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III. Balance des paiements et position extérieure globale

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
April 2008
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Tout comme les éditions antérieures de 1948, 1950, 1961 et 1977, le cinquième Manuel de la balance des paiements (MBP5;FMI, 1993) publié par le FMI est la norme internationale qui sous-tend le cadre conceptuel régissant l’établissement des statistiques de la balance des paiements et de la position extérieure globale. Les statisticiens disposent ainsi d’une référence globale qui leur permet de systématiser la collecte et le classement des données, et de faire des comparaisons entre pays.

Les auteurs ont pris bien soin d’harmoniser le MBP5 avec le SCN 1993. Le cadre de la balance des paiements a ainsi été élargi de manière à englober les transactions, les autres flux économiques et les stocks d’avoirs et engagements financiers extérieurs (la position extérieure globale).

Les crises qui ont secoué les marchés financiers internationaux dans les années 90 ont mis en relief l’importance de disposer de données fiables et à jour, tout particulièrement sur les stocks, pour évaluer la vulnérabilité extérieure d’un pays. Pour compléter la position extérieure globale et définir des cadres d’analyse spécialisés, mais liés à la position extérieure globale, le FMI a publié plusieurs documents: le Guide pour l’enquête coordonnée sur les investissements de portefeuille (FMI, 1996b)20, le Mode d’emploi du formulaire type de déclaration des données sur les réserves internationales et les liquidités en devises (FMI, 1999)21 et Statistiques de la dette extérieure: Guide pour les statisticiens et les utilisateurs (BRI et al., 2003).

Les sections qui suivent sont consacrées à la balance des paiements et à la position extérieure globale. Plusieurs ensembles de données complémentaires seront également examinés (statistiques de la dette extérieure, investissements directs, investissements de portefeuille et réserves internationales).

Balance des paiements

Structurée comme les comptes nationaux, la balance des paiements reprend l’ensemble des transactions économiques réalisées avec des non-résidents. La présente section décrit les trois types de compte qui composent la balance des paiements: le compte des transactions courantes, qui rend compte des transactions entre résidents et non-résidents portant sur des biens, services, revenus et transferts courants; le compte de capital, qui recouvre les transferts de capital et les transactions sur actifs non financiers non produits; le compte d’opérations financières, où sont enregistrées les transactions sur avoirs et engagements financiers extérieurs. Les termes excédent et déficit, qui reviennent souvent dans le débat public, seront également expliqués. Enfin, des exemples sont donnés des deux modes de présentation de la balance des paiements: la présentation type et la présentation analytique.

La relation entre la balance des paiements et la position extérieure globale est illustrée au tableau 7. Le relevé de la position extérieure globale intègre les stocks d’avoirs et engagements financiers extérieurs en début et fin de période, avec les transactions, les réévaluations et les autres flux économiques.

Tableau 7.Cadre Conceptuel De La Balance Des Paiements Et De La Position Extérieure Globale

Compte des transactions courantes

Les composantes types du compte des transactions courantes sont les biens et services, les revenus et les transferts courants. Ces composantes sont analysées ci-dessous et sont également présentées au tableau 8. Le compte des transactions courantes est étroitement lié à la comptabilité nationale.

Tableau 8.Composantes Types Du Compte Des Transactions Courantes
A. Biens et services
1. Biens
2. Services
1. Transports
2. Voyages
3. Services de communications
4. Services de bâtiments et travaux publics
5. Services d’assurances
6. Services financiers
7. Services d’informatique et d’information
8. Redevances et droits de licence
9. Autres services aux entreprises
10. Services personnels, culturels et relatifs aux loisirs
11. Services fournis ou reçus par les administrations publiques, n.c.a.1
B. Revenus
1. Rémunération des salariés
2. Revenu des investissements
2.1 Investissements directs
2.2 Investissements de portefeuille
2.3 Autres investissements
C. Transferts courants
1. Administrations publiques
2. Autres secteurs
2.1 Envois de fonds des travailleurs
2.2 Autres transferts

Non classés ailleurs.

Non classés ailleurs.

Biens et services

Sous le poste des biens et services, les biens correspondent essentiellement à des exportations et importations—telles qu’elles ressortent des statistiques du commerce extérieur—qui ont fait l’objet d’un ajustement de la date d’enregistrement, de la valeur et de la couverture statistique conformément aux règles du transfert de propriété du système. Cela comprend les marchandises générales, les biens importés ou exportés pour transformation, les réparations de biens, les achats de biens dans les ports par les transporteurs et l’or non monétaire. L’évaluation est symétrique, la valeur des biens exportés et importés étant la valeur franco à bord (f.à.b.) à la frontière du pays d’exportation.

Sous le poste des services, les rubriques transports et services d’assurance recouvrent le coût de l’acheminement des biens entre le pays exportateur et le pays importateur, qui est effectué par des résidents pour le compte de non-résidents et vice versa. Les autres services englobent un large éventail d’activités, notamment le transport de passagers, les voyages, les communications, les services de bâtiment et travaux publics, etc. Pour une vue d’ensemble des échanges de services, on peut se reporter aux statistiques du commerce international des services, qui sont présentées de façon synthétique à l’encadré 10.

Revenus

La deuxième composante du compte des transactions courantes, les revenus, forme, comme dans la comptabilité nationale, une catégorie distincte pour les transactions de revenus primaires, à savoir la rémunération des salariés (revenu du travail) et le revenu des investissements, lui même subdivisé en revenus des investissements directs, revenus des investissements de portefeuille et revenus des autres investissements. Les différences entre ces trois types de revenus d’investissements sont analysées ci-dessous dans le contexte du compte d’opérations financières.

Transferts courants

À l’instar du SCN, le MBP5 distingue dans la troisième composante, les transferts courants, les transferts auxquels participe le secteur des administrations publiques résidentes des transferts réalisés avec d’autres secteurs résidents, qui sont constitués pour une bonne part des envois de fonds des travailleurs.

Le solde des transactions courantes traduit en particulier l’évolution de l’épargne et de l’investissement dans l’économie intérieure, telle qu’elle apparaît dans les comptes nationaux. On trouvera davantage de détails sur les liens entre les agrégats et les soldes de la balance des paiements et des comptes nationaux dans le dernier chapitre.

Encadré 10.Statistiques du commerce international des services

Les statistiques du commerce international des services, qui permettent des comparaisons entre pays, sont destinées aux utilisateurs des secteurs privé et public, notamment aux fins des études sur la mondialisation ainsi que sur les négociations et les accords commerciaux. Elles sont recueillies et classées par les pays selon un cadre conceptuel cohérent.

Ces statistiques brossent un tableau beaucoup plus vaste et détaillé du commerce international des services que la présentation type de la balance des paiements dans le MBP5: 1) la classification des échanges classiques de services entre résidents et non-résidents est plus détaillée; 2) les services assurés localement par une présence commerciale étrangère sont pris en compte; 3) une relation est établie entre les deux systèmes.

Le champ des données recouvre les quatre modes d’échange international de services: 1) la fourniture transfrontière—les prestataires de services d’un pays fournissent des services aux consommateurs d’un autre pays sans que le fournisseur ni le consommateur ne se rende sur le territoire de l’autre; 2) la consommation à l’étranger—un consommateur résidant dans un pays se rend dans un autre pays pour s’y procurer un service; 3) la présence commerciale—les entreprises d’un pays fournissent des services à l’étranger par le biais de leurs filiales étrangères; 4) la présence de personnes physiques—une personne se rend dans le pays du consommateur pour assurer un service en son nom propre ou pour le compte de son employeur.

Pour obtenir des indications sur la manière dont ces statistiques sont établies, le lecteur peut consulter le Manuel des statistiques du commerce international des services, publié en 2002 par un groupe de travail international (ONU et al., 2002).

Compte de capital

Comme le compte du même nom en comptabilité nationale, le compte de capital de la balance des paiements retrace les transferts de capital et d’actifs non financiers non produits. De plus, lorsque l’on dégage le solde tenant compte des transactions courantes et des opérations de capital, celui-ci mesure la capacité (ou le besoin) de financement par rapport au reste du monde.

Les principales composantes du compte de capital et du compte d’opérations financières sont présentées au tableau 9.

Tableau 9.Composantes Types Du Compte De Capital Et Du Compte D’opèrations Financiéres
A. Compte de capital
1. Transferts de capital
1.1 Administrations publiques
1.2 Autres secteurs
2. Acquisition et cessions d’actifs non financiers non produits
B. Compte d’opérations financières
1. Investissements directs
1.1 De l’économie à l’étranger
1.2 De l’étranger dans l’économie
2. Investissements de portefeuille
2.1 Avoirs
2.1.1 Titres de participation
2.1.2 Titres de créance
2.2 Engagements
2.2.1 Titres de participation
2.2.2 Titres d’engagement
3. Produits financiers dérivés
3.1 Avoirs
3.2 Engagements
4. Autres investissements
4.1 Avoirs
4.1.1 Crédits commerciaux
4.1.2 Prêts
4.1.3 Monnaie fiduciaire et dépôts
4.1.4 Autres avoirs
4.2 Engagements
4.2.1 Crédits commerciaux
4.2.2 Prêts
4.2.3 Monnaie fiduciaire et dépôts
4.2.4 Autres engagements
5. Avoirs de réserve
5.1 Or monétaire
5.2 Droits de tirage spéciaux (DTS)
5.3 Position de réserve au FMI
5.4 Devises étrangères
5.5 Autres créances

Compte d’opérations financières

Le compte d’opérations financières retrace les transactions entre résidents et non-résidents portant sur des avoirs et engagements financiers22. Par conséquent, il indique la forme que prend la capacité (ou le besoin) de financement par rapport au reste du monde.

Si l’éventail de transactions enregistrées au compte d’opérations financières est le même que dans la comptabilité nationale, la classification est différente. Elle suit les critères suivants:

  • Par fonction (l’objet de l’investissement). Les catégories fonction-nelles sont les investissements directs, les investissements de portefeuille, les produits financiers dérivés, les autres investissements et les avoirs de réserve:
    • a. Investissements directs: l’investisseur qui détient au moins 10 % du capital peut participer effectivement à la gestion de l’entreprise.
    • b. Investissements de portefeuille: transactions portant sur des titres de créance et de participation (habituellement négociés) à l’exclusion des transactions classées parmi les investissements directs et les avoirs de réserve.
    • c. Produits financiers dérivés: instruments financiers liés à un autre instrument financier spécifique et par le biais desquels des risques spécifiques peuvent être négociés en tant que tels sur les marchés financiers23. Il s’agit des options, des contrats à terme et des swaps.
    • d. Autres investissements: instruments non classés ailleurs, soit les crédits commerciaux, les prêts, la monnaie et les dépôts, et les autres avoirs et engagements.
    • e. Avoirs de réserve: avoirs extérieurs dont les autorités monétaires peuvent disposer immédiatement et auxquelles elles peuvent faire appel pour financer les déséquilibres de paiements extérieurs. Cette catégorie comprend l’or monétaire, les DTS, la position de réserve au FMI, les avoirs en devises (qui englobent la monnaie et les dépôts, les titres et les produits financiers dérivés) et les autres créances.
  • Selon que l’instrument est un avoir ou un engagement.
  • Selon la nature de l’instrument—titres de participation, titres de créance, crédit commercial, prêts, monnaie et dépôts, etc.
  • (Investissements de portefeuille et autres investissements) D’après le secteur intérieur qui fait l’acquisition de l’avoir ou qui contracte l’engagement. Il peut s’agir des autorités monétaires, des administrations publiques, des banques et d’autres secteurs.
  • (Autres investissements et investissements de portefeuille sous forme de titres de créance) Selon que l’investissement est à long ou à court terme, d’après l’échéance initiale.

Les principales composantes du compte d’opérations financières sont présentées au tableau 9. Pour obtenir la liste complète des composantes types de la balance des paiements, voir les pages 46 à 51 du MBP5.

Pour ce qui est des avoirs de réserve détenus par les autorités monétaires, il faut préciser que les transactions portant sur ces actifs ne sont pas les seuls facteurs à influer sur leur niveau. Par exemple, en allouant des DTS aux pays membres, le FMI augmente leurs avoirs de réserve, mais cette allocation ne donne lieu à aucune transaction économique en contrepartie. De même, la monétisation ou la démonétisation de l’or par les autorités monétaires, ou la réévaluation des avoirs de réserve attribuable aux fluctuations de change ne constituent pas non plus des transactions. Ces variations d’origine non transactionnelle du niveau des avoirs de réserve sont classées comme ≪autres flux économiques≫.

Excédent ou déficit

Les termes excédent ou déficit reviennent souvent lorsqu’il est question de la balance des paiements. Or, ils sont rarement définis et leur signification peut varier selon le pays. Grosso modo, un excédent est enregistré lorsqu’un ensemble de transactions produit un solde positif (la somme des crédits est supérieure à la somme des débits), alors qu’un déficit est associé à un solde négatif (la somme des débits excède celle des crédits).

Les services du FMI ont déjà tenté de définir avec précision le concept d’excédent ou de déficit global, mais il est vite apparu que des cas limites posaient problème. Récemment, les pays ont opté pour une approche plus souple, reconnaissant qu’une politique judicieuse devait reposer, non pas sur un seul indicateur, mais plutôt sur une analyse globale de la balance des paiements, avec, en toile de fond, l’évolution de la conjoncture économique intérieure et extérieure. Pour élaborer leurs politiques, les pays utilisent des états analytiques renvoyant à plusieurs soldes, notamment le solde des échanges de biens et services, le solde courant et le solde des opérations financières.

Présentation de la balance des paiements

Il existe deux modes de présentation de la balance des paiements: la présentation type et la présentation analytique.

Présentation type

Le tableau 10 est un exemple théorique de présentation type de la balance des paiements, qui récapitule les composantes types des tableaux 8 et 9. Il s’agit d’un tableau classique à deux colonnes (crédits et débits), avec des exemples de données tirés du SCN 1993. Le cadre de la balance des paiements a été entièrement harmonisé avec celui des comptes nationaux24, et la capacité (+)/besoin (-) de financement du SCN 1993 équivaut à la somme du compte des transactions courantes et du compte de capital de la balance des paiements.

Tableau 10.Présentation Type De La Balance Des Paiements
CréditDébit
Compte des transactions courantes619578
Biens et services540499
Biens462392
Services78107
Revenus6940
Transferts courants1039
Compte de capital et d’opérations financières
Capital14
Opérations financières5088
Investissements directs de l’économie à l’étranger03
Investissements directs de l’étranger dans l’économie20
Investissements de portefeuille - avoirs020
Investissements de portefeuille - engagements50
Produits financiers dérivés - avoirs00
Produits financiers dérivés - engagements00
Autres investissements - avoirs064
Autres investissements - engagements430
Avoirs de réserve01

Présentation analytique

Un exemple de présentation analytique est fourni au tableau 1125. Les composantes types de la balance des paiements y sont regroupées par thème analytique. Au tableau 11, les données du tableau 10 sont présentées dans une seule colonne, les crédits étant positifs et les débits, négatifs.

Tableau 11.Présentation Analytique De La Balance Des Paiements
A. Solde du compte des transactions courantes141
Biens: exportations f.à.b.462
Biens: importations f.à.b.−392
Solde des échanges de biens70
Services: crédit78
Services: débit−107
Solde des échanges de biens et services41
Revenus: crédit69
Revenus: débit−40
Solde des échanges de biens, services et revenus70
Transferts courants: crédit10
Transferts courants: débit−39
B. Solde du compte de capital1−3
Compte de capital: crédit1
Compte de capital: débit−4
Total: groupes A et B38
C. Solde du compte d’opérations financières1−37
Investissements directs de l’économie à l’étranger−3
Investissements directs de l’étranger dans l’économie2
Investissements de portefeuille - avoirs−20
Investissements de portefeuille - engagements5
Produits financiers dérivés - avoirs0
Produits financiers dérivés - engagements0
Autres investissements - avoirs−64
Autres investissements - engagements43
Total: groupes A à C1
D. Erreurs et omissions0
Total: groupes A à D1
E. Solde des réserves et des postes apparentés-1
Avoirs de réserve−1
Utilisation des crédits et prêts du FMI0
Financement exceptionnel0

À l’exclusion des composantes classées dans le groupe E.

À l’exclusion des composantes classées dans le groupe E.

Certains postes sont reclassés dans les avoirs de réserve et divers soldes ont été ajoutés. Les analystes ont calculé ces soldes en établissant une distinction entre les composantes, selon qu’elles se trouvent au-dessus de la ligne ou en dessous de la ligne, et en intégrant une mesure du solde global qui distingue les transactions autonomes (total: groupes A à D dans le tableau) de celles qui sont fonction de la conjoncture (groupe E: réserves et postes apparentés). Le tableau indique ainsi que les avoirs de réserve et certains engagements financent l’excédent ou le déficit global.

Les engagements présentés dans le tableau sont ceux que les autorités contractent—en complément des avoirs de réserve ou en remplacement de ceux-ci pour financer un déficit—ou éteignent pour résorber un excédent. Ils consistent en l’utilisation de crédits et prêts du FMI et d’autres arrangements (le financement exceptionnel) conclus par les autorités nationales (ou par d’autres secteurs avec l’appui des autorités) afin de corriger un déséquilibre des paiements. L’éventail des transactions de financement exceptionnel est très vaste, allant de l’émission d’obligations, de l’obtention de dons et de la remise de dette, aux arriérés de paiements temporaires.

Position extérieure globale

La position extérieure globale est le bilan des avoirs et des engagements financiers d’une économie par rapport au reste du monde. Elle donne des renseignements sur le stock de ces avoirs et engagements en début et en fin de période; elle décrit également les variations de ces stocks imputables à des transactions, à des réévaluations et à d’autres flux économiques. Les réévaluations permettent d’isoler les variations de prix des avoirs ou des engagements résultant des fluctuations de taux de change26. La position extérieure globale nette—avoirs financiers extérieurs moins engagements financiers extérieurs—correspond à la différence entre ce qu’une économie possède dans les autres économies et ce qu’elle leur doit. Si on y ajoute le stock d’avoirs non financiers, on obtient la valeur nette du patrimoine de cette économie27.

La position extérieure globale suit le même classement que le compte d’opérations financières de la balance des paiements. En outre, les principaux concepts sur lesquels repose l’établissement des statistiques de la position extérieure globale—résidence, évaluation et moment de l’enregistrement—sont les mêmes pour la balance des paiements et la comptabilité nationale. Les avoirs et les engagements financiers se composent des créances et des engagements à l’égard des non-résidents, d’avoirs ou engagements sous forme de titres de participation, d’instruments financiers dérivés, d’or monétaire et de DTS. On peut regrouper les instruments financiers constituant les avoirs et engagements en fonction du type d’investissement dont il s’agit (investissements directs, investissements de portefeuille, dérivés financiers, autres investissements et avoirs de réserve). Le tableau 12 fournit un exemple théorique du cadre de la position extérieure globale à partir d’exemples tirés du SCN 1993.

Tableau 12.Position Extérieure Globale
Position en début d’exerciceTransactionsVariations de prix et de taux de changeAutres ajustementsPosition en fin d’exercice
Avoirs5735070630
Investissements directs à l’étranger113230118
Investissements de portefeuille125540134
Produits financiers dérivés00000
Autres investissements3354200377
Avoirs de réserve01001
Engagements2978830388
Investissements directs de l’étranger dans l’économie33006
Investissements de portefeuille77202099
Produits financiers dérivés00000
Autres investissements2176500283

Encadré 11.Formulaire type de déclaration des données sur les réserves internationales et les liquidités en devises

Le formulaire type de déclaration des données sur les réserves internationales et les liquidités en devises intègre dans un seul et même cadre ces deux concepts. Il porte non seulement sur les ressources en devises dont disposent les autorités du pays à une date donnée, mais également sur les entrées et les sorties de devises pendant l’année à venir. Il offre un cadre élargi pour évaluer les liquidités en devises du pays, au moment où la complexité et l’importance de ces informations ne cessent de croître.

Le formulaire recense tous les avoirs en devises du pays, ainsi que les ponctions sur ces ressources résultant de ses divers engagements en devises. Il rend compte du montant et de la composition des réserves officielles ainsi que des autres avoirs en devises des autorités monétaires et de l’administration centrale. Il fait aussi état de leurs engagements en devises à court terme, y compris ceux qui sont liés aux produits financiers dérivés et au cautionnement des prêts quasi officiels et privés.

Pour aider les pays à remplir correctement le formulaire type, le FMI a publié, en 2001, le document Réserves internationales et liquidité internationaleDirectives de déclaration des données (Kester, 2001), qui remplace la version provisoire de 1999 (FMI, 1999).

La position extérieure globale décrit le portefeuille d’avoirs et d’engagements extérieurs de l’économie à un moment donné. Ce portefeuille résulte normalement des transactions extérieures effectuées dans le passé et mesurées à la valeur courante du marché (prix et taux de change courants) ainsi qu’en fonction d’autres facteurs (passation par pertes et profits ou reclassements).

Un pays peut, d’après la position extérieure globale, déterminer si son portefeuille d’avoirs extérieurs est adapté à son profil d’endettement. Il peut également analyser l’évolution du portefeuille à partir de la position extérieure globale de différentes périodes. Cet indicateur est utile pour l’analyse du rendement des investissements extérieurs. Souvent, la position extérieure globale nette fait ressortir les variations et les tendances de la performance d’une économie par rapport au reste du monde. La position extérieure globale diffère des mesures de la dette extérieure brute en ce qu’elle renseigne sur les avoirs et les engagements non générateurs de dette (par exemple les titres de participation et les produits financiers dérivés).

Encadré 12.Statistiques de l’investissement direct étranger

L’investissement direct étranger (IDE), catégorie d’investissement extérieur, traduit la volonté d’une entité résidente d’une économie d’acquérir une participation durable dans une entreprise résidente d’une autre économie. Cette participation suppose que l’investisseur entretient une relation durable avec l’entreprise et exerce une grande influence sur sa gestion.

La multiplication des liens internationaux par le biais de l’IDE est l’un des aspects importants de la mondialisation. L’intégration des marchés des capitaux et l’essor rapide de l’IDE dont elle s’est accompagnée ont suscité une surveillance accrue des activités des multinationales. À cette fin, les analystes utilisent couramment deux ensembles de statistiques:

  • les statistiques de l’IDE, qui mesurent les positions internationales et les flux entre entités dans le cadre des relations directes d’investissement;
  • les statistiques qui mesurent les opérations des filiales étrangères des multinationales—par exemple les ventes, l’emploi et les actifs—et, par conséquent, l’impact de l’IDE sur l’économie. Elles sont souvent désignées par l’expression ≪statistiques du commerce des filiales étrangères≫.

Les statistiques de l’IDE sont des composantes de la balance des paiements et de la position extérieure globale. Elles sont utilisées pour l’établissement des prévisions relatives à la balance des paiements, la surveillance économique et l’analyse de la vulnérabilité. Afin de faciliter l’analyse, les pays affinent souvent les statistiques de l’IDE en les ventilant par pays et par région partenaire ainsi que par branche d’activité. Les directives statistiques internationales harmonisées sont présentées dans le MBP5 et, de façon plus détaillées, dans la troisième édition du document Définition de référence de l’OCDE pour les investissements directs internationaux (OCDE, 1996).

Statistiques de la dette extérieure

Le FMI a publié en 2003 un guide complet sur l’établissement et la présentation des statistiques de la dette extérieure, intitulé Statistiques de la dette extérieure: guide à l’usage des statisticiens et des utilisateurs (BRI et al, 2003). Ce guide, élaboré en collaboration avec d’autres organisations internationales, a été conçu pour faciliter la compilation et l’analyse des données. Il a pour ambition de répondre aux préoccupations des acteurs des marchés et des responsables économiques qui souhaitaient disposer de meilleures statistiques pour évaluer les facteurs de vulnérabilité extérieurs alors que les marchés devenaient de plus en plus interdépendants sous l’effet du gonflement des flux de capitaux internationaux.

Encadré 13.Enquête coordonnée sur les investissements de portefeuille

L’enquête coordonnée sur les investissements de portefeuille (ECIP) est une enquête internationale sur les actifs détenus sous forme d’investissement de portefeuille. Elle recueille des données sur les titres de participation et les titres de créance (à court et à long terme) du point de vue des détenteurs des titres, ainsi que sur le type d’émission, le pays de résidence de l’émetteur et le pays du détenteur. Elle fournit également des renseignements sur le secteur auquel appartient le détenteur et la monnaie d’émission.

Les pays établissent aussi une ventilation similaire des titres composant les avoirs de réserve de nombreuses grandes économies, ainsi que des titres des organisations internationales, mais ces données sont publiées sous forme agrégée du côté de l’actif.

Comme les données sont recueillies sur une base bilatérale, l’ECIP fournit des renseignements sur la contrepartie de ces avoirs, c’est-à-dire les engagements des pays débiteurs, que ceux-ci peuvent utiliser pour estimer l’encours de leurs engagements. Cela aide également d’autres utilisateurs à mesurer l’exposition internationale des pays. En décrivant plus en détail les investissements de portefeuille, les données de l’ECIP complètent celles sur la position extérieure globale.

Afin d’aider les pays participants, le FMI a publié le Guide pour l’enquête coordonnée sur les investissements de portefeuille en 1996 (FMI, 1996b), dont une deuxième édition est parue en 2002 (FMI, 2002a).

Dans le guide précédent, publié en 1988, l’endettement était mesuré par ce qu’on appelle généralement la dette accumulée et non remboursée, exprimée en valeur nominale. Cette approche s’explique en grande partie par le fait que, traditionnellement, les statistiques de la dette extérieure concernaient surtout les emprunts contractés auprès des banques et de l’État, souvent par le secteur public.

La croissance des flux de capitaux privés internationaux dans les années 90 a imposé une optique plus large à nombre de pays. C’est pourquoi le Guide a introduit un cadre exhaustif, qui repose sur le SCN 1993, pour mesurer l’encours de la dette extérieure brute. Dans ce cadre, par dette extérieure brute, on entend l’ensemble des engagements (autres que les titres de participation et les produits financiers dérivés) envers les non-résidents. Ce cadre concorde avec celui de la balance des paiements et de la position extérieure globale.

L’importance que chaque pays accorde à l’établissement de séries statistiques allant au-delà de la dette extérieure brute, qui sont présentées dans le Guide, varie selon les circonstances. Cependant, le Guide recommande fortement que des données soient établies sur l’échéancier du service de la dette (la date et le montant prévu des paiements futurs) et sur la répartition de la dette par devise (qui est un indicateur de l’exposition de l’économie aux variations de taux de change). Ces données donnent des informations essentielles sur la vulnérabilité extérieure d’une économie.

De même, le Guide fait des recommandations quant à la manière de mesurer l’endettement extérieur net, c’est-à-dire la dette extérieure brute diminuée des avoirs extérieurs sous forme d’instruments de dette. Dans le cas des économies dont le secteur privé est actif sur les marchés de capitaux, ce concept, à l’instar de la position extérieure globale nette, est particulièrement utile pour évaluer la viabilité de la dette extérieure28.

Investissements directs, investissements de portefeuille et réserves internationales

Trois autres ensembles de données complètent les statistiques de la balance des paiements et de la position extérieure globale en décrivant plus en détail les activités qu’elles recouvrent ou qui y sont liées. Il s’agit du formulaire type de déclaration des données sur les réserves internationales et les liquidités en devises (encadré 11, page 63), des statistiques de l’investissement direct étranger (encadré 12, page 64) et de l’enquête coordonnée sur les investissements de portefeuille (encadré 13, page 65).

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