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Caractéristiques communes des statistiques macroéconomiques

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
January 1979
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Les diverses catégories de statistiques macroéconomiques reposent, en général, sur les mêmes concepts fondamentaux. Certains concepts reçoivent toutefois des appellations différentes, et il existe aussi de légères différences entre les définitions des mêmes concepts. Plutôt que d’examiner tour à tour les concepts fondamentaux de chacune des catégories, ce qui aboutirait à répéter les mêmes choses et peut-être même à créer une certaine confusion, il est préférable de commencer par décrire ce qu’ils ont en commun.

On souligne ici que les divers ensembles de statistiques macroéconomiques visent le même but général—servir les responsables de la politique économique—et que la meilleure façon d’atteindre ce but est de s’assurer que, dans toute la mesure du possible, les statistiques sont compatibles entre elles, conçues et présentées simplement, et exactes. Pour appliquer ce principe, on doit nécessairement s’écarter légèrement de quelques-unes des normes en vigueur lorsque celles-ci divergent ou comportent des perfectionnements complexes.

Résidents et non-résidents

Les cinq catégories de statistiques macroéconomiques se rapportent à une économie, définie de façon à comprendre tous ses résidents. Le terme de résident est un terme technique, utilisé pour désigner les unités économiques qui ont un lien plus étroit avec le territoire du pays en question qu’avec celui de tout autre pays. Les unités économiques qui ne sont pas résidentes sont appelées unités non résidentes; elles sont des résidentes du reste du monde. Les deux expressions, résident et non résident, n’ont rien à voir avec la nationalité. Le résident d’un pays donné, disons le pays A, peut être le ressortissant d’un autre pays, disons le pays B; et le ressortissant du pays A peut être un résident du pays B.

L’administration publique d’un pays, à quelque niveau que ce soit (administrations publiques centrales, Etats d’une fédération, administrations publiques locales, etc., dont l’ensemble forme les administrations publiques), est invariablement considérée comme résidente, c’est-à-dire comme faisant partie de l’économie intérieure, même lorsqu’elle exerce des activités à l’étranger. C’est ainsi que les ambassades, les installations militaires et tous les autres organismes situés et utilisés par un Etat à l’étranger sont traités comme des unités résidentes du territoire métropolitain, comme le sont les ressortissants de cet Etat en poste dans ces organismes. Inversement, les ambassades ou autres organismes publics maintenus par des Etats étrangers dans un pays donné, et leur personnel non recruté localement, sont des non-résidents. Le sont aussi les organisations internationales, dont les membres sont des Etats.

Toutes les entreprises exerçant une activité sur le territoire national sont considérées comme résidentes même si leur capital est détenu intégralement ou en partie par des étrangers. Une succursale ou filiale d’une entreprise étrangère située dans un pays donné est donc considérée comme résidente de ce pays. Inversement, les succursales et filiales étrangères d’entreprises résidentes sont considérées comme non-résidentes.

La classification des personnes physiques présente plus de difficultés. Les personnes qui vivent en permanence dans un pays sont qualifiées de résidentes, même lorsqu’elles séjournent temporairement à l’étranger, en voyage de tourisme ou d’affaires, par exemple. Et inversement, celles qui vivent en permanence à l’étranger sont considérées comme non résidentes, même lorsqu’elles séjournent temporairement dans un pays donné pour des motifs analogues. Il s’agit là de cas simples. Toutefois, notamment depuis la seconde guerre mondiale, on a assisté à de vastes mouvements de migration de travailleurs qui séjournent pendant des périodes plus ou moins longues au-dehors de leur pays d’origine. Leur séjour peut se prolonger pendant plusieurs années et l’on peut parfois douter de leur désir de rentrer chez eux. Le plus souvent, ils transfèrent dans leur pays d’origine une partie considérable de leur revenu non dépensé localement. Les travailleurs qui passent tous les jours la frontière entre deux pays, de même que les travailleurs saisonniers, sont considérés comme des résidents du pays dans lequel ils ont leur foyer. Quant aux autres travailleurs migrants, on les a, en général, considérés comme des résidents du pays dans lequel ils travaillent, si la durée de leur séjour a dépassé un an.

Les unités économiques résidentes sont classées par secteurs dans la plupart des statistiques macroéconomiques. Les secteurs sont des groupes d’unités économiques, tels que les administrations publiques, les institutions de crédit, les ménages et les entreprises. Le reste du monde est très couramment appelé secteur extérieur, mais on évite cet usage ici car le reste du monde ne fait pas partie de l’économie du pays, telle qu’elle a été définie plus haut.

Biens et services

Les termes biens et services recouvrent habituellement le résultat de l’activité de production présente et passée, dans le pays et à l’étranger, ainsi que la terre (et certains actifs incorporels tels que les droits d’exploitation des ressources minérales). Normalement, les biens et services représentent une production qui incorpore de nombreux facteurs de production à divers stades du processus de production; mais ils représentent parfois les services obtenus à partir d’un seul facteur de production, par exemple, les services d’un domestique. Dans le SCN, les services-facteurs rendus par les résidents d’un pays aux résidents d’un autre sont exclus des biens et services, mais cette pratique n’est pas universellement suivie. Par exemple, dans l’analyse de la balance des paiements de nombreux pays, l’expression exportations et importations de biens et services recouvre aussi les services-facteurs (représentés par le revenu des travailleurs et le revenu de la propriété) rendus entre le pays en question et le reste du monde. Dans la présente brochure, on utilisera le concept de biens et services qui correspond à la définition donnée à la première phrase du présent paragraphe3. Ainsi définis, les biens et services ne comprennent pas la production des services des facteurs de production, sauf lorsque ces services entrent directement dans la production finale, comme dans l’exemple des services domestiques cité plus haut.

Actifs réels et financiers

Le terme actif réel est, en principe, facile à comprendre. Si quelqu’un possède un bien, une installation fixe ou un terrain (ou certains actifs incorporels, comme on l’a mentionné plus haut), il détient un actif réel. Par définition, un actif réel n’est pas la contrepartie d’une dette.

Un actif financier est, en règle générale, une créance qui est la contrepartie de la dette contractée par quelqu’un d’autre, que ce soit un particulier, une entreprise ou un Etat. Comme exemples typiques d’actifs financiers, on peut citer les billets émis par une banque centrale et, donc, sa dette; un dépôt auprès d’une banque, soit une dette pour la banque; et un titre d’Etat, qui représente une dette pour cet Etat. Les actifs financiers comprennent aussi la propriété d’entreprises sous forme d’actions émises par les sociétés, ou, dans le cas d’entreprises non constituées en sociétés, la valeur nette de leur patrimoine, considérée comme représentant les créances financières détenues par les propriétaires sur l’entreprise. La valeur nette du patrimoine d’une entreprise est la différence entre, d’une part, la valeur totale de ses actifs réels et financiers (autres que ses créances sur ses propriétaires) et, d’autre part, l’encours de ses dettes (autres que ses dettes vis-à-vis de ses propriétaires).

Cette règle comporte deux exceptions qui concernent l’or monétaire et les droits de tirage spéciaux. Lorsque l’or était clairement l’avoir de réserve fondamental du système monétaire international, comme c’était le cas à l’époque où le dollar E. U. était librement convertible en or à un prix fixé de facto et de iure, il était naturel de considérer l’or détenu par des autorités monétaires (c’est-à-dire l’or monétaire) comme un actif financier, même s’il n’était pas la contrepartie d’une dette. L’or pouvait être utilisé par les autorités monétaires en règlement de paiements internationaux, habituellement après avoir été converti en dollars E.U.; et inversement, les soldes excédentaires en devises détenus par les autorités monétaires pouvaient être convertis en or. En revanche, l’or n’était pas, en général, détenu dans le secteur privé en tant que réserve de valeur, sauf sous forme de bijoux ou d’ornements, le cas le plus manifeste étant celui de l’Inde, Pour les besoins de la balance des paiements et de la comptabilité nationale, on a pris l’habitude de considérer l’or détenu par les autorités monétaires comme un actif financier, et l’or détenu par le secteur privé comme une marchandise, autrement dit, comme un actif réel.

Le rôle de l’or a récemment subi quelques modifications qui obligeront peut-être un jour à reconsidérer la façon dont il est traité dans les comptes macroéconomiques. En premier lieu, à partir de 1968, lorsque le marché officiel de l’or a été dissocié du marché privé, le prix de l’or sur les marchés privés a été, en général, beaucoup plus élevé que son prix officiel. De ce fait, les autorités monétaires ont été de plus en plus réticentes à utiliser leur or dans les règlements internationaux. Depuis le flottement généralisé des taux de change des principales monnaies, le prix de l’or a connu des fluctuations plus fortes que les taux des monnaies dont on pouvait penser qu’elles se substitueraient à l’or pour le placement des réserves internationales. L’utilisation de l’or pour les règlements officiels internationaux a donc été soumise à de nouvelles contraintes, jusqu’à l’abolition de son prix officiel lors de l’entrée en vigueur, le 1er avril 1978, du deuxième amendement aux statuts du Fonds. Dans le même temps, on a constaté récemment dans le secteur privé une augmentation des conversions en or des avoirs en devises, à des fins spéculatives. En deuxième lieu, au début de 1975, les pays membres du Fonds se sont mis d’accord sur le principe de l’élimination progressive de l’or du système monétaire international. Puisque le rôle de l’or dans les paiements internationaux est sujet à des changements fréquents, il n’est pas improbable que le traitement de l’or dans les statistiques macroéconomiques subisse des modifications à l’avenir.

Les droits de tirage spéciaux (DTS) sont un cas beaucoup plus net d’actif financier, qui, comme l’or, n’est pas la contrepartie d’une dette. En effet, l’allocation et l’annulation de DTS sont régies par les principes et considérations qui suivent: “le Fonds s’efforcera de répondre au besoin global à long terme, lorsque et dans la mesure où il se fera sentir, de compléter les instruments de réserve existants”. Les DTS sont alloués aux pays membres participants au prorata de leur quote-part au Fonds. Ils ne représentent pas des dettes contractées par le Fonds, mais sont acceptables dans les règlements officiels internationaux effectués par les pays membres et par le Fonds lui-même, conformément à certaines règles. Des allocations de DTS ont été faites en 1970, 1971, et 1972. Elles ont repris le 1er janvier 1979 conformément à une résolution du Conseil des gouverneurs prévoyant des allocations annuelles pendant la période 1979-1981.

Opérations économiques et flux

D’une façon générale, les statistiques macroéconomiques enregistrent des opérations économiques. Il est vrai que les statistiques monétaires se fondent sur les bilans et sont habituellement publiées sous cette forme. Toutefois, lorsqu’on analyse ces statistiques monétaires, on s’en sert souvent pour calculer les variations des éléments du passif et de l’actif qui reflètent des opérations économiques (nous laissons de côté, pour le moment, le problème des changements dans l’évaluation). L’enregistrement des opérations économiques peut donc être considéré comme une caractéristique commune des statistiques macroéconomiques4.

Il y a opération économique chaque fois que la propriété d’un actif réel ou financier est transférée, ou qu’un service (y compris un servicefacteur) est rendu par un agent à un autre. Dans la plupart des cas, les opérations économiques sont des échanges: biens et services peuvent être échangés contre des actifs financiers (par exemple, vendus en échange d’argent) ou, plus rarement, contre d’autres biens et services, échange dit de troc; des actifs financiers peuvent encore être échangés contre d’autres actifs financiers (par exemple, un titre peut être vendu contre de l’argent). On rappellera qu’à l’exception des DTS et de l’or monétaire dont il a été question plus haut, la contrepartie d’un actif financier est toujours une dette contractée par quelqu’un d’autre. Par exemple, lorsqu’une banque accorde un prêt à un client en créditant le compte courant de ce dernier, elle échange un actif (le prêt) contre une dette (le dépôt); du point de vue du client, le dépôt est un actif et le prêt une dette. On peut donc décrire le prêt et le dépôt comme des actifs financiers.

Dans certains cas, des biens et services, ou des actifs financiers, sont transférés sans qu’il y ait contrepartie, par exemple, lorsque des denrées alimentaires et des fournitures médicales sont distribuées gratuitement à la population d’une région dévastée, ou, pour prendre un exemple plus courant, lorsque des impôts sont payés à l’Etat. Ces transactions sont considérées aussi comme ayant deux aspects: le flux de marchandises, de services, ou d’actifs financiers, d’un côté, et ce qu’on appelle un transfert, paiement de transfert ou transfert sans contrepartie, de l’autre5.

Les deux aspects de chaque transaction s’appellent des flux. L’offre et l’achat de biens et services, ou d’actifs financiers, sont donc qualifiés de flux, comme le sont les transferts sans contrepartie reçus ou versés. Un flux représente un aspect d’une opération économique. La distinction entre opérations et flux économiques est importante lorsque l’on veut expliquer les principes comptables qui s’appliquent (voir la sous-section suivante); mais elle n’est pas maintenue dans le langage ordinaire; le terme “flux” désigne souvent une opération économique. Nous adoptons cette pratique dans la présente brochure. Par exemple, les flux de biens et services, le revenu des facteurs et les transferts sans contrepartie sont, pour simplifier l’exposé, décrits par ce qu’ils ont en commun: ce sont tous en effet des opérations non financières.

En ce qui concerne la période de l’enregistrement, les opérations qui représentent des échanges sont, pour les besoins des comptes nationaux et de la balance des paiements, enregistrées au moment de la naissance de l’obligation ou de l’engagement plutôt qu’au moment du règlement, ou sur une base que Ton décrit comme la base des transactions ou des droits constatés. Les statistiques monétaires, obtenues à partir des bilans dressés conformément aux règles de la comptabilité d’entreprise, sont aussi établies, en principe, en termes de droits constatés. Elles enregistrent, par exemple, les engagements avant qu’ils ne soient exécutés. Cependant, ce principe n’a guère d’importance en pratique, étant donné que la plupart des opérations bancaires sont réglées immédiatement en espèces. Par contre, les statistiques de finances publiques, une fois ajustées en fonction de la norme recommandée, sont présentées sur la base encaissement-décaissement; les comptes budgétaires correspondants peuvent enregistrer les flux des encaissements et des décaissements avec un décalage temporel. On suppose ici que l’on peut ajuster toutes les statistiques macroéconomiques sur une certaine base estimative, pour qu’elles respectent le principe de l’enregistrement en termes de transactions; cette condition est nécessaire pour préserver la logique interne des comptes macroéconomiques lorsqu’on souhaite qu’ils soient pleinement intégrés.

En comptabilité nationale, le concept d’opérations économiques est élargi pour couvrir certaines opérations qui ont lieu au sein de la même unité économique. Il se peut, par exemple, qu’un agriculteur produise des aliments pour sa consommation personnelle et celle de sa famille. Dans les comptes nationaux, cette opération est interprêtée comme une vente que se fait l’agriculteur, en sa qualité de producteur, à lui-même en sa qualité de consommateur. Un autre exemple typique est celui de la valeur locative d’un logement occupé par son propriétaire. Le propriétaire se loue la maison, dans l’exercice de son activité de producteur, à lui-même dans l’exercice de son activité de consommateur. Lorsque les opérations à l’intérieur de la même unité sont enregistrées, on parle, dans le jargon des comptes nationaux, du dédoublement d’une unité en deux unités fictives. L’enregistrement de ces opérations économiques au sein d’une même unité économique est nécessaire si l’on veut que les agrégats des comptes nationaux pour la production, la consommation et l’investissement soient significatifs et comparables d’un pays à l’autre, ou d’une période à l’autre.

Les systèmes comptables

Toutes les catégories de statistiques macroéconomiques, comme en comptabilité d’entreprise, se fondent sur une variante du système classique de la compensation mutuelle entre débits et crédits mis au point en Italie vers la fin du Moyen Age, Cette similitude peut être obscurcie par l’utilisation de vocables différents, tels que, entrées ou recettes pour les crédits, versements ou paiements pour les débits, ou par des différences techniques dans l’application du système de débit et de crédit. Des principes comptables s’imposent pour garantir que les données collectées et présentées sont compatibles et complètes; il est nécessaire, pour dégager une synthèse des comptes macroéconomiques, d’appliquer certaines règles communes. Or, les systèmes comptables employés pour la balance des paiements et pour les comptes nationaux sont représentatifs de deux principes différents d’enregistrement des débits et crédits compensatoires. Dans les comptes de la balance des paiements, comme dans la comptabilité d’entreprise, les deux écritures couvrent, en principe, les deux côtés de la même opération; par exemple, un crédit au poste exportations et un débit pour l’augmentation correspondante dés avoirs en devises étrangères (comme pour les écritures passées en comptabilité commerciale pour une vente, d’une part, et l’encaissement d’argent ou l’octroi de crédit, d’autre part). Ainsi, dans la balance des paiements, les inscriptions couvrent normalement les deux flux qui constituent l’opération économique. Par contre, les comptes nationaux (voir l’appendice) comportent traditionnellement deux inscriptions pour chaque flux; la consommation, par exemple, est inscrite au crédit d’un compte de production et au débit d’un compte de revenu et de dépenses. Les comptes nationaux comportent deux autres particularités; 1) chaque compte s’équilibre, c’est-à-dire qu’il contient le même nombre d’inscriptions de débit et de crédit, y compris une inscription de contrepartie transférée à un autre compte ou en provenant, et 2) le système est articulé, c’est-à-dire qu’on indique dans chaque cas où se trouve l’écriture de contrepartie. Dans la balance des paiements, les débits et les crédits ne s’équilibrent que dans le relevé d’ensemble, mais non dans les comptes séparés, et le système comptable n’est pas articulé.

Lorsqu’on élargit le domaine des comptes nationaux pour l’étendre aux opérations financières par secteurs, les relevés relatifs à chaque secteur s’apparentent tout à fait aux relevés des balances des paiements, avec des inscriptions compensatoires pour les deux aspects de la même opération (c’est-à-dire pour les deux flux), à nouveau comme en comptabilité d’entreprise. En principe, on aura donc une inscription en débit pour l’achat de biens de consommation par un ménage, compensée par une inscription en crédit correspondant à son emploi de liquidités; en même temps, on aura un crédit pour la vente du bien de consommation, disons, par une entreprise, compensé par un débit correspondant à la rentrée de fonds pour l’entreprise. Ainsi élargis, les comptes nationaux appliquent simultanément deux types de systèmes en partie double, ou un système dit de comptabilité à quatre entrées.

En revanche, la balance des paiements enregistre parfois le même flux deux fois plutôt que deux flux se rapportant à une opération unique. C’est ce qui arrive, par exemple, dans les cas où les opérations entre résidents sont incluses dans la balance des paiements: il en est ainsi lorsque des avoirs en devises sont transférés d’une unité du secteur privé à une banque. On voit donc que les systèmes comptables des comptes nationaux et de la balance des paiements ont beaucoup en commun. Les statistiques des finances publiques et les statistiques monétaires, lorsqu’elles sont présentées sous forme de variations des éléments de l’actif et du passif, appliquent des principes comptables assez semblables à ceux des statistiques de balance des paiements.

Dans la présente brochure, on applique aux quatre catégories de statistiques macroéconomiques un principe de comptabilité uniforme qui réunit certaines des caractéristiques des comptes de la nation et de la balance des paiements. C’est un système peut-être un peu hybride, mais qui vise à démontrer les identités importantes inhérentes à chaque ensemble de statistiques tout en facilitant leur intégration.

Dans la balance des paiements, selon une tradition difficile à abandonner, les crédits sont inscrits à gauche des comptes et les débits à droite. Cette méthode ne concorde ni avec les pratiques normales de la comptabilité d’entreprise appliquée dans la majorité des pays, ni avec les normes fixées dans le SCN, qui toutes deux prévoient l’inscription des débits à gauche et celle des crédits à droite. Il existe toutefois une autre pratique propre à la comptabilité de la balance des paiements, qui n’est pas en contradiction avec les autres systèmes comptables, et à laquelle on donne donc ici la préférence: les inscriptions en crédit ne sont affectées d’aucun signe, et les inscriptions en débit sont affectées d’un signe négatif. Cette présentation peut être utilisée pour assurer l’uniformité essentielle à l’intégration des quatre catégories de statistiques macroéconomiques. En outre, elle est condensée, puisque les crédits et les débits peuvent figurer dans la même colonne, ce qui offre un nouvel avantage lorsque les comptes sont subdivisés par secteurs.

Il n’est pas toujours nécessaire, tant que l’on respecte la logique intrinsèque des identités fondamentales, d’employer les expressions débit et crédit, ou leurs équivalents (décaissements et encaissements, ou paiements et recettes). Dans la présentation qui suit, on a néanmoins jugé commode d’employer, en général, un système de débits et crédits.

Les types suivants de transactions (ou flux) seront traités comme des crédits (sans signe) et des débits (signe moins), respectivement. La liste n’est pas exhaustive.

Les crédits comprennent

  • Le revenu des facteurs de production reçu

  • Les transferts sans contrepartie reçus

  • Les recettes publiques

  • Les ventes de biens et services, les exportations, par exemple

  • Les emprunts ou, d’une façon plus générale, l’augmentation des engagements

  • Les ventes d’actifs financiers ou, d’une façon plus générale, leur diminution

  • Les réductions de stocks

Les débits comprennent

  • Le revenu des facteurs de production versé

  • Les transferts sans contrepartie versés

  • Les achats de biens et services, les importations, par exemple

  • La consommation

  • Les investissements fixes

  • Les augmentations de stocks

  • Les dépenses publiques

  • Les prêts ou, d’une façon plus générale, l’augmentation des actifs financiers

  • Le remboursement des dettes ou, d’une façon plus générale, la diminution des engagements financiers

Les systèmes comptables ne sont pas la seule méthode dont on dispose pour faire ressortir des identités importantes. Dans la présente brochure, les relevés comptables sont complétés par des présentations graphiques qui sont souvent plus claires, pour l’exposé, que des tableaux.

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