Chapter

13. Publication, Diffusion et Relations Avec Les Usagers

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
November 2006
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Introduction

13.1 L’indice des prix à la consommation (IPC) est l’une des séries statistiques les plus importantes. Chaque fois que l’on classe les statistiques en fonction de leurs conséquences potentielles, l’IPC et ses variantes se placent au premier rang. Il convient donc de publier et de diffuser cet indice en respectant les politiques, les codes de bonne pratique et les normes qui s’appliquent à ce type de données.

13.2 Pour ces raisons, l’IPC doit être:

  • divulgué le plus rapidement possible;

  • accessible à tous les usagers simultanément;

  • communiqué suivant un calendrier fixé à l’avance;

  • publié indépendamment de tout commentaire ministériel;

  • présenté sous une forme commode pour les usagers;

  • accompagné d’explications d’ordre méthodologique;

  • étayé par des statisticiens et des économistes spécialisés capables de répondre aux questions et de fournir des renseignements complémentaires.

13.3 L’IPC doit avant tout respecter les Principes fondamentaux de la statistique officielle (Nations Unies, 1994). Ces principes sont publiés dans plusieurs langues sur le site des Nations Unies et de la Commission économique des Nations Unies pour l’Europe (CENUE). Ils ont trait à tous les aspects des travaux statistiques et à leur diffusion. Ce chapitre évoquera ces normes, ainsi que d’autres.

Présentation des niveaux et des variations des prix sous forme de séries chronologiques

13.4 Il est courant, bien que ce ne soit pas systématique, de privilégier les indices qui mettent en évidence des variations de prix agrégés entre le mois pour lequel on dispose des données les plus récentes et le même mois un an auparavant. Il est également d’usage de comparer cette variation annuelle avec celle observée un mois auparavant. Le modèle de présentation, à l’encadré 13.1 de la page 273, en est une illustration. On peut également s’intéresser à la dernière évolution sur un mois ou aux variations trimestrielles.

13.5 L’option choisie dans cet exemple présente plusieurs avantages. Une comparaison sur 12 mois révèle les variations de prix sur une période relativement longue, en se référant à des périodes qui par ailleurs devraient être similaires d’une année sur l’autre. Les facteurs saisonniers ont ainsi peu de chances d’avoir une influence. Elle permet également de tenir compte des variations de prix souvent décidées de façon centralisée comme les tarifs des services publics, ainsi que des changements des impôts indirects (qui ont des conséquences directes sur les prix), qui interviennent généralement suivant un calendrier annuel, le même mois (ou les mêmes mois) chaque année. Des variations ponctuelles peuvent cependant survenir, qui ont parfois un effet sur l’indice.

13.6 Certains communiqués de presse privilégient les variations mensuelles, en particulier pour certaines composantes de l’IPC. On présentera ces données avec précaution pour éviter de laisser entendre, par exemple, qu’une évolution de 2 % sur un mois est comparable à une évolution de 24 % sur un an.

13.7 On définit presque toujours un mois de référence (ou une période plus longue) dans le passé dont l’indice des prix est fixé à 100. C’est à partir de cet indice que l’on calcule les variations, les indices de tous les mois suivants représentant des pourcentages par rapport au mois ou à la période de référence.

13.8 Les indices, ainsi que les autres variations dont il est question ici, étant généralement exprimés avec une seule décimale, il faut arrondir les chiffres. Or les arrondis peuvent donner l’impression non fondée que des changements sont intervenus. Il faut donc en donner une explication, en particulier lorsque les prix évoluent relativement peu.

13.9 Il faut également veiller à distinguer les points de pourcentage par rapport à l’indice mensuel de référence (qui est habituellement fixé à 100 % plusieurs années auparavant) et, par exemple, la variation en pourcentage d’un mois sur l’autre. Ainsi, si, un mois donné, l’indice est de 200 et que le mois suivant il est de 201, on dira que la variation est d’un point de pourcentage (si on la compare à la période où l’indice était fixé à 100) ou d’un demi-point de pourcentage (si le mois précédent est retenu comme étant 100 %). Les deux pourcentages sont valides, mais ils se réfèrent à des moments différents dans le passé. Il est donc important de préciser quel est le point de référence.

13.10 On appelle généralement «période de référence» la période qui correspond à l’indice 100. Il s’agit souvent d’une date choisie assez arbitrairement, qui change au bout de quelques années, et qui n’est pas nécessairement la date à laquelle la méthodologie a changé ou un nouveau panier-type de biens et de services a été introduit. La note méthodologique devra préciser quelle est la période de référence.

13.11 L’IPC est, par définition, un indice, et non pas un niveau ou une série de variations absolues de prix. Toutefois, étant donné qu’au cours du processus de présentation de l’IPC, on calcule les prix moyens de catégories de biens et de services, il est possible de publier certains prix moyens de groupes de biens ou de services, et d’indiquer les tranches de prix supérieure et inférieure à partir desquelles on a calculé les moyennes. Certains chercheurs jugent utile de connaître les niveaux de prix moyens. Il faut alors les leur communiquer. Il convient néanmoins de noter que les données sur les niveaux de prix risquent d’être moins fiables que les indices qui expriment la variation des prix d’un groupe donné de biens et de services.

13.12 Jusqu’à présent, nous n’avons traité dans ce chapitre que des agrégats les plus larges, sans évoquer les sous-groupes de prix ou les variantes de l’IPC qui peuvent inclure ou exclure certains produits élémentaires. Nous nous sommes également intéressés à la forme la plus courante de l’IPC, qui se rapporte généralement au «consommateur moyen» d’un pays donné et regroupe pratiquement tous les prix à la consommation de ce pays. L’IPC peut cependant se référer aussi à des régions d’un pays, à des sous-groupes de population (les retraités par exemple) ou à des mesures, connexes ou différentes, de la variation des prix. Ces mesures, ainsi que les indices calculés à partir de sous-agrégats, sont examinées plus loin aux paragraphes 13.24 à 13.37.

Correction des variations saisonnières et lissage de l’indice

13.14 La plupart des séries de statistiques économiques sont présentées corrigées et non corrigées des variations saisonnières. Les indices des prix à la consommation, quant à eux, ne sont généralement pas corrigés des variations saisonnières. D’ordinaire, dans toutes les séries, les facteurs saisonniers sont fréquemment recalculés à l’aide des données les plus à jour. On peut donc modifier a posteriori les séries corrigées des variations saisonnières. En revanche, en règle générale, on ne révise pas les IPC non corrigés.

13.15 Lorsque l’on compare un mois donné avec le même mois un an auparavant, on suppose que les profils saisonniers changent peu d’une année sur l’autre. Or il arrive exceptionnellement que certains mois, la variation saisonnière habituelle survienne en avance ou en retard. Il faut alors noter que ces cas exceptionnels peuvent être à l’origine d’une variation de l’IPC ou de l’une de ses composantes.

13.16 Les variations sur des périodes inférieures à un an subissent bien entendu l’effet de facteurs saisonniers. Pour distinguer les facteurs saisonniers d’autres facteurs, il faut estimer les effets saisonniers et noter qu’ils ont joué un rôle dans la variation de l’indice.

13.17 Bien qu’en règle générale, l’IPC à proprement parler ne soit pas corrigé des variations saisonnières, certaines de ses variantes peuvent l’être, du fait sans doute qu’elles sont plus sensibles aux fluctuations saisonnières et qu’elles peuvent être révisées a posteriori si besoin. Si ces variantes sont corrigées des variations saisonnières, il importe d’en donner les raisons. Les séries corrigées des variations saisonnières sont généralement plus homogènes que les séries initiales non corrigées. Il y a d’autres façons de lisser des séries mensuelles, à l’aide de moyennes mobiles sur trois mois par exemple.

13.18 En règle générale, les offices de statistique ne lissent pas les séries d’IPC qu’ils publient car en principe, d’un mois sur l’autre, les prix à la consommation ne subissent pas de variations erratiques telles qu’elles masqueraient des tendances. En cas de variation erratique, les statisticiens qui établissent l’indice peuvent généralement en exposer les raisons. Dans tous les cas, chaque fois que l’on publie une série lissée ou corrigée des variations saisonnières, il est important de publier à la fois la série corrigée et la série non corrigée, de façon à montrer l’effet du processus d’ajustement aux usagers qui souhaitent savoir ce qui est arrivé aux prix, et ceci que l’évolution des prix soit ou non attribuable à des facteurs saisonniers. De même, on expliquera en détail les raisons pour lesquelles on a adopté telle ou telle méthode de correction des variations saisonnières.

Analyse des facteurs des variations

13.19 L’IPC est un agrégat composé de nombreux biens et services différents dont les prix n’évoluent pas au même rythme, certains pouvant augmenter alors que d’autres diminuent. Beaucoup d’usagers de l’indice souhaitent savoir quels biens et services ont contribué le plus aux variations de l’indice et quels prix ont dévié par rapport aux tendances générales des prix.

13.20 Les statisticiens qui calculent l’indice sont bien placés pour analyser les facteurs qui contribuent aux variations de prix et pour le faire au moment où l’indice est publié. Ils donneront suffisamment de détails aux usagers pour que ceux-ci voient par eux-mêmes comment ont évolué différents groupes de prix. En outre, pour aider les journalistes et d’autres professionnels qui disposent de peu de temps, les statisticiens doivent indiquer les biens ou les groupes de produits dont les variations de prix ont le plus contribué à l’IPC global, ainsi que les biens dont la variation des prix diffère le plus de l’agrégat. Une présentation des statistiques sous forme de tableaux et de graphiques permet de comparer les tendances. En outre, les statisticiens doivent indiquer les raisons des variations qui ne sont pas évidentes à première vue, mais que l’on peut néanmoins discerner à partir des chiffres publiés. Ainsi, une baisse ou une hausse brutale observée l’année précédente aura un effet sur l’évolution en glissement annuel, quelle que soit l’évolution des prix sur le mois courant.

13.21 L’analyse des facteurs qui contribuent aux variations doit également faire état de tout changement de prix annoncé à l’avance ou de tout changement majeur survenu depuis la dernière fois où les prix ont été observés, qui aura un effet sur l’évolution de l’indice au cours des mois suivants.

Commentaire économique et interprétation de l’indice

13.22 Lorsqu’ils analysent les facteurs des variations, les statisticiens doivent faire preuve d’objectivité de façon à ce que les usagers des données puissent distinguer sans ambiguïté les chiffres proprement dits de leur interprétation. Il est donc essentiel d’éviter d’exprimer des jugements sur l’impact de la politique en vigueur sur la variation des prix ou les conséquences éventuelles de la variation des prix sur les politiques futures. C’est aux usagers qu’il revient de décider si les chiffres sont bons ou mauvais, le rôle du statisticien consistant à faire en sorte qu’ils puissent se faire une opinion en fonction de leurs conceptions économiques ou politiques.

13.23 Il existe plusieurs moyens d’éviter que les analyses manquent d’objectivité, que ce manque soit apparent ou réel. Le premier, et sans doute le plus important, consiste à publier les chiffres indépendamment de tout commentaire ministériel ou politique. Un autre consiste à présenter les analyses de façon cohérente, c’est-à-dire à fournir les données en suivant essentiellement le même modèle chaque mois (voir plus loin les paragraphes 13.38 à 13.41). Ainsi, les tableaux et les graphiques couvriront les mêmes périodes chaque mois et utiliseront les mêmes niveaux de référence.

Présentation de mesures connexes et d’autres mesures

Inflation sous-jacente

13.24 Pour les besoins de l’analyse économique, il est souhaitable de construire des mesures de l’inflation «de base» ou «sous-jacente» qui excluent les variations du taux d’inflation dues à des facteurs passagers, de façon à mettre en évidence des tendances persistantes ou générales. Les banques centrales, par exemple, doivent disposer d’indicateurs de l’évolution générale de l’inflation lorsqu’elles définissent leur politique monétaire. C’est pour cette raison que les économistes et les statisticiens s’attachent de plus en plus à mettre au point des mesures de l’inflation «sous-jacente».

13.25 Il existe plusieurs méthodes de calcul de l’inflation sous-jacente. La plupart visent à réduire ou éliminer l’influence de prix particulièrement volatiles ou de variations de prix exceptionnellement importantes. La méthode la plus traditionnelle consiste à exclure certaines composantes de l’IPC de manière discrétionnaire. Les produits élémentaires à exclure varient en fonction de ce que savent les statisticiens sur leur volatilité, compte tenu de la situation économique du pays. Les produits généralement exclus sont la viande fraîche, les fruits et les légumes et le pétrole. De nombreux pays excluent également les biens importés, les tarifs publics et les prix contrôlés par l’État. Certains font un calcul qui permet d’exclure les effets d’impôts indirects tels que la TVA. Il faut naturellement veiller à ne pas exclure un nombre d’articles si important que ceux qui restent n’en constituent plus qu’une faible composante, non représentative de l’ensemble.

13.26 Les autres méthodes sont notamment les techniques de lissage, qui consistent par exemple à annualiser l’inflation moyenne sur trois mois. Une méthode plus complexe consiste à exclure les valeurs aberrantes, c’est-à-dire les produits qui subissent les augmentations les plus fortes ou les plus faibles.

Autres indices

13.27 Parmi les autres indices, on peut citer «l’indice des impôts et des prix», qui tient compte de l’impôt sur le revenu, et parfois des cotisations sociales, et estime dans quelle mesure le revenu brut des contribuables doit évoluer si ceux-ci veulent maintenir leur pouvoir d’achat. Il décrit à la fois la variation des impôts directs (sur le revenu) et celle des prix à la consommation.

13.28 On peut également citer un indice qui reflète la variation des prix, hors droits et impôts indirects (taxes sur les ventes par exemple). Par comparaison à l’IPC proprement dit, ce type d’indice met en évidence les effets sur les prix des variations des impôts indirects.

13.29 Ces deux exemples d’indices tiennent compte des impôts, sous une forme ou une autre. Ils sont plus complexes que l’IPC proprement dit, et sont moins attrayants car ils sont moins intuitifs que les indices qui suivent la variation des prix d’un panier-type de biens et de services. C’est pourquoi il faut les présenter comme des constructions intéressantes et riches d’enseignements, qui reposent sur l’indice principal, en précisant bien qu’elles ne sont pas meilleures que l’IPC et qu’elles ne se substituent pas à l’IPC.

13.30 Un autre exemple est celui des indices des prix à la consommation harmonisés (IPCH) de l’Union européenne, qui servent à comparer et agréger les mouvements de prix dans toutes les économies de l’Union européenne. Les IPCH n’utilisent pas un panier-type de biens commun à tous les pays dans lesquels ils sont calculés, car les habitudes d’achat diffèrent suivant les pays, mais les concepts et les méthodes n’en sont pas moins harmonisés par d’autres moyens. Aucun État membre de l’Union européenne n’utilise les IPCH comme IPC national, et chaque État produit donc également son propre indice. Si les IPCH sont déjà des indicateurs importants dans la zone euro, ils n’en sont pas moins relativement nouveaux, et sont encore en cours d’élaboration. Dans ce cas, une question complexe se pose, de savoir si l’autre indice publié est meilleur que l’IPC national. Il est donc important de préciser clairement les concepts sur lesquels reposent les IPCH (qui distinguent généralement les IPCH des IPC nationaux) et d’expliquer de façon assez détaillée pourquoi les résultats des deux indices diffèrent. Les IPCH n’étant calculés que depuis 1996, il est impossible de comparer les prix avant cette date. Lorsqu’ils sont présentés, il faut indiquer la date à laquelle ils ont commencé, si cela n’apparaît pas de façon évidente.

13.31 Un autre concept est celui de l’indice du coût de la vie, que l’on définit généralement comme un indice qui indique les changements des coûts liés non seulement à l’achat d’un même panier de biens, mais aussi au maintien de la même utilité pour le consommateur. En général, les pays ne calculent pas régulièrement un indice du coût de la vie, et les usagers considèrent souvent l’IPC comme un indice du coût de la vie. Il faut préciser, dans les notes de référence, si c’est effectivement le concept qui sous-tend l’IPC.

Indices calculés à partir de sous-agrégats

13.32 Les pays calculent couramment les indices des prix de centaines de produits (le pain ou les chaussures par exemple) à partir de milliers de relevés de prix, de sorte qu’il existe un très grand nombre de sous-agrégats possibles.

13.33 Un type de sous-agrégation consiste à grouper des séries de produits élémentaires ou de produits qui, prises dans leur ensemble, forment l’IPC. Il est alors important d’étudier la relation entre les produits au sein de chaque sous-groupe. On peut par exemple présenter un indice sur les produits alimentaires et, sous la rubrique produits alimentaires, calculer des indices sur des sous-groupes comme les céréales et les légumes.

13.34 L’un des premiers éléments à prendre en compte lorsque l’on présente des sous-agrégats de produits connexes est la cohérence. En d’autres termes, il faut disposer d’une série de sous-agrégats pour lesquels on calcule et on présente les indices chaque mois. Les usagers considèrent généralement qu’il est très important de pouvoir procéder aux mêmes analyses d’un mois sur l’autre.

13.35 Un autre facteur à considérer est l’harmonisation internationale de la division de l’indice en groupes de biens et de services, qui permet de faire des comparaisons entre pays. Certains pays possèdent leurs propres sousagrégats, qui sont parfois antérieurs à la norme internationale en vigueur. La norme internationale généralement admise pour présenter les sous-agrégats est la Nomenclature de la consommation individuelle par fonction (COICOP). Elle sert notamment à calculer les IPCH. Du fait que la COICOP définit des groupes de produits élémentaires par fonction générale («transport» ou «logement» et «services liés au logement»), elle réunit des biens et des services dans un même sous-groupe. De nombreuses nomenclatures nationales sont cependant composées de sous-groupes qui ne comprennent jamais à la fois des biens et des services. Lorsque l’IPC national contient des sousagrégats définis autrement que suivant cette norme internationale, il est conseillé soit de présenter également une ventilation selon la COICOP soit, au minimum, d’y comparer la nomenclature nationale. La COICOP et la Classification centrale des produits (CPC) correspondante sont analysées en détail au chapitre 3 du présent manuel.

13.36 Un autre type d’indice calculé à partir de sous-agrégats est un indice qui pour l’essentiel est identique à l’IPC, à ceci près qu’il exclut certains produits élémentaires. L’indice principal évoqué plus haut en est un exemple. On peut également faire valoir que les IPCH entrent dans cette catégorie car ils excluent certaines dépenses non monétaires. Certains pays publient, outre un IPC d’ensemble, un ou plusieurs indices qui excluent certaines dépenses, par exemple un indice qui exclut les intérêts hypothécaires des coûts de logement.

13.37 Il faut toujours donner la définition des autres instruments de mesure et des instruments connexes. Il est également conseillé d’indiquer pour quelles raisons ils sont publiés. Surtout, il ne faut pas laisser entendre que l’indice calculé à partir de sous-agrégats est meilleur ou plus significatif que l’IPC proprement dit.

Communiqués de presse, bulletins et notes méthodologiques

13.38L’encadré 13.1 présente, à titre d’exemple, un modèle de la première page d’un communiqué de presse d’un pays fictif annonçant l’IPC. On peut également adopter d’autres présentations, et ajouter notamment un indice corrigé des variations saisonnières. Comme indiqué dans l’exemple, le communiqué doit contenir les informations suivantes:

  • des détails sur le bureau qui le publie;

  • la date et l’heure de la publication;

  • la variation en pourcentage du nouveau mois par rapport au même mois un an auparavant;

  • une comparaison avec la variation observée le mois précédent;

  • des informations sur les groupes de produits qui ont contribué à la variation et, plus généralement, sur toute évolution des prix des postes les plus importants;

  • un renvoi à des sources de renseignements complémentaires.

Il convient de noter qu’il ne faut pas porter de jugement sur les raisons politiques ou économiques de l’évolution des prix, ni indiquer si l’évolution va ou non dans le bon sens.

13.39 Ce qui n’apparaît pas à l’aide de ce seul exemple, c’est que la présentation du communiqué de presse doit rester inchangée d’un mois sur l’autre. Il est important de suivre le même modèle afin de ne pas donner l’impression qu’en choisissant une présentation différente, on marque une préférence pour une certaine tendance, apparue à une date précise par exemple.

13.40 Les autres pages du communiqué de presse doivent donner les indices mensuels (la période de référence étant égale à 100) à partir desquels les variations en pourcentage ont été calculées. Elles doivent également présenter des indices comparables pour les principaux groupes de biens et de services. À l’aide de graphiques, on peut montrer par exemple les prix qui ont contribué le plus ou le moins à l’IPC global.

13.41 Si l’on publie également une variante de l’IPC, on expliquera brièvement les différences entre les deux indices, et notamment celles d’ordre méthodologique. Plusieurs variantes appellent des explications, notamment les indices nationaux fondés sur la méthodologie des IPCH de l’Union européenne, les indices régionaux ou les versions de l’IPC qui excluent certaines composantes des dépenses de consommation telles que les achats de logements. Les communiqués de presse doivent être accompagnés d’une brève note méthodologique à l’image de celle qui figure à l’encadré 13.2. Des informations plus détaillées pourront être publiées dans un manuel.

Normes internationales relatives à la diffusion des indices des prix à la consommation

13.42 De nombreuses normes internationales s’appliquent à l’IPC, tant sur un plan général que sur des points particuliers. Dans son introduction, ce chapitre passe en revue les principes généraux qui guident, d’une façon ou d’une autre, un bon nombre d’entre elles. Une norme très générale, mais qui, de par sa nature, est essentielle, est celle définie dans les Principes fondamentaux de la statistique officielle des Nations Unies. Elle est disponible en plusieurs langues sur les sites de la CENUE et des Nations Unies et traite non seulement de la diffusion des données, mais aussi de tous les aspects des travaux statistiques.

Encadré 13.1Modèle de présentation de l’indice des prix à la consommation

Office de statistique de [nom du pays]

Vendredi 18 février 2000, pour publication à 11 heures.

INDICE DES PRIX À LA CONSOMMATION (IPC)

JANVIER 2000: COMMUNIQUÉ DE PRESSE

En janvier 2000, les biens et les services qui composent le panier de référence de l’IPC ont coûté aux consommateurs 1,0 % de plus qu’en janvier 1999. Cette variation sur 12 mois a été inférieure à la variation sur 12 mois enregistrée en décembre (1,5 %), mais supérieure à celle observée en novembre (0,9 %).

Variation en pourcentage de l’indice des prix à la consommation par rapport au même mois de l’année précédente, au cours des cinq dernières années

Principaux facteurs ayant contribué à l’augmentation globale de 1,0 %

La progression la plus forte a été enregistrée dans le prix des articles d’habillement et des chaussures. Elle a été moindre dans les loisirs et la culture. Au sein du groupe de l’énergie, les tarifs du gaz ont sensiblement augmenté. Le prix des articles d’ameublement et des articles de ménage est en baisse. Les variations des différents groupes de produits sont indiquées au tableau de la page x de ce communiqué.

Publié par l’office des statistiques de Xxxxx, adresse: xxxxxx

Renseignements presse: 1 111 1111; public: 2 222 2222 (il est utile de donner le nom d’une personne à contacter)

Les notes de référence sur l’IPC figurent en annexe au présent communiqué.

On trouvera d’autres notes, ainsi que des détails complémentaires, sur notre site Internet à XXX

Encadré 13.2Modèle de note méthodologique accompagnant les communiqués de presse sur les indices des prix à la consommation

Que mesure l’indice des prix à la consommation (IPC) et comment est-il calculé?

L’indice d’ensemble des prix à la consommation (IPC) est le principal instrument de mesure de ce qu’on appelle communément l’inflation. Il indique la variation, d’un mois sur l’autre, du niveau moyen des prix des biens et des services qu’achètent la majorité des ménages.

Chaque mois, les prix sont relevés dans des magasins et auprès d’autres fournisseurs de biens et de services. Après avoir réalisé une enquête périodique sur le budget (ou les dépenses) des ménages, qui permet de déduire le comportement de dépense des ménages, on conjugue les prix et les habitudes de dépenses pour calculer les indices des prix de groupes de biens et de services et l’indice d’ensemble.

Le Bulletin sur l’IPC, que nous publions tous les mois, contient l’indice global et tous les indices qui le composent, ainsi que des renseignements complémentaires sur la méthode de calcul de l’IPC. Une brochure traite également ce sujet, et le Manuel technique sur l’IPC expose en détail la méthode de calcul. Pour tout renseignement sur ces publications et sur les moyens de vous les procurer, veuillez consulter notre site Internet à www.ous.gov ou téléphoner aux numéros indiqués en première page de ce communiqué.

13.43 Les normes du Fonds monétaire international (FMI) sont particulièrement pertinentes en matière de diffusion. Deux d’entre elles concernent les statistiques, et notamment les indices des prix à la consommation. La première est le Système général de diffusion des données (SGDD) et la seconde la Norme spéciale de diffusion des données (NSDD). Le SGDD définit un cadre général, des indicateurs précis dits «principaux» et d’autres dits «encouragés». La NSDD repose sur le cadre du SGDD mais est plus contraignante et s’applique uniquement aux pays qui s’engagent par écrit à la respecter en le notifiant au Conseil du FMI. Les deux normes sont disponibles sur le site Internet du FMI.

13.44 Le terme de qualité désigne, dans le SGDD, la nécessité de fournir des informations sur les sources et les méthodes, ainsi que sur les détails des composantes et les procédures de vérification. L’intégrité renvoie à la diffusion de règles de confidentialité, l’accès aux données par les administrations publiques avant leur publication, l’identification des commentaires ministériels et la fourniture d’informations sur les révisions et la notification préalable des changements de méthodologie. La notion d’«accès au public» se réfère à la nécessité d’annoncer au préalable les dates de publication et de diffuser les données simultanément à tous les usagers. Les tableaux des catégories de données définissent l’IPC comme un indicateur principal publié tous les mois, dans un délai d’un à deux mois suivant la date des relevés. Le présent manuel tient compte de toutes ces normes. L’Organisation internationale du travail (OIT) a également publié des lignes directrices sur la diffusion des statistiques du travail (OIT, 1998) que l’on peut consulter sur le site Internet de l’Organisation.

Calendrier de diffusion de l’indice des prix à la consommation

13.45 S’il est important de diffuser l’IPC dans les meilleurs délais, il l’est tout autant de le faire en respectant un calendrier précis. Il faut également annoncer les dates de publication aussi tôt que possible. Il convient que l’indice soit publié à une date précise, indiquée longtemps à l’avance, pour deux raisons principales. Premièrement, on limite ainsi les possibilités de manipulation de la date de publication à des fins politiques. Deuxièmement, on inspire confiance aux usagers en leur montrant que l’indice est publié le plus rapidement possible et que sa publication n’a pas été retardée (ou avancée) pour des raisons politiques. Ce système présente également un troisième avantage: les usagers savent quand ils recevront les chiffres et peuvent se préparer à les utiliser.

Délai de diffusion et exactitude des données

13.46 Le SGDD du FMI, évoqué plus haut aux paragraphes 13.43 et 13.44, recommande que l’IPC soit diffusé un à deux mois après la date de collecte des données. Dans la pratique, la plupart des pays publient généralement leur IPC au milieu du mois suivant le mois de référence. S’ils y parviennent, c’est que souvent, la plupart des données sont relevées durant une période limitée au milieu du mois de référence, ce qui donne le temps aux statisticiens de les vérifier et de les analyser et de préparer les nombreux tableaux et graphiques dans lesquels elles sont présentées.

13.47 Si l’exactitude est particulièrement importante, c’est que l’IPC a de nombreuses répercussions. En effet, non seulement cet indice a des conséquences sur la politique économique, mais aussi il sert à indexer toute une série de contrats dans la plupart des pays. Dans le domaine des contrats, son application la plus connue est sans doute l’indexation des traitements et salaires. En outre, d’une part du fait que de nouvelles données apparaissent rarement après la publication de l’IPC, et d’autre part en raison de l’utilisation qui en est faite dans les contrats, il est très rare que l’IPC soit révisé. C’est l’une des différences majeures qui distingue l’IPC d’autres agrégats économiques ou socioéconomiques.

13.48 Pour toutes ces raisons, s’il est important de respecter des délais de diffusion, il faut également prévoir suffisamment de temps pour bien préparer les données et les vérifier minutieusement. Le plus souvent, il n’est pas permis de réviser un IPC non corrigé des variations saisonnières après sa publication. Les IPCH de l’Union européenne font exception et sont périodiquement révisés. Si une série est révisée, il faut bien entendu décrire précisément les changements apportés et donner des explications détaillées lors de la publication des nouvelles données. Lorsqu’une nouvelle méthode est adoptée, on le sait généralement à l’avance et on en avertira les usagers au préalable.

Accès aux données

13.49 Dans le domaine des IPC comme dans celui d’autres statistiques, il faut que le public ait accès au plus grand nombre de données possible, et ce pour deux raisons principales. Premièrement, il est très utile, pour certains usagers, de disposer de données détaillées pour procéder à des analyses. Deuxièmement, l’accès aux données inspire confiance dans les données.

13.50 La quantité de données susceptibles d’être communiquées aux usagers est cependant limitée. L’une des raisons, étudiée dans la section suivante de ce chapitre, en est la confidentialité. Une autre est la quantité de données que la plupart des usagers sont en mesure d’absorber. Enfin, il faut citer le coût de publication de vastes quantités de données dont peu d’usagers risquent d’avoir besoin.

13.51 En règle générale, on considère que l’IPC et ses principales composantes sont si importants qu’on les diffuse gratuitement au moyen de communiqués de presse. En revanche, les données plus détaillées sont souvent publiées dans des ouvrages ou sur d’autres supports moyennant paiement afin de recouvrer une partie des frais de distribution. De même, les analyses spécialisées réalisées à la demande de certains usagers sont vendues à un prix qui varie en fonction du travail qu’elles ont nécessité.

13.52 La question de la quantité de données qu’il convient de communiquer aux usagers à l’aide des différents supports possibles est également traitée aux paragraphes 13.53 à 13.58 ci-dessous.

Confidentialité

13.53 Si, en règle générale, il faut porter à la connaissance des usagers autant de données que possible, dans certains cas, la confidentialité est une notion importante, et ce pour plusieurs raisons. Premièrement, certaines données sont fournies par des détaillants et d’autres sources à condition qu’elles soient uniquement utilisées agrégées à d’autres données et qu’elles ne soient pas publiées sous une autre forme. Ce principe est particulièrement important lorsque les données sont communiquées volontairement, ce qui est souvent le cas. Deuxièmement, seul un échantillon de marques est relevé, représentatif d’un groupe beaucoup plus vaste de produits. Si l’on connaît les marques qui figurent dans l’indice et celles qui n’y figurent pas, on peut biaiser des composantes de l’indice en manipulant un nombre limité de prix.

13.54 Le fait même de savoir que les prix vont être relevés un certain jour d’un mois donné, ou risquent de l’être, peut amener des détaillants ou d’autres personnes à biaiser certaines composantes en modifiant les prix ce jour-là. Cela ne constitue cependant un danger qu’à court terme.

Diffusion électronique

13.55 La diffusion des données par Internet présente plusieurs avantages. Du point de vue de l’organisme qui produit les données, ce système est relativement peu coûteux et évite des frais d’impression et d’envoi. En outre, il revient à peine plus cher de diffuser une grande quantité de données qu’une petite quantité. Dès leur publication, les données sont à la disposition de tous les internautes simultanément, qui peuvent les télécharger sans les saisir de nouveau, et ainsi gagner du temps et éviter des erreurs de transmission ou de transposition.

13.56 L’un des inconvénients de la diffusion des données par Internet est que tous les internautes n’y ont pas accès sur un pied d’égalité. Un autre désavantage important est qu’ils risquent de consulter directement les données, sans lire les métadonnées qui sont parfois cruciales pour bien les comprendre. En outre, il devient aussi facile de diffuser largement l’IPC électroniquement pour les usagers que pour l’office de statistique, ce qui permet aux usagers de devancer les statisticiens qui établissent l’indice en le communiquant avant la date de diffusion, sans nécessairement les accompagner des métadonnées essentielles pour bien comprendre les chiffres.

13.57 De préférence, il faut communiquer l’IPC complet accompagné des métadonnées essentielles simultanément à la presse et aux autres usagers. À cet effet, certains offices de statistiques réunissent les journalistes une demi-heure environ avant l’heure officielle de publication, leur distribuent une version imprimée du communiqué, expliquent les données et répondent aux questions. À l’heure de la publication, les journalistes sont alors autorisés à transmettre les chiffres à leur bureau qui les diffuse plus largement.

13.58 En résumé, il faut prendre soin de communiquer l’IPC à tous les usagers en même temps, quel que soit le mode de diffusion choisi.

Prise en compte du point de vue des usagers

Différentes applications des indices des prix à la consommation

13.59 Le chapitre 2 traite en détail des différentes applications des IPC. Il est important d’indiquer aux usagers potentiels les applications qui sont appropriées et celles qui ne le sont pas. À cet effet, il convient d’expliquer comment l’IPC est construit et de donner des détails sur les sources et les méthodes employées. Il faut également que des explications sur d’autres indices ou des sous-indices, qui montrent comment leur utilisation diffère de celle de l’IPC proprement dit, soient facilement accessibles.

Présentation de la méthodologie

13.60 Chaque mois, lors de la publication de l’IPC, les usagers sont désireux de connaître les principaux chiffres et de les utiliser. En général, ils ne souhaitent pas être encombrés d’explications sur la méthodologie employée pour obtenir les données. Il faut néanmoins mettre à la disposition des personnes qui le souhaitent des explications méthodologiques, sous une forme qui soit compréhensible par des usagers dont les connaissances et les intérêts diffèrent. Tout changement majeur de méthodologie doit être exposé en détail et annoncé le plus tôt possible avant son adoption.

13.61 Nous avons vu aux paragraphes 13.38 à 13.41 que les explications d’ordre méthodologique doivent figurer dans une note jointe aux communiqués de presse. Elles doivent également être fournies au moins à deux autres niveaux. Une brochure à l’intention des non-spécialistes doit expliquer l’historique, les principes et les pratiques de l’IPC, et indiquer les mesures alternatives éventuellement disponibles. Il faut également proposer aux usagers intéressés, ainsi, par exemple, qu’aux statisticiens qui produisent l’IPC pour la première fois, des explications plus approfondies sur les sources et les méthodes employées. Ces informations doivent être tenues à jour, même si les agents subissent des pressions pour consacrer du temps aux résultats au détriment de la documentation. Comme cela a été signalé, il est essentiel que des explications détaillées sur les sources et les méthodes soient facilement accessibles pour que l’IPC inspire confiance aux usagers.

Rôle des comités consultatifs

13.62 L’IPC est une série statistique qui revêt une telle importance qu’il est essentiel de créer un comité consultatif, ou une série de comités, qui représente les usagers et les statisticiens. Le processus de construction de l’IPC soulève de nombreuses questions qui prêtent à controverse. Dans de nombreux pays, il a donné lieu à des débats virulents au sujet, par exemple, des éléments qui doivent ou non entrer dans sa composition. Le rôle d’un comité consultatif est d’examiner entre autres les questions controversées et d’émettre un avis à leur sujet. Un comité a un autre rôle, sans doute tout aussi important, qui est de garantir, de par son existence, que l’IPC est digne de confiance et n’est pas un outil de propagande gouvernementale.

13.63 Dans les pays qui n’ont pas systématiquement créé de comité consultatif, les statisticiens peuvent craindre que la participation de personnes indépendantes des pouvoirs publics crée des attentes qu’ils ne sont pas en mesure de satisfaire, et partant, mécontente le public. Or la participation d’usagers indépendants des pouvoirs publics peut se traduire par une meilleure compréhension des réalités et des contraintes pratiques liées aux nécessités théoriques. C’est ce qui se produit généralement dans les offices de statistique qui possèdent des comités consultatifs composés de représentants de tous les grands partenaires, issus ou non des pouvoirs publics. Il est donc important que les membres du comité consultatif soient des universitaires, des employeurs ou des représentants syndicaux par exemple, qui ont chacun une perspective différente. Il faut également que les rapports soient communiqués au public dans leur intégralité et sans retard excessif.

Explication de la qualité de l’indice

13.64 L’IPC est vu avec méfiance à plusieurs niveaux. S’il fait généralement référence au consommateur moyen, chaque consommateur a ses propres habitudes de dépenses et remarque parfois des modifications dans une série de prix mais pas dans d’autres. Fait sans doute plus important, certains critiquent l’indice car ils le soupçonnent de ne pas suivre l’évolution des biens et des services récents, les changements de qualité des produits ou les nouveaux types de commerce de détail.

13.65 Il est donc important que les statisticiens qui produisent l’indice soient disposés à discuter de ces problèmes et des moyens qu’ils emploient pour les résoudre. Comme pour d’autres questions évoquées ici, les statisticiens doivent exposer franchement leurs méthodes et leur capacité à résoudre les problèmes, potentiels ou réels, mis en évidence. Ils doivent donc donner des explications sur les questions de qualité, même lorsque la qualité de l’indice n’est pas remise en cause.

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