorer la qualité et la performance de leurs activités. C’est un outil qui peut être considéré comme représentatif du principe de gestion intégrale de la qualité. Le modèle est axé sur des domaines d’activité généraux et évalue la performance au regard de cinq critères recouvrant les activités exercées (moyens: encadrement; personnel; politique/stratégie; partenariat/ ressources et processus), et quatre critères portant sur ce qui est accompli (les résultats: au regard du personnel, des clients et de la société, et principales réalisations). À l’aide d’informations issues de groupes de discussion, de questionnaires et d’entretiens individuels, on évalue les réalisations et on définit un plan d’amélioration, qui est ensuite intégré au plan d’activité.

12.83 Le modèle d’excellence de l’EFQM repose sur le principe que le niveau d’excellence (mesuré par la satisfaction des clients) est atteint grâce à un personnel d’encadrement efficace qui pilote la politique et la stratégie, alloue les ressources conformément à cette politique et gère les employés de manière à leur permettre de mener le processus.

12.84 Dans le cas des offices de statistique, dont certaines procédures sont régies par des lois ou des règlements, le modèle d’excellence de l’EFQM leur permet d’améliorer en permanence une série de processus et de fonctions. Pour être efficace, ce modèle doit recevoir l’adhésion des cadres supérieurs, qui doivent être chargés de diriger les autoévaluations. Toutefois, à la différence de l’ISO 9000 (voir ci-après), qui confère la réalisation des évaluations à des auditeurs qualifiés, souvent extérieurs au lieu de travail, le modèle d’excellence de l’EFQM fait intervenir l’ensemble du personnel.

G.1.4 ISO 9000

12.85 L’Organisation internationale de normalisation (ISO) a établi une norme internationale de qualité des systèmes de gestion (ISO 9000). La norme de qualité est un dispositif de gestion des entreprises bien documenté faisant appel au sens commun, qui est applicable à tous les secteurs économiques. Elle aide à assurer la cohérence des pratiques professionnelles et leur amélioration, notamment celle des produits et les services fournis. La norme ISO a été entièrement révisée de façon à refléter les principes actuels de gestion de la qualité et à fournir les structures nécessaires pour assurer une amélioration continue.

12.86 La révision de cette norme (en 2000) offre aux utilisateurs l’occasion d’accroître la valeur de leurs activités et d’améliorer continuellement leur performance en se concentrant sur les principaux processus de l’organisme. Les normes ISO conduiront à une meilleure adaptation du système de gestion de la qualité aux besoins de l’organisme, et tiennent compte de la façon dont il mène ses activités. Celui-ci ira ainsi davantage dans le sens de la gestion intégrale de la qualité et du modèle d’excellence de l’EFQM.

G.2 Besoin de gestion de la qualité des statistiques

12.87 Depuis quelques années, la norme ISO 9000 et le modèle d’excellence de l’EFQM sont largement reconnus au niveau international. Dans le même temps, les réseaux d’étalonnage comparatif prennent une place de plus en plus importante. Il convient donc de se demander s’il faut, au niveau stratégique, coordonner davantage les usages qui sont faits de ces techniques de gestion de la qualité ainsi que d’autres méthodes dans des domaines des statistiques où l’accent est mis avant tout sur la comparabilité internationale. La question se pose en particulier pour des statistiques comme celles de l’indice des prix à la consommation harmonisé, qui sont établies dans le cadre d’un traité par les États membres de l’Union européenne suivant des directives méthodologiques prescrites par la loi européenne.

12.88 Cinq arguments plaident en faveur d’une coordination:

  • i) il est primordial que des statistiques à caractère obligatoire aussi importantes, et dont la production et l’utilisation sont régies par des dispositions de la loi, jouissent de l’entière confiance des usagers dans tous les États de l’Union européenne;

  • ii) la qualité des comparaisons internationales est tributaire du maillon le plus faible. Les statistiques de bonne qualité d’un pays risquent donc d’être de peu d’intérêt si elles ne vont pas de pair avec des statistiques de qualité égale d’autres pays;

  • iii) si des méthodes normalisées sont appliquées différemment d’un pays à l’autre, les analyses et conclusions risquent d’être faussées;

  • iv) lorsque la production est confiée aux États membres, il est plus difficile de mettre en place des processus de contrôle adéquats;

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