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Appendice A. Allocation de droits de tirage spéciaux pour la troisième période de base: proposition du Directeur général du Fonds monétaire international Le 25 octobre 1978

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
January 1979
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Première partie. Besoin de compléter les réserves

1. Base d’allocation

La présente proposition d’allocation de droits de tirage spéciaux est faite conformément à la conclusion, à laquelle je suis parvenu, qu’il existe actuellement “un besoin mondial à long terme … de compléter les avoirs de réserve existants”. Cette conclusion prescrite par la section 1 a) de l’article XVIII découle des considérations suivantes.

On aurait pensé que l’assouplissement des régimes de change atténuerait notablement le besoin de réserves. Au surplus, d’importants changements sont survenus sur les marchés financiers mondiaux au cours de la dernière décennie, et la plupart des pays peuvent obtenir des réserves en ayant recours aux marchés internationaux de l’argent et des capitaux.

L’expérience montre cependant que les pays veulent augmenter leurs réserves à mesure qu’augmente le volume de leurs transactions internationales et l’on peut s’attendre à ce que lesdites réserves continuent de croître au cours des années qui viennent. S’il est vrai que la plupart des pays ont le moyen de satisfaire leurs besoins de réserves lorsque les marchés internationaux des capitaux sont aussi ouverts qu’ils le sont aujourd’hui, la décision d’allouer des droits de tirage spéciaux ne repose pas sur l’idée que le besoin global à long terme ne peut être couvert que par voie d’allocations. Le système dans lequel les pays ajoutent à leurs réserves brutes à mesure que leur endettement international augmente implique pour eux un besoin récurrent de refinancement. L’accroissement des réserves nettes obtenu par voie d’allocation de droits de tirage spéciaux n’a pas le même inconvénient.

Une autre considération est l’intention déclarée à la section 7 de l’article VIII et à l’article XXII de faire du droit de tirage spécial le principal instrument de réserve du système monétaire international. Ce serait méconnaître cette intention que de compter exclusivement sur l’accumulation de monnaies de réserve pour assurer l’augmentation de réserves nécessaire. Bien que l’importance du rôle du droit de tirage spécial ne se mesure pas d’une manière purement quantitative, le montant de droits de tirage spéciaux émis doit néanmoins être pris en considération. Le volume des droits de tirage spéciaux n’a pas augmenté depuis le début de 1972 et, de ce fait, la part de cette composante dans la liquidité internationale a été progressivement réduite. Lorsqu’une allocation de droits de tirage spéciaux pour 1970–72 a été décidée à la fin de 1969, on pensait que les droits de tirage spéciaux pourraient par la suite constituer la majeure partie des augmentations des réserves. En réalité, les avoirs en monnaies de réserve ont augmenté bien plus vite qu’on ne s’y attendait et la part effective des avoirs en droits de tirage spéciaux dans les réserves autres que l’or, qui était d’environ 10 pour 100 au début de 1972, n’est plus que de l’ordre de 4 pour 100 à l’heure actuelle. En l’absence d’une allocation, le rôle du droit de tirage spécial mesuré en proportion des réserves continuerait à diminuer rapidement.

Telles sont les raisons qui m’ont amené à conclure, conformément aux Statuts, qu’il fallait décider de reprendre les allocations de droits de tirage spéciaux.

2. Importance de l’allocation et période d’allocation

Pour apprécier l’importance qu’il est souhaitable de donner aux allocations de droits de tirage spéciaux, il faut naturellement tenir compte de l’ampleur actuelle des réserves officielles et de leurs perspectives de croissance. A son tour, la croissance des réserves officielles est fonction de la valeur du commerce mondial qui, selon une évaluation prudente, pourrait pendant les cinq prochaines années augmenter de quelque 10 pour 100 par an. Le rapport des réserves officielles à la valeur du commerce international a cependant varié d’une période à l’autre et les réserves pourraient donc croître à un taux supérieur ou inférieur. Comme les avoirs des Etats membres en devises étrangères et en instruments liés au Fonds s’évaluent à l’heure actuelle à 230 milliards de DTS, il semble que l’augmentation annuelle moyenne au cours des cinq prochaines années ne pourrait guère être inférieure à 20 milliards de DTS. Bien entendu, il n’est pas possible de tirer de ces chiffres d’indications précises pour déterminer le niveau et le moment appropriés des allocations de droits de tirage spéciaux, mais on peut s’y référer utilement lorsqu’il s’agit d’en décider.

On peut soutenir, bien que cette opinion ne soit pas universellement partagée, que l’offre de réserves disponibles par la voie des marchés internationaux des capitaux étant fortement élastique, une allocation de droits de tirage spéciaux pourrait, pour une large part, remplacer l’augmentation des avoirs officiels de devises étrangères qui aurait eu lieu autrement. Si l’on raisonne ainsi, il semble que les effets expansionnistes d’une allocation seraient limités. Quelque opinion qu’on ait sur ces questions, il n’est pas douteux que, dans le monde actuel, il faille tenir compte également de l’incidence que pourrait avoir sur l’inflation l’attente d’une décision d’allouer des droits de tirage spéciaux. Cette considération donne à penser que les allocations à l’heure actuelle devraient être modestes, qu’il s’agisse de leur volume annuel ou de la longueur de la période sur laquelle elles devraient s’étendre.

C’est pourquoi j’ai conclu que le Fonds devrait procéder à des allocations de 4 milliards de DTS au cours de chacune des trois prochaines années, de 1979 à 1981. En spécifiant ces montants, j’ai tenu compte également de la décision concernant l’utilisation des droits de tirage spéciaux en paiement partiel des augmentations de quotes-parts qui doivent avoir lieu au titre de la Septième révision générale des quotes-parts. La première allocation sera faite au premier jour du mois qui suivra la date à laquelle la résolution du Conseil des gouverneurs prendra effet et les deux autres allocations seront faites le même jour de chacune des deux années suivantes…

Rapport annuel, 1979

p. 142–43

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