Chapter

Analyse des opérations financières

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
January 1979
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La présente section vise à traiter du problème suivant: comment les statistiques macroéconomiques décrites dans la section précédente peuvent-elles se rattacher aux comptes des opérations financières de façon à relater des faits relativement simples et pourtant significatifs. Les comptes des opérations financières ont été exposés brièvement, plus haut, dans la section relative aux secteurs financiers. Ce sont les relevés des opérations financières des secteurs d’une économie. Alors qu’ils ont été introduits à l’origine comme un type distinct de statistiques macroéconomiques, les organismes statistiques nationaux de certains pays et certains experts les ont depuis intégrés aux comptes nationaux. Le SCN recommande une consolidation-type des comptes nationaux et des comptes des opérations financières. Ici, on tente de présenter une approche de la consolidation plus simple, quoique semblable42.

Le terme secteur utilisé dans les sections précédentes est défini ici de nouveau. Un secteur est un groupe d’unités présentant des caractéristiques communes que l’on distingue aux fins d’analyse, tels le secteur monétaire et ses sous-secteurs, et le secteur des administrations publiques dont il a été question plus haut. Autres exemples: le secteur des ménages, le secteur des entreprises non financières, le secteur des institutions financières non monétaires. Ce sont parfois les fonctions économiques assumées qui tracent la frontière entre les différents secteurs; l’exemple principal est le fait d’exclure du secteur des administrations publiques les fonctions des administrations publiques qui sont analogues à celles des institutions financières et de les imputer aux secteurs financiers appropriés. Ici, le terme secteur ne s’appliquera qu’à une subdivision d’une économie, comme on l’a définie dans la présente brochure, c’est-à-dire comme étant composée d’unités économiques résidentes. On évitera l’expression d’usage “secteur extérieur” pour désigner le reste du monde.

Approche générale

Lorsqu’on désagrège les comptes nationaux par secteurs et qu’on y ajoute un relevé des opérations financières de chaque secteur, chaque relevé sectoriel ressemble tout à fait à une balance de paiements. On exploite souvent cette analogie, à laquelle la présente étude donne toute sa valeur. Un relevé sectoriel couvrant les opérations incluses dans les comptes nationaux se termine par le solde des opérations non financières du secteur, qui, en principe, devrait être égal à la variation de ses avoirs et engagements financiers à l’égard des autres secteurs intérieurs et du reste du monde. Etant donné que les opérations entre les secteurs intérieurs s’annulent, les soldes sectoriels ainsi définis devraient aussi, en principe, constituer la balance des transactions courantes, y compris les transferts en capital. Lorsque les variations des avoirs et engagements financiers d’un secteur sont définies, mutatis mutandis, de la même façon que les mouvements de capitaux dans la balance des paiements, la somme des opérations financières de tous les secteurs (intérieurs) au sein de chaque catégorie établie pour les avoirs financiers devrait là aussi, en principe, constituer les mouvements de capitaux internationaux à l’intérieur de chaque catégorie. L’expression en principe sert à indiquer que ces identités peuvent être masquées par les erreurs et omissions dans les statistiques. Pour la simplicité de l’exposé, ces erreurs et omissions ne seront pas prises en compte dans la présente section.

Il existe deux méthodes d’utilisation de statistiques macroéconomiques combinées: la réconciliation et la synthèse. La réconciliation est nécessaire lorsque les experts responsables des diverses catégories de statistiques acceptent d’être en désaccord, c’est-à-dire qu’ils conviennent d’accepter des méthodes qui sont en contradiction les unes avec les autres, en faisant valoir que les différences s’imposent du fait que les statistiques répondent à des objectifs différents. L’autre méthode consiste à tenter une synthèse complète dans laquelle les mêmes concepts s’appliquent uniformément à un système intégré de statistiques macroéconomiques. Le SCN a adopté la dernière méthode, qui a été également appliquée aux statistiques nationales de certains pays.

Une des méthodes d’analyse des opérations financières consiste à utiliser un système complet de comptes nationaux: un compte de production, un compte de revenu et de dépenses, un compte de capital et de financement (comme dans l’appendice), mais tous subdivisés par secteurs, y compris le reste du monde comme secteur de l’économie43. D’autres méthodes, couvrant aussi le reste du monde comme secteur de l’économie, peuvent comprendre un relevé complet des opérations économiques incluses dans les comptes nationaux, avec une classification quelque peu différente44. Ou encore, on peut établir, comme dans le SCN, un relevé du compte de revenu et de dépenses et du compte de capital et de financement, subdivisés en secteurs intérieurs, auquel s’ajoute la balance des paiements (intitulé dans le SCN Ensemble des comptes, opérations avec l’extérieur). En principe, la solution adoptée ici est la même que dans le SCN; la présentation, toutefois, est extrêmement condensée, et la sectorisation et la sélection différentes des opérations permettent de mettre l’accent sur les variables qui constituent les instruments et les objectifs de la politique économique.

La méthode suggérée ici introduit quelques simplifications. Si l’on cherche à obtenir une présentation assez condensée des comptes des opérations financières, l’inclusion d’un compte de production, classé par secteurs, n’est pas indispensable. L’une des raisons en est que les secteurs qui sont le plus importants pour l’analyse des opérations financières dans la plupart des pays, et notamment dans les pays en développement, sont le secteur des administrations publiques et les divers secteurs financiers, dont les comptes de production ne contribuent guère à l’enregistrement des opérations financières45. Une autre raison, qui s’applique aux pays en développement, est qu’on ne disposera vraisemblablement pas de données complètes et précises relatives aux opérations brutes sur biens et services couvrant les secteurs pour lesquels il importe de rattacher les opérations liées à la production aux opérations financières—ou peut-être qu’on ne les obtiendra qu’avec un retard trop considérable pour la formulation de la politique économique courante. On propose donc d’amorcer la décontraction des agrégats nationaux par secteurs, non pas sur la base des comptes de production, mais en calculant le revenu national disponible à partir de ses composantes (revenu des facteurs, impôts indirects nets des subventions d’exploitation, et transferts courants effectués à l’extérieur ou en provenant).

Comme on l’a indiqué ci-dessus, en intégrant les comptes nationaux aux opérations financières, le SCN remplace la balance des paiements par un relevé concernant le reste du monde considéré comme un secteur de l’économie. On a jugé toutefois préférable ici d’inclure une balance des paiements distincte pour les transactions courantes totales seulement. Les opérations courantes avec le reste du monde ne se prêtent pas à une classification fondée sur les catégories des comptes nationaux. Toutefois, dans des opérations financières, les totaux relatifs à l’ensemble des secteurs intérieurs coïncident avec les postes de la balance des paiements. La juxtaposition des opérations internationales courantes, proposée cidessous, avec des agrégats tels que le revenu national disponible, la consommation, l’épargne et l’investissement, fait ressortir les identités qui existent entre le solde de l’épargne et de l’investissement bruts, d’une part, et la balance des transactions courantes, à l’exclusion des transferts en capital, d’autre part, de même qu’entre la balance de toutes les opérations non financières de l’ensemble de l’économie intérieure, telles qu’elles sont classées dans les catégories des comptes nationaux (y compris les transferts en capital) et la balance des transactions courantes totales46.

Cette présentation permet de rapporter les déséquilibres constatés dans les secteurs individuels de l’économie à ceux qui existent dans l’ensemble de l’économie, ce qui n’est guère possible lorsque le reste du monde est inclus comme secteur de l’économie, car cette présentation peut facilement donner l’impression d’un équilibre en quelque sorte général47. On a jugé utile ici de faire ressortir les déséquilibres et leurs relations, et, notamment, de dégager 1) les excédents ou déficits des administrations publiques et leur financement conformément aux pratiques suivies dans les statistiques de finances publiques; 2) les variations des principaux agrégats dans les statistiques monétaires—les disponibilités monétaires et quasi monétaires, l’expansion du crédit intérieur et les variations des avoirs et engagements extérieurs; et 3) les éléments dont on a besoin pour apprécier un excédent ou déficit de la balance des paiements—tel qu’on le conçoit dans la plupart des pays. La présentation s’attache à illustrer un certain nombre ou la totalité de ces points dans un seul tableau à partir duquel on peut isoler certaines des identités le plus fréquemment utilisées dans les modèles macroéconomiques48.

On peut réaliser une présentation condensée grâce à une sectorisation relativement simple de l’économie intérieure et à l’inclusion d’un nombre relativement restreint de divers types d’opérations financières. Une présentation isolant autant de variables de politique économique que possible dans les domaines budgétaires et monétaires est utile car un relevé des opérations financières englobant tous les secteurs n’occupe pas encore (contrairement aux comptes nationaux, à la balance des paiements, aux statistiques de finances publiques et aux statistiques monétaires) une place de premier plan dans la formulation de la théorie et de la politique économiques. Il s’ensuit que, pour les pays en développement disposant de ressources statistiques limitées, l’élaboration sectorielle très détaillée de comptes relatifs aux opérations financières serait un luxe auquel on devrait accorder une priorité relativement faible. Toutefois, on peut utilement ajouter davantage de détails dans le cadre ici proposé.

Classification à titre d’exemple

La classification utilisée dans l’illustration suivante, qui intéresse principalement les pays en développement, comprend un secteur non monétisé, ou secteur de subsistance, et un secteur monétisé privé non financier, qui, en application de la méthode simplifiée suggérée dans l’annexe à la section consacrée aux secteurs financiers plus haut, comprend aussi les compagnies d’assurances et les caisses de pension actuarielles autres que celles des administrations publiques. Cette méthode élimine la nécessité d’enregistrer les variations des créances intersectorielles des titulaires de police d’assurance-vie et des futurs bénéficiaires de pensions, de même qu’un certain nombre d’autres imputations associées aux régimes des assurances-vie et des pensions. L’épargne des compagnies d’assurance-vie et des caisses de pension et celle réalisée grâce à elles, de même que les variations de leurs actifs financiers, pourraient être isolées comme sous-postes.

Dans un pays en développement, là séparation entre un secteur des sociétés et un secteur d’entreprises individuelles privées non financières est souvent inutile étant donné que le secteur des sociétés est habituellement très restreint. Dans l’exemple simplifié, le secteur privé non financier comprend donc les sociétés et entreprises individuelles, de même que les ménages. On peut toutefois distinguer ces secteurs ou d’autres sous-secteurs s’ils sont assez importants et si l’on dispose des données nécessaires.

Un secteur distinct a été introduit pour les entreprises publiques non financières, qui jouent d’ordinaire un rôle considérable dans les pays en développement. Finalement, on distingue comme secteurs séparés les administrations publiques, le système monétaire et les autres institutions financières. Il eut été souhaitable de subdiviser le secteur monétaire entre les autorités monétaires et les banques de dépôt dans le tableau synoptique (Tableau 8), mais on ne l’a pas fait afin d’assurer une présentation plus dense. Pour remédier à cette grave lacune, un supplément au tableau fait ressortir les relations qui existent entre les opérations du système monétaire pris dans son ensemble et celles qui existent entre ses sous-secteurs, c’est-à-dire l’autorité monétaire centrale et les banques de dépôt, de façon à ce qu’on puisse les rattacher au total des opérations couvertes par le tableau. Les opérations de l’ensemble du système monétaire constituent les variations des catégories d’avoirs et d’engagements financiers enregistrées dans la situation monétaire; le supplément ajoute les variations de celles figurant dans les bilans consolidés des banques de dépôt et de l’autorité monétaire centrale (voir Tableau 6 et Graphiques 2, 3 et 4 plus haut). Les administrations publiques ne sont pas subdivisées en secteurs de la même façon que dans les statistiques de finances publiques, bien que cela puisse avoir de l’importance pour certaines analyses. Il est à croire que, si l’on veut éviter des retards excessifs dans la préparation des données, celles relatives aux administrations publiques devront être obtenues à partir des statistiques couvrant les administrations publiques combinées aux estimations faites pour les autres sous-secteurs. Dans la mesure du possible, les postes relatifs aux administrations publiques sont conformes au Graphique 5, mais la classification des opérations dans les catégories des comptes nationaux a exigé une certaine compensation réciproque entre les débits et les crédits. (Voir plus haut la section traitant des statistiques de finances publiques.)

Tableau 8.Résumé des statistiques macroéconomiques1, 2
Secteur de subsistance (1)Auires secteurs privés non financieres (2)Entreprises publiques non financieres (3)Administrations publiques (4)Institutions financières non monétaires (5)Systeme monetaire (6)Total (7)Balance des paiements (8)
1. Revenu national aux prix du marché101971205824142Exportations
Rémunération des salariés152152104Importations
Revenu de la propriété10451−95860−52Balance commerciale
Crédits1050115875
Débits−5−10−15
Impôts indirects2929
2. Impôts directs et autres transferts sans contrepartie−27−130−2−4−4
Impôts directs−46−153−2−4
Transferts sans contrepartie effectués par les administrations publiques23−23
Autres transferts (y compris les transferts courants à destination ou en provenance de Pétranger−4−4
3. Revenu national disponible (1 + 2)101705034237
4. Consommation (-1)−8−160−42−210
5. Epargne nette (3-4)21083427−4Transferts courants
6. Amortissement1919
7. Epargne brute (5 + 6)22983446
8. Formation de capital (-)−2−41−22−30−1−1−97
Formation brute de capital fixe (-)−2−33−18−30−1−1−85
Variation des stocks (augmentation -)−8−4−12
9. Total (7 + 8)−12−22−2223−51Solde des transactions courantes
10. Transferts en capital101010Transferts en capital
11. Excédent ou déficit des opérations non financières (9-10)−12−22−1223−41−41Solde des transactions courantes
12. Capacité de financement des administrations publiques15−2510
13. Total (11 + 12)−12−7−37123
14. Emprunts non compensatoires des administrations publiques à l’extérieur (net)2020
15. Opérations sur effets publics (à l’exclusion des opérations du système monétaire)−2−15−2
16. Total (13 à 15 inclus)−14−8−12103−21
17. Investissements étrangers dans des institutions privées non financières et dans des institutions financières non monétaires6511
18. Emprunts locaux des institutions financières non monétaires (dépôts inclus)−22
19. Prêts des institutions financières non monétaires (à l’exclusion des achats d’effets publics)311−14
20. Mouvements internationaux de capitaux à court terme (21 non compris)−4−4
21. Variation des avoirs et des engagements extérieurs des banques commerciales−2−2
22. Total (16 à 21 inclus)−113−1231−16
23. Disponibilités monétaires et quasi monétaires−12−5−623
24. Crédit intérieur accordé par le système monétaire232123−40
25. Avoirs extérieurs des autorités monétaires88
26. Utilisation des crédits du FMI88

Les postes 1 à 7 se fondent sur l’exemple du SCN reproduit en appendice, et les postes 1 à 11 sont conformes aux Tableaux 1 et 2 qui précèdent, à l’exception des modifications apportées aux chiffres après le poste 7.

Une augmentation des avoirs est affectée d’un signe négatif; une diminution des avoirs n’est affectée d’aucun signe. Les indications sont en sens inverse pour les engagements.

Les postes 1 à 7 se fondent sur l’exemple du SCN reproduit en appendice, et les postes 1 à 11 sont conformes aux Tableaux 1 et 2 qui précèdent, à l’exception des modifications apportées aux chiffres après le poste 7.

Une augmentation des avoirs est affectée d’un signe négatif; une diminution des avoirs n’est affectée d’aucun signe. Les indications sont en sens inverse pour les engagements.

Le revenu national aux prix du marché, premier poste du tableau, est égal au revenu net des facteurs reçu par les résidents augmenté des impôts indirects, nets des subventions d’exploitation (voir Tableau 1). La rémunération des salariés comprend toutes les recettes des résidents classées dans cette catégorie, qu’elles soient issues de la production intérieure ou extérieure. Le revenu net de la propriété est égal à l’excédent net d’exploitation, tel qu’il est défini dans le SCN, et au revenu net de la propriété provenant de l’extérieur. Il est classé par secteurs après distribution des excédents nets d’exploitation sous forme d’intérêts, de dividendes, etc. Le revenu de la propriété, comme la rémunération des salariés, est inscrit avant le paiement des impôts sur le revenu. Comme l’explique l’annexe à la section traitant des comptes nationaux (ci-dessus), les paiements d’intérêt nets par les administrations publiques et les ménages ne font pas partie du produit intérieur ou national. Dans le Tableau 8 ils sont classés comme un revenu négatif de la propriété (traitement qui est compatible avec la définition du revenu national). Pour des raisons de clarté, ces intérêts font explicitement l’objet d’inscriptions affectées du signe négatif (colonnes 2 et 4). Le poste 2 montre la redistribution des revenus par le moyen de la fiscalité et des prestations sociales de toutes sortes versées par les administrations publiques ou sous d’autres formes. Le poste 3 indique le revenu national disponible après redistribution. En déduisant la consommation au poste 4, également répartie par secteurs, on obtient l’épargne par secteurs au poste 5, qui participe à la formation de l’épargne nationale totale. Le poste 6 couvre l’amortissement du capital fixe, et le poste 7, l’épargne brute (la somme des postes 5 et 6). Pour simplifier la présentation, tous les amortissements ont été imputés au secteur monétisé privé non financier. L’avantage que présente l’enregistrement de l’amortissement du capital fixe dans le secteur des administrations publiques a été examiné dans la section traitant des comptes nationaux (ci-dessus). Dans les secteurs financiers, il est vraisemblable que l’amortissement du capital fixe apparaîtra dans les comptes de base mais les montants en cause doivent être relativement peu importants. Egalement par souci de simplicité, les transferts en capital à l’intérieur de l’économie nationale n’ont pas été pris en considération dans le tableau.

Jusqu’ici, les chiffres des comptes du SCN, reproduits à l’appendice, ont été utilisés pour les agrégats nationaux et, chaque fois qu’il convenait de le faire, pour la répartition par secteurs. A partir du poste 8, le tableau s’écarte de l’exemple du SCN. Des totaux différents sont présentés pour la formation de capital afin de donner une certaine idée du déséquilibre de l’ensemble de l’économie, ainsi que des déséquilibres sectoriels. L’exemple du SCN montre une économie en équilibre presque parfait, et si l’on utilisait ses chiffres d’un bout à l’autre, on aurait, pour le reste du tableau, des résultats assez peu révélateurs. Bien entendu, il a également fallu inventer des chiffres pour les opérations financières qui ne sont pas couvertes par l’exemple du SCN. Le total pour la formation de capital réel a été considérablement augmenté, de 47 à 97, afin de dégager un excèdent d’investissement notable par rapport à l’épargne, qui s’élève ici à quelque 20 pour 100 du revenu national disponible. Un excédent d’investissement par rapport à l’épargne est un phénomène normal dans un pays en développement. La très forte proportion de l’excédent par rapport au revenu national disponible est probablement atypique, mais cela est sans importance pour la présente illustration. La modification des chiffres relatifs à la formation de capital a également exigé une modification de ceux indiqués pour la balance des paiements. Par souci de simplicité, on a uniquement choisi d’accroître, comme l’indique le Graphique 1, les importations, pour qu’elles correspondent à la formation du capital; avec une augmentation de 50, celles-ci passent de 54 à 104.

Les chiffres relatifs à la formation totale de capital ont non seulement été modifiés arbitrairement mais aussi répartis arbitrairement par secteurs, quoique, on l’espère, non sans un certain réalisme. Le chiffre concernant les transferts en capital provenant de l’extérieur49, qui était nul dans l’exemple du SCN, a été porté à quelque 10 pour 100 du total de la formation de capital réel, ce qui n’est peut-être pas exceptionnel pour un pays en développement. Le solde établi au poste 11 de la colonne 7 est identique au solde des transactions avec le reste du monde sur biens et services, du revenu et de tous les transferts sans contrepartie, c’est-à-dire de toutes les transactions non financières, ou à ce qu’on a appelé “la balance des transactions courantes, y compris les transferts de capitaux” dans la dernière colonne. Après ce solde, les colonnes 7 et 8 sont regroupées.

Après addition des prêts des administrations publiques au poste 12, le solde figurant dans la colonne 4, poste 13, correspond au déficit des administrations publiques tel qu’on le définit habituellement. Incidemment, si les prêts des administrations publiques font partie de leur déficit global, elles doivent réduire d’autant les déficits globaux des secteurs recevant les prêts, si l’on suppose que les excédents et déficits sont définis symétriquement. Le poste 13 indique donc une nouvelle répartition des excédents et déficits des secteurs individuels, qui, comme au poste 11, est égale au déficit de la balance des transactions courantes dite totale (y compris les transferts en capitaux)50.

Les postes 14 et 15 réconcilient le déficit des administrations publiques selon sa définition traditionnelle, et la part des administrations publiques dans l’expansion du crédit intérieur accordé par le système monétaire, qui est un élément de la programmation financière. Le poste 14 montre les emprunts des administrations publiques à l’étranger, qui sont supposés être de caractère non compensatoire, c’est-à-dire des emprunts que la plupart des analystes inscriraient au-dessus de la ligne dans les présentations de balance des paiements mettant l’accent sur l’excédent ou le déficit global. Dans la colonne 4, la somme des postes 13 et 14 est égale aux besoins d’emprunt intérieurs des administrations publiques, chiffre important du point de vue de la politique monétaire dans les pays en développement. Le poste 15 déduit du déficit des administrations publiques l’acquisition d’effets publics par les résidents en dehors du système bancaire. Il va sans dire que les inscriptions relatives aux opérations sur titres d’Etat ne se rapportent pas nécessairement à de nouvelles émissions destinées à assurer le financement des déficits des administrations publiques pour l’année courante. L’inscription à la colonne 4 pour le secteur des administrations publiques est une simple écriture de contrepartie, enregistrant la variation des engagements des administrations publiques à l’égard des secteurs non monétaires correspondant à leurs achats nets d’effets publics aux administrations publiques ou au secteur monétaire. Le total des ventes ou des achats par les administrations publiques de leurs propres titres ne peut être obtenu qu’en tenant compte des prêts qu’elles reçoivent du secteur monétaire, qui peuvent revêtir d’autres formes que celles d’achats de titres, par exemple celles d’avances et d’opérations avec l’extérieur. Le total du poste 16 à la colonne 4 a pour contrepartie le crédit (net) du système monétaire aux administrations publiques indiqué au poste 2451.

Le poste 17 est destiné à couvrir les entrées de capitaux à long terme de l’étranger dans les secteurs autres que celui des administrations publiques hors du système monétaire. Il se situerait, comme le poste 14, au-dessus du solde final figurant dans la plupart des présentations de balance des paiements. L’inscription à la colonne 5 pourrait inclure, par exemple, les prêts contractés à l’étranger par une banque de développement, tandis que l’inscription à la colonne 2 pourrait couvrir principalement les investissements directs. Le poste 18 pourrait inclure, entre autres, l’augmentation des dépôts auprès d’une banque d’épargne postale. Mais d’autres institutions financières non monétaires pourraient aussi accepter des dépôts locaux ou emprunter localement sous d’autres formes. Le poste 19 indique les prêts consentis par les institutions financières non monétaires sur la base des ressources qu’elles ont elles-mêmes ajoutées aux réserves et empruntées localement ou à l’étranger.

Les postes 20 et 21 couvrent les mouvements de capitaux privés internationaux à court terme, y compris les variations des avoirs ou engagements extérieurs nets des banques de dépôt. Le total du poste 22 (colonne 7) est conçu, dans le présent exemple, comme mesurant l’excédent ou le déficit global de la balance des paiements, financé par les réserves et comptes apparentés apparaissant aux postes 25 et 26 conformément aux présentations du Balance of Payments Yearbook (qui évitent l’expression excédent ou déficit global). Le solde extérieur utilisé pour définir un objectif de balance des paiements équivaudrait, dans certaines méthodes de programmation financière, à celui qui a pour contrepartie toutes les variations des avoirs extérieurs nets du secteur monétaire. Dans notre exemple, ce serait un déficit de 14, solde qu’on pourrait établir immédiatement après le poste 20 dans la dernière colonne. Les postes 21 et 23 à 26 inclus récapitulent les variations des principales catégories de la situation monétaire (voir Graphique 2). Pour simplifier la présentation, on a omis une inscription pour les avoirs et engagements nets non classés.

Le supplément au Tableau 8 fait entrer dans l’analyse statistique les opérations effectuées à l’intérieur du système monétaire. Il reprend certains des postes du Tableau 8 mais omet des détails qui seraient superflus afin de faire place à une expansion des données monétaires. La première colonne consolide les opérations des secteurs non monétaires. Les trois colonnes suivantes couvrent les opérations du système monétaire et de ses deux sous-secteurs. Comme dans le Tableau 8, le supplément donne aussi des totaux pour l’économie intérieure, qui correspondent aux postes de la balance des paiements. Le poste 9 est le solde des biens, services, revenus et transferts courants; le poste 11 est le solde total des transactions courantes. Les autres postes de la colonne “Total” peuvent être facilement identifiés avec les postes de la balance des paiements.

Les postes 9 et 11 font apparaître, dans les colonnes 2 à 4 inclus, la variation des ressources propres du système monétaire découlant d’un excédent de l’épargne par rapport à la formation de capital. Les postes 12, 14 et 15, et 17 à 20 inclus du Tableau 8 ont été regroupés dans le supplément; leur total indique les entrées nettes de capitaux en provenance de l’étranger dans les secteurs non monétaires, les opérations entre ces secteurs s’annulant. Le poste 21 représente, dans la colonne 5, le solde ayant pour contrepartie les variations des avoirs et engagements extérieurs de l’ensemble du système monétaire, total dont on se sert souvent pour définir un objectif de balance des paiements dans la programmation financière, mais qui ne figure pas au Tableau 8.

Les inscriptions dans la colonne 4 pour les postes 21 à 26 inclus peuvent être considérées comme une analyse des origines et emplois des ressources par l’ensemble du système monétaire. Les origines sont ses “propres ressources” (figurant au poste 21), l’accumulation des disponibilités monétaires et quasi monétaires (poste 23); les emplois comprennent l’extension du crédit intérieur (poste 24) et l’augmentation des avoirs extérieurs nets des banques commerciales (poste 22). Le déficit que font apparaître ces postes (21 à 24 inclus) a pour contrepartie la diminution équivalente des avoirs extérieurs nets de l’autorité monétaire centrale (poste 26).

Le “déficit” indiqué après le poste 24 (colonne 2) découle d’un excédent des emplois (débits, affecté d’un signe négatif) par rapport aux origines (crédits, sans signe) au-dessus de la ligne. Le déficit a pour contrepartie la diminution de la liquidité nette des banques de dépôt conformément à la méthode adoptée dans le Graphique 3 (plus haut), mais il est conçu ici comme étant le solde financé par le recours à la banque centrale sous la forme d’emprunts et d’une réduction des dépôts. Il s’agit en fait d’une analyse des opérations des banques commerciales analogue à celle appliquée à la balance des paiements, mutatis mutandis.

La présentation des opérations de l’autorité monétaire centrale peut être de la même manière considérée comme une analyse en termes de balance des paiements. Les pressions exercées sur les réserves internationales proviennent de l’excédent du crédit aux secteurs non monétaires (11) par rapport à l’accumulation de ressources propres (1) et de disponibilités monétaires et quasi monétaires (6), dégageant un déficit de 4. A cela s’ajoute le recours net des banques de dépôt au financement de la banque centrale (un total de 12) sous forme d’emprunts et d’une réduction des dépôts. Dans les petits pays en développement, un déficit (ou un excédent) de liquidité des banques de dépôt est, en pratique, souvent du même ordre de grandeur que leurs achats nets (ou ventes) de devises à la banque centrale moins (ou plus) les prêts nets de la banque centrale aux autres secteurs. Ainsi interprété, le déficit total de l’autorité monétaire centrale (somme des postes 21 à 25 inclus dans la colonne 3) est équivalent au déficit global de la balance des paiements indiqué dans la colonne “Total” du Tableau 8, qui est financé par une diminution des avoirs extérieurs et une utilisation du crédit du FMI (voir poste 26 et total de la colonne 5 après le poste 24).

Plus importants que ces commentaires pragmatiques, qui envisagent les opérations du système monétaire dans une optique opérationnelle et s’orientent vers une approche de balance des paiements pour les deux sous-secteurs, sont le Tableau 8 et le supplément au Tableau 8 qui rassemblent un grand nombre d’identités utilisées dans l’analyse économique moderne et dans la construction de modèles économétriques, qu’elles se fondent sur la thèse keynésienne ou sur la thèse monétariste ou encore sur un type perfectionné de programmation financière qui opère une synthèse des deux écoles.

Supplément au Tableau 81,2.

Le présent tableau suit, autant que possible, la numérotation du Tableau 8. Toutefois, le total obtenu au poste 21 n’a aucune contrepartie au Tableau 8, et le poste 21 du Tableau 8 devient le poste 22 dans le présent tableau. Les postes 23 et 24 sont les mêmes dans les deux tableaux, le premier comportant davantage de détails; le présent tableau comporte également un nouveau poste (poste 25) qui indique les opérations entre les sous-secteurs du système monétaire. On peut donc identifier les variations des disponibilités monétaires et quasi monétaires et celles de la monnaie centrale. Finalement, les postes 25 et 26 du Tableau 8 ont été regroupés en un seul poste (poste 26) dans le présent tableau. Le solde auquel on arrive après le poste 24 n’a pas été numéroté dans la présentation donnée ici, afin de maintenir le même nombre de postes dans les deux tableaux; on obtient à la colonne 5 le déficit de balance des paiements mesuré par les variations des réserves et des comptes apparentés.

Voir également la note 1 du Tableau 8.

Le présent tableau suit, autant que possible, la numérotation du Tableau 8. Toutefois, le total obtenu au poste 21 n’a aucune contrepartie au Tableau 8, et le poste 21 du Tableau 8 devient le poste 22 dans le présent tableau. Les postes 23 et 24 sont les mêmes dans les deux tableaux, le premier comportant davantage de détails; le présent tableau comporte également un nouveau poste (poste 25) qui indique les opérations entre les sous-secteurs du système monétaire. On peut donc identifier les variations des disponibilités monétaires et quasi monétaires et celles de la monnaie centrale. Finalement, les postes 25 et 26 du Tableau 8 ont été regroupés en un seul poste (poste 26) dans le présent tableau. Le solde auquel on arrive après le poste 24 n’a pas été numéroté dans la présentation donnée ici, afin de maintenir le même nombre de postes dans les deux tableaux; on obtient à la colonne 5 le déficit de balance des paiements mesuré par les variations des réserves et des comptes apparentés.

Voir également la note 1 du Tableau 8.

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