Chapter

8. Substitution de produits élémentaires, univers d’échantillonnage et nouveaux biens

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 2009
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A. Introduction

8.1 Dans l’introduction du chapitre 7, la méthode d’appariement des modèles a été reconnue comme étant l’approche retenue pour assurer que la mesure des variations des prix n’est pas faussée par les changements de leur qualité. Cependant, il a été noté que cette approche pourrait être déficiente à trois égards: produits élémentaires manquants, problèmes d’échantillonnage, nouveaux biens et services (ci-après, le terme «biens» inclut les services). Les produits élémentaires manquants sont traités au chapitre 7, où sont examinées plusieurs méthodes implicites et explicites d’ajustement des prix en fonction de la qualité, et le choix entre elles. Dans le présent chapitre, l’attention se porte sur deux autres raisons pour lesquelles la méthode d’appariement de modèles ne convient pas: problèmes d’échantillonnage et nouveaux biens. Ces trois sources d’erreurs potentielles sont décrites brièvement ci-dessous.

Produits élémentaires manquants. Un problème se pose lorsqu’un bien n’est plus produit. Un ajustement implicite en fonction de la qualité peut être opéré à l’aide de la méthode du chevauchement ou d’imputation, ou encore le répondant peut choisir un produit de remplacement de qualité comparable, dont le prix peut être directement comparé à celui du produit élémentaire manquant. Si le produit de remplacement n’est pas de qualité comparable, un ajustement explicite du prix s’impose. Cette question est traitée au chapitre 7, sections C à F, et des réserves sont émises à la section G du chapitre 7. Pour les produits élémentaires des branches d’activité où le remplacement des modèles est rapide, un appariement continu sur une longue période appauvrirait l’échantillon et un ajustement en fonction de la qualité devient irréalisable à l’échelle requise. L’appariement en chaîne ou les indices hédoniques ont été jugés préférables.

Problèmes d’échantillonnage. Par sa nature, l’appariement des prix de produits élémentaires conduira probablement à la longue au suivi d’un échantillon de moins en moins représentatif de la population des transactions. Il se peut que les répondants continuent de suivre leurs produits élémentaires jusqu’à ce qu’ils ne soient plus produits—c’est-à-dire qu’ils continuent d’assurer le suivi de produits dont le prix fait apparaître des fluctuations inhabituelles et dont les ventes sont limitées. S’agissant cependant du remplacement des produits élémentaires, il se peut que les répondants choisissent des produits comparables peu populaires pour éviter un ajustement explicite du prix en fonction de la qualité; des produits élémentaires obsolètes, dont les prix subissent des variations inhabituelles, sont remplacés par des produits élémentaires quasiment obsolètes dont les prix varient, eux aussi de façon inhabituelle, ce qui aggrave le problème de la non-représentativité des échantillons. La substitution d’un article dont les ventes sont relativement élevées à un article obsolète a ses propres inconvénients, car la différence de qualité est susceptible d’être une différence importante et de fond, allant au-delà de ce qui peut être attribué, par exemple, à la différence de prix dans une période de chevauchement. L’un des produits élémentaires pourrait se trouver dans la dernière phase de son cycle de vie alors que l’autre en serait encore au début. Cette question influe sur la mise à jour de l’échantillon et la substitution de produits élémentaires.

Nouveaux produits. Une troisième difficulté peut se poser lorsqu’un «nouveau» bien est produit. Il est difficile de déterminer si l’on a affaire à un nouveau produit élémentaire ou à un changement de la qualité d’un produit ancien, et c’est ce qui est traité ci-après. Lorsqu’un bien est nouveau, il faut l’inclure dans l’indice le plus tôt possible, surtout si l’on s’attend à ce que les ventes de ce bien atteignent un niveau relativement élevé. L’évolution du prix des nouveaux biens peut être fort différente de celle du prix des biens anciens, en particulier au début de leur cycle de vie. Durant sa période de lancement initiale, un produit récemment introduit permet souvent aux producteurs de profiter de leur capacité de pratiquer des prix plus élevés que ceux qu’ils sont à même de proposer une fois que le marché a atteint un équilibre concurrentiel. Mais, par définition, il n’y a pas de prix pour un nouveau produit dans la période qui précède son lancement. Ainsi, même si le prix du nouveau produit est obtenu et inclus dans l’indice dès sa date de lancement, il y a toujours quelque chose qui manque: le prix élevé initial élevé que les producteurs sont en mesure de pratiquer quand ils bénéficient d’une situation de monopole durant la période de lancement.

8.2 Le problème des produits élémentaires manquants a fait l’objet du chapitre 7. Le présent chapitre porte sur les questions d’échantillonnage liées à la méthode d’appariement des modèles et sur la difficulté à inclure les nouveaux biens dans l’indice.

B. Problèmes d’échantillonnage et appariement

B.1 Introduction

8.3 La méthode d’appariement tire ses origines d’un casse-tête. L’appariement sert à éviter que les variations de prix ne soient influencées par les changements de qualité. Son utilisation limite cependant l’échantillonnage à un univers statique de produits élémentaires qui existent à la fois dans la période de référence et dans la période en cours. Or, on trouve bien sûr, en dehors de cela, des produits élémentaires qui existent dans la période de référence mais pas dans la période en cours, et qui ne sont donc pas appariés, ainsi que des produits élémentaires nouveaux qui existent dans la période en cours mais non dans la période de référence—l’univers dynamique (Dalén, 1998, et Sellwood, 2001). Le casse-tête tient à ce que les produits élémentaires non inclus dans l’univers apparié—les nouveaux produits élémentaires qui apparaissent après la période de référence et les produits élémentaires anciens qui ont disparu de la période en cours—peuvent être ceux dont les prix se comportent très différemment de ceux des produits élémentaires appariés existants. Ils incorporent des technologies différentes et sont sujets à des variations de prix stratégiques (ajustés en fonction de la qualité) différentes. Le procédé utilisé pour maintenir constante la qualité de l’échantillon est celui-là même qui peut donner lieu à un échantillon biaisé en ce qu’il ne tient pas compte de l’évolution technologique. En outre, lorsque cet échantillon sert à imputer les variations de prix des produits de remplacement (chapitre 7, sections D.1 et D.2), il reflète une technologie incorporée dans un échantillon qui n’est pas représentatif de l’évolution technologique de la période en cours.

8.4L’appendice 8.1 du présent chapitre présente un examen formel de l’appariement et de l’univers dynamique. On distingue trois univers:

  • un univers d’intersection, qui ne comprend que les produits élémentaires appariés;

  • un double univers dynamique, qui recouvre tous les produits élémentaires de la période de base et tous ceux de la période en cours, bien qu’ils puissent être de qualité différente;

  • un univers de produits de remplacement, qui commence avec celui de la période de base mais permet aussi de remplacer un produit par un autre lorsqu’un produit élémentaire de l’échantillon de la période de base n’existe plus dans la période en cours.

8.5 Il est, bien entendu, difficile de déterminer dans quelle mesure les appariements de l’univers d’intersection limitent l’inclusion de l’échantillon dans le double univers dynamique, car les organismes statistiques ne recueillent généralement pas de données sur ce dernier, dont l’ampleur varie d’ailleurs selon les produits. Sellwood (2001) s’est prononcé en faveur de simulations utilisant l’univers des données obtenues par lecture optique. Silver et Heravi (2002) y ont procédé en prenant des données de ce type sur les prix à la consommation des machines à laver au Royaume-Uni en 1998. L’indice de Laspeyres établi sur la base des comparaisons de prix de modèles appariés existant à la fois en janvier et décembre ne couvrait que 48% des dépenses de décembre en machines à laver, car les nouveaux modèles apparus après janvier n’y étaient pas inclus. En outre, la comparaison des prix des modèles appariés de janvier à décembre porte seulement sur un petit peu plus de 80% des dépenses de janvier, puisque les modèles existant en janvier mais pas en décembre sont exclus. Une mise à jour semestrielle de l’échantillon (changement de base) a porté le taux de couverture des dépenses de décembre à un peu plus de 70%, tandis qu’une mise à jour mensuelle (chaînage) l’a établi aux alentours de 98% (voir le chapitre 7, section G.1, pour d’autres exemples). Cela a deux implications. Premièrement, le choix de produits de substitution (remplacement) place dans une certaine mesure la couverture de l’échantillon sous le contrôle des répondants. L’émission de directives sur les remplacements dirigés dans des catégories de produits données présente un certain intérêt. Deuxièmement, le chaînage, les indices hédoniques (comme ceux considérés au chapitre 7, section G) et la mise à jour régulière de l’échantillon présentent aussi l’avantage, pour certaines catégories de produits, de rafraîchir l’échantillon.

B.2 Univers d’échantillonnage et remplacement ou substitution de produits élémentaires

8.6 Les répondants sont souvent les mieux placés pour choisir les produits de remplacement dont les prix seront suivis. Ils connaissent non seulement la technologie sur laquelle reposent les biens produits, mais aussi leurs conditions de vente. Le choix du produit de remplacement destiné à être suivi peut être tout à fait évident pour eux. Il est possible que l’amélioration apportée au produit élémentaire ne soit que légère et symbolique. Par exemple, un produit élémentaire «amélioré» peut être une simple version de remplacement vendue à la place de l’ancienne. Même si le produit de remplacement a un code ou un numéro de modèle différent, le répondant peut savoir que seul l’emballage ou la couleur diffère. La liste de caractéristiques remise au répondant est un outil essentiel pour déterminer si un produit élémentaire dont le prix a été modifié est différent, et il est important qu’elle comprenne toutes les caractéristiques susceptibles de déterminer ce prix.

8.7 Le répondant détermine, à partir de cette liste, si deux produits élémentaires sont de qualité comparable ou non. S’il pense qu’un produit de remplacement est de qualité comparable alors que ce n’est pas le cas, la différence de qualité est prise pour une différence de prix et il en résulte un biais lorsque la différence de qualité non reconnue va toujours dans le même sens. La substitution éclairée entre deux produits de qualité comparable exige que des directives générales soient émises sur ce qui constitue un bon produit de remplacement, ainsi que des informations sur les caractéristiques susceptibles d’en déterminer le prix. Elle nécessite par ailleurs que la substitution ait lieu en temps opportun de manière à maximiser les chances qu’un bon substitut soit disponible.

8.8Liegey (1994) note, dans le cadre de l’IPC, à quel point les régressions hédoniques sont utiles pour la sélection des produits. Ces résultats donnent une indication des grands facteurs de qualité susceptibles d’expliquer la variation du prix d’un produit ou d’un service donné. Non seulement la sélection de produits serait plus représentative, mais les coefficients des régressions hédoniques, lors de leur utilisation ultérieure pour l’estimation des prix corrigés de l’effet qualité, se révèleraient mieux adaptés à l’échantillon disponible.

8.9 S’agissant des modifications de prix, on demande traditionnellement aux répondants de trouver des produits de remplacement aussi proches que possible des produits remplacés. Cela permet de s’assurer dans toute la mesure du possible que les produits anciens et ceux qui les remplacent seront jugés équivalents et, ce faisant, de réduire au minimum le besoin d’utiliser une méthode d’ajustement de la qualité. Pour autant, les produits de remplacement doivent être choisis de façon à entrer dans l’échantillon de produits élémentaires d’une façon substantielle et représentative, afin que celui-ci soit plus représentatif de l’univers dynamique. L’inclusion d’un produit de remplacement populaire en vue de rafraîchir l’échantillon—un produit qui est au même stade de son cycle de vie que le produit populaire initialement choisi dans la période de base—permet une comparaison utile et correcte des prix et accroît la probabilité d’un ajustement du prix en fonction de la qualité. Il ne sert pas à grand-chose de substituer un nouveau produit élémentaire dont les ventes sont limitées à un produit manquant dont les ventes sont, elles aussi, limitées, tout simplement parce qu’ils ont des caractéristiques similaires, étant tous deux «anciens». L’indice deviendrait encore moins représentatif. Cependant, si l’on remplace des produits parvenus à la fin de leur durée de vie par des produits populaires qui se trouvent au début de leur cycle de vie, l’ajustement de la qualité sera considérable et portera sur le fond. Il sera peut-être nécessaire de mettre plus fréquemment à jour l’échantillon ou de procéder à des substitutions dirigées pour certaines catégories de produits.

  • Le remplacement offre l’occasion de réduire, voire de supprimer, le biais d’échantillonnage dans la période de remplacement du produit, mais pas avant.

  • Plus le remplacement est fréquent, moins le biais est important.

  • Même s’il y a plusieurs nouveaux produits (de remplacement) sur le marché, il peut quand même exister un biais, car seul le produit le plus populaire sera choisi, qui peut se trouver à un stade différent de son cycle de vie que les autres produits et dont le prix peut être établi différemment.

  • L’analyse suppose que des ajustements parfaits du changement de qualité sont opérés pour les produits de remplacement. Moins le remplacement est fréquent, plus il pourrait être difficile à réaliser, car le produit de remplacement le plus récemment offert sur le marché risque de présenter des différences de qualité beaucoup plus marquées que les précédents.

  • Si le produit de remplacement est vendu en quantités relativement importantes, s’il est de qualité comparable à celle du produit existant et se trouve au même stade du cycle de vie que ce dernier, sa sélection réduira le biais au minimum.

  • Même s’il existe plusieurs nouveaux produits (de remplacement) et que le plus comparable est choisi—celui qui incorpore l’ancienne technologie—la part de marché de ce dernier sera faible et les variations de prix seront inhabituelles.

  • Si les conditions du marché ou de la production sont connues à l’avance, les remplacements opérés avant que le produit ancien ne devienne obsolète permettront probablement d’accroître la part de marché représentée par les produits de l’échantillon, d’inclure ceux qui sont les plus représentatifs du marché et de faciliter l’ajustement du changement de qualité.

8.10 Le problème de la substitution de produits élémentaires est analogue à celui que pose la fermeture d’un établissement. Il est peut-être possible de trouver un établissement comparable qui n’est pas encore inclus dans l’échantillon ou un établissement non comparable pour lequel un ajustement peut en principe être effectué afin de prendre en compte la qualité supérieure du service que ce nouvel établissement fournit. Il n’est pas rare de voir un établissement fermer après l’ouverture d’une nouvelle usine. Il existe donc manifestement un remplaçant. Si, toutefois, le nouvel établissement propose des prix comparables mais une gamme de produits plus étendue, un système de livraison plus efficace et un service de meilleure qualité, les acheteurs gagneront à remplacer la production d’une usine par celle d’une autre. Or, comme ces divers avantages n’ont pas de prix direct, il est difficile d’estimer la valeur de ces services pour ajuster le prix afin de tenir compte de la meilleure qualité des services fournis par le nouvel établissement. L’indice comporterait ainsi un biais positif, qui serait perdu au changement de base. Dans pareils cas, il pourrait être préférable de remplacer l’ancien établissement par un nouvel établissement offrant une gamme de services similaire.

B.3 Mise à jour de l’échantillon, chaînage et indices hédoniques

8.11 Il importe aussi de reconnaître la corrélation entre les méthodes de rotation des produits élémentaires, de substitution de ces produits et d’ajustement en fonction de la qualité. La mise à jour des échantillons de produits élémentaires servant à établir l’indice des prix à la production (IPP) est une forme de substitution de produits, qui, au lieu d’être «forcée» par l’absence d’un produit, est opérée pour un groupe général de produits en vue de cette mise à jour. L’opération a pour effet de réduire, à l’avenir, la probabilité des remplacements forcés. Or, l’hypothèse implicite de cette pratique est équivalente à celle de la méthode du chevauchement, à savoir que les différences de prix sont une approximation adéquate de la variation de prix d’une unité de qualité entre les produits élémentaires qui disparaissent de l’échantillon et les produits élémentaires de remplacement. Considérons l’établissement d’un nouvel échantillon de produits élémentaires par le biais d’un tirage aléatoire, d’un choix raisonné ou d’une combinaison des deux. Les prix de l’ancien et du nouvel échantillon sont obtenus au cours du même mois, et le nouvel indice est élaboré sur la base du nouvel échantillon, avec raccordement des résultats à l’ancien. Il s’agit ici de l’emploi implicite de la méthode du chevauchement, dans laquelle toutes les différences de prix entre les nouveaux et les anciens produits élémentaires sont considérées comme étant dues aux changements de la qualité. Supposons que la date d’établissement du nouvel échantillon soit janvier. Le prix d’un ancien produit élémentaire est de 10 dollars en décembre et de 11 dollars en janvier, soit une hausse de 10%, alors que le prix du nouveau produit de remplacement est de 16 dollars en janvier et de 18 dollars en février, soit une augmentation de 12,5%. Le nouveau produit élémentaire de janvier est d’une meilleure qualité que l’ancien et cette différence de qualité peut être valorisée à 16 – 11 = 5 dollars; autrement dit, on suppose que la différence de prix est égale à la différence de qualité, ce qui est l’hypothèse implicite de la méthode du chevauchement. Si le prix en décembre de l’ancien produit élémentaire avait été comparé au prix ajusté en fonction de la qualité du nouvel article en janvier dans cette hypothèse, la variation du prix aurait été la même, soit 10% (c’est-à-dire, (16 – 5)/10 = 1,10). Si, toutefois, la différence de qualité entre les deux prix était supérieure en janvier à la différence de recettes pour le producteur, le résultat serait erroné. Dans la pratique, la nécessité de remplacer simultanément un grand nombre de produits élémentaires et de procéder aux mises à jour correspondantes rend nécessaires les hypothèses de la méthode du chevauchement. Ce processus ne doit pas être considéré comme étant sans biais et, quand on s’attend à ce que les hypothèses soient particulièrement difficiles à soutenir (voir chapitre 7, section D.2), il y a lieu d’effectuer des ajustements explicites sous la forme examinée au chapitre 7, section E, si les ressources disponibles le permettent.

8.12 Il a été indiqué ci-dessus que, lorsque les échantillons sont mis à jour, toute différence entre les échantillons au niveau de la qualité moyenne des produits élémentaires est traitée de la même manière que dans la méthode du chevauchement. Les mises à jour destinées à rafraîchir l’échantillon entre les changements de base sont des opérations coûteuses. Cependant, si le changement de base n’est pas fréquent, et s’il y a perte importante de produits dans certains secteurs d’activité, la mise à jour de l’échantillon peut être la solution à retenir pour ces secteurs. À la section suivante, nous soulignons la nécessité de disposer d’un système de métadonnées qui aide à prendre des décisions dans ce domaine. La mise à jour plus fréquente de l’échantillon facilite le processus d’ajustement en fonction de la qualité à deux égards. Premièrement, l’échantillon mis à jour inclura des variétés plus récentes et il y aura de plus grandes chances que des produits de remplacement comparables très vendus soient disponibles et que les produits de remplacement non comparables soient de qualité plus similaire, ce qui permet de bons ajustements explicites. Deuxièmement, parce que l’échantillon a été mis à jour, les produits élémentaires manquants seront en moins grand nombre et il sera ainsi moins nécessaire d’ajuster les prix en fonction de la qualité.

8.13 Une mise à jour fréquente de l’échantillon a pour conséquence naturelle l’utilisation d’une formule en chaîne dans laquelle l’échantillon est resélectionné à chaque période. Les principes et les méthodes décrits au chapitre 7, section G.3 s’appliquent aux secteurs dans lesquels la rotation des produits élémentaires est rapide, et sont réaffirmés ici. De même, l’utilisation d’indices hédoniques (chapitre 7, section G.2, ou de comparaisons à court terme (chapitre 7, section H) pourrait s’avérer utile dans ce contexte.

8.14 Comme nous l’avons vu au chapitre 7, section G.3, le chaînage permet d’inclure les variations du prix d’un nouveau produit aussitôt que l’on peut établir ce prix pour deux périodes successives. Il n’est pas tenu compte de l’effet du prix du nouveau produit sur l’indice dans la période initiale de lancement du produit. Fisher et Shell (1972) suggèrent d’imputer le prix précédent comme prix de réservation étant donnée la technologie de la période en cours—le prix de réservation est défini comme le prix maximum auquel la production du produit devient nulle, les intrants étant ceux de la période en cours et les prix des autres extrants correspondants à ceux de la période précédente (Hicks, 1940, et Hausman, 1997, font des considérations du même ordre pour l’indice des prix à la consommation). La disparition de produits suscite des préoccupations similaires. Le prix d’un produit qui disparaît doit être imputé pendant la période en cours, et cette imputation doit correspondre au prix de réservation—étant donnée la technologie de la période précédente—défini comme le prix maximum de la période en cours auquel la production du bien est nulle, les intrants étant ceux de la période précédente et les prix des autres extrants correspondants à ceux de la période en cours. L’estimation de ces prix de réservation n’est pas pratique, bien que Hausman (1997) en donne un exemple dans le cadre de l’IPC. Si le nouveau produit n’est pas entièrement nouveau (au sens où il fournit plus de services que l’ancien), on peut utiliser une estimation hédonique du prix de réservation pour évaluer le coût des caractéristiques de la situation de référence pour le prix manquant du produit qui disparaît, ou le coût des caractéristiques de la situation courante pour le prix de référence manquant de la nouvelle variété (Zieschang, 1988). Toutefois, cette méthode s’applique uniquement lorsque le bien n’est pas entièrement nouveau, de sorte que le prix peut être déterminé sous la forme d’une combinaison différente de l’ensemble des caractéristiques existantes.

C. Informations requises pour une stratégie d’ajustement en fonction de la qualité

8.15 Après ce qui a été dit, il devrait être clair qu’une stratégie d’ajustement en fonction de la qualité doit non seulement tenir compte de la représentativité de l’échantillon, mais exiger aussi l’établissement d’un système de métadonnées statistiques. Il ne suffit pas de décrire la méthode utilisée pour l’indice dans son ensemble: cette méthode requiert l’apport continu d’informations sur le marché, ainsi que le recensement et l’évaluation des méthodes appliquées pour chaque produit. Il est bon de disposer d’un tel système de métadonnées, car diverses procédures sont possibles pour ajuster les prix en fonction de la qualité (voir chapitre 7, section C.3.4), et leur pertinence peut varier d’un cas à l’autre, et tout cela demande à être expliqué.

C.1 Système de métadonnées statistiques

8.16 Les méthodes d’estimation des prix corrigés de la qualité doivent être bien exposées dans un système de métadonnées statistiques. Les métadonnées sont des informations descriptives systématiques sur le contenu statistique et l’organisation des données. Elles aident ceux qui sont chargés des systèmes de production des statistiques à ne pas oublier quelles tâches ils ont à exécuter et comment les accomplir. Elles sont en outre utiles pour mettre les nouveaux employés au courant des routines de production et les former à ces techniques (Sundgren, 1993). Les systèmes de métadonnées proposés dans ce cadre aident aussi à détecter les points qui appellent un réexamen des méthodes d’ajustement en vigueur et conduiront à l’utilisation d’autres méthodes1. L’augmentation considérable du volume des données statistiques lisibles par machine milite en faveur du maintien des métadonnées sous cette forme. Il s’agit par là d’encourager l’emploi de méthodes plus transparentes et d’assurer que ces méthodes sont bien comprises et poursuivies lorsque des membres de l’équipe sont remplacés. Les méthodologies d’ajustement aux changements de la qualité peuvent en soi donner lieu à des modifications de l’indice. Les indices des produits établis à l’aide de nouvelles méthodes doivent être raccordés aux indices existants. Le système de métadonnées doit servir aussi à faciliter l’ajustement aux changements de la qualité. L’emploi d’une méthode donnée dépend tellement des caractéristiques des secteurs d’activité en question qu’il importe de disposer d’informations sur ces caractéristiques. Le système de métadonnées devrait aider les services statistiques de la façon suivante:

  • Les offices de statistique doivent déterminer l’incidence des produits élémentaires manquants par une comparaison avec chaque niveau à trois chiffres de la CITI; si cette incidence est élevée, ils devront procéder à une comparaison au niveau à quatre chiffres ou plus, voire par agrégat élémentaire jusqu’au niveau le plus détaillé du système. Lorsque l’incidence est élevée, les prix temporairement manquants, ceux des produits de remplacement comparables et des produits de remplacement non comparables, rapportés au nombre total des prix, doivent être eux aussi suivis afin de jeter les bases d’un système de métadonnées statistiques. L’approche descendante a pour avantage de permettre une économie de ressources en limitant le suivi détaillé aux seules catégories de produits qui posent un problème.

  • Les informations propres à chaque produit—date de lancement des nouveaux modèles, politique de prix (précisions sur les mois où aucun changement n’a été opéré), popularité des modèles et des marques selon les différentes sources disponibles—doivent être incluses à mesure que le système se développe.

  • Il importe de fournir, si possible, une estimation de la pondération du produit en question, pour éviter d’accorder trop d’importance aux produits à pondération relativement faible. Tout cela donnera lieu à une plus grande transparence des procédures utilisées et permettra de diriger l’effort là où il est des plus nécessaire.

  • En ce qui concerne les produits élémentaires qui sont fréquemment remplacés, l’établissement de contacts entre les organismes d’étude de marché, les détaillants, les entreprises manufacturières et les associations de commerce bénéficierait au système de métadonnées. Ces liens pourraient conduire, par exemple, à des estimations des coûts d’option, qui peuvent être aisément effectuées. Lorsque c’est possible, il convient d’encourager les services à en apprendre davantage sur les branches d’activité qui ont une pondération relativement élevée et où la substitution de produits élémentaires est pratique courante. Le fait de nouer des liens avec les organisations susmentionnées permettra aux services statistiques de mieux juger de la validité des hypothèses qui sous-tendent les ajustements implicites de la qualité.

  • Il convient d’identifier les secteurs d’activité susceptibles de connaître des modifications technologiques régulières, et le système devrait s’efforcer de déterminer à quel rythme—et, si possible, à quel moment—les modèles changent.

  • Il convient d’identifier aussi les caractéristiques qui déterminent le prix des catégories de produits en s’aidant des régressions hédoniques, d’informations obtenues des organismes d’étude de marché, des gérants de magasins, des associations de commerce et autres organismes de ce type, ainsi que de l’expérience des enquêteurs. Ces informations devraient bénéficier au système de métadonnées statistiques et être particulièrement utiles à l’établissement ultérieur de directives sur la sélection des produits élémentaires.

  • Le système devrait analyser en fonction de quels facteurs distinctifs un produit de remplacement était jugé, dans le passé, «comparable» à un produit ancien. Il s’agit de déterminer si des répondants différents se prononcent de façon similaire et si le jugement qu’ils portent en la matière est raisonnable.

  • Lorsque les régressions hédoniques sont utilisées soit pour remplacer en partie les prix manquants, soit pour leur valeur d’indice, il importe de conserver les informations sur les spécifications, les paramètres estimés et les tests diagnostiques des équations de régression, ainsi que les données et les notes sur les raisons du choix et de l’utilisation de la formule finale. Cela donnera un point de référence à la méthodologie des équations mises à jour ultérieurement et permettra de la tester par rapport aux versions précédentes.

  • Il se peut que les statisticiens des prix aient davantage confiance dans certaines méthodes d’ajustement aux changements de la qualité que dans d’autres. Lorsque ces méthodes sont d’usage répandu, il pourrait être utile d’indiquer dans les métadonnées le degré de confiance du statisticien en elles. Selon Shapiro et Wilcox (1997b), il pourrait prendre la forme d’un intervalle de confiance traditionnel: par exemple, le statisticien croit, à un niveau de confiance de 90%, en une variation de 2% (0,02) du prix corrigé de la qualité avec une ampleur globale de 0,005, par exemple. Il peut être indiqué si l’intervalle est symétrique ou unilatéral à droite ou à gauche. Ou encore, les statisticiens peuvent utiliser un simple codage subjectif sur une échelle de 1 à 5.

D. Inclusion des biens nouveaux

D.1 Quels sont les nouveaux produits et en quoi diffèrent-ils des produits dont la qualité a changé?

8.17 Le nouveau modèle d’un produit peut procurer l’ensemble des flux de services déjà fournis, mais en plus grande quantité. Par exemple, un nouveau modèle d’automobile peut différer des modèles existants en ce qu’il a un plus gros moteur. Il y a continuation des flux de services et de production, lesquels peuvent être liés aux flux de services et à la technologie de production du modèle existant. Le problème pratique qui se pose est que, selon sa définition, un nouveau bien (par opposition à un bien existant qui a été perfectionné) est d’abord un bien qui ne peut pas être facilement lié à un produit existant: en effet, de par la nature même de sa «nouveauté», il n’assure pas la continuation d’une base de ressources et d’un flux de services existants. Certains types de semences génétiquement modifiées, les produits surgelés, les micro-ondes et les téléphones mobiles, tout en assurant la poursuite de services existants, ont une dimension de service qui est tout à fait nouvelle. Ensuite, les nouveaux biens peuvent procurer un gain de bien-être au consommateur et une rente au producteur par leur apparition même; la simple inclusion du nouveau bien dans l’indice, après deux relevés de prix successifs, ne rend pas compte de ce gain.

8.18Oi (1997) assimile la difficulté à définir les «nouveaux» biens à celle éprouvée à définir un monopole. S’il n’y a pas de substitut proche, le bien est nouveau. Il soutient que certaines vidéos nouvelles peuvent avoir une élasticité croisée assez faible avec d’autres vidéos; elles procurent toutes des services de loisir et ne sont similaires qu’à cet égard. Le même argument peut être avancé au sujet de certains nouveaux livres et certaines nouvelles céréales pour petit-déjeuner. Hausman (1997), toutefois, a trouvé que l’élasticité croisée des produits de substitution est assez grande dans le cas des céréales pour petit-déjeuner. Il y a nombre de nouvelles formes de produits existants, telles que les jouets à la mode, qui ne peuvent être facilement substitués à des produits similaires; ces produits peuvent donc permettre aux producteurs de dégager une rente nettement supérieure à ce qu’ils pourraient attendre compte tenu de leurs coûts de production. La possibilité pour les fabricants de dégager une rente de monopole est l’un des critères qui permettent de déterminer si un produit élémentaire est nouveau.

8.19 Bresnahan (1997, p. 237) note toutefois que Brandweek a recensé plus de 22.000 nouveaux produits sur le marché des États-Unis en 1994—en tant que produits différenciés, ils se distinguent des produits existants et n’en sont pas des substituts exacts. Dans bien des cas, c’est parce qu’ils en sont distincts qu’ils sont lancés. Cependant, la taille des marchés différenciés rend peu pratiques la définition et le traitement des produits dits «nouveaux». Oi (1997, p. 110) affirme à cet égard: «Notre théorie et nos statistiques seraient trop compliquées si des codes de produits distincts devaient être attribués à la variété de coca-cola «Clear Coke» ou de céréales «Special K»». En outre, les techniques d’inclusion de ces produits ne sont pas facilement applicables. Le bon conseil pratique donné par Oi (1997), qui recommande de ne pas compliquer les choses, n’est donc pas déraisonnable.

8.20 Merkel (2000, p. 6) opte pour une approche plus pratique quand il élabore un dispositif de classification répondant aux besoins du calcul de l’IPP (voir aussi Armknecht, Lane, and Stewart, 1997, pour ce qui concerne l’IPC). Il fait une distinction entre biens évolutionnaires et biens révolutionnaires, les premiers étant définis comme suit:

… prolongement de biens existants. Dans l’optique des facteurs de production, les biens évolutionnaires sont similaires aux biens déjà en vente. En général, ils sont produits sur la même chaîne de production ou font largement appel aux mêmes facteurs et techniques de production. Il est donc possible, en théorie du moins, de procéder à des ajustements de qualité pour tenir compte des différences éventuelles entre un bien déjà en vente et un bien évolutionnaire.

En revanche, les biens révolutionnaires sont nettement différents des biens déjà en vente. Ils sont produits d’ordinaire sur des chaînes de production entièrement nouvelles ou en utilisant des facteurs et des techniques de production nettement plus récents que ceux qui entrent dans la production des biens déjà en vente. Ces différences font qu’il est pour ainsi dire impossible, d’un point de vue théorique ou pratique, de procéder à des ajustements de qualité entre un bien révolutionnaire et un bien déjà en vente.

8.21 Les ajustements de prix en fonction de la qualité sont donc possibles pour les biens évolutionnaires dans le cadre de l’indice FIOPI, mais pas pour les biens révolutionnaires. Les définitions sont conçues de manière à permettre de distinguer les deux types de biens non pas en fonction de ce qui est pertinent d’un point de vue analytique, mais selon ce qui peut faciliter, d’un point de vue pratique, l’établissement de l’IPP. Il est tout à fait possible qu’un nouveau produit élémentaire fabriqué avec les mêmes techniques et les mêmes facteurs de production que l’ancien produit présente une forte élasticité croisée de substitution et dégage donc des recettes supérieures à celles que l’on pourrait attendre d’une marge bénéficiaire normale. Dans ce contexte, les besoins pratiques sont cependant importants, ne serait-ce que parce que les méthodes d’estimation de la rente des producteurs ne sont pas applicables concrètement, car elles exigent beaucoup de données et de connaissances économétriques.

D.2 Les questions posées

8.22 L’inclusion des nouveaux biens dans l’IPP soulève deux grandes préoccupations. La première a trait à la détection et à l’identification de ces nouveaux biens; la seconde, à la nécessité de les inclure et au moment de cette inclusion. Le problème porte à la fois sur les pondérations et variations de prix des nouveaux biens. Prenons quelques exemples.

8.23 La production de téléphones mobiles a atteint un niveau si élevé dans certains pays qu’il est devenu impérieux de les inclure au plus tôt dans l’IPP. Leur part dans la production du secteur d’activité dont ils relèvent est tout simplement passée de zéro à un niveau assez élevé. De surcroît, leurs prix ne se sont pas comportés comme ceux des autres biens du secteur. Comme ils sont nouveaux, ils ont peut-être été produits à l’aide de technologies et de facteurs de production fort différents de ceux entrant dans la fabrication des téléphones existants.

8.24 Beaucoup de nouveaux produits, lancés par une campagne de promotion intensive, donnent lieu à des ventes importantes et font l’objet de stratégies de prix spécifiques lors de leur mise sur le marché. Dulberger (1993) fournit pour l’IPP des États-Unis des estimations concernant les puces de RAM dynamique. Elle a calculé des indices de prix pour la période 1982–88, avec des retards de diverses durées dans l’inclusion des nouvelles puces dans l’indice. Les indices ont été chaînés de manière à ce que les nouvelles puces puissent être, le cas échéant, incorporées au bout de deux années de vente successives. Calculés suivant la formule en chaîne de Laspeyres, ils font apparaître une baisse de 27% si aucun retard n’intervient dans l’inclusion des nouveaux biens, et de 26,2%, 24,7%, 19,9%, 7,1% et 1,8%, si leur inclusion est retardée de 1, 2, 3, 4 ou 5 ans respectivement. Dans tous les cas, l’indice comporte un biais négatif en raison du retard. Plus les retards sont grands, plus les variations de prix des nouveaux produits sont estimées par des produits dont la part de marché peut être relativement faible. Berndt et al. (1997) présentent une étude détaillée d’un nouveau médicament pour le traitement de l’ulcère, le Tagamet. Ils ont trouvé que les effets de la campagne de commercialisation menée avant le lancement du médicament sur le prix et la part de marché de celui-ci lors de son lancement étaient importants. Fait peu surprenant, le prix du médicament générique a baissé à l’expiration du brevet, mais celui du médicament de marque a augmenté: les clients fidèles étaient disposés à payer un prix plus élevé qu’avant l’expiration du brevet (Berndt, Ling, and Kyle, 2003).

8.25 Attendre qu’un nouveau produit soit bien en place ou que la base de l’indice soit changée pour inclure ce produit dans l’indice peut donner lieu à des biais de calcul des variations du prix si le comportement inhabituel des prix en question est ignoré aux stades critiques du cycle de vie du produit. Il faut élaborer des stratégies pour identifier au plus tôt les nouveaux produits et concevoir des mécanismes permettant de les inclure dans l’indice soit au moment de leur lancement (si celui-ci est précédé par de grandes campagnes de commercialisation), soit peu après (s’il y a des signes d’acceptation du produit par le marché). Ceci doit faire partie du système de métadonnées. Attendre que les nouveaux produits parviennent au stade de maturité du marché risque de conduire à ignorer implicitement les différences de prix assez marquées qui accompagnent leur lancement (Tellis, 1988, et Parker, 1992). Cela ne veut pas dire que le comportement des prix des nouveaux produits sera toujours différent. Merkel (2000) prend l’exemple des variétés «allégées» des produits alimentaires et des boissons, qui sont très proches des variétés originales mais moins riches en graisse. Le prix de ces produits est très voisin de celui des produits originaux et leur lancement a tout simplement pour but d’élargir le marché. S’il est nécessaire de tenir compte de cette expansion lors de la révision des pondérations, les variations du prix des produits existants peuvent être utilisées pour prendre en compte celles des produits «allégés».

D.3 Méthodes

8.26 Les méthodes décrites ci-après incluent à la fois les procédures normales d’établissement de l’IPP et celles qui s’appliquent à des produits demandant un traitement exceptionnel. S’agissant des premières, les questions traitées à la section D.3.1 sont le changement de base de l’indice, la rotation des produits élémentaires, l’introduction des nouveaux biens en remplacement des produits de fin de série et une stratégie pour le traitement du biais associé aux nouveaux produits. S’agissant des traitements exceptionnels, une description est donnée des méthodes qui requièrent des catégories différentes de données. L’utilisation des modèles appariés en chaîne et des indices hédoniques a été traitée au chapitre 7, section G, «Technologie de pointe et autres secteurs à taux de remplacement élevé».

D.3.1 Changement de base, rotation, remplacements dirigés et accroissement de l’échantillon

D.3.1.1 Changement de base et rotation

8.27 Nous nous intéressons ici avant tout aux biens évolutionnaires. Un nouveau bien peut être facilement inclus dans l’indice au moment où sa base est changée ou lors de la mise à jour de l’échantillon. Si le nouveau bien génère des ventes importantes, ou est susceptible de le faire, et ne remplace pas un bien qui existe déjà, ou s’il remplace un bien existant dont la part de marché est appelée à être beaucoup plus grande ou plus faible que la sienne, il faut établir de nouvelles pondérations pour en tenir compte. Les nouvelles pondérations ne sont entièrement disponibles qu’au moment du changement de base, et non de la mise à jour de l’échantillon. La pleine inclusion du nouveau produit élémentaire dans l’indice sera donc retardée, la durée du retard dépendant de l’intervalle de temps entre le lancement du produit et la date du changement de base suivant et, plus généralement, de la fréquence avec laquelle la base de l’indice est changée. L’expression «changement de base» est considérée ici dans le contexte de l’utilisation de nouvelles pondérations pour l’indice. Même si l’indice est un indice-chaîne dont la base est changée tous les ans, les pondérations ne pourront être attribuées avant le changement de base annuel; ce retard pourrait même être prolongé de six mois, délai nécessaire à l’échantillonnage et à la collecte des résultats pour les pondérations. Les changements de base plus fréquents permettent d’incorporer plus tôt les nouveaux biens et sont à conseiller lorsque les pondérations ne suivent pas les innovations des produits.

8.28 Au niveau d’agrégation élémentaire, une pondération implicite (égale) est donnée par l’indice des prix de Jevons, par exemple, à chaque rapport de prix. L’indice de Dutot attribue à chaque variation de prix une pondération correspondant au rapport de son prix par la somme des prix pour la période de base initiale de la comparaison (voir chapitre 20, section B). Si un secteur d’activité est appelé à faire l’objet d’innovations dynamiques, on peut alors accroître l’échantillon sans modifier la pondération affectée au groupe. On se contenterait tout simplement de retenir davantage de produits élémentaires pour calculer la moyenne arithmétique ou géométrique des variations de prix. Lorsque de nouveaux produits apparaîtront, ils pourront être substitués à certains des produits existants, et il y aura alors un choix plus vaste de produits élémentaires ou moins d’efforts à faire pour ajuster le prix des produits élémentaires non comparables en fonction de la qualité.

8.29 Certains instituts de statistiques procèdent à la rotation de l’échantillon (au rééchantillonnage) de produits élémentaires appartenant à un même groupe. Il est, dans ces circonstances, possible d’inclure de nouveaux produits élémentaires dans un groupe pondéré. Les ressources disponibles dans la pratique pour de telles démarches rendent nécessaire une rotation échelonnée pour les différents secteurs d’activité, des rotations plus fréquentes devant être effectuées pour ceux qui changent rapidement. Par exemple, les disques DVD peuvent remplacer les vidéocassettes en utilisant la méthode du chevauchement, la différence de prix entre les deux types de produits dans la période de chevauchement étant présumée égale à leur différence de qualité. Les hypothèses implicites de ces méthodes ont été décrites ci-dessus et la vraisemblance de leur validité doit être examinée. Comme, par définition, les produits évolutionnaires continuent à fournir le flux de services des produits de fin de série, les méthodes hédoniques sont peut-être plus adaptées; d’autres méthodes, et la question du choix entre celles-ci, sont traitées aux sections D à F du chapitre 7. Le principe—inclusion de nouveaux biens dans un indice au sein d’un système de pondération, en remplacement de biens anciens—reste toutefois le même.

8.30 Dans de nombreux pays, pourtant, le changement de base n’est pas fréquent et l’échantillon n’est pas mis à jour. Qui plus est, la mise à jour fréquente de l’échantillon ne doit pas être considérée comme une panacée. C’est une tâche ardue, en particulier lorsqu’elle porte sur un ensemble de secteurs qui changent rapidement. Même une mise à jour fréquente, effectuée par exemple tous les quatre ans, peut laisser de côté un grand nombre de nouveaux produits. L’expérience des États-Unis montre que la rotation fréquente de l’échantillon (rééchantillonnage) a une incidence négative sur le taux de participation des répondants, peu enclins à accepter les coûts indirects que leur imposent les questionnaires sur leurs technologies et la gamme de leurs produits (Merkel, 2000). Cependant, les offices de statistique n’ont pas à attendre qu’un produit devienne obsolète pour en inclure un nouveau: ils peuvent très bien prendre les devants et décider de le remplacer de façon anticipée par un nouveau produit. Dans certains secteurs d’activité, l’arrivée d’un nouveau produit est annoncée à renfort de publicité avant son lancement, alors que dans d’autres secteurs l’office de statistique peut suivre des procédures plus générales de substitution dirigée décrites ci-après. Sans une telle stratégie, et lorsque la mise à jour de l’échantillon ou le changement de base sont peu fréquents, un pays risque de se trouver confronté à un important biais associé aux nouveaux produits. En résumé:

  • On peut prendre un nouveau bien pour remplacer un bien existant si les pondérations de l’ancien bien reflètent correctement les ventes du nouveau bien et si le prix de celui-ci peut faire l’objet des ajustements de la qualité requis pour qu’il puisse être raccordé à la série de prix de l’ancien bien.

  • Si le nouveau bien n’entre pas dans la structure de pondération préexistante, il peut y être inclus au moment du changement de base, quoique celui-ci soit peu fréquent dans certains pays.

  • Une mise à jour régulière de l’échantillon offre un moyen de revoir formellement la question de l’inclusion des nouveaux biens. Comme il s’agit d’une démarche échelonnée, seules les pondérations au sein d’un même secteur sont réaffectées, et non les pondérations intersectorielles.

  • Au lieu d’attendre la mise à jour de l’échantillon, on peut recourir à la substitution dirigée en anticipation de l’arrivée de nouveaux biens.

  • Les produits révolutionnaires, ceux qui entraînent un réel bouleversement et ceux qui sont entièrement nouveaux n’entrent pas dans la structure de pondération existante et il faut trouver d’autres solutions.

  • Les remplacements dirigés devraient être utilisés pour les biens évolutionnaires et, pour les révolutionnaires, les méthodes permettant d’augmenter la taille de l’échantillon sont examinés ci-dessous.

  • La formule en chaîne décrite au chapitre 15, section F, est peut-être celle qui convient le mieux en cas de rotation rapide des produits élémentaires.

D.3.1.2 Remplacements dirigés et augmentation dirigée de la taille de l’échantillon

8.31 Pour les biens évolutionnaires des secteurs d’activité où il y a remplacement et introduction rapides de tels biens, on pourrait adopter une politique de substitution dirigée. Le jugement, l’expérience et un système de métadonnées statistiques sont autant de facteurs qui devraient aider à identifier ces secteurs. Les produits élémentaires existants doivent être codés selon des gammes de produits bien définies. Les répondants sont alors contactés régulièrement (disons une fois par an) pour déterminer si une nouvelle version a été introduite et, dans l’affirmative, évaluer le pourcentage des recettes de la gamme de produits que représente cette nouvelle version. Le remplacement peut être décidé en fonction de certains critères. Si la nouvelle version est destinée à remplacer une version existante, la substitution pourrait alors être automatique. Une fois celle-ci opérée, les prix doivent être ajustés en fonction de la différence de qualité à l’aide de la méthode du chevauchement, par imputation ou par estimation explicite à partir des coûts de production ou d’option, ou par régression hédonique. Merkel (2000) propose des exemples de formulaires visant à faciliter le processus de substitution dirigée.

8.32 Il importe de souligner que, lors du lancement de nouvelles versions de ces biens évolutionnaires, le prix effectivement appliqué pourrait être supérieur à celui qui peut être attribué au coût des ressources utilisées pour différencier ces biens des anciens produits. Il se peut par exemple que la nouvelle version d’un câble électrique repose seulement sur l’emploi d’un revêtement plastique plus solide et plus souple, et que le coût des ressources entrant dans sa production soit faible. Pourtant, cette nouvelle version pourra être vendue à un prix beaucoup plus élevé que l’ancienne parce qu’elle est jugée supérieure aux autres produits vendus sur le marché. Il y a là une véritable hausse de prix qui devrait, après soustraction de la différence de coût des ressources, être saisie par l’IPP. Après un certain temps, les prix peuvent être abaissés lorsque le produit perd de sa nouveauté ou lorsque les concurrents offrent des produits améliorés. La substitution dirigée est importante pour que l’IPP tienne compte des hausses de prix exceptionnelles liées à l’introduction des produits sur le marché. Il est nécessaire, aussi, pour assurer une couverture plus représentative des produits. La substitution dirigée remplit ces deux fonctions.

8.33 Toutefois, pour les biens révolutionnaires, la substitution n’est peut-être pas la solution qui convient. Premièrement, il se peut que ces biens n’entrent pas dans l’une des catégories des systèmes de classification existants. Deuxièmement, il est possible qu’ils soient produits principalement par un nouvel établissement, ce qui signifie qu’il faudra élargir l’échantillon pour qu’il recouvre ledit établissement. Troisièmement, il n’y a pas de produits existants auxquels apparier ces biens de manière à corriger les prix en fonction de la qualité puisque, par définition, ils sont nettement différents des biens déjà en vente. Enfin, il n’y a pas de pondérations à affecter aux nouveaux établissements ou produits élémentaires.

8.34 Il faut tout d’abord identifier les nouveaux biens. La proposition de nouer des contacts avec les organismes d’étude de marché, gérants de magasins et entreprises manufacturières présentée à la section C.1 (élaboration d’un support de métadonnées) devrait faciliter cette démarche. Une fois les nouveaux biens identifiés, il y a lieu d’augmenter la taille de l’échantillon pour tenir compte des biens révolutionnaires, plutôt que procéder à un remplacement au sein de l’échantillon comme dans le cas des biens évolutionnaires. Il est nécessaire d’inclure le nouveau bien révolutionnaire dans l’échantillon, aux côtés des produits qui y sont déjà. Pour cela, il faudra peut-être élargir la classification, l’échantillon de points de vente et la liste des produits dans les points de vente nouveaux ou existants. Les moyens à utiliser pour inclure les nouveaux biens sont plus problématiques.

8.35 Une fois que deux relevés de prix auront pu être effectués, il devrait être possible de raccorder la série de prix du nouveau bien à celle d’un bien existant ou obsolète. Bien entendu, l’impact du nouveau produit dans la période initiale serait ignoré, mais, comme on le verra plus loin, la prise en compte de cet effet n’est pas chose simple. Considérons le raccordement du prix d’un bien qui est appelé à être remplacé sur le marché par le nouveau bien. Par exemple, le prix d’un appareil électroménager relativement nouveau pourrait suivre l’indice des prix des appareils existants jusqu’à la période de raccordement, après laquelle le prix change pour le nouveau bien. On créerait ainsi un indice additionnel et distinct pour un nouveau bien qui vient s’ajouter à l’échantillon, comme l’illustre le tableau 8.1. Le produit C est nouveau dans la période 2 et n’a pas de pondération dans la période de base. La variation du prix entre les périodes 1 et 2, s’il avait alors existé, est présumée suivre l’indice global pour les produits A et B. Pour les périodes 3 et suivantes, un nouvel indice, chaîné, est établi pour le produit C, lequel est pour la période 3: 101,40 × 0,985 = 99,88 et pour la période 4: 101,40 × 0,98 = 99,37. Les nouvelles pondérations révisées pour la période 2 montrent que la pondération du produit C est de 20% de l’ensemble des produits. Le nouvel indice est pour la période 3:

Tableau 8.1.Exemple d’augmentation de la taille de l’échantillon
ProduitsPondération de basePondération réviséePériode 1Période 2Période 3Période 4
A0,60,5100,00101,00101,50102,50
B0,40,3100,00102,00102,50103,00
Ensemble des produits0,8100,00101,40101,90102,70
C100,0098,5098,00
C raccordé0,2100,00101,4099,8899,37
Ensemble des produits (révisé)100,00101,40101,50102,05
101,40[(0,8 (101,9/101,4) + 0,2 (99,88/101,4))]
= 0,8 (101,9) + 0,2 (99,88)
= 101,50

et pour la période 4:

101,40[(0,8 (102,7/101,4) + 0,2 (99,37/101,4))]
= 0,8 (102,7) + 0,2 (99,37)
= 102,05.

8.36 Si le produit C était un bien évolutionnaire de remplacement du produit B, il n’y aurait pas besoin d’établir de nouvelles pondérations ni d’augmenter la taille de l’échantillon, comme cela a été fait plus haut. Cependant, comme le bien révolutionnaire C n’a pas de pondération dans la période de base, le remplacement exige qu’il soit procédé en même temps à une révision des pondérations. La sélection de la série à laquelle le prix du nouveau bien est raccordé, ainsi que celle des groupes de produits entrant dans la révision des pondérations, sont toutes deux affaire de jugement. Il y a lieu de choisir les produits dont la part de marché est susceptible d’être influencée par le lancement du nouveau bien. Si le nouveau bien est appelé à représenter une part importante des recettes, de sorte qu’il influera sur les pondérations d’une large classe de groupes de produits, un ajustement de la procédure globale de pondération sera alors peut-être fondé. Des bouleversements de cette ampleur peuvent bien sûr se produire, surtout dans le secteur des communications, et, dans un éventail plus large de secteurs d’activité, lorsque des réglementations sont abrogées ou lorsque des obstacles au commerce sont levés dans les économies moins avancées. Dans certains pays, il arrive qu’une branche d’activité ou une usine nouvelle représente en elle-même une part importante des pondérations d’un secteur. La modification des pondérations peut également être requise pour les biens qui disparaissent du marché ou ne sont plus produits dans une économie. Comme il est noté au chapitre 15, section F, le chaînage et les indices hédoniques peuvent être la solution à adopter lorsqu’il y a rotation rapide de ces biens nouveaux et obsolètes. Le chaînage est une extension de la procédure ci-dessus et peut être utilisé pour l’inclusion d’un nouveau bien qui aura existé pendant deux périodes successives.

8.37 L’augmentation de l’échantillon est une pratique valable aussi pour les biens évolutionnaires qui sont susceptibles de représenter une grande part du marché sans supplanter les biens existants. Supposons, par exemple, qu’un pays possède une brasserie nationale et qu’un contrat de licence signé avec une brasserie étrangère donne lieu à la production commune de deux bières. La part des recettes dégagée par la bière provenant de la brasserie reste la même, mais un segment du marché consomme maintenant de la bière étrangère et non nationale. Il se peut que les répondants aient pour instruction de substituer certaines des bières nationales aux bières étrangères dans l’échantillon, sans toucher aux pondérations. Cette opération serait semblable à un ajustement du prix en fonction de la qualité, par utilisation d’un produit de remplacement non comparable, comme expliqué au chapitre 7, section F. Ou encore, l’échantillon peut être élargi, de peur qu’un échantillon plus petit de bières nationales ne soit plus suffisamment représentatif. Le processus d’accroissement peut être analogue à celui qui ressort du tableau 8.1, avec une part de marché égale à 20% pour la bière étrangère C. Si la bière étrangère a supplanté une partie des spiritueux, par exemple, alors la révision des pondérations s’étendra à ce groupe de produits. Comme indiqué au chapitre 7, section G, le chaînage et les indices hédoniques peuvent être la solution à adopter lorsqu’il y a rotation rapide des biens nouveaux et obsolètes. Dans le cas du chaînage, le bien doit être en vente seulement pendant deux périodes successives pour pouvoir être inclus dans l’indice.

E. Résumé

8.38 L’intérêt porté à l’univers d’échantillonnage et aux nouveaux biens dans ce chapitre découle d’une préoccupation très réelle quant à la nature dynamique des marchés modernes. Les nouveaux biens et les changements qualitatifs sont loin d’être des phénomènes nouveaux, et, comme l’a soutenu Triplett (1999), il n’a pas été démontré que le rythme de mise au point et de lancement des nouveaux produits soit beaucoup plus rapide maintenant que par le passé. Il est certainement admis, toutefois, que le nombre des nouveaux produits et variétés est sensiblement plus grand qu’auparavant. La technologie informatique offre des moyens efficaces (par rapport aux coûts) de recueillir et analyser des ensembles de données beaucoup plus vastes. Le chapitre 6 traite de l’utilisation d’ordinateurs portables pour la saisie des données et de la disponibilité des données obtenues par lecteur de code à barres. Le bon traitement de ces données exige cependant que l’on tienne compte de questions et de méthodes qui vont au-delà de celles qui sont normalement prises en considération dans l’univers d’intersection statique des échantillons appariés. L’appendice au présent chapitre passant en revue ces questions d’échantillonnage, seules les plus importantes seront évoquées dans cette section.

  • Lorsqu’il y a peu de changements dans la qualité et la gamme des produits offerts, l’utilisation de la méthode d’appariement des modèles, qui consiste à comparer des produits analogues provenant d’établissements analogues, présente de gros avantages.

  • Les systèmes de métadonnées statistiques aident, dans les questions d’ajustement de la qualité, à identifier les secteurs d’activité pour lesquels l’appariement ne soulève guère de difficultés. Ils permettent de centrer l’attention sur les catégories qui posent des problèmes en montrant comment recueillir et communiquer les informations qui faciliteront l’ajustement des prix en fonction de la qualité. Ils assurent aussi la transparence des méthodes utilisées et facilitent le recyclage du personnel.

  • Lorsque la rotation des produits est si rapide que l’échantillon s’appauvrit beaucoup en peu de temps, on ne peut pas se contenter des produits de remplacement pour remplir l’échantillon. Il faut utiliser d’autres mécanismes, dans lesquels l’échantillon est tiré du double univers de produits pour chaque période, ou qui utilisent cet univers. Parmi ces mécanismes figurent les formules en chaîne et les indices hédoniques, comme expliqué au chapitre 7, section G.

  • Certains biens nouveaux peuvent être considérés comme évolutionnaires et incorporés dans l’échantillon sous la forme de produits de remplacement non comparables, avec un ajustement de la qualité. Le choix du moment du remplacement est critique à la fois pour l’efficacité de l’ajustement et pour la représentativité de l’indice.

  • Les instructions données aux répondants sur le choix des produits de remplacement sont importantes, car elles influent, elles aussi, sur la représentativité de l’indice. Le remplacement de produits obsolètes par des produits nouvellement introduits rend difficiles les ajustements de la qualité, alors que leur remplacement par des produits similaires conduit à des problèmes de représentativité.

  • La mise à jour de l’échantillon est une forme extrême de l’utilisation des produits de remplacement. Il s’agit d’un mécanisme qui sert à rafraîchir l’échantillon et améliorer sa représentativité. Cette méthode présente toutefois un inconvénient, car elle risque d’entraîner un biais provenant de la non-validité des hypothèses implicites de la méthode du chevauchement appliquée pour l’ajustement de la qualité.

  • Les biens révolutionnaires peuvent exiger que l’échantillon soit élargi pour ménager de la place aux nouvelles séries de prix et nouvelles pondérations. La répartition des nouveaux biens entre biens évolutionnaires et biens révolutionnaires influe sur la stratégie d’introduction, de remplacement (substitution) dirigé et d’augmentation de l’échantillon desdits nouveaux biens.

Appendice 8.1—Apparition et disparition de produits et d’établissements

8.39 Dans les chapitres précédents, et en particulier au chapitre 5 consacré à l’échantillonnage, on a généralement supposé que la quantité à estimer pouvait être définie au regard d’une catégorie fixe de produits. Dans cet appendice, nous examinons les complications importantes liées à l’évolution constante des produits et des établissements. Le rythme du changement est rapide dans de nombreuses branches d’activité. Ceci étant posé, l’échantillonnage aux fins de l’estimation des variations de prix pose donc un problème dynamique et non statique. D’une façon ou d’une autre, les prix des nouveaux produits et dans les nouveaux établissements doivent être comparés aux anciens. Il est important de comprendre que, quelles que soient les méthodes et procédures utilisées dans un indice des prix pour tenir compte de ces changements dynamiques, il s’agira toujours de procéder à une estimation explicite ou implicite de cet univers dynamique.

Représentation du changement dans un indice des prix2

8.40 Du point de vue de la sélection d’un échantillon, il y a trois moyens de rendre compte des changements dynamiques intervenus dans un univers d’agrégats élémentaires où les produits et les établissements apparaissent et disparaissent: i) rééchantillonner l’ensemble de l’agrégat élémentaire à des moments déterminés, ii) remplacer un produit par un autre ou un établissement par un autre et iii) ajouter et éliminer des points d’observation (couples produits-établissements) dans un chaînage.

Rééchantillonnage

8.41 Le rééchantillonnage consiste à remanier l’ancien échantillon pour le rendre représentatif de l’univers d’une période ultérieure. Cela ne veut pas nécessairement dire que la totalité, ni même la plupart des unités d’échantillonnage doivent être changées, mais qu’un regard nouveau est porté sur la représentativité du total de l’échantillon et que des modifications sont apportées, le cas échéant. Les méthodes utilisées pour le rééchantillonnage pourraient être l’une quelconque de celles qui ont servi à l’échantillonnage initial. Dans le cas de l’échantillonnage aléatoire, cela signifie que chaque unité appartenant à l’univers de la période ultérieure doit avoir une probabilité d’être incluse dans l’échantillon différente de zéro et égale à sa part de marché relative.

8.42 Le rééchantillonnage (ou mise à jour de l’échantillon) est traditionnellement utilisé en conjonction avec la méthode du chevauchement exposée au chapitre 7, section D. C’est une procédure analogue à celle qui est employée lorsque l’on relie deux périodes des indices-chaînes. La première période pour laquelle le nouvel échantillon est utilisé est aussi la dernière période pour laquelle l’ancien échantillon est utilisé. En conséquence, l’estimation de la variation des prix est toujours fondée sur un seul échantillon—l’ancien échantillon jusqu’à la période de chevauchement et le nouvel échantillon à partir de la période de chevauchement, comme on le verra plus en détail par la suite. Le rééchantillonnage est la seule méthode qui soit entièrement à même de préserver la représentativité de l’échantillon et, si les ressources disponibles le permettent, il y a lieu d’y procéder souvent. La fréquence nécessaire dépend du rythme de changement d’un groupe de produits particulier. Elle repose, toutefois, sur l’hypothèse que les différences de prix entre l’ancien produit et le nouveau sont des estimations correctes des différences de qualité entre eux. Dans sa version extrême, le rééchantillonnage revient à établir un nouvel échantillon pour chaque période et à comparer les prix moyens des échantillons, au lieu de faire, comme d’habitude, la moyenne des variations de prix des échantillons appariés. Bien que ce soit un aboutissement logique dans l’optique de la représentativité, le rééchantillonnage à chaque période aggraverait le problème du traitement implicite de l’ajustement du prix en fonction de la qualité et n’est donc pas recommandé.

Produits de remplacement

8.43 Par produit de remplacement, on entend le produit qui succède à un produit de l’échantillon qui a disparu complètement du marché, ou qui a perdu des parts de marché soit sur le marché dans son ensemble, soit dans un établissement spécifique. Les critères de sélection des produits de remplacement peuvent différer considérablement. Premièrement, il s’agit de savoir quand procéder au remplacement. D’ordinaire, on le fait soit lorsqu’un produit disparaît complètement, soit lorsque sa part des ventes est sensiblement réduite. Une autre règle possible, mais moins usitée, est celle qui consiste à remplacer un produit élémentaire lorsqu’une autre variété appartenant au même groupe, ou entrant dans la définition de produit représentatif, est devenue plus importante par les ventes qu’elle engendre, même si l’ancienne variété est encore vendue en grandes quantités.

8.44 Deuxièmement, il s’agit de savoir comment sélectionner le produit de remplacement. Si le produit initial a été choisi parce qu’il était «le plus vendu», ou avec une probabilité de sélection proportionnelle au niveau des ventes, la sélection du produit de remplacement pourrait suivre la même règle. Le produit de remplacement pourrait aussi être le produit le plus semblable à l’ancien. L’avantage du premier critère est de produire une meilleure représentativité. L’avantage du second est que, au moins superficiellement, il peut déboucher sur une atténuation du problème d’ajustement en fonction de la qualité.

8.45 Il importe de bien comprendre que, au moins dans le cadre des pratiques actuelles, les produits de remplacement ne peuvent pas être représentatifs des nouveaux produits qui arrivent sur le marché, car la raison du remplacement n’est pas l’apparition d’un produit nouveau, mais la disparition ou la perte d’importance d’un produit ancien. Si l’éventail des produits d’un certain ensemble de produits s’élargit, l’échantillon ne peut rendre compte directement de cet accroissement que s’il est tiré du groupe des nouveaux produits, comme dans le cas du rééchantillonnage.

Ajouts et retraits

8.46 Il est possible d’ajouter un nouveau point d’observation à un agrégat élémentaire dans un chaînage. Si, par exemple, une nouvelle marque ou un nouveau modèle d’un bien durable apparaît sans remplacer un modèle ancien particulier, il vaut mieux l’ajouter à l’échantillon, à partir du moment de son lancement. Pour tenir compte de cette nouvelle observation dans l’indice, il faut lui imputer un prix de référence. La solution pratique est celle qui consiste à diviser le prix du nouveau produit au cours du mois de son lancement par l’indice des prix de tous les autres produits de l’agrégat élémentaire de la période de référence au mois de lancement. De cette manière, l’effet du nouveau produit sur l’indice pour les mois précédant le mois du lancement sera neutre.

8.47 De même, un produit qui disparaît pourrait être simplement retiré de l’échantillon sans remplacement. La variation de prix peut alors être calculée pour les produits restants. Si rien d’autre n’est fait, cela veut dire que la variation de prix pour le produit retiré, qui a été calculée jusqu’au mois précédant son retrait, sera ignorée à partir du mois du retrait. Cette pratique est à recommander ou non, selon le cas du groupe de produits particulier.

Détermination d’une cible opérationnelle dans un univers dynamique

8.48 Une approche rigoureuse du problème de l’estimation statistique exige une stratégie d’estimation de l’indice couvrant à la fois la cible opérationnelle de calcul et la stratégie d’échantillonnage (plan et estimateur) nécessaire pour estimer cette cible. Cette stratégie se composerait des éléments suivants:

  • i) une définition de l’univers des transactions ou points d’observation (d’ordinaire une variété de produit dans un établissement) pour chacune des deux périodes entre lesquelles se produit la variation des prix que nous voulons estimer;

  • ii) la liste de toutes les variables définies pour ces unités. Ces variables devraient inclure les prix et les quantités (nombre d’unités vendues à chaque prix), mais aussi toutes les caractéristiques des produits (et probablement aussi des établissements) qui en déterminent le prix—la base du prix;

  • iii) l’algorithme cible (formule de l’indice) qui regroupe en une seule valeur les valeurs des variables définies à l’alinéa ii) pour les points d’observation de l’univers définis à l’alinéa i);

  • iv) les procédures utilisées pour l’échantillonnage initial des produits élémentaires et des établissements tirés de l’univers défini à l’alinéa i);

  • v) les procédures de remplacement, de rééchantillonnage et d’addition ou de retrait d’observations à l’horizon temporel considéré;

  • vi) l’algorithme d’estimation (formule de l’indice) appliqué à l’échantillon aux fins de réduire le plus possible l’espérance du biais d’estimation de l’échantillon par rapport à l’algorithme cible évoqué à l’alinéa iii). En principe, cet algorithme doit prendre en compte toutes les procédures suivies en cas de remplacement et de rééchantillonnage, y compris les méthodes d’ajustement en fonction de la qualité.

8.49 En raison de sa complexité, la stratégie rigoureuse décrite ci-dessus n’est généralement pas appliquée dans la pratique pour la construction de l’indice, quoique le système d’information requis soit examiné à la section C.1. Quelques observations sur ces stratégies possibles sont formulées ci-après.

Un système d’agrégation à deux niveaux

8.50 Pour discuter de cet objectif, on peut prendre pour point de départ une structure à deux niveaux de l’univers des produits et des établissements qui entrent dans le champ d’un indice des prix. Ces deux niveaux sont:

  • Le niveau agrégé: à ce niveau, il y a une structure fixe de groupes de produits h = 1,…, H (ou peutêtre une structure croisée fixe de groupes de produits par région et type d’établissements) dans un chaînage. Pour la mise à jour de l’univers des produits, les nouveaux biens et services seraient définis comme étant de nouveaux groupes au niveau agrégé et introduits dans l’indice seulement en relation avec un nouveau chaînage.

  • Le niveau élémentaire: à ce niveau, le but est de rendre compte dans l’indice des propriétés d’un univers changeant en comparant les nouveaux produits aux anciens. La micro-comparaison de la période s à la période t doit être définie de manière à ce qu’il y ait apparition de nouveaux produits ou établissements sur le marché et disparition de produits ou établissements anciens du marché.

Le point de départ commun aux trois approches de l’univers de transactions au niveau élémentaire est une formule de variation pure de prix entre la période s et la période t au niveau agrégé:

Les quantités, Qh, se rapportent à une structure h = 1…H de groupes de produits élémentaires de n’importe quelle période, ou aux fonctions de quantité de plusieurs périodes, par exemple une moyenne symétrique des périodes de base et courante s et t. Les cas particuliers d’indice de prix pur sont les indices de prix de Laspeyres (Qh=Qhs), Paasche (Qh=Qht), Edgeworth (Qh=[Qhs+Qht]/2) et Walsh (Qh=[Qht+Qht]/2) décrits aux chapitres 15 à 17. D’autres formules de la stratégie d’estimation au niveau élémentaire entrent maintenant dans la définition de Ihst. Autre point de départ commun, le groupe de produits ou d’établissements appartenant à h dans la période u (= s ou t) est défini comme étant Ωhu. Le concept de point d’observation est introduit: généralement un produit rigoureusement spécifié d’un établissement déterminé, tel que Ωhu={1,,j,,Nhu}. Pour chaque point d’observation jΩhu, il y a un prix pju et une quantité vendue qju. Il existe maintenant trois définitions possibles de la cible opérationnelle.

L’univers d’intersection

8.51 L’indice élémentaire s’applique à l’univers d’intersection, c’est-à-dire seulement aux points d’observation existant à la fois dans les périodes s et t. Cet indice est appelé aussi l’indice des unités identiques. Autrement dit, on part des points d’observation existant dans la période s et on laisse ensuite de côté (supprime) les points qui manquent ou disparaissent. Voici un exemple d’indice de ce type:

L’univers d’intersection se réduit par étapes successives à la longue, car on trouve moins de produits appariés dans chaque comparaison à long terme entre s et t, s et t + 1, s et t + 2, etc., jusqu’à ce que l’univers finisse par être vide. L’avantage de l’univers d’intersection est qu’il ne recouvre, par définition, aucun produit de remplacement dans cette cible et que, normalement, il n’y a pas ajustement de la qualité. Si l’indice des unités identiques est combiné avec un chaînage court, et que l’on procède ensuite à un rééchantillonnage de l’univers dans une période ultérieure, l’échantillonnage de cet univers est une stratégie parfaitement raisonnable, dès lors que l’hypothèse implicite de la méthode du chevauchement, à savoir que les différences de prix dans cette période sont égales aux différences de qualité, est valide.

Le double univers

8.52 L’approche diamétralement opposée à celle de l’univers d’intersection consiste à considérer Phs et Pht comme les prix moyens de deux univers distincts dans les deux périodes. Une cible de double univers pourrait alors être prise en considération: un univers pour la période s et un autre pour la période t. Cette approche semble être une manière naturelle de procéder pour définir la cible, étant donné que les deux périodes doivent être d’égale importance et que tous les produits existant dans l’une ou l’autre doivent être pris en compte. La difficulté réside ici dans le fait que les deux univers sont rarement comparables du point de vue qualitatif. Il sera nécessaire de procéder à un ajustement, sous une forme ou une autre, pour tenir compte du changement de la qualité moyenne. La définition naturelle des prix moyens applicable dans cette approche est fondée sur les valeurs unitaires. Cela conduirait à la définition suivante d’un indice des valeurs unitaires corrigées de la qualité:

Dans l’équation (A8.3), qhst est le changement de la qualité moyenne dans h (indice de qualité), qu’il faut définir plus à fond. Par exemple, qhst pourrait être considéré comme un ajustement hédonique, dans lequel les caractéristiques sont maintenues constantes. L’équation (A8.3) est présentée au chapitre 7, section E, sous une forme incluant les ajustements hédoniques explicites pour différence de qualité, qhst, mais dans le cadre des indices de Laspeyres, Paasche, Fisher et Törnqvist. Cette cible opérationnelle présente de l’intérêt pour les biens dont les variétés ont une rotation très rapide, mais dont la qualité moyenne change lentement ou pour lesquels des estimations fiables des changements de qualité peuvent être établies. La méthode du produit représentatif généralement employée n’est pas vraiment compatible avec une cible de double univers. Elle est implicitement centrée sur des unités d’échantillonnage primaires choisies d’avance qui sont utilisées pour les deux périodes s et t.

L’univers des produits de remplacement

8.53 Ni l’échantillonnage de l’univers d’intersection ni le double univers ne se rapprochent étroitement des méthodes suivies d’ordinaire pour établir un indice des prix. En particulier, la méthode du produit représentatif en conjonction avec le remplacement d’un produit par un autre—méthode d’échantillonnage qui est la plus communément utilisée—doit comporter une rationalisation différente des cibles opérationnelles. Cette rationalisation de l’échantillonnage d’un univers des produits de remplacement est examinée ci-après.

Définition 1a: Pour chaque jΩhs et jΩht, nous définissons le produit de remplacement ajΩht, dont le prix est inséré, à la place de celui de j, dans la formule (pour jΩhs, et jΩht, aj = j). En plus du remplacement, il est tenu compte du changement de qualité de j à aj, ce qui donne lieu à un facteur d’ajustement aux changements de qualité gj, considéré comme le facteur par lequel pjs doit être multiplié pour que le producteur soit indifférent entre les produits j et aj aux prix pjs et pajt.

Toutefois, pour cette première étape vers une utilisation opérationnelle de la formule, il faut d’abord définir gj, ce qui peut se faire à l’aide d’une régression hédonique, comme indiqué au chapitre 7, section G.2. Il faut ensuite définir aj et la manière naturelle de procéder consiste à utiliser une fonction de dissimilarité de j à aj. La notation d(j, aj) est introduite pour cette fonction. La méthode courante de sélection du produit le plus similaire en remplacement du produit initial revient maintenant à réduire le plus possible la fonction de dissimilarité. Cependant, d’autres spécifications s’imposent. À quand fixer le remplacement? Dans la pratique, il devrait s’opérer lorsque le premier produit choisi n’est plus représentatif. Mathématiquement, cela pourrait être défini selon la définition 1b.

Définition 1b: Le point d’observation j doit être remplacé au cours de la première période dans laquelle qjt<cqjs, où c est une constante à choisir entre 0 et 1 (un ajustement est requis pour les produits saisonniers).

Le choix du point de remplacement serait alors régi par une règle telle que la définition 1c.

Définition 1c: aj doit être choisi de manière à ce que d(j, aj) soit réduit au maximum pour j.

Cependant, comme une certaine priorité doit être conférée aux points d’observation qui sont importants en termes de quantité et de valeur, la définition 1c peut alors être modifiée pour devenir la définition 1d.

Définition 1d: aj doit être choisi de manière à ce que d(j,aj)/qajt soit réduit au maximum pour j (une autre fonction de d(.) et qajt pourrait être choisie à sa place).

8.54 La fonction de dissimilarité doit être spécifiée; elle peut dépendre du groupe de produits h. En général, il doit y avoir, sous une forme ou une autre, une évaluation quantitative fondée sur l’ensemble des caractéristiques du produit ou de l’établissement en question. Par exemple, la priorité pourrait être donnée à la dissimilarité par rapport «au même établissement» ou au «même produit», concepts qui pourraient être facilement intégrés dans cette évaluation. Une plus grande difficulté est celle d’inclure autant de nouveaux points dans Ωht que possible dans la définition de l’indice de manière à assurer la représentativité de l’échantillon. Dans les définitions 1a–d, telles qu’elles se présentent actuellement, le même nouveau point pourrait remplacer beaucoup de ses prédécesseurs, alors que nombre de nouveaux points ne seront pas inclus dans l’échantillon s’il n’est pas besoin d’un produit de remplacement. Cette déficience de l’univers des produits de remplacement est une caractéristique inhérente à la méthode du remplacement proprement dite. La méthode du remplacement n’est conçue que pour préserver la représentativité de l’ancien échantillon et non pas celle du nouveau.

Les métadonnées peuvent aussi être utilisées pour répondre aux besoins des utilisateurs de diverses manières. Les notes de bas de page en sont la forme la plus ancienne et la plus répandue (Silver, 1993).

On trouvera une version plus complète de cet appendice dans Dálen (1998).

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