Chapter

6. Relevé Des Prix

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
November 2006
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Introduction

6.1 Les méthodes de sondage et d’analyse les mieux adaptées à une enquête sur les prix sont fonction de l’indice retenu et de la situation locale. Il y a lieu, par exemple, de tenir compte de la diversité des biens et services disponibles, de leur renouvellement, de la fourchette des prix pratiqués, de la fréquence et de l’ampleur des variations des prix, des habitudes d’achat des consommateurs (par téléphone, sur catalogue ou Internet) et de la structure du commerce de détail eu égard à l’économie locale, aux types de points de vente et à leur répartition géographique.

6.2 Dans le présent chapitre, nous procédons à un tour d’horizon de certains de ces facteurs, mais, compte tenu de ce qui précède, il faut retenir à l’évidence, pour les traiter, des solutions adaptées à la situation de chaque pays. Ces solutions ne sauraient être trop pres-criptives et le statisticien devrait toujours être guidé par les principes et objectifs fondamentaux des indices des prix abordés dans les précédents chapitres. Le système économique des pays occidentaux, conjugué aux types de commerce de détail et aux habitudes d’achat des consommateurs qui en découlent, se prête à un relevé plus structuré des prix. En revanche, les économies de subsistance et celles en développement nécessitent de recourir à des techniques de relevé plus souples.

6.3 Il convient de réfléchir à la technique optimale de relevé des prix sur le triple plan de l’efficacité, de l’exactitude et de la représentation des habitudes d’achat des consommateurs. Un relevé direct à l’échelon local auprès de chaque magasin de la région ou du pays peut parfois être jugé approprié. Dans d’autres cas, il peut être plus judicieux de procéder à un relevé centralisé au siège ou aux bureaux régionaux de l’office national de statistique. Les deux types de relevé sont pertinents pour nombre des points couverts dans le présent chapitre.

6.4 Nous examinons ultérieurement dans le chapitre les avantages et les inconvénients des deux types de relevé pour les différentes catégories de prix. En bref, le relevé à l’échelon local présente l’avantage de couvrir une vaste gamme de sites et une meilleure sélection de produits élémentaires, pour ce qui est notamment des produits alimentaires, boissons alcoolisées, tabac et biens durables (vêtements, meubles et appareils électriques, par exemple). Le relevé centralisé est utile dans les cas suivants: prix difficiles à observer directement (coût du logement ou des services publics, entre autres), application d’une politique nationale des prix, biens vendus sur catalogue ou par correspondance ou produits élémentaires dont les possibilités de relevé sont limitées ou pour lesquels les ajustements relatifs aux surcoûts liés à des considérations techniques ou de qualité (transport et services, en particulier) sont difficiles à effectuer.

Fréquence et dates des relevés

6.5 Dans un premier temps, la fréquence et les dates des relevés de prix peuvent être fonction du type d’économie. Lorsque les marchés ambulants jouent un rôle important pour un large éventail de la population, les dates de ces marchés influent sur celles de la collecte des prix, étant donné la nécessité de prendre en considération l’offre de biens et de services aux consommateurs.

6.6 Avant de fixer la fréquence et les dates des relevés de prix, il faut fondamentalement se demander si on rattache l’indice à des prix mensuels moyens ou aux prix d’un point précis dans le temps (jour ou semaine du mois, par exemple). Cette décision dépend d’un certain nombre de facteurs (utilisations de l’indice, aspects pratiques de la conduite des relevés, trajectoire des mouvements de prix et dates de publication de l’indice). Ces facteurs sont examinés ci-après.

6.7 On a soutenu que la question du rattachement de l’indice à une période ou à un point dans le temps perd en général de son importance à mesure que les prix sont relevés fréquemment. Cependant, il est loin d’être certain que cette remarque vaut dans tous les cas. Par exemple, les prix observés pendant certaines périodes de fête ou à des moments donnés de l’année risquent d’être particulièrement volatiles. La stabilité que procurent les estimations portant sur une période peut alors être considérée comme un avantage par rapport à la tendance à court terme, éventuellement erronée, qui ressort d’estimations beaucoup plus instables faites à des points dans le temps. La réponse à cette question nécessite aussi de prendre en compte l’utilisation principale de l’indice.

6.8 En principe, s’il est utilisé pour actualiser des revenus, des dépenses ou des ventes, l’indice doit porter sur la période correspondant aux flux monétaires en question. Pour des considérations d’analyse économique, lorsque l’indice est employé avec d’autres statistiques économiques se rapportant beaucoup plus à une période qu’à un point dans le temps, il semble logique, là encore en principe, qu’il reflète aussi une période.

6.9 En réalité, lorsqu’on prend cette décision, il faut comparer les raisons de principe avec diverses considérations pratiques. Il convient d’abord de souligner que, si l’inflation est faible et stable, il n’y a guère de différence entre, par exemple, le taux annuel de variation de l’indice du lundi 3 janvier 2000 au mercredi 1er janvier 2001 et le taux annuel de variation correspondant entre les mois complets de janvier 2000 et 2001. Il n’en est pas ainsi lorsque l’inflation est forte ou que les taux varient sensiblement pendant l’année. L’écart entre le taux d’inflation du 1er janvier et du 1er février et la moyenne des taux de janvier et de février peut être différent, en particulier si, comme dans certains pays, la loi ou des ordonnances locales limitent les périodes de «soldes». Pour certains produits fortement pondérés dans l’indice, comme l’essence, l’électricité et les télécommunications, dont les variations de prix sont soudaines et tendent à affecter l’ensemble du marché vers la même date, le choix entre une période ou un point dans le temps est important. Là encore, les arguments en faveur d’un prix moyen sur la période sont puissants. Les pondérations devraient à l’évidence tenir compte de la périodicité des relevés et des périodes de dépenses et de suivi des prix observées (par exemple, si les prix augmentent après le premier tiers de la période, les deux tiers de la pondération doivent alors refléter cette hausse).

6.10 Il n’est pas possible d’observer tous les prix en un seul jour, et encore moins à un moment donné de la journée. Cela est particulièrement vrai dans le cas des relevés à l’échelon local, et parfois aussi dans celui des relevés centralisés à cause des ressources disponibles à la direction générale. En pratique, il faut vraiment savoir si les observations sont étalées sur quelques jours afin de fournir des estimations approchées à un moment donné (par exemple du lundi au mercredi pour représenter les prix du mardi) ou sur le mois entier afin d’établir une estimation correspondant à la moyenne de ce mois.

6.11 Il convient également de se souvenir que la variance d’échantillonnage ne sera pas la même selon que l’indice est basé sur une période ou sur un point dans le temps et, dans ce dernier cas, en fonction de la fréquence des relevés. Lorsqu’on examine la date et la fréquence des collectes de prix, il faut aussi de façon plus générale trouver un compromis entre l’exactitude des statistiques et le coût des collectes. Il y a lieu de souligner que le relevé à l’échelon local auprès des magasins est relativement coûteux. En pratique, le budget prévu à cet effet limite d’ordinaire les solutions possibles.

6.12 La fréquence souhaitable des relevés de prix peut dépendre du produit et du rythme auquel les prix à observer varient. Par exemple, il est possible que les tarifs des services publics, les droits ou commissions perçus par l’administration centrale ou les collectivités locales ou les prix des biens vendus par correspondance soient révisés tous les ans ou tous les trimestres à des dates connues; en conséquence, les collectes peuvent être effectuées en fonction du calendrier des révisions et non tous les mois. En revanche, il faut relever plus souvent les prix des produits alimentaires lorsque les détaillants peuvent les réviser constamment pour refléter le marché et les prix des fournisseurs. À l’évidence, les statisticiens doivent connaître parfaitement la fréquence des variations des prix d’un bien ou d’un service donné avant de décider de les relever moins souvent, ainsi que les politiques de prix en vigueur afin de répercuter immédiatement tout changement éventuel de ces politiques dans leur procédure de relevé. En outre, ils doivent savoir que, si les collectes sont moins fréquentes, ils risquent de ne pas prendre en compte toute évolution inhabituelle des prix, comme les modifications des taux des taxes indirectes ou les variations ad hoc des dates des augmentations (par exemple, les prestataires procédant à leurs hausses annuelles en mars au lieu d’avril ou les prix dans les cantines scolaires changeant chaque trimestre, ceux-ci commençant par un mois différent d’une année à l’autre).

6.13 Un autre point à souligner concerne les dates de publication des indices des prix obtenus. Ces dates peuvent être réglementées, auquel cas il faut relever les prix en temps voulu de façon à ce que les procédures d’assurance de la qualité, de traitement et d’agrégation aient été suivies avant la date limite.

6.14 Lorsque l’inflation est stable et que leur coût n’est pas un problème, les relevés peuvent être étalés sur le mois (voir supra). On doit alors prévoir de recueillir les prix dans les différentes collectivités à divers moments selon un calendrier qui sera le même tous les mois. Cette solution permet d’exploiter plus efficacement le temps dont disposent les enquêteurs et présente l’avantage d’offrir une fourchette de dates de relevé pour de nombreux produits élémentaires représentatifs. Il importe aussi que les prix soient observés à la même date chaque mois de façon à ce qu’un changement dans l’intervalle entre les dates de relevé ne modifie pas l’indice. Il est également important, surtout dans les pays du Moyen-Orient, de tenir compte de ce que les prix peuvent varier selon le jour de la semaine (où a lieu, par exemple, le marché) ou de l’heure de la journée en fonction des offres spéciales faites pour attirer davantage de clients à des périodes creuses ou pour refléter la fraîcheur des produits.

6.15 Lorsque l’objectif est de calculer un indice fondé sur des points dans le temps, les observations de prix doivent être étalées sur un très petit nombre de jours du mois. L’intervalle entre ces observations devrait être le même pour tous les points de vente. La longueur des mois variant, il convient de définir avec soin cet intervalle.

6.16 Il serait préférable de choisir les jours de la semaine et les périodes du mois où les achats sont concentrés et où les prix des stocks passent pour être représentatifs du mois entier. Dans les pays du Moyen-Orient, il ressort des enquêtes sur les dépenses des ménages que la plupart de ceux-ci font leurs courses le jour du souk. Cependant, il faut se souvenir que les détaillants risquent d’être moins coopératifs lorsqu’ils sont occupés, de sorte qu’il faut trouver un juste milieu entre le moment idéal pour le relevé et son impact sur les taux de réponse. Il convient de souligner qu’un intervalle déterminé n’est pas réalisable puisque la longueur des mois varie et qu’il existe des jours fériés et des fêtes religieuses. L’une des solutions possibles est de prendre des séries de quatre ou cinq semaines successives, de façon à se doter d’une période mensuelle ou trimestrielle relativement stable; une autre est de se fixer une règle consistant par exemple à effectuer le relevé le jour du marché ou du mercredi au vendredi de la première semaine complète du mois.

6.17 Les dates (et parfois les heures) de relevé doivent être fixées à l’avance. Dans certains pays ou économies, il faut décider si ces dates doivent rester confidentielles afin d’éviter que les principales sources de données, comme les grands magasins ou les administrations, ajustent leurs prix et faussent ainsi les indices. Il est néanmoins important pour préserver l’intégrité de l’indice dans l’esprit du public qu’un office de statistique puisse expliquer la procédure utilisée pour fixer les dates de relevé et l’objectivité de sa méthode. Tout organisme qui relève des prix pour les offices nationaux de statistique doit connaître les dates de relevé longtemps à l’avance afin de planifier l’utilisation de ses ressources. Quiconque communique directement des prix au siège doit également connaître la date de relevé quelque temps à l’avance pour pouvoir préparer et envoyer les déclarations nécessaires.

6.18 Il est particulièrement important que le relevé se fasse à des dates régulières lorsque l’inflation est forte. Lorsqu’une date est prévue, il est également de la plus haute importance que les prix très instables soient relevés à cette date précise. Les produits élémentaires en jeu sont éventuellement la viande, les fruits et les légumes frais, ainsi que les produits assujettis à des taxes ou droits indirects (comme le tabac et l’essence). Dans le cas des denrées alimentaires vendues sur les marchés, l’heure et le jour de la semaine sont importants. Dans les pays du Moyen-Orient du moins, ces prix sont en général majorés le matin et réduits l’après-midi.

6.19 Les dates de relevé sont fixées une fois pris en considération divers facteurs influant sur les prix et les habitudes d’achat. Les jours fériés et les weekends devraient être évités, sauf pour les produits élémentaires enregistrant de fortes ventes à ces dates, comme l’essence, les services de loisirs et les distractions (repas au restaurant et attractions touristiques, par exemple). Dans certains pays, les magasins sont fermés la moitié de la journée certains jours et leurs heures d’ouverture sont limitées les autres jours, ce qui peut réduire le nombre des prix susceptibles d’être relevés ou privilégier dans l’échantillon certaines catégories de points de vente ou de prestataires de services. Les jours précédant de longues périodes fériées pendant lesquelles beaucoup de magasins sont fermés, les approvisionnements en aliments frais peuvent être limités et de nombreuses réductions anormales de prix offertes pour écouler les stocks. Les conséquences de toute réglementation des périodes de soldes devraient également être examinées.

6.20 Que le relevé se fasse sur une base continue ou à des points dans le temps, l’intervalle entre les observations successives de prix à chaque point de vente doit être maintenu constant en visitant ce point de vente pendant une période déterminée chaque mois (ou trimestre).

6.21 Il faut aussi se pencher sur la façon dont sont fixés les tarifs (ceux du téléphone entre autres dépendent de l’heure de la journée et de la destination de l’appel) et les prix lorsqu’ils sont fonction de la demande (le prix d’un billet pour assister à une rencontre sportive ou un spectacle varie selon l’heure de la journée: il est plus élevé quand la demande est forte) ou lorsque l’offre est potentiellement limitée (billets d’avion et de train et tarifs des taxis). Dans ces cas, les prix devraient toujours être relevés avec cohérence et représenter les habitudes d’achat des consommateurs. Il faudrait choisir les produits élémentaires représentatifs en fonction du comportement des consommateurs (les tarifs aériens peuvent notamment être établis 6, 3, 2 et 1 mois à l’avance et inclure les réservations de dernière minute) et les pon-dérer en tenant compte des habitudes de dépenses de ces derniers (par exemple, pondérer les prix des billets d’accès à une piscine à la fois pendant les périodes de forte et de faible affluence).

6.22 Il convient enfin de souligner qu’avec un indice attaché à un point précis dans le temps, les principaux fixeurs de prix, notamment les administrations, peuvent agir sur l’indice selon que leurs nouveaux prix prennent effet à la date du relevé ou le jour qui précède ou suit cette date. La collecte des prix auprès de ces fixeurs étant souvent centralisée, il serait possible d’obtenir d’eux des informations sur l’ampleur et les dates des variations des prix à la fin de chaque mois, et ainsi de calculer un prix moyen pour l’ensemble du mois. Par exemple, si elles étaient établies tous les trimestres, et si les prix étaient majorés au cours de la période couverte, les factures d’électricité pourraient inclure 0, 1, 2 ou 3 mois au nouveau tarif.

Prise en compte de l’hyperinflation

6.23 Il peut être nécessaire de prendre des dispositions spéciales en cas d’hyperinflation. Il est alors encore plus important, pour que les chiffres ne soient pas erronés, de relever précisément à la même date tous les mois les prix des produits élémentaires dans les magasins. Il convient de réfléchir à la possibilité de collecter les prix et d’établir l’indice plus souvent. Si le relevé est normalement trimestriel, il peut être judicieux d’en accroître la fréquence. Si cela n’est pas possible, il peut alors être indiqué de majorer les prix proportionnellement selon un indicateur pertinent pour obtenir un indice mensuel approché. Dans ce cas, il faut choisir avec soin le comparateur, en particulier parce que les écarts entre les prix peuvent fluctuer spectaculairement en période d’hyperinflation.

6.24 Des actions devraient être engagées pour tenir compte des variations rapides ou fréquentes des prix qui ne concernent parfois que certains produits élémentaires. Par exemple, il se peut que les prix des produits alimentaires s’emballent à cause d’une mauvaise récolte et qu’il soit donc logique d’augmenter uniquement la fréquence de l’indice des produits alimentaires. Une autre solution plus simple peut être de surveiller un petit nombre de prix pertinents sur une base régulière sans produire un indice complet des prix. De tels sous-indices pourraient être publiés séparément ou utilisés pour majorer les prix les plus récents relevés dans la période (voir supra). Ces produits élémentaires pourraient être choisis parce qu’ils occupent une place importante dans le budget des familles ou sont particulièrement susceptibles d’augmenter fortement.

Spécification des produits élémentaires

6.25 Il faudrait que les produits élémentaires représentatifs choisis traduisent bien les mouvements de prix du panier de l’IPC. Tout produit élémentaire consommé par les ménages ou les particuliers qui a un prix est un bien ou un service définissable. Cependant, dans le cas, par exemple, des menus à la carte des restaurants, des automobiles (lorsque l’acheteur peut ajouter des options au modèle de base) et des locations d’automobiles lorsque l’assurance est facultative), il faut décider de traiter le tout comme un seul produit élémentaire ou d’établir séparément le prix des composantes. En règle générale, l’ensemble devrait être considéré comme un seul produit élémentaire lorsqu’on peut s’attendre à ce que l’offre ne soit pas temporaire et que le consommateur achète le plus souvent l’ensemble des biens ou services offerts. Sinon, il faut traiter les composantes comme des produits élémentaires distincts et en obtenir le coût. Lorsqu’il est fréquent que l’achat ne porte pas sur l’ensemble, on peut d’ordinaire obtenir le prix des différentes composantes, ce qui, dans une certaine mesure, donne des informations permettant de savoir si le consommateur achète le tout ou les produits élémentaires séparément.

6.26 L’idéal serait de choisir les produits élémentaires à partir d’un recensement complet des transactions relatives aux différents produits achetés par les particuliers. En pratique, cette solution n’est pas toujours possible, encore que, dans certains pays, on puisse tirer des informations utiles des données saisies par lecture optique ou par des caisses enregistreuses électroniques.

6.27 Le degré de spécification des produits élémentaires est une question qui revêt une grande importance à la fois théorique et pratique. La réponse à cette question peut varier en fonction de circonstances particulières et ne pas être la même pour l’ensemble du panier de biens et de services dont il faut prendre en compte les prix. Les descriptions strictes permettent en général de mieux suivre la représentativité des échantillons (si, par hypothèse, une base de sondage ou une série de données de référence fiables est disponible), de neutraliser les différences de qualité et de réduire la variance des prix ou des rapports de prix, optimisant ainsi les résultats de certaines formules d’agrégation. Cependant, l’échantillon ainsi défini peut être plus étroit, la latitude laissée aux enquêteurs pour choisir un produit élémentaire approprié dans un magasin donné étant moins grande. En revanche, les descriptions moins précises peuvent aboutir à des échantillons plus larges, tout en présentant des inconvénients sur le plan de leur représentativité, et sont normalement à l’origine de variances plus fortes.

6.28 Dans certains pays, les spécifications pour les prix des vêtements sont très strictes afin de réduire au minimum les différences de qualité. La description peut être détaillée au point de préciser: «haut tricoté, mi-saison, avec manches, sans col, sans boutons, made in Morocco, acrylique, léger-semi-léger». Par comparaison, une description large utilisée dans un autre IPC pour un produit élémentaire équivalent pourrait être: «chemise de ville pour homme, manches longues».

6.29 Quelle que soit l’approche utilisée, des règles devraient être établies pour choisir des produits élémentaires représentatifs correspondant aux descriptions (par exemple, les modèles qui se vendent le mieux selon le détaillant ou des produits choisis par tirage aléatoire à probabilité inégale proportionnelle à la taille). Il importe que les produits choisis, que les descriptions soient strictes ou larges, soient vraiment représentatifs des habitudes de dépenses des consommateurs. Rien ne justifie, par exemple, de suivre le prix d’un produit élémentaire rarement vendu, parce qu’il présente bien dans la vitrine du magasin ou se trouve dans un endroit qui permet à l’enquêteur de le trouver facilement chaque mois. Les règles de sélection devraient également tenir compte de la méthodologie d’échantillonnage utilisée pour choisir les magasins. D’aucuns préconisent fortement de recourir à une certaine forme de tirage aléatoire pour choisir les produits élémentaires en utilisant des descriptions strictes lorsque les spécifications pour la sélection des magasins sont vagues ou vice versa. La raison en est que la représentativité de l’échantillon dépend d’autant plus de la qualité du choix initial des magasins que les descriptions des produits élémentaires sont larges et que la sélection des produits sur le terrain est peu contrôlée.

6.30 Il importe également, quel que soit le type de spécification, que les instructions remises aux enquêteurs décrivent adéquatement le produit élémentaire à suivre. Pour un lave-linge par exemple, les informations requises en cas de spécifications strictes peuvent être les suivantes: marque, numéro du modèle, capacité, programmateur ou non, chargement par le dessus ou par l’avant et vitesse d’essorage. Tout en assurant un contrôle efficace du sondage, cette solution fournit des informations utiles si l’enquêteur doit choisir l’équivalent le plus proche d’un modèle précis qui n’est plus disponible. Il est important d’examiner régulièrement le nombre de prix obtenus pour des biens ou services strictement spécifiés de façon à pouvoir actualiser les spécifications si ces produits élémentaires sont progressivement abandonnés ou si les habitudes d’achat des consommateurs changent.

6.31 Une spécification vague peut simplement préciser qu’il s’agit d’un lave-linge dont la capacité ou la vitesse d’essorage se situe à l’intérieur d’une fourchette de chiffres donnée. Dans ce cas, il est néanmoins important que l’enquêteur décrive en détail l’appareil dont le prix doit être observé afin que, si la production de ce modèle cesse, un modèle comparable puisse être choisi ou qu’un autre enquêteur puisse relever les prix si le premier ne peut le faire.

Procédures de relevé

6.32 Un point important à prendre en considération dans le relevé des prix est le champ couvert par l’indice à construire. Par exemple, les prix des biens achetés en contrebande ou au marché noir doivent-ils être collectés? En principe, ils devraient l’être si cet achat constitue une part importante des dépenses. Un certain nombre de questions peuvent alors se poser—entre autres, comment trouver les points de vente nécessaires, qui peuvent être itinérants et ne pas faire de publicité, et comment suivre effectivement les prix de ces biens et services. Une autre difficulté concerne les activités jugées illégales dans certains pays (prostitution, jeu ou commerce de l’alcool, par exemple).

6.33 L’une des tâches les plus difficiles est de relever les prix des biens et services dans les économies où le marchandage joue un rôle important. Les exemples de ce qui précède vont des prix des automobiles, qui peuvent être individuellement négociés (y compris la reprise éventuelle de l’ancien véhicule), aux étals de marché dans certaines collectivités. En fin de compte, le prix obtenu dépend de la probabilité d’un achat réel et des talents de négociateur de l’enquêteur, ainsi que de facteurs comme la nécessité pour le détaillant de réaliser une vente. L’idéal serait que l’enquêteur obtienne le prix qu’un consommateur paierait effectivement. Il peut parfois être judicieux d’utiliser d’autres indicateurs ou méthodes de relevé (comme le prix annoncé dont, selon les circonstances, l’évolution pourrait être présumée analogue à celle du prix de marchandage).

6.34 Dans certains pays du Moyen-Orient où les prix varient en fonction de l’heure de la journée et ne sont, en général, pas annoncés (dans les souks, par exemple), il est nécessaire d’employer diverses techniques de relevé. Les prix de la viande et des légumes frais peuvent être relevés trois à six fois par jour (matin, midi et soir, entre autres). En outre, les enquêteurs peuvent être formés à reconnaître les «faux» prix et encouragés à flâner et à écouter les prix des vraies ventes.

6.35 Les techniques de relevé appliquées aux différents points de vente ne sont pas nécessairement les mêmes. Les points de vente permanents peuvent parfois être choisis à partir d’une base de sondage centralisée ou tirée d’une liste établie à l’échelon local (voir chapitre 5). Dans les souks ou sur les marchés, il peut être approprié d’utiliser d’autres techniques de relevé, en particulier lorsque les heures d’ouverture varient et que les étals et les biens en vente ne sont pas les mêmes aux diverses heures de la journée. La liste des produits élémentaires peut alors se limiter à ceux qui sont notoirement offerts dans le souk et on peut demander aux enquêteurs d’obtenir pour chaque produit un nombre déterminé de prix qui soit fonction des variétés en vente connues localement et des variations de prix. Il se peut que, pour certains produits, comme les fruits et légumes, il faille avoir plus de prix que pour d’autres, et qu’en conséquence, il soit nécessaire de relever ces prix à plusieurs reprises durant la journée (par exemple, trois fois le matin, le midi et l’après-midi ou le soir) afin de prendre en compte leur éventuelle variabilité à divers moments. On pourrait aussi envisager de collecter les prix auprès des agriculteurs (qui se rendent au souk pour vendre leurs produits) et des intermédiaires (qui achètent les denrées alimentaires aux agriculteurs pour les revendre).

6.36 Il convient également de signaler une autre différence qui peut exister entre les pays lorsque, dans certains d’entre eux, une proportion importante des dépenses est effectuée à l’étranger et que les produits élémentaires achetés sont importés (par exemple, les marchés de ventes d’automobiles en Lituanie sont fréquentés par les habitants des autres pays baltes). Dans ces conditions, il faut envisager de relever les prix en fonction du champ de l’indice (par exemple, doit-on prendre en considération les prix dans les autres pays?), ainsi que de la question plus complexe du suivi chaque mois du prix d’un véhicule de qualité identique ou analogue.

6.37 Un aperçu de relevé à l’échelon local de prix auprès de points de vente directe est donné au graphique 6.1. Nous supposons que les points de vente ont déjà été dénombrés et choisis, que le commerçant ou le siège de la chaîne a accepté que les enquêteurs puissent se rendre sur les lieux sur une base régulière et que les formalités usuelles d’identification à l’arrivée et au départ ont été remplies. Nous supposons également que les produits élémentaires ont déjà été sélectionnés les mois précédents. En général, la meilleure solution est d’effectuer avant le relevé une visite au cours de laquelle l’enquêteur se présente, se familiarise avec le magasin et explique la procédure de relevé au commerçant.

Graphique 6.1Procédures de relevé des prix

6.38 Le schéma expose en détail différentes décisions et mesures que l’enquêteur doit prendre pour relever le prix d’un produit élémentaire. Nous commençons avec l’arrivée de l’enquêteur au point de vente à un moment mutuellement convenu qui coïncide ou non avec les heures normales d’ouverture. Une fois entré dans le point de vente (ou un point de vente de remplacement), l’enquêteur essaie de connaître le prix du (des) produit(s) nécessaire(s). Dans les cas simples, le produit est immédiatement disponible à la vente et son prix collecté. La situation est plus complexe lorsque le produit présente des différences (dimension, description, poids ou quantité) par rapport à la précédente enquête, auquel cas, la procédure normale est d’observer le prix de ce produit et de signaler le fait au siège. Enfin, si le produit n’est pas disponible, un autre produit comparable ou un nouveau produit doit être choisi en remplacement. Ayant relevé le prix de tous les produits requis dans ce point de vente, l’enquêteur peut passer au point de vente suivant.

6.39 Le choix d’un produit élémentaire comparable est fait à partir des caractéristiques-clés qui affectent potentiellement le prix. Par exemple, la marque, les cycles de lavage, la capacité, la consommation d’énergie et la vitesse d’essorage peuvent influer sur le prix d’un lave-linge.

6.40 Le cas le plus complexe est celui où il faut relever le prix d’un produit élémentaire différent dont la qualité n’est pas comparable. La solution dépend alors de la façon dont les prix sont ajustés pour tenir compte des changements de qualité. Par exemple, ces changements peuvent être traités implicitement en considérant le produit comme un nouveau produit assorti d’un prix de base imputé. Celui-ci peut être calculé au siège, où l’on peut chercher à obtenir des informations supplémentaires à partir du relevé des prix, ou par l’enquêteur dans le point de vente avec le concours des vendeurs.

6.41 Les produits élémentaires saisonniers nécessitent une attention particulière. Il arrive que le prix de produits comme les fruits, les légumes ou les vêtements ne puisse être suivi toute l’année. Afin d’en tenir compte dans l’indice, on peut notamment utiliser des pondérations saisonnières, qui diffèrent d’un mois à l’autre et qui reflètent les informations sur les dépenses extraites entre autres des enquêtes sur le budget des ménages. Il est également possible de collecter à différentes époques de l’année le prix d’autres produits saisonniers remplaçant directement les produits non disponibles (par exemple, le prix des maillots de bain et des shorts peut être suivi pendant six mois et celui des gants et des écharpes pendant six mois).

6.42 On pourrait aussi relever les prix de certains produits élémentaires à des intervalles moins fréquents que le mois, ce qui permettrait d’élargir l’échantillon global. De nombreux produits figurant dans l’indice des prix à la consommation des États-Unis ne sont collectés que tous les deux mois dans une région donnée; de même, les échantillons de loyers sont divisés en six groupes, dont le prix est suivi deux fois par an. Si elle complique les calculs, cette façon de procéder est peut-être plus efficace sur le plan statistique, ainsi que pour les enquêteurs.

Techniques de relevé des prix

6.43 Les prix de nombreux produits élémentaires seront relevés à l’échelon local par des agences travaillant pour l’office national de statistique, ou par ces propres employés, qui se rendent dans les points de vente au détail et enregistrent les prix courants d’une sélection convenue de produits. Toutefois, la collecte de certains prix peut être centralisée à l’aide de catalogues, de listes de prix couvrant une chaîne de magasins fournies directement par leur direction, par téléphone, télécopie, courrier papier ou électronique ou grâce à des sites Internet. Toutes ces méthodes peuvent être efficaces et économiques, ou nécessaires pour représenter divers aspects des habitudes d’achat des consommateurs, aussi n’est-il pas surprenant que de nombreux offices de statistique utilisent différentes techniques qui, en outre, permettent éventuellement d’appliquer en direction générale des procédures méthodologiques spécifiques (pour les changements de qualité, par exemple). Les agents locaux ou les services de la direction générale peuvent utiliser ces diverses méthodes de relevé des prix dont voici des exemples:

  • Les prix peuvent être extraits de catalogues de vente par correspondance afin de représenter une certaine catégorie de points de vente au détail, ou lorsque les grands magasins de vente sur catalogue appliquent sur tout le territoire du pays une politique de prix uniforme. Dans certains pays, la vente par correspondance se fait de plus en plus sur Internet. Dans le cas des ventes via la poste ou Internet, il faut prendre soin de traiter correctement et de façon cohérente les prix de livraison et les taxes sur les ventes.

  • Il est possible de relever les prix sur Internet pour des raisons de commodité (lorsque les grands magasins offrent les mêmes prix sur Internet ou dans les boutiques), ou par nécessité afin que l’échantillon reste représentatif lorsque ce type de vente au détail est de plus en plus utilisé (pour les livres par exemple).

  • Certaines chaînes de magasins ont une politique de prix nationale rigoureuse, même pour les soldes ou les offres spéciales. Dans ce cas, un seul magasin peut être visité ou le siège de la chaîne peut accepter de donner la liste des prix uniques de tous les produits élémentaires ou des prix de certains produits spécifiques.

  • Les prix peuvent être obtenus par téléphone ou par télécopie lorsqu’ils ne présentent aucune ambiguïté parce que le produit élémentaire dont le prix est suivi est courant et que l’entrepreneur indique le coût normal (par exemple, il est possible de téléphoner à des électriciens pour connaître le coût d’une prise de courant neuve). En outre, demander un prix par téléphone correspond à ce que le consommateur fait souvent en pratique. Un autre facteur est que de nombreux prestataires de services (plombiers, nettoyeurs de vitres, par exemple) n’ayant pas en général de magasin de détail, il serait difficile de les rencontrer à cause de leurs heures irrégulières de travail dans les locaux du client.

  • Les prix peuvent être obtenus par lettre, télécopie ou courrier électronique, accompagné des formulaires pertinents que le correspondant doit remplir et renvoyer, lorsque le relevé centralisé est censé être plus efficace ou que le relevé à l’échelon local n’est pas possible (les tarifs notamment). À titre d’exemple de ce qui précède, il est possible de citer les prix relevés auprès d’un échantillon d’administrations locales, de compagnies d’assurance, de services publics ou de compagnies de téléphone.

  • Les prix peuvent être relevés auprès d’autres organismes publics ou autorités de tutelle, qui peuvent agir comme intermédiaires dans le processus. Dans certains pays par exemple, on obtient ainsi les tarifs de l’électricité.

  • Il est parfois possible d’obtenir des données sur des biens spécifiques à l’aide de sources secondaires. Les tarifs aériens et les véhicules d’occasion sont deux exemples tirés de l’IPC des États-Unis, mais qui ne se limitent nullement à ce pays. Un échantillon de vols réguliers est choisi à partir de données détaillées sur les billets fournies par le ministère des transports. On suit alors les prix mensuels en consultant sur Internet une base de données du secteur privé très utilisée par, entre autres, les agences de voyages. Dans le cas des automobiles et des camions d’occasion, les échantillons sont établis et les prix suivis grâce à des données publiées par une association de vendeurs. Les données secondaires permettent notamment d’avoir des échantillons plus vastes, d’accéder plus vite et à un coût moindre aux données et d’éviter des problèmes de relevé particulièrement aigus.

6.44 Lorsqu’on utilise d’autres sources (catalogues ou Internet, par exemple), il convient de faire très attention à ce que les prix soient correctement enregistrés, avec ou sans les taxes sur les ventes ou les frais de livraison. Dans ces cas, il faut également vérifier qu’ils sont pertinents pour la période couverte par l’indice.

6.45 Il est important de se souvenir que tous les principes classiques de relevé et considérations habituelles relatives à l’assurance de la qualité s’appliquent aussi aux prix obtenus sur Internet (y compris la nécessité d’une description détaillée, la disponibilité à l’achat immédiate du produit élémentaire, le régime des offres spéciales et la possibilité de remplacer le produit par un produit comparable ou nouveau).

6.46 Lorsque les prix sont obtenus par téléphone, il est recommandé, autant que faire se peut, de rencontrer le détaillant de temps à autre pour préserver les contacts personnels, maintenir le taux de réponse et éviter toute équivoque sur les produits élémentaires ou erreur dans les prix. Dans la mesure du possible, ces prix devraient être confirmés par écrit dans le cadre des procédures de contrôle de la qualité (voir chapitre 12).

6.47 Il se peut que beaucoup de ménages n’aient pas accès à Internet, alors que le commerce en ligne offre des services supplémentaires comme la livraison à domicile. On peut donc considérer qu’on utilise un nouveau point de vente ou un nouveau produit élémentaire lorsqu’on relève les prix sur Internet. Dans les deux cas, il faut prendre les mesures exigées par la procédure de maintien d’un échantillon représentatif au moment de la mise à jour régulière des produits élémentaires et des sites retenus (en général celui du chaînage). Il convient de souligner qu’il faut aussi se demander si le passage au commerce en ligne entraîne un changement de qualité. Dans le cas des achats de produits alimentaires par exemple, la livraison gratuite peut être incluse si la facture dépasse un certain montant ou la date habituelle de péremption peut différer de celle indiquée dans les points de vente traditionnels.

6.48 Le progrès technologique permet sans doute de collecter plus efficacement les données. On dispose sans arrêt de nouvelles méthodes de relevé, particulièrement dans les pays technologiquement avancés. Dans l’avenir, les données pourront notamment être saisies au moyen d’appareils à clavier ou par lecture optique, deux techniques qui offrent aux entreprises de nouvelles façons d’alléger la charge que représente la communication des données ou d’en réduire les inconvénients.

6.49 Il convient de se souvenir que, pour que l’indice demeure représentatif, il peut être indiqué de relever les prix d’un produit élémentaire de plusieurs façons. Par exemple, il est possible d’acheter des livres sur catalogue, dans diverses boutiques (librairies, maisons de la presse, supermarchés, magasins à rayons multiples, etc.) et sur Internet. Dans ces conditions, il est judicieux de collecter les prix dans tous les types de points de vente dont les opérations sont significatives.

Conception du questionnaire

6.50 Il est indispensable que le questionnaire (ou son équivalent électronique) soit bien conçu pour relever avec succès les prix. Non seulement il est important que les enquêteurs le jugent facile à utiliser, mais aussi, pour que les contrôles de qualité soient efficaces, son plan et sa présentation devraient faciliter l’exploitation des données (prix, description du produit élémentaire, observations, et ainsi de suite).

6.51 Lorsqu’on conçoit un questionnaire, il faut en premier lieu définir les informations à recueillir, et comment elles doivent l’être. Des formulaires différents correspondront aux méthodes employées (visite chez les détaillants ou relevé postal, par exemple). Toutefois, un certain nombre de principes communs s’appliqueront à tous les formulaires. Le questionnaire devrait être facile à utiliser sur le terrain par l’enquêteur, et aussi faciliter un minimum de contrôle de qualité. Pour cette raison, on soutient que le prix enregistré lors de l’enquête précédente devrait être indiqué, afin d’inciter l’enquêteur à poser des questions si le nouveau prix est très différent. Par contre, l’enregistrement du dernier prix risque de conduire l’enquêteur à identifier à tort le produit élémentaire à suivre par rapport à son prix plutôt qu’à sa description, ou, cas extrême, à estimer le prix ou à reprendre le prix précédent sans effectivement se rendre dans le magasin.

6.52 Il convient de ne pas oublier que, lors du chaînage de l’indice, le questionnaire portera sur tous les produits élémentaires figurant aussi bien dans l’ancien que dans le nouveau panier. Par exemple, un indice chaîné annuellement sur la base des prix de janvier nécessite qu’on dispose de l’ancien et du nouvel échantillon de sites et de produits pour le mois de référence.

6.53 On trouvera à l’appendice 6.1 un exemple de formulaire de relevé des prix. Il s’agit du formulaire (sur support-papier ou électronique) qu’utilise l’enquêteur pour enregistrer les prix lorsqu’il se rend dans un point de vente. Il est également possible de demander au commerçant de remplir lui-même le formulaire et de l’envoyer à l’office national de statistique. Le formulaire peut donc servir à déclarer et à relever les prix. Si le formulaire offre la possibilité d’enregistrer les prix sur une série de mois successifs, l’enquêteur peut continuer de l’utiliser et transcrire aussi les prix sur un formulaire distinct qui est envoyé à l’office national de statistique. Lorsque le formulaire de relevé sert également à déclarer les prix, deux solutions sont possibles: soit le formulaire permet d’enregistrer les prix sur une série de mois et il fait la navette tous les mois entre l’enquêteur et l’office de statistique, soit de nouveaux formulaires de relevé et de déclaration sont imprimés par ordinateur tous les mois. Dans ce dernier cas, si cela est jugé souhaitable, le formulaire peut contenir les prix enregistrés le mois précédent et, parallèlement, ceux du mois courant. Il convient de souligner que le transfert—manuel ou électronique—des prix à un autre formulaire ou système risque d’engendrer des erreurs de transcription.

6.54 On considère de plus en plus qu’il est commode pour les enquêteurs de relever les prix à l’échelon local en utilisant un ordinateur de poche ou «assistant personnel» doté d’une version électronique du questionnaire (qui permet de vérifier la validité des résultats). Il est alors possible de transférer électroniquement les données en bureau en prévoyant une série d’étapes intermédiaires pour que l’agence de relevé des prix vérifie la validité des résultats.

6.55 On recommande de demander aux enquêteurs de décrire de façon exhaustive les produits élémentaires suivis afin de vérifier s’ils appliquent rigoureusement les instructions données, notamment celles concernant la sélection de ces produits. Cela permet aussi de bien identifier tout changement, y compris dans la qualité des produits, avec des informations suffisamment détaillées pour pouvoir décider des ajustements nécessaires. Les enquêteurs devraient recevoir une liste de contrôle ou une série de codes pour enregistrer les informations pertinentes sur les changements concernant les points de vente, les produits élémentaires ou les prix. Ces informations doivent être systématiquement recueillies. Par exemple, les codes relatifs aux ajustements de qualité doivent refléter les caractéristiques qui influent le plus sur les prix. Des études préalables menées, par exemple, selon la méthode hédonique, peuvent aider à les définir (voir chapitres 7 et 21).

6.56 Les codes servant à gérer l’échantillon de points de vente sont notamment:

  • cessation d’activité: point de vente ayant définitivement fermé ses portes ou cessé son activité;

  • fermeture temporaire: point de vente temporairement fermé, mais susceptible d’être ouvert le mois suivant;

  • refus: refus du propriétaire ou du personnel de coopérer;

  • changement dans les données caractéristiques: changement de propriétaire, de raison sociale ou d’objet.

6.57 Le principe de continuité est l’un des plus importants pour le relevé des prix. Comme un indice mesure les variations des prix, il est indispensable de suivre tous les mois les prix du même produit élémentaire afin de donner une image exacte des variations des prix. C’est pourquoi si, par exemple, un bocal de confiture de fraise de la marque d’un supermarché est choisi, il faut suivre cette marque et cette variété de confiture; en cas de rupture de stocks, une autre marque et une autre variété ne devraient pas être utilisées avant d’avoir vérifié s’il s’agit d’une situation temporaire ou non. Dans ce dernier cas, si une autre variété de confiture des mêmes marque, quantité et qualité est disponible, elle devrait normalement être choisie comme produit élémentaire «comparable» et la description du produit élémentaire être adaptée. Lorsqu’un produit d’une marque, quantité ou qualité différente est disponible, il est alors choisi comme «nouveau» produit, mais seulement si aucun produit comparable n’est disponible. Les mêmes principes s’appliquent aux autres produits élémentaires comme les vêtements et les fruits et légumes frais. Dans le cas des vêtements, il peut être important d’en spécifier la couleur, le tissu, le pays d’origine, le logo et la taille afin de s’assurer que le prix du même produit élémentaire est suivi tous les mois. Pour les fruits et légumes frais, les caractéristiques utiles à signaler peuvent être: «pays d’origine», «classe» et variété. En ce qui concerne le matériel électrique, il se peut que ce soient les spécifications et caractéristiques données dans le catalogue du fabricant qui soient importantes.

6.58 Il n’est pas possible d’être prescriptif, car le concept d’équivalence varie selon les pays: à toutes fins utiles cependant, il est important que les produits élémentaires suivis soient décrits en détail. Ces descriptions aideront l’enquêteur et au bureau à choisir un produit pour remplacer un produit retiré ou à confirmer le bien-fondé de ce remplacement et à identifier les changements de qualité. Il conviendrait de recenser essentiellement les caractéristiques qui servent à déterminer les prix.

6.59 Si l’enquêteur initialement prévu ne peut, pour quelque raison que ce soit, procéder au relevé normal, des descriptions complètes et exactes permettront à celui qui le remplacera d’effectuer le relevé sans aucune ambiguïté quant aux produits élémentaires à prendre en considération.

6.60 La plupart du temps, le produit élémentaire sera le même que celui dont le prix a été relevé le mois précédent et il suffira d’enregistrer son nouveau prix. Cependant, si des incertitudes pèsent sur le produit ou s’il a été modifié, les enquêteurs devront alors faire preuve de jugement et en informer le bureau, en ayant toujours présent à l’esprit que la décision définitive sera prise à ce niveau. Des spécifications précodées feraient gagner du temps et aideraient les enquêteurs dans la communication des informations. Les codes pourraient être les suivants:

Comparable (C): le produit élémentaire initial n’est plus stocké, mais le prix d’un produit de remplacement comparable, dont les principales caractéristiques ne sont pas différentes, a été relevé. Il est probable, bien que ce ne soit pas toujours le cas, que ce prix s’inscrit à l’intérieur d’une fourchette analogue.

Nouveau (N): le produit élémentaire a été remplacé par un nouveau produit qui n’est pas vraiment comparable, mais qui est également représentatif du groupe de produits. L’enquêteur devrait s’efforcer de trouver le prix du «nouveau» produit dans la période de chaînage (ou de référence).

Soldes ou offre spéciale (S): rabais attribuable à de véritables soldes ou offres spéciales, avec étiquettes à l’appui. Cette définition ne s’étend pas aux stocks abîmés ou périmés, ni aux liquidations. Ces dernières ne devraient jamais en faire partie. Les rabais offerts sans que soient annoncées des soldes ou des offres spéciales ne sont pas des «soldes»; le prix du produit élémentaire devrait toujours être observé, mais sans le code S. Retour à un prix normal (R): retour, par exemple après des soldes ou une offre spéciale, à un prix de vente normal qui n’est pas nécessairement celui pratiqué avant les soldes ou l’offre spéciale.

Rupture temporaire de stocks (T): il faudra informer l’enquêteur sur le sens du terme «temporaire» (la durée de vie escomptée peut varier selon les produits). Il peut être judicieux de remplacer immédiatement les produits élémentaires (vêtements de mode, par exemple, s’il est peu probable que leurs stocks seront reconstitués). En général, il conviendrait de ne pas utiliser le code T plus de deux mois consécutifs—et de choisir un produit de remplacement le troisième mois. Dans les magasins d’alimentation, il est très rare que des produits soient constamment en rupture de stock. L’enquêteur devrait toujours s’efforcer de vérifier avec le détaillant la disponibilité à venir des produits.

Manquant (M): ce code est utilisé lorsque le point de vente n’a jamais stocké ou n’a plus l’intention de stocker un produit élémentaire et qu’il n’y a pas de produit de remplacement adéquat. Dans ce cas, il est recommandé de vérifier, lors des relevés ultérieurs, si un produit de remplacement adéquat n’est pas stocké.

Poids (P): modification permanente du poids ou de la quantité du produit.

Consultation (Co): il est possible d’utiliser ce code lorsqu’on fournit au bureau des renseignements additionnels (par exemple, «rabais supplémentaire de 10 %», «3 pour le prix de 2» ou écart de prix inhabituel que ne couvre aucun des codes, comme le numéro exceptionnel d’un magazine vendu à un prix majoré), des dispositions devant être en place au bureau pour répondre à ces observations et traiter en conséquence les prix relevés.

6.61 La façon dont sont utilisés ces codes est illustrée à l’appendice 6.1. Même si le détaillant affirme que ses prix n’ont pas varié depuis le mois précédent, l’enquêteur devrait de toute façon les confirmer. Cette opération, qui nécessitera de faire preuve d’un certain doigté, est importante, car il est facile pour le commerçant d’oublier quelques hausses de prix ou la date de la dernière augmentation, voire d’induire délibérément en erreur l’enquêteur. Le recours à des codes est très utile pour des raisons opérationnelles. Par exemple, s’il est peu probable qu’un produit élémentaire soit encore disponible le mois suivant, il est alors possible de choisir à l’avance un produit de remplacement et de recueillir un double prix pour les deux produits.

6.62 En règle générale, un prix ne devrait être saisi que si le produit suivi est sur les étalages et est immédiatement disponible à la vente. Le prix de tout produit qui est temporairement en rupture de stock ne devrait pas être enregistré. Pour certains produits élémentaires de grande taille (meubles, par exemple) qui doivent normalement être commandés, le prix devrait être saisi aussi longtemps que le détaillant confirmera qu’il est disponible à la livraison dans un délai «acceptable».

6.63 Certains produits alimentaires, comme la viande, le poisson ou le fromage, peuvent être vendus au poids de sorte qu’il est judicieux d’en relever le prix à l’unité. L’enquêteur devrait reprendre le prix de l’étiquette apposée sur le paquet ou le calculer directement. Un conditionnement d’une dimension ou d’un type sensiblement analogue devrait être utilisé tous les mois, car le prix unitaire peut être inférieur pour un conditionnement plus grand ou varier en fonction du type de conditionnement. D’autres produits, comme les œufs, sont souvent vendus selon une certaine quantité, et il est essentiel que l’enquêteur prenne les prix de cette quantité, le prix total et le prix unitaire dépendant en général de la quantité achetée. Si le prix de X œufs doit être relevé et qu’il n’est pas donné directement, on peut alors obtenir le prix d’un œuf et le multiplier par X afin de connaître le prix requis. Cependant, il faut prendre bien soin de vérifier que le prix unitaire ne diminue pas en fonction de la quantité. Il est également possible de prendre comme exemple la menthe. Cette plante est souvent vendue en bottes de tailles différentes, de sorte qu’il convient de peser un certain nombre de bottes et d’en établir le prix au kilogramme.

6.64 Les prix d’autres produits alimentaires, comme les fruits ou les légumes, sont plus difficiles à suivre, car, selon les points de vente, ils peuvent être offerts à la quantité ou au poids. Par exemple, il est possible d’observer le prix des poivrons au poids où l’unité, quelle que soit leur grosseur, celui de l’ail au bulbe, à la gousse ou au poids et celui de diverses catégories de baies au poids ou dans des barquettes dont la taille ou le niveau de remplissage peuvent varier. Dans ces cas, il faut prêter la plus grande attention aux descriptions des produits. Les enquêteurs doivent se souvenir qu’il est important de relever les prix du même article d’un mois sur l’autre, de façon à en saisir les variations authentiques, et non celles qui découlent de changements quantitatifs ou qualitatifs.

6.65 L’utilisation d’ordinateurs de poche pour relever les prix à l’échelon local améliore la qualité sur le terrain et au bureau—et élimine certains des inconvénients liés au support papier. Cette façon de procéder est approfondie ci-après. Il peut être plus rentable de faire un relevé centralisé des prix en demandant aux sièges des grandes chaînes de magasins de détail de les communiquer au moyen de formulaires électroniques (disquettes ou courriels) que d’envoyer des enquêteurs dans les magasins. Il faut alors prendre soin de vérifier que les prix ne varient pas d’un magasin à l’autre et qu’aucune offre spéciale locale ne soit couverte. Lorsque la présence de tels facteurs locaux est constatée, il convient d’en tenir compte, sinon le prix recensé risque de fausser l’indice.

6.66 Il faut décider s’il y a lieu de placer les grandes chaînes de magasins de détail dans des strates distinctes (on considère alors comme unité d’échantillonnage la chaîne au lieu d’un point de vente donné) ou d’établir un échantillon de points de vente de chaque chaîne (on prend dans ce cas comme unité d’échantillonnage un point de vente d’une chaîne donnée). En règle générale, s’il n’est pas possible de considérer comme unité unique d’échantillonnage une chaîne de magasins de détail qui n’a pas de politique de prix nationale, les enquêteurs peuvent éventuellement ne visiter que quelques magasins lorsqu’on peut établir qu’ils appliquent les prix de la chaîne sur un vaste territoire. D’ordinaire, on prend contact avec la direction de la chaîne pour vérifier sa politique de prix et obtenir l’autorisation de procéder à leur relevé. Chaque année, il convient de demander à la direction, lorsqu’elle est de nouveau contactée pour obtenir la permission de poursuivre le relevé des prix, de confirmer que sa politique de prix régionale n’a pas été modifiée. Les prix collectés sont alors assortis d’une pondération qui reflète la part de marché qu’ils représentent (comme les pondérations appliquées aux prix des chaînes faisant l’objet d’un relevé centralisé lorsqu’il n’y a aucune variation de prix entre les points de vente). Les questions concernant le relevé centralisé (entre autres par téléphone par les services de l’office national de statistique) des prix des commerces ou points de vente locaux et le relevé des prix des chaînes de magasins de détail auprès de leur siège sont approfondies ci-après.

Procédures sur le terrain

6.67 Des procédures sur le terrain adéquates sont nécessaires pour que la qualité de l’indice des prix ne soit pas compromise par des erreurs de relevé. Il convient de planifier et gérer soigneusement le relevé des prix et de donner des instructions et une formation efficace aux enquêteurs. Il est probable que la plupart des prix seront relevés par des enquêteurs qui se rendront dans divers points de vente. On trouvera au chapitre 12 des recommandations au sujet de l’organisation et de l’application des procédures de relevé des prix sur le terrain.

6.68 Dans certains cas, examinés dans la section suivante, il peut être plus efficace d’obtenir les prix à partir d’une seule source que par des enquêtes sur le terrain.

Relevé centralisé et en bureau

6.69 Une forme de relevé des prix centralisé et en bureau consiste à collecter à partir d’une seule source des données sur les prix d’un certain nombre de points de vente. Elle est possible lorsque les chaînes appliquent incontestablement une politique de prix nationale et que les prix normalement payés, ou les offres spéciales ou rabais, ne présentent aucune différence d’un magasin local à l’autre. Dans ces cas, il conviendrait d’exclure les points de vente des chaînes des relevés à l’échelon local et de pondérer les prix relevés en fonction des parts de marché.

6.70 Le choix de ce type de relevé et de calcul centralisés dépend en général au moins d’une des considérations suivantes: politique de prix (nationale ou locale), sources des données disponibles (y compris le concours des chaînes et leur engagement à communiquer les données dans un système centralisé), présentation et format des données (prix annoncés ou prix de vente moyens transmis par courriel, sur disquette ou sur support papier), dates de référence des données disponibles (listes de prix coïncidant avec le jour ou à la période de relevé) et fréquence des changements de prix.

6.71 Le relevé centralisé peut aussi être indiqué pour les prix de certains services; on peut citer entre autres:

  • les cotisations fixées par les associations professionnelles ou les syndicats;

  • les redevances perçues pour les services d’utilité publique ou ceux dont la prestation est assurée par des administrations ou des organismes déréglementés ou non (tarifs de l’eau, du gaz et de l’électricité, des transports par route ou par fer, droits d’enregistrement des actes de naissance, de mariage ou de décès);

  • les prix fixés par l’administration centrale (par exemple, les sommes à acquitter pour accéder à des services, soins de santé ou éducation notamment, dont le financement peut être totalement ou partiellement public);

  • les taxes et redevances acquittées à l’État (par exemple, redevances télévisuelles et droits d’accise sur les véhicules).

Il est parfois nécessaire de demander des données aux autorités régionales, lorsque, par exemple, certains prestataires de services publics sont régionaux.

6.72 Les données peuvent être demandées par écrit, par téléphone ou par voie électronique. Lorsque le support papier est choisi, il faut savoir si on peut se servir de la bureautique pour produire les lettres de demande (publipostage, par exemple), enregistrer les réponses, suivre le processus et envoyer des rappels aux non-répondants. Les renseignements sur l’état d’avancement du processus pourraient être regroupés comme suit: formulaire reçu, formulaire en cours de vérification, consultation demandée et attente de la réponse, chiffres arrêtés définitivement.

6.73 Les principaux avantages d’un relevé centralisé des prix par voie électronique sont sans doute les gains d’efficacité procurés par l’informatique, un meilleur suivi des travaux et une diminution des problèmes résultant d’erreurs de transcription. Le risque—que l’on retrouve dans tout relevé de ce type—est que le poids relativement élevé dont peut être assorti un prix ou une série de prix aggrave une erreur non détectée. À l’évidence, ce facteur devrait être pris en compte dans les techniques de contrôle de la qualité, ainsi que dans celles d’échantillonnage. On a constaté que les offices nationaux de statistique peuvent mettre beaucoup de temps à réexaminer leur procédure de contrôle de la qualité à la suite d’une centralisation plus poussée du relevé des prix. Cela peut amener les services en bureau à déployer des efforts disproportionnés pour vérifier les prix relevés à l’échelon local, notamment lorsqu’ils ont été examinés très attentivement sur le terrain; chacune des erreurs n’aura pas un impact notable sur l’indice sauf si elle fait partie d’un biais systématique imputable, par exemple, à des instructions aux enquêteurs inadéquates.

6.74 Les fournisseurs de biens et de services peuvent envoyer soit une liste complète de prix ou un barème dont un échantillon de prix et de pondérations peut être extrait, soit seulement les prix nécessaires pour établir l’indice. Parfois, comme dans le cas d’une administration de transport régionale, on peut accepter que les données soient communiquées sous la forme d’un indice des prix; à l’évidence, il importe alors de veiller à ce que cet indice ait été bien calculé en respectant les conditions fixées pour l’indice des prix à la consommation et en utilisant une méthodologie convenue, et que l’organisme centralisé exerce un contrôle de qualité rigoureux. Celui-ci peut être effectué, par exemple, en vérifiant les calculs au moins une fois par an à partir des données de base ou en mettant en place des systèmes automatisés de détection des variations anormales. On devrait s’entendre sur les points ci-après de la méthodologie de calcul: sélection des produits élémentaires, pondération des composantes, dates de relevé et construction mathématique de l’indice. L’indice devrait également être mis à la disposition de l’organisme centralisé, avec des informations et des explications complémentaires sur les mouvements des prix. Tout problème potentiel, comme la nécessité d’un rééchantillonnage lorsque des produits élémentaires précédemment suivis ne sont plus disponibles, devrait être examiné au préalable avec l’office national de statistique. Un contrôle continu de la qualité peut prendre la forme d’une analyse de rapprochement avec d’autres données connexes (y compris les changements de prix annoncés) et servir à identifier les valeurs aberrantes par rapport aux précédentes valeurs de l’indice. Les données et prix publiés par d’autres organisations ou entités publiques peuvent constituer un comparateur utile. Il est vivement recommandé que les prix saisis par téléphone soient confirmés par écrit afin qu’il soit possible de répondre à toute demande de consultation et de se référer aux documents de base pendant les mois suivants au cas où apparaîtraient des divergences qui ne peuvent être résolues.

6.75 Dans tous les cas, il importe de vérifier régulièrement que le bien ou le service suivi est toujours le même, sinon un ajustement de qualité peut s’imposer. Pour les supermarchés et les autres grands fournisseurs de données, il convient de demander à leur siège central de confirmer que les numéros de codes n’ont pas été modifiés afin de s’assurer que les produits élémentaires suivis n’ont subi aucun changement non intentionnel d’une période de relevé à l’autre.

6.76 Comme indiqué précédemment, la fréquence des relevés dépend à la fois de la gamme de prix à suivre et de la fréquence, connue ou estimée, des changements de prix. Par exemple, les tarifs des bus et des trains peuvent être modifiés une fois par an à une date préétablie. Dans d’autres cas, les prix peuvent être changés à n’importe quel moment de l’année lorsque les différents fournisseurs réexaminent leurs barèmes, mais on peut aussi s’attendre à ce qu’ils ne varient guère. Par exemple, il suffit peut-être de ne contacter les compagnies d’assurance santé que tous les trimestres ou les administrations locales pour les prix des repas dans les cantines scolaires qu’au début de chaque trimestre. Les décisions sur ces questions seront prises au vu de la situation locale, des mécanismes satisfaisants étant en place pour détecter toute modification des procédures suivies.

6.77 Lors de chaque relevé, le nombre de prix requis dépendra de la situation à ce moment-là, ainsi que des pondérations et de l’homogénéité de l’indice et de l’instabilité sous-jacente des prix (voir chapitre 5). Il est en outre préférable d’éviter les cas où quelques prix relevés dans, par exemple, une chaîne de magasins de détail sont fortement pondérés dans l’indice. Le nombre des prix relevés dans un système centralisé devrait, si possible, refléter l’importance du produit élémentaire dans le panier de la ménagère, ainsi que la fourchette et l’instabilité des prix.

6.78 Il convient de suivre l’ensemble des principes de collecte des données susmentionnés pour tous les relevés de prix centralisés et en bureau, que ce mode de relevé ait été retenu pour des considérations pratiques ou de rentabilité ou des raisons méthodologiques particulières.

6.79 Les relevés de prix peuvent aussi être centralisés dans le cas de certaines redevances de transports, comme les péages des ponts, ou de prix fixés de façon uniforme pour tous les consommateurs alors qu’il existe une profusion de points de vente divers, ou encore dans le cas où il est préférable de procéder aux ajustements de qualité en exploitant une source de données unique. Par exemple, si les villes où les prix sont relevés à l’échelon local n’ont pas de péages pour leurs routes, ponts ou tunnels, ceux-ci risquent de se trouver exclus de l’indice par inadvertance, tandis qu’en choisissant un échantillon de routes, ponts ou tunnels dans le pays, l’indice demeure représentatif de ces catégories de dépenses avec un relevé centralisé. De même, si les prix des biens et services sont identiques sur l’ensemble du territoire indépendamment des points de vente (journaux et magazines par exemple), un relevé centralisé est alors plus rentable. Cette solution est peut-être la plus satisfaisante lorsque les calculs des prix, y compris les ajustements de qualité, sont complexes sur le plan méthodologique. À titre d’exemple, il est possible de citer certaines dépenses en matière de logement, d’ordinateurs ou d’automobiles (lorsque les commerçants n’ont peut-être pas les renseignements sur les spécifications techniques requis au niveau de détail pour les ajustements de qualité).

Réductions de prix

6.80 L’un des principes concernant les prix à la consommation qui est appliqué à de rares exceptions près (comme le coût des logements occupés par leur propriétaire) est que seuls les prix de vente, c’est-à-dire les prix effectivement payés par les particuliers ou les ménages, devraient figurer dans l’indice. Ce prix peut être différent du prix annoncé si, par exemple, un rabais est offert. En pratique toutefois, les rabais discriminatoires, qui ne sont destinés qu’à un groupe restreint des ménages (par opposition aux rabais non discriminatoires dont tous les clients peuvent profiter), sont le plus souvent exclus en principe. Par exemple, normalement les coupons de réduction et les remises de fidélité ne sont pas pris en compte et les prix non réduits sont enregistrés. De plus, il peut être difficile de connaître le prix vraiment payé s’il a été négocié. Il n’est donc pas surprenant que, si la règle générale peut sembler simple, un certain nombre de cas nécessitent un traitement particulier à cause de questions théoriques ou de difficultés pratiques. Les recommandations faites ci-après, qui reflètent les pratiques constatées dans certains pays, ne constituent pas une série de règles, car la pratique à suivre sera fonction de la situation de chaque pays.

6.81Les rabais ne devraient être pris en compte que s’ils sont en général offerts à tous les clients sans aucune condition, sinon le prix non réduit ou non subventionné est enregistré. La pratique générale est notamment d’ignorer les coupons de réduction et les remises de fidélité. Toutefois, il faut décider comment interpréter l’expression «généralement offerts». Par exemple, les prix qui sont réduits en cas de paiement par prélèvement automatique peuvent être pris en compte dans la mesure où l’ensemble de la clientèle a accès à ce service et l’utilise; aux fins du calcul de l’indice, il faut donc fixer avec discernement le seuil de cet accès. Une autre solution consiste à suivre séparément les prix fixés en fonction des méthodes de paiement utilisées (par exemple, des relevés distincts pour les factures d’électricité selon qu’elles sont payées au comptant, par prélèvement automatique ou par anticipation), ces prix étant ensuite pondérés ensemble afin de construire un indice unique pour le produit élémentaire en question.

6.82Discrimination par les prix. Il convient de ne pas prendre en considération les rabais offerts uniquement à un groupe restreint de ménages, étant donné qu’ils sont discriminatoires, à moins qu’ils ne soient importants ou destinés à la vaste majorité du public ou à des sous-groupes identifiables qui peuvent en profiter sur la base de caractéristiques démographiques ou autres sans intervention des personnes concernées au moment de l’achat. Dans ce dernier cas, ils devraient être traités sous l’angle de la stratification ou de la couverture de l’échantillon des produits élémentaires. Là encore, il faut faire preuve d’un certain discernement. Les exemples de discrimination autorisée sont notamment les prix réduits offerts aux retraités (pour, entre autres, des voyages ou des coupes de cheveux) et les rabais destinés à ceux qui reçoivent des prestations de l’État. On peut citer comme autre exemple de cas où certains prix ne sont pas offerts à toute la clientèle et où il faut aussi faire preuve de discernement, celui où le point de vente demande une cotisation symbolique. Les affiliations de cette nature, qui sont ouvertes a priori à tous les clients, doivent être abordées en considérant leur importance et les comportements généraux de dépenses des consommateurs, ainsi que les conditions éventuellement restrictives qui y sont attachées (un niveau minimum d’achats, notamment). La facilité d’accès au point de vente peut être un facteur déterminant si, par exemple, les clients doivent en fait s’y rendre en voiture.

6.83Les prix de solde ou d’offre spéciale devraient être enregistrés s’ils correspondent soit à des réductions temporaires sur des biens qui seront sans doute disponibles de nouveau à des prix normaux, soit à des liquidations de stocks (ventes de janvier ou d’été, par exemple). Cependant, avant de désigner un prix de solde, il convient de vérifier très attentivement s’il s’agit bien d’une vente à partir du stock normal assortie d’une réduction de prix. Il arrive que le stock soit continuellement vendu en deçà du prix de détail recommandé ou affiché à titre d’offre spéciale, même si ce prix est offert toute l’année. Ces prix, qui ne devraient pas être considérés comme des prix de vente, peuvent néanmoins être relevés. Normalement, les achats spéciaux de biens de fin de série, abîmés, défraîchis ou défectueux ne devraient pas être pris en compte, car il est probable que ces biens dont la qualité n’est sans doute ni identique ni comparable à celle des biens dont le prix était précédemment suivi ne seront pas disponibles dans l’avenir. Si l’offre spéciale est limitée aux premiers clients, le prix du produit élémentaire ne devrait pas être suivi, l’offre n’étant pas faite à tous les clients. Les prix de lancement pourraient être pris en considération si tous les clients pouvaient en profiter. En réalité toutefois, étant donné la nécessité de suivre les prix du même «panier» tous les mois, les produits élémentaires bénéficiant de telles offres spéciales ne seront pas jugés représentatifs, à moins qu’elles ne soient lancées lors d’une mise à jour du «panier» ou du choix d’un produit de remplacement. Il convient de ne pas tenir compte des rabais sur les biens proches de leur date d’expiration, ou de les traiter comme des changements de spécification ou de qualité.

6.84Primes, quantités additionnelles et cadeaux gratuits. Les prix des produits élémentaires qui sont temporairement offerts en plus grande quantité (30 % de plus, par exemple) ne devraient pas être ajustés en conséquence si l’on estime que la plupart des consommateurs ne veulent peut-être pas de ce surplus ou que celui-ci n’influence pas leur décision d’achat ou ne sera pas consommé. De même, il ne faudrait pas prendre en compte les produits élémentaires offerts gratuitement avec d’autres achats (un produit gratuit pour deux achetés ou un cadeau gratuit avec chaque produit acheté), les coupons de remise pour de futurs achats (il n’est pas sûr que les consommateurs les utilisent ou souhaitent les recevoir), ni les cadeaux gratuits comme les jouets en plastique dans les paquets de céréales (ils ne sont pas inclus sur la liste des prix à observer et c’est le prix à payer pour obtenir les céréales qu’il faut relever). Les enquêteurs devraient savoir que les modifications temporaires de poids à titre d’«offre spéciale» (tant pour cent additionnels gratuits) peuvent devenir permanentes (par exemple, le passage des contenants de boissons alcoolisées de 440 à 500 ml) et répercuter l’information, dès qu’ils en prennent connaissance, au siège qui peut alors leur donner de nouvelles indications sur les spécifications du produit élémentaire ou modifier celles en vigueur.

6.85Timbres-ristourne. Parfois, on donne aux acheteurs des timbres-ristourne qu’ils peuvent accumuler puis échanger contre des biens ou des services. Si le consommateur peut obtenir un rabais à la place, le prix réduit devrait être enregistré. Sinon, il convient de ne pas prendre en considération les timbres.

6.86Reprises. En général, il ne faudrait pas tenir compte de la réduction de prix par rapport au prix nominal intégral qui résulte de la reprise d’un ancien produit élémentaire (une automobile, par exemple). C’est la façon de faire classique, car la transaction ne porte essentiellement que sur un bien d’occasion et seule la commission de service prélevée par le point de vente en achetant et en vendant le bien entre dans le champ de l’indice. En réalité toutefois, la situation n’est pas aussi nette. Par exemple, un garage peut fort bien consentir un rabais supérieur à la valeur vénale de l’automobile reprise et, en conséquence, accorder un rabais sur le nouveau véhicule. Très souvent, les rabais correspondant à des reprises sont très difficiles à évaluer. Il se peut que la valeur vénale soit toujours négociable et que le prix nominal intégral utilisé comme référence pour mesurer le rabais ne soit pas connu. Il peut donc être préférable d’indiquer le prix de catalogue ou le prix demandé.

6.87Taxes sur les ventes. Dans les cas où une taxe indirecte ne figure pas dans le prix du produit élémentaire en vente dans un magasin, mais est ajoutée lorsque le client paie le produit, il faut prendre grand soin d’enregistrer le prix taxes incluses. Pour être certain qu’il en soit ainsi, lorsque le prix du produit est normalement annoncé taxes non comprises, et qu’une taxe générale sur les ventes est ajoutée à la facture, l’enquêteur devrait être tenu d’indiquer dans le formulaire de relevé si le prix recensé comprend ou non la taxe de façon à ce qu’elle soit ajoutée si nécessaire.

6.88Pourboires. Si le service obligatoire est compris, par exemple sur une facture de restaurant, seule la somme à payer devrait être incluse dans le prix, et non tout pourboire donné discrétionnairement. Les pourboires devraient être ajoutés au prix spécifié lorsque le service est en principe gratuit, mais est rarement obtenu, en pratique, sans verser ce qui revient à un pourboire, ou lorsqu’il est courant de donner un pourboire à un taux uniforme.

6.89Les ristournes ou remboursements normaux ne devraient être pris en compte que lorsqu’ils se rapportent à l’achat d’un produit donné identifiable et sont accordés pour un délai qui, à compter de l’achat effectif, devrait influer sensiblement sur les quantités que les consommateurs souhaitent acheter. Par exemple, il convient de déduire du prix les consignes des bouteilles si elles constituent une incitation suffisante pour les retourner, mais non les offres de remboursement sur les tondeuses à gazon valables après un délai de cinq ans. Quoi qu’il en soit, il faut appliquer une décision cohérente dans le temps pour chaque produit élémentaire. Il n’est pas facile de recommander comment traiter les ristournes, car les décisions dans ce domaine sont prises pour nombre d’entre elles au cas par cas et peuvent refléter une évolution des revenus plutôt que des dépenses et exiger un traitement différent dans l’optique, par exemple, des comptes nationaux.

6.90Les ristournes ou remboursements exceptionnels ne devraient être pris en considération que lorsqu’ils concernent l’achat d’un produit donné et sont accordés pour un délai censé influer sensiblement sur les quantités que les consommateurs sont disposés à acheter. On ne devrait pas tenir compte des coupons ou remises de fidélité donnés par les points de vente lors d’achats pour être honorés à l’occasion de futurs achats analogues ou autres, car ils sont discriminatoires. S’ils jouent un rôle, il convient de les traiter sous l’angle de la stratification ou de la couverture de l’échantillon (voir chapitre 5). Les ristournes ponctuelles (accompagnant par exemple une privatisation) ne devraient pas être prises en compte, car elles ne se rapportent pas à la période de consommation spécifique et n’influent guère sans doute sur la consommation. Il est possible de les considérer davantage comme une source de revenus supplémentaires.

6.91Les cartes de crédit et autres moyens de paiement comportant le versement d’intérêts, de frais de service ou de charges additionnelles en cas de défaut de paiement dans un délai précis à compter de l’achat ne devraient pas être pris en considération. Par exemple, les prêts à intérêt, même à taux zéro, accordés pour financer un achat ne devraient pas entrer en ligne de compte dans la détermination du prix. Les réductions offertes en cas de paiement au comptant pourraient être retenues, mais en veillant à ce qu’elles soient traitées de façon cohé-rente d’une période à l’autre.

Marchandage

6.92 Le marchandage s’entend d’une situation où les prix ne sont pas fixés à l’avance, mais sont négociés au cas par cas par l’acheteur et le vendeur. Ce processus est typique, par exemple, des marchés dans de nombreux pays africains où on négocie le prix de presque tous les biens achetés, y compris un vaste éventail de produits nécessaires à la vie quotidienne et qui représente une part importante de la consommation des ménages. Le marchandage se caractérise par sa grande flexibilité dans la fixation des prix. Les quantités et les prix définitifs varient d’une opération à l’autre et ne peuvent être déterminés qu’une fois l’achat effectué; la qualité des biens achetés varie aussi d’une opération à l’autre. À l’évidence, ces situations particulières exigent d’utiliser des méthodes spéciales pour déterminer les prix payés par les acheteurs afin de les inclure dans l’indice des prix à la consommation.

6.93 On peut soutenir que, du point de vue du système de la comptabilité nationale, le marchandage est une forme de discrimination par les prix. L’acheteur n’est pas libre de choisir son prix, car le vendeur peut ne pas demander le même prix à des catégories différentes d’acheteurs pour des biens ou des services identiques vendus dans des conditions exactement analogues. Il s’ensuit qu’on devrait constater que des produits «identiques» vendus à des prix différents sont de même qualité, et qu’il faut faire la moyenne de ces prix afin d’obtenir un prix unique pertinent pour calculer les indices des prix. En réalité, il est rarement possible d’associer les différences de prix à des catégories identifiables de clients établies en fonction des prix. Il est vraisemblable que les acheteurs paient, par inadvertance, un prix plus élevé que celui qu’ils auraient pu trouver ailleurs ou en fin de compte négocier. Nonobstant ce qui précède, les enquêteurs ne devraient pas prendre pour acquis que les différences de prix ne sont pas liées à des différences de qualité (ou de quantité).

6.94 Lorsque les prix sont négociés, les méthodes normales d’enquête, qui consistent à relever les prix directement auprès des vendeurs, peuvent aboutir à des indices en dents de scie qui ne reflètent pas les mouvements effectifs des prix sur un marché. Par exemple, les prix relevés par les enquêteurs dépendent de leur capacité, volonté et pouvoir de négociation, comme pour les prix effectivement payés par les vrais acheteurs. En outre, les prix peuvent varier pendant la journée ou d’un jour à l’autre, ce qui ajoute une nouvelle dimension au concept de représentativité. Un certain nombre de méthodes d’enquête et de techniques de relevé ont été mises au point pour surmonter les difficultés inhérentes à l’évaluation des prix négociés.

6.95Enquêtes par achats de produits. Le principe est que les prix devraient être relevés dans des conditions aussi proches que possible de celles dans lesquelles les transactions réelles ont effectivement lieu. Les enquêteurs se comportent comme des consommateurs normaux en achetant vraiment les produits élémentaires suivis à divers moments de la journée pour des considérations de représentativité. Dans tous les cas, le superviseur doit vérifier régulièrement les quantités et les prix obtenus par les enquêteurs. Les techniques ci-après peuvent être utilisées:

  • Les enquêteurs marchandent les produits élémentaires afin d’en déterminer le prix pertinent. Ils devraient recevoir une formation leur permettant de se comporter en acheteurs normaux et d’obtenir le prix le plus bas possible auprès d’une sélection de commerçants ou de points de vente. L’échantillon des vendeurs, étant donné leur forte rotation, devrait être en partie renouvelé régulièrement afin qu’il reste représentatif et convenablement chaîné.

  • Les enquêteurs sont, en outre, incités à obtenir le meilleur prix pour les produits élémentaires qu’ils achètent. Par exemple, il se peut qu’un prix maximum soit fixé et que l’enquêteur reçoive une fraction de l’écart entre ce prix et celui qu’il obtient. Ces incitations permettent de remédier aux difficultés susceptibles de résulter de ce que l’enquêteur n’obtient pas le prix le plus bas car, à la différence d’un consommateur normal, il n’est pas concerné par une optimalisation de sa dépense ni limité par ses revenus.

6.96Enquêtes auprès des acheteurs. Les prix payés par les consommateurs sont relevés tout au long de la journée dès que ceux-ci quittent le point de vente ou le marché, en même temps que la quantité et la qualité des produits achetés. Il conviendrait de calculer l’ampleur du marchandage (prix de départ et prix final, par exemple), et d’indiquer les paramètres pertinents pour déterminer le prix. Il pourrait être nécessaire de prévoir des incitations pour faire participer à l’enquête les acheteurs réticents lorsque la réponse aux questions prend beaucoup de temps.

6.97 Les enquêtes par achats ou auprès des acheteurs devraient couvrir les produits élémentaires du panier servant à calculer l’IPC qui peuvent être marchandés. Le nombre de prix relevés doit être suffisant pour couvrir tous les produits pertinents et donner une indication fiable du prix moyen, ce qui peut être difficile à établir à l’avance, encore que les précédents relevés de prix devraient être utiles. On propose de remettre à ceux qui procèdent à une enquête auprès des acheteurs un formulaire où ils préciseraient le nombre de prix relevés par étal ou magasin, tel qu’indiqué par les divers répondants. Il serait ainsi possible de vérifier le nombre de prix relevés par rapport à celui fixé en bureau. Un exemple de ce formulaire est donné au tableau 6.1.

Tableau 6.1Exemple de formulaire d’enquête indiquant le nombre de prix relevés par magasin ou étal
Produits

élémentaires
Nombre

de prix à

relever

fixé en

bureau
Nombre effectif de prix relevés
Magas in/

étal 1
Magas in/

étal 2
….Magas in/étal n
Produit 15035
Produit 24454
Produit 38588
Produit k5726

6.98Enquêtes sur les tendances des prix de gros. Il pourrait être utile de relever parallèlement un nombre limité de prix de gros pour les produits élémentaires qui posent des problèmes lorsque les informations obtenues par les méthodes susmentionnées ne donnent que des résultats partiels (par exemple, lorsque le nombre d’observations est insuffisant). Idéalement, les prix devraient être relevés auprès des grossistes qui ont approvisionné les détaillants. Il conviendrait d’observer tous les facteurs susceptibles d’entraîner une hausse des prix de vente (modification des taxes sur les opérations de détail, des droits de permis et du loyer de l’étal, par exemple). À supposer que ces facteurs restent constants, l’évolution des prix de gros pourrait permettre de calculer par approximation l’indice des prix de détail des produits pertinents. Le prix d’un produit pour la période courante serait estimé en multipliant celui de la période précédente par la variation correspondante du prix de gros.

6.99 La détermination des prix payés par un acheteur peut être délicate si le prix définitif couvre une offre groupée de produits élémentaires (par exemple, le responsable d’un étal donne en prime des biens à celui qui achète un certain nombre de biens). Si ce surplus porte sur plusieurs catégories de produits, y compris celui dont le prix de vente est directement négocié, l’achat doit alors être partagé en autant d’opérations qu’il y a de catégories. Il convient alors de faire preuve de bon sens. Il existe une distinction très fine entre ce cas et les offres de type «deux pour le prix d’un» que l’on trouve parfois, notamment dans les supermarchés de type occidentaux. On exclut souvent cette dernière forme de rabais du calcul des prix en se fondant sur l’argument que l’acheteur ne veut pas du surplus ou ne le consomme pas. Les biens périssables, par exemple, deviennent périmés et sont jetés. Cet argument est moins pertinent dans le cas des achats sur les marchés dans les pays en développement, où nombre de ménages vivent sur un revenu de subsistance et consomment tout ce qu’ils achètent. Les consommateurs négocient alors activement un prix global pour le panier d’achats, y compris tout bien «gratuit» qui y est inclus.

6.100 Pour illustrer la méthode de détermination du prix payé par l’acheteur, prenons l’exemple suivant: on offre en prime 500 g de carottes, 100 g de laitue et 200 g de courgettes au consommateur qui veut acheter 5 kg de carottes.

6.101 Il est possible d’identifier trois opérations: 5,5 kg de carottes, 100 g de laitue et 200 g de courgettes. La prime doit être évaluée aux prix auxquels le commerçant aurait vendu les produits en question et le consommateur les aurait achetés. On prend par hypothèse que ces prix, libellés en unités monétaires locales (UML), auraient été négociés aux mêmes conditions que le prix du produit demandé (carottes). Si la valeur de départ de cinq kilos de carottes est de 15.000 UML et la valeur finale de 12.000 UML, et si la valeur de départ des autres denrées incluses dans la prime sont de 990 UML pour 264 g de laitue et de 4.620 UML pour 4,4 kg de courgettes, la valeur finale des carottes sera en fait déterminée comme indiqué au tableau 6.2. Le prix des carottes réellement payé par le consommateur est de 2,0967 UML le g, soit 2.096,7 UML le kg.

Tableau 6.2Exemple illustrant la méthode de détermination du prix effectivement payé par l’acheteur en cas de marchandage
Produit demandéProduit remis en prime
CarrottesCarrottesLaitueCourgettes
Valeur de départ de la quantité normale/demandée (unités monétaires locales)15.00015.0009904.620
Quantité normale/demandée (g)5.0005.0002644.400
Prix unitaire de départ de la quantité normale/demandée (unités monétaires locales/g)333,751,05
Prix unitaire de départ de la quantité remise en prime (unités monétaires locales/g)33,751,05
Quantité remise en prime (g)500100200
Valeur de départ de la quantité remise en prime (unités monétaires locales)1.500375210
Valeur finale des produits reçus (unités monétaires locales)12.0001.200300168
Nouveau prix (unités monétaires locales/g)2,42,430,8
Taux de marchandage1,251,251,251,25
Paiement (unités monétaires locales)12.000
Valeur finale estimée de la prime (unités monétaires locales)1.668
Valeur effective du produit demandé (ensemble des carottes) (unités monétaires locales)10.332
Quantité de produit demandé reçue (g)5.500
Prix unitaire effectif payé par le consommateur pour le produit demandé (unités monétaires locales/g)2,09671
Taux de marchandage révisé1,432

(12.000 − 300 − 168) ÷ 5500 = 2,0967.

3 ÷ 2,0967 = 1,43.

(12.000 − 300 − 168) ÷ 5500 = 2,0967.

3 ÷ 2,0967 = 1,43.

6.102 Si l’enquêteur ne connaît pas le prix auquel la laitue et les courgettes auraient été effectivement vendues par le vendeur de carottes, il est possible de l’estimer en relevant les prix de départ et les quantités normales à partir d’un échantillon de vendeurs du même marché ou dans différents points de vente de la même région. Le prix de départ moyen d’un produit élémentaire est égal à la somme des valeurs de départ de ce produit divisée par la somme des quantités normales pertinentes. Pour estimer le prix final de chaque produit remis en prime (laitue et courgettes), le prix de départ moyen obtenu est divisé par le taux de marchandage calculé pour le produit demandé (carottes). La valeur de chaque produit remis en prime est calculée en multipliant le prix final par la quantité offerte. Si le lot de produits remis en prime contient un produit de la même qualité que le produit demandé, ce produit sera évalué sur la base de la valeur finale du produit demandé.

Remplacement forcé, substitution de produits et ajustement de la qualité

6.103 L’une des difficultés rencontrées à l’occasion des relevés (à l’échelon local ou dans un système centralisé) est de trouver un produit de remplacement lorsqu’un produit dont le prix était suivi n’est plus disponible. Ce cas, qui est examiné brièvement dans le présent chapitre, puisqu’il se rapporte à des décisions auxquelles font vraiment face les enquêteurs sur le terrain, est approfondi aux chapitres 7 et 8. Lorsqu’il est nécessaire de trouver un produit de remplacement, l’enquêteur devrait normalement choisir le produit le plus proche disponible dans le point de vente, en prenant en considération les caractéristiques les plus pertinentes pour déterminer le prix de ce produit, ainsi que les habitudes des consommateurs (par exemple, il ne faudrait pas remplacer un produit périmé ou dépassé par un produit proche qui risque de présenter rapidement les mêmes inconvénients). Néanmoins, lorsqu’il est jugé souhaitable de prendre un produit de remplacement pour mettre à jour l’échantillon, il est possible de choisir un produit «très représentatif». Dans ce cas, il convient de s’assurer que des contrôles suffisants sont en place pour atteindre l’objectif souhaité.

6.104 Lorsqu’un produit est remplacé, il est important que l’enquêteur donne une spécification détaillée du nouveau produit afin que tout changement de qualité puisse être identifié en bureau et que l’indice des prix à la consommation continue de refléter le coût de l’achat d’un même panier de biens de qualité constante. Les services en bureau devraient alors utiliser les informations recueillies pour décider s’il y a lieu de procéder à un ajustement de qualité.

6.105 Lorsqu’une telle situation se produit, il est nécessaire d’avoir un prix nominal pour le mois de référence (qui, dans le cas de certains indices, est le mois précédent) du nouveau produit ou du produit de remplacement. Il est possible de demander ce prix au commerçant ou d’estimer un nouveau prix de référence en utilisant l’une des trois méthodes suivantes: comparaison directe (lorsqu’il n’y a pas de changement de qualité) ou ajustement direct (explicite) ou indirect (implicite) de la qualité. Lorsqu’un produit nouveau plutôt qu’un produit comparable est retenu, il peut être nécessaire de ne pas inclure ce produit dans l’indice pendant un bref délai jusqu’à ce qu’on dispose d’informations suffisantes sur sa disponibilité à long terme et la stabilité de son prix.

6.106 Dans certains pays, un tableau des coefficients de qualité est utilisé pour ajuster les prix. Dans un pays d’Afrique du Nord par exemple, le produit élémentaire «thé vert» devrait être représenté par le thé Minara; cependant, si on ne peut le trouver, un autre thé pourrait être utilisé et son prix ajusté en fonction du coefficient pertinent (par exemple, thé Oudaya x 1,20). Des recommandations plus détaillées au sujet de l’ajustement direct ou indirect de qualité sont faites au chapitre 7.

6.107 Si un point de vente ferme ou refuse que davantage de prix soient relevés, un autre point de vente analogue devrait être choisi au même endroit et un ajustement indirect de qualité effectué pour calculer de nouveaux prix de référence. À propos de l’échantillonnage des points de vente de remplacement, voir chapitre 5.

Questions connexes

Communication électronique

6.108 Le relevé et le traitement des prix, de même que l’apurement de la collecte, pourraient être plus efficaces si les données étaient communiquées sur support électronique dans le cas d’un système centralisé ou à l’aide d’ordinateurs de poche à l’échelon local, mais ces solutions nécessitent la mise en place de procédures efficaces de contrôle de qualité. Il est en outre probable que l’on aura de plus en plus recours dans l’avenir aux caisses enregistreuses électroniques ou aux données saisies par lecture optique.

6.109Communication électronique des prix dans un système centralisé. La collecte électronique centralisée des données peut se faire de diverses façons. Une fois qu’un premier contact a été établi avec les fournisseurs de données, une technique mutuellement acceptable peut être utilisée. Les solutions possibles sont les suivantes:

  • échanges de feuilles de calcul issues de tableurs transmis par courrier électronique entre l’office national de statistique et les détaillants;

  • envoi par les détaillants de listes de prix par courrier électronique aux dates convenues;

  • utilisation d’appareils à clavier pour communiquer les données selon le format convenu;

  • recours à Internet (complété le cas échéant par des appels téléphoniques pour clarifier les définitions et la disponibilité des données).

6.110Ordinateurs de poche. Les principaux avantages procurés par l’emploi d’ordinateurs de poche pour relever localement les prix sont sans doute les suivants: transmission efficace des données, meilleure qualité des données grâce au mécanisme de mise en forme ainsi disponible sur le terrain et élimination des erreurs de transcription. En outre, ces ordinateurs permettent en général de travailler plus vite.

6.111 Les contrôles de validation effectués à l’occasion des relevés à l’échelon local avec des ordinateurs de poche ne différeront guère en général de ceux auxquels procède l’organisme centralisé lorsque les formulaires papier sont envoyés selon les méthodes traditionnelles. L’ordinateur de poche permet de valider les prix sur le terrain et, en conséquence, de corriger les erreurs au moment du relevé. En pratique, il peut être coûteux et très difficile de vérifier les prix après leur collecte. Par exemple, il se peut qu’ils aient changé et que l’enquêteur doive se fier à la mémoire du commerçant.

6.112 Le choix d’un ordinateur de poche dépendra d’un certain nombre de facteurs (prix, fiabilité, entretien et facilité d’emploi). Les fonctions de transfert des données (sauvegarde, téléchargement et compatibilité avec les systèmes de bureau) sont aussi importantes. En outre, les enquêteurs s’intéressent tout particulièrement à l’aspect ergonomique, la taille et le poids, les mécanismes de mise en forme et l’autonomie des piles. Le risque de vol et les autres questions de sécurité jouent également un rôle.

6.113 L’achat des ordinateurs de poche, la mise au point du logiciel et la formation des enquêteurs risquent d’entraîner des dépenses importantes. En outre, il faudra compter avec des frais permanents d’entretien. Pour réduire ou partager ces frais, il est parfois possible que l’office national de statistique recueille d’autres données avec ces ordinateurs, dans le cadre par exemple d’une enquête sur le budget des ménages, ou que des travaux soient sous-traités à d’autres organismes qui, éventuellement, utilisent déjà ces ordinateurs pour d’autres enquêtes statistiques. Ces coûts peuvent être compensés, en partie du moins, par les gains d’efficacité réalisés par les enquêteurs et les économies générées par une diminution des opérations manuelles de transcription et de saisie des données et une réduction des travaux de mise en forme en bureau.

6.114 Pour éviter les risques que comporte le passage d’un relevé sur support papier à un relevé informatisé, une planification soigneuse s’impose. Les offices nationaux de statistique doivent procéder à des essais-pilote d’envergure et aussi envisager de conserver parallèlement, dans une certaine mesure, l’ancien système afin de s’assurer que la nouvelle méthode est fiable et donne les mêmes résultats numériques.

6.115 Les fonctions supplémentaires offertes par les ordinateurs de poche, entre autres la mise en forme locale des données sur les prix et l’élimination de leur transcription, peuvent nécessiter un réaménagement général du processus de production de l’indice des prix à la consommation, ainsi qu’une redéfinition des rôles et de l’interaction des différents membres de l’équipe de production, ainsi que des enquêteurs et de l’organisme central.

6.116 Il est important que des règles et des procédures claires soient établies pour suivre les changements apportés par l’enquêteur sur le terrain ou effectués dans un système centralisé. Par exemple, il serait possible de prévoir à l’avance les points de vente susceptibles de remplacer ceux qui cessent leur activité ou refusent de laisser relever les prix. L’enquêteur devrait disposer d’une certaine latitude pour choisir et saisir les nouvelles caractéristiques des produits élémentaires de remplacement, sous réserve de l’application de procédures contrôlées en bureau.

6.117Caisses enregistreuses électroniques ou données saisies par lecture optique. Les données des caisses enregistreuses électroniques sont celles qui sont obtenues directement d’un détaillant et les données saisies par lecture optique celles des bases de données commerciales qui rassemblent les données des caisses enregistreuses électroniques. Les offices nationaux de statistique estiment de plus en plus que ces deux techniques permettent d’obtenir des informations à jour et exactes non seulement sur la quantité et les prix des biens vendus, mais aussi sur leur spécification. La seconde peut être utilisée pour vérifier la représentativité de l’échantillon et mesurer les changements de qualité. Son avantage est que les données sont collectées électroniquement sans qu’il soit nécessaire d’envoyer des enquêteurs sur le terrain.

6.118 Lorsqu’on envisage d’utiliser des données saisies par lecture optique, il faut notamment tenir compte de la représentativité des points de vente et des produits couverts, et se demander si les prix moyens alors obtenus reflètent les prix de vente effectifs. En outre, on ne peut présumer que la couverture géographique et celle de la population ou le traitement des biens et des ventes soient ceux qu’exige la définition de l’indice. Les données saisies par lecture optique sont sans doute peu utiles pour relever les prix des services qui, dans de nombreux pays, représentent une part croissante des ventes et, par conséquent, une part croissante de la pondération des indices des prix à la consommation. D’un point de vue pratique, l’identification unique des produits risque parfois de poser un problème, car il se peut qu’un produit élémentaire soit couvert par plus d’un numéro de code et que des numéros de code ne soient pas uniquement assignés à un produit et soient recyclés à mesure que disparaissent les produits élémentaires.

Parités de pouvoir d’achat

6.119 Les parités de pouvoir d’achat sont utilisées pour déflater les principaux agrégats économiques, tels que le produit intérieur brut, de façon à pouvoir comparer entre des pays des revenus en volume, c’est-à-dire ajustés pour tenir compte des prix locaux et des différentes habitudes de consommation. Les parités de pouvoir d’achat consistent à comparer entre des pays les prix d’un panier de biens et de services représentatif et comparable. Les données sur les prix utilisées diffèrent donc de celles utilisées dans les indices des prix à la consommation dans la mesure où les paniers de ceux-ci sont conçus pour n’être représentatif que de la consommation des ménages ordinaires sur le territoire économique d’un pays donné.

6.120 Il serait séduisant en principe d’établir les indices des prix à la consommation et les parités de pouvoir d’achat à partir de la même série de base de données sur les prix. En pratique, cette approche risque d’être limitée, car les objectifs sont différents. En particulier, la condition supplémentaire que les prix relevés dans le contexte des parités de pouvoir d’achat doivent être comparables entre les pays se traduit en général par un panier dont la définition est plus étroite que celui utilisé pour un indice des prix à la consommation.

6.121 Il se peut que l’on puisse découvrir des produits communs aux deux paniers, auquel cas, un seul relevé des prix pourrait convenir. Il peut s’agir en particulier de produits sans marque et de fruits et légumes frais locaux; par exemple, des pommes à couteau locales d’une qualité normale peuvent être comparées entre les pays sans se référer à la variété concernée. En revanche, les produits, alimentaires ou non, commercialisés sous une marque peuvent poser davantage de problèmes à cause de différences dans l’offre et leur spécification entre les pays.

6.122 Nonobstant les inconvénients susmentionnés, les données saisies par lecture optique constituent parfois une source commune utile de données sur les prix, du moins pour certains éléments du calcul des parités de pouvoir d’achat. Certains points concernant les parités de pouvoir d’achat et le Programme de comparaison internationale (PCI) sont approfondis à l’annexe 4.

Qualité des données et contrôle de la qualité

6.123 Il conviendrait de vérifier si les données sur les prix sont correctes et si l’indice a été établi selon la bonne méthodologie et de s’assurer dès que possible dans les processus de relevé et de compilation que les données sont complètes et exactes. À mesure que le temps s’écoule, il est de plus en plus difficile de retourner dans le magasin pour ressaisir les données et le risque est grand que les prix aient changé depuis le relevé initial. Il n’est pas possible de prescrire le type et la gamme de vérifications à exécuter. Les vérifications se feront au cas par cas, y compris en ce qui concerne la conception de l’échantillon et les moyens utilisés pour relever les prix. Par exemple, la vérification sera beaucoup plus poussée lors du relevé initial dans le magasin si l’enquêteur travaille avec un ordinateur de poche et non sur support papier. D’autres recommandations sur le contrôle de la qualité sont données au chapitre 12.

Documentation

6.124 On ne saurait trop insister sur l’importance d’une bonne documentation. Des documents sont nécessaires pour expliquer ce qu’il faut faire et quand, comment et pourquoi cela doit être fait. La préparation de ces documents est une bonne occasion de vérifier la qualité des procédures utilisées pour relever les prix et établir l’indice. Elle donne aussi la possibilité de revoir et d’améliorer ces procédures. Une fois en place, la documentation a une double fonction dans le contexte de l’établissement de l’indice. Premièrement, elle permet de poursuivre au pied levé les travaux si l’enquêteur tombe malade ou quitte son emploi. Deuxièmement, elle permet aussi un contrôle de la qualité afin de vérifier si les procédures sont bel et bien suivies. De façon plus générale, elle est une référence utile pour les utilisateurs des indices des prix à la consommation. La documentation est examinée de façon plus approfondie au chapitre 12.

Appendice 6.1 Extrait d’un formulaire simple de relevé des prix

Notes: L’enquêteur remplit les quatre dernières colonnes, ne répondant pas à la question «marque ou produit» lorsqu’elle est sans objet. Il existe en général un questionnaire distinct pour chaque type de produit élémentaire ou pour chaque point de vente.

Date du relevé:Nom de l’enquêteur:Nom du point de vente:
Produit élémentairePoint de venteDescription: marque ou produitPrixCode1Explications complémentaires (remplir, s’il y a lieu, pour les points de vente/produits élémentaires en utilisant les messages précodés convenus)
Pommes de terre—nouvelles, en vrac le kgGreen Fingers Green GrocersJersey Royals59pCProduit élémentaire comparable. Mois précédent, Egyptian Queens. Variation saisonnière.
Bœuf du pays, haché de qualité supérieure, le kgSuperBuys SupermarketMarque de la chaîne. Premier choix. Emballage rouge et bleu.3,45£SOffre spéciale. Prix réduit de moitié.
Pizza congelée, de dimension moyenne,300–450 gSuperBuys SupermarketMarque de la chaîne. Assortiment complet. Boîte rouge avec photo de la pizza.400 gpPoids précédent: 450 g.
Lait, pasteurisé, 4 pt ou 21SuperBuys SupermarketEntier, pasteurisé. Bouteilles en plastique avec étiquette bleue.89p
Chemise de ville pour homme, manches longuesFormal for MenMarque «Dickie Dirts». Blanche, 75 % coton, 25 % polyester. Made in England. Note de bleu sur l’emballage.34,99£CoCravate gratuite.
Chaussures mode pour femmesStepsEscarpins noirs. Nom: «Sleekie». Semelles et dessus en cuir. Made in China.30,00£RRetour à un prix normal après un rabais de 25 %.
Repas au restaurant, plat principal, repas du soir, préciserFill upMorue, pommes de terre frites et salade. Menu principal.7,50£CA remplacé: «carrelet, pommes de terre frites et salade».
Billet de théâtre, soirée, orchestre, adulteCivic TheatreJack and the Beanstalk. Séance du soir (lundi-jeudi).12,00£NA remplacé: «Talking heads».

C = comparable; S = soldes ou offre spéciale; P = poids; Co = consultation; R = retour à un prix normal; N = nouveau.

C = comparable; S = soldes ou offre spéciale; P = poids; Co = consultation; R = retour à un prix normal; N = nouveau.

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