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Le FMI se préoccupe du sort des pauvres dans les pays touchés par la crise

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2008
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Le FMI encourage les États qui participent aux négociations avec les pays frappés par la crise financière à préserver ou à développer les dispositifs de protection sociale destinés aux pauvres alors même qu’ils s’adaptent à la conjoncture difficile résultant du ralentissement économique, a indiqué le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

À l’occasion d’une réunion mondiale de parlementaires qui s’est tenue à Paris le 20 novembre, M. Strauss-Kahn a déclaré que le FMI dispense actuellement des conseils de politique économique aux pays ébranlés par la crise, ainsi que des prêts à ceux qui ont besoin d’un soutien à la balance des paiements.

Le FMI a récemment annoncé des prêts à la Hongrie, à l’Islande, au Pakistan et à l’Ukraine, et mène des pourparlers avec plusieurs autres pays atteints par la crise.

Dans son discours et lors de la séance de questions-réponses avec le groupe de 170 parlementaires, M. Strauss-Kahn a signalé que le FMI s’efforce de limiter les conditions attachées à ses prêts aux dispositions essentielles à la résolution des difficultés économiques immédiates des pays.

Par le passé, le FMI a souvent établi des conditions jugées souhaitables pour les perspectives futures des pays, mais qui n’étaient pas nécessairement liées à la réalisation des objectifs du programme.

Le FMI s’efforce également de veiller à ce que les ajustements économiques à la crise définis d’un commun accord avec les autorités tiennent compte des répercussions sur les pauvres et les plus vulnérables.

«Le FMI essaie de mettre en œuvre ce que j’appelle la «conditionnalité sociale». Il s’agit d’aider les pays à établir ou à maintenir les dispositifs sociaux destinés aux catégories de population auxquelles un programme du FMI risquerait de faire du tort», a déclaré M. Strauss-Kahn. «Le FMI intervient quand les choses vont mal, il est donc inévitable que les mesures appliquées soient astreignantes, mais nous devons veiller à ce qu’elles affectent le moins possible les populations les plus démunies et les plus vulnérables.»

Les autorités ukrainiennes envisagent ainsi, dans le cadre d’un prêt de 16,4 milliards de dollars, de porter les dépenses sociales ciblées à 0,8 % du PIB pour protéger les groupes vulnérables.

Le programme destiné au Pakistan prévoit une hausse des dépenses de protection sociale destinées aux pauvres par le biais de transferts publics et de subventions ciblées à l’électricité. Le programme budgétaire de 2008–09 envisage d’accroître les dépenses de protection sociale de 0,6 point pour les porter à 0,9 % du PIB. Le Pakistan collaborera en outre avec la Banque mondiale à l’élaboration d’un programme de protection sociale plus complet et mieux ciblé.

M. Strauss-Kahn a noté que si la crise a pour effet d’abaisser le niveau de vie ou de rogner le pouvoir d’achat des populations des pays avancés, c’est à la malnutrition, voire à la famine, que les pauvres de la planète risquent d’être confrontés. Il juge indispensable de réfléchir, au-delà de la crise financière actuelle, au coût humain de l’autre crise (produits alimentaires et produits de base). Il a invité les parlementaires à participer à une conférence sur l’Afrique que le FMI coparrainera en Tanzanie en mars prochain.

M. Strauss-Kahn s’adressait à la réunion annuelle du réseau parlementaire de la Banque mondiale qui réunit les parlementaires de 110 pays.

En réponse au discours de M. Strauss-Kahn, un parlementaire sud-africain, Yunus Carrim, a déclaré qu’il s’attendait à ce que la crise ait de graves conséquences en Afrique sous la forme d’une baisse des investissements directs étrangers, d’un effondrement des exportations de produits de base (en raison du ralentissement de la demande dans les pays avancés) et d’une diminution des flux d’aide. Il a également indiqué que les parlements devaient intervenir plus substantiellement dans le débat sur la réforme de la gouvernance. «Il importe de réformer la gouvernance du FMI et de la Banque mondiale aujourd’hui pour leur permettre de mieux servir leurs membres», a-t-il déclaré.

Michaela Schrader

Département des relations extérieures du FMI

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