Chapter

6. Relevé des prix

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 2009
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A. Introduction

6.1 Dans le présent chapitre, nous procédons à un tour d’horizon des diverses questions que soulève le relevé des prix. Nous proposons des solutions qui ne sont pas prescriptives, car elles peuvent être utilisées indépendamment de la situation de chaque pays. Le relevé des prix est une phase essentielle dans le processus d’élaboration de l’IPP. Faute d’utiliser des techniques de relevé de bonne qualité, il est difficile, voire impossible, d’obtenir un IPP exact et fiable, quelle que soit la rigueur avec laquelle sont menées les phases ultérieures du processus. On trouvera également des conseils sur le relevé des prix dans le cadre global de l’IPP au chapitre 12 qui est consacré à l’organisation et à la gestion de cet indice.

B. Dates et fréquence des relevés

6.2 Le calcul de l’IPP nécessite de collecter auprès des entreprises les prix de produits particuliers à des périodes données. Les entreprises peuvent à la fois acheter et vendre des produits, de sorte qu’on peut relever les prix de vente de biens ou de services pour établir un indice des prix à la production ou les prix d’achat de biens ou de services entrant dans le processus de production pour établir un indice des prix des intrants. Les deux indices sont souvent utiles, en particulier comme déflateurs.

6.3 Le relevé est souvent mensuel, encore qu’il soit trimestriel dans un certain nombre de pays. Dans le présent chapitre, nous supposons qu’il a lieu tous les mois, ce qui est la pratique la plus courante. Fondamentalement, les prix sont relevés soit à un point précis dans le temps, soit au cours d’une période à l’issue de laquelle leur moyenne est calculée.

B.1 Relevé à un point précis dans le temps

6.4 Le prix d’un produit est relevé à une date donnée dans le mois, par exemple le 1er, le premier lundi, le jour ouvrable le plus proche du 15, etc. Cette solution est simple et les entreprises ne devraient avoir aucune difficulté à comprendre que les prix à communiquer portent sur les transactions effectuées à cette date.

6.5 Le principal avantage de cette solution est que les comparaisons d’un mois à l’autre sont cohérentes, ce qui est particulièrement important lorsque les prix enregistrent une variation discrète pendant le mois (hausse générale des prix ou modification des droits imposables, par exemple). L’un des inconvénients est qu’il peut arriver qu’aucune transaction n’ait eu lieu à la date spécifiée. Dans ce cas, le répondant peut être invité à donner des précisions sur une transaction effectuée à une date aussi proche que possible. Un autre problème est que les estimations risquent davantage de subir l’influence de facteurs externes à court terme (conditions atmosphériques extrêmes, arrêts de travail, notamment) qui peuvent modifier le prix à la date précise du relevé. Il se peut aussi que les variations de prix à court terme (hausses ou baisses, par exemple) entre les dates de relevé ne soient pas prises en compte.

B.2 Prix d’une période

6.6 Les prix d’une période sont une estimation du prix sur le mois, de sorte qu’ils représentent le prix moyen du mois. Ce prix devrait tenir compte des variations qui se sont produites pendant le mois. Par exemple, si le prix d’un produit était 10 pendant les 10 premiers jours du mois, puis est passé à 15 pour les 20 jours restants, le prix moyen serait alors 13,33 ([10 × 10 + 20 × 15]/30). Cette moyenne, qui est en général calculée par l’office de statistique, nécessite que le répondant communique la date exacte à laquelle le prix a changé.

6.7 Cette solution permet en général d’obtenir une série chronologique plus régulière et moins influencée par les dates des hausses de prix. Elle est aussi plus simple pour les répondants, car ils peuvent choisir une transaction et en préciser la date au cours de la période. L’une des grandes différences avec les estimations à un point dans le temps est que l’impact d’une variation qui dépasse le mois n’est pris en compte intégralement dans l’indice que le mois suivant. Cette méthode est indiquée pour les indices utilisés comme déflateur ou de mesure de l’inflation.

6.8 Souvent, un seul prix représente le prix moyen pour la période de référence donnée. Une mesure plus exacte d’un prix moyen de transaction est le prix de la valeur unitaire. En théorie, ce prix, qui est le quotient des ventes totales par le nombre total d’unités vendues au cours d’une période, est la méthode de relevé la plus complète.

6.9 Si cette méthode est utilisée, il faut que le produit soit homogène ou puisse être exprimé sous la forme de quelque unité physique courante. Il est possible de distinguer un produit homogène par:

  • son point d’achat (effet de point de vente);

  • les différentes marques ou lignes de produits concurrentes offertes dans un point de vente (effet de marque);

  • les différents emballages sous lesquels le produit est vendu (effet d’emballage).

6.10 La période pendant laquelle les valeurs unitaires sont calculées devrait être la période la plus longue possible pendant laquelle les diverses variations de prix observées sont considérées comme peu importantes (Diewert, 1995a).

6.11 Malheureusement, cette méthode pose de nombreux problèmes et n’est pas en général recommandée, car tout changement dans la qualité ou le dosage des produits, ou les dates, risque de fausser gravement le prix unitaire moyen. Néanmoins, elle peut être utilisée dans des cas limités—par exemple, pour un produit très instable mais étroitement défini et homogène comme le pétrole.

6.12 Souvent, comme il faut attendre la fin de la période pour calculer la moyenne, l’indice est plus adéquat sur le plan chronologique lorsque les estimations sont faites à un point dans le temps. En outre, il faut faire très attention à ce que les prix moyens se rapportent à un produit étroitement défini et d’une qualité constante et non à un large groupe de produits.

6.13 Il conviendrait d’exclure les frais de transport de la valeur unitaire, car l’IPP doit être établi à partir du prix de base—c’est-à-dire le montant reçu par le producteur, abstraction faite de tout impôt sur les produits, des frais de transport et des marges commerciales. En d’autres termes, le relevé est fait au départ de l’usine ou de la ferme, dès la prestation du service, etc.

B.3 Choix des prix à des points précis dans le temps ou au cours de périodes

6.14 Un certain nombre de facteurs, comme la fréquence des relevés et leurs contingences et l’utilisation de l’indice, influent sur le choix de la période de relevé. Ce choix est d’autant moins crucial que les relevés sont fréquents; ainsi, même s’il revêt une certaine importance dans le cas des relevés mensuels, il est plus important encore dans celui des relevés trimestriels. L’emploi de l’indice est une autre considération importante. Les IPP étant utilisés pour actualiser les données sur les ventes, l’idéal serait que l’indice porte sur la période des flux de vente. La plupart des statistiques économiques se rapportent davantage à une période qu’à un point dans le temps, ce qui devrait être le cas aussi, en principe, pour l’indice des prix.

B.4 Fréquence

6.15 Il convient de faire une distinction entre la fréquence des relevés et les dates des observations. Par exemple, il est possible d’observer des prix mensuels tous les trimestres.

6.16 La fréquence des relevés est établie en fonction de facteurs comme les coûts et la périodicité nécessaire pour actualiser les données sur la production ou les ventes. Les pays membres de l’Union européenne sont tenus de communiquer des données mensuelles à l’Office statistique des Communautés européennes (Eurostat) en vertu de la réglementation sur les indicateurs à court terme. Normalement, les prix sont relevés auprès de chaque producteur de l’échantillon pour chaque période, ce qui permet à l’IPP de saisir toutes les variations de prix.

6.17 Si, pour la plupart des branches d’activité, il est indiqué de relever les prix pour chaque période, il peut arriver, dans certaines branches, que les produits prennent davantage de temps à être fabriqués ou que les prix soient en général stables ou varient à des dates prédéterminées (par exemple, en janvier de chaque année). Dans ces cas, il peut être inutile d’obliger les entreprises à relever les prix pour chaque période. Les répondants sont toujours invités à communiquer un prix pour chaque période, encore qu’il soit possible de réduire la fréquence des relevés; il est alors souhaitable de «reconduire» les prix. Dans certains cas exceptionnels qui, en général, font intervenir des contrats à long terme, les répondants peuvent être autorisés à utiliser cette technique, mais il faut prendre soin de ne pas relâcher la vigilance, et ils doivent s’engager à ne pas modifier les prix pendant la période de reconduction. Si cet engagement n’est pas tenu, il convient de modifier la fréquence des relevés.

B.5 Observation de prix: définition

6.18 La présente section décrit comment les prix des produits choisis devraient être établis et relevés (pour des explications sur la façon de choisir un échantillon représentatif de produits, voir le chapitre 5). Il faut entendre par observation de prix le prix d’un produit spécifique, compte tenu de ses modalités de vente, au point dans le temps ou pendant la période où il est relevé. Afin d’assurer la cohérence de l’indice définitif, il conviendrait de comparer des choses comparables pour chaque période. Le produit devrait être défini aussi étroitement que possible afin que le prix relevé soit compatible d’une période à l’autre et que les changements de qualité puissent être identifiés (voir chapitre 7, section B). Le prix devrait être celui que le client a payé pour le produit donné et inclure tous les rabais possibles et les offres spéciales—c’est-à-dire, le véritable prix de transaction (voir section D.4.1 infra).

6.19 Si la spécification du produit change d’une période à l’autre, il convient d’ajuster le prix pour des raisons de cohérence. Par exemple, la quantité commandée peut augmenter, aboutissant à une baisse du prix de vente unitaire. Si la quantité vendue était disponible au même prix unitaire pendant la période précédente, la baisse ne serait pas réelle et ne devrait pas être prise en compte dans l’indice. Il faudrait plutôt comparer l’achat de la même quantité au cours des deux périodes de façon à ce que l’indice compare des spécifications identiques (en d’autres termes, des choses comparables).

6.20 Le prix relevé devrait être indiqué dans une monnaie qui répond à des considérations de cohérence et qui, même dans le cas des ventes internes, n’est pas nécessairement celle du pays (par exemple, il pourrait être exprimé en euros ou en dollars). Dans ce cas, des mécanismes devraient être instaurés pour convertir tous les prix indiqués en monnaie nationale. Cependant, il faut préciser clairement la couverture de la production: soit le marché intérieur, soit le marché intérieur et celui de l’exportation.

B.5.1 Prix marqués

6.21 L’IPP sert à mesurer les prix effectivement payés aux producteurs de biens ou de services ou perçus par eux. Ces prix sont couramment appelés prix de transaction. Par définition, ils comprennent l’ensemble des remises ou rabais consentis.

6.22 Le prix des biens ou services indiqué dans un catalogue ou une publicité est souvent appelé prix marqué, prix comptable ou prix de détail conseillé. Ces prix sont en général plus élevés que ceux de transaction, qui tiennent compte des rabais ou remises.

6.23 Pour la plupart des secteurs économiques, les prix marqués ne sont pas ceux qui sont effectivement payés ou perçus pour les biens ou les services. En général, le producteur et l’acheteur, surtout lorsqu’il est important, négocient un rabais ou une remise qui, le plus souvent, fait fortement baisser le prix marqué et varie dans le temps. Les statisticiens qui établissent l’IPP devraient veiller à obtenir les prix effectifs de transaction, et non les prix marqués.

6.24 Il est en général plus commode pour un répondant de communiquer un prix marqué qu’un prix de transaction. Pour les raisons déjà indiquées, cette solution n’est pas bonne. Étant donné qu’il est difficile de relever le prix d’une transaction, les statisticiens devraient veiller, pour parvenir à une qualité constante, à ce que le produit dont le prix est relevé soit le même que celui de la période précédente.

B.6 Difficultés rencontrées en cas de forte inflation ou d’hyperinflation

6.25 Pendant les périodes de forte inflation ou d’hyperinflation, la date du relevé des prix revêt une grande importance. Il se peut fort bien que les prix varient considérablement au cours de la période de relevé.

6.26 La fréquence des relevés devient elle aussi plus importante, de sorte que des relevés trimestriels peuvent être insuffisants en période d’hyperinflation. Même en cas de faible inflation, il est important de saisir les signaux précurseurs de tensions inflationnistes. Il peut aussi être plus difficile de valider les données, car il est probable que les prix observés ne passeront pas les contrôles de validité établis pour les périodes d’inflation «normale», et de déceler les relevés erronés.

6.27 De façon plus générale, il y a également un risque que l’inflation s’autoalimente. Certaines entreprises peuvent utiliser l’IPP (dans le cadre d’un contrat avec le client) pour fixer un prix qui pourrait alors être pris en compte dans le futur IPP. Ce risque existe toujours dans les indices détaillés, mais il serait encore plus élevé en période d’hyperinflation.

C. Spécification des produits

6.28 Les enquêtes menées aux fins de relever des prix pour l’IPP ne sont pas aussi classiques que la plupart des enquêtes de conjoncture, en ce sens qu’il faut obtenir des répondants une spécification détaillée du produit avant de pouvoir commencer le relevé mensuel régulier; ce processus est souvent appelé initialisation.

6.29 La procédure d’initialisation nécessite une série distincte d’opérations et de formulaires d’enquête. La méthode de relevé utilisée peut également être différente—par exemple, il peut être souhaitable de rencontrer personnellement chaque nouveau répondant, les opérations régulières de relevé ultérieures étant accomplies par courrier. Le formulaire d’initialisation devrait expliquer davantage l’objet de l’enquête et donner plus de précisions sur les exigences en matière de spécification des produits. Il contiendrait aussi une liste de biens et de services de façon à ce que le répondant signale ceux qu’il produit. En outre, des experts, comme les enquêteurs sur le terrain, peuvent mener le processus d’initialisation (voir section D.6).

6.30 La section ci-après sur la spécification des produits peut s’appliquer à la fois au processus d’initialisation et aux techniques régulières de relevé.

C.1 Objet de la spécification des produits

6.31 Pour chaque groupe de produits ou service, une série de produits représentatifs précis est pleinement spécifiée afin d’en suivre les prix. Ces produits devraient symboliser les variations des prix de la gamme de produits au sein du groupe ou du service en question. L’idéal serait de choisir les produits dans la gamme de chaque producteur à partir d’un recensement complet des transactions pertinentes. À l’évidence, ces informations ne sont pas disponibles dans la plupart des cas. Il est parfois possible de trouver un compromis entre des relevés peu fréquents, mais complets et détaillés, et des mises à jour fréquentes des produits, qui nécessitent toutefois de s’en remettre aux répondants pour le choix des produits représentatifs et, en conséquence, du groupe de produits. Les questions d’échantillonnage sont examinées au chapitre 5.

C.2 Aspects de la spécification des produits

6.32 La spécification des produits comporte différents aspects. Par exemple, il ne sera pas suffisant de donner purement et simplement le nom du produit si un changement dans la dimension de l’emballage influe sur le prix perçu. L’objectif essentiel d’une bonne spécification est de veiller à ce que, d’une période à l’autre, un prix cohérent soit relevé pour un produit cohérent vendu selon les mêmes modalités pendant chaque période. Le tableau 6.1 contient une liste des principaux critères qui pourraient influer sur le prix d’un produit et faire partie de sa spécification.

Tableau 6.1.Critères influant sur le prix d’un produit
ProduitCritères/raisons
Nom du produitNom donné par l’entreprise au produit au sein du groupe de produits spécifiés. L’idéal serait qu’il contienne des renseignements sur le modèle/variété du produit.
Numéro de sérieEst utile à des fins d’information pour l’entreprise et permet d’apporter des modifications au nom du produit.
DescriptionOutre le nom du produit, donne la possibilité à l’entreprise de préciser (s’il y a lieu) les améliorations ou ajouts. Dans le cas des voitures par exemple, un certain nombre d’options sont en général disponibles (peinture métallisée, toit ouvrant) qui toutes peuvent influer sur le prix du produit.
Volume de la transactionQuantité de produits vendus dans le cadre de la transaction avec éventuellement des ristournes.
Unités de venteUnités utilisées dans la description du produit.
Catégories de clientsCertaines entreprises peuvent appliquer des barèmes de prix différents selon les clients (par exemple, prix de détail ou de gros). Il est possible d’utiliser un numéro de référence pour préserver la confidentialité du client.
RabaisDe nombreuses entreprises offrent des rabais de gros et des ristournes, ainsi que des remises concurrentielles ou aux clients préférentiels. Tous les rabais possibles devraient être décrits.
Modalités de paiementLes entreprises peuvent offrir des prix différents en fonction des modalités de paiement ou de crédit.
TransportLes frais de transport sont-ils ou non inclus et quel est le mode de transport?
MonnaieMonnaie en laquelle le prix est libellé.

6.33 Toutes ces précisions permettent d’obtenir pour le produit une meilleure spécification qui aide à ajuster les prix en cas de changement dans sa qualité ou dans les modalités de vente. Pour des raisons de confidentialité, certains répondants hésitent à donner une spécification complète; il est alors possible de conserver à l’office de statistique cette spécification détaillée et d’utiliser une spécification codée plus courte sur les imprimés (formulaires, par exemple). Dans ce cas, il est essentiel d’examiner régulièrement la spécification.

C.3 Autres formes de description

6.34 Dans le cas de certaines branches d’activité, il n’est peut-être pas judicieux de spécifier un produit donné. Ainsi, certaines branches produisent leurs biens ou services sur commande et le même bien ou service n’est pas produit plusieurs périodes de suite. Il est possible de citer à titre d’exemple les usines de meubles, la construction navale ou les services de comptabilité. Dans ces cas, une spécification générique serait peutêtre plus adéquate. Ce serait une spécification, comme celle décrite précédemment, mais pour un produit type, et non spécifique. Il pourrait s’agir d’un produit que l’entreprise a déjà fabriqué par le passé ou d’un modèle de base qu’elle adapte en fonction de chaque client. Pour plus de précisions sur les relevés de cette nature, voir la section D.5.2.

D. Méthodes de relevé

D.1 Techniques de relevé par voie d’enquêtes

6.35 L’objectif de toutes les techniques de relevé utilisées dans le cadre des enquêtes est de faciliter un transfert sûr et efficace des données sur les prix des entreprises à l’office de statistique, tout en réduisant au minimum les formalités administratives pour le répondant. Un ensemble de méthodes de collecte des données pour l’IPP est examiné ci-après—enquête postale, réponse téléphonique automatisée, entretien direct ou téléphonique et communication des données par Internet. L’ensemble de ces méthodes repose sur des questionnaires bien conçus, de bonnes relations avec les répondants et des techniques efficaces d’enquête. La nature très sensible et confidentielle des données sur les prix communiqués par les entreprises peut nécessiter de renforcer la sécurité des opérations de collecte et de traitement.

D.2 Conception du questionnaire

6.36 Indépendamment de la méthode utilisée, il serait essentiel pour un bon relevé des prix que le questionnaire soit bien conçu, c’est-à-dire de façon à ce que le producteur puisse facilement l’utiliser et comprendre ce qui lui est demandé.

6.37 La présentation devrait faciliter l’exploitation des données et contenir une description détaillée des produits dont il faut relever le prix. Une description de cette nature est utile non seulement pour le producteur, mais aussi pour ceux qui identifient et valident les changements de qualité. Faute de spécification détaillée, il est impossible d’ajuster la qualité (pour plus de précisions sur les techniques d’ajustement de la qualité, voir le chapitre 7). En outre, grâce aux descriptions détaillées, on peut s’assurer que les prix des mêmes produits sont relevés tous les mois, ce qui est un gage important de continuité et permet à l’office de statistique de valider les données.

6.38 Le questionnaire devrait être conçu de manière à aider le répondant à en extraire rapidement les informations et à faciliter un traitement rapide et précis à l’office. Pour atteindre ces objectifs, il devrait:

  • contenir des instructions claires sur ce que le répondant est tenu de faire;

  • préciser pourquoi l’entreprise a été choisie, quelle est la nature de l’enquête et comment les données sont rassemblées ou publiées;

  • faire en sorte que le répondant puisse le remplir rapidement et avec exactitude;

  • expliquer par des notes justificatives chaque rubrique de données à collecter;

  • utiliser des termes simples et clairs;

  • identifier explicitement l’organisme expéditeur et donner au répondant un contact ou un numéro de téléphone pour régler tout problème;

  • demander les raisons des changements de prix;

  • demander si les produits sont toujours représentatifs ou vendus en volume.

6.39 Il est possible de présenter le questionnaire de diverses façons afin qu’il soit plus facile pour le répondant de le remplir. Par exemple, il pourrait être présenté différemment selon qu’il vise le secteur des biens ou celui des services. En outre, s’il contient une liste de pointage pour toutes les spécifications importantes et les principales caractéristiques servant à fixer les prix, il aidera les répondants et les enquêteurs. Il permettra de vérifier la transaction ou d’indiquer les nouvelles spécifications ou modifications apportées à la base des prix qui pourront être utiles lorsqu’une précédente transaction ne sera plus disponible et qu’une transaction de remplacement sera choisie.

6.40 Pour que le formulaire soit plus facile à remplir, il est entre autres possible d’indiquer dans le questionnaire le dernier prix recensé sur un formulaire «sur mesure» décrivant spécifiquement les produits pour chaque répondant. L’office de statistique sera alors obligé d’améliorer nettement la présentation et l’impression des formulaires. L’impact de cette solution sur les résultats est de nature à susciter des controverses; si le formulaire est plus facile à remplir, il y a un risque que l’enquête soit moins soignée et que le producteur reprenne le prix de la période précédente même s’il a changé. Il y a aussi un risque sur le plan de la confidentialité si le formulaire se perd, voire parvient au mauvais service.

6.41 Pour faciliter la validation et réduire le nombre de contacts ultérieurs avec le producteur, il est utile de prévoir un espace permettant au répondant d’expliquer toute variation inhabituelle de ses prix. Il importe en outre de lui souligner la nécessité de signaler toute modification des spécifications. Un exemple de formulaire de relevé des prix par voie d’enquête postale, dans lequel nombre de ces questions sont prises en considération, est donné au graphique 6.1 à la fin du chapitre.

Graphique 6.1.Exemple de formulaire de relevé des prix pour l’IPP

D.3 Méthodes de collecte des données

6.42 La présente section expose un certain nombre de méthodes de collecte des données. Les principes à la base de la conception des questionnaires exposés ci-dessus s’appliquent à chacune de ces méthodes.

D.3.1 Communication des données par le producteur par voie d’enquête postale

6.43 Les principales règles à suivre pour concevoir le questionnaire devraient être les suivantes.

6.44 Il faudrait que le formulaire soit clairement adressé à l’entreprise en question. Il devrait:

  • indiquer sur la première page le nom de l’institution qui l’expédie;

  • expliquer pourquoi il est expédié et comment ses résultats seront utilisés et préciser auprès de qui le produit final pourra être obtenu;

  • donner le nom et le numéro du contact direct de l’organisme que le répondant peut consulter pour l’aider à le remplir;

  • préciser les obligations statutaires en vertu desquelles le répondant est tenu de le remplir, ainsi que les sanctions en cas de défaut.

6.45 Dans le formulaire, le répondant devrait trouver des descriptions et explications suffisantes, notamment:

  • des notes explicatives pour chaque section où des données sont exigées;

  • une définition claire du produit pour lequel des données sont exigées;

  • la période ou le point dans le temps s’appliquant au questionnaire;

  • des instructions sur la façon de modifier la description du produit;

  • des renseignements sur le lien entre la description du produit et les codes tarifaires de la branche d’activité;

  • les prix antérieurs à corriger éventuellement.

6.46 Il devrait être possible de modifier les renseignements administratifs figurant sur le formulaire, notamment:

  • l’espace prévu pour les observations;

  • le nom et le numéro de contact de la personne le remplissant;

  • l’adresse postale de l’entreprise;

  • les modalités de renvoi (enveloppe préaffranchie).

6.47 Le principal avantage de l’enquête postale est qu’elle est peu coûteuse, en particulier lorsqu’on utilise parallèlement les technologies modernes de traitement des données, ce qui réduit la nécessité pour les opérateurs de les insérer matériellement dans les systèmes. Les régions géographiques étendues et dispersées peuvent être couvertes à un coût supplémentaire minimum. Naturellement, cela suppose que la poste fonctionne bien et soit fiable.

6.48 Les inconvénients de l’enquête postale sont la difficulté d’atteindre un nombre élevé de réponses, ce mode de collecte n’étant pas interactif. Cet inconvénient peut être atténué si la loi sanctionne les défaillants. Des problèmes de qualité risquent de se poser lorsque les répondants n’accordent pas une attention suffisante aux notes et remplissent mal le formulaire. Pour cette raison, il est judicieux de leur expliquer leurs obligations dans un entretien ou par téléphone lorsqu’ils sont initialement choisis pour participer à l’enquête; les contacts personnels devraient être encouragés, même par téléphone, car c’est un bon moyen d’améliorer la qualité des données à communiquer.

6.49 Les contacts pris pour assurer le suivi des défaillances, et les réponses aux demandes d’information sur les données communiquées, peuvent accroître sensiblement le coût des enquêtes postales.

D.3.2 Communication des données par réponse téléphonique automatisée

6.50 Pour établir l’IPP, on recueille en général, auprès des répondants des données détaillées sur un petit nombre de produits. Du fait de la concision du questionnaire, la solution idéale est de leur demander d’utiliser un téléphone à touches en suivant les instructions. Le message préenregistré leur permet de communiquer directement les données mensuelles avec rapidité et exactitude. D’ordinaire, une lettre leur est envoyée pour les inviter à procéder à l’opération. Cette solution présente l’avantage de pouvoir programmer le dialogue de façon à valider les données au cours de la communication. Cela peut se faire en demandant au répondant de laisser un message vocal ou en transférant l’appel à un spécialiste de la collecte des données. En général, cette méthode est avantageuse pour l’office de statistique en ce sens qu’elle réduit les opérations de traitement et donc les coûts, et éventuellement avantageuse pour le répondant, car elle permet une certaine forme de validation en ligne qui lui évite d’être recontacté par l’office de statistique.

6.51 L’un des inconvénients éventuels de cette méthode est la confusion que la technologie crée chez certains répondants, et comme ils ont la possibilité de laisser un message vocal sans commentaires, il peut être nécessaire de les recontacter à des fins d’explication. En outre, cette méthode n’est guère utile lorsque les spécifications des produits sont complexes, car elles doivent être mises à jour fréquemment. Le Royaume-Uni, par exemple, ne l’utilise pas.

D.3.3 Entretien direct

6.52 Cette solution nécessite qu’un enquêteur qualifié ait un entretien avec chaque répondant sur une base régulière (tous les mois ou trimestre, par exemple). Son principal avantage est qu’elle permet de valider les données à la source et de résoudre au cours de l’entretien les difficultés et les divergences de compréhension.

6.53 Son principal inconvénient toutefois est le coût de ces enquêtes, ainsi que les frais de déplacement lorsque de longues distances sont en jeu. Cette méthode présente aussi l’inconvénient pour le répondant de passer du temps avec les représentants de l’office de statistique. La collecte des données sur le terrain n’est pas aussi efficace que dans le cas de l’IPC pour les raisons suivantes:

  • i) les points de vente ne sont pas regroupés dans des agglomérations, mais sont souvent situés dans des zones industrielles décentralisées;

  • ii) il est impossible d’inspecter les produits, de sorte que le contrôle de qualité des spécifications est inférieur.

6.54 Il est également possible d’utiliser dans ce contexte une autre méthode de collecte (questionnaire postal, par exemple) sur une base régulière et d’avoir des entretiens directs moins fréquents afin d’éclaircir des points de détail comme l’assortiment de produits et sa représentativité. Ainsi, certains offices de statistique visitent chaque répondant à tour de rôle tous les cinq ans. Cela leur permet en outre de «former» le répondant à la communication de données de qualité satisfaisante. Cette solution peut être particulièrement avantageuse si elle est utilisée lorsque l’entreprise est incluse pour la première fois dans l’échantillon, car nombre de problèmes peuvent être réglés au cours d’un entretien.

D.3.4 Entretien téléphonique

6.55 Durant la période de collecte, chaque répondant est appelé par un enquêteur qui lui demande de communiquer les données requises et qui valide le formulaire pendant l’appel. Pour faciliter la tâche des enquêteurs, le dialogue peut être préparé à l’avance ou l’entretien assisté par ordinateur. Il importe de leur assurer une formation suffisante pour répondre aux questions qui peuvent être posées pendant la communication. Le principal avantage de cette solution est que les données sont validées au cours de l’appel, mais, là encore, elle est coûteuse en termes d’effectifs et il peut être difficile de contacter le répondant pour obtenir des informations. La technologie qui permet au répondant de n’entrer en communication qu’avec un certain nombre de personnes (grâce à la messagerie vocale) complique l’opération. En outre, il se peut que le répondant n’ait pas les données directement à sa disposition, ce qui le conduit parfois à improviser. La principale crainte que suscite cette méthode est qu’elle risque de fausser les résultats si les répondants reprennent les précédentes observations, en d’autres termes déclarent qu’il n’y a aucune variation de prix.

D.3.5 Communication des données par Internet

6.56 Cette méthode offre de grandes possibilités en termes d’efficacité et d’économies. Elle permet d’envoyer le questionnaire aux répondants en leur rappelant de le retourner par le même moyen de communication. Il est en outre possible de valider les données en temps réel. Le répondant est recontacté moins souvent (encore que les avantages du dialogue disparaissent). L’office de statistique peut traiter plus efficacement les données communiquées et les temps de réaction sont plus rapides que dans le cas de l’enquête postale.

6.57 L’utilisation d’Internet soulève cependant divers problèmes. Pour que la méthode soit efficace, il faut qu’un certain nombre d’entreprises du pays puisse l’utiliser. En outre, la sécurité est cruciale, étant donné la nature commercialement sensible des prix à la production.

D.3.6 Saisie des données sur disquette

6.58 Cette méthode suppose l’envoi d’un questionnaire électronique sur disquette. Le répondant charge la disquette, donne les informations voulues et la retourne à l’office de statistique. Les informations sont alors transférées à la base de données de l’office. Avec cette méthode, il est possible d’assortir le questionnaire de techniques de validation qui permettent d’économiser du temps au niveau du suivi. Toutefois, la procédure est onéreuse et, dans le cas de brèves enquêtes comme celles de l’IPP (peu de données sont collectées), les avantages sont limités.

D.3.7 Transfert électronique de données

6.59 Cette méthode suppose que les données sont transférées directement à partir des systèmes informatiques de l’établissement, aussi permet-elle de collecter une quantité importante de données au moindre coût pour le répondant. Sa mise en place est assez lourde, mais les frais normaux de collecte sont réduits. L’office de statistique doit bien préciser le mode de présentation des données et les protocoles des systèmes informatiques. Il est possible que cette méthode permette d’obtenir des données sur la valeur unitaire, ce qui peut être utile dans le cas des produits étroitement définis et homogènes.

D.3.8 Collecte par courrier électronique

6.60 Le courrier électronique est une autre méthode de collecte utilisable pour envoyer et retourner le formulaire d’enquête. Il est moins efficace que certaines des autres méthodes électroniques mentionnées précédemment; cependant, il pourrait être utile lorsque les services postaux ne sont guère fiables. Il serait aussi utile comme technique de rappel, car il permet de contacter rapidement les répondants. Là aussi, la sécurité est cruciale et, étant donné qu’il est éventuellement moins protégé que les autres modes de collecte électronique, il conviendrait d’examiner attentivement les problèmes juridiques qui risquent de se poser.

D.3.9 Autres sources

D.3.9.1 Publications

6.61 Certaines données peuvent être obtenues à partir de sources publiques comme les publications professionnelles. Il est possible de citer à cet égard les cours des métaux sur les marchés financiers, qui sont publiés dans la presse financière et les revues internationales telles que Metal Bulletin. Les publications sont une excellente source de données sur les prix de ces produits qui présente l’avantage d’être facile à utiliser et relativement peu coûteuse; en outre, elle est moins lourde à gérer pour le répondant. Avant d’utiliser de telles données, l’office de statistique doit avoir la certitude qu’elles sont fiables et que les prix déclarés sont des prix du marché authentiquement indépendants. Il est important de vérifier si ces prix reposent en fait sur des transactions commerciales afférentes à ces produits. Il est également utile de se familiariser autant que possible avec la méthodologie utilisée par l’organisme collecteur.

6.62 Les données recueillies sur les sites des entreprises constituent une autre sous-catégorie de sources publiées qui joue un rôle de plus en plus important. Nombre d’entreprises ont créé de vastes sites qui permettent aux clients de rechercher des produits en fonction de leurs spécifications et, parfois, de les configurer eux-mêmes. Il est alors possible de les acheter directement sur le site. Ce type de sites offre un potentiel extraordinaire pour relever les prix et, en outre, valider les données sur les prix reçues par les circuits plus classiques. Il convient par ailleurs de se demander notamment si le prix sur Internet est un prix marqué ou le prix de transaction et si les gros acheteurs obtiennent des prix plus bas négociés dans le cadre de contrats à long terme, par exemple.

6.63 Un autre point important est que les prix annoncés sur Internet peuvent être des prix de détail. Cependant, les prix de détail et ceux à la production sont parfois les mêmes. Par exemple, l’un des secteurs où la publicité faite sur Internet se prête le mieux à la collecte et à la validation des données sur les prix est celui des ordinateurs individuels, dont les grands fabricants ont créé des sites permettant aux particuliers et aux entreprises d’acheter directement (là encore, il importe de ne pas oublier que des rabais quantitatifs peuvent être offerts).

6.64 Il est bon de rappeler que, même si elles ne servent pas directement à établir l’indice, les sources publiées peuvent fournir des informations précieuses pour la mise en forme et la vérification externe des données et pour la préparation d’analyses sur les principales variations de l’indice.

D.3.9.2 Sources de données réglementaires

6.65 Pour certains produits ou services, il est possible d’obtenir des données auprès des organismes gouvernementaux de réglementation. Ces informations peuvent être de très haute qualité, bien qu’il soit parfois difficile d’y accéder lorsque des règles de confidentialité s’appliquent. Les données sur les tarifs des chemins de fer ou des télécommunications sont deux exemples de prix de services recueillis de cette façon dans plusieurs pays. Il se peut aussi qu’un problème se pose lorsque les prix de détail et ceux à la production sont identiques, mais, souvent, il existe des barèmes différents pour les entreprises et les consommateurs.

D.4 Procédures sur le terrain

6.66 Les méthodes pratiques suivies sur le terrain par de nombreux offices de statistique sont exposées dans la section suivante.

D.4.1 Rabais

6.67 Les prix à la production devraient être les prix de transaction et non les prix marqués. Cela revient à dire qu’il faudrait prendre en compte tous les rabais. Des rabais peuvent être accordés pour de nombreuses raisons, comme la rapidité du paiement, la quantité achetée, la course à la baisse des prix, etc. Il est important que cela soit indiqué clairement lors de la collecte des données. Les rabais quantitatifs peuvent soulever des difficultés particulières lorsque la quantité vendue au client représentatif n’est pas la même d’une période à l’autre, ce qui risque d’entraîner à chaque variation un taux de rabais différent. Dans ce cas, ce sont des variations de volume et non de valeur qui influeraient sur l’indice des prix. Ce problème est fréquent avec les produits des carrières, comme les pavés et le ballast des voies ferrées. L’une des solutions possibles est de rechercher les prix pour la même quantité spécifique ayant fait l’objet d’une transaction typique chaque mois.

6.68 Une forme courante de rabais consiste à vendre, parfois pendant une période limitée, une quantité plus élevée du produit pour le même prix. La spécification du produit devrait contenir des précisions sur la quantité afin de pouvoir procéder à l’ajustement nécessaire. Les rabais rétrospectifs fondés sur les quantités vendues jouent un rôle important dans le secteur manufacturier, mais sont difficiles à saisir avec les techniques normales d’enquête, de sorte qu’en règle générale, ils ne sont pas pris en compte. Il est possible de citer à titre d’exemple les primes que les constructeurs d’automobiles versent aux concessionnaires en fonction du volume de leurs ventes, indépendamment des transactions initiales.

D.4.1.1 Remises

6.69 La remise est une forme de rabais versé (en général) après l’achat et calculé le plus souvent à partir de la valeur cumulée des achats sur une période précise—par exemple, une remise est accordée à la fin de l’année en fonction du total des achats du client pendant l’année.

6.70 Un certain nombre de facteurs complique le relevé des prix réduits et l’identification des rabais. Premièrement, il se peut que le système de fixation des prix de l’entreprise soit complexe et que les conditions dans lesquelles les rabais sont accordés soient exposées en termes peu usuels. Deuxièmement, les règles de fixation des prix et des rabais variant selon les entreprises, il convient d’adapter la collecte des données à chaque entreprise. Troisièmement, dans un certain nombre de secteurs, le montant des rabais et des remises est une information commercialement très sensible et il se peut que seuls les principaux dirigeants de l’entreprise connaissent le rabais exact offert aux meilleurs clients. Pris ensemble, ces trois facteurs montrent que la tâche essentielle des statisticiens de l’IPP est d’identifier et de suivre les rabais.

6.71 Les remises posent des problèmes pratiques majeurs pour l’IPP en ce sens qu’elles sont souvent déterminées par des événements ultérieurs—par exemple, une remise est accordée en fin d’année sur la base des achats de l’année. Ainsi, au début de l’année, on sait que l’acheteur recevra une remise, dont on ignore le montant. Le problème particulier qui se pose est que le prix définitif risque de n’être connu qu’à la fin de la période en question, lorsque la valeur totale des achats sera calculée et, en conséquence, le montant de la remise. Ce type de situation est souvent appelé baisse rétrospective de prix.

6.72 Souvent la remise versée à l’acheteur sous la forme d’une réduction des prix payés sur une année a lieu un mois donné. Cela risque d’entraîner une baisse spectaculaire des prix déclarés pour cette période précise. Les statisticiens devraient prendre soin d’éviter ce genre de problème.

D.4.1.2 Traitement des remises dans l’IPP

6.73 Il faut se demander comment ces rabais devraient être traités. Faudrait-il indiquer dans l’indice, le prix payé chaque mois comme le prix du produit élémentaire? Si tel est le cas, faudrait-il traiter la remise comme une réduction rétrospective de prix et, dans l’affirmative, réviser les prix antérieurs?

6.74 Dans l’ensemble, on estime que, lorsque la remise existe déjà, elle devrait être traitée comme un rabais et déduite du prix mensuel, et non comme une réduction rétrospective de prix. Elle devrait être calculée en fonction de la quantité normale achetée (si l’acheteur est un nouveau client, la base de calcul serait alors la quantité moyenne acquise par les acheteurs de cette catégorie).

6.75 Les changements dans le taux des remises ne devraient être pris en compte que lorsque la remise effective versée pour la même quantité achetée ou vendue varie. Les changements dans les remises versées à un client précis qui a modifié la quantité de ses achats ne seraient pas considérés comme des variations de prix.

6.76 Les indices des prix étant conçus pour mesurer les variations d’un montant constant d’achats ou de ventes, les remises prises en compte devraient être celles qui s’appliquent à ce montant et qui sont clairement indiquées dans la base d’établissement des prix.

6.77 Lorsque les remises sont libellées en valeur monétaire, il importe de ne pas oublier que, du fait de l’inflation, une valeur monétaire ne représente pas un montant réel constant. En conséquence, la valeur monétaire devrait, si possible, être convertie en volume; sinon, la valeur en dollars serait mise à jour tous les ans en fonction de la variation du prix du produit élémentaire en question.

6.78 Si les achats ou les ventes d’un répondant varient sensiblement en volume ou en valeur, la base d’établissement des prix devrait être modifiée en conséquence. Il ne faudrait pas que la variation des remises consenties ait un impact sur l’indice.

6.79 Lorsque différents taux de remise sont offerts, il est nécessaire de déterminer l’importance de chacun d’eux et de relever ceux qui sont significatifs.

6.80 Il convient d’être prudent dans le traitement des baisses rétrospectives de prix. Les révisions apportées aux indices déjà publiés peuvent créer de graves difficultés pour ceux qui les utilisent dans la négociation de contrats.

D.5 Autres variables

D.5.1 Changement dans la qualité ou les spécifications

6.81 Lorsque l’une quelconque des variables de la spécification du produit élémentaire est modifiée, il conviendrait de demander au répondant de donner des informations à ce sujet et de préciser si de nouvelles caractéristiques ont été ajoutées. S’il s’agit d’un simple changement sans effet sur le prix, la spécification devrait alors être mise à jour et ce changement clairement mentionné sur la description du produit. Il faudrait prendre en compte dans l’indice toute amélioration (en termes de coûts de production) ou diminution de la qualité sous forme d’une baisse ou d’une hausse du prix.

6.82 Si le prix du produit varie uniquement ou en partie à cause du changement apporté à sa spécification, le formulaire de collecte des données renvoyé au répondant devrait contenir alors le nouveau prix; cependant, aux fins de l’établissement de l’indice, un ajustement de qualité serait effectué pour indiquer l’absence de variation de prix (puisqu’elle n’a pas été causée par des tensions inflationnistes) du produit dans la base de données. Si, par exemple, le prix du produit augmente de 10% et que le répondant estime que seuls 5% représentent une variation authentique, le reste étant dû au fait qu’il s’agit d’un produit différent assorti d’une nouvelle spécification (amélioration de qualité), alors le rapport de prix ne devrait varier que de 5%.

D.5.2 Produits uniques

6.83 On entend par produit unique celui qui n’est fabriqué qu’une seule fois conformément à la spécification donnée par un client précis. Au sein d’un groupe de produits, chaque produit est différent des autres (chaudières industrielles, navires ou contrat d’audit, par exemple). Il est alors impossible d’observer le prix sur plusieurs périodes. Il existe un certain nombre de solutions à ce problème:

  • i) Établir le prix d’un modèle: il convient de demander au répondant d’indiquer, à partir de ses récentes commandes, un produit fictif doté d’un ensemble minimum de caractéristiques. Pour chaque période, il est invité à fournir un prix hypothétique pour ce produit. Il importe de mettre à jour la spécification du produit à intervalles réguliers. Trois solutions sont possibles pour choisir le modèle (pour un examen approfondi, voir le chapitre 10).

    • a) Choisir et spécifier en détail comme le modèle dont le prix est à relever un produit effectivement vendu au cours d’une période récente.

    • b) Établir un modèle hypothétique représentatif des types de biens ou services produits par le répondant. Il se peut que ce modèle n’ait jamais été (ni ne sera jamais) produit, mais il doit représenter un produit élémentaire qui pourrait facilement l’être.

    • c) Établir un modèle de composantes à utiliser dans les cas où aucun modèle unique ne peut représenter la production du répondant. On peut alors choisir un certain nombre de modèles ou établir un modèle théorique contenant toutes les grandes composantes des divers produits élémentaires offerts (en d’autres termes, les différentes catégories de matériaux et techniques de production utilisées). Dans ce cas, le modèle serait purement hypothétique en ce sens qu’il se pourrait qu’il ne soit jamais produit, mais il serait néanmoins représentatif pour mesurer les variations de prix.

  • ii) Reprendre une vente réelle récente: il convient de demander au répondant de communiquer le prix d’une vente réelle récente et un prix hypothétique pour le même produit pour les mois subséquents. Si la commande n’est pas renouvelée au bout d’un délai acceptable (six à huit mois, par exemple), on cherche alors un produit de remplacement.

  • iii) Établir le prix en fonction de la spécification: un modèle de base du produit ou du service est convenu avec l’entreprise qui, chaque mois suivant, communique le prix des différentes composantes du modèle—par exemple, une heure de comptabilité ou une tonne d’acier, etc.. Lorsque les données sont transférées à l’office, elles sont rassemblées selon une formule convenue avec l’entreprise pour établir un prix chaque mois.

  • iv) Établir le prix à partir des composantes: cette technique suppose de relever les prix de certaines composantes aux fins d’établir le prix de production définitif. Il est important d’inclure la marge du producteur et de s’assurer auprès de lui que les composantes restent représentatives et constituent une très forte proportion du total des intrants. Par exemple, un récent rapport d’un groupe d’étude de l’Union européenne sur les gros investissements laisse entendre que cette solution peut convenir lorsque la valeur ajoutée du fait de l’assemblage des composantes ne dépasse pas 10% de la valeur totale du produit.

6.84 Ces solutions compliquent nettement la tâche du répondant, car il ne peut simplement reprendre les données récentes sur les ventes. La communication de prix exacts à partir de ces méthodes alourdira considérablement ses coûts, de sorte qu’en pratique, le processus comporte un élément d’estimation.

6.85 Dans tous les cas de produits uniques susmentionnés, la principale difficulté est de persuader le répondant des avantages de ces solutions, étant donné qu’il n’offre pas le produit spécifique tel que décrit. Pour résoudre ces problèmes, il peut être nécessaire d’envoyer un enquêteur sur le terrain. Il est important d’inclure dans l’IPP les produits qui se situent à un niveau de base, car ils sont souvent associés à des biens à valeur élevée qui, autrement, ne seraient pas pris en considération. Il est trop facile de choisir un produit parallèle, mais simple—dans la construction navale par exemple, d’ignorer les gros bateaux construits à un seul exemplaire et de se concentrer seulement sur les produits de faible dimension offerts régulièrement comme les canots pneumatiques.

6.86 Pour résoudre le problème du produit unique, on pourrait aussi construire un modèle hédonique, qui permettrait d’évaluer le modèle unique à partir de l’ensemble de ses caractéristiques. Cette méthode, qui va davantage de pair avec les ajustements de qualité, pourrait être utilisée lorsque suffisamment de données sont disponibles. Pour plus de précisions, voir les chapitres 7 et 21 consacrés aux ajustements de qualité.

D.5.3 Valeurs unitaires

6.87 Dans certains cas, il est possible d’utiliser les indices de valeur unitaire pour surmonter les problèmes que posent les produits uniques, mais cette solution n’est recommandée que pour les produits appartenant à un groupe très étroitement défini—par exemple, les pavés. Pour un examen des déficiences des indices de valeur unitaire, voir la section B.2.

D.5.4 Prix de transfert

6.88 Les prix de transfert sont définis au paragraphe 3.79 du SCN 1993:

«… des entreprises affiliées peuvent fixer les prix des opérations qui se déroulent entre elles à un niveau artificiellement haut ou bas pour payer des revenus ou effectuer des transferts en capital non déclarés.»

Il conviendrait d’utiliser les prix de transfert avec prudence, car souvent, ils ne reflètent pas intégralement la véritable valeur des biens ou services qui font l’objet de transactions. Il importe de s’employer à relever les prix de marché ou les prix réels de transaction. Le meilleur moyen d’obtenir les vrais prix de transaction est de veiller à ce que le prix déclaré ait été acquitté par un tiers, et non par une autre entité de la même entreprise. Il peut arriver qu’il ne soit pas possible d’avoir des prix réels de marché sans laisser de côté un trop grand nombre de prix pratiqués pour établir un indice représentatif. Si le seul prix disponible provient d’une autre entité de la même entreprise, ce qui équivaut éventuellement, mais non nécessairement, à un prix de transfert, il convient de faire très attention aux variations du prix de marché du même produit afin de vérifier que les ventes interentreprises reflètent bien les conditions du marché. Il importe à long terme de ne pas enregistrer des prix stables pour ces transactions si les prix de marché varient. Il est également difficile d’obtenir de bonnes informations, à des fins de pondération, sur la valeur de la production ou des ventes, les pondérations des recettes devant refléter les prix de marché.

D.5.5 Questions d’échantillonnage

6.89 L’objectif des indices des prix est de mesurer les véritables variations de prix dans le temps—c’est-à-dire la mesure dans laquelle le coût d’un panier identique de produits varie, indépendamment de l’impact de toute modification de leur qualité ou quantité ou des modalités de leur vente. Ce processus est souvent qualifié de fixation des prix à qualité constante; ce n’est pas un objectif simple, car les caractéristiques des produits vendus sur le marché, y compris les modalités de vente, varient dans le temps. Fréquemment, le produit dont le prix est relevé au cours d’une période n’est plus disponible la période suivante, car ses caractéristiques ont été quelque peu modifiées ou un nouveau produit a pris sa place.

6.90 Les problèmes d’échantillonnage, comme la perte de pertinence de l’échantillon, le fait de ne pas procéder aux ajustements de qualité nécessaires, le choix de produits de remplacement non comparables et des procédures d’appariement inadéquates, réduisent grandement la représentativité de l’échantillon dans le temps; le refus de prendre en compte ces problèmes risque de fausser l’indice. Pour plus de détails, voir le chapitre 7.

6.91 Les enquêteurs doivent concevoir des techniques permettant de réduire au minimum les différences et d’éliminer leur impact sur l’indice.

D.5.6 Discrimination par les prix

6.92 La discrimination par les prix s’entend d’une situation où le même produit est vendu à des prix différents sur différents marchés. Par exemple, la même qualité de blé est vendue à des prix différents sur des marchés, ou un volume différent de blé est vendu au même prix, sur des marchés différents. Lorsqu’une telle discrimination par les prix existe, le prix moyen du blé peut varier dans le temps en raison des variations des proportions vendues sur chaque marché.

6.93 Comment prendre en compte dans l’IPP de telles variations de prix? La réponse dépend de la cause de la discrimination et nécessite d’examiner les diverses formes de discrimination par les prix, qui sont essentiellement au nombre de quatre (voir ci-après). Les quatre facteurs (ou toute combinaison de ces facteurs) peuvent s’appliquer à une spécification particulière.

6.94 En cas de discrimination par les prix, il est très difficile de déterminer la variation de prix lorsque la destination de l’acheteur change. Les statisticiens de l’IPP ne devraient alors spécifier que les acheteurs du produit et les différences dans la qualité ou les conditions de vente entre acheteurs.

D.5.6.1 Différences dans les modalités de vente et les conditions de crédit

6.95 Les conditions dans lesquelles les biens sont vendus varient fréquemment selon les marchés (acheteurs). Par exemple, les prix peuvent être plus bas sur un marché si les biens sont payés à la livraison ou plus élevés sur un autre s’ils sont vendus à crédit. Dans ces cas, il semble raisonnable de soutenir que ces biens ne sont pas identiques. Ce qui en fait est vendu sur le deuxième marché est un mélange de biens et de crédit. Il s’ensuit que les changements de destination ne devraient pas être considérés comme des variations de prix.

D.5.6.2 Différences dues à la durée des contrats

6.96 Lorsque les biens sont vendus dans le cadre de contrats à long terme, les prix peuvent être différents selon les marchés uniquement parce que ces contrats n’ont pas été signés pendant la même période. Dans ces cas, les variations de prix attribuables à des changements de destination devraient à l’évidence être prises en compte dans l’indice. Sinon, on risque d’exclure les variations de prix à long terme de produits dont la destination change dans le temps.

D.5.6.3 Pressions concurrentielles

6.97 Il se peut que les biens soient vendus à un prix inférieur sur certains marchés à cause de la concurrence exercée par d’autres pays (dumping des produits agricoles de l’UE, par exemple), alors que les producteurs d’autres marchés peuvent obtenir des prix plus élevés du fait de l’absence de concurrence. Dans ces cas, les différences entre les marchés représentent de pures variations de prix et devraient être prises en compte comme telles.

D.5.6.4 Différences de qualité cachées

6.98 Pour certains produits élémentaires, comme le fer blanc, les répondants ne communiquent que les prix de produits largement spécifiés. La destination peut alors servir de spécification de fait de la qualité—par exemple, la qualité du fer blanc est différente selon qu’il est expédié à la destination A ou à la destination B. Dans ce cas, les changements de destination ne devraient pas être considérés comme des variations de prix.

D.6 Visites sur les lieux

6.99 Les visites sur les lieux servent deux grands objectifs. En premier lieu, les enquêteurs sur le terrain participent souvent aux opérations d’initialisation et de recrutement pour identifier les produits représentatifs au sein de la gamme de produits du répondant et pour discuter des obligations exactes de communication aux fins de l’IPP. (Les États-Unis, l’Australie et la France utilisent cette solution; en France, des experts se rendent dans les entreprises.) Dans certaines régions (en Europe par exemple, où les États membres mènent une enquête approfondie sur les produits par branche d’origine, PRODCOM), nul n’ignore qu’un groupe de produits est fabriqué par une entreprise dans un secteur donné. Dans ce cas, les produits peuvent être sélectionnés de deux façons: l’entreprise choisit le produit le plus représentatif (celui dont la part en pourcentage dans le chiffre d’affaires du répondant pour cette catégorie de produits est la plus élevée) ou l’enquêteur le choisit avec le répondant. Chaque solution présente des avantages et des inconvénients. Par exemple, seuls les répondants connaissent le produit qui est le mieux placé ou présente le moins de difficultés pour communiquer des données; cependant, il importe d’obtenir un prix pour plusieurs produits qui sont représentatifs de la gamme du répondant. Le répondant et l’enquêteur sur le terrain peuvent alors être amenés à collaborer. Pour plus de renseignements sur la sélection des produits, voir le chapitre 5.

6.100 La deuxième mission importante des enquêteurs sur le terrain est d’aider les répondants qui ont des difficultés à remplir le formulaire—dans le cas, par exemple, des produits uniques ou des réponses tardives. L’enquêteur prend contact avec l’entreprise et se rend sur les lieux pour comprendre les problèmes particuliers que pose le formulaire et pour l’aider à les surmonter. Il s’agit essentiellement d’une opération en aval destinée à résoudre les problèmes, mais une autre solution est d’avoir un programme continu de visites de façon à rencontrer chaque répondant (ou les répondants importants) sur une période donnée. Cela permet de tenir les répondants informés et de faire en sorte que les problèmes ne soient pas ignorés pendant de longues périodes.

D.7 Spécialistes de secteur

6.101 Si son rôle est analogue à celui de l’enquêteur sur le terrain, le spécialiste de secteur se concentre essentiellement sur un nombre restreint de branches d’activité. Puisqu’il faut obtenir des prix de branches très spécialisées comme la chimie et les semi-conducteurs, il est difficile pour l’office de statistique d’assurer la qualité des formulaires de communication de données et d’avoir un dialogue constructif avec les répondants en l’absence d’analystes ayant une connaissance approfondie de ces secteurs complexes. Une petite équipe se spécialise dans un domaine, par exemple l’informatique. Les équipes sont parfaitement à même de saisir rapidement les mutations du marché, les activités des répondants sur le marché et les problèmes particuliers soulevés par les formulaires d’enquête. Ces experts analysent alors les formulaires avec les informations dont ils disposent sur le secteur et aident les répondants à communiquer leurs données.

D.8 Suivi des défaillances

6.102 Étant donné qu’il est important d’atteindre des taux élevés de réponse, il conviendrait d’établir des procédures pour suivre les non-répondants. Faute de telles procédures, le maintien des taux de réponse à un niveau suffisant soulèvera des problèmes dans les enquêtes de prix, même si des sanctions statutaires sont prévues.

6.103 Il est possible de suivre les défaillances en utilisant l’une des méthodes de relevé exposées précédemment. Un rappel par téléphone est une technique efficace, car elle permet au répondant d’exposer ses éventuelles difficultés et il est souvent possible de prendre les données par téléphone (encore qu’il faille indiquer par un signe quelconque la nécessité d’une vérification ultérieure de tout prix obtenu ainsi). Cette technique présente l’avantage de donner des résultats rapides, mais elle oblige l’office de statistique à tenir à jour une liste de personnes à contacter avec leur numéro de téléphone. Ces appels exigeant des effectifs nombreux, il est possible de les cibler sur les principaux répondants, qui sont en général ceux dont la pondération est la plus forte.

6.104 Une lettre de rappel est souvent efficace, en particulier si le pays sanctionne les défauts de réponse. Il est alors possible de donner un ton plus ferme à la lettre, en insistant sur les sanctions. En général, la procédure est bien établie, prévoyant notamment l’envoi d’une lettre recommandée si des poursuites doivent être entamées pour défaut de réponse.

E. Relations avec les répondants

6.105 Le rôle des répondants est très important pour les offices de statistique, car sans eux, il n’y aurait aucune donnée. En conséquence, pour produire de bonnes estimations, il est impérieux d’établir des relations solides avec les fournisseurs de données et de gagner leur confiance.

E.1 Comment réagir aux refus

6.106 Parfois, un répondant déclare à l’enquêteur: «ça suffit» ou «je ne veux plus jamais faire ça». En général, si on lui fournit les informations qui l’aident à résoudre ses difficultés, il continuera à communiquer des données. Dans les exemples précédents, le refus pourrait tenir à des considérations de confidentialité, à un manque d’intérêt ou au nombre trop élevé des formulaires.

6.107 Il est possible de répondre à ces préoccupations comme suit:

  • i) Confidentialité: l’office de statistique est d’autant mieux placé pour régler les problèmes de confidentialité qu’il est indépendant des autres organismes publics. Le FMI (2003) a établi un cadre qui permet d’évaluer la qualité des données de l’IPP. Selon ce cadre, l’autonomie et la confidentialité sont des facteurs importants pour gagner la confiance des répondants. Il est beaucoup plus facile de rassurer le répondant en lui garantissant que les données ne seront pas communiquées à d’autres organismes ou personnes lorsque cette garantie est inscrite dans la loi.

  • ii) Objectif du relevé: il faut ici encore rassurer le répondant en lui indiquant que les prix sont agrégés en un indice publié tous les mois ou tous les trimestres et l’informer de l’importance de sa contribution et de l’emploi qui est fait des statistiques produites.

  • iii) Charge de travail du répondant: il convient de s’entretenir avec le répondant pour s’assurer que les données sont faciles à obtenir et que les spécifications sont toujours pertinentes; il convient aussi de voir si le répondant peut être retiré de l’échantillon lorsque l’entreprise communique des données depuis de nombreuses années.

E.2 Réduction de la charge de travail du répondant

6.108 Outre l’emploi régulier de formulaires sur mesure, qui simplifient considérablement le processus de relevé pour le répondant, les statisticiens responsables de l’IPP peuvent fortement réduire sa charge de travail en utilisant à la place des données à lui demander:

  • i) les données commercialement disponibles qui remplissent les conditions méthodologiques exigées pour les indices de prix, le prix d’achat de ces données étant comparé avec les frais de relevé anticipés et l’avantage d’une réduction de la charge de travail du répondant étant prise en compte;

  • ii) les sources administratives de données sur les prix qui remplissent également les conditions méthodologiques exigées pour les indices de prix.

F. Vérification

F.1 Vérification et validation des prix

6.109 L’objectif de la vérification est d’identifier dès que possible les prix éventuellement inexacts afin de consulter le répondant et de modifier les données si nécessaires. A cet effet, il convient de se poser trois questions importantes:

  • Les données saisies dans le système de traitement sont-elles celles qui ont été relevées?

  • Toutes les données demandées ont-elles été communiquées?

  • Les données relevées sont-elles valides (détection des observations aberrantes)?

6.110 La présente section ne couvre que les deux premières questions; en d’autres termes, il s’agit de vérifications simples effectuées au moment où les données communiquées par les répondants sont saisies dans le système de l’IPP. Il est ainsi possible de vérifier si elles sont crédibles par rapport aux autres données de la même branche d’activité ou sur le même produit. Le traitement des données qui ne sont pas crédibles est abordé au chapitre 9.

F.2 Vérification: marges de tolérance

6.111 Le premier stade de la vérification consiste à établir si les données saisies dans le système pour y être traitées correspondent exactement aux données communiquées. Cette opération peut être effectuée manuellement ou par voie informatique. Il convient de vérifier si:

  • i) tous les champs de données requis ont été remplis;

  • ii) les informations saisies dans la base de données correspondent à celles qui ont été communiquées;

  • iii) tous les champs de données sont remplis dans les limites de fluctuation des paramètres qui sont prévues.

Lorsque les données ont été saisies correctement par l’office de statistique, mais ne passent pas les contrôles de base, le statisticien contacte le répondant pour vérifier les informations ou obtenir les données exactes. Les prix relevés peuvent être comparés à ceux reçus pour la période précédente. Si la variation du prix sort d’une fourchette précise, il conviendrait d’indiquer par un signe quelconque la nécessité d’obtenir des renseignements supplémentaires sur ce prix. Il est alors possible de contacter les répondants qui communiquent des prix contestables pour vérifier si la forte variation est réelle et pour obtenir des explications. Les variations profondes de prix sont classées en deux grandes catégories: celles qui sont erronées et celles qui sont réelles, mais vraiment exceptionnelles. La seconde catégorie est la plus difficile à gérer, car il peut s’agir d’aberrations qui nécessitent éventuellement un traitement spécial dans la procédure d’estimation. Le traitement des aberrations est examiné au chapitre 9.

F.3 Fixation des marges de tolérance

6.112 Les marges de tolérance pour la vérification des données devraient être fixées de façon à ce que toute variation dépassant les anticipations soit signalée à l’intention de celui qui examine les données.

6.113 Il peut être nécessaire d’adapter les marges de tolérance à chaque groupe de produits. Des marges très larges sont éventuellement judicieuses pour les produits dont les prix sont instables (pétrole ou produits élémentaires saisonniers, par exemple) et des marges plus étroites seraient plus indiquées pour d’autres produits dont les prix peuvent être plus stables. Lorsqu’on fixe les marges pour un produit donné, il convient d’analyser les variations de prix sur une certaine période (deux ans au moins), et il est possible d’utiliser à cet effet, par exemple, le premier et le dernier déciles de la fourchette de ces variations.

6.114 Il convient de vérifier non seulement les prix qui varient fortement, mais aussi ceux qui restent inchangés durant une longue période. La plupart des entreprises révisent régulièrement, souvent tous les ans, les prix qui n’ont pas varié pendant longtemps. Si un prix demeure stable pendant 15 mois, par exemple, l’entreprise peut indiquer le même prix par habitude. Dans ce cas, il faudrait la contacter pour vérifier si elle a donné le vrai prix. Lorsque l’inflation est faible, les périodes de stabilité des prix peuvent être plus longues et le nombre d’entreprises ne communiquant pas de variations de prix pendant longtemps risque d’augmenter.

G. Questions connexes

G.1 Prix décalés

6.115 Parfois, il n’est pas possible de relever les prix à temps pour calculer l’indice de la période courante. Pour que l’IPP soit publié en temps voulu, on peut utiliser les prix déjà disponibles ou des prix décalés. Les prix décalés proviennent souvent de sources administratives, le délai s’expliquant par le temps nécessaire pour recueillir les données auprès du fournisseur externe. Il est possible de citer à titre d’exemple de ce qui précède les frais pour les services financiers d’intermédiation et les primes d’assurance.

G.2 Produits saisonniers

6.116 Certains produits ne sont pas disponibles toute l’année—par exemple, les produits élémentaires liés à des festivités religieuses ou certains fruits et légumes frais. La pratique généralement suivie dans ce cas est de reprendre le dernier prix relevé jusqu’à ce que la saison suivante démarre et qu’un nouveau prix puisse être recueilli. Cette procédure tend à freiner les mouvements de l’indice en dehors de la saison et engendre des fluctuations à la hausse ou à la baisse dans l’indice du produit pendant la saison. L’une des solutions possibles est d’estimer les prix manquants à partir des variations à court terme des prix de produits analogues. On peut aussi utiliser des pondérations variables pour chaque période, de sorte que la pondération du produit est égale à zéro lorsqu’il est hors saison. L’inconvénient de cette seconde solution est qu’il est plus difficile d’analyser les effets des points d’indice, car il faut s’assurer que les pondérations correctes sont utilisées chaque mois. Pour plus de précisions, voir les chapitres 10 et 22 sur les produits saisonniers et les chapitres 7 et 9 sur les techniques d’estimation.

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