Chapter

4. Les pondérations et leurs sources

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 2009
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A. Introduction

4.1 L’indice des prix à la production (IPP) est calculé en établissant la moyenne des rapports de prix des nombreux produits dont les prix sont relevés. Cette moyenne est pondérée pour refléter l’importance de chaque produit, mesurée par sa part dans la production totale de l’établissement1. L’idéal serait que chaque prix relevé soit assorti d’une pondération. Toutefois, cela n’est pas toujours réalisable, ni économiquement rationnel (voir chapitre 5)2. Dans le présent chapitre, nous examinons les questions statistiques qui sous-tendent l’établissement des pondérations, décrivons et évaluons les diverses sources de données traditionnellement utilisées pour calculer les pondérations et proposons quelques autres sources et méthodes pour ces calculs. Enfin, nous décrivons comment il est possible en pratique d’élaborer les pondérations.

B. Rôle des pondérations

4.2 L’IPP est calculé à partir des nombreux prix relevés pour les activités économiques et les produits choisis dans tous les types d’établissements. Ces prix sont d’abord agrégés de façon à pouvoir établir des indices pour chaque produit. Par exemple, 10 prix pour différents types de transactions afférentes à un produit peuvent être relevés dans un établissement, puis agrégés afin d’établir l’indice pour le produit de cet établissement. En général, on ne dispose pas de pondérations pour ces transactions individuelles et l’indice pour le produit de cet établissement est donc calculé avec la moyenne non pondérée des prix recueillis pour les diverses transactions. Une fois cette opération accomplie, les indices par produit/établissement sont agrégés afin d’établir ceux du sous-groupe et groupe et, en fin de compte, l’indice pour l’ensemble des produits (voir graphique 4.1 à la section C.4). Comme les chiffres de la production ou des ventes sont plus élevés pour certains produits, chaque produit est assorti d’une pondération correspondant à son importance dans la production ou les ventes totales au cours de la période de référence. Les rapports de prix de chaque produit sont multipliés par ces pondérations afin de calculer un indice composite moyen pondéré.

4.3 Ainsi, les pondérations sont indispensables pour construire un IPP. Elles déterminent l’impact de la variation d’un prix donné sur l’indice global. Dans certains pays par exemple, une hausse de 5% du prix des produits laitiers a une incidence beaucoup plus forte sur le taux moyen de variation des prix du secteur de la production qu’une hausse de 5% du prix du thé, car la production en valeur du lait est plus élevée que celle du thé. Sans les pondérations, les variations des prix relatifs de tous les produits du panier de l’IPP auraient la même importance dans le calcul de cet indice. Naturellement, s’il n’y avait aucune dispersion des variations de prix, les pondérations n’auraient pas d’importance.

4.4 Les niveaux de production des établissements varient dans le temps en fonction de la situation économique. Certains produits et secteurs d’activité prennent ou perdent de l’importance. Les offices de statistique devraient mettre à jour périodiquement les pondérations utilisées pour l’IPP afin de refléter cette évolution de la structure des marchés. La meilleure solution semble être de procéder à une telle mise à jour au moins une fois tous les cinq ans. Des précisions sur la façon de mettre en place de nouvelles pondérations pour l’IPP sont données au chapitre 9, section C.

C. IPP: structure et pondérations appropriées

C.1 Pondérations en valeur

4.5 La production en valeur est l’agrégat tiré de la comptabilité nationale qui correspond au prix de base reçu par le producteur de biens ou le prestataire de services (voir chapitre 14). Ainsi, lorsqu’on estime l’IPP en utilisant la moyenne pondérée des rapports à long terme (c’est-à-dire, le prix courant divisé par celui de la période de référence comme dans l’équation [4.2] de la section C.2), la meilleure solution est d’avoir des pondérations de la production en valeur aux prix de base pour tous les niveaux d’agrégation de l’indice (de celui de l’agrégat élémentaire du produit/produit de base au sein de l’établissement à l’indice total de la production par secteur d’activité ou produit).

4.6 Étant donné que l’IPP peut également être utilisé pour mesurer les variations des prix des intrants intermédiaires, les pondérations en valeur pour l’indice des intrants seraient le coût des intrants pour le producteur. Dans le cadre présenté au chapitre 14, cette valeur serait le coût des intrants intermédiaires évalués à leur prix d’acquisition.

4.7 Le recours aux valeurs pour pondérer les rapports de prix à long terme (c’est-à-dire le prix courant divisé par celui de la période de référence) permet de conserver la quantité de la période de référence («quantité fixe»). En multipliant la pondération en valeur par le rapport de prix à long terme, on estime ce que coûterait aux prix courants la production en volume de la période de référence des prix.

4.8 La production en valeur comprend les recettes tirées par les établissements de la vente des produits en question et la variation en valeur des stocks de biens finis disponibles à la fin de la période. Si elle n’est ni disponible, ni fiable en raison de doutes sur l’estimation des stocks, il est possible d’utiliser les ventes totales (chiffre d’affaires). Les expéditions en valeur (en d’autres termes, la valeur des biens expédiés aux prix de base) constitueraient une mesure analogue.

C.2 Pondérations en quantités

4.9 Selon la formule classique de Laspeyres, les quantités de la période de référence peuvent être utilisées comme pondérations pour évaluer la production en volume de cette période aux prix de la période en cours. Prenons l’égalité suivante:

ILc,m est le rapport de prix de Laspeyres pour la sous-classe « pendant le mois «,
Pim est le prix moyen du produit « pendant le mois «,
Qi0 est la quantité de produit « achetée ou vendue pendant la période de référence «0»
Pi0 est le prix moyen du produit « pendant la période de référence «0».

La valeur au numérateur est souvent désignée comme la production de la période de référence en valeur courante. Elle indique ce que coûterait aux prix courants la production en volume de la période de référence. Elle est comparée avec la production en valeur de la période de référence au dénominateur afin de calculer le rapport de prix à long terme.

4.10 Il est judicieux d’utiliser des pondérations en quantités aussi longtemps que le même produit spécifique reste dans l’état où il était pendant la période de référence, c’est-à-dire sans différence de qualité. Si les caractéristiques techniques servant à déterminer les prix des diverses transactions couvertes sont différentes, nous avons alors une dissimilarité et les transactions dont les caractéristiques sont différentes devraient être assorties de pondérations distinctes.

4.11 Les pondérations en quantités ne sont envisageables en pratique qu’au niveau détaillé. Aux niveaux supérieurs d’agrégation (groupe de produits ou secteur d’activité par exemple), un agrégat en valeur est mieux adapté au calcul de l’indice, car il n’existe pas de quantités uniques significatives qui puissent s’appliquer aux différents produits3. Ainsi, l’indice au niveau agrégé serait, comme dans l’équation (4.1), le ratio de la somme des quantités de la période de référence évaluées aux prix courants à la somme des valeurs de la période de référence; cependant, les valeurs au numérateur sont celles qui résultent de l’addition des valeurs calculées aux prix courants pour chacun des produits. Une solution plus simple peut être d’utiliser une moyenne de rapports de prix pondérée en valeur sur la période de référence, comme dans l’équation:

C.3 Pondérations d’extrants nettes

4.12 L’extrant d’une activité est souvent utilisé comme intrant d’une autre au sein du même groupe d’activités (voir les chapitres 2 et 17). L’utilisation de pondérations en valeur brute pour les deux activités aboutirait à un double comptage, car la valeur de l’extrant de l’une (matières premières, par exemple) est un intrant de l’autre (biens assemblés). La valeur de l’extrant de la seconde activité comprend donc celle de la première. Si les deux activités sont agrégées pour produire un indice de groupe, l’importance de la première est comptée deux fois dans l’indice. Pour éliminer ce double comptage, il est possible de calculer des pondérations nettes.

4.13 L’une des principales fonctions des indices des prix est d’analyser les variations de prix auxquels font face les acheteurs de produits particuliers. Il se peut que cette analyse ne pose aucun problème à un niveau détaillé, car les indices des prix des produits sont particulièrement utiles à cet égard. Ainsi, une variation de l’indice du «lingot d’aluminium primaire allié» est facile à interpréter par l’acheteur de ce produit. Cependant, lorsque divers produits ou secteurs d’activité sont en jeu, l’interprétation des variations des prix risque de ne pas être simple en cas de surpondération. Par exemple, si le prix de base de l’aluminium augmente, comment interpréter un indice pour les produits métalliques comportant plusieurs types d’aluminium à différents stades de production? Pour interpréter correctement cet indice composite, il est nécessaire de savoir comment ses différents éléments ont été agrégés, et plus particulièrement comment ils ont été pondérés afin d’établir l’indice de niveau supérieur.

4.14 L’utilisation de pondérations d’extrants nettes élimine le double comptage lors de l’agrégation. Cependant, il est nécessaire de définir la structure d’agrégation avant d’établir ces pondérations, car elle permet de déterminer les prix à prendre en compte. C’est à partir de ce moment seulement que la structure des pondérations est identifiée et la valeur de chaque composante fixée. Les pondérations d’extrants nettes sont donc établies en deux étapes:

  • i) Définition de l’agrégation pertinente, de façon à pouvoir identifier la fraction de la production achetée à l’extérieur de cette agrégation.

  • ii) Attribution aux produits de l’agrégation de pondérations reflétant uniquement la valeur de la production achetée à l’extérieur de l’agrégation; ces pondérations sont appelées pondérations d’extrants nettes, car elles n’incluent que la production en valeur qui sort de l’agrégation (en d’autres termes, la production nette).

4.15 Lorsque ce type de structure de pondération est utilisé, les variations des prix des produits ne sont prises en compte que dans la mesure où ces produits sont vendus en dehors de la structure d’agrégation. Ainsi, chaque indice composite peut être considéré comme une mesure des variations, pour les acheteurs, des prix de la production finale des entreprises incluses dans la structure d’agrégation.

4.16 Dans de nombreux pays, les pondérations d’extrants nettes sont utilisées pour mettre au point des indices composites au stade de transformation. Dans ces agrégations, les pondérations assignées aux produits vendus pour répondre à la demande finale excluent la valeur de biens utilisés comme intrants intermédiaires afin de ne pas donner trop d’importance aux variations des prix des biens intermédiaires pendant le processus de production.

C.4 Questions de classification

4.17 Aux fins de l’application des pondérations, les produits sont regroupés, soit parce qu’ils ont une destination finale commune, soit parce qu’ils sont considérés comme des substituts les uns des autres4. Ces familles de produits sont réunies à différents niveaux pour former une hiérarchie dans un système de classification. Chaque produit a une place unique dans la classification utilisée. Ces critères ont été utilisés lorsque les classifications, dont la classification internationale type, par industrie, de toutes les branches d’activité économique (CITI), ont été établies.

4.18 À des fins de comparaison internationale et de cohérence interne, le système de classification des biens et des services devrait s’aligner sur la version 1.1 (la plus récente) de la classification centrale des produits (CPC) ou la classification des produits par activité. En termes d’activités économiques, les établissements devraient être classés en utilisant la CITI, révision 3, la nomenclature générale des activités économiques dans les Communautés européennes (NACE), révision 1, ou un produit dérivé de ces systèmes de classification. Du point de vue des pays, il est également souhaitable que la classification utilisée soit cohérente pour l’ensemble des statistiques sur les entreprises et la production (par exemple, statistiques tirées d’un recensement des établissements ou d’enquêtes par secteur d’activité).

4.19 Un code de produit est assigné à chaque produit retenu pour l’IPP conformément à son système de classification. De même, un code d’activité économique est assigné conformément au système de classification industrielle à chaque établissement. Des sous-indices par produit sont calculés selon le système de classification des produits en regroupant les transactions choisies. Ces transactions peuvent aussi être agrégées selon le système de classification industrielle afin de produire des indices par activité économique. Ces sous-indices sont de nouveau agrégés en suivant la hiérarchie des systèmes de classification pour parvenir aux grands groupes ou divisions et, en fin de compte, à l’indice pour l’ensemble des produits, comme indiqué au graphique 4.1. Comme les intrants risquent d’être surpondérés dans l’agrégation servant à calculer les indices au niveau supérieur, l’office de statistique peut choisir d’utiliser des pondérations d’extrants nettes (voir section précédente).

Graphique 4.1.IPP: structure d’agrégation typique

4.20 Cette agrégation commence avec l’échantillon de transactions afférentes aux produits spécifiques retenus au sein des établissements. Les prix de transaction ou rapports de prix sont agrégés en utilisant la formule de l’indice des prix pour parvenir au premier niveau d’agrégation de l’indice, qui est qualifié d’agrégat élémentaire ou d’indice élémentaire. Souvent, aucune pondération n’est calculée en deçà du premier niveau d’agrégation. Cet agrégat est en général utilisé pour des catégories spécifiques de produits au sein de la classification. Dans notre exemple, nous employons le niveau du code de produit à huit chiffres. À tous les niveaux suivants (établissement, code de produit à six chiffres, etc.), il est nécessaire d’obtenir un ensemble cohérent de pondérations d’agrégation. Par exemple, les pondérations pour l’échantillon d’établissements devraient couvrir tous les secteurs d’activité à quatre chiffres, même si tous les établissements ne sont pas retenus. En d’autres termes, les pondérations pour les établissements non retenus doivent être attribuées à ceux qui ont été retenus. En outre, les pondérations pour les produits choisis au sein d’un établissement devraient inclure la pondération globale pour cet établissement. Une fois les pondérations établies à ces niveaux, il est relativement simple de faire les agrégations par secteur d’activité ou produit afin d’obtenir les agrégats de niveau supérieur.

C.5 Secteurs d’activité et produits peu importants

4.21 La part de certains produits ou secteurs d’activité dans la production totale n’est guère importante. Par exemple, un secteur d’activité qui représente moins de 0,1% de la production au sein des secteurs de l’industrie ou des services pourrait être exclu de l’échantillon. Dans de tels cas, sa production devait être répartie entre les secteurs retenus ou attribuée à un secteur très proche. Il serait aussi possible d’agréger logiquement des petits secteurs offrant des produits connexes qui répondent aux critères de dimension minimum. Une procédure analogue serait également appliquée aux produits peu significatifs. Dans chaque cas, la pondération pour la composante exclue de l’échantillon doit être prise en compte dans la structure des pondérations.

4.22 Il peut arriver qu’un secteur d’activité ou un produit important se situe en deçà du seuil retenu. Dans ce cas, si aucune agrégation n’est à l’évidence logique, il faut peutêtre que ce produit ou secteur d’activité fasse l’objet d’une publication séparée. Cette situation se rencontre souvent dans les secteurs en croissance dont les branches d’activité ou les produits prennent naturellement davantage d’importance dans le temps. L’office de statistique souhaite les inclure, car leur contribution à l’activité économique devient significative avant la mise à jour suivante des pondérations.

C.6 Période couverte par les pondérations (période de référence)

4.23 La période de référence des pondérations est celle, généralement une année complète, que couvrent les pondérations. L’exactitude et la fiabilité d’un IPP dépendent, en grande partie, de la structure des pondérations. Pour cette raison, le choix de cette période est crucial. Cette période devrait: (i) être raisonnablement normale/stable et (ii) ne pas trop s’écarter de celle de référence des prix.

4.24 Les périodes de référence utilisées pour l’indice devraient être les mêmes pour les pondérations et les prix. Lorsqu’elles diffèrent, les pondérations devraient être mises à jour pour tenir compte des variations de prix entre les deux périodes. Par exemple, si les pondérations portent sur l’année civile 2001 et que le prix de référence soit celui de décembre 2001, les pondérations devront être ajustées pour tenir compte de la variation entre le prix moyen de l’année civile et le prix de décembre. Ce point est approfondi au chapitre 95.

4.25 Les périodes choisies pour les pondérations peuvent être multiples en fonction de la formule de calcul de l’indice. Au chapitre 15, il est recommandé d’utiliser un indice symétrique qui nécessite des pondérations pour la période de référence et la période en cours. En pratique, il est fréquent que les pondérations disponibles pour la période en cours ne soient pas suffisamment échelonnées dans le temps, aussi les pondérations de la période de référence sont-elles normalement utilisées. Par exemple, les pondérations peuvent représenter: (i) la production en valeur de la période de référence des prix (indice de Laspeyres), (ii) la production en valeur de la période en cours (indice de Paasche) ou (iii) la moyenne géométrique des valeurs des périodes de référence et en cours (indice de Fisher ou de Törnqvist). Un indice calculé en utilisant des pondérations en quantités ou en valeur pour la période en cours ne peut être établi qu’avec un certain décalage, car il faut du temps pour recueillir et traiter les données courantes sur la production. Pour cette raison, la plupart des offices de statistique adoptent un indice de type Laspeyres, qui nécessite des pondérations en quantités ou en valeur uniquement pour la période de référence des prix.

4.26 Les pondérations utilisées renvoient en général à une seule année civile. Dans certains cas, les données d’une seule année risquent de ne pas être suffisantes parce que la situation économique est atypique ou l’échantillon de l’enquête n’est pas assez vaste. La moyenne des données de plusieurs années peut fournir la meilleure période de référence des pondérations, car elle réduit l’échantillonnage et la variance saisonnière des données sur la production ou les ventes pour un échantillon annuel précis6.

4.27 Dans le cas des produits saisonniers (voir chapitre 22), il est peut-être souhaitable de mettre au point des pondérations distinctes par mois ou par trimestre pour calculer les indices au niveau de l’agrégat élémentaire. Outre des informations pour chaque période de l’année, cette solution peut nécessiter des données supplémentaires pour la même période d’un certain nombre d’années antérieures.

D. Pondérations au niveau de l’agrégat élémentaire ou de la strate

D.1 Couverture des pondérations

4.28 Le calcul des indices pour l’ensemble des secteurs d’activité ou des produits commence avec la mesure de la variation des prix relatifs pour un agrégat élémentaire, qui représente le premier niveau auquel les observations de prix sont agrégées pour calculer l’indice. À ce niveau, parfois appelé strate, des pondérations sont nécessaires pour calculer les indices de niveau supérieur. Cela nécessite en général d’agréger les indices du niveau produit ou établissement pour obtenir les indices par groupe de produits ou par secteur d’activité. L’indice composite élémentaire couvre tous les prix recueillis pour un produit dans une strate. La stratification peut se faire par produit, secteur d’activité, dimension de l’établissement ou par une certaine combinaison de ceux-ci.

4.29 Il est important que les pondérations pour chaque indice élémentaire représentent la valeur de l’ensemble de la production au sein de la strate, et non simplement la valeur de l’échantillon de produits donnés dans des établissements particuliers choisis pour représenter cet agrégat. (La question de la représentativité de l’échantillon de produits élémentaires est traitée au chapitre 5.)

4.30 En deçà de l’indice élémentaire, il se peut que les prix de transaction pris séparément ne soient pas pondérés, l’office de statistique n’ayant pas recueilli de données supplémentaires sur la production ou les ventes des produits élémentaires de l’échantillon au sein des établissements7. Si aucune pondération n’est disponible, on suppose, en fonction de la formule utilisée (voir chapitre 9), que toutes les pondérations sont égales (approche de la moyenne des ratios de prix) ou que les pondérations sont proportionnelles aux prix de leur période de référence (approche du ratio des prix moyens)8. La première approche revient à dire que chaque prix relevé pour l’agrégat élémentaire est aussi important que n’importe quel autre prix, c’est-à-dire que les parts de la production en valeur sont égales. Dans le cas du ratio des prix moyens, l’importance de chaque prix observé dépend de son niveau pendant la période de référence et du fait que toutes les quantités produites sont égales. Cette solution est appropriée si, pendant la période de référence, la production en valeur est proportionnelle au niveau des prix relatifs. Ainsi, les produits élémentaires dont les prix sont élevés pendant la période de référence revêtent davantage d’importance.

4.31 Une fois calculés les indices des prix des agrégats élémentaires, les indices par produit/secteur d’activité correspondent à des agrégats pondérés des indices de chaque agrégat élémentaire. Les indices par produit sont ensuite agrégés suivant la hiérarchie de la classification, et assortis des pondérations appropriées tout au long du processus. Par exemple, supposons que l’agrégat élémentaire est établi au niveau du code par produit à huit chiffres (comme au graphique 4.1). Toutes les transactions au sein de cette classification sont utilisées pour estimer l’indice par produit à huit chiffres. Chaque indice est assorti d’une pondération et les indices sont agrégés de façon à obtenir l’indice du niveau du groupe de produits à six chiffres. Tous les indices à six chiffres sont de nouveau agrégés en utilisant les pondérations de production au niveau à six chiffres pour obtenir les indices à quatre chiffres et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’indice pour l’ensemble des produits soit obtenu. En outre, les indices par produit à huit chiffres peuvent être agrégés pour calculer les indices par secteur d’activité, lesquels peuvent aussi être agrégés suivant la classification industrielle pour calculer les indices au niveau groupe et division.

D.2 Sources des pondérations

4.32 Les principales sources d’information pour établir les pondérations afférentes à l’IPP sont les recensements axés sur l’activité économique ou les établissements, les enquêtes annuelles par secteur d’activité et les registres des entreprises.

D.2.1 Recensements économiques ou des établissements

4.33 Le recensement économique couvre tous les établissements qui ont une activité de production à l’intérieur des frontières géographiques du pays. Il peut être mené sur plusieurs années et couvrir des activités différentes à des phases différentes du cycle. Par exemple, il serait procédé une année à un recensement de l’agriculture, puis l’année suivante de l’industrie (industries extractives ou manufacturières et approvisionnements en énergie) et l’année suivante des services. Parfois, des seuils sont prévus afin d’exclure les petits établissements. Ainsi, certains pays ne prennent pas en compte ceux qui emploient moins de cinq salariés ou dont la production annuelle est faible. Par contre, ces pays peuvent compléter le recensement en utilisant un échantillon de petits établissements seulement.

4.34 Une comptabilité détaillée de la production annuelle en valeur (aux prix de base) et en volume selon une classification précise des produits est en général obtenue au niveau de l’entreprise ou de l’établissement. Elle devrait comprendre les ventes et stocks par produit, ainsi que les intrants en valeur et en volume aux prix payés par les producteurs. Ces données peuvent être utilisées pour calculer les pondérations en valeur selon la classification détaillée des produits et par établissement. C’est une excellente source de données pour les pondérations, en supposant au préalable que la couverture de l’activité soit complète.

D.2.2 Enquêtes auprès des entreprises ou par secteur d’activité

4.35 Ces enquêtes diffèrent des recensements essentiellement sur trois points: (i) leur couverture s’en tient à un échantillon d’établissements (au lieu d’une énumération complète), (ii) le détail des produits est limité à un niveau d’agrégation plus élevé, groupes par exemple, et (iii) les catégories de données demandées sont en général plus restreintes. Par exemple, il est possible, dans le recensement, d’obtenir des informations sur le produit au niveau du code par produit à huit chiffres avec des précisions complètes sur les ventes et les stocks. En ce qui concerne les secteurs d’activité toutefois, les données des enquêtes sont indiquées au niveau du code à six chiffres et ne sont sollicitées que pour les ventes. En outre, les données peuvent être indiquées uniquement au niveau de l’entreprise plutôt que d’être ventilées par établissement.

4.36 Dans ces cas, les pondérations disponibles porteront en général sur des niveaux supérieurs d’agrégation, comme le groupe de produits ou le secteur d’activité, et non sur des niveaux détaillés, comme le produit ou l’établissement. L’utilisation de ces pondérations pour l’IPP dépendra de la façon dont la structure d’agrégation a été mise au point. Si de multiples pondérations à plusieurs niveaux (par exemple, une série de pondérations à partir du niveau du secteur d’activité et une autre en deçà du niveau de l’établissement) ont été établies, les résultats de l’enquête pourraient être utilisés pour des agrégations à des niveaux supérieurs, les pondérations aux niveaux inférieurs étant déterminées séparément. Ainsi, il serait possible d’utiliser les pondérations basées sur les enquêtes pour procéder à des agrégations à partir du niveau par secteur d’activité à quatre chiffres et les pondérations d’échantillonnage (en d’autres termes, les fractions échantillonnées par les méthodes de tirage aléatoire) au niveau de l’établissement ou du produit. Dans ce dispositif, les pondérations aux niveaux supérieurs seraient mises à jour périodiquement à l’aide des données des enquêtes par secteur d’activité, tandis que celles aux niveaux inférieurs le seraient à mesure que les échantillons des établissements ou des produits seraient mis à jour. Ce processus est approfondi au chapitre 5.

D.2.3 Comptes nationaux

4.37 Les données de source exposées ci-dessus devraient pour la plupart servir à établir le compte de production de la comptabilité nationale; cependant, des différences importantes peuvent exister. Dans un certain nombre de pays, les enquêtes annuelles par secteur d’activité peuvent souffrir d’une couverture très incomplète par suite de l’exclusion d’activités informelles. Les comptables nationaux procèdent souvent à des ajustements à partir de diverses sources pour corriger les insuffisances de cette nature ou les biais connus dans les données des enquêtes. Une fois ajustées, les données des comptes nationaux sur la production par secteur d’activité peuvent être une meilleure source d’information pour les pondérations au niveau du secteur d’activité que les données initiales de l’enquête.

4.38 Les comptes nationaux fournissent des précisions supplémentaires sur les pondérations, en particulier si des tableaux des ressources et des emplois ou d’entrées-sorties sont disponibles. Les informations sur les flux de produits de base pour divers secteurs d’activité ou produits par catégorie d’emplois sont une excellente source de renseignements sur les pondérations nettes lors de la mise au point d’indices au stade de transformation9.

D.2.4 Registre des entreprises

4.39 La plupart des pays tiennent à jour un registre du commerce, où figure une liste des entreprises participant aux activités de production. Ces registres contiennent en général des informations sur le lieu, l’activité économique, la dimension (par exemple, effectifs, livre de paie, valeur de la production annuelle ou chiffre d’affaires), les personnes à contacter, les impôts, etc. Ils peuvent être une source de renseignements pour les pondérations, en particulier si les recensements économiques ne sont pas menés sur une base régulière ou si les enquêtes annuelles ne donnent pas suffisamment d’informations pour établir les pondérations. Cela est particulièrement vrai lorsque leurs informations sont constamment mises à jour et lorsqu’ils contiennent des données au niveau de l’établissement.

4.40 L’utilisation de ces registres pour les pondérations présente plusieurs lacunes. Souvent, ils ne sont à jour que lorsque l’entreprise commence ses opérations et que celles qui n’exercent plus leurs activités en sont éliminées. Les informations sur la dimension de l’entreprise doivent également être mises à jour régulièrement. La plupart des informations concernent éventuellement la date à laquelle l’entreprise a été inscrite dans le registre. En outre, le registre peut contenir une liste d’entreprises qui ne sont pas nécessairement utiles pour l’IPP, l’objectif étant d’obtenir des informations au niveau de l’établissement. Le registre n’offre pas en général d’informations sur les produits, ce qui revient à dire qu’il faudra collecter des données supplémentaires avant de pouvoir établir les pondérations au niveau du produit.

D.2.5 Autres sources

4.41 Il est possible d’obtenir diverses données administratives sur la production en valeur auprès des organismes publics responsables de la réglementation ou du suivi de certaines activités économiques. Par exemple, des organes publics nationaux, régionaux ou locaux réglementent de nombreux services d’utilité publique, de communication ou de transport. En général, ils ont besoin de rapports annuels détaillés contenant des informations sur la production en valeur et le chiffre d’affaires. En outre, ils ont des dossiers sur l’ensemble des entreprises/établissements réglementés, qui peuvent être utilisés comme source pour une base de sondage.

4.42 Les associations industrielles sont une autre source de renseignements pour les pondérations. Elles sont nombreuses à conduire des enquêtes qui contiennent des données détaillées sur la valeur des ventes par produit. Lorsqu’une ou deux grandes entreprises dominent un secteur d’activité, leurs parts de marché peuvent être une source de données.

4.43 Des données sur le chiffre d’affaires de gros ou de détail sont produites régulièrement dans de nombreux pays. Si elles sont tenues à un niveau détaillé d’activité économique, elles pourront servir de source pour les pondérations afférentes aux activités économiques de gros et de détail dans la mesure où le commerce de gros ou de détail sera inclus dans l’IPP et où les informations des enquêtes seront jugées fiables à cet effet.

4.44 Les relevés douaniers sont une autre source d’information sur les exportations par produit et par entreprise. S’ils sont détaillés et exploitables à des fins statistiques, il devrait être possible d’obtenir des données sur les produits par entreprise exportatrice, qui constitueraient une source d’information pour les pondérations, ainsi qu’une base éventuelle de sondage pour les produits exportés.

4.45Les offices de statistique devraient veiller à ce que les informations provenant d’autres sources éventuellement utilisables cadrent avec les définitions de l’IPP. Quel que soit le concept de pondération utilisé pour l’IPP (produit, production, ventes ou expéditions en valeur), les données tirées de ces sources devraient suivre cette définition. Par exemple, il se peut que les données sur le chiffre d’affaires de gros ou de détail soient disponibles au niveau (détaillé) du produit. L’une des difficultés qu’elles soulèvent est qu’elles mesurent les ventes au prix d’acquisition, ce qui est incompatible avec d’autres pondérations établies à partir de la production aux prix de base. L’office de statistique devrait ajuster les informations sur les ventes pour tenir compte des impôts sur les produits (TVA par exemple) et des frais de transport facturés séparément. Cet ajustement permet de calculer le chiffre d’affaires aux prix de base; cependant, pour obtenir une mesure de la production, l’office de statistique devrait aussi estimer les stocks de chaque produit. Dans notre exemple, si les expéditions en valeur étaient le concept utilisé pour les pondérations, il suffirait alors de procéder à l’ajustement nécessaire pour calculer les prix de base.

4.46 Les offices de statistique doivent également ajuster les données de source primaire pour tenir compte des incohérences ou erreurs connues, celles de déclaration n’étant souvent constatées dans les recensements ou enquêtes que lorsque les résultats définitifs sont disponibles. Ils doivent s’assurer que les ajustements nécessaires ont été apportés lorsqu’ils calculent les pondérations de l’IPP. Par exemple, une enquête auprès des établissements permet d’obtenir des pondérations sur la production totale par produit, qui comprend la valeur totale des stocks. S’il se rend compte que la production en valeur ne devrait comprendre que les variations des stocks, l’office de statistique doit revenir aux données de source et enlever du chiffre définitif des stocks leur valeur en début de période10.

E. Pondérations des produits et des transactions

4.47 Le choix des transactions permettant d’observer les variations de prix pour chaque secteur d’activité ou produit des systèmes de classification est une question d’échantillonnage qui sera approfondie au chapitre 5. Les pondérations en valeur au niveau du secteur d’activité ou du produit seront en général obtenues à l’aide de l’une des sources examinées à la section précédente. Dès que ces résultats sont disponibles, il faut déterminer les transactions spécifiques sur biens et services qui doivent constituer chaque agrégat élémentaire de l’IPP. Les données provenant des recensements industriels sont préférables, car ils offrent une couverture des biens et services beaucoup plus large que celle qui peut éventuellement être observée dans la plupart des enquêtes auprès des entreprises. Cependant, même ces recensements ne contiendront pas de détails sur chaque transaction constatée. Pour cette raison, chaque agrégat élémentaire de l’IPP doit être représenté par certains biens ou services jugés importants ou caractéristiques des variations typiques des prix relatifs pour leur classe. Les variations des prix relatifs de ces biens ou services font alors l’objet d’un suivi et leur moyenne est par la suite utilisée comme mesure des variations des prix relatifs pour cet agrégat élémentaire.

E.1 Pondérations explicites ou implicites

4.48 Une fois choisi l’échantillon de transactions représentatives, il faut voir s’il est possible de calculer des pondérations explicites. Si on a recours à des techniques de tirage aléatoire, les intervalles de sondage (l’inverse des fractions sondées)11 sont utilisés comme pondérations.

4.49 Dans le cas des échantillons sélectionnés par tirage raisonné, les pondérations au niveau du secteur d’activité et de l’établissement choisis devraient être ajustées pour tenir compte de celles des transactions non retenues dans l’échantillon. Ainsi, la pondération pour les petits secteurs d’activité non choisis devrait être attribuée à ceux qui ont été sélectionnés. La même approche est utilisée pour les établissements; la pondération pour ceux qui n’ont pas été choisis dans un secteur d’activité doit être attribuée à ceux qui ont été retenus. Au sein de l’établissement, la pondération totale doit être répartie entre les produits représentatifs proportionnellement à leur part dans les ventes. Enfin, la pondération relative à chaque produit représentatif peut aussi être attribuée à la transaction choisie proportionnellement aux ventes afférentes à cette transaction. De cette façon, la pondération pour chaque établissement serait attribuée à chaque observation de prix.

4.50 En revanche, si on estime que certains produits d’un agrégat élémentaire sont plus importants, une pondération plus forte peut leur être attribuée au jugé ou sur la base de données secondaires provenant de sources administratives ou relatives au secteur d’activité.

4.51 Si aucune pondération n’est disponible pour les transactions choisies, la formule utilisée pour établir la moyenne des observations de prix permettra d’attribuer des pondérations implicites aux diverses transactions. Si la formule de la moyenne des ratios de prix est utilisée (voir section D.1), l’hypothèse implicite est que les variations des prix relatifs de chaque transaction au sein de l’agrégat élémentaire ont toutes la même importance pour les quantités de la période de référence12. Si le ratio des prix moyens est utilisé, nous supposons que l’importance de chaque observation est proportionnelle à son prix de référence13. Dans le cas de cette dernière approche, il existe une forte présomption que la production en valeur est proportionnelle aux prix de référence. Dans la première formule, davantage d’importance est donnée aux transactions dont le prix est élevé. Souvent, ces écarts de prix tiennent davantage à la nature des spécifications des transactions qu’à des divergences réelles dans l’importance relative des transactions au sein de l’établissement.

4.52 La moyenne géométrique est une autre formule possible14. La moyenne géométrique des rapports de prix et le ratio de la moyenne géométrique des prix donnent le même résultat. Cette formule suppose que la pondération de chaque observation est égale à sa part dans la production en valeur (et non en volume) de la période de référence et, donc, qu’à mesure que les prix relatifs varient, il existe une relation inverse entre la variation des prix et la quantité produite qui s’inscrit dans la logique d’une élasticité de substitution unitaire, de sorte qu’une hausse de 1% du prix aboutit à une baisse de 1% de la quantité produite. Il peut arriver que, dans le cas de l’IPP, cette relation inverse entre le prix et la quantité ne soit pas une hypothèse valable. Cette question est approfondie au chapitre 20.

E.2 Sources des pondérations des produits et des transactions

E.2.1 Recensements économiques et enquêtes de conjoncture

4.53 Les recensements économiques et le recensement des établissements15 sont de bonnes sources d’information sur la production en valeur ou les ventes qui peuvent être utilisées comme pondérations au niveau de l’établissement et du produit. En général, ils contiennent aussi les meilleurs renseignements possibles sur les produits au sein de l’établissement pour obtenir les pondérations par classification économique dans l’établissement. Ces recensements ne donnent pas d’informations par transaction, en raison de la charge trop lourde que cela représenterait pour les unités déclarantes.

4.54 Les enquêtes annuelles par secteur d’activité donnent souvent des informations aux niveaux supérieurs d’agrégation, comme des estimations de la production par secteurs ou grandes lignes de produits au sein de l’activité industrielle. Cependant, les informations au niveau des établissements sont en général limitées à ceux couverts par l’échantillon et n’exposent pas en détail leurs produits. Des pondérations au niveau des établissements et produits détaillés ne pourront être obtenues à partir de ces enquêtes que dans la mesure où les échantillons d’établissements et de produits pour l’enquête IPP et l’enquête industrielle se recoupent.

4.55 Si un système de pondérations multiples à plusieurs niveaux est utilisé, ces enquêtes seront une bonne source d’information pour mettre à jour les pondérations aux niveaux supérieurs de la structure d’agrégation. Elles pourraient aussi servir à mettre à jour les pondérations lorsque des indices chaînes annuels sont établis (voir chapitre 9).

E.2.2 Registres des entreprises

4.56 S’il contient des données sur la production ou les ventes, le registre des entreprises constitue une source potentielle d’informations pour mettre au point des pondérations au niveau des établissements. S’il est mis à jour fréquemment, ces informations pourraient être plus actuelles que les données des recensements. Toutefois, il ne contiendra sans doute pas de données sur les produits des divers établissements. En outre, les périodes de référence peuvent être différentes en fonction des techniques de mise à jour des informations sur les pondérations qu’il contient. Si tel est le cas, il faudra ajuster les pondérations en valeur pour tenir compte de ces différences afin qu’elles soient normalisées pour tous les établissements.

E.2.3 Pondérations obtenues par tirage aléatoire

4.57 Les fractions ou les intervalles de sondage mis au point lorsque les échantillons sont élaborés peuvent, le cas échéant, être utilisés comme pondérations au niveau de l’établissement et du produit. Les pondérations individuelles au niveau tant du produit (si elles ne sont pas disponibles pendant la phase initiale de sondage) que de la transaction peuvent être obtenues par une désagrégation de l’échantillon en utilisant des techniques de tirage aléatoire au niveau de l’établissement.

4.58 La désagrégation au sein de l’établissement est effectuée en collaboration avec un répondant bien informé afin d’établir les probabilités de sélection à partir des données sur la production ou les ventes disponibles au niveau de l’établissement (voir chapitre 5). En utilisant cette technique aux divers niveaux, les produits et les transactions sont choisis et, en définitive, les facteurs d’échantillonnage permettent de déterminer les pondérations pour les produits et les transactions.

E.2.4 Pondérations des produits et transactions internes obtenues des établissements

4.59 Lorsque les produits sont choisis au jugé, les pondérations pour chaque produit sont ajustées proportionnellement à la hausse afin de représenter l’ensemble des produits au sein de l’établissement ou de la classification des produits (voir section E.1). De même, lorsque les transactions sont choisies au jugé, les pondérations pour chaque transaction au sein du produit retenu peuvent être ajustées proportionnellement à la hausse de façon à représenter l’ensemble des transactions afférentes au produit.

E.2.5 Autres sources

4.60 Des données de sources administratives ou réglementaires peuvent également servir à établir des pondérations si les informations recueillies sur les produits et transactions sont suffisamment détaillées. Ces dernières années, certains pays ont commencé à utiliser les bases de données électroniques constituées par les entreprises, les sociétés de commercialisation et les associations corporatives pour calculer les pondérations au niveau des établissements, produits et transactions. Les bases de données se composent de fiches électroniques tenues à jour par les entreprises productrices ou recueillies auprès de ces entreprises. Ces séries de données contiennent des informations sur les quantités vendues, les stocks et les valeurs correspondantes. Elles indiquent aussi les diverses transactions, leurs prix et leurs spécifications. Ces informations peuvent être utilisées pour calculer plus souvent les pondérations de l’IPP au niveau du produit et de la transaction. Cependant, il ne faut pas oublier les limites de cette source d’information: les données ne représentent en général que des producteurs importants, ce qui peut convenir lorsque les secteurs d’activité sont très concentrés, mais est moins utile lorsqu’ils sont surtout constitués de petites entreprises.

4.61 Il est également possible d’obtenir des données à partir des dossiers fiscaux. Les taxes sur la valeur ajoutée ou le chiffre d’affaires brut que de nombreux pays prélèvent peuvent fournir des renseignements détaillés sur les recettes tirées des ventes pour diverses entreprises ou activités économiques. Un certain nombre de pays utilisent les données sur les ventes enregistrées par lecture optique au point d’achat afin de calculer les pondérations pour des classifications détaillées.

E.2.6 Produits nouveaux

4.62 Les produits nouveaux doivent être pris en compte dans l’IPP dès que possible afin d’éviter d’éventuels biais (voir chapitre 8). Il existe deux types de produits nouveaux: les produits «évolutionnaires», qui se situent dans la continuité des produits existants en les améliorant et les produits révolutionnaires, qui représentent une rupture par rapport aux produits disponibles. Les sources des pondérations et les enquêtes classiques ne fournissent pas en général de données utiles à l’office de statistique. Parmi les produits révolutionnaires, il est possible de citer les appareils d’enregistrement vidéo et les téléphones portables.

4.63 Si le produit nouveau entre dans la structure de classification en vigueur, il est possible de le prendre en compte dans les calculs de l’IPP en l’insérant dans la classe existante. La pondération pour cette classe demeure la même, mais les pondérations afférentes aux produits individuels doivent être recalculées. Les informations sur la production du produit révolutionnaire ne pouvant être obtenues à partir des enquêtes déjà effectuées au niveau de l’établissement, l’office de statistique doit s’efforcer d’obtenir des données d’autres sources. Si le nombre des entreprises participant à la production ou à la distribution du produit est faible, il peut procéder à une enquête spéciale pour obtenir des données sur la valeur du produit directement auprès des entreprises. Il est également possible de contacter une association corporative qui représente le secteur d’activité ou le produit ou, s’il y a lieu, l’autorité de tutelle. L’office de statistique devra également déterminer les transactions spécifiques dont le prix devra être relevé sur une base régulière.

4.64 Une fois obtenue la production en valeur, la valeur temporelle des pondérations du nouveau produit est alignée sur celle des autres produits de la classe. Par exemple, si les nouvelles pondérations renvoient à l’année civile 2002, mais que celles des autres produits de la classe aient été établies pour 2000, elles devraient être actualisées de façon à refléter les prix de l’année civile 2000. À cet effet, l’office de statistique peut utiliser l’IPP de la classe du produit. Par exemple, un nouveau réseau de téléphonie mobile est mis en place à côté du réseau fixe. L’entreprise offrant le nouveau réseau peut communiquer des données sur ses recettes totales pour 2002, sa première année d’activité. Les autres pondérations dans la classe téléphone utilisent 2000 comme période de référence. Les données sur les téléphones mobiles pour 2002 reflètent les prix moyens en 2002 et peuvent être ajustées aux prix de 2000 en divisant la valeur de 2002 par la variation des prix de la classe téléphone entre 2000 et 200216. Les nouvelles pondérations pour les téléphones fixes et mobiles sont alors utilisées pour calculer l’indice composite des services téléphoniques en utilisant l’ancien indice élémentaire pour les téléphones fixes et le nouvel indice pour les téléphones mobiles.

E.2.7 Entreprises familiales

4.65 Les entreprises familiales qui se livrent à des activités économiques devraient être prises en compte dans l’IPP. Souvent, les offices de statistique écartent les établissements n’ayant pas une certaine envergure (ceux, par exemple, qui comptent moins de 10 salariés). Ces seuils sont imposés à cause du manque de sources d’information valables pour les pondérations et de la faible importance relative de ces établissements dans la plupart des secteurs d’activité. La majorité des entreprises familiales non constituées en société se trouvent ainsi exclues, alors que, dans de nombreux secteurs, les établissements de cette nature occupent une place prédominante (dans l’artisanat et l’agriculture, notamment). Il est donc important de les prendre en compte dans l’IPP pour ces secteurs d’activité.

4.66 Dans de nombreux pays, les offices de statistique peuvent identifier ces établissements dans le cadre de leurs recensements effectués à cet effet, à partir desquels des données sur leur production en valeur ou leur chiffre d’affaires peuvent être obtenues. Il est possible de construire à partir de ces recensements des bases de sondage pour les secteurs d’activité qui contiennent un nombre élevé de petits établissements. Dans d’autres pays, les services fiscaux conservent des dossiers sur ces établissements à des fins administratives. Ces dossiers ne contiennent peut-être pas des données suffisantes pour établir des pondérations pour l’IPP, mais ils peuvent servir de base de sondage pour identifier les unités (voir supra). Il se peut que l’office de statistique doive calculer les pondérations en valeur pour ces établissements dans le cadre d’une enquête distincte. Par exemple, un échantillon aléatoire de petits établissements peut être établi à partir des dossiers fiscaux afin de recueillir des données sur la production, les produits et les prix. Ces données seraient alors utilisées pour estimer les pondérations de production pour les établissements et produits de l’enquête afférente à l’IPP.

F. Mesures pratiques à suivre pour choisir et établir les pondérations

4.67 L’établissement de pondérations dans la structure de l’IPP peut être envisagé de diverses façons. Nous présentons ci-après un aperçu du processus de mise au point d’une série complète de pondérations pour l’IPP de façon à sensibiliser le lecteur du présent Manuel à ses différentes étapes.

F.1 Trouver les sources des pondérations des activités économiques et des produits en jeu

4.68 Le champ initialement couvert par l’IPP est établi en fonction des secteurs économiques (industries manufacturières ou extractives, bâtiment, agriculture, transports, etc.) et des produits de ces secteurs. Les sources des pondérations pour chaque secteur doivent être déterminées à partir des sources examinées à la section D. Il peut ressortir d’un nouvel examen de ces sources que des enquêtes ou recensements additionnels doivent être menés.

F.2 Établir les pondérations pour les secteurs d’activité ou les produits couverts dans l’échantillon

4.69 Des échantillons assortis d’un seuil d’inclusion sont utilisés pour déterminer les activités et produits à prendre en compte dans l’indice de chaque secteur. Les activités et produits qui se situent en deçà de ce seuil en sont exclus. Pour les secteurs d’activité et produits choisis, des pondérations sont établies à l’aide des sources présentées à la section D.

F.3 Établir les pondérations pour les établissements couverts dans l’échantillon

4.70 La pondération au niveau des établissements pourrait être établie directement à partir des informations provenant des sources examinées à la section E.2. Toutefois, si des techniques de tirage aléatoire ou au jugé doivent être utilisées, il convient de pondérer chaque établissement couvert. Dans le cas des techniques aléatoires, les pondérations sont calculées en utilisant les probabilités de tirage et, dans celui des techniques au jugé, les pondérations pour les établissements retenus doivent être ajustées à la hausse de façon à inclure la pondération pour les autres établissements.

F.4 Établir les pondérations pour les produits élémentaires de l’échantillon

4.71 La pondération au niveau des produits pourrait être établie directement à partir des informations fournies par les recensements des entreprises (voir section E.2). Cependant, si des techniques de tirage aléatoire ou au jugé doivent être utilisées, il convient de pondérer chaque produit retenu. Dans le cas des techniques aléatoires, les pondérations sont calculées en utilisant les probabilités de tirage et, dans celui des techniques au jugé, les pondérations initiales des produits retenus doivent être ajustées à la hausse de façon à inclure la pondération pour les autres produits [non retenus]. Lorsque tous les produits sont choisis au sein d’un établissement, leur pondération finale peut être établie en répartissant entre eux la pondération au niveau de l’établissement en fonction de leur importance relative.

F.5 Établir les pondérations pour l’échantillon de transactions

4.72 Si aucune pondération n’est utilisée, la formule de l’indice retenue pour calculer les prix de transaction servira à déterminer les pondérations implicites (voir section E.1). Si des pondérations sont utilisées, elles seront établies conformément à la section E.2.

F.6 Ajuster les pondérations sur la base du rendement de l’échantillon

4.73 Une fois tous les établissements intégrés dans l’échantillon, les pondérations doivent être encore ajustées en fonction des défections. Les pondérations afférentes aux établissements qui ont refusé de participer au processus doivent être réparties entre ceux qui ont fourni des réponses et d’autres ajustements peuvent être nécessaires pour les établissements qui sortent du champ de l’indice ou ne sont plus en activité (voir chapitre 5). Lorsque les pondérations relatives aux établissements sont ajustées, il se peut aussi qu’il faille ajuster celles pour les produits et les transactions si elles représentent des valeurs effectives et non des proportions.

F.7 Mettre à jour les pondérations pour tenir compte des écarts de prix dus aux différences entre la date de référence des pondérations et la période de référence des prix

4.74 Lorsque les pondérations sont mises en place dans le système de traitement mensuel ou trimestriel, elles doivent représenter la même période de temps que celle de référence des prix utilisée pour le calcul de l’indice. Si sa période de référence diffère de celle des prix, la pondération doit être ajustée pour tenir compte de l’écart de prix (voir chapitre 9).

F.8 Ajuster les pondérations à mesure que l’échantillon est élargi

4.75 L’érosion de l’échantillon aboutit à une baisse continue du nombre de produits et d’établissements qui y sont inclus. En outre, les entreprises lancent de nouveaux produits pour répondre à la demande des consommateurs. L’IPP devrait suivre un cycle pendant lequel l’échantillon est mis à jour de façon à en préserver la taille et la représentativité (voir chapitre 5). Lorsque de nouveaux échantillons d’établissements et de produits sont adoptés, les pondérations pour les établissements et les produits au sein des établissements doivent être ajustées.

4.76 Les pondérations pour certaines activités spécifiques (assurances, services financiers et commerce de détail, par exemple) sont approfondies au chapitre 10.

Lorsqu’il est possible de choisir les produits élémentaires par le tirage aléatoire, la pondération peut aussi refléter la fraction de la production totale qu’un produit élémentaire de l’échantillon représente dans la totalité des transactions des entreprises afférentes à une activité économique ou à une classe de produits (voir chapitre 5).

En général, le tirage aléatoire n’est pas employé (sauf dans les grands systèmes statistiques avancés) et il se peut que les pondérations pour les produits élémentaires soient établies au jugé. À cet effet, afin de suivre des méthodes transparentes et susceptibles d’être réutilisées, ces pondérations sont en général réputées égales au sein d’un secteur d’activité ou d’une classe de produits à représenter dans l’indice. Des pondérations égales peuvent aussi être établies implicitement à l’aide de certains plans d’échantillonnage aléatoire simple, comme l’échantillonnage aléatoire simple avec remise.

Sauf si l’on est prêt à accepter une mesure théorique ou implicite des quantités qui soit un agrégat représentatif des produits de différente qualité qui sont compilés. Le problème est que cette mesure suppose l’existence d’une certaine qualité moyenne qui doit être comparable dans le temps.

Certains regroupements peuvent être faits pour les produits dont les prix suivent les mêmes tendances. De tels regroupements sont importants lorsqu’un indice des produits ou un indice de groupe est utilisé pour faire des imputations pour les produits manquants (voir chapitre 9).

Il existe aussi une période de référence de l’indice, qui est celle où l’indice des prix est égal à 100. Dans de nombreux pays, les trois périodes sont les mêmes. Cependant, les pays adoptant de plus en plus des indices-chaîne dans lesquels les pondérations sont mises à jour sur une base annuelle, elles peuvent être différentes. Par exemple, l’année précédente (2001) pourrait être la période de référence des pondérations, le mois de décembre précédent (décembre 2001) celle du prix de référence et décembre 2000 rester celle de référence de l’indice (décembre = 100). Ce point est lui aussi approfondi au chapitre 9.

Dans les périodes de forte inflation, il conviendrait de calculer des pondérations pluriannuelles en faisant la moyenne des parts plutôt que des niveaux effectifs des valeurs, la moyenne des niveaux des valeurs conférant plus d’importance aux données des années les plus récentes.

Aux États-Unis, la situation est quelque peu différente, car les statisticiens utilisent le tirage aléatoire, selon lequel la pondération au sein de l’agrégat élémentaire correspond à l’inverse de la probabilité d’être retenu dans l’échantillon.

La formule de la moyenne des ratios de prix est: 1npitpi0

et celle du ratio des prix moyens: pitpi0.

L’utilisation de données sur la production extraites des tableaux des ressources et des emplois de la comptabilité nationale aboutirait à des pondérations incluant des activités non marchandes (voir chapitre 14), ce dont les utilisateurs doivent être conscients s’ils ont l’intention d’exclure ces activités de l’IPP.

Cela suppose que les prix ne varient pas entre le début et la fin de la période; sinon, il faut ajuster la valeur des stocks. Voir Bloem, Dippelsman, and Maehle (2001, p. 60–63) ou Shrestha and Fassler (2003) pour les techniques permettant d’effectuer cet ajustement.

Par exemple, si la production totale d’un secteur d’activité se chiffre à 10.000 et que cinq établissements doivent être choisis, la fraction sondée est 1 sur 2.000, l’intervalle de sondage 2.000 et la pondération pour chaque établissement retenu également 2.000.

Première formule de la note 8. Pour chaque transaction, le prix courant est divisé par le prix de référence, puis la moyenne de ces rapports de prix est calculée.

Seconde formule de la note 8. Le rapport de prix est obtenu en divisant le prix moyen courant des transactions choisies par leur prix moyen pendant la période de référence.

La formule de la moyenne géométrique est: Πi=1n(pitpi0)1/n

Les recensements économiques sont menés en général par activité (agriculture, industries extractives ou manufacturières, commerce, services, etc.) et, le plus souvent, de manière cyclique (une ou deux fois par an sur une période de cinq à sept ans). Le recensement des établissements couvre tous les établissements à un moment donné, indépendamment de leur activité. Il a donc une couverture économique plus large que les recensements économiques individuels.

Pour calculer l’indice, le statisticien doit ajuster de la même façon les prix de 2002 des transactions retenues pour les téléphones mobiles afin d’estimer les prix de référence pour 2000. Les prix courants seraient alors comparés aux prix estimés pour la période de référence afin de calculer l’indice élémentaire pour les téléphones mobiles sur une période de référence 2000.

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