Chapter

12. Organisation et Gestion

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
November 2006
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Introduction

12.1 Les indices des prix à la consommation (IPC) figurent parmi les indicateurs macroéconomiques les plus importants et les plus couramment utilisés. Ils servent non seulement à éclairer les décisions de politique économique, mais aussi à indexer les prestations sociales, les pensions, les fonds d’État et les titres. On les retrouve également dans les clauses d’indexation des contrats privés. Il est capital que des statistiques aussi déterminantes que les IPC soient à la fois précises et fiables.

12.2 Le processus de production d’un indice des prix à la consommation doit être planifié avec soin. Le nombre de cas particuliers est tel que ce manuel ne peut définir de façon trop stricte le calendrier ou l’analyse du chemin critique de toutes les étapes à franchir. On donnera néanmoins, à la figure 12.1, un aperçu du type de programme qui doit ressortir de l’examen détaillé des moyens à mettre en œuvre pour périodiquement mener d’un bout à l’autre l’opération de collecte des données et de calcul de l’indice.

Graphique 12.1Procédures de collecte des prix

12.3 Ce chapitre donne des indications qui reposent sur l’expérience d’un certain nombre d’offices nationaux de statistique et propose différents modes d’organisation possibles. En fonction des circonstances, les exemples de bonnes pratiques pourront inspirer certains offices.

12.4 Ce chapitre analyse les diverses possibilités en s’intéressant aux relations entre les enquêteurs sur le terrain et l’office central (le type de travail accompli à la direction générale, la circulation de l’information entre les différentes parties de l’organisme, etc.). Le champ, la fréquence, le coût et la complexité des relevés de prix à partir desquels on établit l’indice varient au point que chacune des opérations et des relations décrites ici ne s’appliquent pas nécessairement à tous les pays. Ainsi, il n’est pas toujours utile de collecter les prix à la fois aux niveaux central et local, ni de sous-traiter certains éléments de la collecte. Si l’indice est établi peu fréquemment, à partir d’un nombre relativement restreint de points de vente, ou se limite à certains types de sites, on cherchera des solutions adaptées à chaque situation.

Collecte à l’échelon local

12.5 Pour collecter les prix à l’échelon local, des enquêteurs se rendent dans des points de vente et y relèvent le prix de toute une série de biens et de services. Dans la plupart des pays, c’est la principale méthode employée, même si la gamme des points de vente et le type de biens et de services diffèrent.

12.6 Si les méthodes précises de collecte des prix au niveau local varient, chaque enquêteur est généralement chargé de relever les prix à un certain endroit ou dans certains types de points de vente. À chaque période de collecte, les enquêteurs se rendent dans les mêmes points de vente et tentent d’y relever les mêmes produits élémentaires. Ce type de dispositif leur permet d’instaurer de bons rapports avec les détaillants et d’acquérir des connaissances spécialisées.

12.7 Que l’institut national de la statistique fasse appel à ses propres agents ou à des sous-traitants (comme on le verra plus loin), les relevés doivent remplir un certain nombre de critères importants dont on peut citer les suivants:

  • Les enquêteurs doivent toujours être vêtus avec soin et agir avec courtoisie—car ils représentent l’institut national de la statistique, quel que soit leur employeur.

  • Ils doivent porter sur eux une pièce d’identité qui confirme leur rôle et leur statut.

  • Ils doivent se présenter au détaillant ou au gérant du magasin dès leur arrivée, et avant de commencer à relever les prix.

  • Dans la mesure du possible, ils accéderont aux demandes des commerçants, par exemple si, en période de grande activité, ceux-ci les invitent à repasser plus tard dans la journée.

  • La collecte doit être réalisée aussi rapidement que possible, en perturbant au minimum les activités du magasin.

12.8 D’autre part, les enquêteurs doivent faire preuve de bon sens dans leurs préparatifs. Ils veilleront par exemple à s’équiper de stylos de rechange, des formulaires voulus, d’une plaque porte-bloc, d’une carte locale, de batteries de rechange (si la collecte est informatisée), d’argent pour payer le stationnement dans les centres commerciaux et, si besoin, de vêtements de pluie. Dans certains cas, il sera également utile de disposer d’un téléphone portable.

Collecte sous-traitée

12.9 Tout office de statistique qui procède à un relevé des prix doit décider s’il est préférable de faire appel à son personnel interne ou de confier cette tâche à une organisation extérieure comme une société privée d’études de marché, à une autre partie de l’office ou à une autre administration spécialisée dans les enquêtes.

12.10 La nature de la collecte et la répartition et le profil du personnel statisticien peuvent aider à décider s’il y a lieu de sous-traiter la collecte. Dans les cas où la collecte est permanente ou nécessite de prendre des décisions complexes (ajustements de la qualité, par exemple), ou lorsque les prix sont relevés dans un nombre restreint de sites, il peut être intéressant de la réaliser en interne. Si, au contraire, la collecte a lieu quelques jours par mois, dans de nombreux endroits, est relativement aisée et fait intervenir des décisions simples ou de routine (par exemple faire un choix à partir d’une liste prédéfinie de codes), on peut envisager de faire appel à des sous-traitants s’il existe suffisamment de sociétés d’études de marché compétentes dans le pays.

12.11 Lorsque la collecte des prix au niveau local est sous-traitée, elle est parfois moins coûteuse. Si la collecte est faite électroniquement, on peut charger le sous-traitant d’acheter et d’entretenir les dispositifs de collecte.

12.12 La sous-traitance offre également la possibilité aux statisticiens de consacrer davantage de temps à analyser les données, et moins à les collecter. Si l’on dissocie le rôle de l’enquêteur de celui du contrôleur, les statisticiens hésiteront sans doute moins à remettre en question la validité des données. Enfin, on peut établir un lien direct entre l’exactitude des données recueillies et la performance des sous-traitants si les évaluations de performance donnent lieu au versement de primes (et à des pénalités si les objectifs ne sont pas atteints).

Collecte centralisée

12.13 Les prix relevés de façon centralisée sont ceux obtenus auprès du siège des grandes chaînes de magasins qui pratiquent une politique de prix nationale. On peut exclure les succursales de ces chaînes de la collecte locale s’il est plus efficace de centraliser la collecte des données. Les personnes qui fournissent les données le font à l’aide de formulaires sur papier ou les saisissent sur des feuilles de calcul qu’ils transmettent à l’office national de statistique par courrier électronique, sur CD-Rom ou sur disquette. Les catalogues de vente par correspondance peuvent également être traités comme les chaînes de magasins: on enregistre les prix tels qu’ils figurent sur les catalogues à la date de leur publication, puis on les combine avec ceux des mêmes produits relevés au niveau local.

12.14 On peut recueillir les données sur les prix des services ou les tarifs de façon centralisée auprès d’organismes comme des associations professionnelles, des administrations nationales ou locales, etc. Dans la mesure du possible, on obtiendra ces prix auprès d’une source centralisée, même s’il faut contacter des entreprises régionales ou concurrentes en cas de variations locales. Les données peuvent être sollicitées par écrit ou par téléphone, ou arriver automatiquement si l’office national de statistique figure sur la liste de diffusion du fournisseur. Ce dernier peut envoyer soit une liste complète des prix ou des tarifs, à partir de laquelle les agents chargés de l’IPC extraient les prix pertinents, soit uniquement les prix des produits élémentaires spécifiés dans la demande de données. Tous les prix relevés seront confirmés par écrit. La fréquence des enquêtes varie en fonction des produits et selon la date où les prix sont connus ou appelés à évoluer. La périodicité la plus courante est le mois ou le trimestre. Il arrive également que les relevés soient effectués à mesure des besoins mais il faut alors vérifier que toutes les données sur les prix sont communiquées. Cela peut être le cas lorsque les tarifs du gaz, de l’électricité et de l’eau changent une fois par an à une date fixée par avance.

Qualité sur le terrain

12.15 La qualité est un aspect important du relevé des prix. Un relevé de qualité permet à un office de statistique d’avoir confiance dans l’indice qu’il produit et de s’assurer que les variations de prix observées sont réelles et non pas le résultat d’erreurs des enquêteurs. Il est important de mettre au point des procédures qui garantissent que des normes strictes de collecte sont respectées à chaque période de collecte. Ces procédures constitueront l’élément essentiel de la formation des enquêteurs et feront partie du matériel didactique à leur intention. Les enquêteurs recevront des instructions sur les principes des indices des prix, les questions d’organisation et les procédures de validation.

Descriptions

12.16 Il est primordial de décrire précisément les produits élémentaires pour assurer une continuité. Les enquêteurs doivent en faire une description suffisamment complète de façon à relever le même produit à chaque période de collecte. Il est donc important qu’ils notent les attributs qui définissent spécifiquement le produit élémentaire qu’ils observent. Dans le cas des vêtements par exemple, il importe de préciser la couleur, la taille et la composition du tissu de façon à ce que le même produit soit relevé chaque mois. Pour les fruits et les légumes frais, il peut être utile de noter le pays d’origine, la classe et la variété.

12.17 Des descriptions précises des produits aideront les enquêteurs et le bureau à choisir un produit remplaçant pour un produit qui a été retiré et à déceler des changements de qualité. On encouragera le personnel en bureau à prendre le temps, à chaque période de collecte, de passer en revue les descriptions des enquêteurs afin de s’assurer que ce sont bien les produits voulus qui sont observés. On incitera également les enquêteurs à vérifier que leurs descriptions contiennent tous les renseignements utiles. Il peut être intéressant de demander aux enquêteurs d’intervertir leurs rôles de temps à autre afin qu’ils saisissent l’importance de bonnes descriptions.

Continuité

12.18 La continuité est l’un des plus grands principes de la collecte des prix. C’est parce qu’un indice des prix mesure des variations de prix qu’il est primordial que le même produit élémentaire soit relevé chaque mois de façon à obtenir une image exacte des variations. Si l’on choisit par exemple le bocal de confiture de fraises de la marque d’un supermarché, il faut toujours relever cette marque et cette variété. En cas de rupture de stock durant la période de collecte, on ne relèvera ni une autre marque, ni une autre variété. Si, en revanche, au cours des périodes de collecte ultérieures, la confiture retenue est toujours en rupture de stock mais qu’il existe une autre variété de la même marque au même prix, on la choisira en tant que produit élémentaire comparable et on adaptera la description du produit en conséquence. S’il n’existe pas de produit élémentaire comparable, il faut en choisir un nouveau et modifier la description. On commencera alors une nouvelle chaîne de prix. Il est impossible d’être prescriptif, car le concept d’équivalence varie selon les pays; mais, pour des raisons pratiques, il importe de conserver une description détaillée des produits élémentaires relevés.

12.19 La continuité étant un facteur particulièrement important de l’élaboration d’un indice des prix exact, il faut inviter les personnes chargées de collecter les prix à vérifier auprès des détaillants qu’un produit élémentaire est effectivement en rupture de stock avant de le remplacer. La direction générale de l’office national de statistique peut donner des directives qui couvrent différents produits élémentaires. Les produits alimentaires par exemple, qui sont généralement de nouveau en stock lors de la période de collecte suivante, ne doivent pas être remplacés immédiatement. En revanche, les stocks de vêtements de mode seront rarement reconstitués une fois la «saison» achevée ou le stock épuisé. On remplacera donc ces produits immédiatement dans les relevés.

12.20 D’autre part, il faut inviter les enquêteurs à prévoir le trajet qu’ils vont emprunter pour relever les prix de façon à tenir compte des horaires d’ouverture et de fermeture des points de vente et de toute demande particulière des détaillants. S’ils le jugent bon, ils traceront leur trajet sur une carte, en précisant dans quel ordre ils se rendront aux points de vente. Ceci est particulièrement utile lorsque c’est un enquêteur différent de l’enquêteur habituel qui réalise la collecte, en cas de congé de maladie par exemple. Il faut encourager les enquêteurs à s’efforcer de relever les prix à des moments similaires à chaque période de collecte, surtout lorsqu’il s’agit de produits volatiles comme le pétrole et l’huile, qui peuvent subir des fluctuations prononcées.

Demande de vérification des données saisies

12.21 Une fois que les données sur les prix sont correctes et complètes, on peut procéder à une série de contrôles de validité. On décidera de ceux qu’il convient d’effectuer en tenant compte des contrôles de validité réalisés sur le terrain. Ainsi, l’utilisation d’ordinateurs de poche augmente les possibilités de validation lors des relevés et rend moins nécessaire un examen détaillé au siège. En outre, il est évident qu’il n’est ni utile ni rentable de recommencer des tests qui ont déjà été faits.

12.22 Plusieurs types de tests peuvent être réalisés, et notamment les suivants:

  • Variation des prix: on compare le prix saisi au prix du même produit dans le même magasin le mois précédent, et on vérifie les données lorsque la différence de prix dépasse des limites en pourcentage prédéfinies. Ces limites varient en fonction du produit élémentaire ou du groupe de produits élémentaires, et peuvent être fixées à partir des variations des prix observées par le passé. Lorsqu’on ne dispose pas de prix valable pour le mois précédent, en cas de rupture de stock par exemple, on peut faire une comparaison avec le prix du produit deux ou trois mois auparavant.

  • Prix maximaux ou minimaux: on vérifie les données si le prix saisi est supérieur au prix maximal ou inférieur au prix minimal du produit élémentaire dont le produit considéré est représentatif. On peut définir une fourchette à partir des valeurs maximale et minimale observées pour ce produit élémentaire le mois précédent multipliées par un facteur d’échelle standard. Ce facteur peut varier selon les produits, là encore en fonction des données d’expérience.

12.23 Si l’on utilise un ordinateur portable, on peut aisément procéder à ces deux tests lors de la collecte. Autrement, on le fera au siège aussitôt que possible après la collecte et avant que les prix ne soient traités dans le système principal. Si l’un des deux tests n’est pas satisfait, cela ne doit pas empêcher l’enquêteur de relever le prix du produit, mais cela doit l’amener à vérifier et confirmer la donnée saisie, et à fournir une explication.

12.24 Les demandes de vérification peuvent être traitées en bureau ou envoyées à l’enquêteur pour être résolues. Ainsi, un examen attentif d’un formulaire peut révéler qu’une grosse différence de prix est apparue du fait que le produit élémentaire relevé est un nouveau produit qui en remplace un autre dont la fabrication a cessé. Dans ce cas, il n’est sans doute pas nécessaire de vérifier le travail de l’agent chargé du relevé, sauf si l’on a des raisons de penser qu’il est incorrect de qualifier le produit élémentaire de «nouveau produit».

12.25 Lorsque l’on découvre une erreur alors que le processus est déjà trop avancé pour y remédier, on doit, en bureau, la rejeter et supprimer le produit en question de l’indice du mois considéré. Il faut alors veiller à exclure également ce produit du mois de référence de sorte que le panier-type demeure inchangé.

Retour d’information

12.26 Il convient d’encourager les agents chargés de collecter les prix à remonter au bureau des informations sur leur pratique. Ces agents constituent en effet une source d’information précieuse et il n’est pas rare qu’ils répercutent rapidement des informations de bonne qualité sur des changements survenus sur le marché. Souvent, ils avertissent le bureau que des tailles ou des produits ont changé avant que celui-ci soit en mesure de le savoir à partir d’autres sources comme des revues professionnelles. Les informations reçues des personnes chargées de relever les prix servent à confirmer des évolutions de prix observées et à compléter les instructions qui leur sont communiquées. On peut également les reprendre dans les bulletins destinés aux enquêteurs.

Les contrôles de qualité des relevés au niveau local: le rôle des contrôleurs

12.27 Il convient de planifier et suivre avec soin l’ensemble du processus périodique de collecte des prix sur le terrain, et de mettre en place des mécanismes qui rendent compte de la situation locale. Chaque situation étant particulière, il n’y a pas lieu d’être par trop prescriptif. Il est néanmoins important de faire en sorte que les personnes chargées de relever les prix envoient les informations en temps voulu. Si elles ne le font pas, on en trouvera les raisons et on prendra les mesures qui s’imposent. Il importe également de vérifier que les informations envoyées sont exactes et complètes.

12.28 L’un des moyens de suivre le travail des enquêteurs consiste à demander à des contrôleurs de les accompagner de temps à autre durant leur relevé, ou de contrôler a posteriori les données recueillies.

Suivi

12.29 Si un contrôleur compte accompagner un agent chargé du relevé des prix, il doit en informer celui-ci à l’avance afin d’organiser les modalités de leur rencontre. En général, le contrôleur n’est pas présent pendant toute la durée de la collecte mais passe quelques heures à l’observer dans un endroit précis. Ainsi, il peut être souhaitable d’observer le relevé de certains produits ou la collecte dans certains points de vente dans lesquels elle pose peut-être problème. L’enquêteur modifiera son trajet en conséquence si besoin.

12.30 Avant de procéder à un suivi, le contrôleur doit réaliser un travail préparatoire de vérification. Il étudiera par exemple les descriptions, les prix, l’historique des prix et les codes des produits observés à l’endroit choisi. Ce type de vérification lui permet de se faire une bonne idée de la qualité des relevés avant de se rendre sur le terrain, et peut lui indiquer sur quels domaines il doit se concentrer.

12.31 L’une des principales fonctions du contrôleur est de veiller à ce que l’enquêteur suive les procédures et les instructions établies et collecte les prix avec compétence. Bien que son rôle ne soit pas nécessairement celui d’un formateur, il peut, lorsqu’il relève une erreur, profiter de l’occasion pour donner des conseils. Il faut également que l’enquêteur ait la possibilité de lui poser des questions durant le processus de suivi.

12.32 Outre l’accompagnement de l’enquêteur, le contrôleur peut entreprendre d’autres tâches sur place, par exemple recenser les points de vente ou étudier un produit particulier. Après une visite de suivi, il doit rédiger un rapport qui présente de façon détaillée les observations qu’il a faites lorsqu’il a accompagné l’enquêteur. Ce rapport contiendra un résumé de ses constatations, une liste des mesures à prendre et la ligne de conduite qu’il préconise. Le contrôleur peut conseiller qu’un enquêteur reçoive davantage de formation sur certains aspects des relevés. Le bureau (ou l’entreprise contractante si la collecte a été sous-traitée) doit alors donner suite à ses conseils. Ce rapport servira ensuite de point de départ à sa prochaine visite. Lorsque l’on trouve des solutions à des problèmes d’ordre général, il faut les faire connaître à tous les agents chargés de relever les prix, en publiant un bulletin ou une version révisée des instructions par exemple.

Contrôle a posteriori

12.33 Un autre moyen de suivre la qualité de la collecte des prix consiste à contrôler a posteriori une partie des prix enregistrés.

12.34 Les contrôles a posteriori peuvent servir à:

  • évaluer la compétence de tel ou tel enquêteur;

  • contrôler la qualité globale de la collecte;

  • définir des besoins généraux de formation ou des besoins spécifiques d’un individu;

  • mettre en évidence des problèmes importants, par exemple des difficultés causées par les documents ou les instructions du siège;

  • déterminer dans quels domaines la collecte est difficile. Il peut arriver par exemple que tous les enquêteurs rencontrent des difficultés dans certains types de points de vente. Le bureau donnera alors des instructions plus détaillées.

12.35 Les contrôles a posteriori doivent être réalisés par un spécialiste indépendant du processus (de préférence employé par l’office national de statistique). Ce spécialiste se rend dans le point de vente choisi, relève de nouveau les prix et recueille tout autre renseignement utile tel que les codes qui correspondent aux attributs ou aux descriptions. Il doit le faire peu après la période de collecte pour éviter qu’une évolution des prix éventuellement survenue dans l’intervalle ne pose des problèmes. Il est important que les personnes chargées des contrôles a posteriori demandent la permission des commerçants avant d’intervenir et respectent les critères généraux de collecte à l’échelon local décrits aux paragraphes 12.5 à 12.12.

12.36 Pour que les contrôles a posteriori soient utiles, il importe de retenir des critères de performance auxquels on peut comparer tous les résultats obtenus lors de ces contrôles. Ces critères doivent par exemple fixer le nombre acceptable d’erreurs de prix par produit contrôlé. S’ils sont précisément définis, les contrôles a posteriori mettront aisément en évidence les enquêteurs ou les sites qui laissent à désirer.

12.37 Lors d’un contrôle a posteriori, on peut procéder à une série de tests afin de détecter:

  • une différence de prix—si le prix contrôlé est différent, le contrôleur doit vérifier auprès des commerçants s’il a changé depuis le relevé initial;

  • une description insuffisante du produit—chaque produit doit être défini de manière unique de façon à ce qu’un autre enquêteur puisse remplacer l’enquêteur habituel, en cas de maladie par exemple;

  • une erreur sur le produit relevé—si une taille incorrecte a été choisie par exemple;

  • des produits enregistrés par erreur comme étant manquants ou en rupture temporaire de stock.

12.38 Une fois réalisé le contrôle a posteriori, un rapport doit être envoyé au bureau pour examen. Le bureau prendra alors les mesures qui s’imposent, qui peuvent consister par exemple à faire suivre une nouvelle formation aux agents ou à envoyer des instructions complémentaires.

Autres fonctions du contrôleur

12.39 La gamme des tâches qu’accomplissent les contrôleurs varie d’un office de statistique à l’autre. Leur principale activité consistera toujours à suivre la qualité de la collecte des prix, mais ils sont parfois appelés à intervenir dans plusieurs autres domaines.

12.40 Les contrôleurs peuvent être invités à participer à l’échantillonnage des sites et des produits élémentaires. Ils peuvent vérifier que les sites dans lesquels on propose de relever les prix comportent un éventail voulu de magasins, ou émettre un avis sur la situation économique qui prévaut sur ces sites et sur les zones éventuellement dangereuses. Ils peuvent également travailler sur certains produits. Ainsi, si un produit particulier semble poser des problèmes aux agents chargés de collecter les prix, les contrôleurs discuteront avec les agents et les détaillants afin d’en trouver les raisons. Ils donneront également des conseils sur les changements à apporter à la composition du panier-type. Ils peuvent vérifier que les produits que propose le bureau sont disponibles dans tout le pays, et proposer des descriptions de produits et des fourchettes de poids. En outre, ils peuvent établir des rapports sur les collectes là où elles ont déjà été réalisées. Si, par exemple, le bureau se pose une question sur les données saisies dans un point de vente particulier dans un endroit précis, un contrôleur peut se rendre sur ce point de vente afin de trouver la réponse ou de persuader un détaillant de continuer de participer à l’enquête.

Contrôles de qualité en bureau

12.41 Quatre types de contrôles doivent être périodiquement réalisés au siège:

  • Vérifier que les rapports des enquêteurs sont envoyés en temps voulu. Si ce n’est pas le cas, il faut en trouver la raison et prendre les mesures qui s’imposent pour les obtenir.

  • Confirmer que les rapports contiennent ce qu’ils sont censés contenir, c’est-à-dire qu’aucun champ à renseigner n’est resté vierge, que les champs numériques contiennent des chiffres et que les champs non numériques n’en contiennent pas.

  • Passer en revue et vérifier chaque formulaire. Il faut parfois procéder à des substitutions de façon centralisée ou approuver celles faites par les enquêteurs, et vérifier des variations de prix exceptionnelles (ou simplement importantes). Il arrive que l’on doive convertir en un prix par unité standard le prix de produits vendus en plusieurs unités ou dont les poids varient. On traite les prix manquants en appliquant des règles spécifiques aux différentes causes d’absence.

  • Trouver et corriger les erreurs introduites lors de la saisie des chiffres sur ordinateur ou de leur transcription sur des feuilles de calculs. De préférence, on les évitera en rendant les transcriptions inutiles.

12.42 Il convient de noter qu’il est possible que les données ne soient pas organisées sur les feuilles de calcul ou sur ordinateur de la même façon qu’elles l’étaient à leur réception, car elles arrivent au bureau organisées par enquêteur, point de vente et produit. Il faut néanmoins enregistrer leur origine de telle sorte que l’on puisse s’y reporter en cas de problème en cours de traitement. En outre, même si les codes fournis aux enquêteurs pour recenser les produits et décrire ou préciser les prix sont utilisés tels quels pendant le traitement, il faut parfois attribuer d’autres codes aux informations que les enquêteurs communiquent sous forme non codée.

12.43 Le mode d’organisation des contrôles variera selon les pays. Dans certains cas, ce sont des agents de supervision, à l’échelon local ou régional, qui se chargeront d’une partie du contrôle. Dans d’autres cas, il sera plus judicieux de le faire de façon centralisée. Certaines tâches peuvent être accomplies par ordinateur et d’autres manuellement. Il est par conséquent impossible de faire des suggestions d’ordre général sur la séquence des tâches ou sur la division du travail.

12.44 Il faut instaurer des procédures permettant de contrôler que l’ensemble des documents, des messages ou des dossiers établis sur le terrain sont effectivement envoyés de façon à contacter l’enquêteur si l’un d’eux est manquant. Il faut ensuite, en premier lieu, vérifier que les données sont complètes et correctes. On contrôlera par exemple que des prix n’ont pas été relevés deux fois par erreur (c’est-à-dire pour le même produit, dans les mêmes magasins, au même endroit) et que les codes qui identifient le lieu, le point de vente et le produit, et qui accompagnent chaque prix, existent bien et sont valables. Si ces vérifications révèlent une anomalie, on demandera des éclaircissements à l’enquêteur. Certaines vérifications exigent que l’on consulte les enquêteurs (ou leurs supérieurs, ou encore les personnes interrogées si les questionnaires ont été envoyés directement par courrier). Il faut donc que le calendrier de publication de l’indice tienne compte du délai nécessaire pour ces consultations.

12.45 Une fois que l’on a vérifié que les données sur les prix sont correctes et complètes, on peut procéder à une série de contrôles de validité. On décidera de ceux qu’il convient de réaliser en tenant compte des contrôles de validité réalisés sur le terrain. L’usage d’ordinateurs de poche augmente les possibilités de validation lors des relevés et rend moins nécessaire un examen détaillé en bureau. Il est évident qu’il ne serait ni utile ni rentable de refaire tous les tests qui ont déjà été faits localement, sauf s’il s’agit de procéder à des contrôles secondaires ou de vérifier de façon aléatoire si les tests ont été réalisés.

12.46 Les diverses vérifications sont traitées aux paragraphes 12.21 à 12.25. Le bureau a également la possibilité de détecter les valeurs aberrantes à l’aide des données sur les prix reçues chaque mois.

Rapports

12.47 Il faut régulièrement établir des rapports sur la plupart des produits élémentaires représentatifs de façon à aider les analystes à repérer les prix dont le niveau ou la variation diffèrent de ceux signalés ailleurs pour des variétés similaires, ou tout simplement lorsque les variations dépassent certaines limites spécifiées. Ainsi, un listage peut énumérer tous les prix qui s’éloignent beaucoup de la dernière fourchette des prix d’un produit élémentaire représentatif, ou ceux dont la variation en pourcentage depuis le dernier relevé pour le même produit élémentaire dans le même point de vente s’éloigne d’une fourchette donnée. Les limites retenues varieront selon les produits, et pourront être modifiées à l’usage. Les analystes peuvent ensuite passer en revue le listage, en commençant par vérifier s’il n’y a pas eu d’erreur de saisie. Ils examinent ensuite si les explications éventuelles de l’enquêteur éclairent de façon satisfaisante les divergences de comportement des prix, ou bien s’il y a lieu d’interroger l’enquêteur ou son supérieur hiérarchique. Le calendrier doit offrir la possibilité de le faire, et toute anomalie observée doit être rejetée si l’on ne peut obtenir une explication acceptable ou faire une correction à temps.

12.48 On peut périodiquement établir d’autres rapports à partir de rapports couvrant plusieurs périodes (plusieurs mois, par exemple) de façon à détecter des constantes, et mettre ainsi en évidence des problèmes plus vastes. Citons les exemples suivants:

  • Les rapports d’un enquêteur contiennent l’observation «point de vente fermé» beaucoup plus souvent que ceux d’autres enquêteurs, ce qui laisse peut-être supposer que cet agent manque de motivation ou de formation ou qu’un changement est survenu dans les structures de la vente au détail dans une zone particulière.

  • Les variétés de substitution d’un produit élémentaire représentatif donné sont devenues plus nombreuses qu’auparavant, ce qui semble indiquer qu’il faut réviser la spécification ou choisir un autre produit élémentaire représentatif.

  • Des spécifications étroites énumèrent plusieurs marques et modèles parmi lesquels un seul doit être choisi, mais un grand nombre de prix correspondent à des produits élémentaires qui ne figurent pas dans la liste initiale. Ceci indique que les marques et les modèles spécifiés ne conviennent plus. Il faut alors modifier la liste.

  • La dispersion des variations de prix d’un produit élémentaire donné est beaucoup plus importante qu’auparavant, ce qui soulève la question de savoir si la spécification de ce produit est adéquate.

12.49 Les rapports périodiques établis par ordinateur devraient permettre aux personnes chargées de calculer les indices de détecter ce type de problèmes. Deux types de rapports sont particulièrement utiles: les rapports sur la dispersion de l’indice et les rapports sur les prix relevés.

12.50Rapport sur la dispersion de l’indice. Il s’agit d’une liste de produits élémentaires qui indique la valeur courante de l’indice pour chaque produit, le nombre de prix valides relevés pour chaque produit et le nombre de rapports de prix (le ratio du prix courant sur le prix valide précédent) dans chaque série de fourchettes prédéterminées (inférieur à 40, 40–49, … 190–199, supérieur à 199 par exemple). Les rapports sur la dispersion de l’indice peuvent servir à repérer les prix relevés dont les rapports de prix dépassent la fourchette du principal ensemble de prix. On peut se baser sur les rapports sur les prix relevés correspondant au produit élémentaire en question, puis réaliser une enquête et prendre, si nécessaire, les mesures qui s’imposent.

12.51Rapport sur les prix relevés. Il consiste en une série d’informations sur un produit élémentaire au sujet duquel le rapport sur la dispersion de l’indice a révélé qu’il y avait lieu de mener une enquête complémentaire. Les informations peuvent comprendre le prix courant, les prix précédents relevés récemment et le prix de référence, ainsi que les emplacements et les types de magasins. Ce rapport peut servir à déterminer quels prix relevés exigent une enquête complémentaire et à étudier les prix non retenus.

Algorithmes

12.52 On peut créer des algorithmes afin de repérer et d’infirmer des mouvements de prix qui diffèrent sensiblement de la norme pour un produit élémentaire. Dans le cas de certains produits saisonniers dont les prix fluctuent de façon erratique, il est parfois indiqué de construire un algorithme afin d’observer le niveau des prix plutôt que leur variation.

12.53 Citons par exemple l’algorithme de Turkey. Une de ses variantes fonctionne ainsi:

  • On calcule, pour chaque prix, le ratio du prix courant au prix valide précédent (le rapport de prix). Dans le cas des produits élémentaires testés par niveaux de prix et non pas par variation, on omet cette étape.

  • Pour chaque produit élémentaire, on classe la série de ratios ainsi obtenus en ordre croissant, en excluant les ratios de 1 (prix inchangés). Dans le cas des produits élémentaires testés par niveaux de prix et non pas par variation, ce sont les prix que l’on classe.

  • On supprime les 5 % supérieurs et inférieurs de la liste (ces 5 % sont le paramètre 1).

  • La «moyenne interquartile» est la moyenne de ce qui reste.

  • Les moyennes interquartiles supérieure et inférieure sont les moyennes interquartiles de toutes les observations situées au-dessus ou au-dessous de la médiane.

  • La limite supérieure (inférieure) de Tukey est la moyenne interquartile plus (moins) 2,5 fois la différence entre la moyenne interquartile et la moyenne interquartile supérieure (inférieure). Ce chiffre de 2,5 représente les paramètres 2 et 3. On peut, si on le souhaite, fixer les valeurs supérieure et inférieure de façon indépendante mais actuellement, elles sont fixées de façon à être égales.

  • Si la limite supérieure est négative, elle est fixée à zéro (si l’on utilise les niveaux de prix, la limite inférieure est fixée à zéro).

  • Les rapports de prix, ou niveaux de prix, qui dépassent les limites de Tukey sont signalés comme étant inacceptables et devant être modifiés ou faire l’objet d’une enquête complémentaire.

12.54 L’algorithme de Turkey présente plusieurs avantages (voir Saïdi and Bleuer, 2005, pour de plus amples détails). En particulier, il produit des résultats intuitivement plausibles, il est cohérent d’un mois à un autre, il reste robuste en présence de valeurs aberrantes (en d’autres termes, l’ajout d’une ou deux observations anormales n’a pas beaucoup de conséquences sur les limites fixées par l’algorithme) et il demeure solide lorsque le volume de données change (c’est-à-dire que les limites calculées à partir d’un sous-ensemble des données ne diffèrent pas beaucoup de celles calculées à partir de la série complète de données).

12.55 Si les algorithmes peuvent être un moyen efficace de mettre en évidence des données qui posent problème, il faut cependant les employer avec prudence. Les analystes doivent s’assurer qu’ils ne créent pas de biais systématique dans l’indice. Il faut également tenir compte de cet aspect dans le processus de vérification, même si les risques sont moindres lorsque les vérifications sont réalisées manuellement.

Établissement et publication de l’indice

12.56 S’agissant de l’établissement et de la publication de l’indice, on dispose de plusieurs modèles organisationnels pour travailler efficacement. Parmi les éléments à prendre en considération pour décider de la structure à adopter, on peut citer les suivants:

  • la nécessité d’une structure hiérarchique clairement définie;

  • le besoin d’un partage précis des responsabilités;

  • une gestion centralisée ou décentralisée du travail sur le terrain (voir plus haut, aux paragraphes 12.6 à 12.14, l’analyse de la collecte à l’échelon local et de la sous-traitance du travail sur le terrain);

  • la gestion de la production par opposition au développement technique;

  • la compatibilité avec les structures organisationnelles de l’office national de statistique, au regard par exemple de la gestion de la qualité, de la recherche méthodologique et de la diffusion.

12.57 Dans certains cas, lorsque par exemple le personnel interne a peu d’expérience de terrain, il peut être intéressant de confier les travaux sur le terrain à un autre organisme, public ou privé. Il est alors important que les données fassent l’objet d’un véritable contrat. Il faut également définir des objectifs en matière de remise des données et de mesure des résultats, afin de préciser par exemple les calendriers de remise des données, les taux de réponse et le degré de précision voulus. Il faut enfin étudier s’il y a lieu de faire vérifier ponctuellement les travaux du sous-traitant par un contrôleur indépendant.

Établissement mensuel de l’indice

12.58 Le système utilisé pour calculer régulièrement l’indice doit être suffisamment souple pour que l’on puisse modifier le type de données obtenues. Ainsi, on peut remplacer les prix relevés au niveau local de produits échantillonnés par choix raisonné dans les succursales d’une grande chaîne de supermarchés par les prix relevés de façon centralisée sur un échantillon statistique tiré de données sur l’ensemble des ventes fournies par le siège de la chaîne. Dans ce cas, il est parfois préférable d’adopter une approche modulaire.

12.59 Les calculs analytiques permettent de comparer l’indice publié, ou un ou plusieurs sous-indices, avec ce qu’ils auraient été si l’on avait utilisé des méthodes ou des données différentes. Ils aident à expliquer pourquoi un indice a évolué d’une certaine façon et à mener des expériences méthodologiques. Les exemples suivants de ce type d’enquête illustrent certaines possibilités de calculs, ainsi que les données dont il faut disposer:

  • d’autres agrégations de sous-indices;

  • les effets de pondérations différentes; les effets de l’introduction de catégories de produits devenus récemment significatifs; l’actualisation des pondérations par les prix;

  • le nombre et la durée des observations manquantes; l’effet sur l’indice d’une méthode d’estimation différente;

  • une comparaison d’indices calculés avec différents sous-échantillons des données afin d’estimer la variance; les variances des ratios de prix;

  • le calcul d’un indice de référence type (sans ajustement explicite de la qualité) de façon à obtenir un indice de qualité implicite;

  • le nombre de produits échantillonnés; les taux de remplacements obligatoires; la durée pendant laquelle les produits restent dans l’échantillon;

  • la distribution de fréquences des ajustements de la qualité.

12.60 Pour étudier ces questions, la base de données doit contenir non seulement les prix, mais aussi des descriptions détaillées des produits remplaçants, des explications qui se rapportent aux prix observés, etc. On constate généralement que les bases de données chronologiques sont trop volumineuses pour être mises en mémoire sur le système tout en restant actives. Il faut donc les archiver en conservant une documentation détaillée sur les données archivées pour se protéger contre une perte d’informations vitales en cas de changement d’informaticien ou d’ordinateur. On peut également envisager de nommer un dépositaire des données chargé de tous les dossiers archivés.

Feuilles de calcul

12.61 On peut employer des feuilles de calcul pour calculer des sous-indices qui exigent des procédures particulières ou lorsque les données sont recueillies de façon centralisée ou suivant un calendrier incertain ou différent de celui d’autres collectes, à condition de mettre en place des procédures de contrôle efficaces. Il peut être utile d’employer des feuilles séparées pour relever par exemple les tarifs aériens et les prix des chambres d’hôtel, des journaux et des voitures de location. Les feuilles de calcul donnent davantage de latitude pour conjuguer les tâches différentes que sont la collecte des données, leur saisie et les calculs. Les connaissances spécialisées des statisticiens sur les marchés ou les points de vente, alliées aux outils analytiques appliqués aux feuilles de calcul, aident les statisticiens à détecter des irrégularités dans les données, facilitent les recherches en vue de déterminer si elles sont le fruit d’erreurs de déclaration ou de saisie et permettent de les rectifier sans délai. La possibilité de passer de saisies de données numériques à un diagramme qui illustre, par exemple, les données du mois en cours et du mois précédent, aide à détecter des anomalies rapidement et aisément. La même personne peut alors suivre cela avec le fournisseur des données.

12.62 Avec le temps, les solutions trouvées aux problèmes qui se sont posés et les changements apportés pour s’adapter aux situations nouvelles amèneront à modifier les feuilles de calcul. Si l’on ne met pas en place des mesures de contrôle de la gestion de la qualité, les feuilles de calcul risquent de ne pas être dûment étayées et de n’être comprises que par la personne qui en est chargée, ce qui peut entraîner deux conséquences fâcheuses:

  • Si cette personne est absente, prend sa retraite ou change d’emploi, son remplaçant aura beaucoup de mal à maintenir la continuité et la qualité du sous-indice.

  • Les nouvelles procédures introduites pour tenir compte des situations nouvelles risquent d’être en contradiction avec des procédures employées avec d’autres sous-indices qu’établissent d’autres personnes.

12.63 Si la documentation est bonne et que les collègues communiquent bien entre eux, ces risques seront réduits. Au minimum, il faut insister pour que les feuilles de calcul, ainsi que les changements qui leur sont apportés, soient compréhensibles, en faisant en sorte que les intitulés des rangées et des colonnes ou les notes jointes aux intitulés soient suffisamment explicatifs. En outre, les modifications des procédures ou des formules, les changements de base et l’application de nouvelles pondérations doivent toujours être réalisés non pas en modifiant l’ancienne feuille, mais en déplaçant les calculs sur une nouvelle feuille du classeur. Les deux coexisteront ainsi côte à côte et pourront être comparées.

12.64 On peut éviter de faire des modifications par inadvertance en protégeant les cellules qui contiennent des formules par des mots de passe et en bloquant celles qui contiennent les données introduites une fois que les vérifications sont faites. Les mots de passe ne doivent être connus que d’un nombre limité de personnes autorisées à modifier les feuilles de calcul. En outre, il est essentiel de faire régulièrement des copies de sauvegarde de l’ensemble du classeur sur un autre disque.

Introduction de modifications

12.65 Lorsque des modifications sont introduites, il faut procéder à différentes vérifications. On peut notamment comparer l’ancienne base à la nouvelle à l’aide de données recueillies en parallèle (si l’on confie la collecte à un nouveau sous-traitant, par exemple) ou en réalisant une réestimation rétrospective—lorsque par exemple de nouveaux prix de référence sont imputés pour un éventail complet de biens ou de services. Toute anomalie peut alors faire l’objet d’une enquête complémentaire.

Reprise des activités après une catastrophe

12.66 Parmi les statistiques que produisent les offices nationaux de statistiques, l’indice des prix à la consommation est sans doute la plus importante et la plus connue, et celle qui peut avoir des conséquences sur le plus vaste éventail d’usagers. Souvent, la loi prescrit de publier l’IPC peu après la fin du mois auquel se rapportent les données. L’Union européenne impose par exemple de publier dans un délai de trente jours suivant la période de référence l’Indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), qui utilise les données sur l’IPC des États membres (le calendrier d’Eurostat prévoit cependant une publication deux semaines plus tôt). Tout retard de publication risque d’avoir des conséquences notables sur les mois suivants et de compromettre les publications ultérieures. Il faut parfois plusieurs mois pour rattraper des retards importants et respecter de nouveau le calendrier serré de publication. Il est donc fondamental que les offices nationaux de statistique mettent au point un plan de secours solide et éprouvé, même s’il est improbable qu’il faille l’appliquer.

12.67 Une catastrophe peut avoir plusieurs causes:

  • manquement à ses obligations de la part d’un contractant extérieur chargé de fournir des informations;

  • panne du système informatique;

  • catastrophe naturelle majeure ou autre événement (acte terroriste, par exemple) qui perturbe les centres opérationnels ou le siège de l’office national de statistique;

12.68 Lorsque la collecte est sous-traitée, l’une des mesures les plus importantes que doit prévoir un plan de secours est le recrutement d’un autre prestataire de services permanent le plus rapidement possible. Si un contrat avec un prestataire extérieur est résilié, l’office national de statistique peut prendre des dispositions pour recourir à un tiers, mais il ne doit le faire qu’à titre temporaire, le temps d’adjuger définitivement le contrat à l’issue d’un processus d’appel d’offres.

12.69 Un plan de secours informatique exige parfois des fonds supplémentaires. On étudiera s’il est préférable de confier ce plan à une entreprise spécialisée dans les services de sauvegarde ou de se doter des moyens de le faire en interne. La décision sera en partie fonction du nombre de sites dans lesquels l’office national de statistique exerce ses activités. S’il dispose de plusieurs sites distants reliés par une infrastructure moderne de télécommunications, il est peu probable que tous ces sites subissent l’effet d’une catastrophe naturelle.

12.70 Les responsables des plans de secours doivent également prévoir les tâches suivantes:

  • établir une spécification détaillée des locaux et des besoins connexes (ordinateurs individuels, téléphones, etc.) de chaque site;

  • confier à des responsables précis des tâches spécifiques durant la période de reprise des activités et définir les besoins de formation de chacun;

  • étudier les aspects pratiques et les dépenses connexes de questions telles que l’accès, à partir d’autres sites, aux lecteurs et aux systèmes partagés, notamment les systèmes de communication et de gestion de la qualité;

  • confirmer les coûts, organiser des visites des sites et contacter les équipes chargées de la passation des marchés pour négocier les contrats.

Gestion de la qualité et systèmes de gestion de la qualité

12.71 Les offices de statistique doivent accomplir sans relâche une tâche difficile qui consiste à produire un grand nombre de données et de services afin de répondre aux besoins des usagers, c’est-à-dire de ses clients. Un aspect fondamental de la qualité est donc l’accent mis sur les clients et la diffusion efficace, en temps voulu, de statistiques pertinentes et exactes. En outre, d’aucuns diront que la gestion de la qualité suppose que l’on informe utilement les clients sur l’utilisation de ces statistiques. Dans ces conditions, un office peut conclure qu’il a réussi si des usagers bien informés se déclarent très satisfaits de ses travaux.

12.72 S’agissant de la gestion de la qualité d’un IPC, on peut faire valoir que le domaine prioritaire est le contrôle de la qualité du processus de production proprement dit. Pour la plupart des offices nationaux de statistique, le contrôle de qualité de la production est un domaine qui comporte de grands risques en raison de la complexité du processus et des conséquences financières que peut avoir toute erreur de l’indice.

12.73 Si l’on décide d’adopter des principes d’organisation et de gestion de la collecte de données, puis de traitement des informations, en vue d’établir un indice des prix à la consommation, il est fondamental de mettre en place un système qui garantit que les données obtenues, les processus permettant d’obtenir les résultats attendus et l’élaboration des politiques et des stratégies qui les sous-tendent sont gérés de façon efficace et cohérente. Il faut, dans la mesure du possible, pouvoir vérifier les processus et mettre en place des mécanismes qui permettent d’obtenir des résultats qui répondent à la demande—autrement dit, qui satisfont les clients. C’est l’ensemble de ces éléments qui constitue le fondement des systèmes de gestion de la qualité.

12.74 S’il y a plusieurs définitions de la qualité, elles ont toutes un point commun important: la nécessité de répondre aux besoins des usagers de l’IPC en leur fournissant un service et d’améliorer en permanence ce service. Il faut donc, pour mettre en place un système efficace de gestion de la qualité, avoir une très bonne connaissance des besoins des clients et concrétiser cette connaissance dans un cadre statistique et qualitatif cohérent. Ce cadre doit également servir à définir des critères qui permettent de mesurer les résultats. On peut recenser les besoins des usagers soit de façon formelle, en négociant des obligations contractuelles, juridiquement contraignantes ou non, soit de façon moins formelle en s’entretenant individuellement avec les clients ou en réalisant des enquêtes auprès d’eux.

12.75 Dans de nombreux pays, les questions relatives à la gestion de l’office national de statistique sont formulées dans un document-cadre ou un texte analogue. Ce document définit les fonctions et les responsabilités de l’office national de statistique et, de façon générale, inspire et oriente ses travaux. Ainsi, si le document-cadre énonce comme objectif «l’amélioration de la qualité et de la pertinence des services fournis aux clients—tant l’administration que les usagers au sens large», on dispose d’une base solide pour établir un programme de travail.

12.76 On peut réaffirmer l’importance de la qualité en énonçant dans un document que l’office national de statistique a pour mission d’être une source essentielle d’informations de qualité, qui font autorité, et qui sont fournies en temps voulu. On résumera cette philosophie en publiant un plan d’activités annuel qui expose des objectifs tels que l’amélioration de la qualité et de la pertinence des données, de façon à augmenter la confiance du public dans l’intégrité et la validité des données produites.

12.77 On peut mesurer les résultats au regard d’une série de facteurs qui se conjuguent, notamment l’exactitude des données, la rapidité de leur publication, leur efficacité et leur pertinence. Plusieurs exemples pratiques et études de cas sur les systèmes de gestion de la qualité illustrent des moyens d’appliquer différents modèles.

Systèmes de gestion de la qualité

12.78 Les organismes peuvent tirer parti de plusieurs normes de bonnes pratiques pour améliorer la gestion de la qualité. Certaines présentent l’avantage d’être reconnues au niveau international.

12.79Gestion intégrale de la qualité. La gestion intégrale de la qualité est davantage un principe de gestion qu’un système très précis et structuré. La gestion intégrale de la qualité et une véritable culture de la qualité dans un organisme présentent les caractéristiques suivantes:

  • objectifs de l’organisme clairement définis;

  • accent mis sur les clients;

  • planification stratégique de la qualité;

  • action centrée sur les processus;

  • autonomie des employés;

  • échange d’informations;

  • amélioration constante de la qualité.

12.80Étalonnage comparatif (benchmarking). L’étalonnage comparatif est un processus qui consiste à se comparer à d’autres et à en tirer des conclusions sur ses pratiques et sur la qualité de son travail, en vue d’apporter des améliorations.

12.81 Plusieurs offices nationaux de statistique ont déjà créé des partenariats afin de procéder à des étalonnages comparatifs, dont certains portent précisément sur l’IPC. L’Australian Bureau of Statistics a été particulièrement actif dans ce domaine et a réalisé une opération entre 1998 et 2000 en partenariat avec le Royaume-Uni. Des projets d’étalonnage comparatif ont été également entrepris en Nouvelle-Zélande, dans les pays scandinaves et aux États-Unis.

12.82 Lorsque l’établissement d’un IPC fait l’objet d’un étalonnage comparatif, on peut examiner les éléments suivants:

  • le calendrier, l’exactitude et la couverture des relevés;

  • les avantages des méthodes de calcul de l’indice pour divers produits élémentaires (comparaison de la moyenne géométrique à la moyenne des rapports de prix, par exemple);

  • la fréquence des relevés et des publications;

  • le coût de la collecte, par unité d’un produit, etc.

12.83Fondation européenne pour la gestion de la qualitémodèle d’excellence. Le modèle d’excellence élaboré par la Fondation européenne pour la gestion de la qualité (EFQM) est un outil de diagnostic qui sert à réaliser des autoévaluations. Les organismes publics de l’ensemble de l’Europe l’ont largement adopté afin d’améliorer la qualité et la performance de leurs activités. On peut dire qu’il s’agit d’un outil qui guide le principe de gestion intégrale de la qualité.

12.84 Le modèle d’excellence de l’EFQM s’intéresse à des domaines d’activité généraux et évalue la performance au regard de deux séries de critères. La première en comprend cinq, qui recouvrent ce que fait le domaine d’activité (les moyens: encadrement; personnel; politique et stratégie; partenariat et ressources et processus), et la seconde quatre, qui portent sur ce qu’accomplit le domaine d’activité (les résultats: résultats au plan du personnel, des clients, de la société et des principales réalisations). À l’aide d’informations recueillies grâce à des groupes de discussion, des questionnaires et des entretiens individuels, on évalue les réalisations et on définit un plan d’amélioration, qui est ensuite intégré dans le plan d’activités.

12.85 Le modèle d’excellence de l’EFQM repose sur le principe que les entreprises atteignent l’excellence—que l’on mesure en évaluant la satisfaction des clients—grâce à un encadrement efficace qui dirige la politique et la stratégie, alloue les ressources conformément à cette politique et gère les employés de telle sorte qu’ils puissent organiser les processus.

12.86 Le modèle d’excellence de l’EFQM permet aux offices nationaux de statistique, dont certaines procédures sont régies par des lois ou des règlements, d’améliorer en permanence une série de processus et de fonctions. Pour être efficace, ce modèle doit recevoir l’adhésion des cadres supérieurs, qui doivent être chargés de diriger les autoévaluations. Toutefois, à la différence de l’ISO 9000, qui impose de faire réaliser les évaluations par des auditeurs qualifiés, souvent extérieurs au lieu de travail (voir plus bas), le modèle d’excellence de l’EFQM fait intervenir l’ensemble du personnel.

12.87ISO 9000. La norme ISO 9000 est une norme internationale de qualité des systèmes de management (ISO, 1994). Un système de qualité est un système de gestion des entreprises bien documenté faisant appel au sens commun, qui est applicable à tous les secteurs économiques. Il aide à assurer la cohérence des pratiques professionnelles, notamment les produits et les services fournis, et à les améliorer.

12.88 Les normes ISO ont été entièrement révisées en novembre 2000 et rebaptisées ISO 9001 de façon à refléter les principes de management de la qualité et les points de vue actuels sur les structures nécessaires pour assurer une amélioration continue (ISO, 2000).

12.89 Les normes révisées sont un moyen pour leurs utilisateurs d’augmenter la valeur de leurs activités et d’améliorer continuellement leur performance en se concentrant sur les principaux processus de l’organisme. Elles se traduisent par une meilleure adéquation entre les systèmes de management de la qualité et les besoins de l’organisme, et rendent compte de la façon dont il mène ses activités. Les organismes qui satisfont à la norme ISO 9000 vont dans le sens de la gestion intégrale de la qualité et du modèle d’excellence de l’EFQM.

Utilisation accrue des techniques de management de la qualité

12.90 Depuis quelques années, les normes ISO 9000 et le modèle d’excellence de l’EFQM sont largement reconnus au niveau international. Dans le même temps, les réseaux d’étalonnage comparatif prennent une place de plus en plus importante. Il convient donc de se demander s’il faut coordonner davantage ces techniques de gestion de la qualité, ainsi que d’autres, au niveau stratégique, dans des domaines des statistiques qui visent avant tout à permettre les comparaisons internationales. La question se pose en particulier lorsque les statistiques sont établies dans le cadre d’un traité, par les États membres de l’Union européenne par exemple, qui suivent des directives méthodologiques prescrites par des lois.

12.91 Cinq arguments plaident en faveur d’une coordination:

  • Il est primordial que des statistiques à caractère obligatoire aussi importantes, et dont la production et l’utilisation sont inscrites dans la législation, jouissent de l’entière confiance des usagers.

  • La qualité des comparaisons internationales est tributaire du maillon le plus faible. Les statistiques de bonne qualité d’un pays risquent d’avoir peu d’intérêt si elles ne vont pas de pair avec des statistiques de qualité égale d’autres pays.

  • Si des méthodes normalisées sont appliquées différemment selon les pays, les analyses et les conclusions risquent d’être faussées.

  • Lorsque la responsabilité de la production est confiée aux États membres, il est plus difficile de mettre en place des processus de contrôle adéquats.

  • Les possibilités de procéder à la validation et la gestion de la qualité de façon centralisée sont limitées lorsque la production est décentralisée.

Gestion de la performance, formation et perfectionnement

12.92 Il est tout aussi important d’appliquer un système de gestion de la performance aux individus qu’aux structures administratives. On peut considérer la gestion de la performance comme un processus continu conçu pour améliorer les résultats du travail en se concentrant sur ce qu’accomplit effectivement le personnel plutôt que sur les efforts qu’il déploie. Ce processus doit faire le lien entre les objectifs des individus, ceux de leur équipe et ceux de l’organisme dans son ensemble, de sorte que les programmes de travail soient cohérents dans tout l’organisme et que tous les agents sachent ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Le système de gestion de la performance doit fixer des objectifs clairs de suivi et d’évaluation, favoriser les retours d’information sur la performance et aider à déterminer les besoins de perfectionnement des individus. Enfin, la gestion de la performance doit être un processus continu.

Besoins de formation

12.93 Une formation efficace contribue à motiver le personnel et à lui donner les moyens de produire un IPC de bonne qualité. Sous sa forme la plus simple, elle donne des notions de base sur la nature et l’usage de l’indice et sa méthode de calcul. La formation et le perfectionnement peuvent prendre plusieurs formes, notamment les suivantes:

  • tutorat par le supérieur hiérarchique ou le chef de service;

  • participation à un cours d’initiation ou lecture d’un manuel;

  • accompagnement d’un enquêteur expérimenté.

12.94 Il est utile d’établir par écrit un plan de formation afin de définir les besoins en matière de formation et de perfectionnement en tenant compte des buts et des objectifs de l’organisme. Ce plan peut également servir à trouver les moyens nécessaires pour assurer une formation adaptée aux besoins, ainsi qu’à évaluer si cette formation a été dispensée efficacement et si les objectifs ont été atteints.

Formation spécialisée à l’intention des statisticiens et des enquêteurs

12.95 Les agents suivront une formation complémentaire sur des techniques particulières, qui doit être adaptée au rôle et à la fonction de chacun. La formation doit se poursuivre après le stade initial et couvrir les changements de procédures. Les agents dont la performance n’est pas satisfaisante prendront des cours de recyclage.

12.96 Les personnes chargées de relever les prix doivent suivre une formation spécialisée qui porte sur les procédures sur le terrain, notamment les relations avec les commerçants, le choix et la définition des prix valables, les règles particulières qui s’appliquent à certains produits élémentaires (notamment les produits saisonniers), la méthode à suivre pour remplir les formulaires et, le cas échéant, le mode d’emploi des ordinateurs de poche. Les statisticiens chargés d’établir l’indice suivront une formation sur les procédures de validation et les vérifications de cohérence, le calcul des indices recueillis de façon centralisée, les procédures de pondération et les méthodes d’agrégation des prix, ainsi que le traitement des produits saisonniers et les procédures particulières qui s’appliquent à certaines sections (logement, par exemple). Il est parfois bon de dispenser des formations sur le commerce local ou national, la réglementation des statistiques et l’économie et de donner des renseignements sur les produits.

12.97 Il est parfois très utile que les enquêteurs et les statisticiens chargés d’établir l’indice travaillent en concertation. Il est également avantageux que l’office national de statistique soit en contact avec les spécialistes des produits de chaque secteur. Ces spécialistes peuvent donner des conseils sur des moyens d’identifier les caractéristiques de qualité de tel ou tel produit élémentaire (appareils électriques, ordinateurs individuels, articles d’habillement et chaussures, etc.).

12.98 Il est parfois utile que les statisticiens en bureau soient personnellement chargés de superviser la collecte des prix dans la région où ils se trouvent de façon à avoir une expérience directe des problèmes qui se posent. Ils seront ainsi en mesure d’apporter leur concours en cas de difficulté. De même, il est bon pour le moral des agents d’organiser périodiquement des visites en bureau par des groupes composés d’enquêteurs et de leurs supérieurs hiérarchiques. On peut penser que les enquêteurs travaillent mieux s’ils ont le sentiment d’appartenir à une équipe, s’ils voient que leur travail est apprécié à sa juste valeur et s’ils ont l’impression que l’on comprend leurs problèmes. Les visites en bureau leur montrent qu’il est essentiel pour la qualité de l’indice qu’ils travaillent de façon précise et consciencieuse. En outre, elles aident les statisticiens à garder le contact avec le terrain et notamment à obtenir davantage d’informations sur les nouveaux produits et certains aspects des changements de qualité.

12.99 De même, les statisticiens chargés d’établir l’indice peuvent juger bon de se rendre de temps à autre sur le terrain pour prendre part à la collecte des prix, ou tout simplement l’observer. Ainsi, ils seront plus sensibles aux problèmes pratiques que pose la collecte, appréhenderont mieux les données (et par conséquent la qualité de l’indice) et acquerront les compétences requises pour participer au relevé des prix en cas d’urgence.

Documentation

12.100 Un manuel et d’autres documents tels que des manuels de procédures peuvent servir à la formation initiale. Par la suite, ces documents rappelleront aux enquêteurs et aux statisticiens les règles et les procédures applicables. La documentation sera bien organisée et indexée de façon à trouver rapidement les solutions aux problèmes.

12.101 Toutes les personnes concernées doivent vérifier la documentation, qui sera régulièrement actualisée. Lorsque les modifications apportées sur des feuilles volantes deviendront trop nombreuses, on les remplacera par une nouvelle version remaniée. Une solution consiste à rassembler la documentation dans un classeur à feuillets mobiles qui sont remplacés en cas de besoin. Une autre consiste à en conserver une version électronique mise à jour par des personnes désignées. Il est important que les mises à jour soient faites de façon systématique dans des conditions bien définies. Les statisticiens ont à leur disposition de nombreux logiciels pour les aider dans cette tâche.

12.102 L’emploi de logiciels standards pour rédiger la documentation présente trois avantages:

  • la documentation est produite plus efficacement, car les logiciels facilitent la collecte initiale des données et rendent moins nécessaires l’impression et la distribution de copies papier;

  • les agents sont mieux informés, car ils peuvent immédiatement consulter sous forme électronique les derniers documents en date, notamment les manuels de procédures, et utiliser les fonctions de recherche par sujet et par auteur;

  • la qualité est mieux contrôlée, car les auteurs peuvent aisément apporter des modifications et en indiquer la date, tandis que les autres usagers ont accès aux documents en mode lecture seule.

Analyses

12.103 On peut considérer la formation comme un élément essentiel d’un processus permanent d’amélioration de la qualité. Le personnel peut être invité à des analyses opérationnelles, qui donnent l’occasion à tous les membres d’une équipe de soulever des problèmes et, le cas échéant, de se pencher sur des questions particulières au cours de formations individuelles ou en groupe.

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