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Balance des paiements

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
January 1979
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Au lendemain de la première guerre mondiale, les balances de paiements et les marchés des changes ont connu des perturbations généralisées. Les bouleversements qui ont caractérisé les paiements internationaux au début de l’entre-guerre ont été suivis par une période de stabilité relative et un retour général à l’étalon or à la fin des années 20. Toutefois, après la Grande dépression mondiale déclenchée par la crise financière qui a éclaté aux Etats-Unis en 1929, le système monétaire international a été de nouveau secoué par de nouvelles perturbations graves, caractérisées cette fois tant par un recours généralisé aux restrictions de commerce et de change que par la dépréciation des taux de change de nombreuses monnaies.

L’important, dans le contexte qui nous intéresse ici, c’est que, pour la première fois dans l’histoire, la situation monétaire internationale a conduit un certain nombre de pays à établir des statistiques de balance des paiements destinées à servir de base à la formulation de leur politique économique. Les statistiques nationales de balance de paiements ont été à leur tour réunies et publiées par la Société des nations. Les progrès accomplis dans de nombreux pays pendant la période de l’entre-guerre, sur le plan de l’établissement et de l’analyse des statistiques de balance des paiements, se sont poursuivis jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale et ont été d’une aide considérable lorsque le Fonds, peu après sa création en 1946, a commencé à collecter des statistiques de balance des paiements auprès des pays membres. Des normes de compilation des statistiques de balance des paiements ont été élaborées en consultation avec des experts des pays membres et publiées en 1948 sous la forme du Manuel de balance des paiements (première édition). Depuis, le Manuel a été révisé trois fois au fur et à mesure des années et le Fonds a publié, dans son Balance of Payments Yearbook et dans d’autres documents, un très grand nombre de statistiques et d’analyses de balance des paiements.

Cadre conceptuel

Dès le début, la balance des paiements a été considérée par les services du Fonds comme une partie intégrante des comptes nationaux, et ses concepts et définitions ont été étroitement coordonnés avec ceux des diverses éditions du SCN. De ce fait, la méthodologie de la balance des paiements manifeste une grande continuité dans le temps.

La correspondance entre la balance des paiements au titre des transactions courantes et les comptes nationaux a été examinée plus haut dans la section consacrée aux comptes nationaux. On a montré comment les opérations avec l’extérieur sur biens et services, de même que les paiements du revenu des facteurs et les transferts sans contrepartie entre résidents et non-résidents, sont réconciliées avec les agrégats des comptes nationaux. Le solde net des postes des comptes nationaux, que l’on distingue dans les Tableaux 1 et 2, ou des opérations internationales comprises dans les catégories susmentionnées, est égal aux mouvements nets de capitaux (variations des avoirs et des engagements extérieurs), tels qu’ils sont enregistrés dans la balance des paiements, avec signe inversé. Cette identité (sauf erreurs et omissions) est valable lorsque les variations des avoirs et engagements extérieurs d’un pays sont enregistrées à la valeur des transactions, autrement dit, lorsque les modifications dans l’évaluation des avoirs et engagements extérieurs sont exclues de la balance des paiements (voir toutefois, plus loin, Postes de contrepartie). Cest le Tableau 8, plus loin, qui montre peut-être le plus clairement les identités qui existent entre les agrégats des comptes nationaux et les inscriptions de la balance des paiements.

Toutefois, le relevé de la balance des paiements couvre non seulement toutes les transactions entre résidents et non-résidents, mais aussi, dans les transactions en capital, toutes les autres variations des avoirs et engagements extérieurs des résidents résultant d’opérations économiques. Certaines de ces variations peuvent représenter des transactions entre résidents, comme les mouvements des avoirs extérieurs entre les secteurs intérieurs que l’on distingue dans la classification. Elles peuvent aussi inclure, quoique plus rarement, des transactions entre non-résidents lorsque les engagements des résidents sont divisés entre leurs dettes vis-à-vis des autorités monétaires étrangères et leurs dettes vis-à-vis des autres secteurs extérieurs, distinction importante surtout pour les principaux centres financiers. Finalement, la balance des paiements comprend certaines variations des avoirs extérieurs détenus par des résidents qui ne traduisent aucune opération économique, l’exemple principal en étant les variations résultant de l’allocation des DTS par le Fonds (voir Postes de contrepartie plus loin). Les diverses éditions du Manuel de la balance des paiements ont suivi une approche pragmatique en prévoyant l’enregistrement de toutes les variations des avoirs et engagements extérieurs présentant de l’intérêt pour l’évaluation de la situation financière internationale d’un pays, qu’elles soient ou non le résultat de transactions entre résidents et non-résidents. Ainsi, l’accumulation d’avoirs extérieurs par le secteur privé au détriment des réserves de change officielles d’un pays—que l’on qualifie couramment de fuite de capitaux si elle atteint une proportion inquiétante—sera, en principe, mise en évidence par la classification adoptée, même si l’accumulation est imputable à des transactions entre résidents. De même, une transformation des engagements vis-à-vis des autorités monétaires étrangères en engagements vis-à-vis d’autres détenteurs étrangers, ou vice versa—qui, de l’autre côté, se traduit par des mouvements de capitaux correspondants et représente des transactions entre non-résidents—apparaîtra aussi, en principe, dans la balance des paiements lorsqu’on observe les normes recommandées.

La balance des paiements se fonde sur un système de comptabilité en partie double qui applique les règles d’inscriptions en crédit et en débit. Chaque opération économique donne lieu à deux inscriptions: un débit et un crédit. Dans le cas de transactions entre résidents et non-résidents, les inscriptions couvrent les deux flux constituant une opération économique; lorsqu’on inclut les transactions des résidents entre eux ou les transactions des non-résidents entre eux, les inscriptions couvrent les deux extrémités du même flux (voir plus haut Systèmes comptables). Les modifications des avoirs qui ne sont pas le résultat d’une opération économique sont équilibrées par un poste dit de contrepartie (voir plus loin), conformément au système de comptabilité en partie double.

Etant donné que les sources utilisées pour les diverses inscriptions peuvent être incomplètes et ne pas être compatibles entre elles, les totaux des inscriptions en débit et des inscriptions en crédit peuvent ne pas être égaux dans la pratique. On a donc prévu un poste appelé erreurs et omissions nettes pour mettre le relevé en équilibre comptable et avertir les utilisateurs des statistiques de l’incertitude des estimations22. Etant donné que les erreurs et omissions peuvent se compenser mutuellement dans une certaine mesure, l’inscription est décrite comme étant nette.

Biens, services et revenus, et transferts sans contrepartie

Comme en comptabilité nationale, les inscriptions du Tableau 4 sont définies sur la base des transactions ou des faits constatés, ainsi qu’on l’a indiqué dans la première section de la présente brochure23. Le transfert de propriété est censé coïncider, dans le cas de transactions sur marchandises, avec l’inscription qui est passée dans les livres de l’exportateur ou de l’importateur et qui correspond à la vente ou à l’achat, et avec sa contrepartie financière. En cas de paiements préalables ou d’octroi de crédits, le transfert de propriété ne coïncidera pas avec le règlement en monnaie nationale ou étrangère. Ces paiements préalables et crédits doivent être inscrits au compte “Capitaux”. Le décalage dans le temps entre les transactions sur biens et services et leurs règlements monétaires peut provoquer des mouvements de capitaux à court terme très considérables en période de perturbation des marchés des changes; ce sont ces mouvements de capitaux qui sont couramment désignés par l’expression “termaillage”. En principe, toutes les transactions doivent figurer au prix du marché qui peut parfois différer du prix facturé, par exemple, si la valeur des importations est surévaluée ou celle des exportations sous-évaluée pour dissimuler des mouvements de capitaux, ou pour imputer les bénéfices d’entreprises qui font partie de la même société multinationale aux pays où la fiscalité est faible24.

Tableau 4.Composantes standard de la balance des paiements1
I. TRANSACTIONS COURANTES
CréditDébit
A. Biens, services et revenus
Marchandises
Expéditions
Autres transports
Services rendus aux passagers
Services portuaires, etc.
Voyages
Revenus des investissements
Revenus des investissements directs
Revenus réinvestis
Revenus distribués
Autres
Secteur officiel résident,
y compris transactions entre
secteurs officiels
Secteurs officiels étrangers,
non compris transactions entre
secteurs officiels
Privés
Autres biens, services et revenus
Officiels
Interofficiels
Autres, secteur officiel résident
Autres, secteurs officiels étrangers
Privés
Revenu du travail, n.c.a.2
Revenu de la propriété, n.c.a.
Autres
B. Transferts sans contrepartie
Privés
Transferts des migrants
Envois de fonds de travailleurs
Autres
Officiels
Interofficiels
Autres, secteur officiel résident
Autres, secteurs officiels étrangers

Reproduit à partir du Manuel de la balance des paiements, 4éme éd. (1977), p. 77. Pour des définitions précises des postes, voir p. 87–134 du Manuel.

Non compris ailleurs.

Reproduit à partir du Manuel de la balance des paiements, 4éme éd. (1977), p. 77. Pour des définitions précises des postes, voir p. 87–134 du Manuel.

Non compris ailleurs.

Les postes énumérés au Tableau 4 s’expliquent d’eux-mêmes pour la plupart. Le poste “Marchandises” couvre principalement les exportations et importations, comme elles figurent dans les statistiques du commerce extérieur, des ajustements étant effectués dans toute la mesure du possible pour tenir compte des décalages chronologiques (étant donné que l’expédition au-delà de la frontière douanière peut ne pas coïncider avec le transfert de propriété), des valeurs de la couverture (c’est-à-dire pour exclure certains mouvements de biens qui figurent dans les statistiques du commerce ou pour inclure certaines transactions qui n’y sont pas enregistrées). En principe, les exportations et importations doivent figurer à leur valeur f.o.b. frontière du pays exportateur. L’évaluation f.o.b. des exportations comme des importations prévoit une définition symétrique des inscriptions pour les exportations et les importations entre pays, ainsi qu’un traitement symétrique correspondant des inscriptions relatives aux expéditions. Le poste regroupe principalement les services de fret et d’assurance afférents au transport au-delà du point d’évaluation, rendus par des résidents à des non-résidents, et vice versa. Ces postes et les autres catégories figurant au Tableau 4 donnent une notion concrète de ce que l’on entend par exportations et importations de biens et services, au sens où ces expressions ont été utilisées plus haut dans la présente brochure.

Une comparaison avec les catégories des comptes nationaux présente un certain intérêt. Tandis que le groupe A est intitulé Biens, services et revenus (revenu au sens de revenu des facteurs), aucune catégorie distincte n’a été créée pour les revenus, qui sont identifiés sous les rubriques revenu des investissements, revenu du travail et revenu de la propriété, non compris ailleurs. L’ensemble du groupe A est encore souvent appelé Biens et services tout court dans l’analyse des pays et des organisations internationales. Il est vrai qu’en pratique, le revenu du travail couvrira le plus souvent les transferts de fonds effectués par les résidents travaillant à l’étranger (crédit) et par les non-résidents travaillant dans le pays déclarant (débit), nets des dépenses des travailleurs à l’intérieur du pays de consommation principalement. En principe, le revenu brut des travailleurs, leur consommation et autres dépenses à l’intérieur du pays devraient être enregistrés afin de maintenir la pleine compatibilité avec les concepts des comptes nationaux; mais il est probable que les données dont on a besoin pour l’enregistrement brut ne seront disponibles ni pour les comptes nationaux ni pour la balance des paiements. En fait, les données des comptes nationaux pour le revenu du travail sont obtenues d’ordinaire à partir des statistiques des balances des paiements, de sorte que les inscriptions seront les mêmes dans les deux systèmes de comptes. Lorsque les travailleurs migrants sont résidents des pays dans lesquels ils travaillent—ce qui est le cas pour le plus grand nombre d’entre eux dans la plupart des pays—les transferts effectués par les travailleurs sont classés comme des transferts sans contrepartie appartenant au groupe B, et dans ce cas il ne se pose pas de problème de base brute ou nette d’enregistrement. L’incidence des transferts sur la balance des paiements et sur la demande dans les économies concernées est essentiellement la même, qu’ils figurent dans une catégorie ou dans l’autre.

Le tableau ne distingue pas les transferts courants sans contrepartie des transferts en capital sans contrepartie. C’est là une distinction visant à déterminer le revenu national disponible et, partant, l’épargne, qui ne figurent ni l’un ni l’autre dans la balance des paiements. Elle présente donc un intérêt limité pour l’analyse de la balance des paiements, et les critères utilisés pour dissocier ces deux types de transferts (voir note 16) sont difficiles à appliquer aux transactions internationales. 11 peut être néanmoins utile d’indiquer quels sont les postes du groupe B qui seront classés dans les transferts courants et ceux qui seront classés dans les transferts en capital pour les besoins des comptes nationaux. Empiriquement, on peut supposer que la plupart des transferts privés sans contrepartie seront classés comme des transferts courants et la plupart des transferts publics sans contrepartie comme des transferts en capital. Les envois de fonds des travailleurs résidant dans le pays où ils sont employés, de même que les envois de fonds des emigrants à leur famille dans leur pays d’origine, qui seraient considérés comme des transferts courants, représentent souvent le gros des transferts privés. Dans les transferts publics sans contrepartie, la principale composante sera habituellement les dons destinés au financement du développement (aide à des projets ou à des programmes) ou à des subventions budgétaires accordées par certains pays à leurs anciennes colonies ou dépendances. On peut avancer un argument en faveur du traitement de ces dons comme transferts en capital pour le calcul de l’épargne du pays bénéficiaire (voir plus loin Revenu national disponible et épargne). Les impôts sur le revenu recouvrés par les gouvernements auprès des non-résidents, tels que leurs ressortissants vivant à l’étranger, et les pensions non contractuelles versées par les gouvernements à des non-résidents, qui sont tous deux inclus dans les deux derniers sous-postes du groupe B, seraient évidemment classés comme des transferts courants en comptabilité nationale.

Le regroupement dans un compte “Transactions courantes” des Biens, services et revenus et de tous les transferts sans contrepartie, qu’il s’agisse de transferts courants ou en capital, a été adopté dans la quatrième édition du Manuel de la balance des paiements. Toutefois, le chapitre 7 du Manuel précise qu’il serait également possible d’adopter d’autres versions du compte des transactions courantes. Dans les versions antérieures, les transferts sans contrepartie étaient considérés comme une catégorie principale distincte en raison de la difficulté de répartir ces transferts en transferts courants et en transferts en capital conformément aux critères utilisés dans les comptes nationaux (voir note 16). Par suite de cette différence de terminologie, le solde des transactions courantes, tel qu’il est présenté dans le Manuel, diffère de celui qui est présenté comme étant l’excédent ou le déficit courant du compte Reste du monde du SCN, qui exclut les transferts en capital sans contrepartie (voir la dernière section de l’appendice).

Compte Capitaux

On aura de la peine, si l’on veut que la liste des postes ne soit pas trop longue, à mettre au point un système applicable à tous les pays pour la classification des mouvements de capitaux internationaux, et tenant compte de tous les critères appropriés. Ces critères peuvent se résumer comme suit:

  • 1) Les variations des avoirs extérieurs sont distinctes des variations des engagements extérieurs. La nécessité de cette distinction est évidente.

  • 2) On distingue les mouvements de capitaux à long terme des mouvements de capitaux à court terme sur la base de l’échéance prévue à l’origine dans le contrat pour les avoirs et pour les engagements; les avoirs et engagements financiers dont l’échéance prévue est inférieure ou égale à un an sont traditionnellement considérés comme des capitaux à court terme, et ceux dont l’échéance est plus longue ou pour lesquels aucune échéance n’est stipulée (les actions de sociétés) sont traités comme des capitaux à long terme25.

  • 3) Les mouvements de capitaux peuvent être classés en fonction des secteurs intérieurs créanciers (pour les avoirs) ou débiteurs (pour les engagements). La classification selon les secteurs intérieurs facilite l’intégration avec les tableaux des opérations financières; elle est également importante pour l’analyse de la balance des paiements dans la plupart des pays. De ce point de vue, il convient tout particulièrement de distinguer les autorités monétaires, les banques de dépôt et les administrations publiques des autres unités, principalement privées.

  • 4) Les transactions relatives aux engagements extérieurs peuvent être classées en fonction des secteurs extérieurs, une distinction étant faite entre les dettes vis-à-vis des autorités monétaires étrangères et les dettes vis-à-vis des autres secteurs extérieurs. Cette classification revêt une importance particulière dans les centres financiers.

  • 5) Les classifications fonctionnelles, celles qui distinguent des catégories telles que les investissements directs, les investissements de portefeuille et les prêts publics.

Une classification ventilée en fonction de tous ces critères serait très longue. Les quatre premiers critères donnent déjà 32 combinaisons possibles; aussi est-il nécessaire de faire une sélection. Les classifications ont pour objet principal de faciliter l’analyse des déséquilibres de la balance des paiements conformément aux présentations conçues à cet effet (voir plus loin Excédent ou déficit) et mises au point au cours d’une longue période dans le Balance of Payments Yearbook du FMI. Dans la quatrième édition du Manuel, la classification recommandée est plus directement axée sur ces présentations que dans les versions précédentes.

Postes de contrepartie

Les allocations de DTS effectuées en 1970, 1971 et 1972 se sont élevées au total à 9,5 milliards de DTS, évalués à 35 DTS l’once d’or, équivalant donc à l’époque à 9,5 milliards de dollars E.U. La valeur unitaire du DTS a été redéfinie par la suite par rapport à un panier de monnaies et s’est appréciée vis-à-vis du dollar E.U. Les allocations de DTS accroissent les réserves des pays membres participants du Fonds, mais ces allocations n’ont pas de contrepartie dans une opération économique. Les DTS, comme l’or, ne sont pas la contrepartie d’une dette; toutefois, les allocations ne sauraient être considérées comme des transferts sans contrepartie étant donné qu’on ne peut identifier l’auteur du transfert. Cette difficulté a été reconnue dès le début lors de la publication des statistiques de balance des paiements par le Fonds. L’augmentation des réserves résultant des allocations a été incluse au débit de la balance des paiements, avec une inscription compensatoire au crédit, appelée poste de contrepartie (voir l’exemple donné plus loin).

Un poste de contrepartie a été également créé pour la monétisation et la démonétisation de l’or, c’est-à-dire la transformation de l’or d’actif réel en actif monétaire qui se produit lorsqu’il passe du secteur privé à un secteur relevant des autorités monétaires (monétisation), ou vice-versa (démonétisation). La monétisation (ou la démonétisation) de l’or était comptabilisée comme une exportation (ou une importation) de biens et services avant que la pratique consistant à en faire un poste de contrepartie sous rubrique n’ait été adoptée.

L’allocation (ou l’annulation) de DTS et la monétisation (ou la démonétisation) de l’or créent l’une et l’autre une asymétrie entre la variation des réserves mondiales et les engagements des pays vis-à-vis des autorités monétaires étrangères et du Fonds, et engendrent donc, en général, une asymétrie correspondante dans le solde de tous les autres postes lorsqu’on ajoute les données relatives à tous les pays.

Avec la généralisation du flottement des principales monnaies, le risque que comporte pour les banques centrales la gestion d’un portefeuille de devises s’est accru démesurément. Des pertes et des gains sont enregistrés jour après jour sur les avoirs officiels en devises. Gains et pertes peuvent être en partie compensés par des rendements plus faibles sur les placements en monnaies qui s’apprécient que sur les placements en monnaies qui se déprécient. Il est difficile à une banque centrale de se couvrir contre ces risques sur le marché à terme; en fait, on lui demande souvent de couvrir, moyennant une commission appropriée, le risque de change associé aux prêts des banques commerciales ou des entreprises privées dans les pays où il n’existe pas de marchés à terme organisés. Elle peut aussi encourir un risque analogue si elle emprunte pour reconstituer ses réserves, au FMI, par exemple. Lorsqu’on retient le critère général visant à inclure dans la balance des paiements tous les éléments nécessaires à l’évaluation de la position économique d’un pays sur le plan international, on peut se demander si, dans le contexte du flottement des monnaies, certaines pertes enregistrées par les autorités monétaires au titre de leurs opérations de change ne devraient pas être inscrites explicitement dans la balance des paiements pour expliquer la variation des réserves nettes, évaluées aux taux en vigueur au début et à la fin de la période de déclaration, ou bien s’il ne conviendrait pas d’éliminer, comme cela a été fait jusqu’ici, tous les changements d’évaluation, de sorte que le mouvement des réserves serait enregistré à la valeur des transactions. L’idée d’inscrire explicitement les changements d’évaluation dans la balance des paiements a progressé, étant donné qu’à l’avenir la contrepartie du mouvement des réserves et des engagements envers le Fonds imputable à ces changements sera identifiée. Si les changements d’évaluation sont inscrits dans la balance des paiements, ils seront compensés par des postes de contrepartie, puisqu’ils ne représentent pas des transactions internationales.

Excédent ou déficit

Dans les débats publics, qu’ils se déroulent au niveau national ou international, les expressions excédent et déficit de balance des paiements reviennent fréquemment, mais elles restent souvent vagues, ou peuvent être employées dans des sens différents selon les pays. Qu’entend-on par excédent ou déficit, et pourquoi utilise-t-on ces concepts?

Un déficit de balance des paiements peut se définir comme un solde négatif d’un groupe de transactions prises dans la balance des paiements, solde qui, s’il est important et persistant, causera tôt ou tard des difficultés aux autorités monétaires. Ainsi défini, un déficit de balance des paiements exigera l’application d’une politique économique d’ajustement. Un excédent est un solde positif des mêmes types de transactions.

Les postes de la balance des paiements, qui constituent l’excédent ou le déficit, sont dits au-dessus de la ligne. Les autres postes, considérés comme les postes de financement, sont dits au-dessous de la ligne. Les incitations à ajuster des positions excédentaires sont moins fortes que celles qui tendent à ajuster des positions déficitaires. D’ailleurs, il est possible que les pays aient besoin d’excédents soit pour maintenir leurs réserves à un niveau suffisant lorsque la valeur de leur commerce international s’accroît, soit pour leur faire retrouver un niveau suffisant après qu’ils s’en sont servis.

Les mesures à prendre pour ajuster les excédents et les déficits de balance des paiements sont aussi une source de préoccupation sur le plan international. A titre d’exemple, le Comité intérimaire du Conseil des gouverneurs du FMI a déclaré que:

[1]es besoins d’ajustement demeurent très importants et, l’expérience le montre, chaque fois qu’on tarde à y faire face, cela peut se payer cher. Il faudra non seulement de la coopération internationale, mais aussi une action déterminée tant des pays excédentaires que des pays déficitaires pour faire des progrès continus en vue de l’ajustement…26

Les services du Fonds, pendant les premières années de leur existence, se sont efforcés de préciser la notion d’excédent ou de déficit global en publiant les statistiques du Balance of Payments Yearbook en fonction d’un concept uniforme; l’excédent ou le déficit était le solde des transactions autonomes, ou transactions effectuées “pour elles-mêmes”; ce solde donnait lieu à un financement compensatoire officiel, que l’on définissait comme étant la réaction des autorités monétaires à l’excédent ou au déficit global. L’application de ces concepts exigeait que l’on déterminât les facteurs qui sous-tendaient les transactions individuelles, et il apparut bientôt clairement que la distinction entraînait un certain nombre de cas limites difficiles. Les interprétations de ces concepts devinrent extrêmement contestables.

Une approche plus souple fut adoptée ultérieurement dans le Balance of Payments Yearbook. Il fut reconnu que la détermination d’un excédent ou d’un déficit, susceptible de servir de guide à l’action, était une question de jugement sur laquelle on ne pouvait pas toujours s’attendre à un consensus. Ce genre de jugement ne pouvait être exprimé par un seul chiffre mais exigeait une analyse de l’ensemble de la balance des paiements dans le contexte de l’évolution de la situation économique dans le pays et à l’étranger. Au lieu de publier des présentations de balance des paiements en s’attachant à mettre en évidence un seul chiffre, les services du Fonds élaborèrent alors des états analytiques comportant plusieurs soldes, de même qu’un solde définitif, dont aucun n’a été qualifié d’excédent ou de déficit global. Au cours des ans, ces états analytiques sont devenus de plus en plus normalisés et se sont fondés sur des critères objectifs27.

Etat de la balance des paiements: I’exemple du Malawi

La présentation analytique des états de balance des paiements utilisée dans le Balance of Payments Yearbook est illustrée par la balance des paiements du Malawi (Tableau 5). La balance des paiements du Malawi est caractéristique des transactions internationales d’un grand nombre de pays en développement, et la présentation soulève peu de questions.

Tableau 5.Balance DES paiements du malawi, 1969–741(Millions de DTS)
196919701971197219731974
A. Biens, services et transferts sans contrepartie−27,9−34,8−33,0−45,3−22,3−30,8
Marchandises: exportations f.o.b51,857,470,071,681,398,3
Thé11,413,114,313,814,117,0
Tabac15,219,926,528,331,138,4
Autres, y compris ajustements25,224,429,229,536,142,9
Marchandises: importations f.o.b.−73,2−82,0−90,4−102,1−102,0−137,7
Balance commerciale−21,4−24,6−20,4−30,5−20,7−39,4
Services: crédit20,425,031,333,143,357,9
Transports et assurance sur marchandises1,94,36,16,210,314,6
Autres services18,520,725,226,933,043,3
Services: débit−45,6−50,6−56,4−60,3−58,8−59,9
Fret et assurance sur marchandises−8,9−10,7−12,9−12,3−10,6−13,6
Autres transports−2,8−6,0−6,3−7,4−9,6−10,9
Revenu des investissements−9,1−12,3−12,1−14,3−12,3−13,5
Autres services−24,5−21,6−25,1−26,3−26,3−21,9
Total (Biens et services)−46,6−50,2−45,5−57,7−36,2−41,4
Transferts privés sans contrepartie2,22,32,32,84,03,6
Total (à l’exclusion des transferts sans contrepartie des administrations publiques)−44,4−47,9−43,2−54,9−32,2−37,8
Transferts sans contrepartie des administrations publiques16,513,110,29,69,97,0
Dons reçus15,712,39,58,99,36,6
Divers0,80,80,70,70,60,4
B. Capitaux à long terme, b l’exclusion des groupes D et F28,235,532,035,140,747,8
Investissements directs au Malawi4,78,69,69,36,59,8
Autres investissements privés8,3−8,92,98,315,89,7
Tirages au titre des prêts reçus9,72,44,310,518,213,2
Remboursements de prêts−1,4−11,3−1,4−2,2−2,4−3,5
Administrations publiques15,235,819,517,518,428,3
Engagements au titre des prêts (y compris les émissions de titres)15,536,219,717,718,428,3
Avoirs−0,3−0,4−0,2−0,2
Total, A plus B0,30,7−1,010,218,417,0
C. Capitaux g court terme, à l’exclusion des groupes D et F−1,85,5−0,412,510,0−4,9
Banques de dépôt0,10,5−0,8−1,01,90,2
Autres banques privées2,02,92,08,94,54,2
Reserve Bank0,2−0,1
Erreurs et omissions nettes−3,92,1−1,64,43,7−9,3
Total, A à C inclus−1,56,2−1,42,328,412,1
D. Financement extraordinaire
Total, A à D inclus−1,56,2−1,42,328,412,1
E. Postes de contrepartie1,91,61,6
Monétisation / démonétisation de l’or
Allocation de DTS1,91,61,6
Total, AIE inclus−1,58,10,23,928,412,1
F. Réserves et comptes apparentés1,5−8,1−0,2−3,9−28,4−12,1
Utilisation des crédits du FMI
Autres engagements
Or monétaire
DTS−1,9−1,6−1,1
Position de réserve au FMI−0,5−1,8
Devises étrangères et autres créances1,5−6,21,4−2,3−26,6−12,1

Reproduit d’après le Balance of Payments Yearbook du Fonds monétaire international, vol. 27 (1976).

Reproduit d’après le Balance of Payments Yearbook du Fonds monétaire international, vol. 27 (1976).

Le premier solde, dans le tableau pour le Malawi, est celui des biens, services et transferts sans contrepartie, y compris ceux qui seraient considérés comme des transferts en capital dans la terminologie du SCN. Deux autres versions du solde des transactions courantes que l’on utilise aussi couramment, à savoir, le solde des seuls biens et services et celui des biens, services et transferts privés sans contrepartie, figurent comme des sous-postes. Dans certains pays industriels, le solde des transactions courantes est considéré comme la mesure la plus importante des résultats de la balance des paiements et, dans les débats publics, on le décrit comme l’excèdent ou le déficit de la balance des paiements. Il ressort du tableau pris dans son ensemble que, pour un pays en développement comme le Malawi, cela n’aurait guère de sens. En effet, au cours de chaque année indiquée dans le tableau, le premier groupe de transactions accuse un déficit (indiqué par un signe négatif). Pour l’ensemble de la période, ce déficit est inférieur aux entrées de capitaux à long terme figurant dans le deuxième groupe (comme l’indique le total des deux premiers groupes figurant dans le tableau); il leur est supérieur deux années seulement. Cest là une situation normale dans un pays en développement qui peut tolérer un déficit persistant de ses transactions courantes s’il peut compter sur des capitaux privés et sur un financement public de son développement pour compléter ses propres ressources. A vrai dire, il ne pourrait utiliser ni l’un ni l’autre type de financement pour soutenir sa croissance économique sans encourir un déficit de balance des paiements au titre des biens et services.

On fait une distinction entre les capitaux à long terme et les capitaux à court terme en partant de l’hypothèse que les mouvements de capitaux à long terme donneront probablement davantage d’indications sur les tendances de la balance des paiements que les mouvements de capitaux à court terme28. Cette hypothèse semble être confirmée dans le cas du Malawi par les inscriptions figurant au tableau. Alors que les entrées de ressources financières à long terme se sont accrues d’une façon assez régulière, les mouvements de capitaux à court terme ont été quelque peu erratiques. On a donc totalisé les groupes A et B pour mesurer ce qu’on appelle parfois le solde de base. Comme on le verra, les erreurs et omissions nettes ont été imputées aux mouvements de capitaux à court terme et expliquent dans une large mesure les changements intervenus dans le total du groupe C; en particulier, l’apparition d’un solde négatif pour les capitaux à court terme en 1974, alors que ce solde était positif en 1973, est essentiellement due à la variation des erreurs et omissions nettes, comme le sont aussi, pour leur plus grande part, les variations du total des groupes A à C, inclusivement, et des réserves. L’imputation des erreurs et omissions aux capitaux à court terme plutôt qu’aux deux groupes précédents est, bien entendu, contestable.

On notera que les variations des avoirs et engagements nets des banques commerciales ont été imputées aux mouvements de capitaux à court terme. Certains pays estiment que les mouvements des avoirs et engagements de leurs banques commerciales s’apparentent, de par leur caractère, à ceux de leurs réserves officielles. Cela présuppose que les autorités monétaires sont en mesure de contrôler les avoirs extérieurs des banques commerciales et que ces banques sont disposées à négocier des emprunts étrangers à la demande des autorités monétaires lorsque le besoin s’en fait sentir pour protéger la position de la balance globale des paiements. Lorsque les banques commerciales sont autorisées à opérer sur une base commerciale (même si elles doivent se conformer à une réglementation), il est peu vraisemblable qu’elles empruntent à moins qu’il ne soit profitable de le faire, c’est-à-dire que les fonds puissent être reprêtés à un taux d’intérêt supérieur à celui qu’elles ont elles-mêmes payé, compte tenu du risque de variation des taux de change et de tous les autres frais liés à l’opération. La classification des transactions des banques commerciales avec les autres mouvements de capitaux à court terme semble tout à fait raisonnable dans le cas du Malawi.

La somme des groupes A, B et C est-elle alors l’excédent ou le déficit global, ou doit-on ajouter l’ “allocation de DTS”? Le tableau donne deux totaux, l’un comprenant ce poste et l’autre l’excluant. Quelle est la meilleure mesure? Cest là une question à laquelle il est difficile de répondre, si l’on ne se demande pas au préalable quel est le solde souhaitable. On ne peut supposer que, du point de vue du pays concerné, il est nécessairement souhaitable d’enregistrer un solde nul aux mouvements des réserves. Il ressort nettement du tableau que l’un des indicateurs du besoin de réserves—les importations—a augmenté sensiblement au cours de la période, ce qui donne à penser qu’il était nécessaire de dégager un excédent global pour maintenir les réserves à un niveau donné suffisant, d’après cette mesure d’un usage courant. Etant donné que l’allocation de DTS n’a pas suffi à maintenir le rapport des réserves aux importations, on pouvait soutenir qu’une augmentation des réserves, en plus de l’allocation de DTS, s’imposait. Or, on ne peut obtenir cette augmentation sans accroître ailleurs les déficits, ou réduire les excédents. L’allocation de DTS permet au pays d’avoir un excèdent plus faible, DTS non compris (comme on peut le voir dans le total des groupes A à C inclus) qu’il n’eût été nécessaire en l’absence d’allocation. En d’autres termes, l’allocation permet au pays de maintenir un niveau suffisant de réserves avec un excédent plus faible, DTS non compris.

Le tableau établi pour le Malawi fait apparaître une catégorie intitulée Financement exceptionnel, pour laquelle aucune inscription n’a été faite. Cette catégorie est destinée à couvrir certaines transactions exceptionnelles qui sont distinguées des autres mouvements de capitaux à court et long terme pour attirer l’attention du lecteur sur leur caractère extraordinaire. Elles peuvent représenter le financement de certaines transactions à caractère également extraordinaire figurant dans le reste de la balance des paiements; ou bien, elles peuvent représenter un financement non traditionnel d’un excédent ou d’un déficit effectif ou prévu des transactions appartenant aux catégories précédentes. On connaîtra habituellement la nature des transactions en se référant aux notes explicatives qui accompagnent la publication des statistiques; et on est libre d’en donner sa propre interprétation: les inclure dans le calcul de l’excédent ou du déficit global au-dessus de la ligne ou les considérer comme un financement au-dessous de la ligne.

La catégorie Réserves et comptes apparentés comme toutes les autres catégories du tableau, à l’exception du Financement exceptionnel, se fonde sur des critères objectifs et appliqués uniformément à tous les pays. Elle comprend, en premier lieu, les mouvements des réserves brutes et toutes les variations de la position du pays concerné vis-à-vis du Fonds, qu’il s’agisse d’un paiement de souscription, de l’utilisation de la position de réserve au Fonds ou du recours aux crédits du Fonds. Elle comprend aussi toutes les variations des engagements vis-à-vis des autorités monétaires étrangères. Elle est donc définie de façon symétrique, sauf pour les variations des réserves liées aux allocations de DTS et à la monétisation et à la démonétisation de l’or qui figurent dans le groupe précédent. Cela signifie que, exception faite des erreurs et omissions, la somme des deux dernières catégories devrait être égale à zéro lorsqu’on totalise les données pour tous les pays29. Les prêts accordés aux autorités monétaires par des banques étrangères ou d’autres unités du secteur privé, qui ne font pas partie des avoirs de réserve du pays créditeur, seraient ainsi enregistrés comme des mouvements de capitaux à long terme ou à court terme (ou comme du financement exceptionnel) en dehors des réserves et des comptes apparentés. Si le déficit est défini comme un solde négatif au titre de certaines transactions, qui oblige à prendre des mesures d’ajustement lorsqu’il est important et persiste, ces mesures peuvent être nécessaires, que le prêt soit accordé par des autorités monétaires étrangères ou par des unités du secteur privé. Cela dépendra des circonstances, notamment de l’aptitude du pays à emprunter régulièrement sur les marchés financiers étrangers. Là encore, on sera libre de donner sa propre interprétation en se fondant sur les statistiques publiées et sur les renseignements dont on dispose au sujet des circonstances entourant la transaction.

Les réserves et comptes apparentés, tels qu’ils sont maintenant définis, ont toujours été considérés comme l’élément essentiel du financement au-dessous de la ligne des excédents et déficits de la balance des paiements, et comme représentant la réaction des autorités monétaires, dans le pays ou à l’étranger, aux situations déficitaires ou excédentaires. Il en était déjà ainsi lorsque le concept de financement officiel compensatoire était utilisé dans les tout premiers temps des activités du Fonds. Pendant de nombreuses années, un concept analogue, le solde dit solde sur la base de règlements officiels, a été utilisé aux Etats-Unis, dans leur publication des statistiques de balance des paiements, comme mesure de l’excédent ou déficit. Ce solde a cessé d’être publié aux Etats-Unis en 1976. Pour plusieurs raisons, les réserves et comptes apparentés conviennent maintenant moins à l’évaluation de la balance des paiements. Tout d’abord, une accumulation de réserves par les autorités monétaires d’un certain nombre de pays dans un centre de réserve ou dans d’autres centres financiers peut ne pas refléter, dans le contexte du flottement généralisé des taux de change, l’existence d’excédents ou de déficits dans les pays détenteurs de réserves. Il se peut qu’elle représente la réaction à des écarts de taux d’intérêt entre les marchés financiers ou à des facteurs de confiance, incitant les pays à ajuster la composition en monnaies de leurs portefeuilles de devises. De plus, après la forte hausse du prix du pétrole amorcée en 1973, une partie des avoirs extérieurs détenus par les autorités monétaires de certains des principaux pays exportateurs de pétrole doit être considérée comme une sorte d’investissement plutôt que comme des avoirs conservés pour financer des déficits de balance des paiements. Pour toutes ces raisons, il est devenu de plus en plus difficile d’évaluer l’excédent ou le déficit de la balance des paiements qui exige un ajustement. Mais ces difficultés ne s’appliquent pas à la grande majorité des pays en développement.

On rappellera aussi que, dans le cadre d’un système de taux de change flottants, les modifications du taux de change d’un pays influent sur le comportement de la balance des paiements. Toute interprétation de la balance des paiements doit tenir compte non seulement des données statistiques mais aussi des variations des taux de change.

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