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Programme de travail du FMI: La crise financière détermine les priorités du FMI

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2008
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Le Conseil d’administration du FMI a fixé les priorités de l’institution jusqu’aux réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale en avril 2009, avec comme tâche première de remédier aux retombées immédiates et à plus long terme de la crise financière. Ce programme de travail est conforme à ce qu’avaient demandé le Comité monétaire et financier international (CMFI, organe consultatif du FMI) et le Groupe des Vingt principaux pays industrialisés et émergents (G-20).

Le FMI s’attachera avant tout à aider, par son soutien financier et ses conseils, le nombre croissant de pays qui subissent les tensions nées de la crise financière. Mais il consacrera aussi une bonne part de ses ressources à comprendre les causes de cette crise et à identifier les réformes à entreprendre pour améliorer l’architecture financière internationale.

Le débat sur les priorités à court terme du FMI a lieu alors que la situation économique ne cesse de se dégrader. Dans sa dernière évaluation des perspectives de l’économie mondiale, le FMI a réduit de ¾ de point sa prévision pour la croissance mondiale en 2009 en la ramenant à 2,2 %. De plus en plus de pays sollicitent son aide financière et de nouveaux prêts, totalisant 40 milliards de dollars, ont été approuvés en un temps record pour l’Ukraine, l’Islande, le Pakistan et la Hongrie.

Priorités

C’est le CMFI qui fixe l’orientation générale des activités du FMI, mais le programme de travail de l’institution, arrêté par le Conseil le 24 novembre, tient aussi compte des résultats du sommet du G-20 qui s’est tenu le 15 novembre.

Le G-20 a préconisé des mesures immédiates et à plus long terme pour stabiliser le système financier, stimuler la demande intérieure, aider les pays émergents et en développement ébranlés par la crise et renforcer le cadre réglementaire.

«Le CMFI et le G-20 ont insisté sur le rôle fondamental du FMI comme agent de riposte aux crises et instance de réflexion, a déclaré le Directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn. Nous continuerons de nous acquitter de cette mission pour aider à rétablir la stabilité financière mondiale et promouvoir une croissance économique soutenue.»

M. Strauss-Kahn a souligné que le FMI travaillera en étroite collaboration avec d’autres institutions internationales, dont le Forum de stabilité financière (FSF), qui envisage de s’ouvrir aux pays émergents. Le FMI et le FSF ont publié une lettre commune dans laquelle ils expriment leur intention d’accroître leur coopération dans des domaines clés tels que la détection rapide des risques ainsi que l’amélioration de la surveillance et de la réglementation du secteur financier.

Prêts de crise

L’une des priorités du FMI au cours des mois à venir sera de continuer à fournir rapidement son aide aux pays émergents et en développement frappés par la crise, à des conditions adaptées pour répondre à une double priorité: affronter la crise et protéger suffisamment les couches les plus vulnérables de la population.

La crise se propageant, le FMI a rapidement mis en place une nouvelle facilité de liquidité à court terme (FLC) pour aider les pays dont les fondamentaux et les politiques intérieures étaient solides à faire face au manque de liquidités à court terme. Le Conseil d’administration entend maintenant examiner d’autres aspects des activités de prêt du FMI, notamment les possibilités d’innovation et de simplification plus poussée de ses instruments de prêt et de sa conditionnalité, ainsi que les limites d’accès, les échéances et les commissions, et il déterminera s’il y a lieu de compléter les ressources dont dispose le FMI.

Leçons à tirer

Beaucoup d’observateurs sont déconcertés par l’ampleur considérable de la crise et de ses retombées. En octobre 2008, le CMFI a demandé au FMI de jouer un rôle directeur dans l’analyse de l’enchaînement complexe des causes et effets qui ont entraîné l’économie mondiale dans ce qui pourrait devenir la pire récession depuis la crise des années 30. Le G-20 s’est associé à cette démarche. Les travaux porteront sur les points suivants :

Enseignements et ripostes recommandées. Le FMI joue un rôle directeur dans l’analyse approfondie des causes de la crise et des leçons à en tirer pour la politique macroéconomique et la réglementation. En s’appuyant sur ce travail, il formule des recommandations afin d’orienter les politiques, à la fois pour surmonter la crise immédiate et relever les défis à plus long terme.

Amélioration des systèmes d’alerte rapide. Le FMI a intensifié son travail de réflexion sur la surveillance des facteurs de vulnérabilité au niveau systémique et des différents pays. Le FSF sera un partenaire important à cet égard.

Évaluation de l’impact sur les pays à faible revenu. Le FMI suivra de près l’impact qu’ont eu sur les pays à faible revenu les chocs concomitants engendrés par la crise financière mondiale et la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants. Il se tient prêt à aider ces pays en leur apportant une assistance technique et financière et il déterminera s’il y a lieu d’adapter ses conseils et ses concours financiers pour qu’ils correspondent mieux à leurs besoins.

Compte tenu de son caractère quasi universel, de son expertise en matière macrofinancière et de sa mission au service de la coopération internationale, le FMI est prêt à participer pleinement au travail de refonte des règles qui régissent les marchés financiers.

Le FMI contribuera aux activités des groupes de travail mis en place par le G-20 pour définir les moyens d’améliorer la réglementation et la transparence, de renforcer la coopération internationale et promouvoir l’intégrité des marchés financiers, et de réformer les institutions financières internationales.

La crise financière mondiale est la grande priorité du FMI, mais les travaux se poursuivront aussi sur la modernisation et la réforme de la gouvernance. M. Strauss-Kahn a encouragé les pays membres à adopter la législation nécessaire pour que la réforme des quotes-parts et de la représentation ainsi que le nouveau mode de financement du FMI approuvé en avril 2008 puissent entrer en vigueur. À cet égard, le Comité sur la réforme de la gouvernance au FMI, présidé par le Ministre des finances de l’Afrique du Sud, Trevor Manuel, devrait remettre son rapport d’ici avril 2009 et poursuivra la réflexion sur ce dossier.

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