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Asie du Sud: Le Pakistan reçoit un prêt de 7,6 milliards de dollars du FMI

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2008
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Le Conseil d’administration du FMI a approuvé un prêt de 7,6 milliards de dollars en faveur du Pakistan à l’appui d’un programme visant à stabiliser et à reconstruire son économie tout en renforçant son dispositif de protection sociale en faveur des pauvres.

L’accord de confirmation de 23 mois permettra au gouvernement de mettre en œuvre un programme de stabilisation qui prévoit un resserrement sensible des politiques budgétaire et monétaire dans le but de réduire l’inflation et de ramener le déficit extérieur courant à des niveaux plus soutenables. Le programme vise à corriger les déséquilibres macroéconomiques actuels tout en protégeant les pauvres et en préservant la stabilité sociale dans ce pays de 170 millions d’habitants.

«En fournissant une aide financière massive au Pakistan, le FMI donne indéniablement à la communauté des bailleurs de fonds le signal que les perspectives macroéconomiques du pays se sont améliorées», dit Takatoshi Kato, Directeur général adjoint du FMI.

Le programme économique du Pakistan

«Le programme du gouvernement a deux objectifs: l’un est de restaurer la stabilité économique et la confiance par un resserrement des politiques macroéconomiques, l’autre est de le faire d’une manière qui assure la stabilité sociale et un soutien approprié aux pauvres durant le processus d’ajustement», dit Juan Carlos Di Tata, chef de la mission du FMI au Pakistan.

Les autorités ont déjà pris des mesures difficiles pour atteindre ces objectifs: les subventions à l’énergie ont été réduites et le taux d’intérêt a été relevé aux fins du resserrement de la politique monétaire. Le programme des autorités pour les 24 prochains mois prévoit d’autres mesures :

  • Le déficit budgétaire, hors dons, sera ramené de 7,4 % du PIB en 2007/08 (à partir du 1er juillet) aux niveaux plus gérables de 4,2 % en 2008/09 et de 3,3 % en 2009/10 — où il était il y a trois ans. Il sera procédé à cet ajustement principalement en éliminant peu à peu les subventions à l’énergie et en renforçant la mobilisation des recettes par des mesures fiscales et administratives. La réduction des dépenses permettra d’accroître les fonds destinés à la protection sociale.

  • La Banque nationale du Pakistan s’appuiera sur la politique monétaire pour accroître ses réserves internationales, ramener l’inflation à 6 % en 2010 et mettre fin à son financement des opérations de l’État. Le programme comporte des mesures visant à améliorer sa gestion monétaire et à renforcer sa capacité à résoudre les problèmes des banques, ainsi qu’à éviter l’utilisation des ressources publiques à l’appui du marché boursier.

  • Les dépenses de protection sociale seront accrues pour protéger les pauvres, qui bénéficieront de transferts monétaires et de subventions ciblées à l’électricité. Le programme budgétaire pour 2008/09 prévoit une augmentation de 0,6 point de PIB des dépenses de protection sociale, qui atteindront 0,9 % du PIB. Le Pakistan collaborera avec la Banque mondiale à la préparation d’un programme de protection sociale plus vaste et mieux ciblé.

La contribution du FMI

Le financement fourni par le FMI facilitera le processus d’ajustement et sera pour la communauté internationale un signal indéniable du soutien de l’institution. Sur les 7,6 milliards de dollars, 3,1 milliards seront mis immédiatement à la disposition du pays pour renforcer sa position de réserve. Par ailleurs, le suivi régulier de l’économie par le FMI montrera comment les objectifs macroéconomiques fixés par le gouvernement sont atteints et s’il faut les ajuster à la lumière de l’évolution de la situation.

«Il importe de souligner que le programme — et sa conditionnalité — est fondé sur les objectifs et mesures que les autorités ont elles-mêmes retenus pour les deux années à venir. Le FMI est convaincu que les programmes les mieux exécutés sont ceux qui sont élaborés par les pays et totalement internalisés», a déclaré M. Di Tata.

Outre le soutien financier du FMI, il faut d’urgence mobiliser les concours d’autres bailleurs de fonds pour renforcer la résistance du Pakistan à des chocs éventuels, l’aider à financer le dispositif élargi de protection sociale et permettre un accroissement des dépenses au titre de programmes de développement. «Le FMI est prêt à participer à d’éventuelles réunions des bailleurs de fonds pour fournir l’analyse économique et financière à l’appui d’une augmentation de l’aide.»

La clé du succès

Un certain nombre de risques pèsent sur la réussite du programme: incertitudes entourant l’état de sécurité et la mise en œuvre du programme, ralentissement plus marqué que prévu de l’activité économique chez les partenaires commerciaux et entrées de capitaux privés inférieures aux prévisions. «Une application continue et énergique sera la clé du succès du programme», estime M. Di Tata.

Les acquis

Du début des années 2000 au milieu de 2007, les résultats macroéconomiques du Pakistan ont été solides. Durant la période 01/2000-05/2004, durant laquelle le Pakistan a mis en œuvre avec succès deux programmes appuyés par le FMI, la croissance du PIB réel a atteint en moyenne 5 % par an et les prix ont été relativement stables. L’amélioration des résultats macroéconomiques a permis au pays d’accéder à nouveau aux marchés des capitaux internationaux au milieu des années 2000.

Cependant, la situation macroéconomique s’est sensiblement dégradée en 2007/08 et durant les quatre premiers mois de 2008/09 sous l’effet de facteurs intérieurs et extérieurs. L’économie a été secouée par la détérioration de la sécurité, des chocs exogènes considérables sur les prix (du pétrole et des produits alimentaires) et la récente crise financière mondiale.

Le FMI a réagi rapidement

Le FMI est intervenu rapidement pour aider les pays émergents et en développement touchés par les retombées de la crise financière partie des économies avancées.

Il dispose de plus de 200 milliards de dollars en ressources prêtables et se déclare prêt à traiter rapidement les propositions de prêt par le biais de son mécanisme de financement d’urgence. Le Japon a offert de lui fournir des ressources additionnelles s’il en a besoin.

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