Article

Entretien: La crise actuelle souligne l’importance des statistiques

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2008
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Un nouveau chef du Département des statistiques du FMI prend ses fonctions à une époque de turbulences accrues sur les marchés financiers du monde.

Adelheid Bürgi-Schmelz, qui jusqu’à une date récente était Directrice générale de l’Office fédéral de la statistique de Suisse, est une personnalité reconnue dans la communauté internationale des statisticiens et possède une expérience étendue du secteur privé.

Dans un entretien avec Natalie Ramírez-Djumena du Bulletin du FMI, Mme Bürgi-Schmelz parle de l’utilisation des statistiques pour mieux éclairer la crise financière actuelle, de leur pertinence pour la mesure de la richesse nationale et de ce qu’elle considère comme ses priorités en tant que nouvelle Directrice du Département des statistiques.

Bulletin: Votre poste précédent était Directrice de l’Office fédéral de la statistique de Suisse. Pourquoi avoir rejoint le FMI?

Mme Bürgi-Schmelz: J’aime cette perspective mondiale et j’apprécie la solidité du travail qui fait la réputation du FMI. Compte tenu des défis auxquels le FMI et le monde financier sont confrontés, je suis convaincue que je peux apporter une contribution significative grâce à mon expérience de directrice d’un office national et de mon «travail dans l’économie réelle» pour l’industrie des télécommunications.

Bulletin: La crise financière actuelle a soumis les systèmes financiers à des tensions graves qui concernent de très près le travail du FMI. Comment le Département des statistiques doit-il s’attaquer à ces problèmes?

Mme Bürgi-Schmelz: La crise financière actuelle montre les limites des systèmes financiers et économiques mondiaux dans leur évolution par rapport aux systèmes nationaux depuis quelques décennies. À mon avis, pour comprendre la crise il faudrait peut-être réfléchir hors des sentiers battus. Comme le travail statistique obéit traditionnellement à des besoins habituels de données, il n’est pas étonnant qu’apparaissent de nouveaux besoins qui ne peuvent pas nécessairement être satisfaits par les statistiques établies, comme les garanties de l’État. Le Département des statistiques est déjà au travail pour identifier les principaux besoins en matière de données qui concernent à la fois les sociétés financières et non financières, le gouvernement, les ménages et les institutions à but non lucratif. Je soutiens aussi les efforts du Département en vue d’intensifier sa coopération avec les autres agences financières internationales pour profiter de l’avantage comparatif de chacun dans ce domaine.

Bulletin: L’indicateur statistique généralement utilisé, le produit intérieur brut (PIB), qui mesure la croissance économique, a été critiqué parce qu’il ne capte pas, par exemple, les effets sur l’environnement. Le PIB est-il une mesure satisfaisante du progrès économique?

Mme Bürgi-Schmelz: À mon avis, le PIB reste un indicateur statistique très important. Nous devons cependant élargir la portée des observations statistiques pour y inclure d’autres aspects qui concernent ce que l’on pourrait appeler la richesse des nations au sens large. La richesse et le progrès dépendent beaucoup des aspects économiques du bien-être, mais il y en a d’autres. Il faut aussi prendre en compte les phénomènes sociaux et environnementaux. Cela aboutira à l’élaboration de plusieurs indicateurs, sinon d’un système d’indicateurs, au lieu d’un seul.

Bulletin: Étant donné les pressions qui se sont exercées récemment sur ses finances, le FMI a limité les ressources affectées aux activités de renforcement des capacités. Quel effet cela aura-t-il sur le programme d’assistance technique du Département des statistiques?

Mme Bürgi-Schmelz: Autant que je le sache, le programme d’assistance technique occupait une partie importante des activités du département. Compte tenu de la nette réduction des ressources, il faut apporter des changements majeurs. Il pourrait s’agir de produits d’assistance technique plus standardisés ou de systèmes de formation des formateurs. Pour pouvoir mettre au point ces approches, il faudra collecter davantage d’informations, par exemple sur les pays qui ont utilisé efficacement l’assistance technique, sur la demande d’assistance constatée par les départements géographiques et sur le suivi des coûts.

Bulletin: Comment voyez-vous la collaboration du Département des statistiques avec les départements géographiques du FMI et comment va-t-il appuyer la mission du Fonds en rendant l’institution plus efficace?

Mme Bürgi-Schmelz: Il est important que le Département des statistiques comprenne bien les besoins des départements géographiques. En même temps, ces départements doivent bien connaître les «produits» du département et les moyens de les utiliser pour la mission du FMI en général et leur mission en particulier. Cette cohésion est essentielle pour moi. Elle pourrait aussi amener un repositionnement des produits du Département des statistiques pour mieux servir les besoins du Fonds.

Other Resources Citing This Publication