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Crédits du FMI: Le FMI accorde des prêts à la Hongrie et à l’Ukraine

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2008
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Le Conseil d’administration du FMI a approuvé des prêts d’un montant total de 32,1 milliards de dollars en faveur de la Hongrie et de l’Ukraine pour aider ces pays à surmonter les effets de la crise financière mondiale.

La Hongrie et l’Ukraine font partie d’un certain nombre de pays qui ont sollicité des prêts auprès du FMI pour mieux faire face aux effets de la crise financière mondiale, qui provoque un ralentissement économique dans le monde entier.

Étayer les finances de la Hongrie

Le Conseil d’administration du FMI a approuvé un prêt de 15,7 milliards de dollars pour la Hongrie dans le cadre d’un programme conçu pour atténuer les dislocations du marché financier dans ce pays d’Europe de l’Est, frappé de plein fouet par la tourmente financière mondiale.

Les principales mesures concernent les domaines les plus éprouvés: les finances publiques et le secteur bancaire. Elles sont conçues en cohérence avec les objectifs économiques à long terme de réformer les finances publiques et de maintenir des niveaux de fonds propres élevés dans le secteur bancaire.

L’accord de confirmation de 17 mois du FMI avec la Hongrie fait partie d’un train de financement de 25 milliards de dollars auquel l’Union européenne participe à hauteur de 6,5 milliards d’euros (8,4 milliards de dollars) et la Banque mondiale pour 1,3 milliard de dollars.

L’approbation du FMI permet de décaisser immédiatement 6,3 milliards de dollars, le reste en cinq versements sous réserve de revues trimestrielles. L’accord de confirmation, qui prévoit un accès exceptionnel aux ressources du FMI, équivalant à 1.015 % de la quote-part de la Hongrie, a été approuvé au titre du mécanisme de financement d’urgence du FMI.

Deux grands objectifs

Le programme économique appuyé par le FMI comporte en particulier deux grands objectifs: mettre en œuvre un ajustement budgétaire d’envergure afin de réduire le besoin de financement de la dette de l’État; et maintenir une liquidité suffisante et des niveaux élevés de fonds propres dans le système bancaire. À terme, le programme devrait permettre de rétablir la stabilité du secteur financier et créer les conditions de la reprise économique.

«Le programme économique porte à juste titre sur le budget et le secteur bancaire, les deux zones de vulnérabilité qui sont à l’origine des difficultés», a déclaré Anne-Marie Gulde, qui dirigeait la mission du FMI pour la Hongrie et a participé aux entretiens sur l’accord de financement.

«Dans le secteur budgétaire, il est indispensable de réduire la taille du secteur public en diminuant les dépenses, ce qui atténuera les tensions à court terme sur le financement du pays et fera baisser le niveau d’endettement», a-t-elle dit.

«La dette sera plus facile à reconduire à court terme et plus viable à moyen terme. Les mesures budgétaires sont également conformes à l’objectif du pays consistant à réduire lentement le vaste secteur public et à accroître la marge de manœuvre du secteur privé», a-t-elle ajouté.

Étant donné la structure du budget hongrois, l’ajustement devra entre autres choses inclure une révision des salaires et des retraites. Le programme des autorités envisage de maîtriser les dépenses en partie par des réductions de la masse totale des salaires et des pensions du secteur public. Les ajustements des salaires nominaux seront reportés et les bonifications de pensions suspendues.

Les autorités ont choisi cette voie, pour pénible qu’elle soit, car il fallait définir des objectifs budgétaires crédibles sous peine de risquer de provoquer une crise budgétaire, avec des conséquences encore plus graves pour l’économie toute entière. Lors de l’élaboration des mesures, les retraités à faible revenu ont été exclus de la réduction des prestations. En outre, les prestations sociales relativement bonnes de la Hongrie contribueront aussi à atténuer les effets sociaux de ces mesures.

La Hongrie, pays de 10 millions d’habitants environ, a adhéré à l’Union européenne en 2004. Elle est passée avec succès de la planification centrale à l’économie de marché, mais le déficit des finances publiques et la taille du secteur public sont encore relativement importants par rapport à d’autres pays de niveau de revenu similaire.

Les retombées de la crise mondiale

Le second pilier du programme consiste en mesures énergiques pour le secteur bancaire. Celles-ci comprennent la recapitalisation préventive des banques admissibles et le renforcement des capacités de contrôle et de gestion de crise de l’autorité de contrôle hongroise. Grâce à ces mesures, les banques conserveront un niveau de fonds propres élevé et les autorités de contrôle seront en mesure de reconnaître les risques et de prendre rapidement les mesures nécessaires au cas où des vulnérabilités apparaîtraient.

La Hongrie a été l’un des premiers pays émergents à subir les retombées de l’actuelle crise financière mondiale. Les difficultés financières des économies avancées tarissant la liquidité globale et suscitant une intolérance croissante au risque, les investisseurs ont commencé à établir des distinctions entre les marchés émergents.

Le niveau élevé de la dette extérieure de la Hongrie, qui s’élevait à 97 % du PIB fin 2007, ainsi que de considérables asymétries de bilan, ont eu un effet défavorable sur l’appétit des investisseurs pour les actifs hongrois. Bien que les politiques macroéconomiques et financières aient été renforcées depuis 2006, avec une amélioration substantielle de la position budgétaire et de l’administration de l’impôt, la Hongrie a été durement frappée par la liquidation mondiale des positions financières. Ses marchés financiers subissent des tensions considérables depuis quelques semaines, ce qui reflète une appréhension croissante du risque de contrepartie.

Reprise économique progressive

Selon le FMI, la croissance hongroise va passer d’environ +1¾ % en 2008 à –1 % en 2009. La consommation et l’investissement privés, déjà affaiblis, vont subir à la fois le contrecoup d’une forte réduction des nouveaux prêts bancaires et de la dépréciation du taux de change. L’inflation, en baisse depuis le sommet de 9 % atteint début 2007, devrait poursuivre cette tendance pour tomber à 4 % fin 2009.

Étant donné l’environnement mondial difficile et la faiblesse de la demande intérieure, la reprise économique ne pourra être que graduelle, selon les projections, car le ralentissement frappe aussi les principaux partenaires commerciaux de la Hongrie et le processus mondial de liquidation des positions réduit le capital étranger susceptible de revenir rapidement en Hongrie. On s’attend que la croissance ne reprendra pas avant 2010 et ne retrouvera son taux potentiel estimé de 3 % qu’après 2011.

Éviter un atterrissage brusqué en Ukraine

Le prêt de 16,4 milliards de dollars approuvé par le Conseil d’administration du FMI en faveur de l’Ukraine, le 5 novembre, aidera le gouvernement à rétablir la confiance et la stabilité économique, ce pays étant la dernière victime en date de la crise financière qui balaie l’économie mondiale.

Jusqu’à ce que la crise financière mondiale éclate à la mi-2008, l’Ukraine surfait sur la vague d’une économie globale qui manifestait une demande insatiable d’acier — un produit qui représente 40 % des exportations du pays, et rapporte 17 milliards de dollars de recettes par an. L’État redistribuait les gains des exportations d’acier à la population au moyen de politiques de revenus très généreuses.

Celles-ci, associées à la croissance des entrées de capitaux, ont alimenté une envolée sans précédent de la consommation — et un déficit grandissant du solde extérieur courant. En 2008, l’économie est entrée en forte surchauffe, le taux d’inflation atteignant 25 à 30 %, les salaires augmentant de 30 à 40 % et la facture des importations progressant de 50 à 60 %.

De l’expansion à la récession

Quand la crise financière a frappé le monde à l’été 2008, l’Ukraine a été l’un des premiers marchés émergents à en subir les retombées. Le pays s’est trouvé coupé des marchés financiers internationaux, les marchés des changes ont bradé la hryvnia, et les agences de notation ont déclassé sa dette.

Le gouvernement ukrainien a agi de façon proactive en élaborant un train de mesures complet et en sollicitant l’aide du FMI à la mi-octobre. Dans le courant de ce même mois, un accord provisoire sur un programme a été conclu au moyen des procédures de prêt d’urgence du FMI. Et le 5 novembre, le Conseil d’administration du FMI a approuvé l’accord.

«Le programme des autorités, appuyé par un accord de deux ans avec le FMI, vise à rétablir la stabilité financière et macroéconomique», a déclaré Murilo Portugal, Directeur général adjoint du FMI. «L’adhésion des dirigeants des principaux partis politiques aux éléments clés du programme renforce les chances de succès de celui-ci. Nous avons bon espoir, dans ces conditions, que le programme permettra de stabiliser la situation économique et financière» a-t-il conclu.

Rétablir la confiance

Le programme de l’Ukraine repose sur des politiques qui visent à rétablir la stabilité économique et financière. Le train de mesures prévues comprend un taux de change flexible, la recapitalisation du secteur bancaire et des politiques prudentes en matière de finances et de recettes publiques, qui tiennent compte de la nécessité d’accroître les dépenses sociales pour atténuer les effets de la récession sur la population.

Le gouvernement vise à atteindre trois objectifs clés :

  • Aider l’économie à s’ajuster à la nouvelle réalité économique. Le taux de change flottant jouera le rôle d’amortisseur et permettra à l’économie de recouvrer une partie de sa compétitivité perdue. Le gouvernement prévoit aussi un budget en équilibre en 2009, objectif qui sera sujet à révision à la lumière des évolutions économiques. Afin d’y parvenir, les autorités entendent augmenter progressivement les tarifs de l’énergie et pratiquer une politique de revenus équilibrée qui protège la population tout en ralentissant la poussée des prix: le salaire minimum et les autres transferts sociaux seront ajustés en fonction des projections d’inflation.

  • Rétablir la confiance et la stabilité financière. La recapitalisation des banques viables protégera l’économie d’un éventuel étranglement du crédit. Le traitement rapide des banques en difficulté aidera le reste du secteur bancaire à se rétablir plus rapidement, et permettra aux banques restantes de recommencer à prêter aux ménages et aux entreprises.

  • Protéger les groupes sociaux vulnérables. L’Ukraine dispose déjà d’un dispositif de protection sociale adéquat, mais le ralentissement économique va inévitablement affecter les groupes vulnérables. Afin de contrer les effets immédiats de la crise, le programme appuyé par le FMI envisage d’augmenter immédiatement les dépenses sociales d’un montant de 0,8 % du PIB pour protéger les groupes vulnérables. Le gouvernement a fait savoir qu’il se tient prêt à élargir le dispositif de protection sociale si besoin était.

Reprise en vue

Ceyla Pazarbasioglu, chef de la mission du FMI pour l’Ukraine, a déclaré aux journalistes que l’économie ukrainienne pourrait retrouver son taux estimé de croissance potentielle de 5 à 6 % en 2011, tandis que l’inflation tomberait au-dessous de 10 %, en supposant un début de reprise de l’économie mondiale au second semestre de 2009.

«La période à venir sera difficile, mais l’Ukraine possède un potentiel énorme et devrait pouvoir le réaliser en mettant en œuvre les politiques appropriées avec persévérance», a déclaré Mme Pazarbasioglu aux journalistes.

Interrogée sur le pire scénario possible pour l’Ukraine, elle a répondu que la reprise du pays pourrait être entravée si la situation mondiale continue de se détériorer et que la liquidation se poursuit sur les marchés financiers mondiaux. Elle a toutefois fait remarquer que le programme des autorités repose sur des hypothèses prudentes et que des mesures ont été étudiées pour faire face aux imprévus.

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