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XXV. Dérivés financiers

Author(s):
International Monetary Fund. Statistics Dept.
Published Date:
August 2000
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Concept et champ couvert

DF 1.Uncontrat de dérivés financiers est un instrument financier qui est lié à un autre instrument ou indicateur financier ou produit de base spécifique et par le biais duquel des risques financiers spécifiques (de taux d’intérêt, de taux de change, de participation ou de prix de produits de base, de crédit, etc.) peuvent être négociés en tant que tels sur les marchés financiers. Les opérations sur dérivés financiers sont traitées en tant qu’opérations distinctes et non comme faisant partie intégrante de la valeur des opérations sous-jacentes auxquelles elles sont liées. La valeur d’un dérivé financier est fonction du prix de l’article sous-jacent, tel qu’un actif ou un indice. Aucun montant de principal à rembourser n’est avancé, et aucun revenu d’investissement n’est accumulé. Les dérivés financiers servent à un certain nombre de fins—notamment gestion du risque, opérations de couverture, arbitrage entre marchés et spéculation.

DF 2. Les dérivés financiers donnent aux parties la possibilité d’échanger des risques financiers spécifiques avec d’autres entités plus désireuses, ou mieux à même, de gérer de tels risques et leur permettent habituellement, mais pas toujours, d’échanger leur part de risque sans échanger l’actif ou la marchandise primaire. Le risque incorporé à un contrat de dérivés financiers peut être échangé soit par l’échange du contrat lui-même, comme dans le cas des options, soit par la création d’un nouveau contrat dont les caractéristiques de risque correspondent—en sens inverse—à celles du contrat initial. Ce critère, que l’on qualifie de compensabilité1, est appliqué sur les marchés à terme. La compensabilité signifie qu’il est souvent possible d’éliminer le risque associé à un dérivé financier en créant un nouveau contrat «en sens opposé», dont les caractéristiques permettent d’annuler le risque du premier. L’achat d’un nouveau contrat représente l’équivalent fonctionnel de la vente du premier parce que l’opération aboutit à l’élimination du risque. L’aptitude à compenser le risque sur le marché joue le même rôle que la négociabilité en tant qu’indicateur de valeur. La «dépense» nécessaire pour remplacer le contrat de dérivé financier existant est représentative de sa valeur; une véritable opération de compensation n’est donc pas nécessaire pour donner preuve de sa valeur.

DF 3. Il existe deux grands types de dérivés financiers. Avec un contrat à terme, qui est un contrat inconditionnel, deux contreparties conviennent d’échanger un article sous-jacent (physique ou financier) en quantité spécifiée, à une date spécifiée, à un prix convenu au contrat (le prix d’exercice). Aux termes d’un contrat d’option, l’acheteur de l’option acquiert auprès de l’émetteur de l’option le droit d’acheter (option d’achat) ou de vendre (option de vente) un article sous-jacent spécifié à un prix contractuel convenu (le prix d’exercice) avant une date spécifiée ou à cette date. Contrairement aux instruments de dette, les dérivés financiers ne produisent pas de revenu d’investissement et aucun montant de principal n’est avancé pour être remboursé par la suite.

DF 4. La valeur du dérivé financier est fondée sur le prix de l’article sous-jacent—le prix de référence. Comme le prix de référence futur n’est pas connu d’avance, la valeur d’un dérivé financier à l’échéance peut seulement être anticipée, ou estimée. Le prix de référence peut être lié à un produit de base, un instrument financier, un taux d’intérêt, un taux de change, un autre dérivé, un écart entre deux prix, un indice ou un panier de prix. Pour calculer la valeur d’un instrument financier dérivé donné, il est essentiel que le prix de l’article sous-jacent sur le marché soit observable. S’il n’existe pas sur le marché de prix observable pour l’article sous-jacent, celui-ci ne peut être considéré comme un actif financier. Les opérations sur dérivés financiers doivent être traitées comme des opérations distinctes et non comme faisant partie intégrante de la valeur des opérations sous-jacentes auxquelles elles sont liées. Les dérivés intégrés ne sont toutefois ni ventilés ni évalués indépendamment des instruments primaires. (Voir paragraphe DF 6.)

DF 5. Les contrats de dérivés financiers sont en général réglés par paiements nets de numéraire, souvent avant l’échéance pour les contrats négociés sur les marchés organisés tels que les contrats à terme sur marchandises. C’est la conséquence logique de l’utilisation de dérivés financiers pour échanger des risques sans que l’article sous-jacent change de mains. Certains contrats de dérivés financiers, sur devises notamment, sont toutefois liquidés par livraison de l’article sous-jacent.

DF 6. Pour les besoins de la balance des paiements, les types d’instruments financiers énumérés ci-après ne sont pas considérés comme des dérivés financiers.

  • UN contrat de livraison de biens et de services à prix fixé n’est pas un dérivé financier, sauf si le contrat est normalisé de manière telle que le risque de marché qui s’y trouve incorporé puisse être négocié en tant que tel sur les marchés financiers.

  • L’assurance n’est pas une forme de dérivé financier. Les contrats d’assurances procurent aux unités institutionnelles exposées à certains risques une protection financière contre les conséquences de l’apparition d’événements spécifiques. (Dans bien des cas, la valeur de cette protection financière ne peut être exprimée sous forme de prix de marché.) L’assurance est une forme d’intermédiation financière dans laquelle des fonds sont collectés auprès des assurés et investis dans des actifs financiers et autres, détenus à titre de réserves techniques pour satisfaire les futures demandes d’indemnisation dues à la réalisation d’événements spécifiés dans les polices d’assurances. Cela signifie que l’assurance sert à gérer le risque d’événement principalement en consolidant les risques, et non en les échangeant.

  • Les engagements conditionnels, tels que les garanties et lettres de crédit, ne sont pas des dérivés financiers. La caractéristique principale des engagements conditionnels est qu’une ou plusieurs conditions doivent être remplies avant qu’une opération financière ait lieu. Ces engagements ne sont pas d’ordinaire des instruments facilitant l’échange de risques financiers spécifiques.

  • Un dérivé intégré(un instrument financier ordinaire auquel ont été ajoutées des caractéristiques de dérivé, indissociables de celles du sous-jacent) n’est pas un dérivé financier du point de vue de la balance des paiements. Si une caractéristique de dérivé est ajoutée à celles d’un instrument primaire tel qu’un titre ou un prêt, l’instrument est enregistré et évalué en fonction de sa nature première—même si la valeur de ce titre ou de ce prêt diffère de celle d’un titre ou prêt comparable en raison de la caractéristique de dérivé qui lui est ajoutée. Tel est le cas, par exemple, des obligations convertibles en actions et des titres assortis d’options de remboursement de principal dans une monnaie autre que celle d’émission.

DF 7. Les décalages d’enregistrement qui peuvent se produire dans le cours normal d’une activité commerciale, et qui peuvent impliquer un risque de variation de prix, ne donnent pas lieu à des opérations et positions sur dérivés financiers dans la balance des paiements. Ces décalages portent sur les périodes normales de règlement des opérations au comptant sur les marchés financiers.

DF 8. Qu’ils soient ou non négociés sur un marché organisé, les dérivés financiers qui peuvent être évalués indépendamment des articles sous-jacents auxquels ils sont liés sont enregistrés au compte d’opérations financières de la balance des paiements ainsi que dans la position extérieure globale (PEG).

Contrats à terme

DF 9. Dans le cadre d’un contrat à terme, les deux parties conviennent d’échanger un article sous-jacent—physique ou financier—à une date spécifiée, en une quantité spécifiée, à un prix convenu au contrat (le prix d’exercice). Cette catégorie de dérivés financiers englobe les futurs et les swaps. Les futurs(ou contrats à terme négociables) sont des contrats à terme négociés sur les marchés organisés. Les futurs et les autres types de contrats à terme sont en général, mais pas toujours, liquidés par paiements en numéraire ou par la livraison ferme d’un autre instrument financier plutôt que par livraison effective de l’article sous-jacent. Les futurs sont évalués et négociés indépendamment des articles sous-jacents. Si un contrat à terme est un swap (ou échange financier), les contreparties échangent, selon des termes préétablis, des flux monétaires basés sur le prix de référence des articles sous-jacents. Les accords de taux futurs (ATF) et les opérations de change à terme sont des types courants de contrats à terme. Les swaps de taux d’intérêt et les swaps de taux d’intérêt et de devises constituent des types courants d’échanges financiers. (Voir les paragraphes DF 27 et DF 28 pour une description plus détaillée.)

DF 10. Lors de la création d’un contrat à terme, il s’échange des risques de valeur marchande égale; les deux parties sont des débiteurs en puissance, mais la relation créancier/débiteur ne peut être clairement établie qu’à la livraison prévue par le contrat, car en général le contrat à terme a une valeur marchande nulle. Or, étant donné que le prix de l’article sous-jacent évolue avec le temps, la valeur marchande du risque encouru par chaque partie cesse d’être nulle comme elle l’était à la création du contrat. Lorsque le prix de l’article sous-jacent varie, une position d’actif (créditrice) est créée pour l’une des parties et un engagement (position débitrice) est créé pour l’autre. La relation débiteur/créancier peut changer, aussi bien de sens que de grandeur, pendant la durée de vie du contrat à terme.

Options

DF 11. Dans le contrat d’option, l’acheteur de l’option, en échange du paiement de la prime, acquiert auprès de l’émetteur de l’option le droit, mais non l’obligation, d’acheter (option d’achat) ou de vendre (option de vente) un article sous-jacent spécifié—physique ou financier—à un prix contractuel convenu (le prix d’exercice) avant une date spécifiée ou à cette date. La grande différence entre un contrat à terme et un contrat d’option est que, tandis que les parties à un contrat à terme sont toutes deux des débiteurs en puissance, dans un contrat d’option, l’acheteur détient un actif et le vendeur encourt un passif. L’option peut toutefois arriver à expiration dépourvue de valeur; l’option ne sera exercée que si le contrat peut être réglé à l’avantage de l’acheteur. L’acheteur peut réaliser un gain illimité, et l’émetteur encourir une perte illimitée.

DF 12. On émet des options sur une grande variété d’articles sous-jacents—tels que titres de participation, marchandises, devises, taux d’intérêt—y compris les options de taux plafond (cap), de taux plancher (floor) et les collets (ou tunnels de taux) (collar)2. Des options sont également émises sur les futurs, les swaps (on parle de swaptions), les taux plafond (dénommés captions), et d’autres instruments.

DF 13. Dans le cadre des marchés organisés, les contrats d’option sont d’ordinaire réglés en numéraire, mais certains types de contrats d’options sont dénoués par achat des actifs sous-jacents. Par exemple, un warrant est un contrat financier qui donne à son détenteur le droit d’acheter, dans des conditions spécifiées, une certaine quantité ou un certain montant de l’actif sous-jacent (tel que des titres de participation). L’exercice du bon donne généralement lieu à la livraison de l’actif sous-jacent. Les warrants peuvent être négociés indépendamment des actifs sous-jacents auxquels ils sont liés.

Enregistrement des opérations et positions sur dérivés financiers

DF 14. Le traitement statistique des dérivés financiers dans la balance des paiements et la PEG oblige les statisticiens:

  • à reconnaître l’échange de créances et d’obligations qui a lieu lors de l’établissement d’un contrat de dérivé financier comme une opération financière véritable qui engendre une position d’actif et une position de passif dont la valeur est nulle à la création si l’instrument est un contrat à terme, et égale à la prime s’il s’agit d’une option;

  • à traiter comme gain ou perte de détention toute variation de la valeur des dérivés;

  • à comptabiliser en tant que transactions financières les opérations sur dérivés négociables du marché secondaire (tels que les options);

  • à comptabiliser comme transaction d’actif ou de passif sur dérivés financiers tout paiement effectué à titre de règlement (le règlement des opérations sur dérivés n’engendre aucun revenu)3;

  • à comptabiliser aux prix du marché dans la PEG les valeurs résiduelles de dérivés financiers.

Évaluation des positions

DF 15. L’une des caractéristiques principales de la plupart des contrats de dérivés est que les contreparties s’engagent à négocier des articles sous-jacents à une date future et à des prix spécifiés. La valeur actualisée (ou prix de marché) d’un dérivé financier correspond à la différence, convenablement actualisée, entre le prix contractuel convenu et le cours en vigueur (ou attendu) sur le marché de l’article sous-jacent. En ce qui concerne les options, négociées ou non sur un marché normalisé, les prix sont directement observables parce que l’acheteur de l’option acquiert un actif (le droit d’acheter ou de vendre des articles sous-jacents spécifiés) et le prix de cet actif doit être établi. Le cours d’une option est fonction de l’instabilité potentielle du prix de l’instrument sous-jacent, de l’échéance restant à courir, des taux d’intérêt et de l’écart entre le prix d’exercice et le cours de marché du sous-jacent. La valeur d’un contrat de swap fondé sur un montant de principal notionnel est égale à la différence, convenablement actualisée, entre les recettes brutes et les paiements bruts.

DF 16. Les dérivés financiers sont évalués aux cours du marché en vigueur aux dates d’enregistrement au bilan. Les variations de prix intervenant entre ces dates de passation d’écritures sont comptabilisées en tant que gains ou pertes de réévaluation. Si les prix du marché ne sont pas disponibles, on peut recourir à des méthodes d’évaluation fondées sur la juste valeur (formule modélisée d’évaluation des options ou valeur actualisée nette).

Paiements à la création

DF 17. L’acheteur verse une prime au vendeur. Le coût intégral de la prime est comptabilisé, par l’acheteur, en tant qu’actif financier acheté et, par le vendeur, en tant que passif encouru. La prime est parfois versée après l’établissement d’un contrat de dérivés financiers; la valeur de la prime est alors enregistrée par l’acheteur de l’option comme actif financé par un prêt consenti par le vendeur au moment de l’achat du dérivé.

DF 18. La création d’un contrat à terme ne donne en principe pas lieu à l’enregistrement d’une opération sur dérivés financiers parce que les risques échangés sont habituellement d’égale valeur, c’est-à-dire que le risque et la valeur sont nuls pour les deux parties.

DF 19.Les commissions et redevances versées—soit à la création, soit durant la vie des dérivés—aux banques, courtiers et contrepartistes, sont classées dans les paiements pour prestations de services. Ces paiements rémunèrent des services rendus pendant les périodes considérées et sont indépendants des positions respectives d’actif et de passif créées par les dérivés.

Ventes de dérivés sur les marchés secondaires

DF 20. Les ventes sur les marchés secondaires—qu’elles aient lieu sur un marché organisé ou de gré à gré—sont évaluées aux cours du marché et comptabilisées au compte d’opérations financières en tant qu’opérations sur dérivés financiers.

Règlements

DF 21. Les règlements nets sont des opérations financières analogues à celles qui ont lieu à l’échéance pour d’autres instruments financiers. L’opération est dénouée soit par versement de numéraire, soit par livraison d’un article sous-jacent.

  • Lorsqu’un contrat de dérivés financiers est réglé en numéraire, les deux parties doivent enregistrer une opération sur dérivés financiers égale à la valeur en numéraire du règlement, et n’enregistrer aucune opération sur l’article sous-jacent. Dans la plupart des cas, la partie qui reçoit le paiement de numéraire doit enregistrer une diminution de ses actifs sur dérivés financiers (au crédit), et celle qui effectue le paiement de numéraire doit enregistrer une réduction de son passif sur dérivés financiers (au débit). Or, dans certaines circonstances, il n’est guère possible de recourir à cette méthode. Lorsqu’un contrat (par exemple un swap de taux d’intérêt) doit faire l’objet d’un règlement continu, l’encaissement d’un paiement en numéraire représente une augmentation d’un passif de dérivé financier (au crédit) si, au moment du règlement, le contrat est en position de passif. À l’inverse, le décaissement d’un paiement en numéraire doit être comptabilisé en tant qu’augmentation d’un actif (au débit) si, au moment du règlement, le contrat se trouve en position d’actif. Si les pratiques du marché empêchent les statisticiens d’utiliser cette méthode, il est recommandé que tous les encaissements de règlements en numéraire soient comptabilisés en tant que réduction des actifs financiers et tous les paiements, en tant que diminution des passifs.

  • La livraison d’un sous-jacent donne lieu à deux opérations concomitantes qui doivent toutes deux être enregistrées. L’opération sur le sous-jacent est comptabilisée aux prix du marché prévalant le jour de l’opération. L’opération sur le dérivé est comptabilisée comme différence entre le cours de marché de l’article sous-jacent et le prix d’exercice spécifié au contrat de dérivé, multipliée par la quantité.

  • Lorsque le règlement porte sur plus d’un contrat—en numéraire, à la même date et avec la même contrepartie—certains des contrats se trouvent en position d’actif et d’autres en position de passif. En pareil cas, il est recommandé de comptabiliser les opérations sur une base brute—c’est-à-dire que les opérations d’actifs et de passifs doivent être enregistrées séparément. La comptabilisation sur base brute est préférable à la base nette, car, une fois déduite la somme des flux de passifs du total des flux d’actifs, le solde comptabilisé au débit ou au crédit est un montant unique4. Il se peut toutefois que, pour des raisons pratiques, on ne puisse éviter l’enregistrement sur base nette.

Dépôts de marge

DF 22. Les dépôts de marge sont des paiements en numéraire ou des dépôts de garantie servant à couvrir les obligations effectives ou potentielles qu’engendrent les dérivés financiers—en particulier les futurs ou options négociées en bourse. L’obligation d’effectuer des dépôts de marge reflète les craintes du marché face aux risques de contrepartie et cette pratique est généralisée sur les marchés de dérivés financiers.

DF 23. La marge remboursable est un versement de numéraire ou dépôt de garantie effectué par une entité pour protéger sa contrepartie au contrat du risque de crédit associé au dérivé financier, mais qui reste la propriété de l’unité déposante. Bien que l’utilisation du dépôt de marge ou de garantie puisse être soumise à restrictions, le dépôt de marge est jugé remboursable lorsque l’entité déposante conserve les risques et avantages de la propriété—tels qu’encaissement de revenu ou exposition aux pertes ou gains de détention. Au moment du règlement, la marge remboursable (ou toute fraction de marge remboursable en sus des passifs qu’il encourt au titre des dérivés) est remboursée au déposant. Sur les marchés organisés, les marges remboursables sont parfois qualifiées de dépôt de marge initial.

DF 24. Les dépôts de marge remboursables effectués en numéraire sont des opérations de dépôts et non sur dérivés financiers. Une unité déposante détient une créance sur le marché financier, la maison de courtage ou tout autre institution qui détient le dépôt. Certains pays peuvent préférer classer les marges remboursables dans les autres produits à recevoir/charges à payer et réserver le terme dépôts aux agrégats monétaires. Lorsque le dépôt de marge remboursable est effectué au moyen d’un actif autre que du numéraire (par exemple des titres), aucune opération n’est comptabilisée parce qu’aucun transfert de propriété n’a lieu. L’entité (l’émetteur des titres) sur laquelle le déposant détient une créance reste la même.

DF 25. Le versement d’un dépôt de marge non remboursable est une opération sur dérivés financiers; le paiement a pour but de réduire l’obligation financière découlant du dérivé. Sur les marchés organisés, ce type de marge non remboursable (parfois dénommé marge de variation) est déposé sur une base quotidienne pour satisfaire les obligations enregistrées après évaluation des dérivés au cours de compensation du marché. L’entité qui paie une marge non remboursable ne détient plus la propriété du dépôt de marge ou de garantie ni ne conserve les risques et avantages de la propriété. Un paiement de marge non remboursable est enregistré comme réduction des passifs sur dérivés financiers (au débit); l’écriture de contrepartie (probablement au poste monnaie fiduciaire et dépôts) représente une réduction d’un actif financier (au crédit). L’encaissement du dépôt de marge non remboursable est comptabilisé comme réduction d’un actif de dérivé financier (au crédit) et l’écriture de contrepartie (probablement au poste monnaie fiduciaire et dépôts) correspond à une augmentation d’un actif financier (au débit).

DF 26. Les dépôts de marge peuvent se révéler des mécanismes complexes, dont les modalités diffèrent d’un pays à l’autre. Dans certains pays, les dépôts de marge remboursables et non remboursables sont comptabilisés dans un compte unique et il peut être difficile de faire la distinction entre les deux. Il convient donc de revoir les dispositifs institutionnels existants (identité des unités qui effectuent les paiements et types d’instruments utilisés, par exemple). Le critère distinctif est de savoir si le dépôt de marge est remboursable ou si le paiement constitue un transfert effectif de propriété d’une partie à l’autre au contrat de dérivé financier.

Traitement de dérivés financiers spécifiques

Contrats spécifiques sur taux d’intérêt

DF 27. Un swap de taux d’intérêt est un contrat par lequel les parties conviennent d’échanger, pendant une durée déterminée, des flux monétaires, libellés dans la même monnaie, de paiements ou de recettes d’intérêts sur un montant de principal notionnel qui n’est jamais échangé. Ce type de contrat est réglé la plupart du temps au moyen de versements nets de numéraire par une partie à l’autre partie au contrat. Un accord de taux futur (ATF) est un contrat aux termes duquel les contreparties conviennent d’un taux d’intérêt à payer, à une date de règlement spécifiée, sur un montant de principal notionnel qui n’est jamais échangé. Les ATF sont réglés par versement net de numéraire; cela signifie que la différence entre le taux contractuel et le taux en vigueur sur le marché au moment du règlement est comptabilisée comme opération à la balance des paiements. L’acheteur de l’ATF perçoit un paiement du vendeur si le taux en vigueur est supérieur au taux convenu et, inversement, c’est le vendeur qui reçoit un paiement si le taux est inférieur au taux convenu. La négociation active de ces contrats sur les marchés financiers donne lieu à des gains et pertes de détention. La création des contrats de swaps de taux d’intérêt et d’ATF n’entraîne en général la passation d’aucune écriture au compte d’opérations financières parce qu’aucune valeur n’est échangée au moment de la création. Les règlements nets en numéraire de ces deux types de contrats doivent normalement être comptabilisés au compte d’opérations financières en tant qu’opérations sur dérivés financiers. Les swaps de taux d’intérêt font en principe l’objet d’un règlement continu pendant la durée de vie du contrat, et les ATF sont réglés à l’échéance.

Contrats spécifiques sur devises

DF 28. Un swap de devises est une opération d’achat/vente de devises au comptant associée à une opération simultanée de vente/achat des mêmes devises à terme. Dans un contrat à terme sur devises, les parties conviennent d’échanger un montant spécifique de devises, à une date ultérieure et à un taux de change prédéterminés. Les swaps de taux d’intérêt et de devises (dénommés aussi contrats d’échange de taux et de devises) consistent à échanger des flux monétaires liés à des paiements d’intérêts et, à la fin du contrat, à échanger à un taux convenu des montants de principal dans des devises spécifiées. Il peut également y avoir un échange de principal au début du contrat, avec éventuellement, dans ce cas, des remboursements ultérieurs couvrant à la fois le paiement des intérêts et l’amortissement du principal, selon des modalités prédéterminées. Les flux de paiements d’intérêts issus des accords de swaps sont enregistrés au compte d’opérations financières en tant qu’opérations sur dérivés financiers et les remboursements de principal sont comptabilisés en fonction des instruments concernés.

DF 29. Il est nécessaire, pour les contrats de dérivés financiers sur devises, de faire la distinction entre une opération sur contrat de dérivé et l’obligation de livrer ou de recevoir le principal sous-jacent lié au contrat.

  • La création d’un contrat de dérivé financier sur devises ne donne pas lieu en principe à l’enregistrement d’une opération sur dérivés financiers au compte d’opérations financières. Tout achat ou vente initial de devises est comptabilisé, au taux de change convenu entre les parties, dans la catégorie des autres investissements du compte d’opérations financières.

  • Le taux de change de l’achat ou de la vente à terme de monnaies dans le cadre d’un contrat de dérivés sur devises est convenu entre les deux parties au moment de l’établissement du contrat. Ce dernier acquiert de la valeur au fur et à mesure que le taux prévalant sur le marché s’écarte du taux de change contractuel convenu.

  • Au moment du règlement, l’écart entre les valeurs des monnaies échangées (mesuré dans l’unité de compte, au taux de change du marché) est imputé à une opération sur dérivés financiers. Autrement dit, si la valeur de la monnaie perçue excède celle de la monnaie payée, il convient d’enregistrer une réduction d’un actif de dérivés financiers (crédit). L’écriture de contrepartie est une augmentation d’un autre actif classé au compte d’opérations financières (probablement dans les autres investissements—avoirs, monnaie fiduciaire et dépôts). À l’inverse, lorsque la valeur de la monnaie perçue est inférieure à celle de la monnaie payée, il faut comptabiliser une réduction d’un passif de dérivés financiers (débit). L’écriture de contrepartie est une réduction d’un autre poste classé au compte d’opérations financières (probablement dans les autres investissements—avoirs, monnaie fiduciaire et dépôts).

Dérivés de crédit

DF 30. Les dérivés financiers décrits aux sections précédentes sont liés au risque de marché, c’est-à-dire découlant de la variation des prix des valeurs mobilières et des produits de base sur le marché et des fluctuations des taux d’intérêt et des taux de change. La fonction première de certains autres types de dérivés financiers est l’échange du risque de crédit. Ces dérivés de crédit, qui permettent de négocier les risques de défaut associés aux prêts et aux valeurs mobilières, peuvent prendre aussi bien la forme de contrats à terme que de contrats à option. Comme pour les autres dérivés financiers, les contrats de dérivés de crédit sont souvent établis sur la base d’accords juridiquement normalisés et spécifient les modalités des dépôts de marges, ce qui sert de base pour l’évaluation du marché.

DF 31. Il existe un certain nombre de contrats courants de dérivés de crédit. Le swap de rendement total(ou échange de rendement total) consiste à échanger les flux de paiements et les plus-values ou moins-values associés au passif d’une entité moins bien cotée, contre des flux de paiements liés à un taux d’intérêt garanti, tel qu’un taux interbancaire augmenté d’une marge. L’option sur marge est un contrat dont la valeur est fondée sur l’écart des taux d’intérêt entre un crédit de grande qualité et un crédit de qualité inférieure. Si par exemple l’écart se réduit suffisamment, il est dans l’intérêt de l’acheteur d’exercer l’option. Un swap de risque de défaut(ou échange de risque de défaut) consiste à échanger, en général de manière continue, les paiements liés à la prime de risque comprise implicitement dans le taux d’intérêt d’une obligation ou d’un emprunt, contre un versement en numéraire en cas de défaillance de l’emprunteur. Certains contrats d’échange de risque de défaut exigent de l’une des parties qu’elle effectue un paiement unique à une autre à titre de garantie financière contre une catastrophe pouvant frapper le créancier. Les prix de référence de ces contrats à prime unique, qu’il est plus justifié de classer parmi les types assurance que dans les dérivés financiers, peuvent être difficiles à déceler.

Précisions supplémentaires

DF 32. Les dérivés financiers étant des instruments de transfert du risque, il peut être utile—tant du point de vue de l’analyse que de la décision politique—de classer les opérations et positions sur ces instruments par type de risque (options et contrats à terme) et par catégorie de risque (opération de change, taux d’intérêt, etc.).

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