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Author(s):
International Monetary Fund. Research Dept.
Published Date:
January 1986
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Transmission sur le plan international des effets des poliliques budgétaires des grands pays industrialiséspaul r. masson et malcolm knight (pages 387–438)

Le caractére expansion niste de la politique budgétaire adoptée par les Etats-Unis au début des années 80, alors même que la Républiquc fédérale d’Allemagne et le Japon optaient pour la réduction de leurs déficits, a constitué une profonde modification des positions budgétaires dans le groupe des pays industrialisés. Au cours de cette même période, I’économie intcrnationale était caractérisée á la fois par le niveau systematiquement élevé des taux d’intérét reels, un accroissement du déficit des transactions courantes des Etats-Unis, un gonflement des excédents degages par I’Allemagne et le Japon et l’appréciation persistante du dollar E.U. en termes reels. Plus recemment. vers la fin de 1985, l’adoption des mesures preconisées par la loi Gramm-Rudman-Hollings pour reduire le déficit du budget fédéral américain s’est accompagnée d’une forte baisse des taux d’intérét et du dollar.

La présente étude a pour objet de déterminer de quelle façon les effets des politiques budgétaires se transmettent sur le plan international, L’analyse fait ressortir que les modifications budgétaires des derniéres années ont fortement perturbé les flux d’épargne et d’investissemcnt. L’accroissement du déficit budgetaire d’un pays correspond á une hausse du niveau de la désépargne du secteur public. A moins que cette variation ne soit entiérement compensée par une augmentation de I’épargne du secteur privé par rapport á son investissement, l’alourdissemcnt du deficit budgétaire entraînera un accroissement des apports d’épargne extérieure tout en poussant á la hausse les taux d’intéręt sur les marchés internationaux. Pour qu’un volume accru d’épargne étrangére entre dans un pays au titre des opérations en capitaux. le déficit des transactions courantes doit s’accroître du fait de [‘appréciation de taux de change réel. Un gonflement autonome des investissements, tel que celui qui a été provoqué par les mesures fiscales adoptées aux Etats-Unis en 1981–82. produit à court terme des effets analogues du point de vue qualitatif.

Les auteurs spécifient et estiment les éléments dun modéle relatif à l’épargne, aux investissements et aux exportations nettes dans le cas des Etats-Unis, de l’Allemagne et du Japon à partir de données se rapportant à la période 1961–83. Les simulations laissent supposer qu’une ràduction permanente du déficit budgétaire, équivalant à 1% de la production à pleine capacité, dans l’uri quelconque des trois pays industrialisés les plus importants entraîne une baisse significative des taux d’intérêt réels et une forte dépréciation initiale de la monnaie de ce pays, L’adoption, par les Etats-Unis, d’encouragements fiscaux à I’investissement ferait monter les taux d’intérêl et une forte dépréciation initiale de la monnaie de ce pays. L’adoption, par les Etats-Unis, d’encouragements fiscaux à l’investissement ferait monter les taux d’intér’t provoquerait une appréciation du dollar. Les simulations des effets conjugués d’une intensification des investissements aux Etats-Unis et des variations constatées pour le déficit ajusté en fonction de I’inflation dans les trois pays au cours de la période 1981–85 semblent indiquer que les fluctuations des taux d’intér’t et du taux de change sunt en grande partie liées aux modifications des politiques budgétaires.

Incidence sur I’lnflation des régies régissant le taux de change réel: quetques exemplescharles adams et daniel gross (pages 439–76)

Ces derniéres années, plusieurs pays ont adopté des régles qui out pour objet d’ajuster le taux de change nominal de leur monnaie de maniére à empecher une perte de compétitivité. Bien que les modalités d’application de ces régies différent d’un pays à l’autre, les ajustements du taux de change sont généralement effectués sur la base de I’écart entre les taux d’inflation dans un pays donné et à l’étranger, souvent avec un décalage qui refléte le retard avec lequel les don-nées sur les prix sont disponibles.

Les auteurs de la présente étude avanccnt que ces ràgies—-régies régissant le taux de change réel—se traduisent vraisemblablement par une moindre maîtrise du processus inflationniste, en ce sens qu’il sera difficile aux autorités d’atteindre le sender retenu commc objectif pour I’inflation. La raison en est simple: quand un pays applique des régies régissant le taux de change réel, cela peut revenir en fin de compte à indexer le taux de change nominal et, par le biais de la balance des paiements, la masse monétaire sur le niveau des prix. Dans ces conditions, il se peut qu’il n’existe aucun point d’ancrage nominal exogéne auquel les prix peuvent être tenus en laisse; lorsque le taux d’inflation commence à augmenter (ou é baisser), il peut ne pas y avoir de moyen efficace de maitriser cette évolution, sauf a tres court terme. Toute tentative de maîtrise de l’inflation (ou désinflation) risque de se traduire par une diminution du contrôle exercé sur une autre variable économique, les avoirs extérieurs ou le solde des transactions courantes, par exemple, et, partant, d’aboutir à une position extérieure in-soutenable à long terme.

La conclusion à laquelle parviennent les auteurs, à savoir qu’une règie régissant le taux de change réel risque d’entraîner une moindre maîtrise du processus inflationniste, découle du principe général selon lequel une politique de change ou une politique monétaire judicieuse est essentielle au maintien à long terme des prix à un certain niveau; lorsqu’il existe une régie régissant le taux de change réel, les plafonds fixés pour l’expansion du crédit intérieur ou de la masse monétaire ne sont généralement pas des points d’ancrage adéquats. Parce que les facteurs déterminants des prix sont davantage sujets à controverse à court terme qu’à long terme, les auteurs presentent toutefois différents exemples de comportement à court terme de plusieurs économies afin d’illustrer la perte de maîtrise de l‘inflation résultant de l’adoption de règies régissant le taux de change réel.

Encadrement sélectif du crédit en Grèce: test de son efficacitélazaros e. molho (pages 477–508)

Dans quelle mesurc les politiques qui visent à encourager les investissements fixes en accroissant de façon sélective l’offre de crédit à long terme et réduisant le coût de ce crédit sont-elles efficaces? On est amené à se poser cette question en raison de ce qui s’est produit en Grèce au milieu des années 70, Bien que les autorités grecques aient exercé un contrôle rigoureux sur l’allocation des crédits et les taux d’intérêt au eours de cette période. il y a tout lieu de croire que le comportement des prêteurs comme des emprunteurs, c’est-à-dire leur souci de maximiser les bénéfices, a généralement réduit I’efficacité des politiques sélectives de crédit.

La présente étude fait ressortir certaines conséquences que ce comportement d’optimisation éntraîne pour la politique économique en établissant un modéle des décisions adoptees par les entreprises en matiére d’investissement et de financement. Les politiques du crédit sont analysées tour à tour en situation de demande excessive de prêts, puis en situation d’offre excessive. Dans le cas typique d’une demande excessive de prês, le modèle indique qu’une politique visant à augmenter I’offre relative de prêts à long terme aura le plus de chances de stimuler I’investissement fixe si l‘entreprise la considére comme temporaire. Si elle estime que cette politique est permanente, l‘entreprise modifiera la structure du financement du capital fixe et des fonds de roulement, et neutralisera. de ce fait, l‘incitation à I’investissement fixe.

Les prévisions du modèle sont corroborées par les estimations d’une équation des investissements effectuées pour un certain nombre d’entreprises industrielles grecques pendant la période 1973–77. La fouction d’investissement des entreprises semble s’être modifiée entre 1973 et 1974—époque é laquelle les autorités s’efforçaient de limiter de façon sélective les crédits à court lerme—et en 1976 et 1977, années au cours desquelles cette politique a été abandonnée. En 1973–74, les entreprises ont eu tendance à compenser la contraction relative des credits é court terme en affectant une fraction plus importante des capitaux é long terme et des fonds dégagés par l’entreprise même au financement des fonds de roulement et une part moins importante des capitaux au financement des investissements fixes. D’un point de vue économétrique, l‘endogénéite implicite de la structure de financement laisse à entendre que des tests de stabilité adequats doivent faire partte intégrante de toute évaluation empirique de I’efficacite de I’encadrement sélectif du crédit.

Déséquilibre du marché lie du travail et effets du partage du travail: étude du eas des Pays-Basklaus-walter riechel (pages 509–40)

De nombreux gouvernements ont répondu à la forte augmentation et à la persistance du chômage qui ont caractérisé la derniére décennie en encourageant des formules de partage du travail qui sont censées allier un niveau d’emploi plus élevé avec des horaires de travail réduits. La présente étude evalue les conditions nécessaires au succés du systéme de partage du travail et les effets d’un tel systeme en examinant le déséquilibre du marché du travail aux Pays-Bas.

II a été démontré que la plupart des indicateurs des fonctions d’offre de main-d’oeuvre font ressortir une forte “préférence pour le revenu” et la prépondérance connexe de l’effet du “travailleur supplémentaire” sur l‘effet du “tra-vailleur découragé”. (Le travailleur découragé ne cherche plus d’emploi.) La politique de limitation des salaires qui a été menée ces derniéres années et les politiques que le gouvernemcnt a appliquées en matiere d’emploi ont contribué à ces preferences. La limitation des salaires, en particulier, semble avoir encouragé les conjoints et autres membres d’une même famille à travail lei et, en conséquence, la proportion de femmes dans la population active a augmenté de façon exceptionnelle, bien que le taux d’emploi dans la population masculine ait aussi cessé de diminuer. En outre, les politiques officielles en matiére d’emploi ont apparemment accru les chances d’emploi de personnes auparavant inactives et ont, par consequent, atténué l’effet dé decouragement que produit habi-tuellement un taux de chômage élevé, L’ensemhle de ces facteurs donne à penser que, dans les conditions économiques actuelles, l‘adoption de formules de partage du travail, en particulier lorsqu’elles vont de pair avec une réduction non rémunérée (en termes de revenu) des heures de travail, accroit peut-être I’offre de main-d’oeuvre. Cependant, un accroissement de I’offre de main-d’oeuvre fera augmenter, et non pas diminuer, le taux de chômage, si I’offre d’emploi est insuffisante.

Du côté de la demande de main-d’oeuvre, depuis longtemps les employeurs préfèrent apparemment augmenter I’horaire de travail moyen plutôt que l’emploi, ce qui va à l’encontre du partage du travail. Pour examiner les préférences des entreprises en matiére d’emploi en général et les causes de ce phénoméne en particulier, l’auteur construit un petit modéle afin d’estimer l’effet sur la demande de main-d’oeuvre du dosage souhaité de l’emploi et des heures de travail. Les résultats de cette estimation indiquent que les chances de réussite du partage du travail demeurent limitées par c‘existence d’obstacles importants aux Pays-Bas, en particulier les coûts fixes de main-d’oeuvre autres que les salaires et un certain nombre de rigidités qui ont pour effel d’augmenter ces coûts fixes entre autres et empéchent, par conséquent, un ajustement flexible et peu cou-teux de la population active aux fluctuations de l’activité. En outre, les carac-téristiques du chômage donnent à penser qu’il y aura une perte de productivité globale et une augmentation correspond ante des coûts salariaux unitaires si la législation privilégie l’emploi par rapport au nombre moyen d’heures de travail. Pour que la réussite de leur application soit assurée, les formules de partage du travail doivent aller de pair avec des mesures ayant pour effet de réduire les coûts fixes de main-d’oeuvre et d’atténuer les autres facteurs de rigidité, Les formules de partage du travail doivent aussi pouvoir être facilement adaptées aux besoins particuliers des différentes industries et entreprises.

Conception de la politique macroéconomiquc dans une économic mondiale interdépendante: analyse de trois éventualitéswillem h. buiter (pages 541–82)

Sur la base d’un modèle analytique de petite taille. à deux régions (le modèle de Mundell-Dornbusch, dans la première adaptation de Marcus Miller), les Etats-Unis et le reste du monde industrialisé. I’autcur analyse trois problèmes liés à l’interdépendance économique internationale et à la coordination des politiques macroéconomiques.

Premièrement, quelle doit être la réaction monétaire ou budgétaire du reste du monde industrialisé face à un resserrement de la politique budgétaire des Etats-Unis. et quelle doit être la réaction monétaire des Etats-Unis? Toutes choses égales par ailleurs. un durcissement de la politique budgétaire des Etats-Unis provoquerait un ralentissement temporaire de l’activité économique mondiale et une baisse soudainc du dollar en valeur nominale et en valeur réelle. Une expansion budgétaire compensatoire se produisant dans le reste du monde industrialisé rendrait l’économie des Etats-Unis plus concurrentielle sans qu’il en résulte une récession mondiale, mais serait incompatible avec une réduction du taux d’intérêt mondial reel. Par contre, l’adoption de politiques monétaires relativement souples dans les deux régions permettrail d’améliorcr la compétitivité des Etats-Unis et d’abaisser le taux d’intérét mondial réel tout en maintenant le plein emploi.

Deuxièmement. quelle doit être la politique monétaire on budgetaire des Etats-Unis et du reste du monde industrialisé face à un effondrement du dollar E.U.? Si la bajsse soudaine du dollar ne représente que l‘éclatement d’une bulle spéculative, elle n’a pas d’incidence évidente sur la politique monétaire ou budgétaire. En revanche, une baisse soudaine résultant d’une appréciation différente des données fondamentales appelle généralement des mesures de stabilisation. Lorsque la préférence pour la liquidité se modifie en faveur d’unités monétaires autres que le dollar, il est nécessaire que des opérations d’open-market aient lieu: ventes aux Etats-Unis et achats dans d’autres pays industrialisés.

Troisiémement, quelle doit être, tant aux Etats-Unis que dans le reste du monde industrialisé, la réaction macroéconomique en cas de croissanee réelle décevante? Si le ralentissement de l’activité économique mondiale résulte d’un choc entraînant une contraction de I’offre, la demande doit être réduite dans les deux régions pour éviter des conséquences stagflationnistes. P‘ar contre, si la cause en est une insuffisance de la demande privée effective, des mesures budgétaires ou monétaires expansionnistes appropriées s’imposent.

Dans la dernière section de l’étude, I’auteur examine et nuance les conclusions interventionnistes qui découlent de I’analyse formelle. II conclut que les problèmes de crédibilité qui se posent (tels que la réversibilité des “mesures de stimulation budgétaire provisoire” expansionnistes ou la possibilité d’amener les autorités monétaires à s’abstenir de surprises inflationnistes pour stimuler la production ou pour amortir en valeur réelle la dette publique non indexée) risquent d’être sérieux, mais qu’on peut y apporter des solutions politiques et institutionnelles.

Un modèlc d’ optimisation du com portement des ménages dans une situation de rationnement du créditpeter montiel (pages 583–615)

Le mécanisme par lequel la politique monétaire agil sur la production réelle et le niveau des prix dépend des caractéristiques structurelles et institutionnelles de chaque économie. Dans de nombreux pays en développement, les caractéristiques pertinentes comprennent probablement i’accès limité du secteur privé aux sources de financement externes et le rationnement du crédit bancaire à des taux d’intérêt Inférieurs a ceux du marché. La relation qui existe dans un tel cadre entre les variations des apports de crédits au secteur privé et les variations de la demande globale est mal comprise. On présume habituellement en pareil cas que I’expansion du crédit disponible pour le secteur privé agit fortement sur la demande globale par le biais de raccroissemcnt de l‘invcstissement privé.

L’auteur examine cette hypothèse dans le cadre d’un modèle d’optimisation intertemporel du comportement des ménages. Un des enseignements importants de ce modéle est que, même si à court terme le crédit disponible influence l’accumulation privée de capital, à long terme, ses variations n’ont pas d’effet sur le stock de capital du secteur privé. En outre, le crédit disponible affecte la consommation et la demande de monnaie des ménages. tant à court terme qu’à long terme, et il est done possible qu’une expansion du crédit finance une progression de la consommation et de la thésaurisation. Enfin, dans une situation de ratiortnement du crédit, le relèvement des taux d’intérêt des dépôts peut accroître la consommation à court terme comme à long terme.

Le modèle qui a produit ces résultats repose sur des hypothèses—telles qu’un taux fixe de préférence temporelle et l‘ajustemeni immédiat et sans coût des portefeuilles—qui, bien que d’usage courant. sont quelque peu restrictives et devraient être assouplics. Cela pourrait modifier les conclusions relatives à la dynamique et à I’invariabilité à long terme du stock de capital, mais celles relatives à la consommation et à la demande de monnaie analysées ici, de même que les conséquences des variations des taux d’intérêt du marché, ne seront probablement guère remises en question par des généralisations raisonnables.

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