Chapter

Secteurs financiers

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
January 1979
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La période qui a suivi la seconde guerre mondiale a connu, sur le plan des statistiques relatives aux institutions financières, une forte expansion que l’on peut attribuer à deux facteurs principaux. Premièrement, les agrégats monétaires ont acquis une importance croissante, à la fois en théorie économique et pour l’élaboration de la politique économique. Le taux d’augmentation de la masse monétaire est devenu un important indicateur économique: les pays fixent souvent un objectif et le public lui porte aussi un intérêt considérable. Dans le cadre du FMI, le système des comptes monétaires est l’un des éléments essentiels utilisé pour un certain type de politique économique coordonnée que l’on appelle programmation financière. On trouvera un peu plus loin, dans la présente section, une brève description de cette programmation30. Deuxièmement, les statistiques relatives aux institutions monétaires, de même qu’aux autres institutions financières, servent de plus en plus de base à un système de comptes des opérations financières qui retracent le flux des ressources financières à travers l’économie. Il est peut-être juste de dire que les comptes des opérations ont été moins utilisés que les statistiques monétaires dans la formulation des politiques économiques et qu’ils n’ont pas encore trouvé leur place dans la théorie économique, au même titre que les comptes nationaux et les données monétaires.

Il n’existe aucun manuel établissant des normes pour les statistiques monétaires mais, en pratique, celles-ci ont été normalisées par le Fonds dans International Financial Statistics (IFS). La présente section a pour objet de résumer les pratiques en vigueur; elle traite principalement du système monétaire et n’aborde que rapidement les autres institutions financières. Alors que dans la grande majorité des pays les systèmes monétaires ont de nombreuses caractéristiques communes, les autres institutions financières diffèrent énormément. Les systèmes bancaires des Etats-Unis, du Royaume-Uni et de certains autres pays hautement développés ont leurs caractéristiques propres dont il ne sera pas question ici. C’est pour cette raison que l’on n’examinera pas non plus l’incidence des variations brusques des dépôts étrangers et les problèmes de politique monétaire auxquels elles donnent lieu.

Lorsqu’on collecte des statistiques auprès des institutions financières, il est extrêmement important que les avoirs et les engagements financiers soient classés par le secteur du débiteur et par celui du créancier. Cette classification aide à obtenir des informations sur les transactions financières des secteurs non financiers, à vérifier la compatibilité des relevés statistiques des institutions financières et à créer ainsi une base pour les comptes des opérations financières. A cette fin, on aura peut-être besoin d’une classification plus détaillée que celle que l’on examine ici.

Le système monétaire

Le système monétaire se compose de deux parties: les autorités monétaires et les banques dites banques de dépôt. Les autorités monétaires comprennent les institutions monétaires centrales, essentiellement la banque centrale, et toutes les autres institutions monétaires centrales, un Fonds de stabilisation des changes, par exemple, les administrations publiques centrales en leur qualité de détenteurs de devises, d’émetteurs de monnaie et d’emprunteurs aux fins de la balance des paiements, principalement auprès du FMI. Pour des raisons d’ordre pratique, il est commode de limiter leur fonction d’emprunteur aux fins de la balance des paiements, en leur qualité d’autorité monétaire centrale, à certaines formes institutionnelles faciles à identifier, tels les emprunts au FMI, et de ne pas chercher à déterminer si les administrations publiques centrales, lorsqu’elles empruntent à l’étranger, le font à des fins de reconstitution des réserves ou à d’autres fins.

Le prototype des banques de dépôt est la banque commerciale qui reçoit des dépôts transférables par chèque, ou par d’autres moyens, en règlement des obligations du détenteur des dépôts. Les dépôts bancaires fonctionnent à peu près de la même façon que la monnaie fiduciaire. A vrai dire, dans la plupart des pays, le recours aux règlements bancaires se développe beaucoup plus rapidement que les règlements en espèces; on constate, en effet, que les dépôts bancaires constituent, en général, une part croissante du total de la masse monétaire, et la circulation fiduciaire une part décroissante.

Parmi les comptes macroéconomiques, les statistiques monétaires présentent deux avantages particuliers: elles sont disponibles à très bref délai et elles sont les plus fiables de toutes les statistiques macroéconomiques. Elles se fondent sur des bilans et sont habituellement publiées sous cette forme, mais on les analyse souvent en termes de variations des éléments de l’actif et du passif d’une période à l’autre, ou en termes de flux. Telles qu’elles ont été normalisées par le Fonds, elles mettent en évidence des variables auxquelles l’analyse économique moderne attache de plus en plus d’importance: la masse monétaire (au sens étroit ou au sens large), le crédit intérieur et les avoirs et engagements extérieurs. Même lorsque l’analyse des statistiques monétaires s’effectue en termes de variations des éléments de l’actif et du passif, les bilans jouent un rôle tout aussi important, étant donné que les variations doivent être évaluées en fonction des montants établis au début de la période considérée.

Les statistiques monétaires sont consolidées à trois niveaux différents. Premièrement, on doit consolider les avoirs et les engagements des autorités monétaires. Deuxièmement, on doit consolider les avoirs et les engagements des banques de dépôt31. Les banques de dépôt, en plus des banques commerciales, peuvent inclure les banques d’épargne, dans la mesure où elles fournissent des facilités de transfert des dépôts par chèque en règlement des obligations du déposant, et d’autres institutions exerçant une fonction analogue, comme, par exemple, un système de virement postal. Nous considérons ici une seule catégorie, les banques de dépôt, sans examiner son champ d’application exact, qui dépend des dispositions institutionnelles en vigueur dans le pays considéré. Troisièmement, les comptes établis pour l’ensemble du système monétaire sont consolidés en groupant les comptes des autorités monétaires avec ceux des banques de dépôt par élimination des inscriptions interbancaires (c’est-à-dire les chiffres indiqués en IB et IIB du Tableau 6, plus loin).

Tableau 6.Consolidation des bilans du secteur monétaire
Autorités monétaires
Banque

centrale1

(1)
Administrations

publiques

(2)
Total

(3)
Banques de

dépôt

(4)
Système

monétaire

(5)
I. Actif
A. Avoirs extérieurs
1. Or10010110110
2. DTS606060
3. Position de réserve au FMI404040
4. Devises facilement utilisables1.5952001.7953002.095
5. Autres créances extérieures555
Total1.7402702.0103002.310
B. Relations interbancaires
1. Encaisses des banques de dépôt145
2. Dépôts des banques de dépôt auprès de la banque centrale3.045
3. Crédits de la banque centrale aux banques de dépôt195195
Total1951953.190
C. Crédit intérieur
1. Crédits aux administrations publiques centrales (net)1.50013521.6355752.210
2. Crédits aux autres administrations publiques17517535210
3. Crédits aux entreprises publiques non financières1.1001.1005001.600
4. Crédits au secteur privé non financier5.9005.900
5. Crédits aux autres institutions financières100100
Total2.7751352.9107.11010.020
Total de l’actif4.7104055.11510.60012.3303
II. Passif
A. Engagements extérieurs
1. Utilisation des crédits du FMI55285340340
2. Autres crédits à court terme400400240640
3. Crédits à long terme6060
Total4552857403001.040
B. Relations interbancaires
1. Encaisses des banques de dépôt1405145
2. Dépôts des banques de dépôt à la banque centrale3.0453.045
3. Crédits de la banque centrale aux banques de dépôt195
Total3.18553.190195
C. Engagements liquides à l’égard d’autres résidents
1. Circulation fiduciaire
a. Administrations publiques (autres que les administrations publiques centrales)
b. Entreprises publiques non financières1705175175
c. Secteur privé non financier4755480480
d. Autres institutions financières4054545
Total68515700700
2. Dépôts à vue
a. Administrations publiques (autres que les administrations publiques centrales)25251035
b. Entreprises publiques non financières300300200500
c. Secteur privé non financier4.8754.875
d. Autres institutions financières125125
Total3253255.2105.535
3. Engagements quasi monétaires
a. Administrations publiques (autres que les administrations publiques centrales)
b. Entreprises publiques non financières
c. Secteur privé non financier3.9503.950
d. Autres institutions financières5050
Total4.0004.000
D. Divers (net)6010041608951.055
Total du passif4.7104055.11510.60012.3303

Dans plusieurs pays, le bilan de la banque centrale est établi après consolidation des bilans respectifs du département d’émission et du département bancaire de la banque centrale.

Ce chiffre représente le solde de toutes les autres inscriptions à la colonne (2); (voir texte, p. 62).

En ce qui concerne le total de l’actif et le total du passif, ta colonne (5) n’est pas la somme des colonnes (3) et (4), parce qu’elle exclut les créances et les engagements interbancaires dont le montant atteint 3.385.

Allocations de DTS.

Dans plusieurs pays, le bilan de la banque centrale est établi après consolidation des bilans respectifs du département d’émission et du département bancaire de la banque centrale.

Ce chiffre représente le solde de toutes les autres inscriptions à la colonne (2); (voir texte, p. 62).

En ce qui concerne le total de l’actif et le total du passif, ta colonne (5) n’est pas la somme des colonnes (3) et (4), parce qu’elle exclut les créances et les engagements interbancaires dont le montant atteint 3.385.

Allocations de DTS.

Les postes des bilans consolidés du système monétaire sont classés en catégories normalisées. Les principales distinctions se font entre les avoirs et les engagements puis, parmi les uns et les autres, entre ceux qui sont intérieurs et ceux qui sont extérieurs. Les avoirs extérieurs couvrent essentiellement l’or, les DTS, les avoirs en devises étrangères et la position de réserve au Fonds. Le crédit intérieur constitue d’ordinaire la seule catégorie importante des avoirs intérieurs. Au nombre des engagements, hormis les obligations à l’égard des non-résidents, figurent deux catégories importantes: la monnaie et la quasi-monnaie. Les disponibilités monétaires consistent en billets de banque, monnaies divisionnaires (l’engagement de l’autorité monétaire) et dépôts à vue qui, dans la plupart des cas, représentent en très grande partie l’engagement des banques de dépôt. La quasi-monnaie consiste essentiellement en dépôts d’épargne et à terme, ainsi qu’en dépôts libellés en devises, détenus par des résidents auprès des banques de dépôt nationales et de la banque centrale. Elles excluent l’une et l’autre les avoirs des administrations publiques centrales. Très souvent, les dépôts d’épargne et, d’ordinaire sous réserve d’une pénalité, les dépôts à terme, peuvent être convertis presque immédiatement en dépôts à vue. Ces dépôts ont donc un haut degré de liquidité. Une compensation est effectuée, dans la situation monétaire, entre les dépôts détenus par les administrations publiques centrales auprès du système monétaire et les crédits accordés aux administrations publiques centrales32. On procède ainsi car, ayant plus facilement accès au crédit que les autres secteurs et bénéficiant souvent de facilités de découvert à la banque centrale, les administrations publiques centrales ne sont pas habituellement tenues de détenir des encaisses importantes pour financer leurs dépenses. Toutefois, dans les bilans consolidés des sous-secteurs du système monétaire, tels qu’ils sont publiés dans IFS, les crédits aux administrations publiques centrales et les engagements du système monétaire à l’égard des administrations publiques centrales figurent sur une base brute.

Les autres postes du bilan consolidé du système monétaire figurent d’ordinaire sur une base nette (ils représentent presque toujours un engagement). Ils couvrent des postes tels que les immeubles des banques à l’actif, et le capital et les réserves des institutions monétaires au passif. Dans les comptes de capital, les engagements des administrations publiques en leur qualité d’autorité monétaire (ou de la banque centrale) comprennent des inscriptions en contrepartie de l’allocation de DTS. Les DTS nouvellement alloués s’ajoutent aux avoirs extérieurs, et une contre-inscription fictive est passée au passif. Normalement, les moyens de paiement émis mais non encore réglés, ou comme on les appelle souvent, les fonds en route, ne sont pas inclus dans les engagements nets non classés mais sont déduits des dépôts.

D’une façon générale, les moyens de paiement émis et en cours d’encaissement sont les chèques tirés sur d’autres banques qu’une banque accepte provisoirement pour le compte de ses clients et présente alors pour règlement, ou compensation, aux autres banques. Dans la plupart des cas, la banque créditera les comptes de dépôt des clients de la valeur des chèques (sous réserve de recours) au moment où ils sont envoyés aux autres banques pour règlement. Mais, tant que les chèques n’ont pas été payés, les autres banques ne débitent pas les comptes de dépôt de ceux qui ont écrit les chèques. De cette façon, les chèques en cours d’encaissement au moment de la préparation des bilans représentent une double comptabilisation des dépôts, étant donné que leur valeur est ajoutée aux comptes des bénéficiaires avant d’être prélevée sur les comptes des payeurs. La compensation effectuée entre les fonds en route, d’une part, et la valeur de l’ensemble des engagements au titre des dépôts à vue, d’autre part, est destinée à remédier à cette duplication d’écritures.

Une des conséquences de la façon dont les statistiques monétaires sont organisées est qu’elles ne révèlent pas d’ordinaire la part du secteur monétaire dans la formation de capital en termes réels et dans l’épargne. Dans le contexte de l’économie prise dans son ensemble, il est peut-être possible de considérer l’épargne et l’investissement des institutions monétaires comme des quantités négligeables, mais dans certains pays en développement, leur épargne peut constituer une source importante de prêts bancaires. On peut cependant obtenir des données sur cette épargne en se reportant aux bilans et aux comptes de pertes et profits fondamentaux; enfin, les comptes de capital des institutions monétaires, lorsqu’ils sont importants, figurent souvent séparément dans les statistiques.

On trouvera au Tableau 6 un exemple servant à illustrer la façon dont les bilans relatifs aux composantes du système monétaire peuvent être utilisés pour établir, d’abord un bilan consolidé pour les autorités monétaires, ensuite un bilan consolidé pour l’ensemble du système monétaire. Les chiffres sont fictifs et ne prétendent pas reproduire la réalité; ils ne sont utilisés que pour expliquer la méthode de consolidation employée.

La première colonne montre le bilan de la banque centrale. On suppose ici que la banque centrale émet la majeure partie des billets en circulation, que les administrations publiques émettent les monnaies divisionnaires et que les transactions avec le FMI sont effectuées en partie par la banque centrale et en partie par les administrations publiques. Ces hypothèses se conforment aux pratiques courantes suivies dans les pays membres. La seconde colonne indique les avoirs en or et en devises étrangères des administrations publiques centrales, leurs avoirs en DTS et les engagements qui découlent de leur fonction d’émetteur de monnaies divisionnaires (de billets, le cas échéant). Elle couvre aussi une partie des engagements des autorités monétaires à l’égard du FMI.

La colonne 2 fait ainsi apparaître tous les avoirs détenus par les administrations publiques et tous leurs engagements, en leur fonction d’autorités monétaires. Une inscription de contrepartie (poste ICI, col. 2) représentant l’excédent des autres engagements sur les autres avoirs, est passée sous le poste Crédits aux administrations publiques centrales (net). Les administrations publiques auraient été redevables de ce montant à la banque centrale si toutes les fonctions d’autorités monétaires avaient été concentrées dans cette dernière institution plutôt que réparties entre les administrations publiques et la banque centrale. Quelle que soit l’importance relative des deux ou plusieurs parties de l’autorité monétaire centrale (il pourrait aussi y avoir, par exemple, un fonds de stabilisation des changes comme au Royaume-Uni), le principe de la consolidation des comptes est le même: si les administrations publiques reçoivent ou versent des fonds dans leur fonction d’autorités monétaires, elles sont censées emprunter ou prêter (rembourser une dette) au système monétaire. Il est essentiel de séparer les fonctions d’autorités monétaires des administrations publiques de leurs comptes budgétaires, à la fois pour assurer la comparabilité entre les pays indépendamment de dispositions institutionnelles diverses et pour donner une interprétation significative à l’évolution financière de chacun d’eux.

La quatrième colonne présente un état consolidé des bilans des banques de dépôt. Dans cette consolidation, les créances interbancaires (dépôts et opérations de prêts), qui peuvent jouer un rôle important pour combler les déficits de liquidité des banques considérées individuellement, ont été omises, les différences entre les montants communiqués par les débiteurs et les créditeurs apparaissant au poste IID, divers (net), qui est un poste résiduel.

En plus des situations monétaires, qui couvrent l’ensemble du système monétaire, IFS publie des résumés analytiques des bilans consolidés des banques de dépôt, d’une part, et des autorités monétaires, d’autre part.

On trouvera aux Graphiques 2, 3 et 4 des réarrangements simplifiés des chiffres du Tableau 6 conformément au plan des classifications utilisé dans IFS. Une inscription de contrepartie apparaît dans la partie supérieure gauche de chaque graphique afin de mettre en relief la présentation d’importantes variables de politique économique. Dans les Graphiques 2 et 4, la présentation vise à orienter les graphiques vers les relations qui existent entre les comptes monétaires et l’excédent ou le déficit de la balance des paiements. Le Graphique 3 montre, comme poste de contrepartie, les encaisses et réserves des banques, importante catégorie du point de vue de la politique monétaire33.

Graphique 2.Situation Monétaire1

(Actif = Passif = 11.290)

1 Les références entre parenthèses se rapportent au Tableau 6, colonne 5.

Graphique 3.Banques de Dépôt1

(Actif = Passif = 10.300)

1 Les références entre parenthèses se rapportent au Tableau 6, colonne 4.

La somme des disponibilités monétaires et quasi monétaires est désignée sous l’appellation de masse monétaire au sens large (ou M2). Le côté droit inclut aussi les engagements nets non classés, que l’on décrit comme un poste résiduel (Divers), Les principaux postes à droite sont les disponibilités monétaires, autrement dit, les dépôts à vue et les pièces et billets détenus par les secteurs non monétaires, à l’exception des administrations publiques centrales (que l’on appelle souvent Ml); et la quasi-monnaie, les créances moins liquides détenues par les mêmes secteurs sur le système monétaire. Le Graphique 2 montre l’identité qui existe entre les avoirs et les engagements de l’ensemble du système monétaire. Les avoirs figurent du côté gauche du graphique et les engagements du côté droit. Les avoirs couvrent le crédit intérieur classé par secteurs (mais de façon moins détaillée qu’au Tableau 6), et les avoirs extérieurs nets, qui figurent comme un poste de contrepartie.

Les dépôts à l’importation représentent un certain pourcentage de la valeur des importations qui, préalablement à l’obtention d’une licence d’importation, doit être versé dans un compte bloqué. Les fonds seront ensuite débloqués un certain temps après le dédouanement. Les systèmes de dépôts à l’importation ont pour objet de réduire les importations, à des fins de balance des paiements. Parfois, les dépôts à l’importation seront financés par l’exportateur étranger, de sorte qu’ils entraînent une entrée de capitaux à court terme plutôt qu’une réduction des importations. Les dépôts à l’importation varient d’ordinaire selon la catégorie; ils sont souvent les plus élevés pour les articles de luxe, alors que les produits essentiels peuvent en être exempts. Comme le Tableau 6, le graphique omet les dépôts à l’importation, qui peuvent représenter des engagements importants dans certains pays, mais n’existent pas dans la plupart des cas. Les dépôts et la monnaie fiduciaire détenus par les administrations publiques centrales viennent en déduction des crédits qu’elles accordent conformément à une pratique généralement acceptée (voir, toutefois, la note 32). On justifie traditionnellement cette méthode en posant par hypothèse que, puisque les administrations publiques bénéficient d’un accès plus facile au crédit que les autres secteurs, leurs dépôts ne sont pas étroitement liés à leur rythme de dépenses34.

Les crédits nets aux administrations publiques centrales, de même que les crédits bruts aux autres secteurs, apparaissent du côté gauche du graphique. L’inscription de contrepartie couvrant les avoirs extérieurs nets des engagements extérieurs a été donnée sur une base nette, comme c’est l’usage dans les situations monétaires. On choisit souvent, comme objectif de balance des paiements dans la programmation financière, la variation des avoirs extérieurs nets de l’ensemble du système monétaire. On peut considérer cette variation comme la résultante de la variation de la masse monétaire au sens large (ressources) et de l’expansion du crédit intérieur (emplois), si l’on tient dûment compte des mouvements enregistrés par les autres postes, y compris le poste résiduel. L’expansion du crédit intérieur est le principal instrument de la politique monétaire dont on dispose pour faire concorder les objectifs monétaires d’un pays avec son objectif de balance des paiements.

Le Graphique 3 montre les principales catégories du bilan consolidé des banques de dépôt. Les avoirs sont inscrits à gauche, le principal élément étant là encore le crédit intérieur, qui est classé par secteurs. Les encaisses et les réserves—dépôts détenus auprès des autorités monétaires et encaisses—apparaissent comme un élément de contrepartie, autrement dit, comme la différence entre les ressources telles qu’elles sont indiquées à droite et les crédits accordés par les banques de dépôt. Ces réserves et encaisses des banques ont été isolées en tant qu’inscription de contrepartie, car elles constituent l’élément essentiel de la monnaie centrale ou base monétaire (voir l’examen du Graphique 4, plus loin), pour laquelle on fixe parfois un objectif de politique monétaire. Cette politique est suivie dans les pays où l’on peut supposer qu’il existe une relation prévisible (un multiplicateur) entre la monnaie centrale et la masse monétaire définie au sens étroit ou au sens large. Dans les pays hautement développés, les opérations d’open-market sont le principal moyen d’action sur la liquidité des banques, mais dans la plupart des cas ces opérations ne peuvent être conduites dans les pays en développement, où les marchés financiers sont d’ordinaire extrêmement limités. Dans les pays en développement comme dans les pays développés, on peut utiliser des coefficients de liquidité pour agir sur les réserves excédentaires dont disposent les banques pour leurs opérations de prêt.

Graphique 4.Autorités Monétaires

(Actif = Passif = 4.375)2

1 Les références entre parenthèses se rapportent au Tableau 6, colonne 3.

2 Le chiffre résiduel de (Divers) 160 n’a pas été retenu au passif.

3 Secteurs résidents autres que les banques de dépôt et les administrations publiques centrales.

Le Graphique 4 présente à gauche le crédit intérieur accordé par les autorités monétaires, qui, dans la plupart des pays, couvre principalement le crédit aux banques de dépôt et au secteur public (administrations publiques centrales, autres administrations publiques et entreprises publiques). Les avoirs extérieurs nets apparaissent comme un poste de contrepartie, lorsqu’on pose par hypothèse que les variations des autres catégories peuvent être induites, dans une certaine mesure, par la politique monétaire et budgétaire. La variation des avoirs extérieurs nets des autorités monétaires sert à définir un objectif de balance des paiements dans certains cas de programmation financière.

Le côté droit du graphique indique tous les engagements des autorités monétaires regroupés sous le terme “base monétaire” dans IFS, Il exclut leurs engagements à l’égard des administrations publiques centrales et des non-résidents, qui viennent ici en déduction des avoirs. Les dépôts des “autres secteurs résidents” sont aussi de la monnaie. Du point de vue de la politique monétaire, leurs engagements à l’égard des banques de dépôt, décrits comme représentant les réserves des banques, sont le poste le plus important. D’ordinaire, les autorités monétaires ne peuvent exercer une grande influence sur la circulation fiduciaire. Par contre, les réserves des banques augmentent lorsque les autorités monétaires augmentent le crédit intérieur, non seulement directement par les crédits accordés aux banques de dépôt, mais aussi par le biais des crédits que les autorités monétaires accordent aux administrations publiques et aux autres secteurs résidents. Les réserves des banques diminuent avec l’expansion de leurs crédits nette de l’accumulation de dépôts chez elles, le solde entre ces deux mouvements aboutissant à une diminution (ou une augmentation) de trésorerie.

Programmation financière

Ainsi qu’on l’a mentionné plus haut, le système des comptes monétaires est utilisé dans ce qu’on appelle la programmation financière. Cette programmation est une condition préalable à l’utilisation des crédits du FMI par les pays membres. De toute façon, elle joue un rôle utile en assurant la compatibilité entre les divers objectifs fixés en matière de politique économique. La manière d’aborder la programmation financière varie avec les perspectives économiques qui s’offrent à court terme à un pays donné, avec les instruments de politique économique dont il dispose, et avec la marge de manoeuvre que lui laissent sa balance des paiements, sa position de réserve et ses possibilités d’emprunt à l’étranger. La brève analyse qui suit se concentre sur les méthodes les plus couramment suivies et sur une situation où le déficit prévisible de la balance des paiements dépasse celui que s’étaient fixé les autorités monétaires.

Les programmes financiers sont habituellement établis pour un an et couvrent principalement: la modification du PIB ou du PNB en prix constants; le taux d’inflation35, la variation de la masse monétaire (au sens étroit ou au sens large) et un objectif de balance des paiements, défini d’ordinaire en fonction de la variation des avoirs extérieurs nets de l’ensemble du système monétaire mais parfois limité à la variation des avoirs extérieurs nets des autorités monétaires.

La programmation financière commence par une prévision des comptes nationaux à prix constants et courants et de la balance des transactions courantes et en capital; bien entendu, les estimations de la balance des transactions courantes et des comptes nationaux doivent être compatibles entre elles. Les prévisions peuvent faire apparaître que, sans modification de la politique adoptée, l’évolution économique entraînera des besoins très importants de financement de la balance des paiements qui conduiront à une perte de réserves intolérable. Au cours de l’exercice, les prévisions seront exprimées en objectifs portant sur les éléments mentionnés au paragraphe précédent. On utilise un ou plusieurs modèles de l’économie pour vérifier la compatibilité des objectifs.

On constatera peut-être qu’il y a incompatibilité entre, d’une part, le taux de croissance jugé souhaitable et le taux d’inflation prévu, et, d’autre part, une balance des paiements satisfaisante. Un des moyens dont on dispose pour réconcilier les objectifs de croissance et de prix avec une balance des paiements viable est de limiter la croissance de l’économie en réduisant les dépenses publiques et privées et, de ce fait, les importations, grâce à des mesures budgétaires et au resserrement du crédit; cette dernière mesure peut favoriser une entrée de capitaux privés à court terme. Il est possible aussi que le déficit de la balance des paiements implicite dans l’objectif de croissance soit pleinement ou partiellement comblé par un financement extérieur public qui n’était pas envisagé au moment des prévisions initiales mais que l’on compte pouvoir négocier. Ce financement comprend l’utilisation des ressources du FMI. Les emprunts des administrations publiques ou de la banque centrale sur les marchés financiers à l’étranger représentent une autre source possible de financement. Lorsqu’on recourt à l’emprunt extérieur, on doit tenir compte de son incidence sur le service futur de la dette extérieure. L’emprunt extérieur est une solution naturelle si l’on juge que les difficultés de balance des paiements sont temporaires. Mais on peut aussi y avoir recours uniquement pour différer des ajustements fondamentaux de l’économie qui permettraient une répartition de l’épargne et des ressources réelles favorisant un taux de croissance plus satisfaisant à long terme, par exemple, une modification du taux de change pour le rapprocher de la réalité, ou une action sur la structure des taux d’intérêt et sur les prix soumis au contrôle des pouvoirs publics.

Une fois fixé un objectif de croissance et de prix compatible avec un objectif réaliste de balance des paiements, il faut arrêter un objectif de croissance de la masse monétaire (au sens étroit ou au sens large) en fonction du modèle ou des modèles qui servent de base à la planification. Il sera souvent préférable de fixer un objectif pour la masse monétaire au sens large car, si l’on fixe un objectif pour les seules disponibilités monétaires, on devra malgré tout estimer aussi la variation des disponibilités quasi monétaires pour arriver au taux d’expansion du crédit compatible avec l’objectif de balance des paiements. L’objectif monétaire doit être considéré comme étant contenu implicitement dans les objectifs retenus pour la croissance économique et l’évolution des prix. Il s’agit davantage d’une situation que d’un objectif en soi; en fait, la demande de monnaie, que ce soit au sens étroit ou au sens large, dépend du comportement des particuliers et des entreprises, variable que les autorités ne peuvent ni prévoir avec certitude ni maîtriser.

On estime en général la demande de monnaie (au sens étroit ou au sens large) en faisant une régression appropriée dans laquelle on la considère comme une fonction du PIB ou du PNB réel, du taux d’inflation et du taux d’intérêt, et éventuellement d’autres variables propres au pays concerné. Les projections monétaires (et souvent d’autres aussi) sont soumises à une vaste marge d’erreur, non seulement dans les pays en développement mais dans tous les pays, fait que les responsables de la programmation ne saisissent pas toujours suffisamment bien.

L’estimation porte sur la demande de monnaie (au sens étroit ou au sens large) qui sera probablement nécessaire en moyenne pendant l’année; on procède ainsi parce que les taux de croissance du PIB et du PNB à prix constants et courants portent sur une comparaison des moyennes pour deux années et non pas sur les variations enregistrées au cours de chaque année. Une fois estimé le montant moyen de la masse monétaire (au sens étroit ou au sens large), on doit prévoir l’évolution probable de cet agrégat durant l’année en tenant compte des variations saisonnières normales. Par contre, l’objectif de balance des paiements se définit en termes de variations des avoirs extérieurs nets en cours d’année. On doit alors calculer l’expansion du crédit intérieur durant l’année, compatible avec l’objectif de balance des paiements, et la variation estimée de la demande de monnaie (au sens étroit ou au sens large) durant l’année (en intégrant d’autres éléments, comme les dépôts à l’importation, le cas échéant), mois par mois ou trimestre par trimestre, en prenant en compte les variations saisonnières normales de la demande de crédit. Il faut calculer les chiffres mensuels ou trimestriels pour les agrégats monétaires, pour le crédit intérieur et pour les avoirs extérieurs nets afin de permettre le suivi de la situation à mesure que l’année s’écoule.

Contrairement à la masse monétaire (au sens étroit ou au sens large), le crédit intérieur peut en principe être contrôlé par les autorités. Mais des écarts par rapport aux objectifs fixés pour la masse monétaire (au sens étroit ou au sens large) se produiront vraisemblablement qui, s’ils sont importants, exigeront éventuellement une révision du programme et un réexamen des politiques. Les programmes financiers sont habituellement réexaminés chaque mois à mesure que les données relatives à la situation monétaire deviennent disponibles.

Autres institutions financières

Dans les pays hautement développés, les institutions financières non monétaires sont nombreuses et variées et elles jouent un rôle essentiel dans l’analyse des opérations financières. Bien que les autres institutions financières soient moins nombreuses dans les pays en développement, il importe aussi de recueillir systématiquement des statistiques auprès d’elles. On peut d’ordinaire obtenir ces statistiques à partir de leurs bilans si elles sont classées selon les mêmes catégories que celles utilisées dans les statistiques monétaires. Cela signifie qu’il faut distinguer les avoirs et engagements extérieurs et classer les avoirs et engagements intérieurs par secteurs intérieurs. Les avoirs qui correspondent à une formation de capital en termes réels doivent être enregistrés séparément des avoirs financiers.

Une institution financière caractéristique pour un pays en développement est une banque de développement qui oriente les fonds extérieurs et intérieurs vers des projets de développement. Ou encore une banque agricole spécialisée ou une institution d’épargne qui ne fait pas partie du système monétaire en tant que banque de dépôt. La plupart des pays, en développement et développés, ont des institutions financières qui se spécialisent dans les emprunts et les prêts au logement; si ces institutions se livrent aussi à des activités de construction et de location de logements, ce sont des entreprises non financières, mais leurs opérations financières sont peut-être extrêmement importantes et doivent être enregistrées, ainsi que les données relatives à leur production, leur épargne, leur formation de capital en termes réels et leurs ventes immobilières. Les institutions financières qui se spécialisent dans les prêts à la consommation, achats d’automobiles, par exemple, enregistrent peut-être également un volume important d’opérations financières dans les pays en développement.

Les compagnies d’assurance peuvent être considérées comme des institutions financières sui generis. On peut les diviser d’une façon générale en deux catégories, les compagnies d’assurance-dommages et les compagnies d’assurance-vie. Les compagnies d’assurance-dommages fournissent un service intangible qu’on peut appeler la prise de risque. Elles encaissent des primes, versent des indemnités et se protègent habituellement, pour la plupart, contre des écarts par rapport à la fréquence normale des sinistres calculés selon la technique actuarielle en ayant recours à la réassurance, activité en grande partie internationale, concentrée dans certains des pays financièrement très développés. Néanmoins, les compagnies d’assurance-dommages doivent constituer leurs propres réserves afin de se couvrir des risques imprévus et elles sont d’ordinaire tenues de le faire par la loi.

Les compagnies d’assurance-vie sont des institutions tout à fait différentes, puisqu’elles s’engagent, par des contrats à long terme, à effectuer des versements forfaitaires ou des paiements annuels réguliers à vie, après une période de temps spécifiée, souvent un nombre élevé d’années. Lorsqu’elles assurent des paiements annuels à vie, elles remplissent la même fonction que les caisses de pension qui se fondent sur la technique actuarielle. Les compagnies d’assurance-vie et les caisses de pension perçoivent des contributions régulières et accumulent des engagements actuariels à l’égard des titulaires de police. Par ailleurs, de par leurs activités, elles accumulent une épargne considérable pour le compte des titulaires de police et des futurs retraités et peuvent jouer un rôle important sur les marchés des capitaux même dans les pays en développement.

Annexe: Institutions financières et comptes nationaux

On constatera, si l’on analyse la section relative aux comptes nationaux plus haut, que l’enregistrement de la production des institutions financières recommandé pour les comptes nationaux n’a guère de rapport avec leurs opérations effectives. On peut toutefois définir de façon significative la part des institutions financières dans le revenu national disponible. Elle est égale à leurs bénéfices non distribués qui sont eux-mêmes égaux à leur excédent brut d’exploitation diminué des paiements d’intérêts et de dividendes aux créditeurs et actionnaires, et des versements au titre de l’impôt sur le revenu. Leur excédent brut d’exploitation représente leur part dans le revenu national avant paiement d’impôts et distribution des bénéfices; les bénéfices non distribués représentent leur part dans l’épargne (voir la dernière section de la présente brochure). En principe, il faudrait éliminer la réévaluation des actifs financiers. Si l’on enregistre les comptes de pertes et profits, il faut déduire les plus-values et ajouter les moins-values pour obtenir leurs parts dans le revenu national et dans l’épargne. On peut alors inscrire ces réévaluations à un poste de réconciliation, suivant la méthode employée pour enregistrer les changements d’évaluation dans les postes de contrepartie de la balance des paiements, ou on peut les éliminer des postes relatifs aux opérations sur les avoirs et engagements financiers correspondants. L’épargne nette des institutions financières augmentée de la dépréciation des biens de capital fixe constitue leur épargne brute, qui est contrebalancée par leur formation brute de capital augmentée de l’accroissement de leurs actifs financiers nets, net signifiant avoirs moins engagements. Pour les compagnies d’assurance-dommages, l’épargne nette peut être identifiée avec les bénéfices non distribués calculés sur une base actuarielle, plus ou moins les augmentations ou diminutions des réserves mises de côté pour couvrir les risques futurs.

Les opérations des compagnies d’assurance sur la vie sont plus complexes. Certains contrats d’assurance-vie, couvrant l’assurance dite temporaire, sont tout à fait analogues aux assurances-dommages. Ce sont des contrats en vertu desquels le bénéficiaire désigné du titulaire de la police a droit à un paiement forfaitaire seulement si le titulaire de la police meurt pendant une période spécifiée, mais il ne reçoit rien si ce titulaire vit au-delà de la période du contrat. Les primes d’assurance payées au titre de ce type d’assurance-vie augmentent avec l’âge de l’assuré et sont une expression de l’élément assurance pure de l’assurance-vie. Le type plus courant d’assurance-vie prévoit toutefois un paiement forfaitaire, ou une rente viagère, à la fin de la période du contrat. Pour intégrer ces opérations dans les catégories des comptes nationaux, on doit effectuer un certain nombre d’imputations. Une partie de la prime d’assurance doit être considérée comme une forme d’épargne par laquelle la créance du titulaire de la police sur la compagnie d’assurance-vie, calculée sur une base actuarielle, s’accroît avec le temps. La valeur actuarielle de la police augmente aussi parce que la compagnie d’assurance sur la vie peut toucher des intérêts ou d’autres revenus de la propriété sur les fonds versés par les titulaires de police. La créance du titulaire de police—calculée selon la technique actuarielle—sur la compagnie d’assurance s’accroît donc non seulement à cause de la prime qu’il paie en plus de l’élément assurance pure (qui peut être considéré comme étant égal à la prime versée pour l’assurance temporaire) mais aussi à cause d’un intérêt imputé sur sa créance accumulée sur la compagnie d’assurance. L’assuré se constitue ainsi progressivement un avoir financier imputé égal à la prime d’assurance diminuée de l’élément assurance pure et augmentée de l’intérêt imputé. S’il a acheté une rente viagère, il reçoit à l’expiration du contrat un paiement annuel qui est la somme des intérêts sur sa créance calculée sur une base actuarielle et un retrait de capital, diminuée d’une prime d’assurance. Bien entendu, ce n’est pas ainsi que les titulaires de police d’assurance sur la vie et les participants aux caisses de pension se représentent les opérations. Les primes d’assurance sur la vie et les cotisations à une caisse de pension représentent en fait des déductions sur le revenu que la personne assurée est libre de dépenser, autrement dit, sur son revenu disponible. Inversement, elle considère la rente viagère et la pension comme un revenu, et le paiement forfaitaire comme une augmentation de son capital financier plutôt que comme un revenu. Les paiements de rentes viagères et les pensions s’ajoutent au revenu disponible du bénéficiaire.

Bien qu’il ne soit pas difficile de comprendre ces imputations, on a du mal à les enregistrer dans les comptes nationaux. On peut les éviter dans la mesure où les compagnies d’assurance-vie et les caisses de pension sont imputées aux mêmes secteurs intérieurs dans les comptes nationaux, y compris les opérations financières (voir la dernière section de la présente brochure), car, dans ce cas, elles s’annulent toutes à l’intérieur du secteur en question. Ce qui reste, c’est l’épargne de la compagnie d’assurance ou de la caisse de pension accumulée pour le compte du titulaire de la police ou du futur retraité, et le placement de cette épargne par la compagnie d’assurance ou la caisse de pension.

Un problème général, mais qui a une importance particulière pour les comptes des autorités monétaires, est de savoir comment traiter les changements d’évaluation. Si un pays dévalue ou réévalue sa monnaie, il enregistre une plus-value ou une moins-value nominale, respectivement, du fait du changement dans l’évaluation de ses avoirs. Les pratiques bancaires ordinaires peuvent exiger que ces gains et pertes soient exclus des comptes de pertes et profits, la contrepartie étant transférée à un compte de capital—les réserves, par exemple. Dans le cas plus courant d’une dévaluation, la dépense de la plus-value obtenue aurait un effet inflationniste. Si la plus-value est versée aux administrations publiques et ensuite dépensée, l’effet sera semblable à celui d’un emprunt de l’Etat à la banque centrale. Toutefois, en régime de taux de change flottants, les plus-values et moins-values tirées du placement des réserves officielles et des emprunts par les autorités monétaires sont devenues un phénomène courant, et l’on se demande s’il n’y aurait pas lieu d’enregistrer ces plus-values et moins-values dans la balance des paiements (voir cette section plus haut). Dans la mesure où elles le seraient, on pourrait aussi les expliquer, dans les comptes nationaux (opérations financières), en créant un poste de contrepartie comme avec la méthode proposée aux fins de balance des paiements, pour que les deux ensembles de comptes concordent entre eux.

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