Financial Soundness Indicators
Chapter

Appendice I. Enquête sur l’utilisation, l’établissement et la diffusion des indicateurs macroprudentiels

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
May 2007
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1. Le FMI a mené en 2000 l’ Enquête sur l’utilisation, l’établissement et la diffusion des indicateurs macro-prudentiels. Cette enquête fut une étape importante du programme du FMI visant à mettre au point un ensemble d’ISF1.

Contexte

2. L’objectif de l’enquête était de recueillir des renseignements sur les besoins et les pratiques des pays en matière d’ISF afin 1) de juger de l’utilité d’indicateurs spécifiques, 2) d’évaluer les pratiques suivies dans l’établissement et la publication des indicateurs en vue, si possible, d’identifier les pratiques internationales optimales, 3) de déterminer si la norme spéciale de diffusion des données (NSDD) ou d’autres vecteurs permettraient d’encourager la diffusion des ISF dans le public et 4) d’étudier les cadres analytiques utilisés par les pays membres dans l’analyse macroprudentielle.

3. L’enquête se composait de deux parties. La première (Questionnaire destiné aux utilisateurs) recueillait des informations auprès des autorités de contrôle du secteur financier, de décideurs financiers et du secteur privé sur l’utilité des ISF et les méthodes d’analyse macropruden-tielle. La seconde (Questionnaire sur l’établissement et la diffusion) portait sur les pratiques nationales dans l’établissement et la diffusion des ISF.

4. Les ISF inclus dans l’enquête portaient principalement sur les institutions de dépôts (banques), mais donnaient des renseignements importants sur leurs contreparties (ménages et entreprises). Cela s’explique par l’importance des institutions bancaires et le fait qu’il existe plus de données disponibles sur les banques que sur les autres types d’institutions.

5. L’enquête a été envoyée à la banque centrale de chaque pays, qui en a coordonné la distribution, la réalisation et le retour au FMI. Il leur a été demandé de distribuer l’enquête au sein du pays à toutes les entités qui, selon elles, étaient les mieux placées pour donner des informations représentatives sur les besoins et les pratiques concernant les ISF, par exemple les autorités de contrôle, l’administration centrale et les opérateurs privés.

6. Cent vingt-deux réponses (74 % de ceux qui ont reçu l’enquête), provenant de 142 pays et autres territoires, ont été obtenues. Toutes les réponses reçues couvrent la première partie de l’enquête (Questionnaire destiné aux utilisateurs) et 93 réponses couvrent aussi la seconde partie (Questionnaire sur l’établissement et la diffusion). Ce taux élevé de réponse souligne l’importance attachée à l’échelle mondiale aux questions concernant l’analyse macroprudentielle et au rôle éventuel des ISF dans cette analyse. Ce point de vue est conforté par l’effort clairement déployé par les participants pour donner des réponses exhaustives et des commentaires détaillés.

Résultats

Les ISF les plus utiles

7. Les réponses indiquent que toutes les grandes catégories d’ISF sont dans l’ensemble utiles. Les indicateurs d’adéquation des fonds propres, de qualité des actifs (institutions de crédit) et de rentabilité sont jugés les plus utiles, suivis par ceux de liquidité et de sensibilité au risque du marché. Les utilisateurs des pays industrialisés en particulier jugent ces derniers moins utiles, plusieurs réponses notant que ces indicateurs sont complexes et peut-être difficiles à établir avec précision.

8. La note la plus élevée étant 4, le tableau A1.1 présente les 13 ISF dont l’utilité moyenne est égale ou supérieure à 3,5. Ces ISF incluent des éléments essentiels de la solidité des banques. Deux d’entre eux—le ratio de fonds propres de Bâle et l’une de ses composantes—concernent l’assise financière, qui sert d’amortisseur face aux chocs éventuels, et quatre autres mesurent la rentabilité, qui sert à préserver cette assise. Les autres ISF jugés les plus utiles sont les indicateurs de la qualité des actifs bancaires (créances improductives, distribution et liquidité des actifs). Cette liste constitue la base des indicateurs centraux figurant au chapitre 1.

Tableau A1.1.ISF par type de pays(ISF les plus utiles—Utilité moyenne égale ou supérieure à 3,5)
ISF #ISFEnsemble des paysPays industrialisésPays émergentsPays en développement
1.1Ratio de fonds propres de Bâle3,83,73,93,6
1.1aRatio fonds propres réglementaires de base/ actifs pondérés en fonction des risques3,63,63,63,5
2.4Répartition des prêts, par secteur3,63,53,63,5
2.5Répartition des crédits accordés, par secteur3,53,33,63,6
2.8Ratio prêts de montant élevé/fonds propres3,53,23,63,6
2.9Ratio créances improductives brutes/total des actifs3,93,93,93,8
2.10Ratio créances improductives brutes moins provisionnement/total des actifs3,83,83,83,8
3.2Ratio bénéfices/actifs moyens de la période (ROA)3,63,53,83,6
3.3Ratio bénéfices/fonds propres moyens de la période (ROE)3,63,53,83,6
3.4Ratio produit d’intérêts net/produit total3,53,33,63,6
3.8Écart entre les taux débiteur et créditeur de référence3,53,43,63,5
4.3Ratio actifs liquides/total des actifs3,53,23,63,5
4.4Ratio actifs liquides/passifs liquides3,63,23,73,7

9. Le tableau A1.2 présente les ISF dont l’utilité moyenne varie entre 3,0 et 3,4. Ces ISF servent de base à la liste des indicateurs complémentaires figurant au chapitre 1. Ils couvrent certains éléments de l’adéquation des fonds propres, la répartition du crédit bancaire par catégories pondérées en fonction du risque et par pays, la situation financière des entreprises et des ménages, certains éléments des produits et des charges d’exploitation des banques, l’échéance et la duration des actifs et passifs, et d’autres risques de marché.

Tableau A1.2.ISF par type de pays—Groupe II(ISF les plus utiles—Utilité moyenne allant de 3,0 à 3,4)
ISF #ISFEnsemble des paysPays industrialisésPays émergentsPays en développement
1.1bRatio de Bâle fonds propres réglementaires de base + complémentaires/actifs pondérés par les risques3,43,23,63,4
1.1cRatio de Bâle fonds propres réglementaires de base + complémentaires + surcomplémentaires/actifs pondérés en fonction des risques3,02,93,13,1
1.2Répartition des ratios de fonds propres (nombre d’institutions dans les fourchettes spécifiées)3,33,33,43,1
1.3Ratio d’endettement (total de l’actif du bilan/fonds propres)3,22,93,33,3
2.1Répartition des actifs du bilan, par catégorie pondérée en fonction du risque de Bâle3,43,23,53,4
2.4aPrêts pour investissement dans l’immobilier commercial3,23,33,33,1
2.4bPrêts pour investissement dans l’immobilier résidentiel3,23,33,23,2
2.6Répartition des prêts accordés, par pays ou région3,13,23,22,8
2.7Ratio prêts à des entités apparentées/total des prêts3,43,03,63,5
2.11Ratio dette/fonds propres des sociétés3,43,43,53,3
2.12Ratio bénéfices/fonds propres des sociétés3,33,13,43,2
2.13Ratio coût du service de la dette/produit total des sociétés3,23,23,43,0
2.14Position de change nette des sociétés3,23,23,42,9
2.15Ratio total de la dette des ménages/PIB3,03,23,02,8
3.5Ratio gains/pertes de transaction et de change/produit total3,33,23,43,3
3.6Ratio charges d’exploitation/produit d’intérêts net3,43,03,63,6
3.7Ratio charges de personnel/charges d’exploitation3,22,83,43,4
4.5Échéance moyenne des actifs3,43,03,43,6
4.6Échéance moyenne des passifs3,43,03,43,6
4.10Ratio dépôts de la clientèle/total des prêts (non interbancaires)3,22,93,33,3
5.1Ratio actifs bruts en devises/fonds propres3,12,73,23,2
5.2Ratio position de change nette/fonds propres3,43,13,63,5
5.3Période moyenne de révision des taux d’intérêt des actifs3,02,83,33,0
5.4Période moyenne de révision des taux d’intérêt des passifs3,02,83,23,0
5.5Duration des actifs3,23,03,43,0
5.6Duration des passifs3,23,03,33,0
5.8Ratio position nette en actions/fonds propres3,02,83,03,1

Indicateurs supplémentaires

10. Dans le Questionnaire destiné aux utilisateurs, il était demandé aussi à ceux-ci d’indiquer les ISF qui leur semblaient utiles mais qui ne figuraient pas dans l’enquête. Les plus fréquemment cités concernent les prix des actifs, notamment les prix de l’immobilier commercial et résidentiel, les cours des actions, y compris une ventilation par branche d’activité, et le ratio cours du sous-secteur des institutions de dépôts/indice boursier global. En outre, afin d’éviter que l’agrégation n’occulte des informations pertinentes et d’aider à identifier les valeurs extrêmes, la concentration de cas posant problème ou les clivages dans les marchés, certains participants souhaiteraient avoir plus d’informations sur la distribution ou la dispersion des observations. Plusieurs jugent utile le ratio créances improductives brutes/total des prêts, au lieu de l’ISF inclus dans l’enquête, qui a pour dénominateur le total des actifs.

Importance des institutions financières non collectrices de dépôts

11. Pour environ 80 % des participants à l’enquête, les informations sur les institutions financières, les marchés et les activités qui n’ont pas trait à la collecte de dépôts sont importantes pour l’analyse globale de la solidité du secteur financier. En ce qui concerne les institutions financières non collectrices de dépôts2, la majorité des participants sont surtout intéressés par les informations sur les sociétés d’assurances et les fonds de pension, suivies par celles sur les autres intermédiaires financiers. Les réponses indiquent que nombre de ces institutions jouent un rôle important dans l’intermédiation financière et peut-être dans les effets de contagion. Plusieurs d’entre elles soulignent l’importance des intermédiaires financiers spécialisés, comme les fonds de capital-risque dans les économies avancées et les institutions de microcrédit et les banques ou fonds de développement dans les pays en développement. Des réponses notent l’importance des informations sur les conglomérats financiers, surtout ceux qui incluent des compagnies d’assurances.

12. Pour ce qui est des marchés financiers, environ 90 % des participants indiquent que les données sur les marchés de valeurs mobilières (marchés des actions et des obligations publiques et privées) sont importantes3. Quelques-uns estiment que les informations sur les marchés des changes (16 %) et les marchés des dérivés (6 %) sont également importantes.

13. Plusieurs participants à l’enquête notent que les informations sur les emprunteurs (endettement et asymétries entre l’actif et le passif) sont utiles, car elles renseignent dans une certaine mesure sur les tendances de la qualité du crédit et les risques existant dans les secteurs des entreprises, des ménages ou extérieur. Des réponses accordent une attention particulière aux grandes sociétés; d’autres mentionnent l’importance du suivi des autres activités financières, comme le fonctionnement des systèmes de paiement, de règlement et de compensation. En outre, plusieurs réponses soulignent que les informations qualitatives—comme la minutie du contrôle et la transparence des politiques financières—sont importantes pour l’évaluation globale de la stabilité du secteur financier.

Désagrégration des «sociétés de dépôts» en sous-secteurs

14. Pour près de 60 % des participants, il est nécessaire de désagréger davantage les informations sur les sociétés de dépôts, notamment selon leur capital, leur fonction, leur exposition aux risques (par exemple, géographique, type d’actifs ou d’emprunteurs) et leur taille. Quelques réponses indiquent que des données désagrégées qui font apparaître les distributions entre banques ou permettent de procéder à des examens par la méthode des groupes homogènes sont aussi utiles. Une réponse note que la désagrégation des données des banques doit être aussi poussée que possible afin de permettre d’identifier les tendances spécifiques de l’activité. Toutefois, plusieurs réponses soulignent que le type de désagrégation doit dépendre du sujet étudié.

15. Près de 30 % des réponses (la moitié environ de celles qui indiquent qu’une désagrégation plus poussée est utile) signalent des analyses ou des intentions d’analyser les institutions en fonction des caractéristiques de leur capital (par exemple, sous contrôle national ou étranger, privé ou public, coté ou non coté en bourse). Ces réponses notent presque toutes qu’une ventilation entre institutions nationales et étrangères est utile, certaines soulignant que la distinction est importante parce que les institutions étrangères peuvent opérer selon des régimes de réglementation et de contrôle différents. Par ailleurs, un quart des réponses indique qu’une ventilation entre institutions sous contrôle privé et public est importante.

16. Environ 20 % des participants sont d’avis que la désagrégation selon la fonction ou l’exposition aux risques est utile. Les fonctions les plus souvent mentionnées sont la banque commerciale, la banque universelle et la banque spécialisée (en particulier, le crédit hypothécaire et, dans une moindre mesure, le crédit au développement). Environ 80 % des participants intéressés par la désagrégation en fonction de l’exposition aux risques expriment le souhait de disposer d’informations sur les banques opérant à l’étranger. En outre, 16 % souhaitent obtenir des données désagrégées sur les banques extraterritoriales et 16 % également, des données désagrégées selon le marché géographique.

Institutions systémiquement importantes

17. Près de 60 % des participants signalent qu’ils procèdent à une évaluation des institutions systémi-quement importantes. En général, les autorités de contrôle s’intéressent davantage à ces institutions, les deux tiers d’entre elles déclarant qu’elles évaluent la situation de ces institutions, contre moins de la moitié des opérateurs de marché et la moitié environ des analystes des politiques publiques ou des analystes de recherche.

18. Pour déterminer l’importance d’une institution, la plupart des participants utilisent un indicateur de volume (des actifs et/ou des dépôts) et parfois d’autres critères, comme l’exposition à certains risques (celui de change, par exemple) ou la complexité des transactions ou de la structure du capital. Cependant, certains participants ne mentionnent que l’exposition au risque ou utilisent des définitions juridiques ou prudentielles, alors que d’autres évaluent toutes les institutions par secteur ou une catégorie particulière. En conséquence, toutes les institutions classées dans une catégorie donnée (par exemple, banques à problèmes, institutions collectrices de dépôts, institutions dont les dépôts sont assurés, banques commerciales, banques internationales) finissent parfois par être considérées comme systémiquement importantes. C’est souvent le cas dans les pays avec un marché de petite taille, en développement ou concentré.

19. De nombreux pays indiquent que leurs techniques d’évaluation des institutions systémiquement importantes sont similaires à celles utilisées pour évaluer les autres institutions. La plupart déclarent utiliser le cadre CAMELS ou une analyse des ratios. Parmi les variables jugées importantes pour l’évaluation figurent l’activité interbancaire, la liquidité, les grands risques, le risque de change, les positions consolidées des institutions faisant partie d’un groupe financier et les pratiques suivies en matière de gestion des risques (y compris l’évaluation par des modèles internes).

Repères

20. Beaucoup de participants déclarent ne pas utiliser de normes, repères ou seuils spécifiques dans leur analyse macroprudentielle. Si certains envisagent d’utiliser des normes et des repères, d’autres préfèrent se servir de comparaisons avec des pays de leur propre groupe homogène pour établir des classements relatifs.

21. Parmi ceux qui utilisent des normes et des repères pour leurs ISF, certains soulignent leur rôle crucial dans l’interprétation des indicateurs. Les repères sont établis de différentes manières, y compris 1) des moyennes historiques, 2) des seuils prudentiels appliqués par les autorités de contrôle bancaire au niveau agrégé, 3) des points de déclenchement, 4) des comparaisons entre pays et 5) des critères établis à partir d’études économétriques.

Enquêtes de conjoncture

22. Dans l’ensemble, environ la moitié des participants utilisent les résultats d’enquêtes de conjoncture—indicateurs qualitatifs ou quantitatifs des anticipations des entreprises et éventuels indicateurs avancés d’instabilité—pour compléter leur analyse macroprudentielle.

Pratiques en matière d’établissement et de diffusion4

23. Les pratiques en matière d’établissement et de diffusion des ISF et de leurs composantes varient selon le pays. À quelques exceptions près, l’établissement des ISF eux-mêmes est plutôt limité et leur diffusion, surtout en dehors des pays industrialisés, est insuffisante. Cependant, l’établissement et la diffusion des composantes des ISF sont plus fréquents.

24. Le nombre moyen d’ISF établis et diffusés par les pays industrialisés, les pays émergents et les pays en développement est représenté par le graphique A1.1. Les pays industrialisés établissent et diffusent le plus grand nombre d’ISF, suivis des pays émergents. Les pays industrialisés et les pays émergents établissent en moyenne plus de la moitié des indicateurs visés par l’enquête.

Graphique A1.1.Nombre moyen d’ISF établis et diffusés, par type de pays

Note: Une comparaison du nombre d’ISF établis et diffusés montre qu’environ 60 % des ISF établis sont diffusés; ce pourcentage est plus ou moins le même pour chaque type de pays. La divergence entre le nombre d’ISF établis et diffusés indique quele secteur privé aaccèsà une gamme plus étroite d’ISF que les autorités nationales, et aussi qu’il est possible d’accroître le nombre d’ISF diffusés dans tous les types de pays.

25. Pour quasiment tous les ISF, les utilisateurs des pays ayant souscrit à la NSDD jugent l’utilité des ISF presque de la même manière que ceux des pays industrialisés et des pays émergents. Bien que les participants à la NSDD diffusent un peu plus de composantes des ISF que les non-participants, les résultats globaux sont dans l’ensemble similaires à ceux du total des réponses; en d’autres termes, les pays ayant souscrit à la NSDD établissent et diffusent relativement peu d’ISF, mais un nombre relativement élevé de séries de données utilisées pour établir ces indicateurs.

26. L’enquête portait aussi sur les pratiques des pays en matière de périodicité de l’établissement et de la diffusion des ISF, ainsi que sur les besoins des utilisateurs dans ces domaines. La périodicité de la diffusion des ISF varie considérablement selon les catégories d’indicateurs. Aucune tendance générale ne peut être dégagée et le nombre des réponses est insuffisant pour en tirer des conclusions valables.

Concepts retenus

27. Le Questionnaire sur l’établissement et la diffusion contenait une série de questions quantitatives et ouvertes sur des problèmes comptables et statistiques, afin d’évaluer l’état des pratiques en vigueur, d’identifier éventuellement des pratiques optimales qui pourraient servir à mettre au point des normes internationales et de définir des stratégies visant à améliorer la compa-rabilité des ISF.

28. Les réponses font ressortir la diversité des pratiques nationales, ainsi que les nombreuses raisons pour lesquelles il n’est peut-être pas possible de comparer les ISF entre les pays:

  • Les normes de comptabilisation des créances de qualité inférieure et des provisions sont différentes, et souvent complexes.

  • Les pays ne définissent pas tous de la même façon les fonds propres réglementaires, par exemple, en ce qui concerne les déductions et les composantes de chaque niveau de fonds propres. En outre, de nombreux pays n’ont pas adopté la notion de fonds propres surcomplémentaires.

  • Les pratiques en matière de consolidation des filiales et succursales étrangères diffèrent (voir section ci-dessous). Dans chaque pays, certains ISF reposent sur une consolidation de groupe élaborée à partir des données liées au contrôle bancaire et d’autres sur une consolidation des entités résidentes élaborée à partir de sources statistiques. Dans l’ensemble, toutefois, une certaine conformité existe à l’échelle internationale en raison de l’emploi assez généralisé de la consolidation des entités résidentes.

  • Les pratiques en matière d’évaluation des instruments financiers diffèrent (voir section ci-dessous). Les principaux problèmes sont l’usage limité de la valeur de marché pour les titres de créance et de participation, ainsi que les pratiques diverses d’enregistrement au bilan des dérivés, des accords de pension et des prêts de titres.

  • Les pays utilisent des règles différentes pour réévaluer les positions de change. Bien que les pays industrialisés semblent recourir de plus en plus aux taux de change du marché pour réévaluer les positions en monnaies étrangères, l’emploi persistant de taux de change officiels dans un certain nombre de pays émergents et de pays en développement risque de compromettre la comparabilité des ISF.

29. La liste ci-dessus montre que les pratiques sont diverses et qu’une comparaison internationale des ISF est difficile.

Consolidation

30. Un des objectifs de l’enquête était d’obtenir des informations sur les pratiques des pays en ce qui concerne la consolidation en un seul état comptable ou rapport statistique des données sur les filiales et succursales étrangères des institutions financières, et notamment de savoir s’il s’agissait d’une consolidation des entités résidentes ou de groupe.

31. Des différences considérables sont observées selon le type de pays. Les réponses des pays en développement indiquent à une écrasante majorité la consolidation des entités résidentes pour la plupart des ISF, peut-être parce que les banques ayant leur siège social dans ces pays n’ont souvent que quelques filiales ou succursales non résidentes, voire aucune, et peut-être aussi parce que les capacités de contrôle limitées de ces pays ne permettent pas toujours de surveiller et contrôler efficacement les opérations non résidentes. Dans une certaine mesure, les pays émergents utilisent aussi la consolidation des entités résidentes. Dans les pays industrialisés, les autorités de contrôle emploient le plus souvent la consolidation de groupe, mais elles signalent que des données élaborées selon les deux méthodes de consolidation sont disponibles pour de nombreux ISF5.

32. Des différences sont également constatées par catégorie d’ISF, souvent en raison de l’origine des données primaires (contrôle bancaire ou statistiques). Un résumé des pratiques par catégorie d’ISF figure ci-dessous.

  • Adéquation des fonds propres. Dans les pays industrialisés et les pays émergents, les données proviennent essentiellement des autorités de contrôle bancaire et font en général l’objet d’une consolidation de groupe, encore que souvent des données établies selon les deux méthodes de consolidation sont disponibles. Un certain nombre de pays émergents et beaucoup de pays en développement n’utilisent que des données établies sur la base de la consolidation des entités résidentes. Pour les totaux mondiaux, les deux méthodes sont employées à peu près dans les mêmes proportions, et, dans le cas de certains ISF, jusqu’à un quart des participants utilisent les deux méthodes. Quelques pays utilisent des méthodes de consolidation non officielles, par exemple en incluant les filiales non résidentes, mais non les succursales non résidentes.

  • Qualité des actifs (établissements prêteurs). Les ISF calculés à partir de statistiques monétaires sont dans leur grande majorité établis sur la base de la consolidation des entités résidentes. Les ISF tirés de données liées au contrôle bancaire sont le plus souvent établis selon la méthode de consolidation de groupe, mais, dans de nombreux cas, ils sont disponibles sur la base de la consolidation des entités résidentes ou les deux bases.

  • Qualité des actifs (établissements emprunteurs). Les ISF sont presque exclusivement élaborés selon la méthode de la consolidation des entités résidentes, car les données sous-jacentes sont extraites de séries de données macroéconomiques nationales.

  • Rentabilité et compétitivité. Les données sont le plus souvent établies selon la méthode de la consolidation des entités résidentes ou sont disponibles sur les deux bases. Cependant, un certain nombre de pays ne dispose que de données de groupe. Pour ce qui est des indicateurs de rentabilité, plusieurs pays utilisent des méthodes de consolidation non officielles.

  • Liquidité. La consolidation des entités résidentes est la plus courante, mais les ISF sur les actifs liquides et les échéances moyennes des actifs et passifs sont souvent établis selon la méthode de consolidation de groupe. La consolidation de groupe n’est pas signalée pour certains ISF relatifs à la liquidité qui se réfèrent uniquement à la situation nationale.

  • Sensibilité aux risques du marché. La consolidation des entités résidentes est la plus courante. La consolidation de groupe est utilisée dans une certaine mesure par les autorités de contrôle des pays industrialisés et des pays émergents.

Évaluation

33. Les dépôts et les prêts sont le plus souvent évalués sur la base des coûts historiques (au moins 75 % des cas pour les données liées au contrôle bancaire et 90 % environ pour les données statistiques). En revanche, dans le cas des valeurs mobilières (autres que les actions) et des actions et autres participations, aucune méthode d’évaluation ne prédomine clairement, bien que l’évaluation aux prix de marché soit plus courante que les autres méthodes. Pour les dérivés financiers, l’évaluation se fait le plus souvent aux prix du marché, les autorités de contrôle signalant aussi l’emploi assez courant d’«autres» méthodes, comme l’évaluation des opérations de couverture. L’évaluation sur la base des coûts historiques prédomine pour les divers montants à payer et à recevoir et les actifs non financiers, mais le recours à d’autres types d’évaluation n’est pas rare.

34. Pour la conversion en monnaie nationale de la valeur des instruments financiers libellés en monnaies étrangères, les taux de change de fin de période sont le plus souvent utilisés pour tous les types d’instruments financiers. Une forte minorité de pays émergents et de pays en développement utilisent les taux de change officiels. Les positions de change sont le plus souvent réévaluées aux taux en vigueur à la date de clôture des bilans. Cependant, les réévaluations des positions de change à d’autres dates ne sont pas rares dans le cas des valeurs mobilières (autre que les actions), des actions et autres participations et des dérivés financiers.

Présentation

35. La majorité des participants à l’enquête préfèrent présenter leurs ISF sous forme de ratios et de taux de croissance. Cependant, nombre d’entre eux estiment aussi que leur mode de présentation préféré dépend de l’ISF en question et du type d’analyse. Par exemple, dans le cas des agrégats sectoriels, il est utile de disposer de moyennes pondérées et de moyennes simples, en plus de la distribution des institutions en fonction de la fourchette des valeurs des indicateurs.

36. Certaines réponses notent que les indicateurs de dispersion (écarts-types, histogrammes, indices de Gini, etc.) peuvent être particulièrement utiles dans la présentation des ISF, car ils permettent aux analystes d’identifier, entre autres, les valeurs extrêmes, les tendances de la concentration et les clivages des marchés, ce qui peut faciliter l’analyse de la stabilité financière.

Pour un examen plus détaillé de l’enquête et de ses résultats, voir Sundararajan et al. (2002).

Conformément au MSMF (FMI, 2000a), il s’agit des sociétés d’assurances et des fonds de pension, des autres intermédiaires financiers et des auxiliaires financiers.

Parmi les types de données mentionnées figurent les volumes des transactions, les écarts entre les cours acheteur et vendeur et les différentiels de taux.

Pour un examen approfondi de ces pratiques, voir Slack (2003).

La possibilité de disposer de données établies selon les deux méthodes pourrait offrir des avantages importants. Par exemple, un participant note que l’enquête n’aborde pas le principal aspect statistique, à savoir le rapprochement entre les méthodes du pays d’origine et du pays d’accueil, qui sera réalisable si les données liées au contrôle bancaire et les données des statistiques macroéconomiques sont utilisées.

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