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Chapter

2. Quantification de la dette extérieure: définition et principes comptables fondamentaux

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
October 2003
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Introduction

2.1 Ce chapitre commence par une mise à jour de la définition de la dette extérieure, qui est ainsi alignée sur les concepts du SCN 1993 et du MBP5. La définition reste fondée sur le principe suivant: si un résident a un passif exigible envers un non-résident qui nécessitera à l’avenir des versements au titre du principal et/ou des intérêts, ce passif représente une créance future sur les ressources de l’économie du résident et constitue de ce fait une dette extérieure de cette économie. Cette approche se traduit par une quantification de la dette extérieure qui est complète et compatible avec les divers instruments de dette, quelle que soit la manière dont ils puissent être structurés. La définition reste centrée sur les engagements bruts: elle exclut tous les avoirs.

2.2 Un thème revient constamment dans le Guide: l’analyse de l’encours de la dette extérieure brute d’une économie exige des informations qui soient, dans la mesure du possible, compatibles avec des séries de données connexes relatives à une ou à plusieurs économies. La compatibilité accroît l’utilité analytique et la fiabilité des données, car elle permet de les relier à d’autres séries de données macroéconomiques connexes qui doivent être examinées, et d’effectuer des comparaisons claires et homogènes entre les pays. La recherche de compatibilité pousse à la rationalisation des méthodes d’établissement des données, à travers l’intégration de synergies entre les séries de dette extérieure et domestique, aboutissant ainsi à la réduction des coûts de production des données. Pour cette raison, le chapitre présente des concepts de comptabilisation de la dette extérieure qui sont tirés du SCN 1993 et du MBP5.

Définition de la dette extérieure

2.3 Le Guide définit la dette extérieure brute dans les termes suivants:

La dette extérieure brute est égale au montant, à une date donnée, de l’encours des engagements courants effectifs, non conditionnels, qui comportent l’obligation pour le débiteur d’effectuer un ou plusieurs paiements pour rembourser le principal et/ou verser des intérêts, à un ou plusieurs moments futurs, et qui sont dus à des non-résidents par des résidents d’une économie.

Encours des engagements courants effectifs

2.4 Pour qu’un engagement soit inclus dans la dette extérieure, il doit exister et être exigible. Le facteur décisif est le fait qu’un créancier détient une créance sur un débiteur. Le fait générateur d’une dette est généralement la fourniture d’une valeur économique — c’est-à-dire, des actifs (financiers ou non financiers), des services et/ou un revenu — par une unité institutionnelle, le créancier, à une autre, le débiteur, normalement dans le cadre d’un contrat1. L’engagement peut aussi résulter de l’application d’une loi2, et d’événements qui imposent des paiements de transfert à l’avenir3. Il comprend les arriérés de principal et d’intérêts. L’obligation de fournir ultérieurement une valeur économique ne peut pas donner lieu à un engagement tant que des biens n’ont pas changé de propriété, qu’une prestation de services n’a pas eu lieu ou encore qu’un revenu n’a pas été perçu; ainsi, les montants qui restent à décaisser au titre d’un prêt ou d’un crédit à l’exportation ne doivent pas être inclus dans l’encours de la dette extérieure brute.

Principal et intérêts

2.5 La fourniture de valeur économique par le créancier, ou la création d’engagements par d’autres moyens, entraîne pour le débiteur l’apparition d’une dette au titre du principal, qui, tant qu’elle n’est pas éteinte, peut changer de valeur. Dans le seul cas des instruments de dette, au titre de l’utilisation du principal, il est possible, et en fait fréquent, que les intérêts s’ajoutent au montant du principal, d’où l’apparition d’une charge d’intérêts pour le débiteur. Lorsque cette charge est acquittée périodiquement, ce qui se produit généralement, elle constitue ce que le Guide appelle un paiement d’intérêts. Tous les autres éléments de valeur économique fournis par le débiteur au créancier qui réduisent le principal exigible constituent ce qu’on appelle les remboursements de principal.

2.6 Dans le cas des instruments de dette à long terme, on entend par charges d’intérêts acquittées périodiquement celles que le débiteur verse au créancier annuellement ou plus fréquemment; s’agissant des instruments de dette à court terme, c’est-à-dire de ceux dont l’échéance initiale est égale ou inférieure à un an, les charges d’intérêts acquittées périodiquement sont celles que le débiteur doit verser au créancier avant l’arrivée à échéance des instruments.

2.7 La définition de la dette extérieure n’établit pas de distinction entre les paiements selon qu’ils sont dus au titre du principal ou des intérêts, ou des deux. Par exemple, les prêts sans intérêts sont des instruments de dette, bien qu’aucun paiement d’intérêts n’ait lieu, tandis que les obligations perpétuelles sont aussi des instruments de dette, bien qu’aucun principal ne doive être remboursé. En outre, bien qu’il puisse paraître normal de s’attendre que les paiements seront faits au moyen d’actifs financiers, tels qu’en monnaie fiduciaire et en dépôts, la définition ne précise pas la forme que devront prendre les paiements. Par exemple, ils peuvent prendre la forme de biens et de services. C’est l’obligation d’effectuer les paiements à l’avenir, et non pas leur nature, qui détermine si un engagement est ou non un instrument de dette.

2.8 En outre, la définition ne précise pas s’il est nécessaire que le moment où aura lieu le paiement futur du principal et/ou des intérêts doit être connu pour qu’un engagement puisse être classé dans la dette. Dans de nombreux cas, tels que les titres et les prêts, l’échéancier des paiements est connu, mais il peut arriver aussi qu’il ne le soit pas. Ainsi, l’échéancier peut prévoir que les paiements se feront à la demande du créancier, comme pour les dépôts à vue ne portant pas intérêts; il est possible que le débiteur soit en situation d’arriérés et qu’on ne sache pas quand les arriérés seront effectivement réglés; il se peut aussi que le moment du paiement dépende de certains événements, tels que l’exercice d’une option intégrée d’achat ou de vente. Ici encore, c’est l’obligation d’effectuer les paiements, et non pas l’échéancier, qui détermine si l’engagement est une dette. Par conséquent, les engagements des fonds de retraite et des sociétés d’assurance vie envers leurs participants et leurs assurés non résidents sont considérés comme des dettes de ces institutions car, à un certain moment, un paiement sera exigible bien que ce moment puisse ne pas être connu.

Résidence

2.9 Pour que sa dette soit considérée comme extérieure, un résident doit avoir contracté l’engagement envers un non-résident. Le facteur déterminant la résidence est l’endroit physique où le débiteur et le créancier ont leurs centres d’intérêts économiques, c’est-à-dire, généralement, l’endroit où ils se trouvent ordinairement, et non pas selon leur nationalité. La définition de la résidence, qui sera expliquée de manière plus détaillée dans le présent chapitre, est celle qu’utilisent le MBP5 et le SCN 1993. Des précisions seront aussi données sur la détermination de la résidence des personnes morales ayant leur siège ou leur domicile dans des «places financières offshore».

Courant et non conditionnel

2.10 Les engagements conditionnels ne sont pas inclus dans la définition de la dette extérieure. Par engagements conditionnels, on entend ceux qui stipulent qu’une ou plusieurs conditions doivent être remplies avant qu’une opération financière puisse avoir lieu4. Cependant, lorsqu’on souhaite comprendre la vulnérabilité extérieure, il est bon, aux fins de l’analyse, de s’intéresser à l’impact potentiel des engagements conditionnels sur une économie et sur certains secteurs institutionnels, tels que les administrations publiques. Ainsi, le montant des engagements extérieurs auxquels une économie risque d’être confrontée peut être plus élevé que celui qui ressort des données publiées sur la dette extérieure si des garanties extérieures ont été accordées. De fait, le Guide encourage les pays à créer des systèmes permettant d’obtenir et de diffuser des données sur les engagements conditionnels, comme on le verra plus en détail au chapitre 9.

Relations avec les instruments du SCN 1993

2.11 Dans l’optique de la comptabilité nationale, la dette extérieure est définie de manière à inclure tous les engagements financiers identifiés dans le SCN 1993 comme des instruments financiers, à l’exception des actions et des autres participations, et des dérivés financiers, qui constituent des créances des non-résidents. Les actions et les autres participations sont exclues car elles n’entraînent pas l’obligation de rembourser le principal ni de payer les intérêts. Pour la même raison, les dérivés financiers, aussi bien les futurs que les options, sont exclus: aucun principal n’a été avancé et ne doit donc être remboursé et aucun intérêt ne court sur les produits financiers dérivés. Les contrats à terme et les options sont décrits plus en détail au chapitre 3. Cependant, si un contrat de dérivé financier reste à dénouer, cette obligation, de même que tout arriéré, représente une dette financière, car un paiement est nécessaire. L’or monétaire et les droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI sont des actifs financiers compris dans le SCN 1993, mais ce ne sont pas des instruments de dette car, par convention, ce sont des actifs auxquels ne correspond aucun engagement financier.

Principes comptables fondamentaux

2.12 Cette section traite des concepts de résidence, de moment de l’enregistrement, d’évaluation, d’unité de compte et de taux de change de conversion ainsi que d’échéances. Sauf indication contraire, ces concepts s’appliquent dans la totalité du Guide.

Résidence5

2.13 Les dettes des résidents envers les non-résidents doivent être comprises dans la présentation de l’encours de la dette extérieure d’une économie. Les dettes envers les résidents sont exclues. Par conséquent, la définition de la résidence est au cœur du concept de dette extérieure. Dans le Guide, de même que dans le MBP5 et le SCN 1993, une unité institutionnelle — c’est-à-dire une entité telle qu’un ménage, une société, une unité administrative publique, etc. qui est individuellement capable de détenir des actifs, de contracter des obligations et de se livrer à des activités et des opérations économiques avec d’autres entités — est résidente d’une économie si son centre d’intérêt économique se trouve sur le territoire économique de ce pays.

2.14 Afin de déterminer la résidence, il est nécessaire de définir aussi ce qu’on entend par territoire économique et par centre d’intérêt économique. Le territoire économique d’un pays est constitué par la zone géographique qu’administre son gouvernement; sur ce territoire géographique, les personnes, les biens et les capitaux circulent librement. Le territoire économique n’est pas toujours délimité exactement par les frontières politiques, bien que la correspondance soit généralement étroite. Dans le cas d’un pays maritime, le territoire économique comprend toutes les îles qui sont régies par les mêmes autorités budgétaire et monétaire que le continent. Les institutions internationales (aussi qualifiées de multilatérales) ont leur(s) propre(s) enclave(s) territoriale(s) sur laquelle (lesquelles) elles ont juridiction et elles ne sont pas considérées comme des résidentes des économies nationales dans lesquelles ces organisations sont situées ou ont leurs activités, bien que les personnes employées par ces organisations soient des résidentes d’une économie nationale — plus précisément, de l’économie dans laquelle elles sont censées demeurer pendant un an ou plus.

2.15 Une unité institutionnelle est réputée avoir un centre d’intérêt économique dans un pays, et être une unité résidente de ce pays, lorsqu’il existe, à l’intérieur du territoire économique du pays, un endroit — domicile, lieu de production ou autre local — à partir duquel elle se livre, et a l’intention de continuer de se livrer, à des activités et des opérations économiques d’une ampleur significative, indéfiniment ou pendant une période définie mais prolongée. Il n’est pas nécessaire que le lieu soit fixe, dès lors qu’il est situé sur le territoire économique. Le fait, ou l’intention, de se livrer à des activités économiques pendant une année ou plus sur un territoire économique implique normalement que l’unité est résidente de cette économie, d’un point de vue statistique. Mais le choix de cette période d’un an a une valeur indicative et non pas absolue.

2.16 Une unité institutionnelle est essentiellement une résidente de l’économie dans laquelle elle se trouve ordinairement. Par exemple, une filiale ou une succursale est résidente de l’économie dans laquelle elle se trouve ordinairement, car elle se livre à des activités et à des opérations économiques à partir de cet endroit, au lieu d’être nécessairement résidente de l’économie dans laquelle la société mère est située. Les bureaux établis sur place et non constitués en sociétés qui sont chargés de grands travaux de construction et d’autres projets analogues, tels que la recherche d’hydrocarbures, dont la réalisation demande plus d’une année et qui sont effectués et dirigés par des entreprises non résidentes, satisfont le plus souvent aux critères définissant une entité résidente de l’économie dans laquelle ils sont situés, aussi pourront-ils contracter une dette extérieure (mais les créances de la société mère sur le bureau pourraient fort bien constituer une prise de participation6).

2.17 Les entreprises «offshore» — y compris celles qui effectuent l’assemblage de composants manufacturés ailleurs, celles qui se livrent à des opérations commerciales et financières et celles qui se trouvent dans des zones spéciales — sont considérées comme résidentes de l’économie dans laquelle elles sont situées. Par exemple, dans certains pays, les banques, y compris les filiales de banques étrangères, qui sont autorisées à recevoir des dépôts principalement, sinon exclusivement, des résidents d’autres économies et à accorder des prêts principalement, sinon exclusivement, aux résidents d’autres économies, sont assimilées aux «banques offshore» au sens du contrôle des changes et/ou d’autres textes réglementaires. Ces banques sont le plus souvent assujetties à des régimes de contrôle différents et parfois ne sont pas tenues de fournir la même quantité d’information aux organismes de contrôle que les banques «on shore». Cependant, les engagements des «banques offshore» devraient être inclus dans les statistiques de la dette extérieure de l’économie dans laquelle elles sont situées, à condition que les engagements satisfassent à la définition de la dette extérieure.

2.18 Des problèmes identiques se posent dans le cas des sociétés fictives (aussi appelées «sociétés boîtes aux lettres») et des «entités spécialisées ou à vocation spéciale». Il est possible que ces entités n’aient qu’une réalité physique fort réduite dans l’économie où elles ont leur siège social ou sont constituées en sociétés (par exemple, là où elles sont enregistrées ou là où elles ont reçu l’agrément) et que leur activité substantielle éventuelle se déroule dans une autre économie. En pareil cas, l’on peut se demander où se trouve leur centre d’intérêt économique. Le Guide attribue la dette extérieure à l’économie dans laquelle l’entité — qui porte les créances à son bilan et par conséquent sur laquelle le créancier détient sa créance — est constituée en société ou, en l’absence d’un tel statut, dans l’entité où se trouve son domicile légal. Par conséquent, les titres de créance inscrits au bilan des entités constituées en sociétés, ou ayant leur domicile légal, dans un «centre offshore» doivent faire partie de la dette extérieure de l’économie dans laquelle ce dernier est situé. Toute rétrocession ultérieure des prêts obtenus au moyen de telles émissions de dettes à un non-résident, tel qu’une société mère ou une succursale, est considérée comme un avoir extérieur de l’entité «offshore» et comme une dette extérieure de l’entité emprunteuse.

2.19 Dans le cas de certaines économies, il est nécessaire de distinguer la dette extérieure brute (et les avoirs extérieurs) des «banques offshore» résidentes et des autres «entités offshore», car il est possible que leurs engagements représentent un pourcentage important du reste de l’économie.

2.20 Par contre, lorsqu’un non-résident ouvre une agence dans l’économie résidente, c’est généralement avec l’intention d’y effectuer des opérations. Ainsi, un agent résident peut prendre des dispositions pour que la banque étrangère qui est sa société mère prête des fonds à un autre résident (l’emprunteur). À moins que l’agent n’inscrive les opérations entre l’emprunteur et la banque créancière à son propre bilan, c’est l’emprunteur, et non pas l’agent, qui enregistre la dette extérieure. En effet, la relation débiteur/créancier existe entre la banque qui prête et l’entité qui emprunte, l’agent se bornant à faciliter l’opération en mettant en contact les deux parties. Si l’agent inscrit effectivement les opérations à son bilan, c’est lui et non pas l’emprunteur final qui doit enregistrer la dette extérieure contractée auprès de la banque étrangère société mère.

2.21 Une banque centrale régionale est une institution financière internationale qui agit en qualité de banque centrale commune à un groupe de pays membres. Elle a son siège dans un pays et, en règle générale, des bureaux nationaux dans chacun des pays membres. Chaque bureau national agit en qualité de banque centrale du pays considéré et il est assimilé à une unité institutionnelle résidente de ce pays. Cependant, le siège est une organisation internationale et par conséquent un non-résident du point de vue des banques centrales nationales. Toutefois, pour les besoins des statistiques relatives au territoire économique de l’ensemble du groupe des pays membres, la banque centrale régionale est une unité institutionnelle résidente de ce territoire.

Date d’enregistrement7

2.22 Lorsqu’on veut savoir si des créances et des engagements existent et sont exigibles, le principe directeur est de se fonder à un moment quelconque sur le concept de propriété. Le créancier détient une obligation sur le débiteur et le débiteur a une obligation envers le créancier8. Les transactions sont enregistrées lorsqu’un élément de valeur économique est créé, transformé, échangé, transféré ou liquidé.

2.23 Quand se produit une transaction sur actifs, financiers ou non, la date du transfert de propriété (date de valeur), et par conséquent, le jour où la position est enregistrée, est celle où le créancier et le débiteur inscrivent tous deux dans leurs livres l’un sa créance et l’autre son engagement. Il se peut que cette date soit effectivement spécifiée pour assurer que les inscriptions concordent dans la comptabilité des deux parties. Si aucune date précise ne peut être fixée, la date à retenir est celle à laquelle le créancier reçoit le paiement ou un autre type de créance financière. Par exemple, les tirages sur les prêts sont portés en comptes à la date de leurs décaissements effectifs, et par conséquent lorsque les créances financières sont établies, et non pas nécessairement lorsqu’un accord est signé.

2.24 Dans le cas des autres transactions, si une prestation de services a eu lieu, que des intérêts s’accumulent, ou que se produit un événement qui entraîne un transfert de créances (par exemple dans le cas d’un contrat d’assurance autre qu’une assurance vie), un engagement financier apparaît et il ne sera résorbé que lorsque le paiement aura été effectué ou que la dette aura été remise. Il arrive parfois que les commissions de service, de même que les intérêts, s’accumulent de manière continue. Bien que les titres de participation ne soient pas des instruments de dette, les dividendes, à partir du moment où ils sont déclarés payable, ne sont pas inscrits avec les autres engagements tant qu’ils ne sont pas effectivement payés.

2.25 Le Guide recommande que les charges d’intérêts s’accumulent continuellement sur les instruments de dette, de sorte que le coût du capital corresponde à la fourniture de capital. Cette recommandation est conforme à l’approche adoptée par les manuels de statistiques internationaux connexes et les normes comptables commerciales (voir encadré 2.1). En ce qui concerne les charges d’intérêts qui s’accumulent au cours d’une période de déclaration, trois solutions sont concevables pour leur quantification: on peut considérer 1) que ces charges sont versées pendant cette période d’enregistrement, donc qu’elles n’ont pas d’effet sur l’encours de la dette extérieure brute; 2) qu’elles ne sont pas payées car elles ne sont pas encore exigibles (voir plus loin la section «Charges d’intérêts accumulées et non encore exigibles») — par exemple, on citera les intérêts versés tous les six mois sur des prêts ou des titres, l’encours de la dette extérieure brute étant mesuré après les trois premiers mois de cette période — en pareil cas, l’encours de la dette extérieure augmente du montant des intérêts qui ont couru pendant ces trois mois; 3) qu’elles ne sont pas acquittées à l’échéance, auquel cas l’encours de la dette extérieure brute s’accroît du montant des charges d’intérêts qui se sont accumulées pendant la période et qui seront en arriérés en fin de période.

Charges d’intérêts accumulées et non encore exigibles

2.26 Traditionnellement, les systèmes d’enregistrement de la dette extérieure ne prennent pas en compte les charges d’intérêts qui se sont accumulées et qui ne sont pas encore exigibles. Au moment de la publication du présent Guide, de nombreux organismes chargés des statistiques de la dette continuent à préconiser cette exclusion, et ce pour deux raisons. En premier lieu, s’agissant des pays qui ont contracté à l’étranger un petit nombre de prêts de montant élevé, qui ont emprunté par à coups et qui doivent s’acquitter de paiements d’intérêts annuels ou semestriels, des variations significatives de l’encours de la dette dans le temps pourraient résulter de l’inclusion des charges d’intérêts accumulées et non encore exigibles. En second lieu, d’un point de vue pratique, l’inclusion par certains pays de ces charges d’intérêts dans leur encours de la dette extérieure brute ne pourrait se faire sans délai, car elle pourrait exiger une modification importante de leur système actuel d’établissement des statistiques de la dette.

Encadré 2.1.Le choix d’une méthode d’enregistrement: argumentaire en faveur de la comptabilisation sur la base des droits constatés1

Qu’entend-on par «base d’enregistrement»?

Dans un système de statistiques macroéconomiques, la base d’enregistrement est principalement déterminée par le moment auquel les opérations sont enregistrées. Il peut y avoir des dates d’enregistrement différentes parce que pour beaucoup d’opérations, il y a un laps de temps entre le moment où l’article sous-jacent change de propriétaire, la date d’exigibilité du paiement et la date effective de paiement. Par ailleurs, puisque les bases d’enregistrement sont différentes, les opérations et les positions d’encours enregistrées seront aussi différentes. Il importe donc, lorsque l’on choisit une base d’enregistrement, de se demander quel type d’information le système statistique est censé fournir. Dans le cas des statistiques de la dette extérieure, il s’agit de fournir aux utilisateurs un tableau complet des engagements au titre de la dette extérieure à la clôture de la période comptable, et de leur permettre de distinguer les types de flux qui, au cours de cette période, influent sur le montant et la composition de ces engagements. Le Guide préconise donc l’emploi de la comptabilité sur la base des droits constatés, pour les raisons énoncées ci-après.

Les différentes bases d’enregistrement

Les trois bases d’enregistrement le plus couramment employées dans les systèmes de statistiques macroéconomiques sont la base caisse, la base de la date d’exigibilité et la base des droits constatés. Dans la pratique, ces bases donnent souvent des résultats différents.

La comptabilité sur base caisse enregistre les opérations au moment où un paiement est effectué ou reçu, que les actifs en cause changent ou non de propriétaire. Au sens le plus strict, elle ne comptabilise que les entrées et sorties d’espèces. Les stocks comptabilisés en fin de période sont des soldes de trésorerie. Dans la pratique, on modifie souvent le résultat de la caisse pour pouvoir faire apparaître d’autres soldes, dont le solde des dettes. En d’autres termes, lorsque des espèces sont versées en échange d’un instrument de dette, on enregistre un encours de dette et, par la suite, les remboursements en espèces du principal viennent en déduction de cet encours.

La comptabilité sur la base de la date d’exigibilité enregistre les opérations lorsque les recettes ou paiements y afférents sont exigibles et non lorsque les espèces sont effectivement reçues ou versées. On peut considérer qu’il s’agit en fait d’une version modifiée de la comptabilité de caisse. En plus des soldes de trésorerie, la comptabilité sur la base de la date d’exigibilité prend en compte les montants dont le paiement est exigible ou en arriéré. En règle générale, elle fait apparaître l’encours de la dette comme le montant remboursable — exigible à l’échéance2. Ce montant peut différer de celui de la dette initiale pour diverses raisons, y compris des décotes ou primes entre le prix d’émission et le prix d’amortissement, des remboursements du principal ou une réévaluation de la dette pour cause d’indexation. Cette comptabilité capte aussi la dette découlant d’opérations qui ne donnent pas lieu au versement d’espèces, telles que l’accumulation d’arriérés ou la prise en charge de dettes d’une entité envers une autre, par exemple vers les administrations publiques.

La comptabilité sur la base des droits constatés enregistre les flux au moment où la valeur économique est créée, transformée, échangée, transférée, ou s’éteint. Les créances et engagements naissent au moment du transfert de propriété. Ce mode de comptabilisation signifie que les opérations sont enregistrées à la période durant laquelle elles ont lieu, qu’il y ait eu ou non paiement ou réception d’espèces, et quelle que soit la date d’exigibilité. La position d’encours de la dette extérieure brute à la fin de la période est la somme du stock d’ouverture et des opérations et autres flux qui se sont produits au cours de la période3. La comptabilité sur la base des droits constatés enregistre ce que doit une entité sous l’angle de considérations économiques et non sur la base des paiements.

La différence entre les trois bases d’enregistrement peut s’illustrer par l’exemple d’un prêt, sur lequel des intérêts sont versés périodiquement, jusqu’à ce qu’il soit remboursé à l’échéance. Le décaissement initial est enregistré au même moment par les trois méthodes: à la date où il est effectué. Les trois systèmes enregistrent un engagement de dette4. Cependant, sur la base des droits constatés, les charges d’intérêts, qui correspondent au coût de l’utilisation du capital, s’accumulent continuellement et gonflent le montant de l’encours de l’engagement de dette pendant la durée du prêt, jusqu’à ce que le paiement des intérêts soit exigible. Si l’on raisonne en base caisse, cette augmentation ne se produit pas.

Les paiements d’intérêts et le remboursement du principal du prêt sont enregistrés au même moment par les trois systèmes, à condition que ces paiements aient lieu pendant la période comptable durant laquelle ils sont exigibles. Mais si les paiements ne sont pas effectués lorsqu’ils sont dus, les arriérés sont comptabilisés avec la méthode de la date d’exigibilité et celle des droits constatés, mais pas si l’on raisonne sur base caisse (encore qu’en pratique le système de caisse soit souvent modifié pour permettre de prendre en compte les arriérés). Avec la méthode de la date d’exigibilité et celle des droits constatés, un paiement serait enregistré comme si le débiteur l’avait effectué, avec une augmentation concomitante des engagements (arriérés) (à court terme). Lorsque le paiement a effectivement lieu, les arriérés sont réduits d’autant. En comptabilité de caisse, on n’enregistre aucune opération jusqu’à ce que le paiement (en retard) ait effectivement lieu; on n’enregistre pas d’arriérés.

On peut voir d’après l’exemple qui précède que la méthode des droits constatés enregistre les opérations en même temps que celle de la date d’exigibilité ou avant, et que la méthode de la date d’exigibilité enregistre les opérations en même temps que le système de caisse ou avant. S’agissant des positions d’encours, le système de caisse prend en compte seulement les montants décaissés ou remboursés en espèces; celui de la date d’exigibilité reconnaît les montants décaissés ou remboursés en espèces, ainsi que l’encours des engagements découlant d’opérations qui ne donnent pas lieu au versement d’espèces, telles que l’accumulation d’arriérés; enfin, la comptabilité sur la base des droits constatés reconnaît tous les engagements existants, qu’il y ait eu ou non versement d’espèces, et que le paiement soit ou non exigible.

Mesure de la position d’encours de la dette extérieure

Inconvénients des systèmes de comptabilité de caisse et à la date d’exigibilité

Les systèmes de comptabilité de caisse et à la date d’exigibilité présentent tous deux des inconvénients lorsque l’on cherche à calculer la position d’encours de la dette extérieure brute.

La comptabilité de caisse ne renseigne «que» sur la dette découlant de flux de trésorerie et pas sur les opérations qui ne donnent pas lieu au versement d’espèces, par exemple la fourniture de biens et de services dont le paiement est différé, ni sur les engagements non tenus, autrement dit les arriérés. Elle ne rend donc pas complètement compte de la dette extérieure. Si la comptabilité à la date d’exigibilité va plus loin que la base caisse et englobe des opérations qui ne donnent pas lieu au versement d’espèces, comme les arriérés et l’indexation, elle ne donne pas une idée complète de la dette extérieure. Par exemple, d’après ce système, les paiements non encore exigibles pour des biens ou services déjà fournis ne sont pas considérés comme des dettes (à moins par exemple qu’il y ait un accord contractuel de crédit commercial). Par ailleurs, les intérêts ne sont pas comptabilisés avant leur date d’exigibilité, qu’il s’agisse d’une prime à l’émission sur la valeur nominale d’un titre ou de charges périodiques.

Avantages de la comptabilité sur la base des droits constatés

La méthode des droits constatés, depuis longtemps utilisée en comptabilité d’entreprise, est celle qui fournit les informations les plus détaillées, car elle mesure la dette en fonction des créances financières qu’un créancier détient sur un débiteur. Elle donne l’image la plus cohérente de la dette extérieure — qu’il s’agisse de sa composition ou de son montant — car le mode de paiement n’entre pas en ligne de compte — la créance peut naître ou être éteinte du fait d’un paiement donnant ou non lieu au versement d’espèces —, pas plus que le moment auquel le paiement intervient — la naissance ou l’extinction de la créance dépendant du moment auquel la propriété d’un bien est établie ou cédée —, ni la forme — principal ou intérêts — que prendront les futurs paiements au titre de la dette5. Comme les marchés financiers continuent à innover, cette méthode cohérente permet de mesurer la dette d’après des critères purement économiques, et non en fonction des paiements6.

Enfin, la comptabilité sur la base des droits constatés a l’avantage d’être la formule qu’utilisent aussi d’autres systèmes de statistiques macroéconomiques, dont le SCN 1993 et le MBP5. Ces systèmes renseignent sur les types de flux économiques qui, au cours de la période comptable, influent sur la composition et le montant de la dette extérieure. Le Manuel de statistiques de finances publiques (FMI, 2001) et le Manuel de statistiques monétaires et financières (FMI, 2000d) retiennent aussi la méthode des droits constatés. L’adoption d’une même base comptable facilite pour les utilisateurs la comparaison d’informations provenant de divers ensembles de statistiques macroéconomiques et devrait aussi réduire les coûts de compilation du fait qu’il est possible d’utiliser des séries communes provenant de systèmes statistiques connexes.

1 Cette argumentation s’inspire du document préparé par Efford (1996), dans le cadre de l’élaboration du Manuel de statistiques de finances publiques, FMI (2001).2 C’est la méthode suivie dans l’édition précédente du Manuel de statistiques de finances publiques du FMI (1986); voir p. 263.3 Le SCN 1993 n’enregistre que les flux économiques d’actifs et de passifs financiers pour lesquels il est possible de démontrer ou d’observer qu’il y a transfert d’une valeur économique.4 D’après les descriptions des trois bases d’enregistrement données ci-dessus. Pour chaque méthode, la démarche peut être modifiée.5 En principe, lorsque l’on raisonne sur la base des droits constatés, l’encours de la dette extérieure reflète à tout moment les opérations et autres flux économiques antérieurs et, pourvu que l’on emploie la même méthode d’évaluation, est égal à la valeur actualisée des futurs paiements — intérêts et principal. Ainsi, si par exemple les marchés financiers convertissent des flux d’intérêts en principal, ce qui est le cas pour les obligations démembrées, cette conversion ne modifie en rien l’encours de la dette extérieure puisqu’on ne crée pas une nouvelle dette (encore que, si l’on considère la valeur marchande, la conversion puisse avoir des conséquences).6 Cependant, les renseignements sur les paiements peuvent en soi être un complément d’information utile.

2.27 Par conséquent, on reconnaît que l’enregistrement des charges d’intérêts s’accumulant sur les dépôts et les prêts pourrait devoir suivre les pratiques nationales, ces charges étant alors inscrites sous la rubrique «autres engagements au titre de la dette». Cependant, dans le cas des pays en mesure de le faire, le Guide recommande que les charges d’intérêts accumulées et non encore exigibles soient inscrites en tant que partie de la valeur des instruments sous-jacents. En d’autres termes, l’accumulation de charges d’intérêts qui ne sont pas encore exigibles accroît de manière continue le montant du principal exigible de l’instrument jusqu’à ce que ces intérêts soient acquittés. Ceci est conforme à la solution adoptée dans le SCN 1993 et le MBP5. Cependant, afin que les statistiques de la dette extérieure restent comparables dans l’espace et dans le temps et que l’on puisse identifier les variations résultant de la date choisie pour enregistrer les charges d’intérêts accumulées et non encore exigibles, le Guide recommande que les pays qui enregistrent ces charges d’intérêts effectuent une inscription pour mémoire au tableau qui donne la répartition par secteurs et par échéances de l’effet (de la manière indiquée au chapitre 4, aux paragraphes 4.8 et 4.9).

2.28 Lorsque les titres obligataires (y compris les obligations à prime d’émission élevée et les obligations à coupon zéro) et les bons et titres à court terme analogues sont émis avec une décote (ou prime) la différence entre le prix d’émission et la valeur nominale ou valeur de remboursement à l’échéance est considérée, selon le principe de l’enregistrement sur la base des droits constatés, comme représentant des intérêts courus pendant la durée de vie de l’obligation. Lorsque l’émission se fait avec une prime, on estime que les intérêts courus pendant chaque période s’ajoutent à l’obligation, ce qui accroît le principal exigible. Cette technique peut être qualifiée de capitalisation des intérêts et il n’y a pas de gain de détention pour le propriétaire du titre. Lorsque l’émission se fait avec une prime, le montant couru pendant chaque période réduit la valeur de l’obligation.

Arriérés

2.29 Lorsque le remboursement du principal ou le paiement des intérêts n’est pas effectué à l’échéance, comme dans le cas d’un prêt, des arriérés apparaissent (ces engagement à court terme sont inclus sous la rubrique «autres engagements au titre de la dette»). Cependant, afin de s’assurer que la dette n’est pas enregistrée deux fois, on réduit du même montant l’instrument de dette correspondant, par exemple un prêt. Par conséquent, le non-paiement à l’échéance de montants dus au titre du principal et/ou des intérêts entraîne une réduction de l’encours de l’instrument correspondant, tel qu’un prêt, et un accroissement des arriérés, et la position de la dette extérieure n’est donc pas modifiée. Les arriérés doivent continuer à être enregistrés à partir de leur apparition, c’est-à-dire lorsque les paiements ne sont pas effectués9, et jusqu’à ce qu’ils soient résorbés, par exemple lorsqu’ils sont remboursés, rééchelonnés ou lorsque les créanciers en accordent la remise.

2.30 Si les paiements de dette sont garantis par un tiers, et que le débiteur fait défaut, le débiteur initial enregistre un arriéré jusqu’à ce que le créancier se prévale des dispositions du contrat permettant de faire jouer la garantie. À partir de ce moment, le paiement de la dette est attribué au garant et les arriérés du débiteur initial sont éteints comme s’ils avaient été remboursés. En fonction des dispositions du contrat, au cas où la garantie est invoquée, la dette n’est pas considérée comme un arriéré du garant mais plutôt incluse dans la rubrique «autres engagements au titre de la dette» jusqu’à ce que s’achève une éventuelle période de grâce.

Évaluation10

2.31 Le Guide recommande que les instruments de dette soient évalués à la date de référence et à la valeur nominale et que les instruments de dette négociés le soient aussi de marché. La valeur nominale d’un instrument de dette exprime la valeur du point de vue du débiteur car, à n’importe quel moment, c’est le montant que le débiteur doit au créancier. Elle est généralement établie par référence aux conditions du contrat passé entre le débiteur et le créancier et elle sert assez fréquemment pour établir des ratios d’endettement (voir le chapitre 15). La valeur de marché d’un instrument de dette négocié est exprimée par son cours, qui, étant la meilleure indication de la valeur que les agents économiques attribuent à ce moment-là à une créance financière déterminée, donne une mesure du coût d’opportunité qu’elle implique aussi bien pour le débiteur que pour le créancier11. C’est le principe d’évaluation adopté dans le SCN 1993 et le MBP5.

2.32 La valeur nominale d’un instrument de dette exprime la valeur de la dette à sa création ainsi que tous les flux économiques ultérieurs, tels que les transactions (par exemple le remboursement du principal) et les réévaluations (y compris les modifications de taux de change et d’autres calculs de la valeur en dehors des cours) ainsi que toute autre modification. D’un point de vue conceptuel, on peut calculer la valeur nominale d’un instrument de dette en actualisant les paiements à venir au titre du principal et des intérêts au moyen du ou des taux d’intérêt contractuel(s) existant(s)12. Ce dernier peut être un taux fixe ou variable. S’il s’agit d’instruments à taux d’intérêt fixe et de ceux dont le taux a été déterminé dans l’accord, ce principe s’applique aisément car l’échéancier des paiements à venir et le(s) taux d’intérêt sont connus13, mais il est moins évident à appliquer dans le cas des engagements à taux d’intérêt variant en fonction du marché. L’annexe placée à la fin de ce chapitre donne des exemples de calcul de la valeur nominale d’un instrument par actualisation des paiements futurs au titre du principal et des intérêts.

2.33 La valeur faciale a parfois été utilisée pour déterminer la valeur nominale dans certains cas, puisque la valeur faciale est le montant non actualisé du capital à rembourser à l’échéance. Bien qu’elle soit utile pour présenter les montants dont le contrat stipule le paiement à une date future, cette manière de procéder en vue de quantifier l’encours de la dette extérieure brute peut se traduire par un manque d’uniformisation dans le traitement des divers instruments — aussi n’est-elle pas recommandée. Par exemple, le montant à rembourser (valeur faciale) sur des obligations à prime d’émission élevée (ou à coupon zéro) comprend les charges d’intérêts non encore courues, ce qui est contraire au principe de la comptabilité sur la base des droits constatés.

2.34 Le cours d’un instrument négocié doit être déterminé par le prix qu’en donne le marché à la date de référence à laquelle se rapporte la position d’encours. La meilleure source pour obtenir le cours d’un instrument de dette négocié est un marché organisé ou un autre marché de capitaux sur lequel l’instrument fait l’objet d’un volume considérable de transactions et dont le cours est relevé à intervalles réguliers. En l’absence d’une telle source, on peut obtenir la valeur de marché en actualisant le(s) paiement(s) futur(s) au moyen d’un taux d’intérêt du marché approprié. Si les marchés de capitaux sont fermés à la date de référence, le cours à utiliser est celui qui était coté à la date la plus proche immédiatement précédent lorsque le marché était ouvert. Certains marchés ne cotent pas les titres de la dette négociés en tenant compte des charges d’intérêts courus, mais non encore exigibles, mais lorsqu’on détermine la valeur de marché, ces charges doivent être prises en compte.

Instruments de dette non négociés

2.35 De même que le MBP5, le Guide recommande que les instruments de dette qui ne sont pas négociés (ou négociables) sur des marchés organisés ou d’autres marchés de capitaux, tels que les prêts, la monnaie fiduciaire et les dépôts et les crédits commerciaux, soient évalués seulement à la valeur nominale14. La valeur nominale d’un instrument peut être inférieure au montant initialement avancé s’il y a eu des paiements de principal, des remises de dettes ou d’autres flux économiques, tels que ceux qui résultent de l’indexation, qui affectent la valeur de l’encours. En raison, notamment, des charges d’intérêts courus ou d’autres flux économiques, la valeur nominale d’un instrument de dette peut être supérieure au montant initialement avancé.

2.36 Dans le cas des instruments de dette qui ne portent pas intérêts, par exemple les engagements correspondant à des dividendes déclarés mais non encore exigibles, la valeur nominale est égale au montant dû. Si une période exceptionnellement longue15 doit courir avant qu’un paiement ne devienne exigible au titre d’une créance dont l’encours ne porte pas intérêts, la valeur du principal doit être réduite d’un montant calculé sur la base de la période allant jusqu’à l’échéance et d’un taux contractuel existant approprié, et les charges d’intérêts doivent courir jusqu’à ce que le paiement soit effectué.

2.37 Dans le cas de certains instruments de dette, tels que les prêts, un contrat peut préciser que le remboursement aura lieu en produits de base ou en d’autres marchandises qui seront fournis en plusieurs livraisons au cours d’une période déterminée. Au départ, la valeur de la dette est égale au principal avancé. Le taux d’intérêt, qui porte sur le principal, est celui qui fait que la valeur courante de la livraison obligatoire future de produits de base ou d’autres marchandises est égale, étant donné leurs cours présents, à l’encours du principal. D’un point de vue conceptuel, ce type de contrat revient à indexer un prêt et par conséquent le taux d’intérêt initial appliqué variera au fur et à mesure que variera le cours de l’article précisé, sous réserve de toutes dispositions contractuelles, par exemple les limites en termes monétaires fixées aux valeurs maximale et minimale que devra verser le débiteur. Lorsque les paiements ont lieu en un produit de base ou en une autre marchandise, la valeur de l’encours du principal sera réduite par celle du cours du produit de base, ou de la marchandise considérée, au moment du paiement.

2.38 Par contre, la valeur des produits de base, d’autres marchandises ou des services à fournir pour éteindre un engagement relatif à un crédit commercial, y compris au titre d’un accord de troc, est celle qui est établie au moment de la création de la dette, en d’autres termes, lorsque l’échange de valeur s’est produit (bien que, comme on l’a déjà indiqué, si un délai exceptionnellement long précède le paiement, la valeur du principal devra être réduite d’un montant qui exprime la période courant jusqu’à l’échéance et un taux d’intérêt contractuel existant approprié et les charges d’intérêts devraient s’accumuler jusqu’à ce que le paiement soit effectué).

2.39 Le Guide prend en compte les engagements des fonds de retraite et des sociétés d’assurance envers leurs assurés et participants non résidents. Les engagements d’un régime à prestations prédéfinies sont égaux à la valeur actualisée des prestations promises aux non-résidents, tandis que ceux d’un régime à cotisations déterminées sont égaux à la valeur courante de marché de l’actif du fonds de retraite au prorata de la part des créances des non-résidents dans les créances totales16. Les engagements des sociétés d’assurance vie sont donnés par la valeur des réserves constituées sur les polices d’assurance vie en vigueur souscrites par des non-résidents. Le passif envers les non-résidents des autres sociétés d’assurance est exprimé par la valeur de tous les paiements anticipés de primes effectués par les non-résidents et la valeur présente des montants qui seront payés à des non-résidents en règlement de sinistres, y compris au titre de demandes d’indemnisation valides dont les montants sont toutefois contestées.

2.40 Dans le cas des arriérés, la valeur nominale est égale à la valeur des paiements — intérêts et principal — dont le débiteur ne s’est pas acquitté et de tous les flux économiques ultérieurs, telle que l’accumulation des charges d’intérêts.

2.41 On peut calculer la valeur d’un instrument de dette non négocié dont la valeur nominale est incertaine en actualisant les paiements futurs au titre des intérêts et du principal au moyen du taux d’intérêt approprié fourni par le contrat.

Instruments de dette négociés

2.42 Le Guide recommande que les instruments de dette négociés (ou négociables) sur des marchés organisés et d’autres marchés de capitaux soient évalués aussi bien à la valeur nominale que de marché17. Si l’instrument est négocié, la valeur nominale aussi bien que le cours peuvent être déterminés à partir de la valeur de la dette à sa création et des flux économiques ultérieurs, mais il est entendu que l’évaluation de marché tient compte de toute modification du cours de l’instrument, tandis que la valeur nominale ne le fait pas.

2.43 S’il s’agit d’un instrument de la dette généralement négociable mais dont le cours ne peut être obtenu facilement, l’utilisation d’un taux d’intérêt du marché, la valeur courante des flux attendus de paiements futurs liés au titre, peut permettre d’estimer le cours. Cette méthode ainsi que d’autres moyens d’estimation de la valeur de marché sont expliqués dans l’encadré 2.2. Dans le cas des titres non cotés, le prix indiqué à des fins comptables ou réglementaire peut être utilisé, mais cette méthode est moins recommandée que celles qui ont été mentionnées ci-dessus. De même, dans le cas d’obligations à prime d’émission élevée (ou à coupon zéro), le prix d’émission majoré de l’amortissement de la prime peut être utilisé en l’absence de cours.

2.44 Si les arriérés sont négociés sur des marchés secondaires, ce qui arrrive parfois, un cours de marché distinct peut être établi.

Instruments ne se rapportant pas à la dette

2.45 Les positions d’encours sur dérivés financiers, titres de participation, capital social et bénéfices réinvestis d’investissements directs étrangers ne sont pas compris dans l’encours de la dette extérieure brute, car ce ne sont pas des instruments de dette, mais le Guide les enregistre dans la position d’encours sur un poste pour mémoire. Ces instruments doivent être valorisés à leur valeur de marché.

2.46 La valeur de marché d’un contrat de dérivé financier à terme découle de la différence entre le prix contractuel convenu d’un article sous-jacent et la valeur présente de marché (ou le prix du marché qu’on s’attend à constater) de cet article, multipliée par le montant notionnel, avec actualisation appropriée. Le montant notionnel — parfois présenté comme le montant nominal — est le montant sous-jacent d’un contrat de dérivé financier qui est nécessaire pour calculer les encaissements et les décaissements relatifs au contrat. Ce montant n’est pas nécessairement échangé. Dans le cas précis d’un contrat de swap, la valeur de marché est donnée par la différence entre les encaissements et les décaissements bruts attendus et les paiements bruts, actualisés de la manière voulue — en d’autres termes, par sa valeur courante nette. On peut donc calculer la valeur de marché d’un contrat à terme en utilisant les renseignements disponibles — prix du marché et prix contractuel de l’article sous-jacent, échéance du contrat restant à courir, valeur notionnelle et taux d’intérêt du marché. Du point de vue des contreparties, la valeur d’un contrat à terme peut devenir négative (passif) ou positive (actif) et peut varier en grandeur, à la hausse ou à la baisse, au fil du temps, en fonction de l’évolution du prix du marché de l’article sous-jacent. Les contrats à terme dénoués sur une base quotidienne, comme ceux qui sont négociés sur des marchés organisés — connus sous le nom de «futurs» — ont une valeur qu’exprime le marché, mais, en raison de la liquidation quotidienne, elle sera vraisemblablement égale à zéro à la fin de chaque période.

Encadré 2.2.Méthodes générales de calcul de la valeur marchande

Lorsque le prix du marché d’un instrument négociable n’est pas disponible, il existe deux méthodes générales pour calculer sa valeur marchande ou, comme on l’appelle parfois, sa juste valeur:

  • Actualiser les flux de trésorerie à venir en utilisant un taux d’intérêt du marché.

  • Utiliser le prix du marché d’actifs et de passifs financiers similaires.

La première méthode consiste donc à considérer que la valeur marchande d’un actif ou passif financier est égale à la valeur actualisée des futurs flux de trésorerie. Il s’agit d’une méthode d’évaluation éprouvée, tant en théorie qu’en pratique. La valeur marchande est égale à la somme des valeurs actuelles de tous les futurs flux de trésorerie. Elle est donnée par l’équation suivante:

(flux de trésorerie)t étant les flux de la période (t), n le nombre de périodes pour lesquelles des flux de trésorerie sont attendus et i le taux d’intérêt utilisé pour le calcul d’actualisation.

Cette méthode est relativement simple à appliquer pour évaluer un actif ou passif financier si les futurs flux de trésorerie sont connus avec certitude ou peuvent être estimés et s’il existe un taux d’intérêt ou une série de taux d’intérêt observable sur le marché.

Une autre technique éprouvée lorsqu’il n’y a pas de prix du marché observable consiste à fonder la valeur marchande sur celle d’un instrument financier similaire. Le prix d’une obligation ayant une échéance résiduelle de 5 ans peut, par exemple, être donné par la valeur marchande d’un titre à 5 ans qui se négocie publiquement et comporte un risque de défaut comparable. Dans d’autres cas, il peut être indiqué d’utiliser la valeur marchande d’un instrument financier similaire, mais en corrigeant légèrement l’évaluation pour tenir compte des différences de liquidité ou de niveau de risque entre les instruments.

L’actif ou le passif financier possède parfois des caractéristiques propres à plusieurs autres instruments, même si l’ensemble de ses caractéristiques ne permet pas de l’assimiler à l’un de ces instruments en particulier. En pareil cas, les informations sur les prix et les autres caractéristiques (type d’instrument, secteur émetteur, échéance, notation, etc.) des instruments négociés peuvent servir à calculer la valeur marchande de l’instrument.

2.47 Le prix d’une option dépend de l’instabilité potentielle du prix de l’article sous-jacent, de la période courant jusqu’à l’échéance, des taux d’intérêt et de la différence entre le prix contractuel et le prix du marché de l’article sous-jacent. Dans le cas des options négociées, sur un marché organisé ou de gré à gré, le calcul de la valeur doit reposer sur le prix observable. Au départ, la valeur de marché d’une option non négociée est égale au montant de la prime payée ou reçue. Ensuite, la valeur des options non négociées peut être calculée au moyen de modèles mathématiques tels que la formule de Black et Scholes, qui inclut les déterminants susmentionnés des options. En l’absence d’un modèle de calcul du prix, le prix communiqué à des fins comptables ou réglementaire peut être utilisé. À la différence des futurs, les options ne peuvent pas passer d’une valeur négative à une valeur positive, ou vice versa, mais restent un avoir pour le propriétaire et un engagement pour l’émetteur.

2.48 Dans le cas des titres de participation qui sont cotés sur des marchés organisés ou qui sont aisément négociables, l’encours du stock doit être évalué à partir des prix du marché. La valeur des titres de participation qui ne sont pas cotés, ni négociés régulièrement, doit être estimée au moyen des cours d’actions comparables pour ce qui est des caractéristiques passées, présentes et attendues, tels que les bénéfices et les dividendes. De même, l’actif net des entreprises auxquelles se rapportent les actions peut être utilisé pour estimer le prix du marché si les bilans des entreprises sont disponibles sur la base de la valeur courante, mais cette méthode n’est pas celle qui est préférée, en raison de la possibilité d’une forte différence entre la valeur inscrite au bilan et la valeur de marché.

2.49 Pour le capital social et les bénéfices réinvestis relatifs à l’investissement direct étranger, on reconnaît que, dans la pratique, les valeurs inscrites au bilan d’entreprises d’investissement direct ou d’investisseurs directs sont généralement utilisées pour déterminer leur valeur. Si ces valeurs inscrites au bilan sont exprimées en valeurs courantes du marché, cette évaluation sera conforme au principe de la valeur du marché, mais ce ne sera pas le cas si elles reposent sur le coût historique et non pas sur une réévaluation courante. Si le coût historique tiré des bilans d’entreprise d’investissement direct (ou d’investisseurs directs) est utilisé pour déterminer la valeur du capital social et des bénéfices réinvestis, ceux qui établissent les statistiques auront intérêt à recueillir des données auprès des entreprises sur la base de la valeur courante du marché. Lorsque les actions des entreprises d’investissement direct sont cotées, les cours doivent être utilisés pour calculer la valeur de marché de ces entreprises.

Unité de compte et taux de change à utiliser

2.50 L’établissement de l’encours de la dette extérieure brute est compliqué par le fait que les engagements peuvent être exprimés initialement en diverses devises ou autres étalons de valeur, tels qu’en DTS. La conversion de ces engagements en une unité de compte de référence est nécessaire pour établir des statistiques d’endettement brut qui soient à la fois homogènes et utiles pour l’analyse.

2.51 Du point de vue de celui qui établit les statistiques nationales, l’unité monétaire du pays est le choix qui s’impose naturellement pour quantifier l’encours de la dette extérieure brute. Ainsi établie, cet encours est compatible avec les comptes nationaux et la plupart des autres statistiques économiques et monétaires du pays exprimées en la même unité. Cependant, si cette unité monétaire est sujette à des fluctuations par rapport à d’autres devises, un état d’encours exprimé en monnaie du pays risque de perdre de son intérêt analytique car les changements de valeur pourraient avoir un effet prépondérant sur les comparaisons entre périodes.

2.52 Le taux de change qui convient le mieux pour convertir la dette extérieure (et les avoirs extérieurs) exprimée en devises est le cours (au comptant) observé sur le marché à la date de référence à laquelle la position d’encours se rapporte. Le point médian entre les cours d’achat et les cours de vente doit être utilisé. Pour convertir une dette en système de taux de change multiples18, on doit utiliser le taux de change effectif applicable à la date de référence à chaque engagement (et avoir).

Échéances

2.53 Dans le cas des engagements, il est recommandé de conserver la distinction traditionnelle entre échéances à court terme et à long terme en se fondant sur le critère formel de l’échéance initiale. La dette à long terme est celle dont l’échéance initiale est supérieure à un an ou qui n’a pas d’échéance fixe. La dette à court terme, qui comprend la monnaie fiduciaire, est la dette remboursable à vue ou celle dont l’échéance initiale est d’un an ou moins. Un instrument dont l’échéance initiale est d’un an ou moins doit être classé dans la dette à court terme, même s’il est émis dans le cadre d’un arrangement à long terme par nature.

Appendice. Calcul de l’accumulation des charges d’intérêts: comment doit-on procéder?

2.54 Le Guide suggère une innovation, l’inclusion dans l’endettement brut des charges d’intérêts courus et non encore exigibles. La présente annexe expose les bases théoriques du calcul de l’accumulation des charges d’intérêts ainsi qu’une analyse plus détaillée des modalités d’application de ce principe aux divers types d’instruments.

2.55 Étant donné que le Guide s’attache principalement aux statistiques décrivant les positions d’en-cours, la question ne se pose pas de savoir si le taux d’intérêt à appliquer aux instruments négociés sur le marché devrait être basé sur la valeur présente de la dette de marché («l’approche-créancier») ou être déterminé comme le stipule le contrat originel («l’approche-débiteur»). En effet, la position de marché à communiquer repose sur le cours d’un instrument et cette valeur doit comprendre toutes les charges d’intérêts courus qui ne sont pas encore exigibles19. Par conséquent, et sauf indication contraire, cette annexe met l’accent sur la valeur nominale.

2.56 D’emblée, il est bon de mentionner certains points essentiels pour l’application du principe d’accumulation des charges d’intérêts, que la dette extérieure soit présentée en valeur nominale ou de marché:

  • Tous les instruments financiers portant intérêts sont inclus;

  • L’accumulation des charges d’intérêts peut être calculée au moyen de la méthode de l’amortissement linéaire ou de l’amortissement à intérêts composés;

  • Tous les instruments émis avec une prime sont traités de la même manière;

  • L’accumulation des charges s’applique aussi aux instruments à taux variable ou indexés.

Base théorique de l’accumulation des charges d’intérêts

2.57 Trois exemples, qui sont tirés de travaux effectués par Statistique Canada (voir Laliberté et Tremblay, 1996), sont utilisés pour illustrer les fondements théoriques de l’accumulation des charges d’intérêts. Ces exemples, et les discussions consacrées à l’accumulation des charges d’intérêts selon la méthode de l’amortissement linéaire ou de l’amortissement à intérêts composés (voir immédiatement ci-après), permettent de comprendre les principes de base.

2.58 Dans le premier exemple, un instrument simple est émis et amorti au même prix, avec paiements d’intérêts annuels fixes à la fin de chaque année; dans le deuxième exemple, un instrument est émis à un prix qui comporte une prime par rapport au prix d’amortissement, et dans ce cas aussi les intérêts sont payés chaque année; dans le troisième exemple, l’instrument est émis avec une prime, mais il n’y a pas de paiements d’intérêts. Ces exemples s’appliquent d’une manière générale à la totalité du Guide, en ce sens qu’ils montrent comment l’on peut actualiser les paiements futurs de manière à calculer l’encours de la dette extérieure à un moment quelconque.

Premier exemple. Valeur présente et accumulation des charges d’intérêts: un exemple simple

2.59 Dans cet exemple simple, un instrument de dette est émis à échéance de cinq ans, avec un principal de 100 dollars et des paiements d’intérêts annuels de 10 dollars chaque année. En d’autres termes, le taux d’intérêt de l’instrument est fixé à 10 % par an. Par conséquent, comme on peut le voir autableau 2.1, en valeur présente, le paiement de 10 dollars au cours d’une année est égal à 10/(1+ 0,1), soit 9,09 et le paiement de 10 dollars au cours de deux années à 10/(1 +0,1)2, soit 8,26, etc. Toujours en valeur présente, le principal avancé et devant être remboursé à l’échéance est de 100/(1 + 0,1)5 soit 62,09. La valeur présente de chaque paiement est indiquée à la colonne de gauche, et l’on peut voir que la valeur présente de tous les paiements futurs est égale au prix d’émission, soit 100 dollars.

Tableau 2.1.Valeur présente et accumulation des charges d’intérêts: 1er exemple(un exemple simple)
Valeur présente

2001
20022003200420052006
9,09(9,54)*10/(1+0,1)
8,26(8,66)10/(1+0,1)2
7,52(7,89)10/(1+0,1)3
6,83(7,16)10/(1+0,1)4
6,21(6.51)10/(1+0,1)5
37,91(39,76)10/(1+0,1)10/(1+0,1)210/(1+0,1)310/(1+0,1)410/(1+0,1)5
+62,09(65,12)100/(1+0,1)5
=100,00(104,88)

2.60 Étant donné que les charges d’intérêts courent au taux annuel de 10 % de manière continue, et qu’elles sont ajoutées au principal, six mois après le début de la première année le principal a augmenté. Il est égal au montant (100 dollars) exigible à l’échéance, majoré de la moitié des paiements d’intérêts de l’année, soit 5 dollars (méthode d’amortissement linéaire) ou d’un peu moins de la moitié, soit 4,88 dollars (amortissement à intérêts composés). Donc, tout paiement d’intérêts ou de principal réduira l’encours.

2.61 De même, on peut calculer l’encours du principal après six mois en actualisant tous les paiements futurs. La valeur présente de chaque paiement après six mois est indiquée entre parenthèses à la colonne de gauche. Au bout de six mois, chacune des valeurs de cette colonne a augmenté, car les échéances sont plus proches et l’actualisation se fait au taux de 10 % par an. On peut voir que la valeur actualisée de chaque paiement après six mois s’élève à 104,88 dollars, soit le même encours que lorsqu’on utilise l’amortissement à intérêts composés pour calculer les charges d’intérêts courus. L’un des avantages pratiques du maintien d’un système qui permet d’exprimer chaque paiement en valeur présente, c’est qu’au cas où l’instrument serait démembré (voir plus loin), c’est-à-dire si tous les paiements étaient négociés séparément, le système utilisé permettrait déjà de faire face à une telle situation.

2.62 Sauf en cas de remboursements anticipés qui réduisent le montant de l’encours du principal — par exemple, dans le cas de certains titres adossés à des actifs, des remboursements partiels de principal pourraient avoir lieu à tout moment — les montants décrits ci-dessus seraient portés à l’encours de la dette extérieure brute. Autrement dit, au bout de six mois et si le taux d’intérêt contractuel est de 10 % par an, l’encours s’élèverait à 104,88 dollars (ou à 105 dollars si l’on utilise l’amortissement linéaire).

2.63 Le taux à utiliser pour actualiser tous les paiements de marché serait implicite dans le prix du marché, ou, ce qui revient au même, le montant de marché correspondrait aux paiements futurs actualisés au taux d’intérêt actuel du marché de cet instrument de dette. La valeur de marché de la dette extérieure devrait comprendre toutes les charges d’intérêt courues et non encore exigibles.

Deuxième exemple. Valeur présente et accumulation des charges d’intérêts: instrument comportant une prime

2.64 Le deuxième exemple soulève une question plus complexe, celle des instruments émis avec une prime vis-à-vis de la valeur de remboursement: il s’agit des titres, et de tout autre instrument, dont le prix d’émission est inférieur au prix de remboursement20. Dans ce cas, les paiements de coupons et la différence entre le prix d’émission et le prix de remboursement déterminent le taux auquel s’accumulent les intérêts. Le tableau 2.2 présente les calculs effectués pour un instrument analogue à celui du premier exemple — un instrument émis avec le même rendement de 10 % —, mais dont les paiements d’intérêts annuels ne sont «que» de 8 dollars. La différence entre le rendement de 10 % et le rendement qu’impliquent les paiements de coupon est exprimée par la différence (la prime) entre le prix d’émission et le prix de remboursement. Dans ce cas encore, on peut voir à la colonne de gauche que l’actualisation de tous les paiements futurs au taux de 10 %, y compris le principal, donne le prix d’émission de 92,40 dollars.

Tableau 2.2.Valeur présente et accumulation des charges d’intérêts: 2e exemple(instrument comportant une prime)
Valeur présente

2001
20022003200420052006
7,27(7,62)*8/(1+0,1)
6,61(6,93)8/(1+0,1)2
6,01(6,30)8/(1+0,1)3
5,46(5,73)8/(1+0,1)4
4,97(5,21)8/(1+0,1)5
30,31(31,79)8/(1+0,1)8/(1+0,1)28/(1+0,1)38/(1+0,1)48/(1+0,1)5
+62,09(65,12)100/(1+0,1)5
=92,40(96,91)

2.65 Comment calcule-t-on l’accumulation des charges d’intérêts? De manière simple: elles s’accumulent à raison de 10 % chaque année, dont 8 dollars sont versés en intérêts, le reste étant réinvesti (capitalisé) dans le capital initial. Le capital augmente d’une année à l’autre, en raison de l’investissement continu des charges d’intérêts courus et, de ce fait, le montant absolu des charges d’intérêts qui s’accumulent chaque année augmente aussi. Comme dans le premier exemple, la valeur présente de chaque paiement après six mois est indiquée entre parenthèses à la colonne de gauche. On peut voir que l’encours s’élève à 96,91 dollars au bout de six mois.

Troisième exemple. Valeur présente et accumulation des intérêts: exemple d’instrument à coupon zéro

2.66 Le troisième exemple porte sur les instruments à coupon zéro. Si un instrument est émis avec une prime et sans coupon, le principal augmente en valeur au fil du temps à raison du rendement implicite du titre à l’émission, qui est donné par la différence entre le prix d’émission et le prix de remboursement. Dans l’exemple qui suit, l’instrument à coupon zéro a un prix d’émission de 62,09 dollars et un prix de remboursement de 100, différence qui implique un rendement de 10 %. Comme on peut le voir au tableau 2.3, le principal augmente chaque année du fait du réinvestissement continu des charges d’intérêts qui s’accumulent; aussi, après la première année, l’encours a augmenté de 10 % et se chiffre à 68,30, puis augmente à nouveau de 10 % pendant la deuxième année, où il atteint 75,18 dollars et ainsi de suite jusqu’au remboursement, à la fin de la cinquième année, où il est égal à 100 dollars21.

Tableau 2.3.Valeur présente et accumulation des charges d’intérêts: 3e exemple(instrument à coupon zéro)
Valeur présente

2001
20022003200420052006
100/(1 + 0,1)

= 62,09
62,09 (1 + 0,1)

= 68,30
62,09 (1 + 0,1)2

= 75,13
62,09 (1 + 0,1)3

= 82,64
62,09 (1 + 0,1)4

= 90,90
62,09 (1 + 0,1)5

= 100

Méthode de l’amortissement linéaire ou avec intérêts composés

2.67 Lorsqu’on calcule les charges d’intérêts courus en utilisant la méthode de l’amortissement linéaire, le même montant de charges d’intérêts à verser est imputé à chaque période — ainsi, 5 dollars pour les six premiers mois dans le premier exemple. Dans le cas des obligations donnant lieu à paiements d’intérêts (chaque année ou plus fréquemment), celui qui achète l’obligation sur le marché secondaire verse au vendeur le montant accumulé depuis le paiement précédent, calculé au moyen d’une formule proportionnelle simple. Pour de nombreux prêts internationaux, les systèmes de suivi de la dette enregistrent l’accumulation des charges d’intérêts de manière linéaire.

2.68 Cependant, l’accumulation des charges d’intérêts peut être aussi calculée sur la base des intérêts composés, c’est-à-dire, en ajoutant continuellement au principal de chaque période les charges d’intérêts courus non encore exigibles et en appliquant à ce montant le taux de rendement de la dette afin de calculer les charges d’intérêts de la période suivante. Cette méthode est l’approche théoriquement recommandée car elle lie le coût à la fourniture du capital et permet d’effectuer le rapprochement entre les montants courus et la valeur actualisée des paiements futurs. Elle est fréquemment utilisée lorsqu’on n’a pas d’information sur les divers instruments possédés par des non-résidents; aussi, pour calculer l’accumulation des charges d’intérêts, un rendement moyen est appliqué aux positions d’encours. Certes, en pareil cas, l’avantage théorique de l’utilisation d’un rendement est neutralisé par l’approximation qu’entraîne l’application d’un rendement moyen à divers instruments.

2.69 L’utilisation de méthodes différentes peut fort bien avoir un effet sur l’encours de la dette extérieure brute. Cependant, comme le montre bien le premier exemple, l’utilisation pour chaque instrument de la méthode linéaire surestimera l’endettement à court terme. Pour les instruments à taux fixe, cet effet se dissipe à mesure que se rapproche le versement des intérêts.

Les divers types d’instruments22

Instruments à taux fixe

Prêts

2.70 Dans le cas des prêts, et à l’exception des prêts sans intérêts, les charges d’intérêts sont enregistrées sur la base de l’accumulation continue, ce qui augmente la valeur de l’encours du prêt jusqu’au paiement final. Si les prêts ont été rééchelonnés et qu’un nouveau taux d’intérêt (moratoire) est convenu entre le débiteur et le créancier, les charges d’intérêts devraient s’accumuler sur la dette rééchelonnée à ce nouveau taux. Il est convenu que les charges d’intérêts qui s’accumulent sur les prêts pourraient devoir suivre les pratiques nationales et être classées dans les autres engagements au titre de la dette.

Dépôts

2.71 Les intérêts des dépôts peuvent être crédités au compte (réinvestis) à certains moments, par exemple à la fin d’une période déterminée. Dans le Guide, les charges d’intérêts s’accumulent de manière continue et s’ajoutent continuellement au principal. Il est convenu que les charges d’intérêts qui s’accumulent sur les dépôts pourraient devoir suivre les pratiques nationales et être classées dans la rubrique «autres engagements au titre de la dette».

2.72 Dans le cas de certains dépôts, tels que les dépôts à terme ou les dépôts d’épargne, il arrive que des intérêts d’un taux déterminé ne soient payés qu’à la condition que le dépôt soit maintenu pendant une durée minimum. Une liquidation anticipée, sous réserve que le contrat en donne la possibilité, est compensée par une réduction du taux des intérêts versés au détenteur. Une réduction analogue d’intérêts peut se produire si le délai de paiement au crédit du compte n’est pas respecté par le débiteur dans le cas des dépôts techniquement remboursables avec un certain préavis. Afin d’enregistrer les intérêts courus, le taux d’intérêt à utiliser est le taux maximum que le déposant pourrait recevoir si le contrat suivait normalement son cours,— par exemple en respectant les dispositions relatives à l’échéance ou au préavis. Dans le cas où ces dispositions ne sont pas intégralement respectées, le montant des charges d’intérêts accumulées précédemment est corrigé par application du taux servi effectivement au déposant. Étant donné que le montant révisé sera à coup sûr très faible comparé aux charges totales d’intérêts des dépôts, la correction pourra avoir lieu en fait pendant la dernière période d’établissement des comptes (et non pas par ajustement rétroactif).

Titres

2.73 Les charges d’intérêts des titres dont le prix d’émission et le prix de remboursement sont identiques s’accumulent de la même manière que celles des prêts.

Instruments émis avec une prime

2.74 Les instruments dont le prix d’émission est inférieur au prix de remboursement sont tous traités de la même manière. Cette remarque vaut pour les instruments non négociés dont le montant à acquitter est supérieur à la valeur économique fournie lorsque la dette est créée. La méthode d’accumulation à utiliser pour les instruments émis avec une prime a été décrite au paragraphe 2.28 ci-dessus.

2.75 L’émission avec prime est très fréquente dans le cas des instruments à court terme négociables23. D’une manière générale, ces instruments sont proches des obligations à coupon zéro (voir le troisième exemple ci-dessus), aussi sont-ils traités de la même manière. Si l’on ne dispose pas d’information sur chaque titre, on peut dans la pratique fonder l’estimation des charges d’intérêts accumulées sur les échéances moyennes et les taux d’intérêt moyens à l’émission.

2.76 La dette extérieure, en particulier celle des administrations publiques, peut prendre la forme d’obligations assimilables (aussi appelées bons «linéaires»). Dans ce cas, elles sont émises sous une même «ligne» (pour ce qui est du montant des coupons et des dates de paiement ainsi que des prix de remboursement final et des dates d’échéance) en plusieurs tranches, l’émission se faisant généralement durant une période assez courte, mais qui peut être parfois assez longue. Chaque tranche est émise à un prix précis fixé conformément aux conditions du marché du moment. Les obligations assimilables peuvent être considérées comme un bon exemple d’instruments comportant deux volets d’intérêts: le coupon (qui représente les paiements d’intérêts) et la différence entre le prix d’émission et le prix de remboursement. Par conséquent chaque tranche doit être en principe identifiée séparément, car le taux d’intérêt nominal peut fort bien différer d’une tranche à l’autre étant donné que la situation du marché était différente au moment de l’émission. Cependant, à partir du moment où elles ont été émises, les tranches peuvent se panacher, donc ne plus être négociées séparément sur les marchés secondaires, ni identifiées séparément dans les portefeuilles. Dans ce cas, il est nécessaire d’estimer un taux d’intérêt moyen pondéré à partir des différentes tranches d’émission, mis à jour à chaque nouvelle émission, puis de l’appliquer au montant dû à des non-résidents24.

Titres démembrés

2.77 Les titres démembrés sont ceux qui ont été transformés: le montant du principal et les paiements d’intérêt ont été convertis en une série d’obligations à coupon zéro, avec une gamme d’échéance correspondant aux dates des paiements d’intérêts et à la date de remboursement du principal. Les caractéristiques essentielles du démembrement ont été décrites dans le premier exemple qui précède: les divers paiements des coupons sont négociés séparément. En lui-même, le démembrement n’a pas d’effet sur la valeur nominale de l’encours de la dette de l’émetteur des titres démembrés.

2.78 Le démembrement peut prendre deux formes. En premier lieu, si les titres démembrés sont émis par un tiers, qui, ayant acquis les titres initiaux, les utilise pour «adosser» l’émission des titres démembrés, de nouveaux fonds ont été levés par le tiers et le taux d’intérêt est déterminé à l’émission.

2.79 En revanche, si le propriétaire du titre initial a demandé à l’organisme chargé du règlement ou de la compensation et auprès duquel le titre est enregistré «d’émettre des démembrements de titres (ou «strips») à partir du titre initial, ceux-ci remplacent le titre initial et restent une obligation directe de son émetteur. Dans l’encours de la dette extérieure brute en valeur nominale, il ne serait pas réaliste, d’un point de vue pratique, de prendre en compte le taux constaté à l’émission de chaque strip. Plutôt, étant donné que le démembrement n’apporte aucun financement supplémentaire à l’émetteur et qu’il n’y a pas d’effet sur le coût initial de l’emprunt, qui est entièrement déterminé à l’émission (cas d’un taux d’intérêt fixe) ou selon des règles qui ne peuvent être modifiées (cas d’un taux variable), on suppose que le démembrement ne modifie pas le coût de l’emprunt. Par conséquent, à la différence des autres obligations à coupon zéro, le taux d’intérêt utilisé pour calculer l’accumulation des charges d’intérêts des strips n’est pas le taux observé au moment du démembrement, mais le coût initial de l’emprunt, c’est-à-dire, celui qui se rapporte au titre sous-jacent.

2.80 Dans certains pays, les titres démembrés de paiements d’intérêts peuvent se rapporter aux coupons de plusieurs obligations, dont les montants nominaux sont différents mais versés à la même date. On doit alors s’efforcer au maximum d’utiliser le taux d’intérêt nominal moyen pondéré des différentes obligations sous-jacentes pour calculer l’accumulation des charges d’intérêts sur les titres démembrés.

Arriérés

2.81 Les intérêts qui courent sur les arriérés (aussi bien les arriérés de principal que d’intérêts) sont connus sous le nom d’intérêts de retard. Lorsque les arriérés se rapportent à un contrat de prêt, les charges d’intérêts devraient s’accumuler au même taux que sur la dette initiale, à moins que le taux d’intérêt sur les arriérés ne soit stipulé dans le contrat initial, auquel cas c’est ce taux qui doit être utilisé. Le taux d’intérêt stipulé peut inclure une pénalité qui s’ajoute au taux d’intérêt de la dette initiale. Pour les autres arriérés, et en l’absence d’autres informations, les charges d’intérêt s’accumulent au taux de marché des emprunts au jour le jour. En outre, toute charge d’intérêts supplémentaire relative aux arriérés antérieurs, ayant fait l’objet d’un accord entre le débiteur et le créancier au moment où les arriérés sont rééchelonnés, et que le débiteur doit payer au créancier, doit être considérée comme incombant au débiteur au moment où l’accord est appliqué. En cas d’achat à crédit, et si le débiteur n’effectue pas le paiement dans le délai prescrit au moment de l’achat, toute charge supplémentaire doit être assimilée à une charge d’intérêts et courir jusqu’à ce que la dette soit éteinte.

Instruments à taux variables

Instruments liés à un taux d’intérêt

2.82 Dans le cas des prêts, des dépôts et des titres, on applique les mêmes principes que pour les instruments à taux fixe, à cette différence près qu’en l’absence d’information solide, l’accumulation des charges d’intérêts doit être estimée et ajoutée à l’encours de la dette extérieure brute, au moyen d’une ou des informations pertinentes les plus récentes de l’indice de référence. La révision sur la base des données antérieures doit avoir lieu lorsque le montant des charges d’intérêts courus est connu de manière certaine.

2.83 En outre, si le taux d’intérêt ne peut varier qu’à la condition d’une modification minimum de l’indice et/ou dans la limite d’un certain plafond, toute estimation de l’accumulation des charges d’intérêts doit en tenir compte. S’il existe un lien entre la nature de l’indice de taux d’intérêt et la fréquence des paiements d’intérêts — par exemple, si un montant d’intérêts indexé trimestriellement est payé normalement chaque trimestre avec un retard d’un trimestre, le montant exact versé aux propriétaires des titres pourrait bien être connu à l’avance et par conséquent son accumulation pourrait être connue de manière certaine. C’est ce qu’on appelle la «prédétermination» des intérêts.

Instruments liés à un indice

2.84 L’indexation de la dette extérieure ne se fait pas nécessairement sur la seule base du taux d’intérêt. Elle peut se référer aussi au cours d’un produit de base, à un indice de taux de change ou de valeurs mobilières, au prix d’un titre déterminé, etc. Le principal aussi bien que les intérêts peuvent être indexés. L’indexation peut s’appliquer sur tout ou partie seulement de la vie de l’instrument. Toute modification de valeur liée à l’indexation étant enregistrée comme une charge d’intérêts, a un effet sur l’encours du principal tant qu’il n’est pas remboursé. L’impact de l’indexation sur le montant du principal est enregistré de manière continue durant toute la période d’application de l’indexation.

2.85 La méthode de calcul est identique à celle qui a été décrite pour les intérêts à taux variable; en d’autres termes, le montant couru doit être estimé au moyen d’une ou de plusieurs observations pertinentes les plus récentes de l’indice de référence, puis ajouté à l’encours de la dette extérieure brute. Par conséquent, pour reprendre le premier exemple, si les paiements d’intérêts étaient indexés et que les variations de l’indice au bout de six mois tendaient à indiquer qu’ils augmenteraient et passeraient à 12 dollars par an, les charges d’intérêts accumulées à cette date seraient de 6 dollars sur la base de l’amortissement linéaire (ou de 5,80 dollars sur celle des intérêts composés) et l’encours se chiffrerait à 106 dollars (ou 105,80 dollars). La révision des données antérieures a lieu lorsque le montant des charges d’intérêts courus est connu de manière certaine.

2.86 Comme on l’a déjà indiqué, un prêt qui est remboursable en produits de base ou en d’autres marchandises en plusieurs versements au cours d’une certaine période (paragraphe 2.37) est par essence équivalant à un prêt indexé. Au début, l’encours du principal est la valeur du principal avancé et, comme pour d’autres instruments de dette, les charges d’intérêts s’accumulent sur ce montant, ce qui en augmente la valeur. À un moment quelconque, le taux d’intérêt qui s’applique est celui qui a pour effet l’égalité entre la valeur de marché des produits de base ou des marchandises à verser et le montant du principal restant alors à rembourser; le taux d’intérêt implicite évoluera parallèlement aux cours des produits de base ou des autres marchandises considérées.

2.87 Les instruments liés à un indice peuvent comporter une clause garantissant une valeur de remboursement minimale. Toute estimation de l’accumulation des charges d’intérêts doit tenir compte de telles dispositions. Par exemple, si la stricte application de l’indice a pour effet de réduire l’encours à un niveau inférieur au minimum, il ne serait pas indiqué d’enregistrer toute réduction en deçà de la valeur de remboursement minimale garantie. Normalement, la valeur au prix courant du marché des instruments de dette tient compte de telles dispositions.

Instruments comportant une période de grâce

2.88 Il arrive que certains instruments de dette comportent une période de grâce au cours de laquelle aucun paiement d’intérêts n’est exigible. Sous réserve que le débiteur puisse rembourser, sans pénalité, le même montant de principal à la fin de la période de grâce qu’à son début, aucune charge d’intérêts ne s’accumule durant cette période. Cette remarque reste valable même si le taux d’intérêt appliqué au cours d’une seconde période et/ou d’une période ultérieure est ajusté — c’est-à-dire qu’il y a majoration — de sorte que le rendement final est approximativement identique à celui de conditions normales durant toute la vie de l’instrument.

Instruments comportant des caractéristiques de produits dérivés

2.89 Certains instruments comportent parfois des caractéristiques de produits dérivés qui peuvent, en cas d’exercice, avoir un effet sur le taux d’intérêt. Les charges d’intérêts de tels instruments devraient s’accumuler et être incluses dans l’encours de la dette extérieure brute comme si elles étaient «normales». S’il y a exercice de la caractéristique du produit dérivé — ce qui a un effet sur le taux d’intérêt — le taux auquel les intérêts s’accroissent devrait le refléter — ce sera le cas, par exemple, d’un produit financier structuré comportant un taux d’intérêt maximum dès lors que le maximum est atteint et que le dérivé financier est de ce fait «exercé» — les charges d’intérêts devraient courir à un taux égal, mais non supérieur, au taux maximum. Le prix de marché de l’instrument de dette devrait exprimer la possibilité que la caractéristique de dérivé soit vraisemblablement exercée.

Instruments en devises

2.90 Les charges d’intérêts devraient (ou non) s’accumuler en devises pour tout instrument libellé en devises, s’ajoutant à l’encours du principal, jusqu’à ce que le montant soit réglé ou figure en arriéré. Le montant du principal en devises doit être converti en l’unité de compte du pays sur la base du cours médian des cours acheteur et vendeur (au comptant) à la date de référence de la position d’encours.

Dans de nombreux cas, tels que les achats au comptant que les ménages effectuent dans les magasins, un élément de valeur économique est fourni contre paiement immédiat, auquel cas aucun engagement au titre de la dette n’est créé.

Ces créances pourraient inclure celles qui résultent d’impôts, de pénalités (y compris les pénalités stipulées par des contrats commerciaux) et de décisions judiciaires au moment de leur adoption. Cependant, dans certains cas, il restera à savoir si un État est en droit d’imposer de telles charges à des non-résidents.

Il s’agit notamment des créances sur les sociétés d’assurance autres que l’assurance vie, d’indemnités pour sinistres ne faisant pas intervenir les sociétés d’assurance autres que l’assurance vie ou de créances résultant de la participation à une loterie ou à des jeux de hasard.

L’exclusion des engagements conditionnels ne signifie pas que la dette garantie est exclue, mais plutôt qu’elle est imputée au débiteur et non au garant (tant que la garantie ne joue pas).

Voir aussi le MBP5, chapitre IV.

La classification des créances des sociétés mères sur les filiales non constituées en sociétés est analysée de manière plus détaillée au chapitre 3, dans la section relative à l’investissement direct.

Voir aussi le MBP5, chapitre VI.

Par conséquent, le Guide ne reconnaît aucune répudiation de dette décidée unilatéralement par le créancier.

On reconnaît que les arriérés résultent parfois de facteurs opérationnels plutôt que de la réticence ou de l’incapacité à payer. De tels impayés n’en doivent pas moins être enregistrés dans les arriérés lorsqu’ils deviennent exigibles à la date de référence.

Voir aussi le MBP5, chapitre V.

En ce qui concerne l’initiative en faveur des PPTE (voir l’appendice V), un cours représentatif est utilisé pour actualiser les paiements futurs. On peut ainsi obtenir une mesure du coût d’opportunité qui est distincte et propre aux pays parties à ce programme.

Un taux unique est généralement utilisé pour actualiser les paiements exigibles durant toutes les périodes futures. Dans certains cas, l’utilisation de différents taux pour les divers paiements à venir peut se justifier. Même si un taux unique d’actualisation est utilisé, en fonction de l’échéance restant à courir, un facteur d’actualisation différent s’applique à chaque paiement. Par exemple, pour un taux d’actualisation de 10 %, le facteur d’actualisation des paiements à effectuer dans un an sera de 0,909 (soit 1/(1 + 0,1)) et pour les paiements à effectuer dans deux ans, de 0,826 (soit 1/(1+ 0,1)2), etc. Voir aussi l’exemple au tableau 2.1.

Pour un engagement dont le taux d’intérêt augmente ou diminue, durant toute la durée du prêt, dans des proportions que prévoit le contrat, le profil chronologique des facteurs d’actualisation à appliquer aux paiements futurs serait non linéaire, conséquence de ces modifications progressives.

Les manuels de statistiques internationaux considèrent que la valeur nominale d’un instrument non négocié est un substitut approprié pour le cours de marché de l’instrument. Cependant, le développement de marchés tels que ceux des dérivés de crédit liés aux risques de crédit d’entités individuelles accroît la possibilité d’estimer les cours, y compris ceux d’instruments non négociés. Au fur et à mesure que ces marchés se développent, on peut envisager de recueillir des renseignements supplémentaires sur les cours des instruments non négociés.

La définition d’une période exceptionnellement longue dépend dans ce contexte des circonstances. Par exemple, pour toute période donnée, plus le niveau des taux d’intérêt est élevé, plus grand sera le coût d’opportunité des paiements retardés.

En régime à prestations définies, le niveau des prestations de retraite promises par l’employeur aux participants est garanti et généralement déterminé par une formule reposant sur le nombre d’années de cotisations et le salaire. Dans un système à cotisations déterminées, le niveau des cotisations de l’employeur au régime est garanti, mais les prestations qui seront versées dépendront de l’actif du fonds.

Cette remarque vaut aussi pour les titres de créance acquis dans le cadre de transactions de rachat (voir tableau 4.5, chapitre 4).

En régime de taux de change multiples, des formules de taux de change fixées par les autorités sont utilisées pour appliquer des taux de change distincts aux diverses catégories d’opérations ou d’opérateurs.

Si une économie diffuse un ratio de service de la dette comportant des paiements à venir au titre du principal et des intérêts dont le calcul repose sur le rendement courant de la dette, une partie des futurs paiements d’intérêts pourrait devenir des remboursements de principal si la valeur de marché de la dette extérieure augmente.

Dans le cas des instruments émis avec une prime, le prix d’émission est un terme générique qui décrit la valeur initiale du principal; de même, le prix de remboursement est un terme générique qui décrit le montant du principal qui devra être payé à l’échéance. En effet, certains instruments, tels que les crédits commerciaux, sont «émis» sans prix à proprement parler. En pareil cas, le prix d’émission est égal à la valeur économique fournie, c’est-à-dire aux biens ou services fournis, et le prix de remboursement au montant dû lorsque la créance devient exigible.

Dans le contexte de la balance des paiements, un exemple de l’accumulation des intérêts courus sur une obligation à coupon zéro est donné dans le Précis de la Balance des paiements du FMI (1996) aux paragraphes 400 et 401, page 92.

Le texte qui suit s’inspire de celui du ESA 1995 Manual on Government Deficit and Debtd’Eurostat (2000).

On dit qu’un instrument financier est négociable si sa propriété légale peut être transférée d’une entité à une autre par livraison ou endossement.

Il est possible que le créancier privilégie le taux d’intérêt pratiqué à ce moment par le marché, ou le taux pratiqué lorsqu’il a acheté le titre, et de ce fait, qu’il enregistre la créance pour une valeur différente de celle qu’a enregistrée le débiteur.

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