Journal Issue
Share
Article

L’amélioration des politiques aide l’Amérique latine en temps de crise

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2008
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

L’Amérique latine n’échappera pas à la crise financière, mais de nombreux pays de la région devraient mieux tirer leur épingle du jeu qu’on ne le pensait initialement, car ils conduisent maintenant une politique économique plus avisée, a estimé Nicolas Eyzaguirre, nouveau directeur du Département Hémisphère occidental du FMI.

L’ancien ministre des finances du Chili, en visite en République Dominicaine, a fait un tour d’horizon des causes de la crise financière mondiale et du ralentissement global de l’activité économique. Il a observé que l’impact de la crise se faisait déjà sentir de diverses manières en Amérique latine et dans les Caraïbes, que ce soit par la réduction des entrées de capitaux, la baisse des prix des produits de base exportés par la région ou la diminution des envois de fonds des travailleurs expatriés, particulièrement sensible en Amérique centrale.

M. Eyzaguirre, qui prononçait son premier discours depuis sa nomination au poste de directeur du Département Hémisphère occidental du FMI le 24 novembre dernier, a estimé que l’Amérique latine devait relever un sérieux défi, expliquant que les progrès accomplis par les pays de la région pour mieux faire face à la crise sont soumis aujourd’hui à un véritable «test de résistance».

Recul de l’inflation

Lors d’un séminaire organisé le 22 novembre (The Emerging Global Financial Order: A Regional Perspective), il a donné deux exemples d’amélioration des politiques économiques par rapport à celles menées en Amérique latine lors des crises précédentes :

  • De nombreux pays de la région ont ralenti l’inflation de façon crédible et adopté des taux de change plus flexibles, réduisant l’exposition de leurs avoirs et engagements extérieurs au risque de dépréciation monétaire.

  • Les ratios de la dette publique de nombreux pays ont également baissé — même si ce repli n’a pas toujours été aussi sensible qu’il aurait pu l’être à un moment où l’envolée des prix des produits de base exportés dopait les recettes publiques.

Ce séminaire, organisé à l’initiative du Président de la République Dominicaine, Leonel Fernandez, bénéficiait de la participation de Georges Soros, financier et philanthrope, et de Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie.

M. Eyzaguirre a souligné que plusieurs pays de la région seraient touchés à plus d’un titre par la crise mondiale. Cependant, le FMI s’attend toujours, dans ses dernières prévisions, à ce que l’Amérique latine affiche une croissance positive l’an prochain. On note, de fait, que bon nombre de pays latinoaméricains s’en sortent mieux que certaines économies émergentes d’autres parties du monde.

Les pays d’Amérique latine et des Caraïbes n’ont pas tous la même marge de manœuvre. «La crise actuelle nous rappellera, je pense, qu’il est primordial d’éviter les dépenses budgétaires procycliques», a estimé M. Eyzaguirre, qui a rappelé aux auditeurs qu’il importe de protéger les pauvres dans la conjoncture actuelle. «Je veux souligner aussi l’importance des dispositifs de protection sociale. Certains pays de la région ont progressé dans ce domaine depuis quelques années — le moment est venu de mieux protéger les plus vulnérables.»

Progrès de la coordination

Quant aux économies avancées, d’où est venue la crise, elles ont abandonné les actions au coup par coup menées initialement au profit d’une réponse plus globale et choisi, ce qui est le plus important, de recourir aux fonds publics pour recapitaliser les établissements financiers. M. Eyzaguirre a aussi noté que la coordination internationale des politiques conduites, qui avait été parfois déficiente, s’est améliorée depuis quelque temps.

Enfin, il a déclaré qu’un large consensus existe quant à la nécessité d’engager de nouvelles initiatives monétaires et budgétaires. Sur ce dernier point, l’analyse du FMI laisse penser qu’une relance budgétaire mondiale de l’ordre de 2 % du PIB est non seulement justifiée, mais impérative pour soutenir la demande et la production mondiales.

Other Resources Citing This Publication