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Pays à faible revenu: Deux pays sollicitent le système de protection du FMI contre les chocs

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2008
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Deux pays, l’un d’Asie centrale et l’autre d’Afrique, ont été les premiers à faire appel au mécanisme modifié de prêt destiné à aider les pays à faible revenu à gérer les situations d’urgence provoquées par des phénomènes qui échappent à leur contrôle.

Selon des responsables du FMI, plusieurs autres nations africaines devraient leur emboîter le pas prochainement.

Le Conseil d’administration du FMI a approuvé le 10 décembre un prêt de 100 millions de dollars à la République kirghize, pays montagneux et enclavé d’Asie centrale, au titre de la facilité modifiée de protection contre les chocs exogènes (FCE). Il en avait auparavant approuvé un de 77 millions de dollars sur un an pour le Malawi — le premier depuis la révision de la FCE en septembre.

Le prêt sur 18 mois à la République kirghize aidera les autorités à faire face à plusieurs chocs économiques, dont le renchérissement des matières premières enregistré jusqu’à la mi-2008, le déficit de production d’électricité hydraulique, les difficultés du secteur bancaire du Kazakhstan voisin, et un tremblement de terre dans la région de Nura.

Le prêt au Malawi, pays du sud-est de l’Afrique lourdement tributaire des exportations de tabac, aidera les autorités à s’adapter à l’évolution défavorable des termes de l’échange provoquée par la flambée des prix des carburants et des engrais en début d’année.

La FCE a été mise en place il y a deux ans pour renforcer la capacité du FMI à aider les pays à faible revenu à faire face aux chocs brutaux et exogènes. La révision de cette facilité, destinée à permettre aux pays membres de recevoir plus facilement et plus rapidement l’aide du FMI, a été accélérée au vu de la détérioration de la conjoncture économique mondiale, notamment la flambée récente des prix des denrées alimentaires et des carburants dont les pays à faible revenu ont particulièrement souffert.

La révision de la facilité a pour objectif d’apporter aux pays à faible revenu membres du FMI une assistance plus rapide et plus substantielle pour les aider à surmonter certains événements: variations des prix des matières premières (dont le pétrole), catastrophes naturelles, conflits et crises dans les pays limitrophes qui perturbent les échanges.

Les modifications, entrées en vigueur fin novembre, ont aussi simplifié la conditionnalité (les engagements pris par les États emprunteurs sur le plan économique et financier) liée à la FCE. Elles répondent à la demande exprimée par les ministres lors des réunions de printemps du FMI, en 2008.

La révision de la FCE s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le FMI pour améliorer sa gamme de prêts. En octobre, il a annoncé le lancement d’un nouveau dispositif de prêt à court terme pour acheminer rapidement des fonds vers les pays émergents qui affichent de bons résultats mais ont besoin d’une aide urgente, pendant la crise financière actuelle, pour surmonter des problèmes temporaires de liquidité. Pour les autres pays membres où le cadre de l’action publique doit être renforcé, le FMI met à la disposition des autorités les dispositifs classiques de prêt couvrant de plus longues périodes, mais selon une procédure accélérée.

Le FMI a engagé un réexamen de sa fonction de financement dans les pays membres pour s’assurer qu’il dispose d’instruments adaptés à leurs besoins face à l’intensification et à la complexité croissante des mouvements financiers internationaux.

Le FMI a annoncé que l’équipe dépêchée au Kirghizstan avait abouti en novembre à un accord avec les autorités sur un programme économique visant à gérer les conséquences défavorables des chocs exogènes qui ont frappé l’économie nationale, notamment la flambée des prix des produits alimentaires et de l’énergie et l’insuffisance de la production nationale d’électricité due au faible niveau des eaux dans le réservoir de Toktogul.

Si le programme donne priorité aux mesures macroéconomiques, les autorités n’en poursuivront pas moins leur plan de réformes structurelles afin d’améliorer la gestion macroéconomique et d’assurer une croissance dynamique à plus long terme.

Le programme économique pour 2008–09 s’attaque aux conséquences des chocs exogènes et vise à maîtriser les effets sur l’économie kirghize du ralentissement de la croissance régionale et des retombées de la crise financière mondiale. Il a pour objectifs de réduire l’inflation, de soutenir la croissance économique et de protéger les pauvres dans un pays qui compte quelque 5 millions d’habitants.

Au Malawi, qui recense quelque 15 millions d’habitants, les autorités ont demandé à bénéficier de la FCE pour s’adapter à la dégradation des termes de l’échange provoquée par l’essor des prix des carburants et des engrais au début de 2008.

«Le niveau actuellement bas des réserves internationales du Malawi est inquiétant pour la stabilité financière et la sécurité alimentaire», a déclaré M. Takatoshi Kato, Directeur général adjoint du FMI.

Le programme économique, qui sera financé par un prêt élevé du FMI au titre de la FCE, permettra de maîtriser les pressions sur la balance des paiements et de reconstituer les réserves de change tout en préservant la croissance et la sécurité alimentaire. À ce financement s’ajoutera un resserrement budgétaire et monétaire. De nouveaux fonds ont été accordés par les donateurs, qui faciliteront l’ajustement de l’économie à la dégradation des termes de l’échange.

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