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Perspectives régionales: Moyen-Orient et Asie centrale: la croissance devrait rester élevée

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2008
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Pour la neuvième année consécutive, la région Moyen-Orient et Asie centrale continue d’afficher en 2008 une forte croissance supérieure à la moyenne mondiale, affirme le FMI dans sa dernière évaluation de l’économie régionale.

Cette croissance est étayée par les cours élevés des matières premières, la forte demande intérieure et la crédibilité des politiques économiques régionales. Jusqu’ici, la région a largement résisté à la crise internationale du crédit qui sévit actuellement et au ralentissement de l’activité aux États-Unis et dans d’autres économies avancées.

«Toutefois, l’inflation devient un problème crucial dans la région, dépassant nettement la moyenne des pays en développement et des économies de marché émergentes, a déclaré Mohsin Khan, Directeur du Département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, lors d’une conférence de presse à Dubaï le 20 octobre.

«Pour 2008, nous prévoyons une expansion du PIB réel régional d’environ 6 ½ %. En 2009, la croissance devrait se poursuivre à un taux légèrement inférieur (près de 6 %), mais encore sensiblement plus élevé que la moyenne mondiale», a ajouté M. Khan.

Les Perspectives économiques régionales (PER) portent sur 30 pays répartis en trois groupes: les exportateurs de pétrole (Algérie, Arabie Saoudite, Azerbaïdjan, Bahreïn, Émirats arabes unis, Iran, Iraq, Kazakhstan, Koweït, Libye, Oman, Qatar, Syrie et Turkménistan), les pays à faible revenu (Afghanistan, Arménie, Djibouti, Géorgie, Mauritanie, Ouzbékistan, République kirghize, Soudan, Tadjikistan et Yémen) et les marchés émergents (Égypte, Jordanie, Liban, Maroc, Pakistan et Tunisie).

L’expansion des pays exportateurs de pétrole devrait se poursuivre en 2008 à peu près au même rythme qu’en 2007, dopée par les cours du pétrole, qui sont encore élevés au regard des moyennes historiques, et par une accélération de la production pétrolière qui compense un léger recul de l’activité non pétrolière. Mais la croissance devrait descendre à 6 % en 2009 à cause du ralentissement mondial et de la baisse des cours du pétrole.

Croissance soutenue

Les pays à faible revenu importateurs de pétrole ont les taux de croissance les plus élevés de la région.

(variation annuelle, en pourcentage)

Estimations

2007
Projections

2008
Projections

2009
Moyen-Orient et Asie centrale6,56,45,9
Caucase et Asie centrale12,07,78,2
Moyen-Orient et Afrique du Nord5,86,35,9
Par catégories
Exportateurs de pétrole6,46,46,1
Pays à faible revenu8,66,97,4
Pays émergents6,16,44,9
Sources: autorités nationales; estimations et projections des services du FMI.
Sources: autorités nationales; estimations et projections des services du FMI.

On estime que la croissance moyenne des pays à faible revenu baissera à 7 %, notamment sous l’effet du renchérissement des denrées alimentaires et des carburants au premier semestre de l’année. En outre, la sécheresse a entravé la production agricole en Afghanistan et les pénuries d’électricité dues aux intempéries ont freiné l’activité économique au Tadjikistan.

Dans les économies émergentes, la croissance conservera probablement sa vigueur en 2008 grâce à la forte hausse des investissements directs étrangers venant surtout des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Les autres facteurs sont notamment la reprise du secteur agricole au Maroc et l’essor du tourisme au Liban. Toutefois, la croissance dans ces pays devrait ralentir en 2009 à mesure que se manifesteront les effets du ralentissement mondial.

Selon les prévisions, l’inflation régionale atteindra 15 % en 2008 et fléchira légèrement en 2009 avec la baisse des prix alimentaires mondiaux. Cependant, les principales sources de tensions inflationnistes diffèrent selon les pays: elles vont de la flambée des prix des denrées alimentaires et des carburants (qui a surtout touché les pays à faible revenu et les pays émergents) aux fortes tensions de la demande intérieure, aux goulets d’étranglement de l’offre dans les pays membres du CCG et à l’affaiblissement (jusqu’à la mi-2008) du dollar, ancrage monétaire de nombreux pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale.

Les PER font état de certains risques de détérioration par rapport aux prévisions. La croissance pourrait être inférieure si le ralentissement des économies avancées est plus marqué et plus durable et si l’impact de la crise financière est plus profond. L’inflation pourrait s’accélérer en cas de renchérissement mondial des produits alimentaires et pétroliers, ou en cas d’assouplissement excessif de la politique macroéconomique.

Par contre, une baisse des cours des matières premières réduirait les tensions inflationnistes dans la région, tout comme un raffermissement continu du dollar dans les pays dont la monnaie y est arrimée. S’il est peu probable que les institutions financières des pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale souffrent grandement de la crise financière mondiale, quelques pays sont exposés à un risque de contagion exogène et le secteur financier de certains pays est très exposé aux marchés immobiliers régionaux.

En plus du chômage, qui est encore élevé dans certains pays à cause de la progression rapide de la main-d’œuvre, la région est confrontée à deux grands défis de politique économique à court terme: le risque d’un regain d’inflation et la nécessité d’accroître la résistance et la souplesse du secteur financier régional.

Bien des banques centrales de la région ont déjà relevé leurs taux d’intérêt pour enrayer la hausse de l’inflation, mais la riposte en matière de politique économique a été modeste jusqu’ici et les taux d’intérêt restent globalement négatifs en termes réels. Tous les pays devraient être particulièrement attentifs aux effets secondaires de l’inflation et, par conséquent, devraient éviter des augmentations salariales à grande échelle.

Le renforcement du système bancaire devrait être considéré comme un objectif important, surtout en raison de l’environnement mondial. En outre, les décideurs devraient suivre de près l’évolution des prix immobiliers et évaluer la vulnérabilité du système financier aux corrections des prix des propriétés et aux tensions de liquidité.

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